ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-05-09

Vaut mieux (pé)tard que jamais

Mon premier tag sur cette série, c'est émouvant...
Jusque là, sur Weeds, j'avais été très sceptique. Le générique me plaisait bien, c'est sûr, mais ça ne fait pas tout, non plus.

Je me rappelle avoir regardé le pilote, ou du moins avoir essayé, il y a très longtemps de cela, probablement même dés qu'il a été disponible. Mais la première scène m'a semblé si rasoir, et la seconde manquait tant de finesse, que j'ai vite laissé tomber. Le contraste entre les deux était voulu, mais justement trop facile ; la situation semblait caricaturale et pas vraiment enthousiasmante. Bref j'ai décroché assez rapidement, et même si je ne considérais pas qu'il s'agissait d'une odieuse bouse (voir aussi : Gary Unmarried, East Bound and Down, The CW...), j'avais l'impression persistante que la série était très largement surestimée. J'avais beau en lire plein de choses (essentiellement des critiques généraliste, pas des reviews épisode par épisode, ça a peut-être eu son importance), j'avais complètement rayé cette série de ma liste des choses à surveiller.
En fait, à travers cette anecdote, je vous raconte aussi celle d'une autre hérésie, celle de n'avoir pas su apprécier Breaking Bad (mon premier tag sur cette série aussi, tiens). La crème de la crème téléphagique pense pourtant qu'il s'agit des meilleures séries du moment, je suis navrée, mais même en ayant été nourrie par des séries que je pense être de grande qualité (A la Maison Blanche, Oz...), je n'ai jamais pu m'y faire.

C'est probablement le fait d'avoir ramené hier chez moi Jonathan Rhys-Davies, ironiquement, qui m'a fait retenter le coup. J'avais sous les yeux, avec les DVD des deux premières saisons de The Tudors, une nouvelle preuve qu'il ne faut jamais dire jamais. Que peut-être, quelque part, dans le fond, il était éventuellement possible et envisageable que mes goûts aient changé en matière de téléphagie. Que certaines barrières soient tombées.
Avec la révélation que j'étais passée à côté de quelque chose pour Rome et The Tudors, est née la conviction que j'avais peut-être fait pareil avec d'autres séries ; pas des cas comme Friday Night Lights où, ayant testé tout le pilote, j'étais en droit de me dire que j'avais peut-être des raisons de réviser mon jugement, mais des cas où, ayant fait l'impasse sur tout ou (très grande) partie au moins du pilote, mon jugement expéditif, voire mes préjugés, m'avaient peut-être privée de quelque chose de très bien.

Forte de cette bonne résolution, j'ai donc regardé à nouveau Weeds, mais cette fois, lorsque j'ai poussé mon premier soupir de frustration, j'ai tenu bon, serré un peu les dents, et attendu. Sur les 31 minutes qu'a duré le pilote, mettons que les 5 premières étaient une sorte de torture douce masochiste, du style "ya pourtant la saison 2 de The Tudors qui m'attend, pourquoi je me fais du mal ?". La première scène avec les deux mioches de Nancy, dans la maison (6mn 45 à ma montre) a donné le coup d'envoi du revirement. J'ai commencé par être amusée, et c'était un bon début. Mais c'est à la 11e minute qu'enfin l'horizon s'est dégagé et que j'ai vraiment vu poindre de l'amusement. Une fois lancée, une fois ces premières minutes derrière moi, j'ai enfin apprécié. A partir de 16 minutes, j'étais en zone sécurisée et toutes mes défenses étaient tombées.

En fait, ce qu'il me fallait, ce n'était pas juste Nancy Botwin mais bien toute sa fine équipe, avec une dynamique particulièrement appréciable côté enfants, et surtout la conviction qu'elle n'était pas hypocrite, avec d'un côté le caricatural conseil de parents d'élèves, et d'autre part le deal d'herbe. Non, c'est une nana qui s'est vraiment affranchie des impératifs de son milieu, un électron libre, et ce n'est qu'une fois certaine de cela que j'ai vraiment commencé à me détendre. Tant qu'elle semblait jouer sur les deux tableaux, genre "je deale uniquement pour maintenir mon niveau de vie", je n'étais pas intéressée. Mais quand ça s'est décanté et que j'ai pu constater qu'elle avait un regard différent sur le mode de vie en banlieue BCBG, là j'ai vraiment accroché.

Une de mes séries préférées ? Peu de chances, faut rien exagérer. Une série à mes yeux réhabilitée dont je regarderai les épisodes en cas de vaches maigres ? Déjà plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Weeds de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:16 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

16-04-09

Krod, Warrior Prince

Quand j'ai découvert Krod Mandroon, j'ai immédiatement pensé à Nakayomi. Quand il va voir ça, il va devenir fou. C'est comme Xena, mais sans lesbiennes (ya un gay, ça compense ?). Le reste : tout pareil.

Je ne sais plus si je vous ai dit, mais bon, Xena, une fois de temps en temps, passe encore. Mais de là à suivre plusieurs épisodes, et à plus forte raison sur plusieurs saisons... non. Juste non. Ce n'est pas assez ma tasse de thé.
Donc j'ai regardé le pilote de Krod Mandroon, oui. Et, brave bête (et surtout parce qu'après une rude journée de boulot j'avais pas le courage de regarder autre chose), j'ai aussi regardé le second.
Bon bah mon verdict reste inchangé : je vois très bien Naka suivre cette série, mais moi, pas.

Les trucs fantastiques, on a déjà établi avec le Siqueur que de toutes façons, j'étais pas tellement amateur. C'est vrai que là, l'humour, ça pourrait aider a priori, sauf que c'est vraiment de l'humour lourd et un peu facile, de la comédie "familiale" en quelque sorte, du moins s'il n'y avait pas de connotations sexuelles (ai-je déjà mentionné Xena ?), bref, pas exactement mon genre d'humour. Comme le savent tous les amateurs de rillettes : nous n'avons pas les mêmes valeurs. Ca veut pas dire que la série n'est pas bien... ça veut pas non plus dire qu'elle est extra mais que j'ai de la merde dans les yeux... c'est potable, quoi.

Et je me dis qu'à la rigueur, je préfère voir à la télé une débilité assumée telle que celle-ci, plutôt qu'une qui s'ignore mais persiste quand même (deux saisons de East Bound and Down, le monde a définitivement basculé dans le chaos) à se faire croire qu'elle est drôle. C'est pas très fin, c'est pas très original, mais bon, ça pourrait être largement pire.

Nan ça y est, c'est tout, vous pouvez disposer. Rien de plus à dire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Krod Mandoon and the Flaming Sword of Fire de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:59 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-03-09

Pirates ! Ils ont volé mon titre !

Je vous l'accorde, si je ne suis pas partie d'un très bon pied avec Roommates, c'est d'abord et avant tout parce que ce titre, c'était le mien. Je l'avais choisi pour une série que j'écris depuis quelques temps, et bon, c'est vrai, j'avais rien bloqué officiellement, mais tout le monde à Hollywood savait qu'il était à moi, ce nom de série. Donc voilà, c'est un affront qu'il faudra laver, Robin, et je sais que c'est toi, t'as toujours été jalouse du super titre que j'avais trouvé et qui d'ailleurs est beaucoup plus original dans le contexte de ma série que de la tienne. Bah tu vas l'avoir dans l'os parce que ton petit show, il va se faire annuler vite fait bien fait, et ya aucune loi qui interdit que je reprenne le même titre ensuite, et je le prouve : The Closer / The Closer. Aha !

Bon, c'est vrai que je vous continuerais volontiers ma petite blague sur le titre (anecdote vraie, en plus ; enfin, à part pour le menu détail qui fait qu'à part moi personne ne connaît l'existence de cette série que j'écris, mais sinon c'est entièrement vrai), mais le soucis c'est qu'à un moment, je vais devoir parler de la série.
Si ; si je le sais bien, il faudra. C'est la loi du genre. J'ai commencé le post, je vais devoir le finir... c'était un peu comme creuser ma tombe, mais bon.

C'est là que commencent les choses douloureuses, en fait. Parce que sur le papier, Roommates est une comédie... mais en vrai c'est pas drôle. Pas du tout. Sur une échelle personnelle de 1 à 10, 1 étant East Bound and Down, et 10 étant, bouh ya du choix mais je vais dire, mettons, Une Nounou d'Enfer (au pif), Roommates se situe, et j'arrondis au point supérieur hein... environ à -30. Pour vous situer.

C'est, comment vous décrire ça, une sorte de sous-The Big Bang Theory, mais sans théorie ; et certainement sans big bang. Et les filles ne sont même pas aussi jolies que la bille de clown de Kaley Cuoco, vous voyez le truc (et vous savez ce que je pense de la bouille de cafard bouilli de Kaley Cuoco). Genre si vous bandiez devant Sister, Sister, là peut-être qu'il y a un espoir pour vous, sinon ya rien à voir (encore qu'il y aurait motif à inquiétude, du coup, pour votre cas, mais on va pas aborder la psychiatrie un dimanche, hein).

Les personnages sont évidemment très stéréotypés. La blonde, conne, mais conne, une vraie blonde ça ya pas de doute, qui ne comprend rien, rien de rien, une vraie blonde quoi, tout pareil, qui couche avec un connard juste parce qu'il a un pénis et elle un vagin, et dans tout ça ya le pauvre maigrichon genre Rusty de GREEK, qui essaye de se caser avec la blonde mais qui de toute évidence ne joue pas dans la bonne catégorie ; notons que notre geek (ça devient le nouveau quota ou quoi ?) a aussi un copain timbré, mais pas timbré aha, ce mec il faut trop l'inviter à notre prochaine fête, non, plutôt timbré pimpompin... Et puis il y a la copine de la blonde, qui sait toujours ce qu'il faut pour tout le monde et ouvre sans arrêt sa grande gueule pour le dire, mais qui vient de rater sa vie. Et il y a un autre coloc qu'on voit à peine mais on s'en fout, il a une belle gueule, enfin disons que j'ai arrêté de vomir quand je l'ai vu, quoi. Voilà, les personnages c'est ça.

Vous voulez que je je vous présente l'histoire ? Bah, pff... non je peux pas qualifier ça d'histoire, disons qu'il y a un vague pitch de départ mais... de là à dire que c'est une histoire, non, décemment je peux pas, c'est au-dessus de mes forces. Donc le petit geek (enfin, même pas un vrai geek en fait, juste un mec né sans burnes) il aime la blonde depuis le lycée, et il devrait se repaître de la joie qu'elle se rappelle qui il est après tout ce temps, mais non, il profite qu'une place s'est libérée dans la colocation pour essayer de vivre avec elle et se placer. Et on sait tous à quoi ce genre de pseudo-intrigue va aboutir : soit rien, soit n'importe quoi. Je suis pas encore sûre de ce qui est pire, à ce stade.

Et les gags. Il faut vraiment qu'on aborde les gags ? Non, vraiment ? Si vous insistez... Bon, alors... pour vous donner une idée du truc, ya un moment où ya de lourds sous-entendus sur la masturbation. Oui ça vole haut, pourquoi cette question ? Et le truc c'est qu'en plus, ce passage-là... il est leur plus drôle. Je crois. C'est difficile à dire, dans le fond, parce que c'était pénible et laborieux de bout en bout, et que toutes les scènes étaient aussi prévisibles les unes que les autres. Mais avec cet incroyable point en commun : c'était jamais drôle.

Je vous en écrirais bien un peu plus sur cette série consternante mais j'ai un gros soucis logistique, c'est que je ne peux pas en même temps taper sur mon clavier, et me tenir la tête entre les mains pour faire une ravissante imitation du Cri de Munch. Mais sachez que le coeur y est.
Gâcher mon titre pour une série pareille, nan mais j'vous jure, hein...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Roommates de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-09-08

Télé guidée...

C'est dur à admettre, mais même avec tous les moyens qui sont à ma disposition et la ferme volonté de vouloir donner leur chance à un maximum de séries, nouvelles et moins récentes, j'arrive quand même à me débrouiller pour passer au travers d'un certain nombre d'entre elles. C'est d'autant plus énervant que depuis quatre ou cinq saisons, je m'attache à essayer de tout voir. Alors quand je m'aperçois que j'ai loupé une série sympathique de 2007, mon sang se met à bouillir de rage envers moi-même.
Je suis une téléphage acharnée, ça s'est vu ?

Ainsi donc, merci à Ben pour avoir attiré mon attention sur Miss/Guided, que vraiment, j'ai laissée passer entre les mailles du filet. Quand on pense que j'ai trouvé le moyen de perdre mon temps devant des East Bound and Down et consorts, ça me rend dingue...

En apparence, Miss/Guided n'est pas un show révolutionnaire. Pensée comme une comédie en single caméra prenant pour décor le lycée d'une petite ville tranquille, elle ne paie pas de mine. Son héroïne, Becky, est une petite blonde frêle, une sorte de Jennifer Finnigan en plus moche, mal assurée, nerveuse et un peu coincée pour couronner le tout. C'est vrai qu'en même temps, on partait de loin, puisqu'elle avait fait partie des vilains petits canards quand elle était elle-même lycéenne. Globalement il y a quand même eu du progrès. Bref, peu d'arguments sur le papier.
C'est parce qu'il ne faut pas se fier à ce qu'il y a sur le papier !

Le principal point fort de Miss/Guided, c'est son utilisation des apartés. Dans la plupart des séries (je pense par exemple à Once and Again ou, pour rester dans le registre des comédies, à Malcolm), ces apartés serviraient à donner la possibilité aux personnages de dire leur vérité, d'une certaine façon. Ici, ça sert surtout à leur permettre de se montrer tels qu'ils ne sont pas, à se mentir. Tout le monde se raconte des histoires, là-dedans ! Il y a Bruce, totalement imbu de sa personne, qui pense que c'est ce qui lui donne une sorte d'autorité naturelle... il y a le beau Tim qui pense qu'on lui a proposé le boulot de prof d'espagnol par choix alors qu'on avait proposé au type de la maintenance au préalable... et évidemment il y a Becky, notre blondinette héroîne, certaine d'avoir le contrôle total de son existence. Eh bien, pas vraiment, et le contraste entre ce qui se passe, et le discours des personnages, est absolument délicieux. C'est un peu comme s'ils étaient en représentation pendant ces apartés : au lieu de se confier, ils tentent de donner une image reluisante de leur existence ; un peu comme s'il s'agissait d'une interview pour un reportage.
La seule qui semble être la même dans les deux circonstances, c'est Lisa, la nouvelle prof bien carossée.

Becky fait un peu penser à Ally McBeal. En mieux. Sans rire ! Déjà, elle se nourrit, elle. Et ensuite, elle n'est pathétique qu'en apparence. On développe bien plus facilement de la tendresse pour elle que pour l'avocate rachitique. Elle est nerveuse et peu sûre d'elle, mais elle y travaille d'arrache-pied, tout en assumant sa différence. Elle se raconte peut-être des histoires sur sa vie d'adulte, mais dans le fond, elle sait très bien ce qu'elle veut et les progrès qu'elle a encore à accomplir.
C'est vers la fin du pilote que, grâce au personnage de Tim dont on pensait depuis le début qu'il n'était qu'une belle gueule inaccessible, on prend la mesure du charme de la blondinette. Toute gauche et fragile soit-elle... elle est, d'une certaine façon, totalement pure. Et vraie. Et honnête. Et positive.

D'une certaine façon, tout l'attrait de Becky réside justement dans le fait qu'elle ne voit pas ses propres qualités, mais qu'elle fait de gros efforts pour se perfectionner et se voir comme quelqu'un qui n'est pas dans l'échec. Elle ne se croit pas arrivée, mais elle espère voir le bout du tunnel. C'est ce qui la rend touchante, et ce qui fait qu'elle inspire une pointe d'admiration, même dans ses scènes les moins glorieuses.

Je vous ai parlé il y a quelques semaines d'Une Maman Formidable, Reba et Une Nounou d'Enfer, eh bien on est en plein dans le sujet. Il y a d'autres séries que je pourrais citer aussi, comme Rude Awakening. Qu'on-elles en commun, ces séries qui comptent parmi mes préférées ? (en même temps je vous l'accorde, j'en ai au moins 25, des séries préférées, mais côté comédies elles sont dans le Top5 en tous cas).
D'abord, leur personnage central est une femme. La trentaine passée, voire même pour certaines, flirtant avec la quarantaine (ou 29 ans en années Fran). Dans mon cas, on ne peut donc pas tellement parler d'identification que de projection.
Chacune, du fait de son parcours, se trouve au début de la série à une étape charnière, découlant d'une à plusieurs échecs, et c'est aussi ça qui me plaît : des personnages marqués par leurs erreurs, se trouvant dans une situation où il faut aller de l'avant.

Prenez Fran : elle a perdu 3 ans de sa vie avec un mec médiocre parce qu'elle subissait l'influence de sa marieuse de mère. En choisissant de quitter son boulot avec Danny, et se lancer dans un nouveau job au sein d'un milieu social plus élevé, en cherchant à tout prix le grand amour, sans transiger sur son sindépendance ni sa personnalité, elle s'efforce de s'améliorer. Lorsque Danny revient lui demander de l'épouser, déjà, à la fin de la première saison, elle peut constater le chemin parcouru.
C'est encore plus évident pour Reba qui soit se remettre de son divorce et qui devient progressivement moins bornée, moins autoritaire, qui cesse de se focaliser sur l'échec de son mariage ou ses enfants, et commence une carrière... pour finir par devenir la meilleure amie de celle qui lui a ravi son mari !
Quant à Grace, l'ex-alcoolique qui cherche à s'accomplir même si être une mère célibataire n'est pas de tout repos, elle veut tout à la fois : la famille, le travail, les amis, les amours, la stimulation intellectuelle (elle se cultive, va pour la première fois à l'opéra...) ; elle est en quête d'elle-même et d'un équilibre.
Et puis, dois-je vraiment aborder une fois de plus le cas Billie ? La belle a une addiction à combattre, une mère castratrice dont se libérer, sa vie professionnelle et sentimentale à remettre sur des rails, et pour couronner le tout, elle est en lutte permanente avec cette facette d'elle-même qui couche à droite et à gauche, et multiplie les tentatives d'autodestruction...

En fait, le rire naît précisément de là : de ce que ces femmes vont faire pour s'améliorer elles-mêmes, et donc pour améliorer leur existence. Avec ce que ça comportera, inévitablement, sur la route, de maladresse, d'échec, d'épuisement. Ce qui est justement drôle c'est que même quand la situation directe est surréaliste, le personnage et ses aspirations sont bien ancrées dans le réel, légitimes, et humains.
La confrontation de ces deux éléments, dos a dos, fait que les dialogues et les quiproquos sont drôles. Les autres types de personnages de séries humoristiques, ceux de type toonesque, ne jouent pas du tout sur le même registre ; ici, clairement, les gags fonctionnent parce qu'on investit les personnages, parce qu'ils semblent vrais.
Du coup, ceux qui ne ressentiront pas d'atomes crochus avec Fran, Reba, Grace ou Billie ne sauront pas vraiment rire avec elles.

D'aucuns diront que c'est ma préférence pour les séries dramatiques qui parle finalement à travers ces arguments, et ils auront peut-être raison, après tout... Mais bon, chacun vit sa téléphagie comme il lui plaît !

Si je m'apprête effectivement à continuer à suivre les aventures de Becky (le cagoulage se fait en tous cas dans ce sens pour le moment) pour ces mêmes arguments que ceux qui m'ont séduite dans les séries sus-citées, je dois dire que l'investissement est moindre parce que je sais que la série est courte. Ca me retient un peu, je dois dire. Comment s'installer confortablement auprès d'un personnage si on sait qu'on devra le quitter avant de pouvoir juger de lui sur le long terme ?
J'avoue qu'une série dramatique courte (genre une saison ou moins), ça ne me dérange pas tellement, mais une série comique courte ? Je suis moins sûre.

Donc finalement, au lieu de remercier Ben pour cette découverte, je vais peut-être plutôt lui en vouloir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, attention attention, attachez vos ceintures : les fiches Une Nounou d'Enfer, Reba, Une Maman Formidable, Rude Awakening et, bien-sûr, Miss/Guided de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:56 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-09-08

True et définitif

Cette fois ça y est. Je regarde ce soir le pilote de True Blood ; je vais persister, en dépit d'un preair tellement pitoyable que même moi je ne trouvais pas l'énergie de le vilipender frontalement et dans le détail.

Mais comme vous le voyez, je ne me laisse pas mettre K.O. si facilement ! Il me faudra bien plus que le jeu déplorable des acteurs, l'histoire sans queue ni tête ou encore la superficialité du propos pour me décourager ! Comme pas mal de monde l'a dit depuis la publication de ce preair, ça se trouve, on va être complètement bluffés, et tout aura été revu de fond en comble.
Seul bémol, Anna Paquin est toujours là. Prévoir des serviettes éponge, donc.

Je trouve, de surcroît, l'exercice de comparaison plutôt intéressant...
Je regrette par exemple de ne pas avoir la possibilité de comparer d'autres pilotes avec leur premier jet, celui considéré comme n'étant pas présentable. Imaginez : le brouillon de East Bound and Down ! Le brouillon du brouillon ! La version perfectible ! On doit atteindre les abysses de la consternation !!!
Ce serait une sacrée curiosité que d'essayer de voir avec quel angle la prod a pris le projet, et ce qu'elle entend par amélioration. Quelque part, voir la première version du pilote d'une bonne série, ce n'est pas vraiment stimulant, ce qui vaut vraiment la peine d'être étudié, c'est d'où on part pour qu'une série de prime abord médiocre, voire carrément désolante, soit considérée comme montrable et commercialement exploitable par ceux qui en choisissent l'orientation.

Ainsi donc, la marge de progression de True Blood est immmmmmense. Normalement, il devrait y avoir du mieux. Enfin, je présume...? C'est en tous cas ce que je vais m'attacher à vérifier.
Vous pensez si je vais me régaler ce soir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche True Blood de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:02 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-08-08

Bah reste caché, merci

Quand on va voir la fiche de SeriesLive pour Hidden Palms (oui, aujourd'hui je commence par le lien, j'avais envie ; ça doit être parce qu'aujourd'hui je fais mon post de bon matin je suppose), on peut voir plusieurs commentaires enthousiastes (premier sursaut du sourcil droit) clamant que la série est à la croisée des chemins entre The OC et Desperate Housewives (second tic nerveux).
Hé bah ! Heureusement que je n'ai pas eu la mauvaise idée de lire ces commentaires avant de voir le pilote, parce que j'aurais été mise de bien méchante humeur !

The OC, ah, la référence... Il y a 10 ans, tout ce qui relevait de près ou de loin du domaine fantastique avait droit à une comparaison avec, allez, au choix, Buffy ou X-Files. On parlait d'ados et c'était Dawson le modèle (ou pas). Aujourd'hui, sitôt qu'on parle d'ados riches au-delà de toute décence, paf ! On fait un rapprochement avec The OC. Signe des temps, quoi... C'est si pratique, les raccourcis, pourquoi s'en priver ? Quand en plus votre interlocuteur connaît le nom de pas plus de 10 séries, maximum, au moins on est sûr d'avoir des références en commun. Quant à l'analogie avec Desperate Housewives, pour ma part je cherche encore les similitudes ! Une chose est sûre, ce n'est pas au niveau du ton second degré que ça se passe, vu que tout dans Hidden Palms indique que la série se prend le plus possible au sérieux, sans humour ni volontaire (pas bon), ni involontaire (pire !).
Nan mais, à mon avis, ya un mec qui, une fois, a fait bêtement la comparaison (sans avoir vu l'une ou l'autre des séries mentionnées, voire même aucune), et depuis tous les kikoolol reprennent connement les noms qu'on leur a donnés. Je ne vois que ça.

Car oui, je peux dire que regarder le pilote de Hidden Palms, samedi, relevait du pur masochisme. A vrai dire, je m'en doutais un peu ; lorsque j'ai eu la possibilité de cagouler la chose par le passé, j'avais décidé de faire l'impasse dessus, donnant la priorité à d'autres, et je me savais bien inspirée sur ce coup, instinctivement. Et on a beau dire, c'est une bien belle chose que l'instinct ! Ahlala, je n'avais pas perdu autant de temps que devant une série depuis East Bound and Down. Mouais, c'est pas si vieux, je sais, mais justement, ça m'énerve de gâcher mon été devant pareilles conneries.
Mais notez bien qu'on n'est pas du tout dans le même registre, cela dit.

Stylistiquement, graphiquement, scénaristiquement, Hidden Palms est une merde laaaaaargement plus aboutie, je me dois de le reconnaître. M'enfin ça reste une merde, on est bien d'accord.

Le truc qui me frappe le plus dans le pilote (et le petit bout que j'ai regardé de l'épisode suivant ; eh, franchement, qui osera dire que j'ai pas donné sa chance à cet étron ?), c'est la structure de ses scènes. La prod a bien compris que son public d'ados avait la capacité d'attention d'un poisson rouge, parce que pas une scène n'excède une minute ! Il y a le temps pour, en moyenne, trois répliques, quatre au maximum, et ZOU ! Scène suivante.
Je ne dis pas : ça pourrait être une bonne idée... à la condition que ces scènes soient un tant soit peu connectées. Mais il y a systématiquement, entre chacune, des ellipses temporelles plutôt perturbantes, car quasiment jamais expliquées, ou alors, très mal. Exemple : le personnage principal échange trois piques avec sa mère, et la scène d'après, il fait du gringue à sa (future) copine près d'une piscine, et là on coupe sur une fête où se trouvent parents et fiston, sauf que c'est pas du tout le gala de charité dont on a parlé quelques scènes plus tôt, non, ce serait trop facile, et là-dessus on file dans le laboratoire de Gil Grissom chez la petite voisine faire-valoir qui a eu une introduction de 15 secondes de temps d'antenne ya 20mn de ça, et qu'on avait pas revue depuis. Bon, je vous dis ça de mémoire, hein, c'est pas forcément ces scènes-là dans cet ordre, mais c'est en tous cas comme ça que ça se passe. Donc tout ça, avec une moyenne d'une minute par scène, je vous rappelle !
Ce pourrait être un parti-pris artistique, mais non, à regarder, ça donne juste une impression bordélique de superficialité constante. Ou une impression superficielle de bordel constant. Ou... enfin, vous saisissez l'idée. Imaginez une série où, d'une minute à l'autre, le cadre, l'action, et le ressenti des personnage peut changer du tout au tout sans transition ni logique, et vous obtenez Hidden Palms.

Partez pas, j'ai pas fini la lapidation, il me reste quelques cailloux...

On pourrait décider, là, ici, maintenant, qu'après tout cet effet de style raté n'est qu'un défaut mineur qui ne devrait pas nous empêcher de profiter de l'intrigue.
Ha, ya donc une intrigue !!!
En tant que téléphage, je m'attends à ce qu'une série en ait une, voire même plusieurs, donc j'ai donné le bénéfice du doute à Hidden Palms. Le premier quart d'heure, on se dit "bon, ça ce sont les scènes d'exposition, patience". Le quart d'heure suivant, on est plus sceptique : "à un moment ils vont bien être obligés de nous dire ce qu'on fait là, non ?". Et puis là, interviennent de façon magique un suicide étrange et... ha bah non. Rien d'autre. Apparemment on n'aura droit à rien de plus que la possibilité éventuelle et pour le moment fantasmée qu'un meurtre a eu lieu dans la chambre du personnage principal.
Et. C'est. Tout.

Mais en même temps, comment offrir plus quand on est déjà dans un autre type de défi : montrer un maximum de décors différents pour bien montrer que a) on est chez les riches, b) on a loué des super décors qui déchirent. Payer un scénariste en plus, ç'aurait été signer l'arrêt de mort du chef comptable (et un suicide de plus aurait été un suicide de trop, vous en conviendrez). Occupée à nous montrer que, hein, t'as vu, dis, t'as vu, je peux filmer 10 scènes dans la maison d'un personnage sans qu'on reconnaisse que c'est le même endroit, la prod de Hidden Palms a totalement oublié de nous intéresser à cette histoire de suicide/meurtre. Au point que lorsqu'il y a des révélations, elles tournent autour des coucheries et rien d'autre, par manque d'imagination certainement. Normal, on est au soleil, là où les gens ne pensent qu'à baiser (puisque d'après les réactions récurrentes des personnages, tout ça c'est la faute du soleil, bon admettons, qu'est-ce que j'y connais au soleil, j'habite Paris).

Vous pensez que j'ai déversé tout mon fiel ?
Allons, vous ne me connaissez pas mieux que ça ?

Il reste encore le plus important : les personnages. Enfin, importants en général, pas dans ce cas précis.
Quand j'étais petite, ma grand-mère récupérait les sacs plastiques pour s'en servir comme de poubelles (elle avait connu la guerre, feue ma chère grand'mère, alors elle avait le sens pratique). Et les sacs qui étaient destinés à devenir poubelle était fourrés dans une sorte de besace en tissu que ma grand'mère appelait le "sac à sacs" (l'idée lui a honteusement été piquée ensuite). Eh bien, Hidden Palms, c'est un peu ça : un grand fourre-tout de contenants à merde.
Comme les scènes n'ont aucun lien direct entre elles, les personnages, forcément, sont d'une folle inconsistance, et inconstance aussi du coup. Un moment le héros déprime, la seconde d'après il rencontre une voisin intrigant, la seconde encore après il batifole sous les arroseurs automatiques avec une inconnue (certainement la scène et les répliques les plus ridicules de tout le pilote). Je rappelle que le mec sort de désintox et que son père s'est flingué, hein...
Il n'y a pas vraiment de personnages, en fait, il y a... des gens. Des gens qu'on pose dans une scène, puis dans une autre, et encore une autre, un peu comme si on faisait jouer des poupées de cire dans une vitrine, et ce ne sont en fait que des prétextes pour que la prod se la pète grave avec ses décors. Vous savez, quand vous étiez ado et que vous vous faisiez des films, peu importait que les choses aient l'air plausibles, l'essentiel c'était qu'à la fin le mec de vos rêves vous invite au bal de promo (et franchement, que les bals de promo n'existent pas en France, c'était un détail mineur), ou que la fille qui vous faisait triper enfile un bikini rachitique (et si pour ça fallait inventer une menace bactériologique dont le virus ne vise que les vêtements en coton, et bah vaille que vaille, c'était pas grave). Eh bah là c'est pareil : on veut une scène où une fille joue seule à un concours de tshirt mouillé sur un practice de golf ? Eh bah on fait ça. Ça n'a pas de sens mais on s'en fout. Ça fait bien. Ça fait de l'action.
Ce devait être l'horreur à jouer. En même temps, Dieu merci, les acteurs sont tous plus navrants les uns que les autres, ça nous évite d'être déçus par leur potentiel gâché.
On pourrait aussi arguer qu'il y a des personnages sensés être importants qu'on ne voit quasiment pas, comme la petite voisine qui vit dans le laboratoire de Gil Grissom. Le héros la croise deux secondes le temps de lui demander son nom au tout début du pilote, ensuite on ne la revoit plus (en plus elle a la mauvaise idée de pas avoir un physique qui se retient et d'être blonde comme la pétasse principale), et tout d'un coup, on l'avait complètement oubliée, mais le héros débarque chez elle. J'ai même pas compris, sur le coup, qu'on n'était pas chez la nana qu'il cherchait à choper. Mais en tous cas comme rôle de merde, ça se pose là !

Bon, je crois que j'en ai fait le tour. C'est pas certain mais ai-je vraiment envie d'y réfléchir plus en avant ? Hidden Palms est pire qu'une série popcorn : c'est une série maïs transgénique. C'est génétiquement modifié pour plaire aux plus cons ados, mais il vaut mieux pas en manger si vous voulez être tranquille. D'façons ya strictement rien à grailler là-dedans, tous les acteurs sont moches. Comme pas trop laide, ya ptet, à la rigueur, la pauvre Gail O'Grady qui s'est commise là-dedans, mais elle n'est plus de première fraîcheur.
Franchement, vous avez mieux à faire, non ? Moi en tous cas, je sais ce que je ne ferai pas samedi !

Et pour ceux qui... oh bof, vous avez déjà un lien là-haut, c'est bien nécessaire ? Bon, c'est bien parce que c'est la tradition. Pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hidden Palms de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:20 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

12-07-08

A l'ouest

On va la faire courte : East Bound and Down est une sous-merde de 30mn, sans humour, et vulgaire, dont l'intérêt scénaristique est tout simplement négatif, et qui ne fait que confirmer la théorie de la déchéance de HBO. J'ai fait l'effort d'aller jusqu'au bout en pensant qu'il se passerait quelque chose, mais ce sont 30mn de ma vie que je ne reverrai jamais.

On part d'un concept éculé (la star déchue qui a besoin de se faire une nouvelle vie), on y ajoute un personnage ordurier et ridicule de bout en bout, on plaque quelques scènes ultra-convenues, filmées de façon scolaire, et on espère ainsi créer une sorte de divertissement populaire, où les doigts d'honneur et les grossièretés sont sensées être super osées, alors qu'elles ne sont qu'une démonstration d'impuissance.

Pas de méprise : je jure moi-même comme un charretier, et ne recule jamais devant une bonne blague de cul, même grasse. Mais je pense le faire soit avec humour, soit avec finesse, pardonnez l'immodestie. Je ne me chose pas d'une série qui serait libre dans le ton comme dans le choix de vocabulaire, mais à condition qu'elle n'ait pas qu'une liste de gros mots à débiter, et qu'elle offre, sinon une histoire, au moins de bons dialogues, ou des personnages intéressants.

Je ne connais rien de moins bandant qu'une série qui se contente de tester les limites de la censure (et sur HBO les limites sont très larges comme chacun sait, alors imaginez le festival) sans avoir de vrai propos derrière, ou, à défaut, sans avoir le talent de faire rire. A mon avis, East Bound and Down a été écrite pendant la grève des scénaristes par un livreur de pizza, et encore. Chacun des piètres acteurs commis dans cette fiente télévisuelle mérite de devenir un paria, et s'il y a un Dieu, leur carrière est finie.

Des séries comme ça me replissent d'une haine indicible envers la télévision.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche-projet East Bound and Down de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:52 - Review vers le futur - Permalien [#]


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