ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

27-08-13

Bon bah, à toi, quand tu veux...

Vous êtes sûrement familiers des problèmes que rencontrent les soaps étasuniens depuis quelques années : annulations successives, résurrection sur le web compliquée, reprise de deux d'entre eux par OWN...
Le feuilleton des feuilletons est presque plus intéressant que les feuilletons !

Eh bien, les choses ne vont pas toujours mieux ailleurs. Cette semaine, en Afrique du Sud, c'est le soapie 7de Laan qui fait parler de lui.
Petite remise en contexte : 7de Laan a fêté début mai dernier ses 3000 épisodes, et entamé en parallèle sa 14e saison sur la chaîne publique SABC2. C'est une success story du soap sud-africain, tournée en afrikaans, avec certains dialogues en anglais et en zoulou, et diffusée avec des sous-titres anglais, de sorte qu'une grande partie du public sud-africain s'y retrouve : en moyenne, plus de 2 millions de spectateurs sud-africains, qui pour être honnête sont essentiellement des spectatrices, suivent la série quotidiennement. Et pourtant, son tournage pourrait bien s'arrêter ce vendredi. Et je ne vous parle pas d'un bête hiatus, mais bien d'une interruption qui pourrait être définitive.

Alors, quel est le problème, me demandez-vous, l'angoisse au ventre. Les audiences s'effondrent-elles ? Les coûts de production s'envolent-ils ? Une intrigue s'est-elle montrée polémique ? Ou, plus trivial mais au moins aussi gênant : son studio a-t-il pris feu ? Qu'est-ce qui peut bien justifier la potentielle annulation d'une des séries quotidiennes les plus regardées du pays, lady, ne nous laisse pas dans l'ignorance !?

7deLaan_3000th

Une erreur administrative.
Oui, vous avez bien lu, voilà ce qui met en danger le tournage de la série et avec lui les grilles de la chaîne qui la diffuse : une erreur administrative. Quand vous aurez fini de rire, je vous explique. C'est pas grave, allez-y, je peux attendre.

L'histoire du jour est donc le gag du jour : la chaîne SABC2 n'a pas procédé au renouvellement des contrats avec la production. Les exécutifs de la chaîne ont oralement promis de le faire, preuve que ce n'est même pas une façon détournée d'arrêter la série de leur part, mais voilà, les choses traînent, les papiers se perdent, le chien a mangé les enveloppes, bref, toujours pas de contrat en vue. Et ça commence à agacer le producteur et créateur Danie Odendaal (ancien scénariste puis head writer d'Egoli), qui, bien qu'habitué à des "renouvellements" de dernière minute de la part de la chaîne, a décidé de ne pas payer de sa poche la production d'épisodes qui ne sont même pas encore officiellement commandés par SABC2.
Il va donc fermer boutique vendredi si SABC2 n'a pas trouvé d'ici vendredi une imprimante, une presse, ou un moine copiste.

Du côté de la chaîne, d'ailleurs, les déclarations sont sibyllines, du genre : "il n'y a pas de problème d'ordre contractuel". Non, probablement pas, mais visiblement vous avez du mal à trouver un gars avec un vélo pour apporter une enveloppe sur Concourse Crescent, à moins d'une vingtaine de minutes du siège de SABC. Il faut avouer que l'agacement d'Odendaal se comprend.

A plusieurs reprises déjà par le passé, SABC2 a fortement traîné des pieds pour signer les contrats de 7de Laan en temps et en heure ; les fois précédentes, Odendaal avait simplement continué de tourner la série en attendant que les documents arrivent. On est des gens civilisés, ça va, on fait affaire depuis un bout de temps, c'est que de la paperasse ! C'est à un tel point un problème habituel, que cette année, la production avait donné une semaine de congés à toute l'équipe du soapie. Une semaine de repos qui tombait pendant la période lors de laquelle les contrats devaient être renouvelés, considérant que de toute façon, ils arriveraient en retard. Sauf que cette semaine de vacances, c'était la semaine dernière ; cette semaine est donc écoulée et les contrats n'ont toujours pas été transmis.

Dans tout ça, les réactions sont assez partagées parmi le cast de la série : certains acteurs rient de cette péripétie, quand d'autres, plus nerveux, craignent sincèrement l'annulation, et se demandent comment ils pourront continuer à se donner à leur art après vendredi.

Si je traite tout cela un peu à la légère, c'est que beaucoup d'observateurs sud-africains s'accordent à dire que ce n'est que l'une des énièmes preuves des dysfonctionnements de l'audiovisuel public sud-africain, souvent un peu léger sur ses obligations administratives. Les exécutifs des chaînes SABC rencontrent apparemment de très fréquents changements dans les instructions reçues, qui empêchent le business de se faire dans la sérénité.
Et puis après tout, tant que les décors ne sont pas détruits, rien n'empêche a priori de reprendre le tournage dans une semaine ou deux le temps que SABC appuie sur CTRL+P : il n'y a donc pas encore de quoi remettre le prix de la Meilleure Annulation Crétine de l'Année.

Pas de panique à proprement parler, donc, mais une petite tempête dans un verre d'eau qui nous rappelle que des absurdités, il s'en passe sur toutes les chaînes de la planète.
Qui a dit que l'actualité des séries internationales devait toujours être morose ?

Posté par ladyteruki à 18:14 - Love Actuality - Permalien [#]

01-08-10

Dimanche ensoleillé

Ah bah dis donc, c'était presque des vacances, cette semaine ! Une véritable promenade de santé... bon pas tout-à-fait mais presque. Par rapport aux tonnes de traduction et recherches de sources anglophones (ou vice-versa) de la semaine passée, le travail sur la fiction sud-africaine a pour ainsi dire relevé d'une facilité déconcertante.

AfriqueduSud_Sagaafrikaans
Saga afrikaans : la télévision sud-africaine pour les nuls

Gloire à l'Afrique du Sud qui pratique, entre autres, l'anglais couramment dans un grand nombre de ses programmes. Je n'ai pas manqué de lecture, et j'ai pu me focaliser sur ce qui compte vraiment, le contenu, au lieu de buter obstinément sur le contenant pour de bêtes raisons d'inculture linguistique de ma part. Ah, comme ça va me manquer, les pays au moins partiellement anglophones, dans la suite de mon exploration...

Mais bien-sûr, il y a une mauvaise nouvelle. Il y a toujours une mauvaise nouvelle, hélas, quand on se frotte à l'inconnu (ou quasiment), du fait des sentiers non-battus qu'il faut défricher. Et en l'occurrence, niveau cagoules, c'était vraiment le néant. J'y repasserai peut-être un peu plus de temps, car j'ai vu sur certains blogs des captures qui tendent à laisser penser qu'il y a quelque part des fichiers qui flottent dans l'inconnu, il faut juste trouver la source, dégoter le lieu où se retrouvent tous les téléphages sud-africains et aller y pêcher le fichier. Après tout, c'est le cas pour l'Inde dont les fictions sont très rares sur les grandes sources de cagoulage international.
Mais le rythme (que je me suis moi-même imposé, il est vrai) des articles de l'été sur "la télévision étrangère pour les nuls" ne me permet pas de lambiner en route. A peine cet article posté, me voilà déjà à faire des repérages de documentation pour la semaine prochaine. Personne ne m'oblige, mais ce serait dommage d'arrêter maintenant, quand il y a tant à découvrir encore. Il sera toujours le moment d'y revenir quand cette série d'articles sera derrière moi !

Les seuls extraits (même pas d'épisode entier...) que j'ai pu voir sont ceux d'Egoli, un soap, ou plutôt soapie puisque c'est comme ça qu'on dit en Afrique du Sud, dont la propriété principale est d'être une copie conforme d'équivalents américains.
Ce qui frappe, quand on débarque sur une video d'Egoli (et c'est un des rares cas dans lesquels je vais vous recommander d'aller sur le Mal pour ce faire), ce sont deux choses. La première et la plus évidente, qui laisse forcément perplexe quand on connaît l'histoire du pays dans ses grandes lignes, c'est que tous les acteurs sont blancs. La mixité est totalement exclue d'Egoli, au point que si je ne savais pas que la série est sud-africaine en amont, je ne le croirais pas. Et puis, dans un second temps, on remarque que deux langues se mélangent dans les dialogues d'une même scène, l'anglais et l'afrikaans. Et moi je dis chapeau aux spectateurs sud-africains qui sont capables de suivre une série dans deux langues à la fois, alors qu'on a parfois du mal dans une seule. C'est différent de la technique indienne de mélange. S'il y a une perméabilité entre l'anglais et l'afrikaans de temps à autres (avec un mot anglais qui se balade dans une phrase en afrikaans, par exemple), le cas le plus fréquent semble être qu'un personnage parle en afrikaans et que l'autre lui répond en anglais.
Ça fait rêver sur la culture linguistique d'un pays, ce genre de choses.

Bien qu'elles s'en défendent, les chaînes pratiquent encore une forme de ségrégation. Dans les séries que j'ai fichées (ou que j'ai prévu de ficher, car il m'en reste sur ma liste), je n'ai pas pu m'empêcher de relever qu'un cast est en général tout blanc ou tout noir, et que le panachage n'est pas la norme. Si la télévision a du mal à le faire, c'est bien qu'il doit y avoir encore quelques restes d'apartheid qui trainent dans les mentalités en général.

La série que j'aimerais bien voir, c'est Andries Plak, l'histoire d'un vieux ronchon qui se trouve exproprié de sa ferme (à cause de la redistribution des terres) et devient un squatteur, emménageant dans un logement abandonné avec l'un de ses anciens employés. Le premier est blanc, le second noir. Le sujet est brûlant, et pourtant il s'agirait d'une comédie...
Je suis toujours admirative des pays qui parviennent, sous le couvert de la légèreté, à explorer des thèmes difficiles. Là aussi, c'est à rapprocher de l'Inde (on a déjà parlé des soaps indiens et leurs sujets souvent courageux), sauf qu'entre le soap et la comédie, il me semble y avoir un effort supplémentaire de prise de distance. Avec la comédie, on est quelque part obligé à un moment ou un autre de passer par la satire, et d'après ce que j'ai lu il semblerait que l'Afrique du Sud, en dépit de ses séries blanches d'un côté et noires de l'autre (en tous cas c'est l'impression que ça donne ; et quand c'est mélangé en bonne intelligence comme dans 7de Laas, les spectateurs grognent que c'est une vision idyllique voire utopique des choses), fasse partie des pays les plus corrosifs en matière de comédies. Ce n'est pas une comédie ouvertement contestataire, mais c'est une forme de comédie qui n'hésite pas à prendre les sujets de société les plus difficiles pour en rire. Comme d'habitude chaque fois qu'une série me propose de rire de ce qui n'est pas drôle, ma curiosité est piquée.

Vous le voyez, cette semaine encore, de nouveaux enjeux...
Si vous suivez sur une carte (j'en avais fourni une il y a quelques jours), vous aurez d'ailleurs remarqué qu'on a traversé l'Afrique un peu prestement... c'est normal, il y a encore beaucoup à voir.

Alors, qui devinera où je vous emmène la semaine prochaine ?

Posté par ladyteruki à 09:29 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]
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