ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-09-13

Derrière chaque porte

Parmi les séries qui n'ont pas instinctivement mes faveurs, il y a encore et toujours les séries britanniques. J'ignore pourquoi, mais je n'ai pas le réflexe de les regarder, quand bien même leur existence ne me rebute pas sur le papier. Une partie de ce comportement est due à l'accent. L'autre partie n'est couverte par aucune bonne raison. Remédions donc à cela avec le pilote de What Remains, lancée il y a quelques jours sur BBC, et qui donc, entre encore dans le cadre du défi de la saison 2012-2013.

WhatRemains

En théorie, What Remains a tout du crime drama le plus classique. L'épisode commence avec une formule qui ressemble comme une goutte au procédé de la franchise Law & Order : mise en contexte des derniers instants de la victime, puis découverte de son corps par des personnes hors de tout soupçon, et enfin, arrivée des enquêteurs prenant désormais le dossier en charge. La seule chose qui manque est donc le crime lui-même, et à travers lui le criminel : jusque là, comme je le disais, rien d'épatant.

C'est peut-être ce qui rend les premières minutes de ce pilote un peu longuettes, d'autant que contrairement, pour reprendre mon exemple, à Law & Order, il n'est pas question ici de s'appuyer sur un montage efficace et une exposition rapide des passages obligés, mais bien de lentement décortiquer toute cette introduction à l'intrigue, nous invitant plutôt dans une immersion ralentie dans les eaux sombres de What Remains, que dans un plongeon dans le grand bain.
Dans ses premières minutes, What Remains évoque énormément de séries scandinaves, c'est assez frappant non seulement de par la narration, mais aussi par la réalisation, s'appuyant sur des couleurs froides et/ou étouffantes, d'excellents jeux autour de l'obscurité, et un sens du détail qui fait honneur à bien des fictions ces dernières années. Même la musique est résolument empruntée à des Bron/Broen, des Forbrydelsen ou des Kommissarie Winter, un accompagnement feutré, discret, mais élégant, qui enveloppe l'atmosphère au lieu de tenter de la définir à lui seul.

On va très vite s'apercevoir que ce qui fait l'intérêt de What Remains, et accentue la parenté avec les séries scandinaves sus-citées (et plusieurs autres), c'est qu'en réalité, malgré son enquêteur qui se traîne de scène en scène en se creusant les méninges pour accéder à l'épiphanie finale, What Remains n'est pas seulement un crime drama. C'est tout simplement un excellent drama. Et ça, vous pensez, ça me fait plaisir.

Car ce sur quoi le détective Harper va porter son regard, ce ne sont ni les preuves, ni les indices, ni les détails du crime. Ces éléments, bien que présents comme l'exige la loi depuis un peu plus d'une décennie, seront rapidement balayés par le scénario (les restes de la victime sont trop décomposés pour apporter quelque renseignement que ce soit), mais aussi par notre vieux flic qui s'intéresse, avant tout, à l'humain, non au crime.
On le sent plus inquiet de savoir qui est la victime, comment elle vivait, pourquoi sa disparition n'a interpellé personne pendant plusieurs années, que par la perspective de coffrer un criminel. Là encore, le scénario très vite règle la question : il n'y aucune preuve matérielle d'un meurtre, ça pourrait très bien ne pas en être un. Mais en persistant dans son enquête sur la victime, et non vraiment sur le crime à proprement parler, Harper démontre que pour lui, il importe peu que la victime ait été tuée ou qu'elle ait succombé à un accident. Ce qu'il veut, c'est juste reconstituer ses dernières heures. Comprendre la défunte, pas fondamentalement comprendre le décès.

Mais c'est justement à travers le portrait de la victime, et par les connexions que Harper tente d'établir avec d'autres êtres humains, que What Remains se montre la plus brillante. Car la défunte, une trentenaire obèse et solitaire, n'avait pas de proche, pas d'ami : la série ne s'appelle pas Who Remains, personne n'a été laissé derrière. Et Harper de s'interroger : comme une femme de cet âge, dans cette situation, n'a-t-elle même pas des amis qui l'attendent quelque part, un téléphone pour être jointe par des tiers, un ordinateur pour rompre la solitude chez elle ?
En l'absence d'élément de réponse ouvrant l'enquête sur l'extérieur, Harper va donc se concentrer sur la demeure de la défunte, une propriété divisée en une poignée d'appartements où tout le monde se connaît, mais personne ne semble s'apprécier.
What Remains raconte donc la vie de ces habitants, chacun derrière leur porte, au mieux indifférent, au pire vaguement hostile au voisinage. Une animosité généralement mesquine, comme c'est souvent le cas entre voisins, reposant sur rien, ou si peu, si ce n'est le fait que des gens qui n'ont rien de commun et encore moins compatibles partagent un espace commun qu'il faut hélas partager.

La banalité que décrit What Remains n'est pas ennuyeuse, elle est révélatrice de ce que nous avons tous vu ou vécu à un moment : la façon dont chacun vit derrière sa porte, échangeant quelques mots sur le pallier ou dans les escaliers si vraiment c'est nécessaire, vivant sous un même toit, ne souhaitant rien tant que de ne pas être en contact avec d'autres, et surtout pas le vieil homme acariâtre ou les "lesbiennes" à l'étage. Surtout, imaginer qu'on est seul dans le bâtiment... sauf que la victime est la preuve (mais pas vivante) que cette solitude vient avec un prix.

L'individualisme que dépeint What Remains, et qui se traduit chez tous les habitants de la maison, en un sentiment terrible de solitude et/ou d'étouffement, n'est ni évidemment approuvé, ni totalement critiqué. C'est d'abord un fait donc Harper s'étonne : comment la victime pouvait-elle à ce point être seule au monde ? Il y a des théories pour l'expliquer mais ce n'est pas l'important. L'important, surtout, ce n'est pas que ce soit condamnable, ou qu'il s'agisse d'une dérive de notre société moderne.
L'important, c'est que c'est profondément triste.
S'il y a bien une émotion qui ressort de ce pilote, c'est clairement que chaque voisin, planqué derrière sa porte en espérant frayer le moins possible avec les autres, et garder sa petite vie pour lui, vit une expérience misérable, à son échelle.

Sans totalement opter pour le huis clos (plusieurs scènes suivent la vie privée de Harper, qui, c'est un peu cliché, prend sa retraite dans le pilote), What Remains se déroule essentiellement entre les murs de cette demeure. C'est là que se jouent de cafardeuses individualités. A ce titre, le bâtiment revêt rapidement une importance capitale : il ne s'agit pas simplement de donner un cadre à la tragédie banale qui se joue, mais bien d'offrir une enceinte, symbolisée par les espaces encaissés du bâtiment (et notamment la montée d'escalier, qui est incroyablement bien exploitée dans cet épisode), à la prison que chacun se construit dans son propre appartement. Oui, chaque habitant ou presque cache, derrière sa porte, un secret.
Mais ce n'est pas tant après ce secret que court What Remains, les secrets font simplement partie de la panoplie d'artifices de l'aspect crime drama, qui n'est lui-même qu'un outil narratif pour explorer cette résidence qui n'a rien d'extraordinaire ni d'étrange. La série ambitionne avant tout de raconter comment construire sa vie derrière sa porte nous fait choisir un seul côté de celle-ci, nous coupant de l'extérieur, nous privant d'air frais et, par extension, d'échanges sains avec le monde.

What Remains réussit son aspect criminel sans trop se fouler, pour le moment, sacrifiant aux passages jugés incontournables pour une fiction du genre, pour surtout prendre le temps de traîner le pas dans cette montée d'escalier si familière
Car elle l'est, familière, ô combien ! J'ai toujours vécu ma vie de célibataire dans des grandes villes ; dans les appartements que j'ai habités, il m'arrivait de ne pas savoir qui étaient mes voisins, ou, parce que je pensais le savoir, de les éviter avec soin. What Remains a épouvantablement fait mouche ! Non que j'ai particulièrement peur de disparaître un jour sans que personne ne s'en aperçoive (dites, vous vous en rendrez compte, vous, n'est-ce pas ? Promettez-moi...), mais parce que derrière ma porte, je suis, résolument, toute seule. Toute personne célibataire vivant en appartement, j'en suis sûre, connaît cette crainte, cette agonie, même ; certains trompent la peur en surdéveloppant leur vie sociale, d'autres tente de l'apprivoiser avec les moyens du bord. Il n'y a pas de réponse, et What Remains n'en propose pas. Elle nous met simplement face à l'une des plus grandes peurs de notre époque de communication et d'urbanisation : la solitude qui fait de vous un anonyme dont l'absence ne sera jamais remarquée.
On en viendrait presque à espérer pouvoir blâmer un horrible tueur psychopathe.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:23 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-04-13

Charmantes nymphes

MonteCarlo2013

Ce n'est pas sans me frotter les mains que je me permets de faire une pause dans cette semaine spéciale dédiée à Séries Mania. Promis, le prochain post sera à nouveau consacré à l'évènement, mais d'abord, je veux partager avec vous les nominations du Festival de Monte-Carlo, qui se tiendra du 9 au 13 juin prochain dans la Principauté.

Rappelons que, comme un grand nombre de récompenses internationales, les nominations reposent sur des candidatures spontanées de la part des productions ; ce n'est donc pas nécessairement représentatif de la production d'un pays donné que de voir certaines fictions figurer dans cette liste, mais cela permet par contre de dénicher quelques pépites qui, autrement, seraient passées sous nos radars. Une formidable occasion de faire des découvertes, donc !
N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir, et découvrir à quelle série elles correspondent.

Broadchurch Carta a Eva World WithoutEnd Die Holzbaronin Hořící Keř Hatfields& McCoys

MonteCarlo-Icon Meilleure mini-série :
- Die Holzbaronin (Allemagne)
- World Without End (Allemagne)
- Carta a Eva (Espagne)
- Altri Tempi (Italie)
- Made in Japan (Japon)
- Hořící Keř (République Tchèque) - note : projetée à Séries Mania sous le titre Burning Bush
- Broadchurch (Royaume-Uni)
- Dancing on the Edge (Royaume-Uni)
- Hatfields & McCoys (USA)

Love/Hate Borgen Breaking Bad Vermist Capadocia Hatsukoi

MonteCarlo-Icon Meilleure série dramatique :
- Vermist (Belgique)
- Bomb Girls (Canada)
- Borgen (Danemark)
- Forbrydelsen (Danemark)
- Love/Hate (Irlande)
- Hatsukoi (Japon)
- Capadocia (Mexique)
- The Blue Rose (Nouvelle-Zélande)
- Downton Abbey (Royaume-Uni)
- Doctor Who (Royaume-Uni)
- Breaking Bad (USA)
- Homeland (USA)

Crimi Clowns Les Parent Lazy Company Fresh Meat 30 Rock Lowdown

MonteCarlo-Icon Meilleure comédie :
- Die Kirche bleibt im Dorf (Allemagne)
- Lowdown (Australie)
- Crimi Clowns (Belgique)
- Les Parent (Canada/Québec)
- Fais pas ci, Fais pas ça (France)
- Lazy Company (France)
- Fresh Meat (Royaume-Uni)
- Red Dwarf X (Royaume-Uni)
- 30 Rock (USA)
- Modern Family (USA)

Dr House Les Experts: Miami The Mentalist

MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Drama :
- Dr House (USA)
- Les Experts: Miami (USA)
- The Mentalist (USA)

Mr Bean The Big Bang Theory Two and a Half Men

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Comédie :
- Mr Bean (Royaume-Uni)
- The Big Bang Theory (USA)
- Two and a Half Men (USA)

Eva Luna Amour, Gloire et Beauté Le Casa de al Lado

 MonteCarlo-Icon Prix de l'audience TV internationale - Soap :
- Amour, Gloire et Beauté (USA)
- La Casa de al Lado (USA) - note : diffusée par France Ô à partir du mois prochain
- Eva Luna (Vénézuéla/USA)

Quelques petits détails à noter.
D'abord, c'est une nouvelle année de nomination consécutive pour certaines séries : Vermist, Downton Abbey, Fresh Meat, Fais pas ci, Fais pas ça, ou Modern Family ; au rayon des audiences internationales, Les Experts: Miami et Amour, Gloire et Beauté récidivent également. Heureusement que les telenovelas, avec leur durée de vie limitée, s'assurent d'un renouvellement régulier des succès sud-américains dans le monde ! On salue aussi la présence dans ces nominations de Mr Bean, qui parvient à se placer sur le podium des séries les plus diffusées... 23 ans après avoir fait ses débuts à la télévision britannique (un résultat qui découle, me précise le service de communication, des calculs d'audience effectués par Eurodata Mediametrie). Borgen, après une année d'absence dans les nominations, fait par contre un retour. Il est plus surprenant en revanche de voir des séries apparaitre dans cette liste cette année, alors qu'elles sont loin d'être nouvelles à la télévision, comme Doctor Who, même si, sûrement, son succès international exponentiel facilite la sélection.
Ensuite, il faut bien admettre que le système du festival pour définir une mini-série est de toute évidence mis à mal par les réalités de l'industrie : "Une Mini-Série est un programme de fiction dont le scénario s’étend sur un nombre limité d’épisodes. Format: de 2 à 8 épisodes / durée comprise entre 40 à 60 minutes", précise le site. Hélas, la mini-série a aussi une dimension non-renouvelable, ce que rien ne précise dans les règles. C'est ainsi que Bomb Girls, nommée l'an dernier comme mini-série, a été renouvelée plusieurs semaines avant l'annonce des nominations pour une seconde saison ; elle est nommée cette année parmi les séries dramatiques "normales" ; la même chose vient de se reproduire avec Broadchurch qui a été renouvelée juste avant l'annonce des nominations.
Enfin, CRIMI CLOWNS !!! That is all.

Comme toujours, n'hésitez pas à user et abuser des tags (ils adorent ça), puisque de nombreuses séries de cette sélection ont déjà été évoquées dans ces colonnes !
Dans le prochain épisode de la rubrique Love Actuality, on parle de récompenses turques, alors ne vous éloignez pas trop.

Posté par ladyteruki à 18:00 - Love Actuality - Permalien [#]

07-10-12

lady's world tour - Escale n°17

-- World Tour --

Pas facile tous les jours de trouver de quoi alimenter ce blog, je vous le dis. Des fois, il ne se passe tout simplement rien dont on puisse parler ! Pas une news, pas un pilote, et ne parlons même pas des projets, R.A.S. ! Comment voulez-vous écrire des world tours dans ces conditions ? C'est une torture.
Mais comme je vous aime bien, je me suis forcée un peu.

Skwizas

- AFRIQUE DU SUD :

* Après deux années d'absence, les petites grand'mères de Skwizas reviennent pour une seconde saison. Dans cette comédie, les héroïnes un peu âgées n'ont plus à s'occuper de leur famille, et peuvent se concentrer sur la façon la plus plaisante de passer leurs journées car pour elles, l'âge est dans la tête. SABC2 a décidé de ramener cette comédie diffusée à l'origine pendant l'été 2010, même si, le temps de développer cette nouvelle salve d'épisodes, il a fallu procéder à quelques changements dans la distribution ; les spectateurs pourront donc constater qu'une mamie qui est partie, et une autre qui accueille sa nièce. La nouvelle saison de Skwizas débarque samedi 14 octobre à 19h.

Rake

- AUSTRALIE :

* C'était la semaine des bonnes nouvelles pour Rake ; outre le projet d'adaptation aux USA, la série était également officiellement renouvelée pour une troisième saison par la chaîne publique ABC1. Une annonce qui ne relève cependant pas de la surprise, puisque l'équipe de la série fondait de solides espoirs en un renouvellement.
* Parfois, même quand une chaîne n'annonce pas clairement ses renouvellements, on peut les deviner : c'est ce qui se passe quand des fonds sont alloués à certaines productions. Chez Film Victoria, on vient d'accepter de subventionner plusieurs séries d'ABC, la plus importante étant probablement la dramédie morbide Laid, qui obtient ainsi une troisième saison. Deux séries obtiennent aussi une seconde saison : la série pour la jeunesse Dead Gorgeous, lancée en 2010, et la comédie twentysomething, qui avait pourtant disparu des radars après sa diffusion à l'automne 2011. D'autres projets de nouveautés d'ABC ont également reçu leur argent de poche : la comédie It's a Date, et les séries The Athletes et Small Boy (dont on suspecte qu'il s'agirait du projet A Better Man de SBS sous un nouveau titre). Comme ces projets n'ont pas encore été annoncés par le groupe public, il faudra attendre un peu avant d'en savoir plus sur les pitches de ces séries.
* Et puis, le développement de la série carcérale Wentworth, pour l'opérateur câble et satellite FOXTEL, s'est poursuivi tout l'hiver, et on sait enfin quels sont les acteurs principaux retenus pour cette version réimaginée de la série culte Prisoner. Seront donc au générique : Danielle Cormack (...actuellement dans Rake), Nicole Da Silva (Rush, East West 101), Celia Ireland (Laid), Catherine McClements (Rush, Brigade des mers), Kate Atkinson (Offspring), Leeanna Walsman (Underbelly: Badness) et une nouvelle dans la profession, Shareena Clanton. Les 10 épisodes de Wentworth doivent apparaitre sur SoHo (le nouveau nom de la chaîne W depuis cet été) en 2013 ; le tournage commence la semaine prochaine à Melbourne et devrait durer 4 mois.
* Et puis, le 16 octobre démarrera The Strange Calls, un projet transmédia de SBS annoncé depuis plusieurs mois, dans lequel une petite ville côtière va être le théâtre d'évènements surnaturels. Les 6 épisodes de la série sont complétés par des webisodes, ainsi que des intrigues complémentaires à suivre sur Facebook et Twitter. Mais dés le 9 octobre, une preview sera accessible sur le site de VOD public iView. On y retrouvera Toby Truslove, héros d'Outland un peu plus tôt cette année.

Flashpoint-DVDAllemand

- CANADA anglophone :

* On n'en parle pas souvent dans ces colonnes, mais Flashpoint est LA série canadienne du moment. Ah ouais, vous ne me croyez pas ? Alors vous croirez peut-être ceci : cette semaine, elle est devenue la première série canadienne depuis 16 ans à remporter la case horaire (ô combien convoirée) du jeudi à 22h. La première. En 16 ans. Dans l'intervalle, seules des séries américaines ont réussi à être leader. Pas mal, non ? La série est en effet regardée par 1,45 million de spectateurs, volant ainsi la vedette à la diffusion d'Elementary sur Global (1,38 million de spectateurs). Ah non mais oui, ok, je vois d'où vient la méprise : quand je disais "LA série du moment", je ne parlais pas forcément de qualité...
* De son côté, Citytv a mis en route la production de Seed, une série qui, si vous suivez les world tours régulièrement, vous rappellera El Donante : il y est question d'un homme qui découvre que sa contribution à une banque du sperme a donné naissance à de nombreux enfants... très nombreux ! Alors qu'il découvre l'existence de ces enfants, il apparait également dans la vie de leurs parents, ce qui n'est pas toujours très bien accueilli. En tout ce sont 13 épisodes qui ont été commandés, et qui mettront en vedette Adam Korson et Carrie-Lynn Neales, des acteurs jusque là abonnés aux rôles aussi captivants que "Hipster #1" dans 2 Broke Girls ou "Test Technician" dans The LA Complex. La diffusion devrait commencer début 2013.

Unite9-Cellules

- CANADA francophone :

* Promis, on ne parlera pas d'Unité 9 à absolument chaque world tour. Enfin on verra. Mais je me devais de vous informer (n'est-ce après tout pas ma mission ?) des audiences épatantes de la série... qui a battu cette semaine son propre record ! Eh oui, ce sont pas moins de 1,38 million de spectateurs qui étaient présents ce mardi pour suivre la série (rappel : ils étaient 1,2 million la semaine précédente). Ca en dit long sur le bouche à oreille positif que rencontre la série. A raison. Et si vous avez besoin d'encore une raison pour vous lancer dans le visionnage d'Unité 9, eh bien ma review du pilote est justement ici. A noter qu'Ève Landry, qui interprète Jeanne dans la série, est actuellement à Cannes dans le cadre du MIPCOM (j'accepte les chèques et les bons au porteur, je suis sûre qu'il est encore temps de trouver une place de train).
* Le scénariste de la série Les Invincibles travaille actuellement sur un nouveau projet original : Saison Deux, c'est son nom, raconte les tribulations de deux auteurs travaillant sur la série imaginaire Les dessous de la justice, et qui, en dépit du succès public rencontré, doivent faire face à des critiques lapidaires dans la presse. Ils décident donc de se mettre en quatre pour que la deuxième saison de leur série mette tout le monde d'accord... Une idée de série originale, dont nous pourrons juger par nous-mêmes à partir du deuxième semestre 2013. En espérant que la série soit bonne, parce que sinon ce serait une fichue ironie.
* On connaissait la petite chaîne qui monte, voilà maintenant le service de VOD qui monte. Netflix n'en finit plus d'étendre ses centres d'intérêt : après l'installation en Scandinavie, maintenant c'est un partenariat avec Radio-Canada qui est mis en place. Les séries La Galère, Les Parent et Les Invincibles, justement, s'ajouteront donc au catalogue de séries de Netflix, et d'autres fictions devraient suivre d'ici la fin de l'année.. La VOD n'est pas un problème pour nombre des fictions québécoises (le catalogue du site tout.tv, par exemple, est en effet très bien fourni), mais Radio-Canada estime qu'il est de son devoir de mettre ses séries à disposition sur le plus grand nombre de supports possibles. J'aime bien leur façon de penser. Au Canada, l'abonnement illimité à Netflix coûte moins de 8 dollars par mois.

Cobre

- CHILI :

* Lundi, une nouvelle nocturna démarrait sur MEGA : Cobre, une série historique située en 1927 et parlant, comme son titre l'indique, de cuivre. Il s'agit en effet des luttes de pouvoir autour d'une mine de cuivre, entre deux frères qui tentent de maintenir l'exploitation et un riche entrepreneur qui cherche à les en déposséder. Malheureusement, le lancement de cette saga n'a pas captivé les foules (bien qu'elle ait obtenu un meilleure score que Solita Camino, dont on parlait la dernière fois). La série est diffusée chaque lundi à 22h30 et il s'avère qu'il y a une bande-annonce ; qu'est-ce que je fais, je vous la montre ?

Graduados-Promo

- COLOMBIE :

* L'une des séries les plus regardées en Argentine en 2012 s'appelle Graduados. Depuis son lancement en mars dernier, la série totalise en moyenne 25% de parts de marché sur Telefe chaque soir de semaine à 22h00. Il s'agit d'une comédie, dans laquelle, 20 ans après avoir quitté le lycée, d'anciens élèves se retrouvent et réalisent qu'ils ont encore des affaires à régler les uns avec les autres ; un concept facile à décliner à l'envi. Pas étonnant dés lors que d'autres pays s'intéressent au format. RCN Colombia et Fox Telecolombia sont les premiers sur le coup, et ont décidé de co-produire une version pour la Colombie. En fait les deux sociétés de production semblent vouloir aller très vite, puisqu'ils en sont déjà à la phase casting...

Forbrydelsen-III

- DANEMARK :

* Sur DR1, la troisième saison de Forbrydelsen se porte... oui, on peut le dire, plutôt bien. Pour le season premiere, pas moins de 1,6 million de Danois étaient réunis devant leur écran, ce qui représente 60% des spectateurs ! Alors ouais, franchement, on se plaint pas. Profitez-en tant que ça dure : cette saison est la dernière. Fort heureusement, l'attente ne devrait pas être trop longue puisque BBC4 diffusera cette saison dés le mois de novembre (je ne suis pas sûre qu'une diffusion d'une saison scandinave à la télévision britannique ait déjà été aussi rapide, d'ailleurs...).

GranHotel-DowntonHotel

- ESPAGNE :

* Gran Hotel faisait son retour mercredi sur Antena 3... avec un petit coup de mou par rapport à la saison précédente. Seulement 2,82 millions de spectateurs ont suivi le season premiere, alors qu'ils étaient 3,44 millions en décembre dernier, lorsque la première saison s'était achevée. Mais n'allez pas mettre cette baisse de régime sur le compte d'un désamour, du moins pas nécessairement : c'est aussi un peu la faute d'Antena 3 qui, pensant tenir une série très populaire, avait placé la série face à... la version espagnole de The Voice. Ah oui, brillante idée, vraiment.
* Et puis notre feuilleton "la grosse panique de TVE" continue, alors que la chaîne publique est obligée d'envisager des licenciements afin de se maintenir à flots. Ce sont 70 exécutifs de la chaîne qui vont donc devoir quitter la chaîne, laquelle a pour objectif de se séparer de 28% de sa direction afin de pouvoir faire des économies.

LOnoreeIlRispetto

- ITALIE :

* La troisième saison de la série L'Onore et il Rispetto s'est achevée sur Canal 5 ce mardi soir sur un record : 6,6 millions de spectateurs ont regardé le 6e et dernier épisode de la saison ! Mais même si les saisons de L'Onore et il Rispetto (une saga qui se déroule dans les années 50) sont courtes, pas d'inquiétude : la saison 4 est déjà en production.

rté

- IRLANDE :

* ...mais pas que. rté, BBC Northern Ireland et BBC Scotland lancent en effet un appel à projets pour des sociétés de production indépendantes, afin de mettre en développement des séries pouvant intéresser à la fois l'Irlande, l'Irlande du Nord et l'Ecosse. Une somme substencielle sera également allouée au projet retenu à l'issue de cette initiative. Les programmes soumis à cette appel à projets devront "refléter les liens" entre les différentes zones géographiques concernées. C'est le tout nouvel outil d'e-commissioning de rté qui accueillera tous les projets, pour lesquels la date butoir du 9 novembre est fixée.

TennoHakobune

- JAPON :

* Et un nouveau dorama pour WOWOW, un ! Après un passage par le thriller avec Double Face cet automne, la chaîne câblée revient aux drames sociaux avec Ten no Hakobune, une série qui se déroule dans le monde de l'aide humanitaire internationale et dont le tournage est actuellement en cours dans les Philippines. Nanami (incarnée par Miki Mizuno, déjà vue dans Soratobu Tire), une jeune femme qui s'est engagée pour intervenir après un tremblement de terre, va ainsi découvrir un monde où les dessous de table, le détournement d'argent et les manoeuvres politiques empêchent les aides de parvenir correctement aux populations dans le besoin. C'est Taeko Asano (Last Friends) qui est responsable du scénario de cette série dans laquelle l'argent, mais aussi le sexe, deviendront des enjeux... On pourra la découvrir à partir du 9 décembre sur WOWOW.

Hellfjord

- NORVEGE :

* Ah bah alors ça, ça fait plaisir ! Alors que la nouveauté de NRK, Hellfjord, était initialement annoncée plutôt pour novembre, devinez quoi ? Elle débarque finalement dés ce mardi 9 octobre sur la chaîne publique ! Il est possible que l'un des facteurs ayant participé à cette hâte soit la projection de la série à l'occasion du Fantastic Fest fin septembre, à Austin (Texas), où la série a apparemment rencontré un vif enthousiasme et d'excellentes critiques. Hellfjord, vous le savez, se réclame de l'héritage de Twin Peaks et met en scène un policier venu de la ville, d'origine pakistanaise qui plus est, se retrouve brutalement muté dans une petite ville de province un peu bizarre qui cache un secret... Au total, 7 épisodes sont prévus, et j'espère qu'on pourra mettre la main dessus !

Ned2

- PAYS-BAS :

* Ned2 se prépare à diffuser en janvier une nouvelle série, Het Imperium, dans laquelle, pour une fois, au lieu des meurtres et d'autres crimes de sang, on suivra des affaires relatives aux criminels en cols blancs et leurs fraudes. La série s'intéressera à deux hommes, Ger van Woerkom et Theo Frijn, qui ont lancé une affaire dans l'immobilier en 1995, et qui ont depuis engrangé des millions... mais en 2007, ils sont arrêté pour fraude à hauteur de plusieurs millions d'euros... Het Imperium suivra donc leur procès en se basant sur le roman De Vastgoedfraude, de Marc et Roeland Linssen ; d'ailleurs, si Het Imperium rencontre le succès, d'autres de leurs ouvrages pourraient être adaptés à l'avenir. La mini-série en 4 épisodes est prévue pour janvier prochain.

MiAmorElWachiman

- PEROU :

* La chaîne péruvienne ATV a lancé cette semaine une nouvelle série, intitulée Mi amor, el wachimán. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'une telenovela mais d'une mini-série, bien qu'il y soit question d'une romance entre une jeune femme d'un quartier huppé et le gardien qui fait des rondes dans ledit quartier huppé afin de gagner sa vie. Lancée à 21h ce lundi 1er octobre, la série a immédiatement pris la tête de sa tranche horaire. Ce qui fait un peu de peine quand on voit à quoi elle ressemble...

Magdalena

- PHILIPPINES :

* Dans les Philippines, il y a une communauté non-négligeable de musulmans. Alors, au vu des évènements qui ont secoué cette communauté à travers le monde, ces dernières semaines, GMA-7 a décidé de ne pas lancer sa nouvelle série Haram (qui signifie "interdit"), qui devait parler d'une romance entre une jeune musulmane et un soldat catholique. La chaîne se réserve la possibilité de tout de même diffuser la série plus tard, mais préfère éviter la polémique actuellement.
* La chaîne GMA 7 tient pourtant l'une de ses line-up les plus puissantes depuis longtemps. Le 8 octobre prochain, elle lancera Magdalena, une nouvelle série qui rejoint un block appelé "Afternoon Prime", qui capitalise généralement d'excellentes audiences. Magdalena raconte l'histoire d'une jeune femme, Lena, qui doit travailler pour soutenir financièrement sa famille, mais dont la beauté est aussi sa pire ennemie, et sa naïveté se retournera contre elle lorsqu'elle sera contrainte de devenir escort girl. La série rejoint donc ce block de fin d'après-midi, où se trouvent déjà Sana Ay Ikaw Na Nga depuis le mois dernier (l'histoire d'une jeune fille qui reçoit de l'acide au visage et qui, défigurée, perd l'homme qu'elle aimait), et  sera rejointe à la fin du mois par Yesterday's Bride (ou quand une jeune future mariée perd la mémoire dans un accident de voiture et ne reconnait pas son promis). Cette programmation surpuissante devrait une fois de plus permettre à GMA 7 de trouver le succès, aussi pas étonnant qu'elle fasse une promo soutenue de ce trio de choc :

* Et puis, demain également, mais dans une autre tranche horaire, GMA 7 décidément très en forme lancera une version philippine de la série sud-coréenne Coffee Prince 1 Ho Jeom, tout simplement sous le titre de Coffee Prince. De nombreuses séries coréennes sont diffusées chaque année aux Philippines, mais assez peu obtiennent une adaptation ; cela faisait depuis 2008 que GMA 7 planchait sur le sujet !

Hatufim

- RUSSIE :

* Tout le monde regarde les Emmy Awards, et la meilleure preuve, c'est que la société de production russe Weit Media a acheté les droits de Hatufim afin d'en produire une version locale pour une chaîne qui reste pour le moment à annoncer. Plusieurs chaînes de par le monde ont acheté les droits de Hatufim (dont arte en France), mais il n'y avait pour le moment qu'une adaptation aux USA. 
* Et puis sur Perviy Kanal, c'est un autre remake qui se prépare :celui de la série espagnole Los mysterios de Laura. Le tournage a commencé pour cette nouvelle série d'enquêtes, qui devrait apparaitre sur la chaîne publique début 2013.

Portkod

- SUEDE :

* En cette rentrée, SVT proposera Portkod 1321, en photo ci-dessus, une websérie de 10 épisodes qui s'intéresse à deux adolescentes qui sont forcées de cohabiter le temps d'un été alors que leurs parents, tombés follement amoureux, sont partis en voyage de noces. Si au début elles se regardent en chiens de faïence, elles vont finir par vivre côte à côte les tourments de leur été... La série commence le 16 octobre sur SVT Play, et le trailer est plutôt engageant...
* Et puis ce soir, la comédie Solsidan revient sur les écrans suédois. La saison 3 débarque à 21h alors que les saisons 4 et 5 sont déjà dans les tuyaux. Bah oui : TV4 avait commandé 3 saisons d'un coup l'an dernier. Nan mais comme ça c'est fait et on en parle plus, quoi.

MujeresAsesinas

- USA qui a bon goût :

* Au chapitre des remakes de séries étrangères actuellement en développement, on compte donc les australiennes Rake (si vous avez suivi) et The Slap, mais aussi l'argentine Mujeres Asesinas (déjà adaptée dans plusieurs pays d'Amérique latine ainsi qu'en Italie).

DoctorWho
- DIVERS :

* Les coproductions internationales sont de plus en plus fréquentes, mais jusqu'ici, il y a généralement eu des "familles" de pays qui collaborent régulièrement ensemble : des pays d'Amérique du Sud, par exemple, ou d'Europe (ou encore l'Allemagne et l'Australie, sur des séries pour la jeunesse) ; qui plus est, c'était plus souvent le fait d'un accord entre sociétés de production qu'autre chpse. Eh bien apparemment, les choses vont encore un peu évoluer puisque les Gouvernements du Brésil et du Royaume-Uni ont signé un traité de co-production, permettant au fruit de futures collaborations de trouver un écho dans les deux pays. Les productions bénéficiant de ce pacte auront ainsi droit à des réductions d'impôt au Brésil, ou des subventions au Royaume-Uni, pour vu de répondre aux critères de cet accord. Au total, 18 millions de livres sont ainsi allouées sur une année à l'aide financière qui sera offerte aux productions tombant sous cet accord. Je n'ai pas trouvé les détails des conditions à remplir pour pouvoir empocher ce royal butin, mais c'est suffisamment alléchant pour qu'on entende rapidement parler d'une production sautant sur cette belle occasion, et on en saura alors certainement plus !
* Et puis les Australiens, un peu jaloux des épisodes de la série qui se sont déroulés aux USA ces derniers temps, ont décidé de lancer une campagne afin de faire venir la production de Doctor Who dans leur pays. Rappelons que l'Australie est particulièrement férue de la série, et que les spectateurs peuvent suivre la série dans les heures qui suivent sa diffusion au Royaume-Uni (voir le lien au bas de ce post). Pour ceux qui ont envie de jeter un oeil ou même mettre la main à la pâte, la pétition est ici.

Pour finir, ah, génial, parfait, formidable, je vais être obligée de reprendre Moone Boy : la délicieuse Amy Huberman rejoint en effet la deuxième saison de la série de Chris O'Dowd. 'Zavez qu'à voir, je savais même pas que la série avait été renouvelée.


C'est tout pour aujourd'hui mais je compte sur vous, comme pour chaque world tour, afin que vous me disiez ce qui vous a le plus intéressés. Et veuillez m'excuser, ça fait deux/trois semaines que j'ai pas mis le Pilot Watch à jour, mais je m'y attèle très prochainement... vous me pardonnez ?

Posté par ladyteruki à 19:28 - Love Actuality - Permalien [#]

27-08-12

She kills Copper

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. C'est l'occasion de tester la première série originale de BBC America, Copper, à l'affiche de laquelle on trouve des noms aussi peu anodins que Tom Fontana ou Barry Levinson. Tout un programme.
Comme c'est désormais la tradition, à la fin de ce post, vous trouverez le logo de ce défi, sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Copper écrite par whisper (sitôt qu'elle sera en ligne), et ainsi lire nos deux avis sur ce même épisode.

Copper

Parfois, quand je m'attaque à la rédaction d'un post, je m'imagine quelle est votre réaction en l'abordant. Peut-être que certains d'entre vous commencent la lecture en se disant : "ah, voyons ce qu'elle en a pensé"... et j'aime, en prévision de ces circonstances, attendre la fin de mon post avant de délivrer une conclusion. Je sème des éléments positifs, avance des arguments négatifs, tant et si bien qu'il faut lire les derniers paragraphes pour connaître mon opinion définitive sur un pilote. Une fois de temps en temps, écrire ma review sous forme de jeu de piste m'amuse, que voulez-vous.
Ce ne sera pas le cas aujourd'hui. Non, aucun suspense, alors que mon post commence ainsi :

Je voulais vraiment aimer Copper.

Voilà, tout est dit, vous pouvez rentrer chez vous.
Levinson et Fontana, c'était l'équipe de la série Oz. Deux noms qui, mis ensemble, envoyaient de la magie téléphagique. J'avais cessé de croire à leurs talents en solo (notamment après que Fontana nous ait pondu Borgia), mais j'espérais qu'en travaillant à nouveau en duo, ils seraient capable de produire de la fiction de qualité.
Mais il n'y avait pas que ça. Le contexte historique de Copper me plaisait, et quand on sait que je n'aime pas trop les séries historiques, ni même ne suis captivée par l'Histoire, ça n'était pas anodin. Un peu de la même façon que sur le papier, Hell on Wheels m'avait séduite (là aussi ce fut d'ailleurs une sacrée déconfiture), le décor new-yorkais de Copper me faisait rêver. J'aime quand une fiction s'intéresse aux vagues d'immigration aux Etats-Unis, je me rappelle avoir dévoré la mini-série Ellis Island quand j'étais plus jeune par exemple, ça me fascine, il y a un côté typiquement rêve américain (avec tout ce que cela inclut de rêves déçus !) et de cosmopolite qui me ravit. Et puis, pour être également amatrice de séries policières en uniforme, notamment à New York (je vous dois d'ailleurs un bilan de NYC 22 mais, je viens de retrouver le net, alors ça va me demander un peu de temps pour boucler tous mes rattrapages), la perspective de voir comment la communauté irlandaise et la police métropolitaine se sont liées avait quelque chose d'excitant.

C'étaient d'ailleurs les seuls éléments que j'avais : le duo Levinson/Fontana, et le contexte historique. Comme c'est mon habitude, afin de garder la découverte pour le pilote, j'avais évité les affiches, les trailers, et même la page Wikipedia, histoire de vraiment prendre la série comme elle viendrait. Mais j'avais en tous cas envie de me mettre devant le pilote, ça c'est sûr.

Alors du coup, je dois dire que j'ai eu du mal à réprimer des grognements de mécontentement devant le pilote de Copper, déjà parce que l'écriture n'a rien de l'intelligence de Oz, mais ça à la rigueur, j'aurais dû savoir que c'était trop en demander, et surtout, oh oui, surtout : ce n'est qu'une putain de série policière à la con comme on en a déjà cent à la télé.
Et à mesure qu'on avançait, je me mettais un peu plus en colère (et je jurais un peu plus comme un charretier). Les problèmes avec la hiérarchie, la visite chez le médecin légiste : on a eu droit à la totale des clichés de la série policière moderne. D'accord, à l'issue de ce pilote, il est clair que la série s'oriente vers quelque chose d'un peu feuilletonnant, et pas versun bête procedural. Mais ça ne sauve pas les meubles pour autant. L'objet de mon ire, ce n'est pas les procedurals (ou disons, pas seulement), c'est aussi que les enquêtes policières, même menées sur plusieurs épisodes à la Forbrydelsen (ou feu The Killing) et Bron/Broen, eh bah yen ras le képi, c'est plus tolérable. Si vous n'avez rien de nouveau à raconter, alors dans ce cas-là ne racontez rien du tout.
Et tout cela avec un manque de finesse insultant. Que celui qui, à mi-parcours de l'enquête, n'a pas déjà deviné qui est le meurtrier de la petite victime de ce pilote, se déclare immédiatement : il faut absolument se cotiser pour lui acheter un cerveau. L'intrigue est visible comme le nez au milieu du visage et délayée sans raison, simplement parce que nom d'un chien, il faut que l'épisode dure 43 minutes, même si en réalité 20 minutes suffisent.
Il existe encore, même après une douzaine d'années d'invasion de poulet, des séries capables de nous surprendre, nous émouvoir ou nous captiver, tout en proposant des enquêtes et/ou des mystères. C'est le cas de Sherlock qui y parvient formidablement, avec un talent sans pareil pour jouer les prestidigitateurs et nous offrir des intrigues ayant l'air complexes ; même quand elles ne le sont pas, les éléments sont maniés de telle façon qu'on y voit que du feu, et à vrai dire, on s'auto-convainc même d'être aussi intelligents que Sherlock Holmes. Mais rien de tout ça ici, alors que Copper est dans l'indigence la plus totale, non seulement sur le fond de notre affaire que sur la façon dont elle est menée par son héros.

Mais le pire, je crois que c'est justement la façon dont Copper nous sert son exposition en pensant dur comme fer qu'il suffit d'avoir des décors (ou l'illusion de décor) épatants, des figurants en hâillons et des pubs irlandais où on chante en agrippant sa pinte de bière, pour planter le décor. La présentation du personnage central, le capitaine Corcoran, est une compilation des plus abrutissants clichés qui soient. Pour le rendre, je suppose, un peu plus abordable, on lui a inventé une femme qui a mystérieusement disparu, par exemple ; on imagine que ça doit un peu le travailler, surtout que ça ne fait que deux mois, au lieu de ça il se tape la moins excitante de toutes les prostituées du bidonville de Five Points, qui est son attitrée. Et quand un personnage essaye d'interroger la raison de cette préférence, il se fait renvoyer dans les cordes, laissant le spectateur sans la moindre explication. Ecoutez, on vous dit qu'il est tout triste, mais prenez-le pour argent comptant et arrêtez de poser des questions, quoi !
Les scènes d'exposition de Copper sont toutes dans cet esprit. On s'y hâte de mettre les choses en place en les tenant comme évidentes. Ce sont des clichés éculés dont on n'a même pas l'impression que les scénaristes ont l'intention de les développer. Les personnages n'ont qu'une dimension (quand ils ont une dimension tout court, parce que le meilleur ami de Corcoran n'existe que parce qu'il a un oeil en verre) et ne sont là que pour jalonner l'intrigue policière vue et revue d'avance.

Alors dans mon dernier paragraphe, il n'y aura aucune sorte de surprise, pas aujourd'hui. Il n'y aura que de la colère. Je pensais que ce qui avait encouragé BBC America à se lancer dans la production de séries, c'était afin de profiter du succès grandissant des séries britanniques outre-Atlantique (un succès qu'elle avait en plus dû partager avec PBS, diffuseur aux USA de séries comme Downton Abbey), pour imposer la marque BBC sur le territoire américain. Même produite sur le sol US, une série de BBC America aurait dû répondre à ces standards, non ? Au lieu de ça, BBC America nous a fait du CBS, mais du CBS vaguement câblé parce que faire une série historique, ça donne l'impression d'être sérieux et ambitieux. Eh bien non. Pas du tout.
Et le pilote de Copper est certainement la déception la plus rageante parce qu'on ne comprend pas ce qui a pu clocher, entre BBC America qui aurait quand même pu s'appuyer sur le savoir-faire des grandes soeurs britanniques, Levinson et Fontana qui sont supposés connaître leur boulot, et le contexte historique absolument unique qui donnait une longueur d'avance à la série. Avec toutes les cartes en main, Copper a quand même trouvé le moyen d'échouer lamentablement.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 16:56 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-07-12

Déviation obligatoire

La tentation à laquelle il est impossible de résister : la perspective de découvrir un pilote sur grand écran. Peut-être est-ce une séquelle du complexe des téléphages par rapport aux cinéphiles, mais rien à faire, regarder une série projetée à une salle entière, ça a toujours un charme supplémentaire. Alors, projetée dans le cadre tout en dorures et velours rouge d'un théâtre, vous imaginez bien que ça fait son petit effet.
C'est la raison pour laquelle, en dépit d'un agenda insupportable ces derniers temps, j'ai décidé de me fendre d'un aller-retour express à Fontainebleau histoire d'attraper au vol la projection de Bron/Broen, sachant qu'il m'était proprement impossible de faire mieux cette année. Série Series, rendez-vous est pris pour l'an prochain. Normalement, sans élections présidentielles, je devrais pouvoir m'organiser plus facilement, d'ailleurs.

Avec sous le bras un apprenti téléphage de mes connaissances, sur lequel je reviendrai d'ailleurs dans un post ultérieur car mes opérations de contagion ont repris, je me suis donc aventurée en pleine cambrousse, puisque Fontainebleau est à peu de choses près l'autre bout du monde pour moi qui n'avais encore jamais pris un TER de ma vie, et je suis donc allée voir la coproduction suédoise/danoise ce samedi.

BronBroen-Lights

Je dois dire que ce n'était d'ailleurs pas sans appréhension. Je savais que Livia avait énormément aimé Bron/Broen (qu'au nom de l'exactitude, je me refuse à appeler The Bridge vu que d'une part, ce n'est pas son titre, et qu'on est tous capables d'apprendre un titre original avec un tant soit peu de bonne volonté ; d'autre part, il y a déjà une série canadienne qui s'appelle réellement The Bridge, c'est pas la peine d'entretenir la confusion sans raison valable ; et pour finir, quand les remakes anglophones vont pleuvoir, on sera bien contents d'avoir appris à faire la distinction, comme on la fait pour Forbrydelsen et The Killing), mais étant par réflexe un peu réfractaire aux séries policières et polars de tous poils, je m'étais dit qu'il serait toujours temps d'y revenir plus tard, un jour où je serais bien disposée.
Et une projection dans un théâtre, c'est franchement la meilleure disposition qu'on puisse imaginer.

En tous cas, c'est le genre de cas qui vous fait réaliser à quel point suivre l'actualité d'une série sans la regarder pour autant vous permet tout de même d'en savoir long sur son univers, et je dois dire que j'étais finalement très à l'aise en démarrant ce pilote, où j'avais déjà quelques repères. Quand on est allergique au genre policier, c'est une situation qu'on est bien content de trouver.

Mais en commençant le pilote de Bron/Broen pourtant, des termes tels que "à l'aise" ou "content" sont assez déplacés. Impossible de ne pas immédiatement plonger dans l'ambiance diffusement dérangeante de la découverte de corps au beau milieu (l'exact milieu, en fait) du pont reliant la Suède au Danemark.
Les premières minutes s'égrènent en nous dévoilant progressivement des détails plus sordides et triviaux, tant à propos du crime qu'à propos de l'un de ses enquêteurs, Saga Norén. C'est résolument elle qui a les faveurs du scénariste (Björn Stein, jusque là plutôt réalisateur qu'auteur), puisqu'on nous familiarise très tôt avec sa personnalité, un élément très important de ce pilote mais qui lui permet de prendre le dessus sur son collègue danois Martin Rohde, lequel va se dévoiler plus progressivement et donc nous rester opaque pendant une bonne partie de ce pilote, se montrant uniquement sous le jour du "gentil flic" un peu unidimensionnel.

BronBroen-Saga

Saga Norén est en effet autiste. Je ne l'avais jamais lu en ces termes, mais c'était évident d'emblée. Pas autiste comme un grand nombre de flics qu'on a pu voir à la télévision ces dernières années, d'ailleurs, qui sont en réalité plutôt des caractériels asociaux qu'autre chose, mais une personne donnant tous les signes de l'absence totale de réponse émotionnel à des stimulus pourtant forts, comme peut l'être une intervention urgente au beau milieu de la nuit, la découverte du corps d'une femme politique en vue, le sentiment d'urgence d'une situation de vie ou de mort ou encore les détails ignobles révélés pendant ladite intervention. Il est clair et net que cette femme est inanimée à l'intérieur, qu'elle n'est qu'un cerveau, une tête qui a emmagasiné les règles selon lesquelles travailler, mais pas le fait qu'elle travaille avec des humains. Son absence de réponse la rend très froide d'une part, et pourtant, d'une certaine façon, presque attendrissante, comme si le spectateur se dépêchait de ressentir pour deux ce qui lui échappe à elle.
Par la suite, l'épisode va nous donner une vision plus large du "handicap" de Saga (très franchement, d'un point de vue professionnel, ça semble être plutôt un avantage tant elle se montre efficace et dédiée à son job), nous donnant également des occasions de considérer l'autre personnage, Martin, un homme tout ce qu'il y a de plus normal, doté d'empathie et humain, et ainsi trouver un meilleur équilibre entre ces deux personnages. Mais au départ, c'est réellement Saga qui impressionne.
C'est un choix d'autant plus intéressant que, malgré la fascination certaine de cet épisode inaugural pour la jeune femme, le pilote tranche ici avec une convention communément répandue qui veut qu'en général, on invite le spectateur à entrer dans l'univers de la série aux côtés d'un personnage attirant un minimum la sympathie, parfois même la pitié, et ici on n'a rien de tout cela.

L'univers de Bron/Broen est d'autant plus difficile à intégrer de gaîté de coeur qu'il est également très sombre. Pas simplement parce qu'on commence par la découverte d'un corps, mais bien parce qu'il s'agit là d'une monde qui suinte la désolation.

Le rendu de l'image, qui, comme le montrent les diverses captures de ce post, est baigné dans les ténèbres, participe énormément à cela. Il existe une multitude de séries différentes en Scandinavie, et au moins autant de façons de montrer ces pays nordiques, mais celle-ci se fait forte de matérialiser absolument tous les clichés en matière d'absence de lumière, de nuits qui semblent durer une éternité, et de villes figées dans le froid.

Le crime, découvert en pleine nuit, est en partie le fautif, je suppose : l'enquête commence à l'heure où le reste de la population dort, les rues sont inanimées, même le poste de police est désert. Mais d'une façon générale, tout est pesant dans l'atmosphère de Bron-Broen, dont même les scènes en intérieur, qui pourrait être baignées par la lueur des néons, semblent étouffantes, accentuant l'ambiance claustro de bien des plans.
La conversation entre Saga et Martin, lorsqu'il la visite dans son bureau au commissariat a beau être hilarante, il reste toujours un arrière-goût de malaise parce que tout est plongé dans cette lumière verdâtre qui en réalité n'éclaire pas grand'chose.

BronBroen-Chaise

Le plus surprenant dans le premier épisode de Bron/Broen, c'est probablement la façon dont la série ne s'enquiert pas beaucoup de vous laisser totalement dans le flou.
Ainsi, il sera révélé assez tard dans le pilote que Martin vient de subir une vasectomie : le problème c'est qu'il y a eu plein de scènes au préalable pendant lesquelles cette explication aurait été salvatrice, notamment quand il rentre chez lui auprès de sa femme. Mon petit camarade comme moi-même avions au départ mal interprété sa façon de se frotter l'entrejambe en poussant de gros soupirs, je suis obligée de l'admettre... Ce n'est qu'une information parmi beaucoup d'autres qui ne nous est pas dévoilée, vraisemblablement à dessein, pour nous désorienter autant que nous intriguer, mais qui participe à l'univers dense de la série.

Les intrigues secondaires sont tout-à-fait dans cet esprit.
Sur le pont, alors que la police découvrait le corps, une femme a demandé à Saga de laisser passer l'ambulance de son mari, en attente d'une greffe. Dans la plupart des séries, cette séquence serait juste là de façon anecdotique : soit afin de mettre en évidence la personnalité de Saga (et lancer une mini-intrigue sur la façon dont Saga va déposer une plainte contre Martin pour avoir laissé passer l'ambulance tout de même), soit tout simplement pour accentuer l'impression de chaos en pleine nuit sur le pont. Mais pas du tout. Quelques minutes après que l'ambulance soit passée, nous allons retrouver cette femme, à l'hôpital, faisant tout son possible pour que son mari bénéficie des meilleurs soins possibles. De tout le pilote, il ne sera pas fait allusion à une seule connexion entre cette question très médicale (choix du chirurgien, conditions du patient, etc...) et le corps retrouvé sur le pont, ce qui forcément ne manque pas de laisser le spectateur un peu désemparé, puisqu'il n'est même pas possible de formuler la moindre hypothèse sur les raisons pour lesquelles cette intrigue est présente tout au long du pilote.
C'est d'ailleurs ce qui fait tout le charme des fictions non-américaines, après des années de formatage US : l'effet de surprise ; ça m'a un peu rappelé la bonne surprise que j'avais eue devant le pilote polonais de Naznaczony qui, tout en reprenant des codes bien connus, parvenait à désarçonner le spectateur.
Plus intrigant encore, l'autre axe secondaire de l'épisode s'intéresse à une femme qui est dans une situation critique : sur le point d'être virée de son appartement avec ses deux enfants, et alors que son mari dépense leur argent en boisson et en drogues (il sera également mentionné qu'il bat son épouse comme ses deux enfants), elle fait appel à un étrange homme plein de mystère (Magnus Krepper, toujours aussi magnétique que dans Kommissarie Winter, même avec une moustache de l'impossible toute droit issue des années 70). Il m'a fallu aller sur la fiche Wikipedia pour découvrir que, contrairement à ce que je croyais, cet étrange bonhomme n'est pas du tout l'homme de main d'un réseau de prostitution (ma première hypothèse) ou l'adjoint du propriétaire de l'appartement de cette famille (ma seconde hyposthèse), mais un assistant social. Inutile de dire que la déroute est totale, puisque non seulement on ne voit pas le lien avec l'enquête principale, mais en plus, on ne comprend pas vraiment qui sont les personnages.

BronBroen-Magnus

Pendant tout l'épisode, le cerveau va donc s'efforcer de rattacher artificiellement tout cela, ces quelques éléments qui ne font pas sens (pas encore, faut-il supposer) à la découverte du corps. C'est très perturbant... sans être tout-à-fait désagréable.

Ces seuls éléments, sans même parler de l'enquête elle-même (comparativement, cette dernière serait presque moins intéressante, passé le détail sordide de la mise en scène du corps dont je ne vous révèle pas tout), suffisent à donner envie de revenir.
Bron/Broen n'a pas encore de date de diffusion sur arte, mais il faudra surveiller ça pour n'en pas louper une miette, à n'en pas douter. A choisir, je suis plus intéressée par ce pilote que par celui de Forbrydelsen, pour lequel l'enthousiasme était rapidement tombé et que je n'avais jamais poursuivi. Ici, le personnage de Saga Norén, l'ambiance incroyable de la série, sa réalisation soignée, son excellent cast et sa structure surprenante (ainsi qu'un grand talent pour les scènes d'adrénaline, comme le montre la scène finale du pilote dans la voiture, pendant laquelle j'ai dû me retenir pour hurler) réunissent tous les ingrédients pour scotcher le spectateur à son siège sans jamais lui rendre les choses faciles ; c'est à peu de choses près ce que j'attends d'un polar intéressant, par opposition à toutes les séries policières interchangeables qu'on a l'impression de voir sur les écrans.

D'après la masterclass qui a suivi à Série Series, la seconde saison de Bron/Broen serait actuellement en cours d'écriture (avec une nouvelle affaire), et le début du tournage est prévu pour octobre, tandis qu'un remake serait en projet entre la Grande-Bretagne et la France (bon, ça on le savait), ainsi qu'aux USA. A ce rythme, Bron/Broen va vite faire partie des séries scandinaves incontournables...

Posté par ladyteruki à 21:10 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

23-05-12

lady's world tour - Escale n°12

Il y a quelques jours, j'avais peu de temps pour un long world tour (enfin, ça va quand même, vous aviez de la lecture), et je vous avais promis, juré, craché que je reviendrais pour un complément avec tout ce que j'avais mis de côté.
Vous vous doutez bien que dans l'intervalle, les news n'ont pas cessé de tomber pour si peu (je vous jure, des fois, la planète n'est pas très arrangeante), alors attendez-vous aujourd'hui à un GROS world tour. En fait, prévoyez des snacks...

ElDonante

- ARGENTINE : et où il est ton papa ?
Cette nuit démarre El Donante, une nouvelle série qui, à l'instar de Perfidia et Volver a nacer, dont on a déjà pu parler, a décroché son billet pour la gloire grâce au désormais célèbre Concurso Series de Ficción Federales en 2011. Il s'agit d'une comédie ayant pour héros Bruno, un homme dans la cinquantaine qui a très bien réussi dans la vie, mais qui, quand il était jeune, arrondissait ses fins de mois en faisant des dons du sperme. 20 ans plus tard, alors que la femme qu'il aime meurt d'un cancer sans qu'ils aient pu avoir d'enfant ensemble, il traverse une crise et commence à se demander ce qu'il est arrivé à ces dons. C'est le moment que choisit une jeune femme pour frapper à sa porte : elle est sa fille. En fait, son sperme a été utilisé 144 fois pendant les deux dernières décennies ! Avec sa fille, Bruno va donc se mettre à la recherche des 144 enfants qu'il a eu. Une histoire plutôt barrée qui va s'étendre sur 13 épisodes...

- CANADA : les upfronts, il y a du rab', je vous le mets ?
Est-ce qu'on a pensé à vous dire que ce mois de mai était placé sous le signe des upfronts ? Oui, mais des upfronts canadiens ? Aha ! C'est bien ce que je pensais. Alors allons-y : du côté des fictions de CBC, outre l'acquisition de Murdoch Mysteries, la chaîne a confirmé la commande de Cracked, avec David Sutcliffe (le papa de Rory Gilmore !) et Stefanie von Pfetten, un procedural situé dans l'univers dérangeant d'une unité spécialisée dans les crimes à composante psychiatrique. Le pilote de Cracked, commandé en mai 2011, ne date pas d'hier, et la série ne fera pas son apparition avant janvier 2013 dans les grilles de la chaîne. A cela vient également s'ajouter Titanic: Blood and Steel, avec Chris Noth et Neve Campbell, la fiction sur le naufrage du Titanic qui manquait à la télévision. Pour ce qui concerne les séries faisant leur retour sur les écrans de CBC pendant la saison 2012-2013, on compte Arctic Air et Republic of Doyle.

- CANADA francophone cette fois : bad girls
Chez nos amis les Québécois aussi, on se passionne pour les séries carcérales. Danielle Trottier, scénariste de La Promesse, travaille actuellement sur un téléroman pour Radio-Canada, se déroulant dans une prison pour femmes ; ce projet, basé sur 5 années de visite régulières dans un centre pénitentiare, a pour objectif d'être le plus réaliste possible, tout en essayant de sortir des sentiers battus en la matière. "On a beaucoup traité de la criminalité au féminin comme du divertissement. Mais ce n'en est pas", explique la scénariste. "J'ai rencontré des personnes intelligentes, sensibles, extrêmement généreuses, en processus de changement". Un changement qui sera observé et expérimenté par une enseignante (interprétée par Guylaine Tremblay, Les Rescapés) qui, emprisonnée après un crime familial grave, partagera le quotidien de ces femmes. La série, intitulé Unité 9, devrait être diffusée le mardi à 20h à l'automne (l'ancienne case d'Apparences), et jouit pour le moment d'une commande de 25 épisodes.

IryuuSousa

- JAPON : si tu tends l'oreille
Cet été, renouez avec les étranges investigations d'Iryuu Sousa ! Le dorama policier revient en effet sur les écrans nippons au mois de juillet, après un peu plus d'une année d'absence (la série avait été diffusée au printemps 2011). Iryuu Sousa mettait en scène un enquêteur, incarné par Takaya Kamikawa, qui travaillait sur la base de ce qui lui disaient les objets laissés derrières elles par les victimes. Sauf que cette année, le héros de la série est relégué à un poste dans une petite ville au lieu de travailler dans une grande métropole... En raison de ce changement d'horizon, les acteurs Yuki Saitou, Norito Yashima et Yuuji Miyake rejoignent la série.

- JAPON toujours : walking down the street
C'est, vous le savez, l'une des cases horaires les plus prisée de la saison nippone : le lundi à 21h, chez Fuji TV, c'est sacré. Bon, peut-être moins qu'avant, mais quand même. Ce créneau, actuellement occupé par la série Kagi no Kakatta Heya, sera occupé cet été par une série répondant au nom de Rich Man, Poor Woman, ce qui donne bien le ton. Parait-il inspirée par le film Pretty Woman (et en gros, reposant sur le principe de 712 séries asiatiques depuis), cette comédie romantique mettra Shun Oguri dans la peau d'un milliardaire ayant fait fortune dans l'informatique, mais détestable, asocial et incapable de gérer sa société, et d'une charmante jeune femme, incarnée par Satomi Ishihara, aux débouchés professionnels bien sombres mais qui va pouvoir lui permettre de, hm, redresser la barre. Prévoir des engueulades... La série fera son arrivée dans les grilles nippones avec la nouvelle saison, qui démarre donc, vous l'aurez compris, au mois de juillet.

Housos

- AUSTRALIE : la onzième plaie
Si vous avez bien suivi mes conseils, vous n'avez aucune idée de ce qu'est Housos. C'est tout le mal que je vous souhaite. Son créateur et interprète principal, qui ne trouvera visiblement pas de repos tant qu'il n'aura pas ruiné tous mes efforts pour vous inciter à regarder des séries australiennes, travaille actuellement sur un long métrage basé sur la série, en cours de tournage à Sydney. La logique derrière tout ça, c'est que comme SBS ne se décidait pas assez vite à renouveler la série pour une seconde saison (c'est dommage pourtant, c'est si agréable de se mettre tous les habitants de HLM à dos), Paul Fenech a carrément décidé de se lancer dans un film tout seul comme un grand. A l'instar de tous ses projets précédents (comme la comédie Swift & Shift Couriers), Fenech porte à la fois la casquette d'auteur, producteur, réalisateur, et acteur principal sur des projets dont il gère le financement également en solo. Sortie prévue en novembre, mais que ça ne vous incite pas à tenter la série dans l'intervalle. Ou alors considérez-vous prévenus.

- AFRIQUE DU SUD : tu seras un homme (mais pas encore tout de suite)
C'est marrant, on parlait d'adolescence à la télévision il y a peu, eh bien justement SABC1 a décidé de renouveler la série Skeem Saam. Diffusée en octobre dernier, la série suivait le parcours de 3 adolescents sur le point de devenir adultes. La première saison avait été suivie en moyenne par 5 millions de spectateurs, et apparemment ça a l'air d'être une bonne audience pour la chaîne publique (ce qui, dans un pays qui compte 50 millions d'habitants, me pose des questions). A noter que si le cast ne change pas, il va y avoir un peu de mouvement en coulisses puisque l'un des producteurs quitte le navire. Winnie Serite, également créateur de Skeem Saam, est donc désormais le seul aux commandes de la série.

- ESPAGNE : camping purgatoire
Mercredi dernier, Antena3 diffusait l'épisode final de la 1e saison de sa comédie Con el culo al aire, lancée le 1er février dernier. Après avoir fait un démarrage épatant (4 millions de spectateurs devant le pilote, et 21,9% de parts de marché), la comédie de camping avait ensuite un peu réduit la voilure, pour s'achever devant 2,8 millions de fidèles. En fin de compte, sur l'ensemble de ses 13 épisodes, la comédie aura réuni en moyenne 3,1 million de spectateurs, ce qui n'est pas si mal, même si la série n'est pas le hit escompté.
Face à ce final, c'était le retour de la série médicale Hospital Central (qualifiée d'Urgences espagnole) qui occupait la grille de Telecinco pour une 20e saison ; le season premiere a été regardé par 2,2 millions d'Espagnols, soit 400 000 environ de moins qu'à la fin de la saison précédente. Il faut noter toutefois que pendant la 19e saison avait connu un démarrage poussif, avant de gagner des spectateurs progressivement en cours de saison. Tout n'est donc pas perdu.
Pour revenir à la comédie Con el culo al aire, elle est d'ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison.

Galleria

- POLOGNE : pente savonneuse
En janvier dernier, la chaîne polonaise TVP1 mettait fin à une tradition : son soap Plebanię, qui après 12 années d'antenne et très exactement 1829 épisodes, a tiré sa révérence. Pour prendre la relève, la chaîne misait sur un tout nouveau soap intitulé Galeria, dont elle avait commandé 94 épisodes (pour commencer !) inspirés du soap italien Centro Vetrine (qui, lui, est en place depuis 2001). L'idée était de renouveler l'image de la chaîne, et par renouveler, vous aurez compris rajeunir. Mais on dirait bien que Galeria n'a hérité de la longévité d'aucune des deux séries mentionnées, puisque TVP1 projette déjà de lui trouver un remplacement dés l'automne prochain, décidant d'abdiquer devant les audiences en berne. Actuellement développé sous le titre Mały Londyn ("little London"), ce soap devrait commencer à mettre des épisodes en boîte le mois prochain.

- TURQUIE : on n'est pas là pour faire tapisserie
Lundi, la chaîne Kanal D lance une nouvelle série du nom de Sultan. Je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de profiter du succès international de Muhtesem Yüzyil pour lancer une énième série en costumes ; Sultan est le nom de son héroïne, une femme à qui son prince charmant, Şeyhmus, a promis qu'il l'épouserait. Alors elle attend. Et elle attend. Et pendant ce temps ce saligaud de Şeyhmus part vivre en France, se marie, a des enfants... et Sultan attend. Jusqu'au jour où elle n'attend plus. Visiblement, la demoiselle n'est pas commode, puisque ceci est la bande-annonce qui passe sur à peu près TOUTES les pages du site officiel de Kanal D, où on peut s'assurer que Sultan met en scène une femme au caractère bien trempé. A noter que la série est supposée montrer également la vie de Şeyhmus en France dans les années 90, ainsi que la fin de l'attente de Sultan, 15 ans après, donc cela devrait donner une série assez étrange...

- SUEDE : 26 ans de deuil
Nan mais admettez-le : secrètement, vous aviez envie de lire des trucs sur la Scandinavie. Vous avez même sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite. Vous pouvez me le dire, à moi. Bon, eh bien vous n'aurez pas fait tout cela pour rien puisque j'ai l'honneur de vous annoncer une nouvelle série suédoise. Le réalisateur danois Kristoffer Nyholm (déjà derrière la camera pour les deux premières saisons de Forbrydelsen, et Nikolaj og Julie...) travaille en effet sur un projet de série historique retraçant l'assassinat du Premier ministre suédois Olof Palme, en 1986, dont les circonstances sont encore à ce jour assez confuses. Etant donné le flou qui entoure cette double tentative de meurtre (l'épouse du Premier ministre en a réchappé), la série sera essentiellement basée sur les travaux du criminologue Leif GW Persson. C'est SVT qui produit la série, et si ma traduction ne me trahit pas, les résultats de cette production pourraient être visibles dés la période de Noël cette année. Par contre, on n'a pas encore de titre, c'est malin.

Heartless

- DANEMARK : méfiance, méfiance
Qu'est-ce qu'on se marre chez Kanal 5 ! La chaîne danoise à souscription a décidé de se lancer dans l'aventure des fictions originales (jusque là son truc, c'était surtout les séries américaines) avec la série fantastique Heartless. Mais attention ! Comme il ne s'agit pas de se lancer à l'aveugle, genre en commandant une série et après de voir si elle marche, la chaîne fait appel à son public pour agir comme un "focus group" et donner un retour sur le pilote de 12mn qui a été tourné. Il suffit donc pour les spectateurs danois de se rendre sur le site officiel de la série et, à la condition qu'ils aient plus de 15 ans, de visionner le pilote et de voter. Etant donné que j'ai commencé à flipper dés que j'ai vu la page d'accueil, je vous laisse le soin d'aller voir ça par vous-mêmes, hein. Vous me raconterez.

- PAYS-BAS : you don't have to put on the red light
Avez-vous vu la série wisterialanienne Jardins secrets (Gooische Vrouwen en VO) ? Moi non plus, mais on n'a pas d'excuse, pour une fois qu'une série néerlandaise était diffusée en France... Alors prenons un air docte et parlons de l'actrice Susan Visser, qui y a interprété pendant 4 ans (et un film) le rôle d'Anouk, et qui se dirige à présent vers un nouveau projet du nom d'Achter het Raam ("derrière la fenêtre"). La série, adaptée de l'autobiographie de Patricia Perquin, suit le parcours d'une femme qui, couverte de dettes suite à son obsession pour le shopping, suit des conseils d'amis et se tourne vers la prostitution pour arrondir ses fins de mois. Le projet, annoncé à la radio, n'a pour le moment pas officiellement de diffuseur...

- PAYS-BAS c'est la fête : plaqué or
Ah, chouette alors, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé de remakes de sitcoms américains ! Non ? Ah, zut. Eh bien souffrez quand même qu'on y passe une minute, parce qu'il s'agit d'un remake... des Craquantes ! Faut croire que Las Chicas de Oro n'a servi de leçon à personne puisque RTL4 se lance dans l'aventure avec un remake néerlandais, donc. La distribution de cette nouvelle mouture est presqu'au complet (Beppie Melissen, Loes Luca et Cecile Heuer ont déjà signé, Pleuni Touw aurait été approchée), il devrait donc y avoir une nouvelle calamité à surveiller sur les écrans néerlandais. Le ridicule ne tue pas, la preuve, les Golden Girls sont immortelles !

TheSpiral

- EUROPE : pas trop déçus ?
On finit avec notre dossier The Spiral... vous savez ? La série qui devrait être diffusée simulatanément dans 712 pays d'Europe. Je vois que ça vous revient. Eh bien VARA, la chaîne publique qui diffusera la série aux Pays-Bas, vient d'annoncer le lancement de la diffusion pour le dimanche 2 septembre 2012, en primetime. Vu que le principe est de diffuser les 5 épisodes simultanément, on aurait pu en conclure que la diffusion sur arte se ferait au même moment, mais la chaîne française m'a indiqué que la série n'était pas prévue dans son planning pour l'année 2012. C'est très décevant, évidemment, mais enfin, même si c'est plus tard, on aura quand même la chance de voir la série. C'est ce qu'il faut se dire.

J'en oublie, certainement, mais j'en oublie toujours un peu. Pas grave ! Ce sera l'affaire d'un prochain world tour dans quelques jours, quand vous vous serez remis de l'annonce pour The Spiral.
Et euh, alors, Heartless, ça vaut le coup que je clique sur le site officiel, ou pas ?

Posté par ladyteruki à 02:38 - Love Actuality - Permalien [#]

08-05-12

The London Complex

Ca faisait longtemps que je n'avais pas râlé, et étonnamment aujourd'hui, je vais me faire l'avocate de la fiction française (sort of). Faut croire que depuis que j'ai vu Hénaut Président, le changement c'est résolument maintenant, héhé.

C'est dans un article sur le final de la première saison de Homeland (diffusé avant-hier soir devant environ 4 millions de spectateurs) que je me suis trouvée confrontée à un paragraphe d'une rare violence :
"For British television, the brief relief at not being found wanting in comparison with Scandinavian shows (The Killing, Borgen, The Bridge) will be tempered by another round of cringing contrasts with America. And, while the alleged inferiority of British TV drama can be exaggerated – shows such as Sherlock, Life on Mars and Downton Abbey are envied in the US - the viewer and reviewer reception of Homeland here does raise issues that commissioners in this country need to consider."

Je ne suis pas experte en "fiction française", loooin de là, et je n'ai à vrai dire jamais caché mon aversion (et mes tentatives souvent infructueuses pour en sortir) envers nombre des séries nées sur notre sol. Mais je n'ignore pas que les débats font rage depuis de nombreuses années pour essayer de tirer celle-ci vers le haut. On prend les British en exemple (c'est souvent eux), et on se répète que la BBC fait ci, la BBC fait ça, et pourquoi France Télévisions n'en fait pas autant ? Il suffit de voir les nombreuses réactions suscitées par cette interview (qui figure parmi les plus retweetées de ma revue de presse téléphagique de ces derniers mois, difficile de ne pas y voir un signe) pour comprendre que nous aussi, nous nous comparons énormément à nos voisins pour mieux nous déprécier, parfois à l'excès.

Je ne suis pas experte en "fiction britannique" non plus, même si j'y travaille bien plus que pour les séries issues de mon propre sol. Mais force est de reconnaître qu'il y a énormément de bonnes fictions qui nous viennent d'outre-Manche, et que cet exemple pour sortir la "fiction française" de sa "crise" est bien plus réaliste que celui, longtemps employé et encore bien trop désigné comme modèle, de l'industrie télévisuelle américaine, totalement démesuré et hors de propos.
Mais dans le paragraphe ci-dessus, je me suis pris comme un coup dans les dents. Les Britanniques complexent quand même énormément sur l'état de leur fiction par rapport aux séries américaines (et, récemment, scandinaves) ! Rien que la petite liste proposée de séries ne pouvant être taxées d'inférieure ne semble justifier la qualité des fictions citées que par leur validation par les Américains ! On ne s'en sort pas.

Donc ils complexent sur leur fiction ; pendant ce temps, nous on complexe sur la nôtre... Et on n'en finit pas se dévaloriser les uns par rapport aux autres, quel chaîne de négativité, c'est incroyable.

LesPetitesBetesneMangentpaslesGrosses

Le comble de l'ironie, c'est quand même que l'auteur de cet article est parti d'un constat sur Homeland... une série qui est l'adaptation d'une fiction israélienne, Hatufim. Comme quoi les séries américaines ne sont visiblement pas le Saint-Graal... Je veux dire, à quel moment on arrête de se comparer aux petits copains et d'essayer de leur ressembler ? C'est visiblement un cercle vicieux.

OK alors, bon, vous savez quoi ? Et si on arrêtait de tous se flageller !
La télévision de la planète est riche en possibilités, certes, et avoir accès à sa diversité est un plaisir pour quiconque apprécie la bonne fiction. Je suis la première à le dire. Mais ça n'avance pas beaucoup le Schmilblick de passer son temps à prendre le meilleur de la télévision du voisin (bizarrement, jamais le pire) et de se dire qu'on est incapable de faire aussi bien.
C'est la leçon que, moi petite Frenchie, je tire du paragraphe cité ci-dessus : si les Anglais ont un complexe d'infériorité, alors toutes ces histoires de comparaisons n'ont aucun sens.

Pardon de réagir en tant que spectatrice française qui a beaucoup de mal avec la télévision française, mais cette ambiance constante de haine de soi n'aide vraiment pas à aborder la "fiction française" avec le sourire. Si on commençait par sortir du misérabilisme, pour commencer ?

On peut en finir avec les conversations de vestiaire et ranger le double-décimètre ? Apprécions ce que nous avons à sa juste valeur, au lieu de constamment rabaisser nos productions au prétexte qu'elles ne sont pas aussi bonnes que celles du voisin (quel qu'il soit). A force de débattre de la qualité de notre fiction, j'ai l'impression qu'on a fini par créer une sorte d'écoeurement de principe. C'est déjà pas facile de lutter contre les a priori qui se construisent à force d'expériences malheureuses, si en plus on baigne dans une morosité permanente parce que le voisin fait mieux, on ne va jamais y arriver.

Je dis souvent que ma prochaine grande aventure téléphagique sera celle de la fiction française. Faudrait juste qu'elle se libère de ce débat permanent sur son état, pour devenir un plaisir à nouveau.
Pardon pour le coup de gueule, mais je trouve qu'on n'est pas aidés.

Posté par ladyteruki à 17:16 - Point Unpleasant - Permalien [#]

11-04-12

lady's world tour - Escale n°8

Bon, bah écoutez je sais pas pour vous, puisque vous n'avez pas trop réagi sur ce point spécifique, mais je préfère quand même les world tour plus longs. Je trouve qu'on a plus de choix. Alors du coup aujourd'hui il y a du lourd, et j'ai même réussi à trouver un petit quelque chose sur l'Italie, l'un des pays européens où je manque dramatiquement de sources. Je n'en suis pas fâchée, je vous le dis tout net !

30graderiFebruari

- SUEDE : SVT, c'est chaud !
Lundi soir, SVT diffusait l'ultime épisode de 30° i Februari et vous vous doutez bien qu'on aura l'occasion d'en reparler. La bonne nouvelle, c'est que l'épisode final a été regardé par 1,2 million de spectateurs ! Rappelons que le premier épisode avait réuni 1,45 million de curieux. Pour un pays qui compte un peu plus de 9 millions d'habitants, je vous laisse apprécier l'ampleur de la chose. Par contre, il y a une mauvaise nouvelle : le DVD est sorti aujourd'hui en Suède, et il ne comporte pas l'ombre d'un sous-titre anglais. Il fallait s'y attendre mais ça n'en est pas moins tragique. A moins qu'elle m'ait échappé, on attend toujours l'officialisation d'une deuxième saison.

- DANEMARK : Facebook, ça ne marche pas avec DR
Il vous souvient probablement de la dramédie Lykke, diffusée l'an dernier par DR. La série, qui faisait partie des fictions vendues à l'occasion du MIP TV, a trouvé un public restreint, mais actif : un groupe Facebook a été créé par les fans afin d'inciter DR à ramener la série à l'antenne. Cela à valu à Stig Thorsboe, le créateur et scénariste de la série, de s'exprimer pour annoncer qu'il n'y aurait définitivement pas de seconde saison pour la série. "Aux Etats-Unis, cette opération aurait du succès, mais ça ne fonctionne pas encore comme ça au Danemark", a-t-il précisé quant à l'initiative. Thorsboe, qui a commencé à écrire pour la télévision au début des années 90 mais a accentué son travail pour le petit écran ces dix dernières années (il a notamment écrit les épisodes de Krøniken), travaillerait actuellement sur un nouveau projet de série. Ah et, vous savez, quand je mentionnais le MIP TV ? Eh bien, la dramédie de TV2, Rita, dont je vous parlais du pilote plus tôt cette année, a été vendue à Fuse Entertainment (déjà responsable du remake de Forbryselsen) afin d'être adaptée pour les Etats-Unis. Voyez, la fiction danoise a encore du répondant, tout n'est pas noir.

- ESPAGNE : anti-coup de bambou
Voilà de nombreux mois qu'on parle de productions espagnoles dans ces colonnes, et je pense qu'on est tous prêts maintenant à retenir des noms propres et des noms de sociétés. Celui que nous allons apprendre aujourd'hui est Bambù Producciones, une société de... production (vous voyez, vous vous en sortez très bien) qui est à l'origine de plusieurs des séries à succès de ces dernières années, dont Hispania, Gran Reserva, ou plus récemment Gran Hotel. Comme vous le voyez, les choses vont plutôt bien pour cette boîte. Elle a annoncé au début de la semaine avoir lancé une nouvelle filiale, nommée Blow, destinée à accueillir les projets les plus ambitieux et les plus sensibles. Le premier projet de Blow sera un mélange de thriller psychologique et de science-fiction, dont l'ambiance est décrite comme digne héritière de films comme Buried ou Red. Outre la signification pour Bambù Producciones à proprement parler, qui montre bien qu'elle est en train de gagner du terrain (notamment face au géant Globomedia qui est son principal concurrent), on devine que de tels projets ne sont pas vraiment développés pour les chaînes historiques mais plutôt pour la TNT ou le câble. Alors, Blow, première étape d'un élan des chaînes numériques espagnoles ? A suivre.

C'est la même photo parce qu'elle lui rend bien justice

- CANADA : on ne s'en lasse pas
La chaîne francophone TVA a confirmé la mise en chantier d'une comédie dramatique intitulée Un sur 2, dans laquelle un homme qui a fait sa crise de la quarantaine et a tout plaqué revient comme une fleur trois mois après avoir claqué la porte, auprès de sa femme et de leur fille. Comme ils possèdent un duplex et une quincaillerie, le temps que la confusion retombe, ils décident d'habiter chacun un étage du duplex et d'essayer de régler leurs problèmes tout en continuant de tenir leur affaire... Vous l'aurez remarqué, pour la seconde fois dans un world tour, la photo de Claude Legault (Minuit, le soir) orne cette news ; effectivement l'acteur interprètera le rôle masculin, Michel, tandis que l'épouse sera incarnée par Céline Bonnier (Les Rescapés). La série, dont le tournage devrait commencer en juin en vue d'une diffusion en septembre, sera réalisée par Claude Desrosiers (Les hauts et les bas de Sophie Paquin), et la production est déjà assez confiante quant à l'obtention d'une deuxième saison.

- BRESIL : une avenue, que dis-je, un boulevard !
Il est rarement question de telenovelas dans le coin pour, entre autres, les raisons énoncées il y a quelques semaines. Pour autant je voulais attirer votre attention sur quelque chose : les telenovelas, ça fonctionne encore TRES bien. Non parce que je me rappelle avoir expliqué que l'Amérique du Sud connaissait une véritable ruée vers l'or en matière de nocturnas au format hebdomadaire, mais soyons bien clairs : les telenovelas ne sont pas nécessairement désertées. En témoigne Avenida Brasil, sur Rede Globo, qui a commencé le 26 mars dernier et qui, d'après les derniers chiffres, attire quotidiennement rien moins que 65% des spectateurs brésiliens. Quand même, hein. Le premier épisode de la série en avait réuni 61%, ce qui signifie qu'en à peine deux semaines de diffusion, les choses ont déjà pas mal progressé. Voilà donc c'était juste l'occasion pour moi d'être claire : oui, les séries hebdomadaires, c'est la nouvelle marotte des chaînes de nombreux pays dont on connait plutôt la production de telenovelas, mais ne vous laissez pas abuser, la telenovela n'est pas encore morte et enterrée.

- BRESIL : en rire ou en pleurer
Cela étant posé, les telenovelas ne sont pas les seules séries à exister, et la preuve en est faite avec deux projets de FX Brasil. Le premier, intitulé, A vida de Rafinha Bastos, est une série satirique dont le pilote vient d'être approuvé par la chaîne ; la série entre donc en production en vue d'un total de 12 épisodes. C'est l'humoriste Rafinha Bastos qui crée cette série dans laquelle il réutilisera une partie de son spectacle de stand-up, racontant des anecdotes de sa vie privée ; l'idée est de brouiller la limite entre la réalité et la fiction. Ainsi, le père du comédien dans la série sera interprété par son père dans la vraie vie, tandis que la mère sera incarnée par une actrice. D'autre part, le cinéaste Fernardo Meirelles (à qui l'ont doit le film La cité de Dieu et la série qui a suivi, La cité des Hommes) prépare la série Contos de Edgar, inspirée des nouvelles fantastiques d'Edgar Allan Poe et en co-production avec la chaîne O2 ; la série devrait arriver sur les écrans brésiliens pendant le second semestre 2012.

Moi ! Moi !!!

- ITALIE : qui veut nager avec les dauphins ?
En mars 2011, Canale 5 avait diffusé une minisérie intitulée Come un delfino, en deux parties. La série s'intéressait au monde de la natation, et notamment d'un ancien champion, Alessandro, qui devient l'entraîneur d'une équipe de jeunes délinquants et les aide à revenir dans le droit chemin en leur apprenant ce sport. Il ne vous étonnera pas trop d'apprendre que la fédération italienne de natation faisait partie des entités participant au budget de la série, laquelle bénéficiait de musiques composées par nul autre qu'Ennio Morricone ! Une seconde saison a depuis été commandée pour la série, et puisque je suis tombée sur une info concernant son histoire, je me suis dit que c'était pas parce qu'on n'avait jamais mentionné la série qu'on allait se priver de se pencher dessus. Cette fois, Alessandro (qui grâce à l'issue de la première saison a touché une grosse somme d'argent) décide de racheter une piscine confisquée à la mafia, et de la retaper pour pouvoir y entraîner plus de jeunes. Mais lorsqu'une bombe fait exploser l'installation, il faut se rendre à l'évidence, ce ne sera pas facile... Le tournage de la 2e saison, qui a commencé en février dernier, s'installe à partir de ce weekend à Malte ; on ignore pour le moment à quelle date les nouveaux épisodes de Come un delfino seront diffusés.

- AUSTRALIE : Blake pour prendre la relève de Fisher ?
Le tournage a commencé pour la prochaine série d'enquêtes d'ABC, The Dr. Blake Mysteries, se déroulant dans une ville rurale en 1959. Souvenez-vous, cela faisait partie des projets que la chaîne publique s'était fixés pour cette nouvelle saison. Le bon docteur Lucien Blake viendra reprendre le cabinet que lui a laissé son père, officiant également comme médecin pour la police, mais très vite il conduira ses propres enquêtes lui-même. Blake ayant été officier médical pendant la Seconde Guerre mondiale, il a un regard bien particulier sur ses pairs, et les gens du coin ne comprennent pas toujours ni sa rigueur morale ni son sens de l'humour pince sans rire. C'est un total de 10 épisodes qui est prévu avec Craig McLachlan (Packed to the Rafters) dans le rôle principal, Nadine Garner (City Homicide) interprétant son épouse. Le tournage est prévu pour durer jusqu'en août, en vue d'une diffusion en 2013.

- AUSTRALIE : de mère en fille
L'une des exportations les moins glorieuses de la télévision australienne a été la comédie Kath & Kim, même si on ne peut nier qu'elle ait connu un grand succès. Actuellement, le film Kath & Kimderella est en préparation en vue d'une sortie sur les grands écrans australiens le 6 septembre, et c'est l'occasion pour quelques rumeurs insistantes, mais pas du tout confirmées (je répète : rumeurs non confirmées) d'évoquer le retour de la mère et la fille à la télévision. Pourquoi donner du poids à ces rumeurs ? Parce que lorsque Seven a reçu ses investisseurs et partenaires à la fin de l'année dernière, le tandem était intervenu dans une petite video dans laquelle les deux anti-héroïnes avaient fait remarquer que la chaîne avait bien besoin de les faire revenir à l'écran. On devrait avoir le coeur net quant à la véracité de cette rumeur à mesure que la sortie du film se rapprochera...

KankurouKudou

- JAPON : l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
La NHK a la particularité d'être la seule chaîne nationale japonaise à diffuser des séries d'une durée d'un an (comme en ce moment Taira no Kiyomori le dimanche soir) ou de 6 mois (ce sont les fameux asadora, diffusés à huit heures du mat') ; ce sont souvent les séries qui font les meilleures audiences de la chaîne, accessoirement. Ces deux traditions télévisuelles requièrent donc, pour plusieurs raisons comme vous le voyez, une vision à long terme, aussi ne serez-vous pas très étonnés d'apprendre que, à peine une semaine après avoir lancé Umechan Sensei dans sa case matinale, la chaîne publique commence déjà à penser à l'avenir. L'urgence n°1 à présent est d'abord de poursuivre le projet qui prendra la relève d'Umechan Sensei en octobre, Jun to Ai. La jeune actrice Natsuna vient d'être castée pour le rôle principal de la série ; c'était sa 3e audition pour un asadora. Elle y incarnera une jeune fille qui débarque de sa région natale d'Okinawa pour travailler dans un grand hôtel d'Oosaka. Le tournage de Jun to Ai démarre le mois prochain en vue d'un lancement sur NHK le lundi 1er octobre. Mais ce n'est pas tout, puisqu'il faut maintenant commencer à écrire l'asadora d'après, celui qui démarrera au printemps 2013 ! Je vous le disais : on parle de plans à long terme. Ce n'est nul autre que Kankurou Kudou (c'est le monsieur ci-dessus, dites bonjour), entre autres scénariste de Kisarazu Cat's Eye et Unubore Deka, qui vient d'être engagé pour en écrire l'histoire. Une conférence de presse devrait avoir lieu en juin pour révéler le sujet et le titre de cette série. C'est la première fois que Kudou écrira un asadora, et il pourrait être intéressant de le voir apporter sa patte à ces séries essentiellement destinées aux ménagères...

- RUSSIE : le festival du détective
Comme je vous le dis. DetectiveFEST est un festival russe intégralement dédié aux enquêtes, qu'elles se déroulent dans des films ou des séries, qui se tiendra du 25 au 29 avril prochain à Moscou. Sa mission, entre autres, est de réhabiliter l'image des policiers, et d'encourager le sens de la Justice chez les citoyens, à travers la fiction (ça ne s'invente pas). Comme tout festival qui se respecte, le DetectiveFEST propose également quelques récompenses. Parmi les séries nommées, pas mal de séries russes comme la saison 5 de Codex Chesti ("code de l'honneur"), et quelques unes qui en revanche nous évoqueront quelque chose : la série de Canal+ España, Crematorio, la canadienne Republic of Doyle, ou encore le succès turc Behzat Ç.. C'est la 14e fois que le festival a lieu, et le thème de cette année est "loi et société".

- ARGENTINE : si c'était à refaire
Un petit mot pour finir sur une série argentine dont le lancement m'avait un peu échappé, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Volver a nacer a démarré le 3 avril dernier à 22h30 sur TV Publicà (qui est... euh... une chaîne publique), et est une mini-série en 13 épisodes qui raconte comment des jumelles séparées à la naissance vont tenter 30 ans plus tard de percer le secret de leurs origines. Jusque là ça a l'air un peu bateau, limite téléfilm de Lifetime, mais on est en Argentine et l'histoire se teinte d'Histoire : les héroïnes sont les filles d'une prisonnière politique pendant la dictature militaire... Tournée et diffusée comme une série quotidienne, Volver a nacer n'est pas forcément un petit bijou mais son sujet mérite quand même l'attention. Ca tombe bien, TV Publicà se fait un devoir de mettre les épisodes en ligne sur le Mal chaque jour (par exemple, ici, le pilote). La série Volver a nacer a vu le jour, tout comme Perfidia, grâce au fameux Concurso Series de Ficción Federales. Ca a l'air d'être une vraie mine d'or, ce concours...

Pour finir, j'avais envie de vous glisser un petit mot sur Brendan O'Carroll, créateur et interprète principal de la série irlandaise Mrs Brown's Boys, la comédie qui est devenue un vrai phénomène, vous savez ? Les choses vont apparemment si bien qu'il a refusé une offre de HBO ! Actuellement, le format de Mrs Brown's Boys permet en effet au comédien et scénariste de ne travailler que 6 mois de l'année, et il avait peur qu'en acceptant l'offre de la chaîne câblée américaine, il ne doive travailler plus (mais il aurait définitivement gagné plus). Les Irlandais peuvent donc continuer à profiter des services exclusifs de O'Carroll, voilà un de leurs ressortissants couronnés de succès que les Américains ne vont pas tout de suite leur piquer (au contraire d'Amy Huberman, mais c'est pas moi qui irai me plaindre !).

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ; on a vraiment eu de tout ! A vous de me dire maintenant quelles sont les news qui ont le plus retenu votre attention, et, le cas échéant, s'il y a des séries que vous avez maintenant le désir ardent d'aller cagouler séance tenante...

Posté par ladyteruki à 22:51 - Love Actuality - Permalien [#]

12-02-12

Rita rocks

Evidemment, la VOSTM ça ne marche pas pour tout. Outre les comédies, il faut évidemment préciser que les séries très bavardes tendent à être difficiles à comprendre sans sous-titres. Du coup forcément, les reviews sont à l'avenant. Mais en ce moment, j'ai envie de parler de Scandinavie, alors...
Et puis qui sait ? A l'instar d'Äkta Människor qui semble réussir à faire le buzz après mon insistance à en parler (et à supplier un peu partout pour trouver quelqu'un volontaire pour les sous-titres), peut-être que la review de Rita donnera envie à quelqu'un de sous-titrer cette dramédie danoise ? Il n'est pas interdit de rêver.

Rita

Alors attention. Quand une dramédie met en scène une quarantenaire, on a vite fait de penser à l'esprit Showtime, qui en a fait un genre à part entière, et qui du coup peut donner des boutons à d'aucuns (j'ai ici une pensée pour Florian). La bonne et à la fois mauvaise nouvelle, c'est que Rita est une série bien trop gentille pour Showtime.

Ca se sent énormément dans la réalisation ou même l'accompagnement musical (le thème principal présente d'ailleurs une frappante ressemblance avec celui de Lykke, pour ceux qui avaient eu le temps d'y jeter un oeil ; au fait, si vous voulez des reuploads de génériques, il faut le dire), il y a chez Rita quelque chose d'un peu... Joséphine, ange gardien (il est vrai, c'est une impression en partie due au fait que le collège où la série se déroule est incroyablement propre et parfait, pour un peu on aurait l'impression d'être dans les années 80). C'est fait pour être relativement familial, l'héroïne est sympathique et aura toujours raison, vous voyez le genre.
Mais si Rita était vraiment la version danoise de Joséphine, ange gardien, je ne serais pas là à vous en parler, j'aurais laissé le sujet mourir comme je l'ai fait pour le pénible Il Tredicesimo Apostolo, dont je n'ai même pas réussi à achever le pilote et ce n'était pas la faute de la barrière de la langue... et puis c'est tout.
Non, heureusement, Rita est quand même moins niais, mais on n'est clairement pas dans une série du genre à me donner des coups de coeur.

La scène d'introduction est d'ailleurs plutôt sympathique, et elle donne le ton : on y trouve notre prof en train de fumer dans les toilettes, tranquillement, et qui attend d'avoir fini sa clope tout en lisant les graffitis sur le mur des chiottes du collège. Au moment de partir, il y en a un qui retient son attention : "Rita s'envoie l'enspecteur". Sans ciller, elle sort un feutre de son sac et corrige en "Rita s'envoie l'inspecteur", puis sort. Voilà, tout est dit.

Rita est ce genre de personnage sympa et cool, un tantinet badass par rapport au milieu dans lequel elle évolue ce qui lui confère tout de suite une aura particulière, qui est à la fois détachée et très impliquée dans son métier. On sent qu'elle a ses marques au collège, elle connait tout le monde, elle ne s'inquiète de rien, en un mot, elle gère. Et il y a presque du A la Maison Blanche dans toutes ces scènes qui la montrent en train de marcher jusqu'à sa classe d'un air presque blasé, mais pas du tout antipathique.
Lorsque la nouvelle prof débarque et suit Rita dans les couloirs avec un air un peu perdu et en même temps très enthousiaste, on a la sensation d'assister à un remake de l'arrivée de la nouvelle infirmière dans le pilote de Nurse Jackie ; mais tout en ayant la même structure (la nouvelle est grosse et naïve, Rita/Jackie n'a pas tellement envie de se la coltiner...), cette scène propose infiniment moins d'agressivité dans le cas de Rita.
Le personnage n'offrira qu'assez peu de variations à partir de ces premières impressions.

C'est sympa de la voir tenir sa classe. Il n'y a vraiment qu'une seule scène de ce genre, mais elle suffit, car Rita impose d'emblée son style : décontraction, humour, ton amical avec les élèves, encouragements... mais un peu d'autorité lorsqu'il le faut. Ce n'est pas quelqu'un qui cherche à tout crin à être anbti-conformiste, mais elle a clairement un côté un peu "out of the box". Tout est dans l'équilibre.
La première des choses qui m'a sincèrement plu, c'est que Rita, tout en était cool, ne cherche pas à sympathiser avec les élèves ni à régler leurs problèmes. Elle intervient dans sa classe pour aider Kaspar, un élève en difficulté lors d'une interro orale (et qui n'avait visiblement pas fait son travail lui-même), rabat le caquet de Rosa, sa première de la classe un peu trop chiante ; puis une fois sortie de là, elle mène sa vie (ce qui inclut de flirter avec Rasmus, le fameux inspecteur de l'école).

C'est une idée d'ailleurs bien sympathique que de l'installer dans une maison qui est litéralement de l'autre côté de la cloture au fond de la cour. C'est pas grand'chose mais ça participe de l'ambiance générale et ça crée un liant entre sa vie familiale et sa vie professionnelle. On va en effet, contraire toute attente, passer énormément de temps dans la maison de Rita, avec ses 3 enfants. C'était un soulagement d'apprendre qu'elle en avait, d'ailleurs, ça nous évite le côté "célibataire désespérée". Ricco, Molly et Jeppe sont des jeunes adultes et des adolescents, ce qui permet à Rita de continuer à parler sur son ton décontracté, plutôt que de jouer la maman poule et/ou surmenée auprès de jeunes enfants. La dynamique entre les enfants est également bien trouvée, ils existent en-dehors des scènes de Rita, ce qui tendrait presque à faire mentir le titre et à transformer la série en ensemble show.
Une bonne partie de l'épisode, donc, se déroule lors d'un barbecue avec ses trois enfants, la fiancée du plus grand et les parents de celle-ci, où on comprend dans une séquence un peu lourde que Rita a eu une histoire avec le père de la future mariée. En intrigue secondaire, on a la fille, qui après une rupture revient vivre à la maison, et le plus jeune des fils qui est à deux doigts de concrétiser avec sa petite amie et qui tente du mieux qu'il peut de ne pas admettre qu'il est gay pour le jeune voisin.
Ce n'est pas absolument palpitant mais ça permet à Rita de se mettre ponctuellement en retrait afin de ne pas devenir insupportable pour le spectateur, tout en entretenant avec ses enfants une relation sympathique et détendue.

Quand on avait l'impression que Rita serait une série sympathique mais trop gentillette, on a droit à une petite scène de cul entre Rasmus et elle. Rien de très choquant, rien de révolutionnaire, ça se finit de façon marrante, mais finalement c'en est presque incongru vu le reste de l'épisode qui est très regardable par tout le monde.

Le passage le plus désagréable de l'épisode est en réalité quand, le lendemain, les parents de exigent un rendez-vous avec Rita et Rasmus parce que Rita ne s'occupe pas assez de Rosa. C'est là que Rita va faire sa Joséphine : alors que Rasmus espère qu'elle va faire ses excuses aux parents, elle leur renvoie le comportement de Rosa comme une patate chaude et finit par les quitter victorieuse, avant d'aller passer un peu de temps avec Rosa elle-même et essayer de la décoincer (mais la petite scène dans les chiottes était pas mal). D'accord, Rosa est une ado un peu chiante qui croit tout savoir et qui fait preuve d'arrogance, mais bon... c'est vraiment le moment irritant où l'héroïne n'a pas tort, juste parce qu'elle est l'héroïne et que les scénaristes sont de son côté.
La fin de l'épisode sera quant à elle un peu brusque et caricaturale, du genre "l'épisode est fini, donc toute la petite famille rit ensemble", ce qui ne nous laisse pas sur la meilleure des impressions.

Reste que Rita a un côté très sympathique, du moment qu'on ne s'attend pas à du Borgen ou du Forbrydelsen, ce qui est le gros danger en ce moment. C'est je crois un risque que vont courir ceux qui vont commencer à s'intéresser aux séries scandinaves du fait de leur enthousiasme pour l'une d'entre elles : ne pas admettre la variété de tons qu'a toujours la fiction d'un pays donné ; rien ne me traumatise plus que voir les britanniques chercher à acheter série policière scandinave après série policière scandinave comme si le drame, la dramédie ou la comédie étaient inexistants.
Clairement, la série n'a rien de révolutionnaire. La bonne nouvelle c'est que ça ne détonnerait pas tellement sur une chaîne française...

J'ajoute que ce post a été rédigé avec l'aide du site de TV2, qui a la gentillesse de nous offrir ce qui est un classique pour les séries asiatiques, et qui m'a drôlement aidée dans le cas de Rita : un organigramme des personnages. C'est cool parce que j'avais pas retenu les noms des personnages DU TOUT. Donc merci TV2.

Rita_Relationships

Posté par ladyteruki à 18:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-02-12

Velkommen !

BorgenEnfin

Cela ne faisait que quelques semaines que je m'intéressais à la télévision scandinave. Après avoir travaillé sur des articles présentant les télévisions suédoise, norvégienne et danoise, j'avais appris énormément de choses et, surtout, j'avais déjà fait quelques découvertes téléphagiques, parmi lesquelles Kodenavn Hunter ou Blomstertid, mais je n'avais pas encore tous mes repères, et certainement pas encore de véritable source d'information (me contentant à l'époque d'écumer les programmes de TV Planeten, par exemple, pour me faire une idée de ce qui était diffusé au Nord). J'ignorais complètement l'existence de Borgen, disons-le, qui n'était alors diffusée que depuis quelques semaines sur DR1. Mais heureusement, Scénaristes en Séries s'apprêtait à y remédier.

De ce déplacement, et notamment grâce à la nuit des pilotes (à moi En God Nummer To Question 10 !, Lulu og Leon, et Alamaailma Trilogia !), je suis revenue avec deux véritables coups de coeur : Kommissarie Winter, qui m'a foudroyée sur place, et Borgen, qui m'a fascinée.
Vous pouvez retrouver mes impressions sur le pilote de Borgen ici, et pour Kommissarie Winter.

Après avoir fait partie des premiers petits veinards en France à avoir découvert la série politique danoise, je n'ai pas pu m'arrêter là, j'étais trop sous le charme pour passer à autre chose. J'en ai parlé, et parlé, et parlé autour de moi (je ne savais pas que la diffusion sur arte tarderait tant à venir...), et surtout j'ai fait des pieds et des mains pour mettre la main sur le coffret DVD de la première saison. J'ai aussi incité mes petits camarades du SeriesLive Show (Livia n'était pas difficile à convaincre, je lui avais déjà inoculé le virus) à donner sa chance au pilote, et cela a donné une émission passionnante à enregistrer.

Le parcours de la série parmi les téléphages n'a pu que me faire plaisir, tandis que la date de lancement sur arte approchait, ENFIN !
Accessoirement, je vous rappelle qu'arte a également acquis les droits de Kommissarie Winter, ce qui en fait ma chaîne française préférée de tout l'univers, hésitant même à réinstaller adsltv.

J'ai vu le buzz autour de Borgen grandir, notamment en Grande-Bretagne puis aux USA. D'ailleurs, glorie à la vague d'intérêt pour la fiction scandinave outre-Manche, qui sert de banc d'essai à la France et permet d'ouvrir toujours plus de portes aux séries nordiques dans l'hexagone ; il y a eu les diffusions hélas confidentielles d'Oskyldigt Dömd, de Blekingegade, de Forbrydelsen, de Lærkevej (toutes bel et bien diffusées en France sans grand bruit), maintenant Borgen a une chance de vraiment changer la donne. Bientôt Bron/Broen, avec de la chance ? Peut-être même peut-on espérer qu'une chaîne va s'intéresser à Äkta Människor ? Quelque chose est en train de se passer et j'assiste à cette transition avec délice.

Ce soir, je ne serai pas à temps chez moi pour regarder Borgen sur arte, mais il y a des chances pour que vous, si.
Je vous envie un peu d'avoir cette découverte à faire, d'être encore vierge de son visionnage, si je puis dire. Vous allez passer une super soirée... Car n'hésitez pas : joignez-vous à l'aventure de cette série incroyable qui a conquis le monde, et découvrez pourquoi ceux qui la regardent ne tarissent pas d'éloges à son sujet. Unanimement, d'ailleurs.

Faites-vous une faveur, regardez Borgen. Ne loupez pas le coche de la fiction scandinave.

MeilleureSerie

Posté par ladyteruki à 15:00 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]