ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-05-13

Les félicitations sont de rigueur

Vous connaissez ma passion pour les récompenses de la planète : on a tendance à y trouver de fabuleuses idées de découvertes ! Comme je n'ai pas eu, avec mes posts hebdomadaires de ces dernières semaines, l'occasion de vous permettre de suivre en temps réel les dernières cérémonies des quatre coins du monde, je vous propose aujourd'hui un petit florilège de quelques unes des plus importantes, histoire que comme moi, vous releviez quelques noms pour faire votre marché plus tard.

J'ai donc pris sur moi de reprendre les principaux awards remis de par le monde au cours du dernier mois, et je les ai compilés dans ce post géant. J'aurais aussi pu vous les publier un par un dans des posts séparés, comme je le fais d'ordinaire, mais j'ai voulu tenter : vous me direz la formule que vous préférez. Je compte sur vous.
Bon, vous êtes prêts ? Parce qu'il y a un peu de lecture. Mais je suis gentille, j'ai mis des images.

Gullruten-2013

Commençons si vous le voulez bien avec mes petits préférés, je le confesse : les Gullruten, remis un peu plus tôt ce mois-ci, comme ceux qui me suivent sur Twitter l'auront remarqué. A toutes fins utiles, je vous ai mis les nominations également, les gagnants apparaissant avec un joli *.

- Meilleur drama :

DAG    DAG (saison 3)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. Nommé systématiquement chaque année.

Hjem-300

   Hjem
(NRK)
Une série "feelgood" se déroulant à la campagne, diffusée à l'automne dernier et pour laquelle une seconde saison est d'ores et déjà prévue.

Halvbroren-300

   Halvbroren*
(NRK)
La mini-série en 8 épisodes, dont on a déjà eu l'occasion de parler, couvre un demi-siècle d'Histoire, et raconte l'histoire de deux demi-frères nés de la même mère, mais dans des conditions radicalement différentes. Le premier, né d'un viol le jour de la libération, se lance à la recherche de son père, et disparaît...

HotelCaesar-MEA

   Hotel Caesar
(TV2)
Ce soap, lancé en 1998, est actuellement le plus long drama diffusé à la télévision norvégienne (il compte actuellement plus de 1500 épisodes). Et, oui, en Norvège, les soaps peuvent être nommés dans la catégorie dramatique.

- Meilleur programme humoristique :
Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries.
* Asbjørn Brekke-show (talk show - TV Norge)
* Brille (talk show - NRK)
* Helt Perfekt (TV Norge) *
* Kongsvik Videregaaende (TV Norge)

- Meilleur programme pour la jeunesse :
Au moins l'un de ces titres devrait vous dire quelque chose si vous vous rappelez de ce qu'on dit sur les fêtes de Noël...
* Dauinger (NRK) *
* Energikampen (NRK)
* Julekongen (NRK)
* Lesekorpset (NRK)

Enfin, rappelons que pour les prix d'interprétation, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie.

- Meilleure actrice :
* Tuva Novotny (DAG - saison 3)
* Iben Hjejle (DAG - saison 3)
* Mariann Hole (Halvbroren)
* Lene Kongsvik Johansen (Kongsvik Videregaaende) *

- Meilleur acteur :
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 3)
* Atle Antonsen (DAG - saison 3)
* Frank Kjosås (Halvbroren) *
* Jon Øigarden (Halvbroren)

Bon, je suis très déçue pour Julekongen dont je pensais beaucoup de bien, mais je m'en remettrai. Par contre, n'avoir trouvé que des sous-titres suédois pour Halvbroren ne fait qu'accentuer mon envie de voir la série, laquelle a également reçu de nombreux prix techniques (dont meilleure réalisation, amplement mérité) ; dans l'intervalle, je rappelle que la bande-annonce est en anglais.
En tous cas, Lars Saabye Christensens, l'auteur de Halvbroren, a un nouveau projet pour NRK intitulé Etter Karnevalet, donc on aura l'occasion de retenter notre chance dans quelques mois !

Antalya-2013

On part dans un tout autre pays à présent, avec la Turquie, puisqu'il y a quelques semaines se déroulait la 4e cérémonie des Antalya, comme la ville du même nom (pour un bref historique de cette remise de prix récente, vous pouvez jeter un coup d'oeil à mon post de l'an dernier, c'est gratuit).
Comme je pense vous connaître un peu, je vais avancer la théorie que vous connaissez encore moins de séries turques que vous n'en connaissez de norvégiennes, et du coup je vais m'autoriser à détailler un peu moins les nommés, d'autant qu'il y a plus de catégories en Turquie qu'en Norvège. Je pars du principe que ça ne vous gêne pas, mais si je me trompe, faites-le moi à tout prix savoir en commentaires.

Karadayi-300

   Meilleure nouvelle série dramatique : Karadayi (ATV)
Un revenge drama réalisé par le directeur d'Ezel, et se déroulant dans les années 70, dans lequel un homme doit prouver l'innocence de son père condamné à mort ; manque de chance, il tombe amoureux de la même femme que le juge. Il faut croire que ça valait le coup de faire des messes basses à la rentrée pour faire monter la sauce.

IslerGucler-300

   Meilleure nouvelle série humoristique : İşler Güçler (Star TV)
Dans ce mockumentary diffusé l'été dernier, trois comédiens qui n'ont pas connu le succès ou à la gloire fanée misent sur un film pour pouvoir (re)trouver la célébrité ; ils tentent donc de présenter un documentaire qui leur permettrait de gagner un peu d'argent pour monter le film. A également remporté le prix de la Meilleure réalisation pour une série humoristique.

MuhtesemYuzyil-MEA

   Meilleure série dramatique : Muhtesem Yüzyil (Star TV)
Ca va, je vous présente pas, vous vous connaissez. Ce n'est qu'une récompense de plus dans la collection déjà volumineuse de la série depuis son lancement en 2011. A noter qu'elle a également remporté le prix de la Meilleure réalisation pour une série dramatique, pour faire bonne mesure.

Seksenler-300

   Meilleure série humoristique : Seksenler (TRT)
Absolument pas un titre transparent, ce sitcom est une comédie familiale prenant pour contexte les années 80.

BehzatC-300

   Meilleure adaptation : Behzat Ç. (Star TV)
Un titre qui revient de droit à la série, que sa réputation précède, mais qu'également une série de romans précède. Donc bon. Pour rappel, il s'agit d'une série policière avec l'un des rares vrais anti-héros de la télévision turque, un flic pourri jusqu'à l'os faisant passer l'officier Sipowicz pour un enfant de choeur. La version diffusée sur Star TV est toujours lourdement censurée, et seule la version en catch-up sur le site de la chaîne est en version intégrale. Le site de la chaîne est très fréquenté...

KayipSehir

   Meilleur scénario : Kayıp Şehir (Kanal D)
C'est une petite nouvelle qui a volé le prix aux poids lourds du genre. Avec ses 26 épisodes (la saison 1 a été écourtée faute d'audiences, et s'est achevée en mars), Kayıp Şehir raconte l'histoire d'une famille d'Anatolie qui s'installe à Istambul à la mort du patriarche. La série a vu débuter le premier personnage transsexuel de la télévision turque, et parle de toutes sortes de minorités, et de discriminations envers celle-ci.

NikkanSportsDramaGrandPrix

Direction un tout autre continent avec maintenant le Japon, où je m'apprête à évoquer deux awards différents qui ont été révélés en ce mois de mai. A la différence des précédents, ces prix sont remis sur la base du vote des lecteurs des publications remettant les awards ; il n'en existe pas de cérémonie télévisée, mais il faut dire que des cérémonies de récompenses tous les trois mois, ça perd vite de son charme ! Si vous voulez allez au petit coin c'est maintenant, parce que je vous préviens, on a de la route.

Commençons donc si vous le voulez bien avec le Nikkan Sports Dorama Grand Prix (d'où la jolie médaille ci-dessus), et vous allez voir, les vainqueurs sont faciles à mémoriser... Le Nikkan Sports Drama Grand Prix est remis plusieurs fois par an, ce qui semble relever d'une certaine logique au pays des saisons télévisuelles trimestrielles. Dans le détail, voilà comment ça se passe : quatre fois par an pour couronner les séries qui n'ont pas démérité au cours des trois derniers mois, et une cinquième fois (parce qu'on ne s'en lasse décidément pas) décernée au printemps pour récompenser les meilleures fictions de l'année écoulée.
Voilà donc les Nikkan Sports Drama Grand Prix dédiés aux séries diffusées entre janvier et mars 2013, pour démarrer tranquillement.

Tonbi-TBS

   Meilleure série : Tonbi (TBS)
Yasuo Ichikawa est un homme peu intelligent et au tempérament vif, mais qui, depuis la mort de son épouse, est devenu un papa-poule pour son fils unique Akira, qu'il éduque avec l'aide de ses amis et voisins... mais alors que celui-ci s'apprête à entrer à l'université, Yasuo lui révèle le secret de la mort de sa mère.. A ne pas confondre avec le Tonbi de la NHK l'an dernier, mais on a extensivement couvert le sujet dans un post précédent.

MasaakiUchino

   Meilleur acteur : Masaaki Uchino pour Tonbi (TBS)
Un bonheur n'arrivant jamais seul.

YaenoSakura-300

   Meilleur actrice : Haruka Ayase pour Yae no Sakura (NHK)
Le jidaigeki de la NHK n'a même pas encore achevé son année de diffusion que déjà les statuettes tombent. La série suit Yae Niijima, surnommée la "Jeanne d'Arc de la période Edo", une jeune femme qui, en dépit des efforts de sa mère pour la rendre féminine, va devenir une guerrière légendaire, mais aussi l'épouse d'un homme influent. Entre ses batailles (on dit qu'elle s'est barricadée avec 500 femmes pendant un siège pour défendre son palais), l'utilisation d'armes à feu, un voyage aux Etats-Unis, Yae n'en aura jamais assez. Elle deviendra aussi une des toutes premières infirmières volontaires pendant la guère russo-japonaise.

HirokiNarimiya

   Meilleur acteur secondaire : Hiroki Narimiya pour Aibou (TV Asahi)
En apportant du sang frais à la série au long cours Aibou (11e saison, quand même), l'acteur a fait un bon coup.

MachikoOno

   Meilleure actrice secondaire : Machiko Ono pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Une série dans laquelle un divorce conduit à toutes sortes d'imbroglios amoureux.

Voici à présent le Nikkan Sports Dorama Grand Prix annuel, parce que je sens que vous trouviez que ça manquait.

KaginoKakattaHeya-300

   Meilleure série : Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Le surveillant d'une grosse compagnie de sécurité passionné par les serrures est embauché par une avocate pour l'aider à résoudre un cas étrange. Alors qu'elle le suspecte de s'y connaître un peu trop en serrures pour être honnête, elle va progressivement avancer dans l'affaire qui les occupe...

SatoshiOono

   Meilleur acteur : Satoshi Oono pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Comme ça c'est assorti.

MakiHorikita

   Meilleur actrice : Maki Horikita pour Umechan Sensei (NHK)
Ca change un peu. Umechan Sensei se déroule dans l'après-guerre, et suit le parcours d'une jeune femme mal assurée qui va progressivement se découvrir une vocation de médecin de campagne.

KoichiSatou

   Meilleur acteur secondaire : Koichi Sayou pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Et rebelotte.

ErikaToda

   Meilleure actrice secondaire : Erika Toda pour Kagi no Kakatta Heya (Fuji TV)
Vous commencez à voir se dessiner une tendance...

Un peu monomaniaque, le Nikkan Sports Dorama Grand Prix ? Allons donc, si peu !
Histoire de varier les plaisirs, voici donc les Television Dorama Academy Awards, qui eux, se limitent à seulement quatre remises de récompenses par an. Où vous allez voir que finalement, le résumé est vite fait aussi, mais différent. Rappelons que les Television Dorama Academy Awards sont remis par les lecteurs du magazine The Television.

SaikounoRikon-300

   Meilleure série : Saikou no Rikon (Fuji TV)
Kousei est en train de divorcer de sa femme Yuuka, avec laquelle il est profondément incompatible (mais hélas il leur aura fallu endurer 2 ans de mariage pour le découvrir). C'est à ce moment-là que son ex de l'époque de la fac réapparait. Elle s'est depuis mariée avec un type qui continue d'avoir des aventures, et n'est pas non plus heureuse en ménage...

SaikounoRikon-300

   Meilleur acteur : Eita pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Tout à gauche sur la photo.

KyoukaSuzuki

   Meilleur actrice : Kyouka Suzuki pour Yarou Karansha (TBS)
En emménageant dans un endroit huppé, Mayumi pensait que sa vie allait changer pour le mieux, mais entre sa fille qui tourne mal et les maltraitances verbales du voisinage, ce n'est pas le cas. Il y a en revanche une famille où tout semble aller bien, mais un jour, le père est assassiné, puis l'un des fills disparait. Cependant, la police se demande progressivement si cela signifie que c'est le fils le coupable... Je précise que la couleur jaune vient du matériel promo de la série !

KotarouYoshida

   Meilleur acteur secondaire : Kotarou Yoshida pour Karamazov no Kyoudai (Fuji TV)
Dans un cast très masculin, puisque la série est basée sur l'oeuvre de Dostoievski, la performance n'est pas anodine. Yoshida interprétait apparemment le père des trois frères Karamazov.

SaikounoRikon-300

   Meilleure actrice secondaire : Machiko Ono pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Comme on se retrouve ; sur la photo de promo, Machiko est l'actrice habillée en blanc.

SaikounoRikon-300

   Meilleur scénariste : Yuuji Sakamoto pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
On lui doit toutes sortes d'autres séries comme Last Christmas, Mother ou Soredemo, Ikite Yuku. Oui, j'ai réussi à recaser Mother dans post sur l'actualité nippone.

SaikounoRikon-300

   Meilleur réalisateur : Rieko Miyamoto, Michiko Namiki, et Yuusuke Katou pour Saikou no Rikon (Fuji TV)
Vous m'arrêtez quand je commence à me répéter.

SaikounoRikon-300

   Meilleur générique : Saikou no Rikon (Fuji TV)
A croire que les lecteurs du magazine The Television ont aimé la série. Ce qui est intéressant parce que ses audiences n'ont pas non plus été exceptionnelles.

AustralianDirectorsGuildAwards-2013

Il y en a un peu plus, je vous le laisse ? Car en Australie aussi, les personnalités de la télévision ont eu droit à leur petite statuette, ya pas de raison. Les Australian Directors Guild Awards étaient en effet remis un peu plus tôt ce mois-ci. C'est d'ailleurs intéressant de se pencher sur des awards portant sur des angles plus "techniques", je devrais le faire plus souvent.

RedfernNow-300

   Best Direction in a TV Drama Series : Rachel Perkins pour Redfern Now (ABC1)
Récompensée pour l'épisode "Pretty Boy Blue", 6e et dernier épisode de la saison 1.

DevilsDust-300

   Best Direction in a TV Mini Series : Jessica Hobbs pour Devil's Dust (ABC1)
La réalisatrice a dirigé les deux épisodes de la mini-série sur le scandale australien de l'amiante.

DanceAcademy-300

   Esben Storm Award - Best Direction in a Children’s TV Program : Daniel Nettheim pour Dance Academy (ABC3)
Récompense remise pour l'épisode 2x25, "The Second". Une maigre consolation pour les jeunes fans de la série, dont ils ont appris que la 3e saison, déjà écourtée puisque la commande était passée de 26 à 13 épisodes, serait la dernière.

HomeandAway-300

   Best Direction in a TV Drama Serial : David Gould pour Home & Away (Ten Network)
Les soaps aussi peuvent être réussis techniquement ! C'est l'épisode n°5438 qui lui a valu ce prix.

Danger5-300

   Best Direction in a TV Comedy : Dario Russo pour Danger 5 (SBS)
Où les idées originales et le goût du retro l'emportent sur la qualité du résultat final. Tentez quand même de jeter un oeil à Danger 5 si ce n'est pas encore fait, car un bon rire vaut un bon bifteck, et le prix de la viande de boucher est devenu hallucinant.

J'ai hésité à remonter jusque début avril avec les Logies, mais comme à l'époque j'étais de toutes façons en hiatus, on ne va pas commencer à retourner jusqu'en mars pour le plaisir de couvrir l'info. Disons donc qu'on est quittes. En plus, vous avez déjà laaargement de quoi faire si vous cherchez l'inspiration dans les cérémonies de la planète !

Sur ce, je vous laisse, j'ai un second post à publier aujourd'hui. On ne va d'ailleurs pas s'arrêter de voyager pour si peu !

Posté par ladyteruki à 13:46 - Love Actuality - Permalien [#]

11-03-12

Grand écart

BlackMarch

Le weekend dernier, on a pu causer un peu de l'un des parents pauvres de la télévision internationale, au moins du point de vue de son accessibilité en France : la Russie. Dans le même esprit, j'avais envie de vous parler aujourd'hui d'un des pays qui attise ma curiosité en dépit du fait d'être assez difficile d'accès à l'heure actuelle. Ce pays, c'est la Turquie.
Allez hop, un peu de pédagogie au préable.

Comparée à d'autres pays, la télévision turque est relativement jeune, et ce qui lui arrive aujourd'hui est donc d'autant plus impressionnant. Songez que la première chaîne du pays est née en 1968 (c'était TRT, une chaîne publique), et que la première chaîne privée date de 1989 ! Et malgré cette genèse tardive, la fiction turque est en plein boom depuis une dizaine d'années environ, et ça ne va certainement pas en se calmant vu le succès de ces fictions à l'étranger.
La première série turque à avoir été vendue hors de son pays natal s'appelait Deli Yürek, une série mêlant de l'action, du drame et même un peu de politique, et se déroulant dans un contexte mafieux ; elle a duré 4 saisons de 1998 à 2001 et a même donné naissance à un film "spin-off". C'est grâce à son succès que la fiction turque a attiré l'attention de toujours plus de pays étrangers.

Depuis 2001, environ 80 séries turques se sont vendues dans plus de 40 pays du monde, certaines collectant, certes, plus de miles que d'autres. En 2011, ce business a rapporté 60 millions de dollars, à raison d'un prix allant jusqu'à 15 000 dollars par épisode. C'est dire si ça va BIEN.

On savait depuis quelques années que les soaps turcs fonctionnaient très bien, notamment dans les pays de langue arabe, avec la success story de Gümüş (alias Noor dans sa version arabe). Ce soap a fait un tabac de la Croatie à l'Arabie saoudite, alors que pourtant, la série y montre des choses pas franchement acceptées dans les pays de culture musulmane, comme boire du vin ou avoir des relations sexuelles avant le mariage ; l'un des personnages a même eu recours à un avortement. Malgré cela, 85 millions de personnes dans le monde ont vu ce soap !

Aujourd'hui, les séries hebdomadaires sont également très en forme. Outre le fait que ce sont ces séries qui aujourd'hui capitalisent les meilleures audiences sur leur chaîne d'origine, ce sont aussi celles qui se vendent le mieux (il y a un rapport de cause à conséquence, vous l'aurez compris).
Ce qui est une bonne nouvelle, c'est qu'elles peuvent rivaliser avec les productions occidentales en termes de qualité de production ou de budget (au niveau format c'est plus compliqué, les séries turques ont souvent des épisodes de 90mn qui font régulièrement l'objet de redécoupages en 2x45mn une fois à l'étranger ; notons qu'en France ça ne poserait pas forcément problème, cela dit). Alors forcément ça attire l'oeil ! Evidemment, qui dit plus de ventes à l'étranger implique aussi un cercle vertueux sur le territoire national, puisque ça fait sans cesse plus d'argent qu'on peut investir dans la production suivante.
Et plus il y a de pays différents culturellement pour acheter des séries turques, plus celles-ci tentent de rendre leur contenu plus accessible à des publics étrangers divers ; à l'heure actuelle, les séries turques sont définitivement ancrées dans la culture de leur pays, elles sont également regardables dans des pays de culture musulmane, mais elles sont aussi faciles d'accès pour plein de pays comme la Grèce et les Balkans (on estime par exemple qu'un spectateur sur deux en Bulgarie regarde une série turque), et ça c'est un immense point fort pour nous, spectateurs occidentaux, lorsqu'on les aborde ! Ca veut dire qu'on ne va pas se retrouver devant un trop grand fossé culturel, parce que les productions turques prennent cela en compte.

On a déjà pu parler d'Ezel, par exemple ; à l'époque de Séries du Monde, j'ai ainsi eu l'occasion de vous dire qu'elle s'était vendue un peu partout dans les pays voisins de la Turquie (je me souviens notamment d'une news portant sur un petit soucis en Grèce), et que sa diffusion hors des frontières turques avait eu l'opportunité de s'intensifier encore lors du dernier Ramadan. Depuis, la série a même été diffusée sur K+, une chaîne du groupe Canal+ au Vietnam, et des remakes ont été mis en branle dans plusieurs pays dont, apparemment, la Belgique. Des négociations seraient en cours pour une diffusion aux Etats-Unis, et même dans des pays d'Afrique noire, ce qui est assez inédit.
Mais surtout, il me faut évidemment re-mentionner Muhtesem Yüzyil. La série historique qui est un véritable carton aussi bien dans son pays d'origine qu'à l'étranger (45 pays acquéreurs à elle seule à ce jour) ; j'avais d'ailleurs pu vous dire à quel point ce succès n'était pas injustifié l'an dernier, lorsque j'ai évoqué le pilote. Muhtesem Yüzyil est actuellement le fer de lance de la fiction turque : dans son pays, l'Ottomania est vrai un phénomène (même si la série a apporté sa dose de controverses), et à l'international elle fait systématiquement un carton. Et quand les pays ne l'achètent pas, ce sont les internautes qui en font un phénomène : ainsi en Bulgarie, je lisais le mois dernier que des fansubbers proposant des sous-titres le lendemain de sa diffusion en Turquie ont réussi à créer un buzz immense autour de la série, et maintenant les chaînes bulgares s'entretuent pour en acquérir les droits. Une jolie histoire à la Äkta Människor (moins les chaînes qui s'entretuent, quoi). Un succès que Bir Zamanlar Osmanli: Kiyam, qui débute lundi, va tenter de reproduire, d'ailleurs.
On parle de séries venues d'un pays où, jusqu'à il y a 15 ans environ, c'était majoritairement la telenovela sud-américaine qui dominait les grilles en matière de fiction, quand même... Joli parcours que celui de la télévision turque, je le disais.

Cycliquement j'essaye moi-même de me pencher sur quelques séries turques. C'est à la fois facile, puisqu'avec les bons outils, on découvre très facilement des endroits où s'en mettre plein le disque dur, et compliqué car les sous-titres ne sont pas légion. Fort heureusement, si on reste sur Muhtesem Yüzyil comme exemple, le streaming peut ponctuellement se révéler intéressant, à condition d'aimer le streaming (comme vous le savez, ce n'est pas mon cas) et d'accepter d'avoir très peu de choix.

L'une des séries sur lesquelles je gardais un oeil, en ce début d'année, était Uçurum, diffusée par la chaîne privée ATV. Si Uçurum avait attiré mon attention (elle figurait dans le Pilot Watch), c'était sur deux critères : d'une part, un pitch attirant (et accessible à une pauvre Occidentale telle que moi, comme SON, lancée le mois précédent), et d'autre part, une foison de photos de promo alléchantes, comme celle-ci.
Il faut d'ailleurs préciser que de ce côté-là, les Turcs sont très très bons. Ils soignent leurs photos de promo (chose que ne font pas, par exemple, les Russes, on l'a dit la semaine dernière, mais même les Japonais, qui pourtant devraient être rôdés vu le nombre de séries qu'ils produisent chaque année...), et maîtrisent parfaitement la grammaire de la promotion qu'on peut connaître chez les séries de network américaines par exemple, avec ce qu'il faut de trailers notamment.

Ucurum

Uçurum, qui d'après une sélection de traducteurs automatiques et dictionnaires peut signifier aussi bien "précipice", "abysse", que "écart", est une série au contexte très urbain qui repose sur le principe suivant : dans une grande ville, la vie peut basculer à tout moment. C'est le cas d'Eva, une Moldave qui vient à Istambul dans l'espoir de pouvoir travailler dans la mégalopole turque. Elle est suivie par sa petite soeur, Felicia. Toutes les deux tombent alors dans un réseau de prostitution mené par un certain Yaman ; Eva échappe à ce triste sort de justesse, et trouve refuge dans un taxi. Hélas, sa soeur Felicia ne s'en sort pas aussi bien... C'est ainsi qu'Eva rencontre Adem, un homme qui vient d'accomplir son service militaire et qui commence à travailler comme chauffeur de taxi, travaillant uniquement de nuit. En venant en aide à Eva, vite traquée par le gang de Yaman, la vie d'Adem va ainsi elle aussi basculer.

L'épisode commence dans la confusion la plus totale : une jeune femme à la main ensanglantée reprend péniblement son calme auprès d'un homme agonisant dont on comprend qu'elle vient de le poignarder, et s'enfuit aussi vite que possible, réussissant à trouver refuge dans un taxi dont le conducteur va devoir prendre une décision très vite.

Comment en est-on arrivé là ? Allez hop, flashback, cette fois au ralenti (ce qui offre un incroyable et efficace contraste avec le chaos de la scène d'introduction), alors que, trois mois plus tôt, ces trois protagonistes mènent leur vie sans se soucier de rien, comme en marche vers leur destin. C'est une idée qui n'a l'air de rien mais qui fonctionne très bien. Ainsi, la jeune femme s'apprête à fêter l'obtention de son diplôme de médecin, le chauffeur de taxi (pas encore pourvu de barbe) est un militaire en passe d'être décoré, et l'homme poignardé, encore en relatif état d'intégrité physique, est en réalité un mafieux dans ce qui ressemble déjà à un mauvais jour. On va donc lentement revenir sur la façon dont les évènements se sont mis en place, et c'est l'occasion de pénétrer le réseau de prostitution, que Yaman dirige avec l'aide d'une femme, et sous les ordres d'une sorte de parrain.
L'effet de compte à rebours avant ce moment crucial qui a ouvert l'épisode va être rappelé plusieurs fois au cours de l'épisode par le biais non pas d'un bête compteur, de cliffhangers ou d'autres outils auxquels on pourrait s'attendre pour nous rappeler qu'il y a un gros truc qui nous attend, mais avec l'aide d'un split screen montrant à intervalles réguliers la progression des personnages dans leurs univers respectifs, et pour le moment distincts.

Si Eva est une bien jolie créature et qu'on s'intéresse forcément un peu à son histoire (surtout quand, comme moi, on a déjà regardé Matrioshka ou Blue Natali), celle-ci n'a pas grand'chose d'original. Quant au salopard de Yaman, on n'a pas tellement envie de le plaindre dans ses tracas (car il en a).
C'est Adem qui s'avère être un personnage particulièrement touchant. Pendant son service militaire, son meilleur ami s'est pris une balle (ouais, le service militaire turc, c'est pas la JAPD, hein, on est pas là pour déconner) ; Adem s'est d'abord porté à son secours mais lorsqu'ils ont failli être repérés par l'ennemi, son ami a fait une crise de panique, et en voulant le faire taire, Adem l'a étouffé... Depuis, il est littéralement suivi par son fantôme, qui apparait même à l'arrière de son taxi. C'est de toute évidence une torture pour notre héros que de vivre avec son lourd secret, et il sera à deux doigts de se suicider pendant l'épisode. Cela nous offrira d'ailleurs une scène assez émouvante.

Certaines séquences de ce pilote, par ailleurs relativement conventionnel pendant sa première heure (souvenez-vous : épisodes de 90mn), sont extrêmement impressionnantes de par leur forme très aboutie. Ainsi, pour montrer que le temps a passé après une scène se déroulant dans le dortoir des prostituées prises au piège par le réseau de Yaman, on a une séquence particulièrement élégante. De même, quand Adem conduit des personnes très différentes dans la nuit d'Istambul, difficile de ne pas être touché par la succession de portaits et de situations qui se succèdent à l'arrière de son véhicule.

Mais surtout le pilote d'Uçurum accomplit quelque chose qu'il n'est pas exagéré d'appeler une PUTAIN DE PROUESSE en nous surprenant totalement à la fin de l'épisode ; par contre si vous voulez finir ce paragraphe vous allez être spoilé : on reprend la fameuse scène qui l'avait ouverte, mais en version longue, et on a cette fois des séquences supplémentaires qui ajoutent encore à la gravité de la situation. Au lieu d'avoir simplement Eva qui poignarde Yaman et se rue dans le taxi d'Adem en sortant de l'hôtel où elle était retenue, on a droit à une pénible séquence pendant laquelle Yaman tente de violer Eva, où celle-ci le poignarde dans l'oeil (chose qu'on ne savait pas), où elle cherche de l'aide dans les couloirs, tombe sur une chambre où sa soeur est sur le point d'être violée, est contrainte de l'abandonner là quand l'un des violeurs pointe une arme sur elle, sort dans la rue, et fait irruption dans le taxi d'Adem alors que celui-ci caresse de nouveau l'idée du suicide ; en parallèle, Yaman s'effondre dans le couloir de l'hôtel, le visage en sang et sous les cris d'horreur de la femme qui gère le réseau de prostitution avec lui. Et du coup, alors qu'on pensait ne revenir à cette scène que pour l'adrénaline, on se retrouve avec une dramatisation incroyablement plus forte qu'attendu. On croyait connaître la scène depuis le début de l'épisode, et pour tout vous dire y revenir semblait un peu cliché ; en fin de compte, on se retrouve avec quelque chose qui lance réellement le côté dramatique de la série. C'est un vrai bon moment de télévision qu'on n'avait pas vu venir du tout. Et d'ailleurs l'épisode va s'arrêter là, au lieu d'employer cette décharge d'adrénaline pour nous montrer comment l'équipe de Yaman va se lancer à la poursuite d'Eva, par exemple (ce à quoi on aurait pu s'attendre).

Alors, dans ce paragraphe, il n'y aura plus de spoilers. Mais il y aura de l'amertume : celle de ne pas pouvoir regarder autant de séries turques que je le voudrais, parce que je les regarde toujours en VOSTM. Je serais prête à poursuivre Uçurum, dans le cas contraire. Et c'est une preuve supplémentaire, après Muhtesem Yüzyil que je n'avais pas détestée (et pourtant, moi, les séries en costume...), que la fiction turque a de bonnes choses à nous apporter. Pour le moment, pas facile-facile d'y accéder mais, bon, on sait pas, si des fansubbers bulgares y arrivent, je vois pas pourquoi il seraient les seuls... Un jour peut-être, qui sait ?

Posté par ladyteruki à 00:52 - Review vers le futur - Permalien [#]

31-07-11

Une fois l'an

Depuis quelques minutes, si je n'ai rien oublié, vous pouvez lire sur SeriesLive un nouvel article dans la rubrique Séries du Monde, dédié aux séries du Ramadan. Car vous êtes devenus doctes en termes de séries de la planète, et il ne vous aura pas échappé, l'an dernier lorsque nous avons exploré l'Egypte au cours de notre périple estival, que le Ramadan, c'est aussi une institution télévisuelle. Mais depuis l'été dernier, il s'est aussi passé deux ou trois petites choses dans plusieurs pays arabes, et les séries du Ramadan s'en sont vues bouleversées.

Ramadan2011-MEARamadan 2011 : quelles séries cette année ?

Dans ce contexte c'est presque dommage que ce soit la première année pour un article de ce genre sur SeriesLive, parce qu'on n'a pas vraiment de point de comparaison (cela dit je lance l'hypothèse que les vrais changements, on les verra l'an prochain, vu que plein de séries n'ont pas pu être prêtes à temps pour le Ramadan 2011, de nombreux tournages ayant été mis en pause voire indéfiniment suspendus depuis le fameux "printemps arabe", qui n'a de printemps que le nom d'ailleurs).

Je dis presque, parce que de vous à moi, cet article, c'est un sacerdoce. Ca fait l'air de rien depuis au moins début juin que je suis dessus. C'est une calamité. Rapport au fait que les séries arabes, 90% du temps, les infos dessus sont en arabe. Bon après ça dépend des pays, pour le Maroc par exemple ça n'a pas été aussi difficile que pour la Syrie. Mais nom d'un chien, c'est un sacré cauchemar pour moi qui n'y connais rien. Alors autant je veux bien gonfler le torse et faire ma mariole avec les articles nippons (oui d'ailleurs pardon mais le bilan de la saison du printemps, là, il a pris un peu de retard), ou coréens, ou quoi ou qu'est-ce, et sur pas mal de pays j'assimile plutôt vite les données, le fonctionnement, tout ça... Autant les pays arabes, désolée de me répéter mais c'est devenu ma grosse angoisse. Pas de possibilité de croiser les sources, pour commencer. Et puis le parcours du combattant que c'est, une fois qu'on a le titre d'une série, de trouver des infos dessus, je vous raconte même pas. Il faut quand même garder à l'esprit que comme toutes les langues n'utilisant pas de caractères latins, la romanisation peut grandement varier, et du coup il peut y avoir trois, quatre, j'ai même vu cinq orthographes pour un même titre. Quand on n'est déjà pas expert sur le sujet, il faut bien admettre que ça n'aide pas.

Alors pourquoi m'être fait chier ? Pour pouvoir venir me plaindre après ? Aussi. Mais surtout parce que ce qui se passe dans ces pays-là est fascinant. On peut difficilement voir ce genre de choses, il faut le reconnaitre, de par l'interconnexion des pays entre eux, télévisuellement parlant, voir comment moins de séries d'un côté conduit à plus de séries de l'autre, c'est fascinant. Et puis parce que derrière l'histoire télévisuelle il y a l'Histoire qui se dessine et c'est toujours captivant. C'est quand même aussi à ça que sert la curiosité téléphagique, ce serait dommage de passer à côté.

Pour ce que j'en ai vu (extraits divers, bandes-annonce...), les productions arabes rivalisent rarement avec celles d'autres contrées du point de vue de la production, probablement parce qu'il y a une question de budget derrière, entre autres (le fait que ces productions énormes se tournent en un temps record, au point que je peux lire que certains acteurs ne jouent "que" dans deux ou trois saisons cette année, doit aussi jouer). Pour commencer il n'y a pas la même qualité d'image ; j'ai cependant pu la voir dans Muhtesem Yüzyil ou Lahazat Harega, donc ça doit exister quand même. Mais sur la forme, donc, peu de séries vont suffoquer le spectateur occidental sous une vague d'innovation bluffante.
Par contre, du point de vue des pitches et des thèmes, c'est quand même drôlement solide. Il y a des sujets drôlement courageux que je ne suis pas certaine d'avoir déjà vus dans d'autres régions du globe. Bien que la censure soit très active, ou l'ait été jusque récemment, pour certains pays, il y a une volonté affichée de montrer la société comme elle est et de ne pas se raconter d'histoires. Alors après, tout n'est pas que drame social, il y a de nombreuses comédies, des biopics épiques et souvent admiratifs, sur une chanteuse des un petit-fils de prophète, je ne dis pas. Mais il faut quand même reconnaître qu'il y a des concepts qui m'ont arraché un sifflement admiratif, comme Saâ Fi Aljhim.
Et puis franchement, ça nous change des comédies romantiques (et pour cause, la période s'y prête mal).

Je l'ai déjà dit, et je le dirai encore, mais un truc qui serait vraiment chouette, ce serait que les spectateurs arabes soient plus enclins à partager leur univers télévisuel. Chais pas les mecs, des sites, des blogs, quelque chose, mais gardez pas tout ça pour vous ! Même si vous ne regardez la plupart de ces séries qu'un mois par an, je suis sûre qu'on trouverait à s'entendre sur certaines de ces séries. Partager un épisode, c'est toujours du partage.
Et je dis pas ça parce que je cherche les sous-titres pour le pilote d'Ezel (hors-streaming), juré. Presque pas.

Enfin bref, pour revenir à notre article avant que vous n'alliez le lire, ce dont je ne doute pas, je voulais simplement dire que les séries arabes, vraiment, je suis pas à l'aise, je touche mes limites quand je les aborde, surtout dans le cadre d'un article (pour les news j'ai surtout un problème de sources).
L'an prochain, je recrute pour m'aider quelqu'un qui pratique l'arabe et/ou qui regarde des séries pendant le Ramadan, pour faire du meilleur boulot. L'appel est lancé, n'hésitez pas à faire passer à vos connaissances... parce que même avant, je suis ouverte aux suggestions.

Posté par ladyteruki à 09:30 - Love Actuality - Permalien [#]

20-07-11

Interrogation écrite

Notez bien, je ne me plains pas. Mais je m'interroge.

Chaque semaine, je tente de trouver des news dans plusieurs pays ; en plus d'une gamme de pays réguliers (Canada, Australie, Japon, Corée du Sud et, un peu plus tard mais désormais toute aussi récurrente, Espagne) je tente d'aller vous chercher ici une info sur le Brésil, là un truc intéressant sur l'Egypte. Ça fait des mois que je fais ça : je tente de diversifier.
Et je trouve toujours le moyen d'être surprise quand certaines d'entre elles rencontrent un succès inattendu.

Les "audiences" des news Séries du Monde sur SeriesLive, vous ne les voyez pas, mais moi je les vois. En général, les chiffres restent dans la même fourchette, forcément inférieure aux news US, mais décentes. Et une fois de temps en temps, l'une d'entre elles sort des rangs et marche un peu mieux.

AmEzel
Ezel, parce que vous le valez bien

Typiquement, je sais ce qui fonctionne : les news qui apparaissent sur la page d'accueil du site font une bien meilleure audience que celles qui restent cachées, en dépit de mes rappels pour indiquer que toutes les news ne sont pas forcément visibles depuis l'accueil. En la matière, il n'y a pas de recette mystère, c'est programmé automatiquement, selon le thème : les audiences, les commandes, renouvellement et annulations, les "Ce soir", les brèves du mercredi, vont en page d'accueil ; les promos, les annonces de projets ou de casting, sont cantonnées à la rubrique SdM. Rien à voir avec le pays : une super news sur un projet canadien peut ne jamais voir la lumière du jour en accueil, tandis qu'un "Ce soir" sur un soap indien y trônera fièrement. Et comme c'est tout codé, je n'ai pas d'influence au cas par cas.

Après, il est certain que les annonces "Ce soir" attirent assez peu de curieux par rapport au reste, sauf gros coup, mais même les "Ce soir" pour l'Australie et le Canada ne démarrent pas leur vie éphémère de news sur les chapeaux de roues, contrairement à ce qu'on pourrait croire (en tous cas, ce à quoi moi, je m'attendais). Il arrive que certaines connaissent un boom tardif, plusieurs jours ou plusieurs semaines après avoir été publiées (à la faveur, j'imagine sans en jurer, de reviews, sans doute, qui conduisent les internautes à mener quelques recherches).

Les audiences asiatiques (puisque j'alterne les audiences japonaises et les audiences sud-coréennes un vendredi sur deux) ont leur lot de fidèles, mais ce qui est intéressant c'est que contrairement à la plupart des autres news, elles sont lues pendant une à deux semaines après leur publication. J'inteprète ça comme le signe que les gens savent qu'on peut venir les trouver sur le site, et qu'elles sont devenues un repère qu'il n'est pas nécessaire de surveiller dés parution.

Dans tout ça, il y a des news qui n'ont rien pour elles : des news qui portent sur des pays méconnus et/ou mal-aimés, typiquement les Philippines, et les news "divers", genre le film faisant suite à la série danoise Lærkevej. Celles-là sont postées pour les curieux, les vraiment passionnés, ceux qui fréquentent la rubrique avec assiduité. Je ne me fais pas d'illusion.

Et puis une fois de temps en temps, il se passe... ce que je ne peux qu'appeler "un truc".
Nul ne sait à quoi on le doit mais subitement, une news sur un projet de série chinoise va faire un carton ; ce jour-là je voulais bien qu'on m'explique ce qu'elle avait de si extraordinaire et comment ça se fait que je n'entends jamais parler de tous ces gens qui veulent qu'on leur cause plus de la Chine. Ou bien c'est un rapport d'audiences espagnoles qui va déchirer... mais pas un autre ; à quoi l'attribuer ? Dur à dire.
Je ne vois que les stats de lecture, pas les liens qui pointent vers la news après tout ; il suffit qu'elle ait été répercutée sur un forum de fans ou que sais-je, et l'envolée s'explique. Ou bien, ça se trouve ce jour-là (et même si j'essaye de veiller à l'éviter), l'actu US était morne et les visiteurs se sont dit "pourquoi pas". J'aime bien cette dernière théorie, mais j'y crois moyennement.

Cette semaine, j'ai posté une news qui avait TOUS les défauts : elle parlait d'une série absolument inconnue en France, Ezel (d'où l'illustration). Elle parlait de la Turquie et de la Grèce. Pas vraiment des pays dont on me réclame des news. Elle était rangée dans la catégorie "divers". Donc invisible sur la page d'accueil. Elle était longue (ça joue aussi). Elle parlait politique et Histoire. Eh bien j'ai rarement vu une news Séries du Monde aussi lue sur le site et même likée sur Facebook en 48h. Je reviens du boulot le lendemain, je poste des news, et c'est le monde à l'envers. Ça n'a même pas de sens ! C'est totalement absurde ! Merveilleux, bien-sûr, mais absurde, il faut le reconnaître.

En fait j'ai bien envie d'organiser un sondage sur le thème "Qu'est-ce qui vous plaît dans Séries du Monde ?".
Parce qu'il y a des trucs que je ne peux pas faire (news introuvables pour certains pays, majoritairement), mais il y en a d'autres que je pourrais faire plus souvent (genre les audiences australiennes ou espagnoles, par exemple).
Mais si j'organise un grand sondage comme ça, combien y répondront ? Je sais pas.

Notez bien, je ne me plains pas. Mais je m'interroge. Et puis, j'aimerais bien vous interroger, vous aussi.

Posté par ladyteruki à 23:24 - Love Actuality - Permalien [#]


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