ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-08-08

Rien à voir avec Barry Allen

J'ai souvent eu un problème avec les goûts téléphagiques de mon entourage. Par exemple, à l'époque où il n'y avait qu'une télé pour toute la maison, ma soeur aimait bien regarder Flash, Agence Acapulco, ou Los Angeles Heat. Mon premier copain était fondu de Sydney Fox (et Buffy, aussi, ce qui compense plus ou moins). Et ne parlons même pas de celui qui aimait avec passion Mutant X (précisément parce que c'était nul, en plus). En tant que téléphage, il est avéré que je ne sais pas m'entourer, c'est un fait. D'où mes efforts désespérés pour faire découvrir toujours plus de séries...
Je ne nie pas la qualité de ces séries (quoique...?), mais leur point commun, c'est d'être essentiellement des séries d'action.
Problème : l'adrénaline, ce n'est pas exactement ce que je recherche dans une série. Donc l'action, c'est bien mais ça me fait fuir s'il n'y a rien d'autre.
Or vous savez ce que c'est : parce que vous êtes "mordu de séries télé", on ne s'explique pas que vous fassiez la grimace quand on vous propose de regarder un épisode de l'une des séries sus-citées. Bah ouais, si vous aimez les séries, vous aimez toutes les séries, hein, c'est logique. Donc j'ai vomi tripes et boyaux devant un nombre d'épisodes assez conséquent de ces séries et quelques autres (par contre pour Pacific Blue, je confesse, c'était moi, mais j'étais alors jeune et bête, et j'ai un mot d'excuse : il y avait Marcos Ferraez au générique ; au début en tous cas).

Donc, depuis, je suis d'une prudence de Sioux quand une nouvelle série d'action pointe son nez. Traduisez par : je passe mon tour quasi-systématiquement. Et comme en ce moment, je n'ai personne pour m'en infliger, on va pas tenter le Diable non plus !
Mais d'un autre côté, vous savez aussi que je suis suffisamment sentimentale pour que, lorsqu'un acteur pour lequel j'ai beaucoup de sympathie se montre au générique d'une série, et que je viens à le savoir, je finis toujours, d'une façon ou d'une autre, et même si c'est avec des mois ou des années de retard, par aller jeter un oeil.
Je suis faible, c'est comme ça.

Aussi, après avoir tourné autour du pot une saine dose de temps (j'y vais, j'y vais pas, j'y cagoule, j'y cagoule pas... bon bah maintenant que c'est cagoulé, autant rentabiliser l'espace disque occupé !), j'ai fini par donner sa chance à Flashpoint.
Über-circonspecte, comme on s'en doute. Genre avec plein de vilains préjugés et tout en ayant un plan de secours du type "au pire, je ramène mon matériel et je me fais les ongles en attendant la fin de l'épisode". Ouais, comme je vous disais, les séries d'action, c'est vraiment pas ma tasse de thé, hein, je m'en cache pas...

Mais bon, reconnaissons au moins qu'outre son traitement léché (ah, ils ont des filtres et ils sont bien décidés à prouver qu'ils savent s'en servir), Flashpoint parvient à apporter un peu de nuance aux séries de pur muscle, notamment par sa façon de donner du relief aux évènements.
Comment ? En montrant l'avant et l'après. Soit les causes et les conséquences.
En tous cas c'est comme ça dans le pilote, et j'ai presqu'envie de me demander si ça se poursuivra ensuite (c'est juste que c'est pas du tout prévu dans mon planning téléphagique mais bon, si j'ai un créneau qui se libère, on verra).

Donc ce qui est intéressant dans le pilote de Flashpoint, en fait, c'est qu'il s'agit d'une équipe d'intervention, mais que l'intervention, dans le fond, on s'en bat l'oeil : ce qui importe, c'est pourquoi il y a besoin d'une intervention (le mec a pas décidé de prendre un otage parce qu'il n'y avait rien à la télé, non, il a ses raisons... pas forcément super étayées, mais ses raisons), et l'impact qu'aura cette intervention ensuite sur les protagonistes.

Et à ce titre je suis bien obligée de reconnaître que l'effet de choc est super bien retranscrit lorsque vient le dénouement de ladite intervention. Mélange de sensation de malaise, d'incompréhension et de tristesse (surtout qu'évidemment on était à ça de trouve une solution de négociation), bref, on subit le contrecoup des scènes d'action pure, et ça fonctionne quand même bien. Une excellente gestion des silences, notamment, fait beaucoup pour ces scènes où les dialogues vont à l'économie sans qu'on ait l'impression que le dialoguiste était parti en pause déjeuner, comme c'est souvent le cas.

Bref, c'était efficace.
Au-delà de ça, eh bien... l'intrigue est creuse (et faut pas compter sur des explications détaillées de l'affaire, mais bon en même temps on n'est pas vraiment dans une série policière non plus, c'est pas leur job), les personnages sont assez lisses à l'exception du mec principal (ouais, lui là, le mec qu'on a pris parce qu'on pouvait pas avoir Bruce Willis, mais qui lui ressemble avec 30 kilos de moins...), bref on n'est pas non plus dans un contexte de révélation, mais globalement, ça se tient.

Et puis, oui, bon, d'accord, j'adore Colantoni, vous êtes contents ? Je craquais déjà pour lui quand il jouait les jeunes loups dans Voilà!, je craquais encore pour lui dans Veronica Mars, et là je craque encore, c'est ce que vous vouliez entendre ? Eh bah c'est dit ! C'est le genre de gars auquel je ne peux pas résister, petit sourire, regard qui pétille, un ptit air "guy next door", en un mot, le gars qu'on ne peut pas détester même si on essayait, et pour ma part je ne me donne même pas cette peine. Vous avez eu les aveux que vous vouliez ?

En un mot, Flashpoint, c'est clairement pas la série du siècle, ni même de l'année d'ailleurs, mais si, un jour, admettons, une chaîne française diffuse la série et que, par exemple, je tombe dessus... bah il se pourrait que je reste jusqu'à la fin de l'épisode sans sortir mon sac en papier.
Comme quoi dans la vie faut jamais se braquer.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Flashpoint de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 03:20 - Review vers le futur - Permalien [#]

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