ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

09-08-13

Got a secret, can you keep it ?

Vingt ans après la mystérieuse disparition de Fuyuha Onodera, ses cinq amis, Keiko Inoue, Kouji Higashihagi, Takako Kawano, Miya Akiyoshi et Yutaka Sabashima, commencent à recevoir des messages signés Fuyuha...
Si ce pitch vous en évoque un autre, mais que dans votre esprit, les noms sont plutôt à consonnance anglophone et les personnages encore adolescents, alors vous êtes comme moi : vous trouvez que Gekiryuu présente de sérieuses ressemblances avec Pretty Little Liars.

Allez, les exécutifs de la NHK peuvent nous le dire, à nous ! Ce ne serait pas la première fois qu'une série américaine trouverait le moyen d'être revue et corrigée par une série japonaise, l'Archipel ayant développé un art de l'appropriation téléphagique qui nous offre régulièrement de bonnes surprises (...et parfois non. Bon, on peut pas réussir un tel pari à tous les coups).

Gekiryuu
Mais tant qu'on en est à parler d'influences, alors, après visionnage du pilote, j'aurais plutôt tendance à dire que Gekiryuu me rappelle beaucoup Dousoukai, diffusée il y a un peu plus de trois ans. Hm, d'ailleurs j'arrive même plus à me souvenir de comment ça finit, faudrait que je me la refasse à l'occasion cette série... Dousoukai, pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les tags au bas de ce post (honte ! honte à vous !), racontait comment, à la faveur d'une réunion d'anciens élèves, un groupe d'adultes se remettait à remuer le passé, tout en s'interrogeant sur la disparition de deux des leurs le soir-même de la réunion d'anciens. Non vraiment, plus j'y réfléchis, plus je suis à peu près sûre de ne pas avoir vu la fin. Et c'est effectivement ce parfum de nostalgie amère qui embaume tout le pilote de Gekiryuu, avec cette même façon que les souvenirs avaient dans Dousoukai de paraître si tendres, faisant souffrir le présent par comparaison, à plus forte raison parce que le présent n'est pas bien follichon. Ca se trouve il n'y a même jamais eu de sous-titres pour les derniers épisodes et c'est pour ça que je me suis arrêtée... La vraie différence, c'est que le passé de Gekiryuu, bien qu'évoquant une adolescence insouciante qui forcément provoque quelques regrets à des adultes élimés par la vie, est aussi chargé de tristesse. Laissez-moi vérifier ? Ah bah non, ils ont été sous-titrés. J'ai aucune excuse pour le coup. Justement à cause de la disparition de Fuyuha que j'évoquais plus haut.

Cette disparition n'a rien à envier à celle d'Alison : alors que les sept adolescents étaient en excursion scolaire, et visitaient les bâtiments historiques de Kyoto, tous reprennent le bus à la fin de la journée. Et, alors que le bus passe dans un tunnel sans marquer le moindre arrêt... Fuyuha disparaît. Comme ça. Impossible de la trouver. A l'arrêt suivant, ses amis descendent, se mettent à sa recherche, mais rien à faire. Et Fuyuha a disparu pour toujours à partir de cet étrange instant.
...OR HAS SHE ? Car comme vous le savez maintenant, 20 années plus tard, voilà que ses cinq anciens camarades, vivant tous désormais à Tokyo, reçoivent des emails apparemment signés par elle, contenant en tout et pour tout un unique message : "te souviens-tu de moi ?".

Attendez une minute... hein !? Vous avez bien lu "sept adolescents" et "cinq camarades" ! Je sens que je vous ai perdus, là. Laissez-moi donc recompter : la disparue Fuyuha, ça fait 1, ensuite avec Keiko, Kouji, Takako, Miya et Yutaka, ça fait 6... où est donc le 7e larron ?

C'est le premier truc qui m'a chiffonnée dans ce pilote de Gekiryuu : personne ne commence par se dire "hey mais, lors de cette sortie, nous étions quatre filles et trois garçons, si on soustrait la disparue, ça fait trois filles et trois garçons... pourquoi seulement cinq d'entre nous semblent avoir reçu ce courrier flippant ?". Non, au lieu de ça, lorsqu'ils vont reprendre contact les uns avec les autres pour évoquer les curieux emails qu'ils ont reçu, et tenter de donner du sens à tout cela, les 5 amis vont se réunir dans un bar et se demander qui pourrait bien les connaître au point d'avoir leurs adresses mails ET EN MEME TEMPS être au courant de l'affaire Fuyuha, qui s'est quand même déroulée il y a 20 ans et dans une autre ville. Ok les gens, je veux pas avoir l'air de la ramener pour faire ma maligne, mais quelqu'un qui aurait connaissance de la disparition de votre amie et qui y penserait encore 20 ans après... je miserais sur le seul à ne pas sembler avoir reçu de mail dans la bande, non ? Bah apparemment non.
L'épisode va nous montrer des souvenirs de la funeste journée en question, mettre en exergue le fait que les amis sont à nouveau réunis pour la première fois depuis 20 ans... et personne ne va penser à dire "rho merde les gars, pas cool, on aurait pu inviter Jimmy à venir prendre un verre avec nous".
On voudrait nous préparer une grosse révélation pour dans quelques épisodes qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

Mais admettons. Disons que le Jimmy (...à mon avis il s'appelle pas Jimmy, c'est même assez certain, mais je suis pas sûre d'avoir retenu son nom, si jamais il a été prononcé dans l'épisode) n'a rien à voir avec tout ça, et que mon instinct me trompe. Mon instinct n'est pas infaillible. Mon instinct m'a fait regarder Last Resort, après tout, donc bon. Reste quand même qu'évoquer ce personnage pendant la réunion informelle d'anciens n'aurait pas été du luxe, ne serait-ce qu'en passant. Là ça fait un peu : "mon Dieu, c'est un évènement tragique qui a marqué l'une des périodes charnières de ma vie... mais j'ai totalement oublié l'existence de l'une des personnes avec qui j'ai vécu ce drame". Hin hin, c'est cela. Nan mais vraiment, à d'autres.

Gekiryuu_Bar"C'est comme s'il manquait quelque chose, mais quoi ?!"

Gekiryuu va en outre, et c'est le deuxième gros inconvénient de ce pilote, se montrer épouvantablement bavard. Oui, plus bavard encore que moi dans mes posts à rallonge, c'est vous dire !
La scénariste Noriko Yoshida (dont c'est la première série que je regarde) va ainsi nous introduire dans le contexte de Gekiryuu non pas avec une voix-off d'exposition, mais avec deux puis trois voix-off ! Plusieurs personnages vont ainsi, tour à tour, raconter leur point de vue sur la découverte de ces emails, ainsi que sur l'étrange concours de circonstance qui fait que certains d'entre eux vont se croiser juste avant de les avoir reçus. C'est fait avec la finesse d'un pachyderme dans un magasin de porcelaine, d'autant que la première narratrice va s'exprimer si longtemps, qu'on va être pris par surprise quand le second va prendre le relai. Puis, pas de voix-off pendant plusieurs minutes... et là pouf, un troisième personnage prend la parole. Pourquoi ? Nul ne sait. Qu'est-ce qui justifie que ceux-là aient droit au chapitre et pas les deux autres ? Aucune idée. On comprend vaguement, par une allusion (une seule), que ça a un rapport avec la façon dont ils se racontent les choses au moment de se retrouver, afin de reconstituer les pièces du puzzle, mais narrativement, c'est très maladroit et mal présenté, en tous cas.
Par-dessus le marché, les passages dépourvus de voix-off sont constitués de très longues conversations (ou de flashbacks) qui rendent le tout épouvantablement longuet et même, par moment, rédhibitoire.
Le passage où les 5 amis vont prendre un verre dans un bar afin de parler des emails est certainement le plus affligeant de tous sur ce point. Avec un soucis supplémentaire, car on dirait que tous se connaissent depuis toujours alors que la plupart ne s'étaient plus parlé depuis vingt ans il y a encore quelques jours en arrière. En-dehors de quelques poncifs, on ne ressent pas du tout l'aspect retrouvailles qui faisait la force d'une des séquences-clés du pilote de Dousoukai, pour reprendre ma comparaison.

Alors, que réussit Gekiryuu dans ce contexte un peu pénible ?
Eh bien, tout l'aspect jouant sur le temps qui a passé et la vie qui leur est passée dessus. "Pour ceux que nous étions à 15 ans, le futur était une route éloignée et longue. Nous pouvons tout faire, nous pouvons devenir qui nous voulons, pensions-nous", sera une pensée évoquée par Keiko alors qu'elle repense à ce fameux dernier jour d'insouciance à Kyoto. Aujourd'hui les choses sont évidemment différentes.
Ainsi, Keiko, qui travaille pour une maison d'édition, est en plein divorce, avec un mari qui l'a trompée, a quitté le domicile voilà six mois, mais qui fait traîner la procédure et repousse sans cesse la médiation qui conduirait à officialiser la séparation. Pire encore, la carrière de Keiko, qui est présentée dans ce premier épisode comme la seule chose de positive dans la vie de Keiko (voire la seule chose tout court !) va prendre un sérieux coup dans l'aile au cours de la première heure de la série.
De son côté, Miya, qui avait arrêté l'école très tôt, est devenue une chanteuse plutôt populaire, avant d'être prise dans une descente aux Enfers qui s'est soldée par une arrestation pour possession de drogue. Désormais vivotant tant bien que mal de sa célébrité passée, elle semble pourtant n'avoir jamais vraiment achevé sa crise d'adolescence et est en perpétuelle rébellion contre tout. On apprend également à demi-mots qu'elle a coupé les ponts avec sa mère.
Kouji a quant à lui l'air de tout maîtriser dans la vie, en dépit de son attitude un peu trop polie voire docile. Enquêteur dans la police, il est essentiellement là pour orienter l'intrigue et fournir du concret quant à certaines (mais sûrement pas toutes !) interrogations de ses camarades sur les fameux emails. Il n'est pas très développé et on en apprend peu sur lui, ce qui laisse à penser que le scénario va essentiellement s'en servir pour faire avancer l'intrigue, mais que sur un plan dramatique il sera assez inutile. C'est pas grave, je le trouve assez irritant.
Yutaka, dit "Saba", est différent. On en sait relativement peu sur lui si ce n'est qu'il travaille dans le secteur bancaire ; il annonce en début d'épisode avoir divorcé et aller à Kobe rendre visite à son fils, et ce sera tout sur sa vie privée jusqu'à la scène de fin de l'épisode. Mais sa présence un peu autoritaire et charismatique, ses interventions intelligentes bien que plutôt rares, donnent l'impression d'un personnage qui complet qui n'a pour l'instant pas dévoilé toute sa richesse, mais avec un grand potentiel. En tous cas, le potentiel de la scène de fin de l'épisode est également parlant sur les désillusions que Saba peut connaître à l'âge adulte.
Mais le personnage le plus intéressant à mon goût est sans conteste la douce Takako. Bourgeoise aux manières impeccables et à la petite fille parfaite, inscrite dans l'école privée parfaite, Takako cache un secret qui en cache lui-même un autre : son mari est au chômage... et pas spécialement pressé, semble-t-il, de se sortir de cette situation. Alors comment Takako gère-t-elle les finances de son foyer...? Je sais pas si je dois vous le dire, mais ça fait son petit effet et c'est fascinant de voir comment Takako s'est adaptée à ce nouvel ingrédient de sa vie. Cela fait d'elle celle qui a sûrement le plus à perdre si jamais cette histoire d'emails dérangeants venait à tourner au vingaigre (et ce serait étonnant que ça ne tourne pas au vinaigre), et cela fait également d'elle le personnage le plus complexe de la série, même si, hasard ou coïncidence, c'est sûrement celui qui est le plus en retrait dans la dynamique de groupe.

Clairement, la majorité de ces personnages n'a pas la vie d'adulte dont tous devisaient avec optimisme 20 ans plus tôt. Et comme souvent dans la société japonaise, le premier réflexe des uns et des autres est évidemment de garder ces réalités pour soi, plutôt que les partager avec les autres, quand bien même ils seraient des amis d'enfance.
C'est là que Gekiryuu fonctionne bien. Et nul doute que, si l'auteur de ces emails morbides s'y prend bien, ces old little liars devraient craindre pour leur vie déjà pas marrante, et voir les choses progressivement empirer si jamais quelqu'un (mais qui donc mais qui donc ?) souhaitait les tenir pour responsables de la disparition de Fuyuha.

Gekiryuu_Fuyuha

Espérons donc que cette disparition se bornera dans les épisodes suivants à servir de prétexte à la scénariste pour torturer un peu les 5 amis. Je suis sadique, mais j'assume ! Et je suivrai leur calvaire avec d'autant plus de plaisir que pour le moment, personne ne semble se perdre dans des histoires d'amour bourrées de clichés, ce qui décuple l'intérêt de Gekiryuu à mes yeux. Ah, attendez, je viens de me rappeler d'un truc qui expliquerait pourquoi j'ai arrêté Dousoukai !

Qui sait, peut-être même qu'à un moment ils vont se souvenir de ce pauvre Jimmy... que je soupçonne quand même sérieusement d'être assis dans une cave sordide et mal éclairée à envoyer des emails signés Fuyuha. Mais ça se trouve, j'ai tort. Et il n'y a qu'une façon d'en avoir le coeur net !

Posté par ladyteruki à 23:46 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-06-10

The dorama-off ~Spring Edition~

La saison printanière est sur la fin (ce qui signifie que, oui, un bilan de la saison est en préparation pour SeriesLive... On va s'amuser, le disque dur où je tenais le compte des audiences et même le modèle pour le logo m'a lâchée en cours de route...), et je me suis dit que j'allais organiser une petite compétition entre quelques pilotes, histoire de vous mettre l'eau à la bouche.

Cela dit, ne vous excitez pas. Il ne s'agit pas de vous poster le pilote de chaque série, mais plutôt de vous donner l'eau à la bouche avec un extrait issu dudit pilote. Au départ, je voulais vous proposer un extrait de chaque série que j'ai testée, mais soyons honnêtes : le pilote de Sunao ni Narenakute ne brille pas par ses scènes épatantes, et Shinzanmono ne brille même pas du tout. Ne me lancez pas sur Kaibutsu-kun ! Quand à Dousoukai, j'ai eu un problème de synchronisation qui, en dépit du sous-titrage, rend les choses très agaçantes à regarder.

Résultat : j'ai effectué une petite sélection, et retenu 4 extraits (dont 2 que vous connaissez déjà et qui m'ont semblé avoir leur place dans cette compétition), même s'ils ne sont pas représentatifs de la totalité de la saison printanière, notamment parce qu'on y trouve 3 séries coréennes et 1 série japonaise. Alors que franchement, le Japon n'a pas eu à rougir de sa production cette saison. Mais bon, déjà, si l'un d'entre eux vous donne l'eau à la bouche, ça me suffit...!

Mais comme je le disais, il s'agit d'une compétition. Il va donc vous falloir voter pour votre extrait préféré en commentaire !
Et quand je dis vous, je dis tout le monde, même les timides ! S'il n'y a que trois ou quatre votants, ça ne vaut pas le coup. Allez, tout le monde a un avis sur une video, quoi ! Vous aimez, vous n'aimez pas ; c'est pas compliqué. Il n'y a aucune excuse pour ne pas voter.

Voici donc les extraits sélectionnés pour cette compétition :

DoramaOff_Ameliekindofthing
DoramaOff_Pauvrepetitefilleriche
Mother
(le post sur le pilote / la fiche)
Geomsa Princess
(le post sur le pilote / la fiche)
DoramaOff_Train
DoramaOff_Loveinanelevator
Cinderella Unni
(le post sur le pilote / la fiche)
Kaeinui Chwihyang
(le post sur le pilote / la fiche)

Maintenant, à vos cagoules, vous n'avez plus qu'à voter : quel est l'extrait le plus convaincant de la saison ?

Posté par ladyteruki à 21:26 - Dorama Chick - Permalien [#]

01-05-10

Et dans un nuage, le cher visage de mon passé

Pour le moment, on peut dire que le printemps de 2010 est largement meilleur que l'hiver 2010 en matière de séries japonaises. Vous allez me dire : ya pas de mal. Certes. Mais concrètement j'étais plutôt contente de mes découvertes : Mother, impeccable (un deuxième épisode juste un peu plus classique, mais quand même réussi), Sunao ni Narenakute, prometteur (je me fais le 2e demain, on verra bien), et maintenant Dousoukai. Dans l'ordre décroissant, quand même.

Dousoukai commence par nous présenter sa protagonistes principale, Tomomi, et les temps assez difficiles qu'elle traverse : son mari est au chomdu, ses enfants... on a vu plus coopératifs, et elle a dû vendre la maison familiale dont on ne pouvait plus payer le prêt, pour s'installer dans une location bien plus petite. Tout cela est fort ordinaire et Tomomi est un peu l'épouse japonaise qui renforce tous les clichés sur le sujet, docile, n'ouvrant pas trop sa gueule et courbant l'échine sous la critique. Personnellement je ne pense pas que je sois censée m'identifier à elle vu ma tranche d'âge, ma situation personnelle et professionnelle, mais je comprends bien où les scénaristes veulent en venir.

Voilà donc notre Tomomi qui, pendant le déménagement, tombe par hasard sur quelques papiers qui trainaient par là et qui se souvient soudain que sa réunion d'anciens élèves est... eh bien, là, tout de suite, aujourd'hui. Et je voudrais qu'on s'arrête un moment sur cette information capitale : l'invitation trainait sur la cheminée ? Depuis combien de temps, au juste ? C'est-à-dire qu'elle n'a pas été méticuleusement rangée ? Est-ce à dire qu'en fait Tomomi n'est pas une si bonne épouse ? Moi je dis ça pose question.
D'ailleurs en se rendant à cette réunion d'anciens élèves sur un coup de tête, Tomomi se livre à un deuxième acte répréhensible (je ne vous gâcherai pas la surprise), et franchement on se demande si elle est si sage que ça, la Tomomi. Ouais, arrête de faire ta timide, je t'ai à l'œil.

La réunion se passe merveilleusement bien. On apprend que Tomomi était pompom girl (et sans doute Valedictorian tant qu'on y est), qu'elle avait plein d'amis et que deux garçons étaient amoureux d'elle à l'époque, même si aucun n'a réussi à se placer à ce moment-là. Il y avait d'une part Shinichi, et d'autre part Sousuke. Et pour Sousuke, elle en pinçait, et aujourd'hui devinez quoi, c'est un homme séduisant au possible qui exsude à la fois la masculinité et la zenitude. Alors forcément, Tomomi a des papillons dans le ventre, et essaye de ne pas trop penser à l'époux chômeur et râleur qui l'attend à la maison pendant la soirée. Elle retrouve aussi Youko, qui était sa meilleure amie à l'époque et était amoureuse en secret de Sousuke, et qui aujourd'hui est pétée de thunes et aime bien cancaner.

Après la réunion d'anciens élèves, ce petit monde et quelques autres se retrouvent dans un boui-boui tenu par l'un des anciens, boivent à qui mieux-mieux et s'en vont chacun de leur côté, se raccompagnant les uns les autres. Tomomi, évidemment, se retrouve à faire le chemin jusqu'au métro avec son Sousuke d'amuuur, Youko et Shinichi s'embrassent dans le taxi qu'ils partagent par dépit, et...

Et, ah, enfin. Enfin on sort des amourettes et des machins. Parce que déjà à 20 piges, je m'en tamponne le coquillard, alors à 45, je vais vous dire, je suis pas cliente du tout. C'est pas pour ça que j'avais signé.
Et donc, deux autres amis, Mariko et Kazuhiko, qui sont repartis dans la même direction, ont disparu de la surface de la Terre. Ils sont simplement injoignable. Tout le monde semble s'accorder à dire que c'est la réunion d'anciens élèves qui a ravivé une vieille flamme entre eux ; concrètement, nos 4 protagonistes principaux sont dans la même tourmente, les sentiments d'antan étant soudain ravivés, et avec eux le cortège de regrets, de rancœurs et de jalousies non exprimées à l'époque.

Mais évidemment, les choses ne peuvent pas être si simple. C'est même trop évident, car si Kazuhiko et Mariko laissent des messages indiquant qu'ils se sont enfuis ensemble par amour, abandonnant leurs familles respectives, on garde à l'esprit que d'une part, Kazuhiko est un haut fonctionnaire au Destin politique prometteur, et  d'autre part qu'il est insinué que son ministre de tutelle est au cœur d'un scandale qui pourrait bien lui exploser au visage. Tout cela semble un peu téléphoné.

Mais ça, le pilote ne l'explicite pas trop. On reste pour le moment en surface, en rappelant bien quels étaient les liens des 4 protagonistes principaux (parmi lesquels on compte mine de rien un enquêteur et un journaliste, là non plus ce ne peut être innocent), et on commence lentement à peler la vie de chacun pour voir ce qui se cache derrière les apparences de la réjouissante réunion d'anciens élèves.

Car si Tomomi a menti et dit qu'elle était heureuse, que son mari occupait un emploi normal et qu'elle avait deux adorables chérubins, sur quoi ont menti les autres ?
On s'aperçoit que Shinichi attend depuis plusieurs années que sa femme signe les papiers du divorce (et que ce n'est pas l'éthique qui l'étouffe puisqu'il couche avec une jolie présentatrice du journal télé pour avoir des scoops), que Sousuke a complètement délaissé sa femme et son fils au profit de son travail d'enquête, et que Youko, à la vie en apparence si parfaite, doit partager son toit avec la fille de la maîtresse de son mari.

Si Dousoukai manque un peu de rythme (et par un peu, je veux dire beaucoup) et s'attarde un peu trop à mon goût sur les histoires amoureuses, on sent que le thriller se met toutefois en place et qu'au cœur de cette affaire étrange, Tomomi va se révéler à elle-même, ou peut-être juste se révéler à nous, devenant la femme qu'elle a peut-être toujours été au fond d'elle mais qu'elle a fait taire.
En tous cas il y a moyen de faire quelque chose de ce personnage, même si Hitomi Kuroki (vue bien plus en beauté il y a quelques mois dans Real Clothes) n'en finit pas de minauder et hésiter et être choquée par tout et n'importe quoi, on se dit que la marge de progression laisse bon espoir pour ce personnage.

Finalement, Dousoukai parle à la fois de maintenir les apparences quand on n'est pas si heureux que ça (un thème commun avec Sunao ni Narenakute, finalement), et à la fois d'une double disparition qui promet de nous surprendre une fois ou deux, voire plus si on est en veine. Je n'arrive pas à me souvenir si Reunion proposait quelque chose de similaire, ou se cantonnait à raviver quelques vieilles histoires de cœur ? J'ai bien envie de revoir le pilote, tiens.
Ce n'est certes pas mon coup de cœur de la saison, mais enfin, franchement, c'est sans comparaison avec ce qu'on nous fourguait encore trois mois plus tôt.

Dousoukai

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais font des efforts : la fiche Dousoukai de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:54 - Dorama Chick - Permalien [#]

18-03-10

Ready ?

Ce que j'aime avec les Japonais, c'est que dés qu'on commence à se lasser de la saison, genre on a vu toutes les nouveautés (ou plutôt, correction : toutes les nouveautés qui nous intéressaient à peu près, et il suffit de remonter parmi les posts de Dorama Chick pour mesure l'ampleur des dégâts cet hiver... les seules vraiment critiques positives de la saison vont aux séries coréennes !), eh bah hop, arrive déjà une nouvelle saison, avec de nouveaux projets !

Alors me revoilà, moi aussi, avec mon petit récapitulatif des nouveautés à attendre ce printemps, sachant qu'évidemment, un bilan de la saison d'hiver (que je vais m'efforcer de rendre le moins amer possible, souhaitez-moi bonne chance) vous sera bientôt proposé sur SeriesLive.

'Zêtes prêts ? Allez, ne perdons pas de temps, yen a une tripotée.

- Chase (NHK)
L'histoire : le meilleur inspecteur des impôts du Japon s'oppose à un expert en évasion fiscale dans une lutte dont l'enjeu se monte à (excusez du peu) 600 milliards de yen.
Observations : alors ça c'est du pitch qui roxe du poney ! Si seulement ça ne me rappelait pas Tokujou Kabachi!!...
> A partir du samedi 17 Avril

- Dousoukai (TV Asahi)
L'histoire : quatre femmes de 45 ans aux parcours très différents se retrouvent à l'occasion d'une réunion d'anciens élèves.
Observations : chaque fois qu'une nouvelle série sur des femmes apparait, elles prennent 5 ans, c'est fou.
> Le jeudi à partir du mois d'Avril

- Gegege no Nyoubou (NHK)
L'histoire : le quotidien d'un couple dont le mari est mangaka, du point de vue de son épouse.
Observations : idée plaisante pour cette petite série matinale à destination de la fameuse ménagère.
> En semaine à partir du 29 Mars

- Joutei Kaoruko (TV Asahi)
L'histoire : une jeune femme qui n'a jamais connu sa mère suit les pas de celle-ci et devient elle aussi hôtesse dans un club de nuit.
Observations : nouveau créneau horaire pour les séries sur TV Asahi, par contre, le pitch en rappelle un autre, à raison puisque c'est inspiré d'un manga du même auteur que celui qui avait conduit à la création de Jouou sur TV Tokyo.
> Le dimanche à partir du mois d'Avril

- Kaibutsu-kun (NTV)
L'histoire : Kaibutsu doit devenir un jour le roi d'un royaume lointain ; à titre de formation, il est envoyé avec ses amis Dracula, Franken et Wolfman dans le monde des humains.
Observations : ça me fait penser à un sketch de SNL, ça... sans le cast de SNL.
> A partir du samedi 17 Avril

- Keibuho Yabe Kenzou (Fuji TV)
L'histoire : les enquêtes d'un chef de service de la police particulièrement antipathique.
Observations : apparemment, la poule au pot est aussi un plat national japonais.
> A partir du jeudi 22 Avril (voir la fiche SL)

- Keishichou Shissounin Sousaka (TV Asahi)
L'histoire : un détective dont la fille a disparu a quitté la police pour se spécialiser dans la recherche de personnes disparues.
Observations : si je ne connaissais pas mieux les Japonais, je croirais que c'est un vilain remake de FBI Portés Disparus. Mais ils n'oseraient pas, dites, hein ?
> Le vendredi à partir du mois d'Avril

- Mattsugu (NHK)
L'histoire : une nouvelle série historique pour la NHK.
Observations : comme toutes les séries historiques du dimanche sur la NHK, à plus forte raison avec un acteur/chanteur populaire, on va parler des excellentes audiences nippones mais éviter soigneusement de regarder en Occident.
> Le dimanche à partir du mois d'Avril

- Mother (NTV)
L'histoire : une jeune femme devenue institutrice après avoir longtemps été soutien de famille se prend d'affection pour une petite fille brutalisée par son beau-père.
Observations : hyper casse-gueule. Ça peut être soit très niais, soit très poignant. Plus probablement un peu des deux.
> A partir du mercredi 14 Avril

- Omiyasan (TV Asahi)
L'histoire : un policier résout des affaires comme personne.
Observations : ah, tiens, ya encore du poulet. Septième saison, quand même...
> Le jeudi à partir du mois d'Avril (voir la fiche SL)

- Pandora (WOWOW)
L'histoire : une scientifique met au point un maïs à la croissance rapide, pouvant limiter une crise alimentaire internationale... mais derrière toute invention providentielle peut se cacher une calamité.
Observations : la saison 1 est sur ma liste des choses à dévorer voracement, mais j'ai pas encore eu le temps. Je vais un peu me botter les fesses, du coup.
> A partir du lundi 6 avril (voir la fiche SL)

- Pro Golfer Hana (NTV)
L'histoire : une jeune femme devient une golfeuse professionnelle du jour au lendemain.
Observations : c'est vrai ça, le golf, c'était du jamais vu dans les séries sportives. Euh... Japonaises, je veux dire.
> A partir du jeudi 8 Avril

- Rikon Doukyo (NHK)

L'histoire : un couple qui vient de divorcer recommence à vivre ensemble.
Observations : c'est dommage que cette histoire de divorce soit apparemment amenée à n'être qu'un prétexte, ç'aurait été une idée intéressante aussi de vivre ce divorce de l'intérieur. Évidemment, c'était pas le même ton.
> A partir du mardi 11 Mai

- Rinjou (TV Asahi)

L'histoire : un flic qui a la particularité de... ouais bon bah, un flic, quoi.
Observations : la saison 2 parviendra-t-elle à faire d'aussi bonnes audiences que la saison 1 ? 'Tain ya même pu de suspense...
> A partir du mercredi 7 Avril (voir la fiche SL)

- Shinzanmono (TBS)
L'histoire : après un meurtre dans un quartier de Tokyo, la liste des suspects semble aussi longue que la liste des résidents du quartier... un expert en psychologie tente de démêler les fils de cette enquête.
Observations : ya moyen d'en faire quelque chose de bien, pour changer. Enfin, non, pas pour changer, mais c'est jouable.
> A partir du dimanche 18 Avril

- Shoufu to Shukujo (TBS)
L'histoire : dans les années 30, une femme pauvre découvre qu'elle est le portrait craché d'une femme riche ; lorsque cette dernière décède, elle prend sa place.
Observations : vu qu'il s'agira d'une série diffusée l'après-midi en quotidienne, je n'en attends pas grand'chose...
> En semaine à partir du 5 Avril

- Sunao ni Narenakute (Fuji TV)
L'histoire : cinq jeunes gens se rencontrent via Twitter et se lient d'une amitié véritable.
Observations : moi j'me méfie toujours quand le pitch d'une série ressemble un peu trop à celui d'une autre que j'ai aimée (ici, Last Friends). Surtout quand le cast aussi présente de curieuses similitudes.
> A partir du jeudi 22 Avril (voir la fiche SL)

- Team Batista no Eikou (Fuji TV)

L'histoire : retour de la Team Batista pour une saison 2 qui, d'après ce que je comprends, va plutôt s'intéresser aux enquêteurs médicaux qu'aux éventuels problèmes de la Team Batista elle-même.
Observations : j'ai eu du mal rien qu'avec le pilote, c'est pas pour me taper la saison 2.
> A partir du lundi 6 Avril (voir la fiche SL)

- TROUBLEMAN (TV Tokyo)
L'histoire : un jeune homme se trouve empêtré en permanence dans les problèmes de son entourage
Observations : de la petite comédie apparemment pas bien méchante, dans une case horaire où le niveau intellectuel n'a jamais volé bien haut
> A partir du vendredi 9 Avril

- Tumbling (TBS)
L'histoire : un jeune voyou se trouve embarqué dans la quête du club de GRS de son lycée qui cherche à parvenir à exister au milieu de tous les clubs sportifs plus prestigieux.
Observations : oh bah dis donc, ça c'est intéressant alors, un voyou qui fait de la gym ! Ne manquez pas, pendant la prochaine saison, le boucher qui fait du trapèze, et l'automne prochain, le toiletteur pour chiens qui fait du roller. Pis attendez, vous avez pas vu la photo de promo.
> A partir du samedi 17 Avril

- Yankee-kun to Megane-chan (TBS)
L'histoire : le pire cancre de la classe et la déléguée émérite découvrent qu'ils ont plus en commun qu'ils ne l'imaginaient
Observations : j'ai du mal à comprendre s'il va s'agir d'une bête comédie adolescente ou de... ah non, en fait, je vois que ça comme possibilité.
> A partir du vendredi 23 Avril

- Youkame no Semi (NHK)
L'histoire : une femme qui entretient une relation avec un homme mariée est contrainte à avorter, mais l'épouse légitime tombe enceinte. La maîtresse finit par enlever l'enfant.
Observations : c'est avec une série inspirée de 75% des téléfilms de Lifetime que NHK espère faire de l'audience ?!
> A partir du mardi 30 Mars

- Zettai Reido (Fuji TV)

L'histoire : une jeune femme flic fait ses débuts dans la police et entre en fonctions au sein de la toute nouvellement formé, où on résout des affaires anciennes.
Observations : si même la chaîne avoue que c'est inspiré de Cold Case, moi j'ai rien à y redire. En plus, Aya Ueto mange vachement plus que Kathryn Morris. Bon disons, un petit peu plus, en tous cas.
> A partir du lundi 10 Mai (voir la fiche SL)

Il y a aussi le projet de série avec Takuya Kimura, qui n'a pas encore de nom, donc bon...

Allez, pour le "plaisir des yeux", voici la photo de promo pour Tumbling, parce qu'un bon rire vaut un bon bifteck, et vous avez vu le prix de la viande de boucherie de nos jours ?

Tumbling

Comme vous dites.

Bon alors, je sais, je sais. Là comme ça, j'ai pas l'air très positive. Il faut dire que la saison hivernale n'a pas été réjouissante, et que bon, les policiers, je sature. Mais il peut se cacher une ou deux bonnes surprises dans le lot, et je place notamment quelques espoirs dans Chase et Mother, dans deux registres différents naturellement.

En tous cas, je trouve qu'à deux semaines du mois d'Avril, peu de séries ont déjà des dates de lancement, et les sites officiels sont particulièrement peu riches en informations (quand ils existent ; mais forcément, si les mecs n'ont même pas encore choisi un nom pour la série avec KimuTaku...). J'ai voulu commencer quelques fiches pour SeriesLive et, comme vous le voyez, c'est pas Byzance, alors que  c'était plutôt les proportions inverses pour la saison hivernale.

Bon alors, nonobstant : et vous, qu'est-ce qui vous parle dans tout ça ? En essayant de ne pas vous laisser influencer par mon ton un tant soit peu moqueur...?

Posté par ladyteruki à 12:46 - Dorama Chick - Permalien [#]


  1