ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-12-12

Belle à en mourir de jalousie

C'est en cherchant le pilote de la série pour la jeunesse Dead Gorgeous pour le boulot que je suis tombée sur celui du drama Drop Dead Gorgeous ; ce sont des choses qui arrivent. Comme je ne suis pas une malpolie, j'ai donc regardé celui de Drop Dead Gorgeous ! Sérieusement, vous m'avez déjà vue refuser de tester un pilote ? Bilan des opérations, me voilà avec une nouvelle série dans mon planning !
Comment on en est arrivés là ? Pour mieux comprendre ce phénomène, revenons sur ce pilote...

DropDeadGorgeous

Lancée en 2006 par BBC Three, Drop Dead Gorgeous raconte comment une jeune adolescente, Ashley Webb, est découverte complètement par hasard par un bel après-midi, et comment elle devient mannequin. Jusque là, rien de très affolant ; j'irai même jusqu'à dire que sur le papier, il n'y a aucune raison de regarder Drop Dead Gorgeous plus qu'il n'y en avait de s'infliger The Beautiful Life.
Mais ce qui fait toute la différence, c'est que Drop Dead Gorgeous est profondément authentique, à la fois dans sa façon de développer l'histoire, et dans le ton qu'elle emploie pour le faire. Bien que passant par quelques clichés vraisemblablement incontournables, le pilote va entièrement se dérouler du point de vue de la famille d'Ashley, plus que d'Ashley elle-même, permettant ainsi à la fois aux personnages et surtout, aux spectateurs, de garder les pieds sur terre. On ne cherche pas ici à vendre du rêve, mais plutôt à se demander ce qu'il se passerait si une adolescente parmi tant d'autres se voyait offrir un embryon d'opportunité.

Les Webb sont en effet un couple de la classe moyenne complètement normaux, habitant une modeste barraque toujours en bordel avec leurs trois enfants, et travaillant dans des boulots assez peu glamour (elle travaille dans une cantine scolaire, il est garagiste). Les deux filles ainées, Ashley et Jade, s'entendent à merveille ; il faut dire que Jade est une adolescente très assurée, assez fière de ce à quoi elle ressemble, et qu'Ashley de son côté est un peu renfermée et toute disposer à laisser sa soeur jouer la star de la famille ; elles ont aussi un petit frère qui se situe dans ce que mes parents avaient coutume d'appeler "l'âge con", avec lequel elles se chamaillent régulièrement. Rien que de très classique, donc... jusqu'à ce qu'un jour, alors qu'elle sont en train de papoter dans un troquet, Jade et Ashley sont approchées par une découvreuse qui promet que l'une des filles pourrait tout-à-fait faire carrière dans la mode. Mais cette fille, c'est la grande et élancée Ashley ; Jade est trop petite pour le mannequinnat. Imaginez la claque, un peu.

A partir de là, le pilote de Drop Dead Gorgeous va donc consciencieusement surveiller la façon dont les choses évoluent : le premier coup de fil, la viste d'un manager venu d'une agence locale pour signer Ashley, le premier contrat...
Les choses vont assez vite mais, l'épisode durant la bagatelle de 56mn, on aura aussi le temps de vivre, aux côtés des parents Webb, les questionnements inhérents à la situation : faut-il laisser Ashley s'embarquer là-dedans ? Et sa santé ? Et ses études ? Et sa soeur ? Et on n'y connait rien !
Ces parents modestes se retrouvent à prendre des décisions qu'ils n'avaient pas prévues ; et une fois qu'elles sont prises, encore faut-il les assumer, car entre accepter qu'Ashley signe hypothétiquement avec une agence, et le moment où il faut accompagner celle-ci en plein milieu de la journée à un photoshoot calé dans l'urgence, il y a une différence.
Toute la famille se retrouve changée par la nouvelle vie d'Ashley ; il y a les copines qui sont super fières, les "ennemies" au lycée à qui on peut maintenant river le clou, bien-sûr, mais il y a aussi le fait que le partage des tâches à la maison a changé maintenant que Pauline, la mère, suit Ashley dans tous ses engagements pour veiller sur elle, et que c'est le père, Terry, qui doit assumer la préparation du dîner, par exemple. Ce n'est pas grand'chose en théorie, mais dans l'intimité de cette petite famille, c'est vraiment déstabilisant, même si tous s'adaptent, dans un premier temps, de bon coeur.

Enfin, non : pas tous. Le personnage de Jade, en particulier, est au moins aussi important dans la série que celui d'Ashley ; profondément blessée par le fait qu'elle n'ait pas été considérée plus belle que sa soeur (ou, au pire, aussi belle), elle va passer une bonne partie de ce pilote à être à la fois ravie pour sa frangine, jalouse, et en même temps, peinée par les retombées sur sa propre vie, qu'il s'agisse d'aider un peu plus à la maison pour les tâches ménagères ou de voir que son petit copain regarde Ashley bien différemment maintenant qu'il sait qu'elle est prise en photo par des professionnels. Jade va donc se retrancher à la fois dans un comportement passif-agressif, et régulièrement envoyé des piques à sa soeur sans raison valable apparente, et aussi souffrir secrètement. On sent vraiment l'adolescente meurtrie au dernier degré, qui n'est pas mauvaise par nature et qui donc aimerait se réjouir sincèrement pour ce qui arrive à sa soeur et meilleure amie, mais qui n'y parvient pas tout-à-fait et qui a besoin de l'exprimer d'une façon ou d'une autre (ce sera donc les remarques assassines en public, et les larmes quand elle est seule). Qui plus est, depuis qu'Ashley fait l'objet de tant d'attentions, Jade, qui était auparavant la petite reine des abeilles de son entourage, devient aussi, progressivement, transparente. Alors certes, cette opportunité va faire des merveilles pour la confiance en soi d'Ashley, qui en avait bien besoin, mais elle va aussi causer du tort, on le sent bien dans cet épisode, à sa soeur, désormais obligée de vivre dans son ombre... quand bien même Ashley se contente pour le moment de faire quelques photos de maillots de bain pour une pub dans les pages locales.

Outre des personnages très touchants (essentiellement Jade et Pauline, très présentes dramatiquement), Drop Dead Gorgeous, c'est aussi voire même avant tout une façon de filmer la famille Webb qui est incroyablement tangible. Rarement une série aura été capable de me donner l'impression d'être aussi réaliste. Si vous êtes comme moi et que, quand vous pensez au quotidien dans votre famille, dans votre enfance, vous vous souvenez des dîners préparés vite fait dans une poëlle, de la lumière un peu jaune de la cuisine le matin au petit déjeuner, des bisbilles avec la fratrie sur le canapé après l'école, les disputes mais aussi les silences, les conversations qui sont un peu creuses mais qu'on a forcément, juste parce qu'on vit ensemble... bref, de tout ce qui n'est jamais montré dans 99,999% des séries sur le quotidien des personnages, et qui forme pourtant 99,999% de leur quotidien, eh bien c'est ça, ce que tient Drop Dead Gorgeous.
D'une façon rare et difficile à expliquer, la série parvient à vous donner l'impression de partager tout ce qui constitue les banalités triviales de la vie de famille, de la vaisselle qu'on n'a pas envie de faire à grand'mère qui regarde ses feuilletons à la télé, alors que, quand même, la vie de la famille Webb n'a justement plus grand'chose de banal...

C'est ce qui rend la série profondément attachante, finalement, bien plus que son sujet. En choisissant de rester extrêmement humble, et de s'intéresser dans le détail à la façon dont vit et fonctionne cette famille, Drop Dead Gorgeous instaure immédiatement, plus encore qu'une mécanique d'identification (même si effectivement les Webb pourraient être absolument n'importe quelle famille, donc la vôtre), une ambiance de proximité et d'authenticité.
En fait c'en est même destabilisant, parce que dans les premières minutes du pilote, je passais mon temps à attendre qu'il se passe "quelque chose", je sais pas, un truc important et tragique, genre Ashley devient immédiatement une superstar, ou les Webb refusent qu'elle signe et Ashley doit faire des photoshoot en secret, ou Ashley se fait violer pendant une prise de vue, ou Ashley meurt et Jade doit prendre sa place, ou j'en sais rien !!! Mais quelque chose de gros, quoi. C'est triste à dire : je suis encore trop formatée par les séries américaines ! Mais progressivement, j'ai compris que ce n'était pas ce dont parlait Drop Dead Gorgeous, et qu'on n'était pas sur la CW ou même ABC Family. Et ça m'a plu, quand je l'ai compris.

Bon alors, cette histoire de poursuivre la série, donc, que j'évoquais plus haut. Oui, je vous l'accorde, c'est pas exactement le moment, avec le marathon Jack & Bobby, les reviews entamées qu'il faut que je finalise, et tout et tout... plus le fait que j'ai décidé de refaire un challenge ciné en 2013. C'est clair, ça tombe mal. Mais pour ma défense, les deux saisons de Drop Dead Gorgeous durent respectivement 4 et 6 épisodes... donc je devrais m'en sortir. Et pour être tout-à-fait franche avec vous, j'adore quand ce genre de coup de coeur me tombe dessus, donc je râle surtout pour la forme. Qu'est-ce qu'on fait, on se retrouve pour un bilan de la série quand j'ai fini ?

Voilà et maintenant, un vote à main levée : combien de fois, en lisant le titre de Drop Dead Gorgeous, avez-vous pensé à Drop Dead Diva ? Soyez pas timides, dites-le moi franchement ; en ce qui me concerne, au cours de la rédaction de ce post, mon clavier a fourché trois fois.

Posté par ladyteruki à 21:36 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

28-12-10

Small et vil

SmallEvil

Pour une raison étrange, toute personne qui cite Smallville est immédiatement suspectée d'avoir un QI équivalent au baromètre en ce mois de décembre frileux. C'est sûr que j'ai un sens des priorités téléphagiques bien à moi, et que nous avons tous en tête une hiérarchie qui varie selon nos préférences, mais quand même, ça m'intrigue.

Ça m'intrigue d'autant plus que cette série, que je n'hésiterai pas, bravant les commentaires outrés et/ou injurieux, à qualifier de honteuse sous-merde, en est quand même, si j'ai bien compris, à sa 10e saison. Face à ça, mes séries favorites font rarement le poids, du point de vue strict du nombre. C'est quand même bien qu'il doit y avoir une raison. Mais alors, laquelle...? Je veux dire, les amourettes, les super-héros à la douzaine, les personnages pas trop frileux (eux)... ça va bien une saison, deux, trois... plus la série avançait et plus elle semblait s'encanailler, mais jamais jusqu'au point d'arriver au niveau de gratuité et de fan service d'un True Blood. Un équilibre finalement intrigant, à bien y penser.

Le problème c'est peut-être tout simplement la façon dont je vois les séries en général. Je suis d'accord pour regarder des trucs pas forcément sérieux et intellectuels. Je rappelle que je suis quand même fan d'Une Nounou d'Enfer, si vous aviez un doute sur la véracité de mon propos. Je vous vante des Capitu et des The Circuit, mais bon, je ne regarde pas que des séries cérébrales et/ou poétiques. Mais je refuse tout net de regarder quelque chose "pour me vider la tête". Si je regarde Drop Dead Diva par exemple (je la cite parce qu'elle a été évoquée aujourd'hui via Formspring par un inconnu), c'est parce que j'apprécie certaines qualités... bon, pas le scénario. Mais je guette la représentation du personnage obèse ; idem pour Mike & Molly d'ailleurs (faudra que je vous en reparle de cette série d'ailleurs, je me suis surprise à la poursuivre). Je trouve l'expérience intéressante parce que c'est à la fois la copie et l'opposée d'Ally McBeal.
Mais se vider la tête, essayer absolument de ne pas du tout penser et se goinfrer d'intrigues ridiculement vides, ça, je peux pas.

Et c'est précisément ce que m'évoque Smallville. Quelque part, même NCIS est plus intellectuel (c'est dire).
Je vais pas me faire de nouveaux amis aujourd'hui, c'est clair. Mais je pense quand même qu'on peut exiger un peu plus que ça de notre télévision, non ?

Mais alors, quand un téléphage que j'estime pour ses goûts sûrs commence à RECOMMANDER Smallville, je vous avoue que je ne sais quand même pas trop quoi en penser.

Posté par ladyteruki à 23:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

30-09-10

In memoriam

L'air de rien, Lone Star, c'est fini, mais ça n'empêche pas de repenser à ce que signifie cette annulation, en général bien-sûr, mais aussi dans le cas particulier de chaque téléphage. Car chacun y réagit différemment, comme à toute annulation, mais de façon exacerbée vu les circonstances. Même ceux qui s'en foutent ont l'air d'y mettre plus d'entrain qu'à l'ordinaire !

Alors que j'avais l'impression d'avoir fait le point, d'avoir pris de la distance hier, et d'être "passée à autre chose", je suis tombée sur le post de Fabien, sur Critictoo. Sur certains points, je le comprends, bien que ne partageant de toute évidence pas son avis ; et sur certains je comprends la logique, à plus forte raison parce que moi-même je ne suis pas partisane de laisser des plombes à une série pour s'améliorer ! Mais il ya un point qui m'a quand même relancée dans mes réflexions post-annulation de Lone Star :

Memories

Bah écoute, moi, au moins, et certainement pas que. Et je ne me considère vraiment pas comme ayant de la mémoire (ne me demandez pas ce que j'ai mangé hier ; si, en fait ça c'est facile parce que je mange toujours la même chose. Ptet que c'est parce que j'ai oublié que j'en ai déjà mangé la veille ? Bref.), je considère simplement que c'est pas parce qu'une série est annulée qu'elle doit pour autant être oubliée.
Alors oui, ces séries citées n'ont pas eu le succès (vraiment pas !) de certaines autres annulées également. Et ne le méritaient pas forcément de toute façon (comme le souligne l'adjectif accolé à Do Not Disturb). Et alors ? On n'est pas des poissons rouges ! On n'est pas forcés d'oublier une série simplement parce qu'elle n'a pas fait ses preuves, quelle qu'en ait été la raison. Et je suis à peu près sûre qu'on peut trouver pour chacune des gens qui ont aimé (j'ai au moins un nom à l'esprit pour Viva Laughlin...).

Je me rappelle d'Emily Reasons Why Not. J'avais vu le pilote vite fait, il ne m'avait guère convaincue, je n'aime pas Heather Graham en plus, mais je me souviens l'avoir vu, bien-sûr. Il y a un ou deux ans j'ai eu envie de le revoir, pour comparer (mes fameux revisionnages). Je ne sais plus pourquoi le projet n'a pas vraiment abouti, mais finalement ça ne s'est pas fait. Toujours est-il que, voilà un peu plus d'un an, j'ai utilisé le titre de cette série pour nommer l'une de mes catégories. C'est une histoire téléphagique parmi des millions d'autres, car cette série n'a pas compté pour moi. Mais comment oublier ? Ce sont 20 minutes de ma vie, vous avez 20 minutes de votre vie que vous avez effacées de votre mémoire, vous ? Je ne dis pas que je suis capable de dire quel jour j'ai regardé le pilote de cette série, et je ne suis pas capable de vous fredonner la chanson du générique (à la réflexion il n'y en avait probablement même pas), mais enfin, je me souviens l'avoir vue.

Puisqu'on parle de générique, oui, je me souviens de Happy Hour. Sur mon disque dur qui est passé de vie à trépas par une nuit d'avril que je n'oublierai jamais, j'avais le générique et je l'écoutais régulièrement, d'abord parce qu'il faisait partie de ma playlist de génériques, et ensuite parce qu'il était plutôt classe. Aujourd'hui je ne l'ai plus, mais tant pis. Et pourtant je ne suis même pas sûre d'avoir vu le pilote, pour le coup. Je me souvenais de Wonderland avant même de l'avoir vue, par son générique saisissant de beauté, par exemple.
Car c'est assez incroyable : on n'a pas besoin d'avoir vu une série pour la connaître au moins un peu.

Pendant des années, j'entendais parler de Firefly. La série a été annulée en 2002 dans des conditions sur lesquelles je ne suis même pas certaine qu'il soit nécessaire de rappeler tant la culture téléphage les porte comme une cicatrice ; il y a des séries qu'en tant que conscience collective, nous avons continué à faire vivre. Firefly était-elle une bonne série ? Quand j'ai fini par la découvrir en 2005 ou 2006, je vais vous dire : elle n'était pas aussi bonne que ce qu'on m'en avait dit. Mais elle avait du potentiel, il lui aurait fallu du temps pour s'améliorer, avant de pouvoir devenir une excellente série. Alors, la critique ne fait pas le succès d'une série ? Certes, mais quand je vous parle de Firefly, vous savez de quoi je cause. Et très sincèrement, si la série n'avait pas été de Whedon, aujourd'hui elle figurerait parmi la liste des oubliées-parmi-tant-d'autres de Fabien.

Nous entretenons le souvenir de certaines séries et pas d'autres. Les sites d'information et les blogs en sont en grande partie responsables : cela commence dés la rédaction de news. Personne ne vous parle de certaines séries au point que vous n'êtes même pas sûrs qu'elles soient encore à l'antenne, mais d'autres, on fera des news tous les quatre matins ; problème constaté à plusieurs occasions pour des séries à longévité équivalente... Peu de news sur Medium, apparue la même année que Bones ou le revival de Doctor Who. Drop Dead Diva, on n'en parle que quand elle est renouvelée, on se tamponne le coquillard de ses guests ou ses audiences (je ne sais même pas si ce dernier point a de l'intérêt, je me contente de constater), quand n'importe qui est capable de vous parler de Flash Forward quand il s'agit de faire des parallèles avec The Event.
Nous avons une mémoire sélective, mais elle est aussi largement dirigée par les médias téléphagiques que nous consultons. Je suis prête à parier que les lecteurs réguliers de ladytelephagy ont entendu parler de certaines séries que Fabien jugerait tout-à-fait oubliables. Et elles le sont sans doute. Pour autant quand je vous parle de Rude Awakening, vous finissez par vous en souvenir (le contraire serait un comble :P ), et le post d'hier, avec ses tags et ses liens, prouve que j'ai parlé de plusieurs des séries qui ont été les premières à être annulées. Les lecteurs de Critictoo voient aussi défiler des noms de séries annulées pour lesquelles je n'ai qu'un souvenir vague, d'ailleurs.
Si ceux qui écrivent sur les sites spécialisés sur les séries ne font pas l'effort de la culture téléphagique, s'ils se contentent de jouer les blogs à review de luxe, que font-ils ? Ils consomment et éventuellement poussent à la consommation, c'est tout. C'est tellement dommage ! Et je sais que l'équipe de Critictoo veut souvent faire bien plus, alors pourquoi diminuer Lone Star au seul prétexte qu'elle est annulée et que ça veut bien dire qu'il faut aller de l'avant ? Nous ne le faisons pas toujours, et quand nous le faisons, ce n'est d'ailleurs pas toujours pour les bonnes raisons.

Qui se souviendra de Gravity dans quelques années ? Moi. Peut-être juste moi. Pendant que mon voisin se souviendra de Dante's Cove et qu'un autre gardera la nostalgie de la poignée d'épisodes de Studio 60 on the Sunset Strip. Cela n'ôte ni n'ajoute rien aux qualités de ces séries. Mais c'est plus sincère d'admettre que l'affectif joue son rôle dans notre effort de mémoire, en plus du conditionnement de certains sites et/ou rédacteurs qui choisissent également leurs sujets à l'affectif ou selon des paramètres moins louables. Je préfèrerais que Fabien explique honnêtement que la série ne l'a pas conquis et qu'il ne va pas la pleurer. Ça me semblerait moins contradictoire avec la mission-même du site sur lequel il passe une énergie considérable à parler même de séries qui semblent oubliables à d'autres.

Quand je lis ça, j'ai pas envie de tourner la page sur quoi que ce soit. Quand je lis ça, j'ai envie de parler de séries oubliées. Peut-être même créer une rubrique, tiens ! Aujourd'hui, tiens, je sais pas... si on parlait de 3 Lbs. ? Qui se souvient de 3 Lbs. ? Pas grand'monde.
C'est pas une raison.

3LBS

Posté par ladyteruki à 16:47 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-08-10

Who says romance is dead ?

Spirited

C'est toujours difficile de traduire une émotion ressentie devant une série, un épisode, une scène, avec quelques mots pour un post de blog. On a l'impression de ne pas pouvoir complètement partager ce ressenti, d'en modifier la teneur, de souligner certaines choses plus que d'autres, de soudain trouver les mots pour sublimer un passage ou un personnage, mais de retomber à plat la minute suivante.
Dans le cas de la fiction australienne, je crois que si je devais essayer de résumer ce que je ressens à chaque fois, vraiment à chaque fois, que je regarde une série du crû, si j'essayais de synthétiser mes émotions pour vous faire comprendre avec quelle impression je ressors de mes visionnages, je pense que je me tournerais vers une comparaison et que je vous dirais que pour moi, la fiction australienne est rugueuse. Comme un tissu souple entre les doigts, mais pas complètement agréable, un peu résistant à l'envie de douceur et de confort, pas totalement accueillant, mais définitivement intéressant, avec des aspérités et un grain original. La fiction australienne m'est, définitivement, rugueuse. Quoi que je regarde, j'en reviens toujours là. A cette impression de ne jamais vraiment être complètement à l'aise, et en même temps d'y trouver une forme d'authenticité.

Spirited, ça faisait plusieurs semaines que j'y pensais, et je vous en avais aussi rapidement parlé, et j'attendais de voir, parce que quelque part, une romance au pays de la rugosité, je demande à voir, j'étais convaincue que ce serait une expérience unique. Les comédies romantiques, vous le savez, je goûte assez peu : en général, déjà, ya pas de pure comédie romantique aux USA (ce qui me vient de plus approchant serait Drop Dead Diva mais qui tient plus de la comédie que d'autre chose), et en Asie je suis souvent atterrée par les inévitables clichés qui y pullulent (un jour, un jour peut-être, je finirai le post sur les clichés en matière de romance dans les séries du monde que j'ai vues à ce jour, mais en tous cas ce jour ne sera certainement pas aujourd'hui). Mais les Australiens me semblent s'être donné pour règle de ne pas trop donner dans le niais, en tous cas pour le moment, ce cliché n'a pas trouvé de contradiction, alors je voulais voir ce que c'est, une romance qui garde les pieds sur terre.

Enfin, oui et non, parce que j'avais aussi très bien compris qu'un peu de fantastique se serait glissé dans notre affaire, et finalement, je pense que ça fait quelques temps que je n'ai pas regardé de fantastique non plus, ce qui a joué aussi.

Comme chaque fois qu'on arrive devant une série avec une idée préconçue, j'ai été un brin déçue. Le générique, avec lequel l'épisode s'ouvre, est le contraire de ce que j'attendais, tant niveau musique qu'esthétique. Il n'est cependant pas forcément à côté de la plaque, et c'est comme ça que j'ai compris qu'en me recalibrant juste un peu, j'allais être réceptive à ce que Spirited avait à offrir.

Car Spirited, comme attendu, est une série rugueuse.

Comme si j'étais condamnée à ne jamais trouver de zone de confort avec la fiction australienne, et qu'elle joue toujours sur ce registre d'attirance et rejet dans le même mouvement. Comme toutes les séries australiennes que j'ai vues, Spirited semble dire que c'est à prendre ou à laisser, qu'elle va n'en faire qu'à sa tête et que je m'adapte, ou je sors, mais que si je sors, je vais le regretter.
Et en fin de compte, n'était-ce pas ce que j'étais venue chercher ?

Son personnage principal est par exemple glacial, voire antipathique. Difficile de s'attacher à Suzy Darling mais, d'un autre côté, elle ne nous le demande pas. Lorsqu'elle décide de quitter son mari, ce n'est pas parce qu'il l'a trompée (il l'a fait mais elle est quand même restée), ce n'est pas parce qu'il devient violent (au contraire, c'est un mec souriant et plein d'humour), c'est juste parce qu'elle ne se voit pas rester. Elle met les gamins dans la voiture sans rien dire, et s'en va s'installer dans l'appartement qu'elle a acheté au préalable (une chance que personne ne l'accuse de kidnapping, d'ailleurs). Le côté à la fois soudain et prémédité nous empêche de nous dire "oh, pauvre Suzy, elle mérite tellement mieux", mais à la réflexion, ne pas avoir de complaisance envers elle correspond à mes attentes en matière de romance terre à terre, le personnage est réaliste, pas sublimé. Suzy est coincée et rigide, et alors ? Est-on obligé d'être une personne adorable pour vivre une jolie histoire, dans une série ? Suzy est Australienne, et ça me va.

D'ailleurs, si on sent immédiatement que le courant passe avec notre fantôme de Henry, on ne nous sort pas les violons. Au contraire, la petite scène autour du médaillon a quelque chose de franchement repoussant et terrifiant. Mais tous les deux sont dans une mauvaise passe (elle divorce, il est mort...) et finalement c'est normal qu'ils soient amenés à se rapprocher à travers les épreuves qu'ils vivent côte à côte, même s'ils ne l'ont pas choisi.

J'ajoute, et c'est sans doute tout aussi important, qu'il n'est pas question que de romance. Une mythologie se met lentement en place sur l'identité de fantôme de Henry, sur ses limites et, peut-être, juste peut-être, sa raison d'être (enfin, de ne pas être). Le médaillon, l'arbre, le brouillard... des éléments distillés avec prudence mais réellement intéressants.

Personnages tout en nuances, Suzy et Henry s'asticotent vaguement, mais surtout se soudent instinctivement, sans virer pour si peu dans le sirupeux, se questionnent l'un l'autre, commencent à bâtir une saine connivence... seul le mari se trimbale avec sa tête de pauvre mec trop parfait pour être honnête et semble unidimensionnel. On s'en fiche, il est déjà hors-jeu.

Spirited ? Je crois bien que je suis amoureuse. Mais pas trop. Juste de façon... comment dire ? Rugueuse.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Spirited de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

14-07-10

Sunny with a chance of boring

Ah l'été ! Oui, l'été, cette saison-même pendant laquelle tout est différent. Nouvelles séries, nouveaux univers, nouveaux horizons inexploités... et puis, plein de séries qu'on aurait aussi bien pu voir le reste de l'année. Comme The Glades, par exemple. Bon alors, en fait, c'est simple, si vous aimez les séries policières pas trop compliquées pendant la saison "normale", mais que vous en avez marre des mêmes villes encore et toujours, eh bien voici The Glades qui se passe sous le soleil de la Floride. Moui, comme Les Experts Tbilissi, bon. Nan mais, tout de suite, je vous sens négatifs, là... Bref The Glades, c'est la même chose que d'habitude, mais pas au même endroit que d'habitude, et ça c'est exactement ce qu'on cherche dans une série d'été, n'est-ce pas ?
Non ?
Ah. Vous non plus, hein...? Bon. Je pressens le post ravageur.

TheGlades

Chez A&E, on est des petits malins. On a bien compris que s'il fallait braconner sur les terres des networks, c'était pendant les vacances, quand les séries qui rameutent du peuple sont en hiatus. Et c'est probablement la raison derrière l'achat de The Glades, qui picore à tous les râteliers. Par exemple, le coup du flic pas très conventionnel et qui tape sur les nerfs de tout le monde, mais super doué, on ne nous l'avait pas fait du tout avec The Mentalist. Oh mais pardon ! Là c'est différent, car Jim Longworth a la particularité de... de... eh bien, il pose des questions. Vous admettrez que c'est pas courant, pour un flic. Bon, et il se repose sur les preuves aussi. Aha ! Ça c'est très anticonformiste ! Sans compter que, pour capitaliser sur une mode dont je parlais récemment avec Memphis Beat, on a ajouté un truc qui fait vaguement couleur locale, puisque le premier crime se déroule au coeur des Everglades, et que vu le titre de la série, on devine que ça ne va pas s'arrêter là. C'est bien, ça donne l'impression de voyager tout en contenant les spectateurs locaux, c'est vraiment la marotte télévisuelle du moment, ça.

Mais dans le fond, le téléphage averti a vite une overdose de tous ces éléments tellement familiers. Et l'intrigue peu stimulante n'arrange rien à l'affaire : il suffit de voir comment les rebondissements s'enchaînent sans nous émouvoir, comment les personnages nous désintéressent totalement de leur vie, comment les pistes explorées ne suscitent pas le moindre intérêt. Alors, forcément, quand survient le petit retournement final, on n'en a plus rien à faire, surtout que ça semble passablement cliché. Pour résumer : si je m'étais intéressée à l'épisode, je l'aurais probablement vu venir, mais je n'en étais même pas là.

Reste Jim qui cabotine, et cabotine, et cabotine encore ; et il a raison d'en faire des tonnes, la série ne tient que sur ça, sur ces quelques passages pendant lesquels le héros va se rendre indubitablement irritant, mais tellement drôle finalement. Essentiellement parce qu'on n'est pas convaincus qu'il se rende compte du niveau de ridicule de son manège pour se rendre intéressant. Mais on le sait que tu es le héros de la série, on le sait Jim, cesse d'en faire des tonnes, tu vas te la taper la petite Kiele !

Je veux bien que l'été soit une période pendant laquelle on se détend, et pendant laquelle on accepte d'être juste un peu moins regardants. Je regarde Royal Pains et (presque régulièrement) Drop Dead Diva, au nom du ciel, vous pensez que je ne le sais pas ? Mais enfin, soyons clairs... la saison d'été a vu le jour pour qu'on évite les rediffusions, alors est-ce vraiment raisonnable de nous fourguer des polycopies pareilles ? Je vous le demande.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Glades de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:06 - Review vers le futur - Permalien [#]


04-06-10

To be continued... Drop Dead Diva

Ah c'est sûr, c'est pas Drop Dead Diva qui va déchaîner les foules. J'ai été la première à le dire au moment du pilote. Et puis, avec le temps, j'ai découvert dans cette série un adorable guilty pleasure, et maintenant que la saison 2 débarque ce dimanche sur Lifetime, je me suis dit qu'elle avait bien mérité un post To be continued..., histoire que la série ait toutes ses chances cet été.

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1x01 - Ou quand une jolie blonde découvre qu'on ne peut pas être et avoir été !

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En dépit des efforts de la délicieuse Stacy, il semblerait que Deb soit condamnée à accepter de ressembler à Jane.

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Ah oui tiens, Fred l'ange gardien, on l'avait presque oublié celui-là !

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1x04 -
Jane ne parvient toujours pas à faire le deuil de Deb, mais les parents de celle-ci semblent réussir à aller de l'avant, eux.

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A la recherche du temps perdu... ou le temps retrouvé ?

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Dis-lui... la... vérité !

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You can use a bikini to sell anything... I know, yay America, right ?

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Et si Jane n'était pas revenue du Paradis, mais était simplement complètement toquée ?

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Drop Dead Diva, je ne te présente pas Ally McBeal, je crois que vous vous connaissez déjà ?

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"Finalement on a changé d'avis, on ne va plus du tout s'inquiéter des sentiments entre Deb et Grayson" ~ signé : les scénaristes.

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Remboursez, remboursez ; de toutes façons, il servait à rien, ce Fred.

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Mais non, on ne se fait pas balader avec les histoires de cœur de Grayson, mais non.

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1x13 - Cherchez le nom au générique, vous trouverez le cliffhanger !

Alors je vous l'accorde, ce n'est vraiment pas du grand art, cette série. Une fois qu'on a fait le deuil des clichés sur les brunes grassouillettes, les blondes idiotes, les rousses méchantes... on finit quand même par trouver une petite comédie qui se permet des choses suffisamment farfelues pour qu'on lui donne sa chance. Surtout en été. Et puis c'est pas comme si le scénario pesait bien lourd, rien qu'avec ces captures, vous avez tout ce qu'il vous faut pour entamer la saison 2. Alors qu'attendez-vous ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Drop Dead Diva de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:46 - To be continued... - Permalien [#]

03-05-10

Mon fantasme

Tant qu'à regarder un sitcom, autant regarder un vieux sitcom. C'est pas comme si les récents apportaient quoi que ce soit au genre de toutes façons. Donc me voilà installée devant Fired Up, principalement parce que l'équation cagoule disponible + Mark Feuerstein suffit à me convaincre, surtout en ce moment où je suis pas dans mon assiette, malade, et je vous passe les détails, bref, complètement influençable. Je serais tombée sur une cagoule de Conrad Bloom, c'était le même tarif. D'ailleurs j'ai un épisode de Conrad Bloom à la maison, même si ce n'est pas le pilote. Pourquoi je parle de ça, moi ? Parce que Royal Pains reprend dans pile un mois ? Ah, tiens.

Bref me voilà devant le pilote de Fired Up et je me dis que, quand même, c'est pas gagné. Je déteste Leah Remini. Oh je suis persuadée que c'est une fille charmante au demeurant, et peut-être qu'elle donne toujours aux mendiants dans la rue alors que moi je regarde ailleurs l'air de rien, et qu' un jour elle a sauvé un chiot qui allait se faire renverser, mais je n'y peux rien, je déteste Leah Remini. Chaque fois que je riais devant Un Gars du Queens (c'est-à-dire rarement) c'était grâce au personnage de Doug, jamais grâce à Carrie. C'est vous dire.
Quant à Sharon Lawrence, c'est une bonne femme qui me fait peur. Je pense qu'elle boit le sang de petits bébés humains et qu'elle dort dans un frigo. Elle a la même gueule dans Fired Up que dans Drop Dead Diva où je me rappelle l'avoir vue cet été. Douze ans entre les deux, hein. Elle est peut-être pas une trop mauvaise actrice, mais qu'est-ce qu'elle me fait flipper !

Bref, Fired Up, cagoulée pour de mauvaises raisons et regardée avec appréhension pour toutes les autres raisons, relevait à la fois de l'expérience de l'extrême (je hurle de rage à cause de Remini en premier, ou j'attends d'avoir hurlé d'horreur à cause de Lawrence ?), et du petit passe-temps sans conséquence (d'façons, Royal Pains reprend dans pile un mois).

L'idée de Fired Up, c'est de prendre deux personnages que tout oppose, ce qui est un classique en termes de comédie, et de les forcer à se regarder dans les yeux pendant environ une demi-heure. Ici, d'une part, on a Gwendolyn, la patronne spécialisée en communication qui ne pense qu'à elle, et d'autre part, on a Terry, l'assistante qui a les pieds sur terre.

Tout commence quand un beau matin, Gwendolyn arrive au travail, et une chose horrible vient de lui arriver : au salon de beauté, on ne lui a pas donné sa pédicure habituelle, qui a été expulsée du pays. C'est terrible parce que la nouvelle pédicure n'a rien fait comme il fallait et a même eu le culot de lui infliger une petite coupure au pied. Certaines personnes ont de vrais problèmes, c'est tragique.
Terry arrive à en placer une et explique qu'elle vient de se faire virer, mais cela ne relativise pas vraiment les problèmes de sa patronne qui démontre ainsi, en un dialogue court mais rapide, combien elle peut être focalisée sur son nombril. Finalement Gwendolyn découvre qu'elle s'est également faite virer, ceci expliquant cela, et les voilà toutes les deux à faire leurs adieux, prêtes à partir chacune de leur côté après trois ans de collaboration. Six. Peu importe.

Terry vit avec son frère (Mesdames, voici enfin Mark, profitez-en, il est juste de passage, on le verra à peine), dans un loft qui a probablement été racheté à Batman et dont le loyer doit être plus cher que tous les appartements des Friends réunis.

FiredUp
Une horloge ! Une p*tain d'horloge ! Je VEUX ce loft.

Toujours est-il que le frérot travaille dans un bar en bas de l'immeuble (par définition, tout sitcom se doit d'avoir un café, un bar ou un restaurant sur la liste de ses décors réguliers, n'est-ce pas ?), et que voilà Terry sur le carreau, qui doit trouver un autre job et ne dégote rien de mieux que de vendre de la viande discount par téléphone (rassurez-moi, ce métier n'existe que dans les séries, n'est-ce pas ?). Inutile de dire que même si sa patronne était une égocentrique qui la réduisait en esclavage, elle a quand même du mal à s'adapter. D'ailleurs Gwendolyn aussi puisque peu de temps après, voilà cette snob en train de débarquer dans la vie de son ancienne assistante, complètement sur la paille, avec l'idée de monter sa propre société mais incapable de faire la moindre chose valable sans Terry pour l'y aider.

Eh oui, les deux femmes vont, c'était inéluctable, devoir tout de même se remettre à travailler ensemble, Terry parvenant à faire comprendre à Gwendolyn que cette dernière est incapable de faire quoi que ce soit par elle même (ou qu'elle s'y refuse : "Vous pouvez faire de la frappe ?"/"Oui."/"...Vraiment ?!"/"Eh bien, est-ce que je le peux et est-ce que je le ferais sont deux questions très différentes..."), et Gwendolyn ayant le pouvoir de sauver Terry de la vente de viande par téléphone (non, sérieusement ? Quelqu'un parmi vous a déjà vendu de la viande par téléphone ?!), et qu'en plus elle est vraiment douée dans son domaine.

Évidemment c'est un peu cliché tout ça. Mais je sais pas, j'aime bien l'idée qu'une fois de plus, le patron (ici une patronne, on s'en fout) ne puisse rien accomplir sans son assistante, je sais pas d'où me vient ce fantasme (de plusieurs années d'expérience dans l'assistanat de direction peut-être, je pense à certaines personnes qui ne peuvent même pas écrire leurs cartes d'anniversaires eux-mêmes, yes I'm looking at you, Blue), mais en tous cas l'idée me plait bien.

Alors au final, j'ai beaucoup aimé certains angles de ce pilote. D'autres relèvent de la vaste blague (et pas dans le sens où un sitcom voudrait faire des blagues), comme la plupart des répliques du patron du bar qui, cinquantenaire célibataire, allez je suis dans un bon jour, disons quarantenaire, se met immédiatement à courtiser Gwendolyn et se prend des vestes splendides sans avoir rien d'intelligent à répliquer (ce qui fait que chaque veste est plus que méritée).

Mais contre toute attente, le tandem Remini/Lawrence fonctionne très bien, les vannes fusent, le choc des deux cultures ne semble pas aussi plaqué que dans d'autres séries du même type qu'on a connues, qu'on connaît et qu'on connaîtra sur le même principe des deux opposés qui vont devoir cohabiter. Comme les meilleurs sitcoms, Fired Up repose d'une part sur cette alchimie, et d'autre part sur un grand sens du rythme. Ce qui est étonnant pour une série qui n'a pas duré très longtemps. Je vais pas dire que c'est un bijou méconnu, mais enfin, je me suis bien marrée, il faut le dire, et en prime j'aime bien le concept de départ, et j'aime le loft. Alors banco.
Ou alors, c'est la faute de mes médicaments. Ce qui n'est pas à exclure non plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Fired Up de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:39 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

29-08-09

Carte postale

PostSecret

Finalement, j'en viens à la conclusion que la téléphagie, ça ne se commande pas.

Je voulais absolument me trouver une série à dévorer cet été, et je vous proposais de m'aider à choisir. Je m'était fixée sur une série, et ne manquait plus que le passage à l'acte.

Mais alors, je ne sais plus trop comment, je me suis trouvée happée par un tourbillon de séries japonaises, et puis, bon, du coup le reste est un peu passé à l'as. Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, d'ailleurs ; c'est juste que ça s'est passé comme ça.

Depuis, le cœur tordu devant 14 Sai no Haha, Kaze no Garden ou Aishiteru ~Kaiyou~, riant aux éclats devant Seigi no Mikata, et mangeant des M&M's devant BOSS (c'est là mon Top 5, en passant), j'ai mis de côté mes découvertes ou redécouvertes américaines. N'allez pas croire cependant que cette orgie a complètement shunté la fiction américaine.

Car à ma plus grande surprise, ces quinze derniers jours, j'ai aussi trouvé du temps pour m'enfiler tous les épisodes ultimes d'Urgences diffusés pendant cette période (ça doit faire 5 ou 6 épisodes, en tout, non ?), j'ai continué à regarder Drop Dead Diva (même si je n'ai aucune idée de pourquoi), je me suis même laissée aller à 1 Monk ici et 1 Chuck là. Preuve que ma dévotion envers le Japon n'a rien eu pendant cette période d'exclusive.

En toute sincérité, je pense que j'en ai encore pour quelques temps comme ça, deux, trois semaines peut-être, avec une consommation aussi effrénée. Ce n'est pas trop m'avancer que de dire que plus la rentrée américaine approchera, plus elle aura mon attention (surtout qu'elle commence avant le gros de la rentrée japonaise), à plus forte raison parce que j'ai soigneusement évité 99% des trailers pour les nouveautés de la saison.

En fait, c'est même complètement la raison pour laquelle je suis dans cette phase en ce moment, si on réfléchit bien. Car vu le taux d'annulation de la saison dernière, ce qui se joue en septembre aux USA, c'est un peu l'intégralité de ma saison, puisqu'en dehors de Better Off Ted, je ne suis pas spécialement fan des séries qui reviennent cette saison. Ou alors j'ai une grosse amnésie, mais bon.

Et comme justement, ce n'est pas sur la fiction japonaise qu'il faut compter pour du long terme dans la majeure partie des cas, mon attention va être soutenue envers la rentrée US, sans pour autant me lamenter à attendre qu'elle soit enfin lancée. Une attention que je crains justement d'être trop soutenue, car ça risque de m'influencer dans mon opinion que de savoir que je n'ai plus de série fétiche à l'antenne, dans un sens comme dans l'autre puisqu'il sera possible que je me dise aussi bien "pff, ça vaut pas Pushing Daisies" que "woah, une nouvelle série à encenser, je n'attendais que ça". C'est à double tranchant, mais c'est de toute évidence ma dynamique de la rentrée. Ce sera un vrai challenge que cette nouvelle saison où je n'ai à fêter le retour de personne en particulier (le feu pour Brothers & Sisters s'était apaisé... faut dire que j'ai lâché en cours de 3e saison, je sais plus trop pourquoi d'ailleurs ?).

Alors bon, disons que jusqu'à la fin de l'été, ma téléphagie a pris des vacances, qu'elle a fait ses valises pour le Japon, qu'elle revient bientôt mais qu'elle va continuer à donner des nouvelles.
Dans ce contexte, je peux comprendre que ses carnets de voyage n'intéressent pas tout le monde (bien que je le regrette), mais si ça peut vous rassurer, les choses vous se rééquilibrer d'ici quelques semaines, mécaniquement.

Par contre, j'espère bien me désintoxiquer de Drop Dead Diva parce que ça m'inquiète. Je ne sais pas comment j'ai chopé ça, en buvant de l'eau du robinet peut-être, mais j'espère que ça va s'arrêter à un moment...

Posté par ladyteruki à 21:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-08-09

Combattre le futur

J'étais tranquillement sous ma douche, en train de me faire un shampoing parfumé au milkshake à la fraise quand soudain, je me suis dit "pfff, que les gens sont sots de faire une fixette sur The Vampire Diaries et autres CWeries !"... et c'est là que ça m'a frappée. J'ai bondi hors du nuage de vapeur pour aller me regarder dans le miroir au-dessus de l'évier. Et il n'y avait pas le moindre doute, la preuve me fixait dans les yeux : j'étais devenue une vieille téléphage.

Vous savez, quand vous êtes un jeune téléphage, vous regardez les plus vieux, ceux qui ont de la bouteille, et vous vous promettez de ne jamais devenir comme eux. Mais si ! Vous savez ! Ceux qui répétaient que hors HBO point de salut, et si t'avais pas aimé Six Feet Under t'étais qu'une sombre merde, et tant qu'on a pas vu Oz on connaît rien aux séries télé, et de toutes façons Buffy c'est rien que pour les ados. Et je me disais, mais franchement, ils sont bornés ou quoi ? Je regarde la même chose qu'eux mais ça ne me viendrait pas à l'idée de dire des choses pareilles ! M'enfin ! On n'est pas tous obligés d'avoir les mêmes goûts ! Quand un quarantenaire mal embouché se piquait d'insulter les américains parce qu'ils n'avaient pas assez regardé Le Protecteur, conduisant à son annulation alors que des According to Jim et des Smallville semblaient increvables, j'étais ébahie devant tant de mauvaise foi (étant entendu que c'étaient quand même bien ces mêmes américains qui avaient fait en sorte que la série vienne à l'antenne et tienne trois saisons), éberluée par tant d'aveuglement obtus.
Et finalement, on n'échappe apparemment pas à son destin, je suis devenue l'un d'eux. Je suis une vieille téléphage aigrie.

Vite, vite, un exorciste ! Je m'étais jurée de ne jamais tourner comme eux ! J'étais pleine de bonnes résolutions pour ne pas leur ressembler : ne pas rester focalisée sur des séries vieilles d'une à deux décennies que j'avais aimées, tenter de découvrir le plus de choses possibles, garder l'esprit ouvert...
Mais non, rien à faire, je suis devenue acariâtre, blasée, cynique. J'ai perdu ma faculté à pardonner aux jeunes téléphages encore peu éduqués sur les possibilités qui s'ouvrent devant eux.

Non, je refuse de le croire. Je refuse de tourner comme ça. Je refuse d'être une vieille peau qui 15 ans après ne jure que par SPACE 2063 et n'a pas su se trouver de nouvelles séries pour faire battre son cœur.

Je vais redoubler d'efforts. Je vais m'ouvrir à plus de pilotes encore. Je vais même regarder des trucs avec des dents pointues s'il le faut ! Mais non, aucune chance, je ne deviendrait pas une vieille téléphage élitiste.

C'est ma bonne résolution de la rentrée : titiller encore plus la curiosité des autres, et entretenir la mienne.

PS : des fois je me dis que je dramatise. Par exemple je suis encore capable de m'émerveiller devant Pushing Daisies, et puis je ne suis pas si élitiste si j'ai continué à regarder Drop Dead Diva... ouais, non, je suis pas encore complètement perdue pour la cause... Je devrais peut-être, sur ce dernier point, quand même.

Posté par ladyteruki à 22:12 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

16-07-09

2009, année stéréotypique

Depuis quelques jours, je cherchais un moment pour tranquillement regarder Drop Dead Diva, et, ne nous voilons pas la face, ma motivation principale était d'y trouver Margaret Cho.

Mais devant le pilote, l'évidence s'est imposée à moi : encore une série pleine de stéréotypes. Plus grave encore, j'ai réalisé que pour 90% des séries que je n'avais pas appréciées cette année, c'était l'abus de stéréotypes qui était à blâmer.
Cette frilosité s'explique sans doute par la grève des scénaristes, qui a laissé des séquelles. Et à mon avis, on va encore en chier quelques années, autant voir les choses en face. Mais même quand on comprend d'où ça vient, on n'en est pas moins frustré par le manque d'originalité qui en ressort. Le principe est donc, pour être sûr de s'en tenir à une prise de risques minimale, de prendre un stéréotype, et de s'y conformer ensuite au plus près, sans chercher à "casser" le moule. Mais surtout pas, malheureux ! Cela pourrait mettre en danger l'équilibre cosmique !
Ce mardi, avec freescully, nous avons testé 10 things I hate about you, et bien que les dialogues se soient montrés drôles, en revanche les situations et personnages étaient une fois de plus dans la caricature. C'est sérieusement fatigant, à force. Au moins, avec Glee, deux des personnages (le prof et le quaterback) tentent un peu de sortir de leur condition stéréotypée et de s'épaissir. Mais dans leur majorité, la plupart des personnages de ces derniers mois se conforment parfaitement à ce qu'on attend d'eux, ou plutôt, à ce que les scénaristes pensent que nous attendons d'eux.

Pour revenir à Drop Dead Diva, mon problème est le suivant : pourquoi mettre en opposition systématiquement la blonde jolie mais avec de l'eau entre les oreilles, et la brune XXL et intelligente mais complètement asociale ? L'une est superficielle, l'autre se contrefiche de son apparence, on passe d'un extrême à l'autre sans demi-mesure.
N'étant moi-même pas blonde (sauf en informatique), je me suis posé la question : est-ce que toutes les blondes seraient comme ça ? Sans doute que non, puisque toutes les brunes ne sont pas comme ça.

Pour ajouter du piquant à Drop Dead Diva, on aurait pu imaginer au contraire les personnages suivants : d'une part, la blonde bien foutue qui veut réssir dans le show business et qui s'y emploie avec ambition et intelligence (peut-être plutôt une sorte d'intelligence qu'on pourrait imaginer être basée sur le sens du contact et l'instinct), et d'autre part, une brune certes replette et compétente (mais éventuellement d'une intelligence plus scolaire et cartésienne), mais capable d'avoir une vie perso et la capacité de se vêtir dignement.
Mais là, non. Blonde = conne. Brune = négligée.
Je désespère.

C'est pire encore sitôt qu'on aborde le rapport à la nourriture : la blonde n'ingère rien passé une certaine heure, la brune est prise de fringales de chocolat à toute heure. Bravo pour le message envoyé à toutes les futures anorexiques et boulimiques de la planète ! Lifetime a beau être une chaîne de femmes, elle persiste à refuser obstinément d'être une chaîne féministe. Une fois de temps en temps, à doses homéopathiques, ça ne la tuerait pourtant pas.

Sur le reste, on ne fait guère plus défaut à la règle : la blonde a un petit ami beau et riche ainsi qu'une amie aussi bimbo qu'elle, la brune n'a que son assistante pour seule amie (Margaret Cho, dans un rôle très en-dessous de mes espérances). Les personnages qui les entourent se conforment eux aussi à leur stéréotypes sans broncher.
Du coup, une fois de plus, cette avalanche de clichés donne une pénible impression de déjà vu, d'autant plus persistante qu'en soi, le pitch n'a déjà rien de bien révolutionnaire. L'une va mourir et être réincarnée dans le corps de l'autre. Et évidemment, ce mélange va donner naissance à une créature hybride type "best of both worlds", avec intelligence et carrière florissante d'une part, et fascination pour le paraitre et âge mentale de 16 ans d'autre part. C'est idéal dans l'esprit des scénaristes, en tous cas.

Il faudra affronter bien des obstacles pour aller au bout de cet épisode : la mort d'un personnage principal (il aurait tout aussi bien été possible de réincarner également Jane dans le corps de la bimbo...), les habituels glapissements d'un ange (interprété par le fils de Scott Baio ?) qui veut qu'on ne dise rien à personne, ce qui n'a que peu de chances de se produire déjà sur 1h30 de téléfilm (où on a déjà vu ce pitch cent fois), alors sur toute une saison n'en parlons même pas, le copain de la bimbi qui va travailler dans la même boîte que Jane, et qui va lui être ravi sous ses yeux par une autre collègue. A ce stade, c'était même pas la peine de tourner de nouvelles scènes, il suffisait de faire un montage avec un tas de téléfilms et séries existants, le dernier élément ayant par exemple une curieuse ressemblance avec le pilote d'Ally McBeal.

Mais le courage que vous saurez réunir ne sera pas récompensé : le ton de l'épisode ne sauve pas les meubles et, en fait, il n'y a pas de ton propre à la série. Humour ? Strict minimum. Emotion ? On se borne à voir Jane fondre en larmes ou faire une crise d'hystérie à intervalles réguliers. C'est ni fait ni à faire. Un exemple tout bête : l'arrivée au "Paradis". Il aurait fallu creuser cet univers, lui apporter du cachet, en jouer, quoi, mince ! Mais rien du tout. Et tout va être comme ça : survolé, impersonnel... Stéréotypé ?
Une comédie peut très bien choisir de jouer sur la personnalité de ses personnages, ou sur le ton employé, ou sur la finesse des dialogues. Quand elle choisit de ne rien faire de tout ça, cela signifie qu'elle choisit de ne pas être drôle. Sauf que ce genre de choix s'assume également. Mais par son défilé de clichés, son survol des personnages, et son pitch impossible à prendre au sérieux, Drop Dead Diva s'interdit d'être une série dramatique.
Quand l'annonce de l'annulation tombera, je n'enverrai ni fleurs ni couronne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Drop Dead Diva de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:19 - Review vers le futur - Permalien [#]


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