ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-08-13

Offset

Délaissant les murs de la prison fédérale de Litchfield, je vous embarque ce soir dans un voyage en Irlande, histoire de se dégourdir un peu les jambes téléphagiquement. J'ai en effet réalisé hier, à la faveur d'un concours de circonstances (on m'a demandé hier de recommander des séries entre autres irlandaises), que j'ai plein de pilotes de séries irish que je n'ai soit pas regardé, soit pas reviewés dans ces colonnes.

J'ai tiré au sort, et résultat, c'est Scúp qui est sorti. Parfois, c'est aussi simple que ça. Et puis on est lundi, hein : on ne va pas faire dans la complication aujourd'hui, surtout après le gros dossier de vendredi. En route !

Scup-logo

Scúp, qui comme vous l'aurez compris, signifie "scoop" (voilà, vous parlez irlandais, félicitations), est une petite dramédie en irlandais, diffusée plus tôt cette année à la fois par BBC Northern Ireland et la chaîne locale TG4. On la doit à Colin Bateman, également créateur de Murphy's Law avec James Nesbitt, et elle a été conçue pour durer 8 épisodes.

Les présentations étant faites, voilà de quoi nous parle Scúp : tout commence à la rédaction d'un journal de Belfast alors que son rédacteur en chef, que je serais bien incapable de vous dépeindre et vous allez vite voir pourquoi, meurt sur son fauteuil en s'étouffant avec une barre au chocolat, au moment-même où l'une de ses journalistes fait irruption dans son bureau pour exiger d'être payée.
Inutile de dire que l'ambiance n'est pas à la fête... pour de multiples raisons ! Les obsèques se tiennent à l'Irlandaise, c'est-à-dire dans un pub (ceux qui ont vu Love/Hate savent de quoi je parle), où la petite équipe de la rédaction se mêle aux quelques proches du leur ancien rédac'chef. Diarmuid, le propriétaire du journal, tombe alors par inadvertance sur Rob Cullan, un ancien collaborateur du défunt venu rendre ses derniers hommages une mousse à la main. Rob se présente comme travaillant au Guardian, et attention, pas n'importe quel Guardian : celui de Londres, excusez du peu ! Il n'en faut pas plus pour convaincre Diarmuid d'essayer d'embaucher Rob, ne serait-ce que pour une journée, afin d'évaluer ce qu'il peut faire du journal. Celui-ci est en effet un énorme trou dans ses finances, ce qui n'était pas tellement un problème quand les autres activités de Diarmuid se portaient bien, mais ce qui est devenu une véritable galère à présent. Ce qui explique qu'il ne paie même plus ses journalistes ! Rob finit par accepter un chèque gros et gras pour UNE journée au sein du journal, et essayer de voir ce qui peut être sauvé.

Ce journal, c'est le "An Nuacht", entièrement rédigé en irlandais, et où l'équipe est pour le moins resserrée : il y a Cormac, le plus vieux rédacteur du papier qui n'a plus rien à prouver ; Janine, qui gère les annonceurs ; Alix, la jeune passionnée qui fonce toujours tête baissée, et Michael, un jeune stagiaire qui fait ses premières armes à la rédaction avant d'entamer ses études de journalisme.
Craignant au départ de perdre leur job pourtant assez peu rémunérateur, l'équipe va pourtant vite se rendre à l'évidence : Rob n'a aucune intention de virer qui que ce soit.

Car Scúp raconte non seulement les histoires de ses personnages, mais aussi les évènements qui font la une du journal. Et en effet, au début de l'épisode (oui, bon, je vous ai menti sur la façon dont commence en fait le pilote, n'en faisons pas toute une affaire), un braquage a lieu chez un petit marchand de journaux. En soi, rien d'impressionnant : il s'agit d'un petit casse minable dont les deux coupables ne tirent qu'un peu de monnaie, que de surcroît ils font tomber sur le trottoir au moment de s'enfuir. Mais dans la panique, l'un des deux braqueurs a retiré son masque suffisamment longtemps pour être pris en photo par Sean, un jeune ado qui passait par là.
Voilà donc Sean qui vient frapper à la porte du An Nuacht pour vendre sa photo à un bon prix ; pas de chance, il ignore que les comptes sont dans le rouge et qu'il n'obtiendra pas un sou. A la place de ça, il tombe sur Rob, qui tente de le convaincre de lui laisser sa photo... pour rien ! Au nom de son devoir de citoyen envers les habitants de la ville. Et c'est alors qu'à la surprise tant du spectateur que d'Alix qui assiste à la scène, on découvre que Rob est en fait un grand idéaliste !

...Ce qu'on découvre ensuite sur Rob va également surprendre, et surtout, l'inciter à ne pas retourner à Londres trop vite. Je vous donne juste trois mots en guise d'indices : Guardian, écoutes, et téléphoniques. Notre Rob va donc décider de rester à Belfast et aider Diarmuid à remettre sur pied l'un des rares journaux en irlandais de la ville, même si on ne peut pas dire que ce soit particulièrement lucratif. Mais il a la passion, et une équipe certes pas forcément très épatante, mais fidèle à son journal. On ne doute pas vraiment que les choses vont à la fois mal et bien se passer.

Si je me suis permis de vous raconter 90% du pilote, c'est que, soyons honnêtes, il y a assez peu de chances pour que vous fassiez l'effort de regarder Scúp, et voici pourquoi : la dramédie est l'inverse d'une découverte palpitante. Oh, je ne dis pas : on s'attache un peu aux personnages, gentillement disons ; et puis l'épisode se laisse suivre. Certes.
Simplement il y a deux handicaps majeurs.
D'abord, ses personnages sont introduits très sommairement ; la révélation très tardive sur Rob Cullan tombe comme un cheveu sur la soupe parce que, sincèrement, aucun personnage n'est fouillé pendant 20 de minutes (sur un épisode qui en dure 25). Il ne nous est pas vraiment utile, arrivés vers la fin de l'épisode, de connaître le background du journaliste pour comprendre qu'il va rester (son discours passionné à Sean a largement suffit pour l'impliquer dans la vie de Belfast et de sa gazette).
Ensuite, parce que si je n'avais pas su que Scúp datait de 2013, j'aurais juré qu'elle datait d'il y a au moins 10 ans. Le rythme est assez mou, le montage et les dialogues n'ont pas plus d'énergie, et très franchement, c'est aussi gris qu'un épisode de Derrick un après-midi pluvieux.

Pour autant qu'on s'intéresse aux questionnements des journalistes du An Nuacht dans le pilote, qu'il s'agisse de leur angoisse quant au sort du journal, ou du dilemme posé par la photo que leur propose Sean (...le coupable pris en photo est en effet le fils de l'un des hommes les plus puissants et les moins aimables de Belfast), il est assez difficile de tenir les yeux ouverts et de vraiment s'investir dans ce visionnage.
Pourtant, vous l'avez sûrement remarqué, Scúp s'intéresse finalement à plein de sujets qui vaudraient le coup d'oeil en temps normal, en tous cas de la part du téléphage curieux : outre l'évocation du scandale du Guardian, qui est une plutôt bonne démonstration de l'habileté d'une série à s'inscrire dans l'actualité sans pour autant en tirer toute son intrigue, l'épisode pose des questions intéressantes sur la survie d'un journal dans une langue régionale (les personnages insistent de façon répétée sur le fait que le journal est l'un des rares en irlandais), la survie de n'importe quel journal dans un contexte de crise, ou encore, sur l'indépendance d'un journal vis-à-vis des puissants, même à un échelon local. Mais dans la façon de faire, ce premier épisode n'est pas très électrisant dans le ton qu'il emploie pour aborder tout cela.
D'ailleurs, l'une des fautes de goût de Scúp est de vouloir prendre pour héros Rob Cullan, alors que celui-ci est interprété de façon à être parfaitement anodin. Rob est un homme sans trait particulier, si ce n'est que de temps à autres, il s'anime par passion pour son métier ; si on le sentait passionné à longueur d'épisode, les choses seraient peut-être différentes, mais ce n'est pas le cas. Et ce héros tellement ordinaire, presque anonyme par sa façon de traverser la plupart des scènes quasiment sans qu'on l'y remarque, n'incite pas à se lancer dans une série, quand bien même elle devait ne durer que 8 épisodes.

Reste que ceux qui, parmi vous, tenteront Scúp, n'auront pas totalement perdu leur temps : il est assez rare de tomber sur une série irlandaise en irlandais, et assez rare, de surcroît, de tomber sur une dramédie sur le journalisme ne tombant pas dans des excès à la Dirt.
Mais il manque clairement une étincelle de vie à ce premier épisode, et c'est finalement le pire des torts.

Note : une dernière anecdote pour la route. Scúp a été écrite par Colin Bateman en anglais, puis traduite en irlandais pour TG4, chaîne publique dont les programmes sont toujours dans cette langue. Le texte original anglais de Bateman a été utilisé pour les sous-titres. Ce qui signifie, si on y pense, que les spectateurs ont entendu les textes adaptés, quand les lecteurs des sous-titres ont eu la version originale ! Quelle drôle d'idée, quand même, plutôt que de prendre un scénariste capable d'écrire directement en irlandais...

Posté par ladyteruki à 23:06 - Review vers le futur - Permalien [#]

23-06-13

Problem solved

Tout-à-fait entre vous et moi, alors que se conclut ce deuxième #pilotmarathon, je vais vous faire une confession : je dévore des pilotes pendant des journées comme celle-là dans l'espoir d'avoir un coup de coeur. Hélas, cent fois hélas, on ne peut pas tous les jours tomber sur des pilotes comme celui d'Orphan Black. Même pas tous les quinze jours. Est-ce mon choix de séries qui a posé problème aujourd'hui, ou tout simplement mes attentes qui étaient trop élevées ? Dans tous les cas, ce nouveau #pilotmarathon n'a pas exactement apporté l'extase. Ray Donovan a été la dernière série de cette nouvelle journée de découvertes, ce qui signifie que le poids des attentes pèse lourd sur ses épaules...

RayDonovan

Peut-être qu'il y a eu maldonne. Quand j'ai entendu pour la première fois parler de Ray Donovan, j'avoue avoir cru qu'il s'agissait d'une dramédie ; et je me suis dit : wow, entre House of Lies et Ray Donovan, Showtime sait vraiment me gâter !

Mais une fois devant Ray Donovan, la dure réalité m'a frappée aussi violemment qu'une batte de baseball : Ray Donovan n'est pas du tout marrante. J'adorerais voir le quotidien d'un mec qui doit réparer les conneries des autres, mais sur un ton largement plus léger ; j'ai passé la première partie du pilote à essayer de me rappeler s'il n'y avait pas déjà une série qui faisait ça, mais rien à faire, impossible de mettre le doigt dessus (ça m'étonne, donc n'hésitez pas à me corriger en commentaires). Le début du pilote de Ray Donovan accomplissait parfaitement cette mission, avec ce qu'il fallait de cynisme comme je l'aime, et un peu de sordide pour faire bonne mesure (après tout, on n'est jamais vraiment cynique que devant une bonne dose de sordide). Le rythme était bon, il y avait des personnages hauts en couleurs et des petits arrangements avec la vérité qui me mettaient en liesse... Ce qui me plaisait dans Ray Donovan n'était pas forcément très brillant, mais les ratages de ces personnages qu'il faut récupérer, les excès des puissants de Hollywood, cette impression de faire les poubelles des riches et d'être les seuls à en connaître le dégoûtant contenu qui dévoile le vrai visage de ceux qui d'ordinaire nous montrent une perfection de façade... c'est le genre de choses qui m'intéresse, qui m'a toujours intéressée. Dirt n'a jamais réussi à me captiver, mais le thème était là, prêt à être convenablement exploité, il suffisait d'y mettre les formes.

C'est à mi-chemin que le pilote de Ray Donovan a tout d'un coup réalisé qu'il allait durer une heure, et qu'il ne tiendrait jamais à ce rythme. Et là, virage à 180° : tout d'un coup, l'épisode tourne au tragique. Ce qui est précisément la meilleure façon pour moi, qui étais dans ma lancée cynique, de ne pas du tout prendre les choses au sérieux. On aurait dit... écoutez, je sais pas, du Magic City peut-être ? Encore plus nonchalant et dépressif, à vrai dire.
Non que les intrigues personnelles, extrêmement graves (un personnage secondaire Parkinsonien, un autre violé par un prêtre, une soeur qui s'est suicidée à l'adolescence...), soient le problème ; c'est plutôt leur traitement dénué de tout recul ou second degré qui m'ennuie, après le démarrage de l'épisode. La différence de ton est trop grande, c'est limite un choc anaphylactique à ce stade.
Très vite, les screw-ups qui occupaient le début de l'épisode le désertent, laissant notre héros seul avec ses démons, sa femme et sa famille dysfonctionnelle. Il aurait sûrement fallu mieux équilibrer ces deux univers, plutôt que leur réserver une moitié d'épisodes chacun.

Mais le plus intrigant dans tout ça, c'est que même si la fin du pilote m'a laissée un peu les yeux ronds, avec l'impression de ne pas trop être certaine de ce que je venais de voir, plus j'y réfléchis, plus je pense que Ray Donovan a réussi quelque chose avec ce pilote.
Ce premier épisode promet l'imprévisible. Si le ton-même de la série n'est jamais garanti d'un morceau d'épisode à l'autre, si deux scènes différentes peuvent être radicalement opposées au niveau de l'ambiance, si la série s'autorise de traiter la vie de son personnage en passant de la dramédie cynique au drame le plus sombre possible, alors Ray Donovan vient de me garantir ce que peu de séries savent vraiment procurer : le frisson de ne pas du tout savoir dans quoi on met les pieds. Je n'ai aucune moyen de dire si j'ai aimé cet épisode inaugural, ou plutôt, j'en ai adoré certains passages, et ai été circonspecte devant d'autres ; de la même façon, j'espère n'avoir aucun moyen, au terme de ce pilote, de prédire si la série me plaira ou non. Ca semble un challenge intéressant. J'avais besoin que le #pilotmarathon m'apporte une série qui me rive à mon siège ?

Ray Donovan, you had my curiosity. But now you have my attention.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:42 - Review vers le futur - Permalien [#]

25-06-07

Mais où vont-ils chercher tout ça ?

Dans 99% des cas, sur Google. Et comble de malchance, ils tombent ici. Qui ? Les CAS ! Parmi les dernières recherches menant à ce blog, voici de nouvelles perles :

- Au rayon camisole :
"Avant, je n'avais pas peur du téléphone"
De mon côté je commence à m'inquiéter au contraire... Et dire que j'arrive en tête des résultats avec cette recherche, ça fout les jetons.
"m'est ta cagoule"
Le plus beau c'est que cagoule, mot finalement peu usité une fois qu'on a réussi à perdre la 20e dans la cour de récré et que les parents déclarent forfait, est parfaitement orthographié.
"mate moi"
Masochiste patenté ou exhibitionniste décomplexé ? Je pensais bien que la Play >> mate allait m'apporter des voyeurs mais là j'en reste tout de même sans voix.

- Au rayon téléphagie boîteuse :
"raven simoné 2007"
Ya récidive... J'aimerais bien que le visiteur qui a fait cette recherche de multiples fois ces derniers mois (et a atterri ici de façon répétitive) m'explique le sens de l'année dans cette requête ! Raven Simoné est-elle condamnée et je ne le sais pas ? Ses jours sont-ils en danger ? Me laissez pas comme ça dans l'ignorance !!!
"Sur quoi Berger plaque Carrie dans Sex and the City ?"
Question posée avec des points d'interrogation, et sans. Je réponds, à l'aise : sur un post-it. M'enfin !
"série (les anges du bonheur) poster"
Je le savais que ça se retournerait contre moi, ce post, tôt ou tard.

- Au rayon cagoulage :
Ces derniers temps, le Top Cagoule de ce blog englobe, dans l'ordre décroissant de fréquence : South of Nowhere, Hannah Montana, Sex & the City, Dirt et Zoey.

- Au rayon chouchou :
L'un de mes visiteurs recherche le DVD de Rude Awakening désespérément. On est deux, c'est un début ! Viens que je t'embrasse !

J'en profite en guise de bonus pour attribuer une récompense bien méritée :

CookieShopgirl

Chose promise, chose due !

Posté par ladyteruki à 09:13 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

25-03-07

Super naturel

Où est passée cette sacrée fichue recommandation du CSA demandant aux chaînes de télé de franciser le nom de ses séries étrangères ? Il y a deux ans environ, on ne parlait plus que de ça. Tout le monde frissonnait à l'idée d'un "Perdus", d'un "L'anatomie de Grey" (les Espagnols, par exemple, n'y ont pas coupé) ou d'un "Ménagères désespérées". Et on se disait tous "putain, ce truc, c'est vraiment débile, ils nous font chier avec des conneries alors que pendant ce temps certaines diffusions sont toujours aussi calamiteuses". Oui on était très vulgaires, mais il faut dire qu'on était fâchés.

Vous vous rendez compte ? D'après ce qui se disait à ce moment-là, seuls les noms propres et noms de lieux ne seraient pas touchés par la francisation des titres de séries. On était à deux doigts de subir l'affront fait aux séries d'animation japonaise. Certains d'entre nous en étaient déjà à imaginer des prénoms de personnages francisés également. C'était la panique.

Et puis en fait, en ce moment, je n'en finis pas de me laisser encore surprendre par la programmation en France de Desperate Housewives (dont la seule prononciation est l'une des rares justifications de la francisation des noms de séries), LOST (sous-titré Les Disparus mais personne ne l'appelle jamais comme ça, évidemment), Grey's Anatomy, Commander in Chief ou encore Supernatural, plus près de nous. Il me plaît à penser que ça énervait les chaînes autant que nous.

Il faut dire qu'à l'heure où les séries sont célèbres avant même d'arriver sur notre territoire national, sous des appellations anglophones faisant 15 fois le tour du net avant que les chaînes ne pensent à leur prêter attention, il est un bien meilleur calcul de préserver cette appellation d'origine (et trajectoire) contrôlée plutôt que de la rebaptiser et recommencer la promo à zéro.

Mais alors, quid de ladite recommandation ? A-t-elle été mise à la corbeille par le CSA ? Nenni, elle est toujours , mes amis, là et bien là, les chaînes télé doivent franciser leurs noms de programmes... mais l'alinéa IV de la chose nous explique simplement que "trois dérogations sont toutefois prévues par la loi : les titres d'émissions dont ces sociétés ont acquis les droits de diffusion et dont la conception leur échappe ; les titres constitués d'un terme étranger dont il n'existe aucun équivalent en français ; les titres qui ont été déposés à titre de marque avant le 7 août 1994". Concrètement. Ouais, donc en fait, on fait ce qu'on veut niveau séries. Et donc tout le monde a tremblé pour rien, TF1 a sous-titré le titre de LOST pour le plaisir ou quasiment, etc...

Mais en y réfléchissant, pourquoi sommes-nous si accrochés à ces titres, pour la plupart d'entre nous ? Qu'une chaîne tente de préserver le travail de communication déjà effectué outre-Atlantique (et ailleurs) autour de cette série, ça se comprend, mais quelles sont nos raisons, à nous téléphages, pour espérer que les titres seront traduits seulement si des vies doivent en dépendre ?

Est-ce parce que sur les sites, les forums et les blogs, nous parlons actuellement de Dirt, The Riches et autres Ugly Betty (et non pas d'Ordure, Les Richards et Betty la Laideron) et que nous n'avons pas envie de changer nos habitudes ? Ca se tient.
Est-ce parce que nous nous voulons puristes en appelant une série par son nom original ? Après tout, pourquoi traiter les séries différemment, par exemple, d'une "oeuvre" musicale ? Personne ne songerait à appeler la chanson de Nelly Furtado "Mangeuse d'homme", ni parler du premier album des ridicules Tokyo Hotel en le nommant "Crie (aussi fort que tu peux)". Ca se tient.
Est-ce par sentimentalisme, parce que nous nous sommes appropriés la série (et son univers) sous ce nom ? Ca se tient.

Par curiosité, pour la beauté de l'étude scientifique rigoureuse pourrait-on dire, j'ai fait une enquête sur 1 téléphage, et je me suis sondée pour savoir comment j'appelais les séries que je regarde. Et je penche pour la 3e possibilité (bien que je persiste à penser que les deux premières sont toutes aussi valables) :
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion française, je l'appelle par son titre local (ex : New York Unité Spéciale, Les Experts...). Même en apprenant rapidement le nom original, je ne change pas mes habitudes.
- exception à la règle ci-dessus : lorsque vraiment j'ai développé un certain niveau d'addiction et/ou d'affection (ex : Fran pour Une Nounou d'Enfer, Corky pour Corky, un enfant pas comme les autres
...).
- lorsque je découvre une série lors de sa diffusion américaine, je l'appelle par son titre original (ex : bah, il suffit de voir ce blog !). Même lorsque je finis par regarder la série en France (car il est rare que je m'en empêche) je ne m'adapte pas au nom choisi par la chaîne en France.
C'est ainsi que je finis par mélanger les titres originaux aux titres adoptés par le diffuseur français dans mes posts divers et variés, comme l'un d'entre vous ne s'est pas gêné pour me le faire remarquer. Comme vous, non ?

Les chaînes françaises (qui décidement sont meilleures en marketing qu'en diffusion) l'ont bien compris et ne suivent donc pas la directive, ou alors seulement si vraiment, elles ont un peu trop châtouillé le CSA ce mois-ci et que ce n'est pas le moment de s'attirer un blâme pour une connerie pareille, ma foi, si ça peut aider à faire passer les écarts sur d'autres sujets, on peut bien sacrifier un titre de série à l'occasion.

Du coup, même quand ce serait super facile de franciser un titre, on ne s'en donne plus la peine. Inutile de dire que la directive, le CSA peut s'en faire un sandwich et se la manger.

Où j'essaye d'en venir ?
Nulle part. C'était juste une petite réflexion, comme ça, le dimanche soir. Faut dire qu'il n'y a rien d'intéressant, côté séries, à cette heure-ci.

Posté par ladyteruki à 20:12 - Point Unpleasant - Permalien [#]

20-01-07

Ré-incarnation ?

C'est en regardant l'un de mes épisodes de Hollywood Off Ramp (une assez sympathique, quoique peu originale dans le traitement, anthologie qui en quelque sorte transpose Au-delà du réel dans l'univers de Hollywood) que j'ai repensé à ces acteurs télé qui tentent d'avoir une seconde vie.

Dans l'épisode en question (In her footsteps), la jeune assistante d'une actrice vétérante surprenait sa patronne, qui faisait appel au vaudou (ou assimilé) pour être investie de l'esprit d'une grande actrice ayant ses empreintes sur Hollywood Boulevard, et ainsi reproduire son jeu. Naturellement la jeune assistante, qui rêve d'être une vraie actrice, a tôt fait de reproduire l'incantation, elle décroche effectivement un rôle mais son jeu étant trop copié sur celui de l'actrice qu'elle a invoquée, son réalisateur lui demande de nuancer son jeu. Elle tente donc d'invoquer plusieurs autres actrices... mais la tentative échoue car les âmes des actrices sont offusquées d'être invoquées en même temps (quel ego !!!).

D'une certaine façon, cette façon pour l'actrice vétérante de toujours avoir le même jeu (logique, puisque contrairement à la jeune assistante, elle n'a en a pas appelé à plusieurs actrices mais toujours à la même) m'a fiat me questionner sur ces acteurs de série télé qui, ayant un rôle marquant derrière eux, s'essayent à la reconversion.

Prenez David Boreanaz. Dans Bones (ne regardez pas pour autant ou je vous désavoue !), il joue... eh bien, soit il joue toujours Angel, soit il n'a jamais joué que David Boreanaz ! Voilà quelqu'un pour qui j'ai beau froncer les sourcils, ouvrir grand les yeux ou tenter d'enlever mes lunettes, je vois toujours la même personne. Mon homme prétend qu'il aurait dû se couper les cheveux différemment ou les teindre. Je prétends qu'il aurait dû prendre des cours de comédie.

A contrario, des acteurs comme Michael C. Hall (qui dans Dexter nous fait tout oublier de sa personnalité de Six Feet Under) ou Courtney Cox (avec Dirt, plus de 10 ans la séparent des débuts de Friends, mais son jeu a aussi beaucoup plus de finesse qu'alors, même pendant les dernières saisons), ou encore l'hallucinant caméléon Adrian Pasdar... il faut au contraire une certaine dose de concentration pour reconnaître l'acteur, et se rappeler de la personnalité de son incarnation précédente ! Pour autant que Greg Grunberg me soit sympathique, ce bonhomme ne parvient jamais à se transfigurer, tandis que j'ai parfois du mal à me souvenir qu'il y a quelques années à peine, la formidable Lauren Velèz officiait régulièrement dans Oz !!! Des exemples parmi tant d'autres.

Est-ce simplement une question de talent ? Un problème de casting ? Le reproche doit-il être fait aux scenaristes, aux producteurs...?

Le fait est qu'étrangement, on s'attache plus à ces acteurs transformistes, qu'à ceux qui ne font que s'interpréter ou s'autoparodier tout au long de leur carrière. Cet attachement va pourtant à rebours de la particularité du travail d'un acteur dans une série, qui nous fait associer un visage à un rôle pendant plusieurs années...
D'un autre côté, que peuvent faire tous ces acteurs sinon vivre de leur métier ? On ne peut pas non plus les forcer à stoper leur carrière alors même qu'un rôle leur a permis de se faire connaître...

Dans tous les cas, cette saison m'a semblé marquer le come back de pas mal de monde... mais si Richard Dean Anderson parvient à sembler toujours avoir été O'Neill, pourquoi pas eux ?

Posté par ladyteruki à 05:07 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

17-01-07

I fall into pieces

Ce n'est pas que j'aime avoir un train de retard, c'est que ces derniers temps, j'ai du mal à suivre, on peut pas être au four et au moulin. Alors me voilà, avec quelques mois de retard, en train de m'essayer au pilote de Dexter, dont j'ai entendu dire plutôt du bien ces derniers temps. A raison. Enfin un personnage froid qui n'est pas vide (in your face, Dirt) !!! Depuis combien de temps n'avais-je pas vu ce type de héros à ce point distant et tourmenté ? Sans doute depuis Profit (ça demande réflexion en tous cas).

La particularité de Dexter, c'est d'être capable à la fois de nous montrer un être profondément ambigu et malsain, et en même temps de tirer du bon de tout ce qui sort de lui. Dr Jekyl ou Mr Hyde, même combat : les deux servent une certaine forme de justice. A mes yeux c'est cependant à la fois un élément brillant de la série (éviter de tomber dans une vision manichéenne des comportements humains) et dommageable, en fait, car c'est un peu trop facile que d'avoir ici un personnage dont les parts d'ombre servent finalement toujours à faire le bien (mais bon, il y a peut-être des limites à ce que le public peut tolérer de la part du personnage central d'une série que par définition, il va suivre pendant plusieurs semaines).

Mais qu'importe, car le pilote de Dexter est tout de même un chef d'oeuvre de discours doubles et malsains, et d'exploration de tout ce que l'être humain a de plus malade au sens psychiatrique du terme. Ce qui importe n'est pas tant comment Dexter est devenu ce qu'il est (à l'âge adulte, il ne semble pas tellement se poser la question dans cet épisode d'ouverture, qui ne nous laisse pas croire que c'est une quête fondamentale pour le personnage), mais comment il vit avec ce qu'il a de plus ignoble en lui, et tente d'en tirer le meilleur, oscillant toujours entre ses pulsions réelles et son attitude sociale. Dans cette sorte de double identité à la Bruce Wayne, Dexter a une parfaite lucidité sur cette valse hésitation qui, ne nous y trompons pas, repose sur le fait qu'il tente de se conformer à des normes sociales dont il sait pertinemment qu'elles ne lui conviennent pas, et dont il se joue. A cet égard, les scènes issues de l'enfance et l'adolescence (qui nous permettent d'apprécier le très bon James Remar... ce type se bonnifie avec l'âge !) sont des clés capitales, même si légèrement redondantes, sur la dualité que Dexter se prépare pour l'avenir.

Voilà une série qui est dérangeante à souhait, et qui l'assume ! Dexter développe tous les indices classiques permettant de reconnaître un psychopathe : les premières manifestations dans l'enfance, une intelligence aigue, une admiration sans borne pour les intelligences qui lui sont supérieures, un certain mépris pour ce que la Police compte d'éléments les plus méprisablement moyens, et une envie folle de jouer en permanence avec le feu, de se glisser à la barbe de tous ces uniformes pour leur donner des leçons sur son art sans jamais se faire prendre. Ouais, moi aussi j'regardais Profiler.

L'épisode voudrait nous faire croire qu'un arc s'ouvre devant nous, avec le jeu pervers qui s'initie entre Dexter, et l'auteur des découpages en série. A votre place, je ne m'y fierais pas. A la mienne en tous cas, j'émets de sérieuses réserves. Car ce que ce pilote amorce, et c'est ça qui est bon, c'est plutôt une étape du développement du déséquilibre de Dexter : son modus operandi est en train de changer. Désormais, il va jouer avec sa future proie au lieu de simplement la piéger et l'exécuter, et sans aucun doute flirter plus encore avec le bord du précipice. C'est en tout cas cela qui me semble être la promesse captivante de ce series premiere, et c'est cette perspective qui me fait toute acquise à la cause Dexter.

Depuis la disparition d'Oz et le lustre progressif de NY Unité Spéciale, c'est le show qui manquait à mon menu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dexter de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-01-07

[DL] Dirt

Comme quoi je ne suis pas rancunière, je concède à Dirt une autre qualité : son thème simple mais chaleureux et dynamique, doublé d'une video idéalement assortie. Et puis se priver de jouer sur les yeux prenant de Courtney Cox (dont le regard devient plus acéré avec l'âge) aurait été un véritable crime... Donc cliquez sur la capture du générique pour le télécharger via MegaUpload !

Dirt_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous allez commencer à manquer d'excuses) : la fiche Dirt de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:00 - Médicament générique - Permalien [#]

14-01-07

Dirt : victime du tri sélectif ?

L'intro était formidable. La chevelure brune de Courtney Cox s'aventurant dans une fête... quelques mouvements de caméra sympathiques... une façon rapide de nous mettre le pied à l'étrier... la mise en garde suivie d'une très bonne repartie... En l'exact instant où cette première partie du pilote s'est finie (ce qui nous faisait au compteur 3mn 24) j'étais très enthousiaste sur Dirt.

N'étant pas dans l'âme une fan de Courtney Cox, j'ai malheureusement trouvé de moins en moins de raison de rester assise patiemment devant le pilote. La série m'a perdue juste après la scène du tapis rouge, et ce, de façon irrémédiable. C'était tellement gros que je ne tenais plus en place, et j'ai fini par couper au bout de 11mn 53 très exactement.

Je vous rassure, ce n'est pas un record en ce qui me concerne. Si le pilote n'a pas rempli son office de m'accrocher dés les premières minutes, il n'est pas rare que je ne m'inflige pas la fin (je n'ai eu à regretter ce geste qu'une fois : lorsque j'ai regardé Boston Justice avec un an de recul et que j'ai finalement trouvé la série épatante... alors que je n'avais même pas été jusqu'à la fin du pilote la première fois). Il n'est pas nécessaire qu'il y ait du spectacle, de l'exceptionnel ou quoi que ce soit, simplement capter mon attention jusqu'à la fin du pilote. Si je vais jusqu'au bout, c'est déjà bon signe en ce qui me concerne. Mais là c'était simplement au-dessus de mes forces.

Je n'ai rien contre le métier de paparazzi (il y a des professions bien moins glorieuses et amplement moins confortables), je rigole des magazines à scandales qui parvienent à se faire du pognon sur le dos de lectrice crédules et suffisamment en panne de gossips pour acheter des magazines à ce prix-là, et je n'ai strictement rien contre le principe de faire les poubelles hollywoodiennes et écorcher quelques stars ou starlettes au passage. Les pratiques de Dirt ne m'ont pas spécialement choquée, le fait de faire appel à un rat pour faire le sale boulot n'a rien d'étonnant... et pourtant rien à faire, je n'ai pas réussi à passer le cap du pilote.

Peut-être parce que le personnage interprété par Courtney Cox (j'ai même pas eu le temps de retenir le nom du personnage ; Lucy Spiller nous dit SeriesLive) ne m'a pas spécialement paru "sympathique" (et c'est une fan de Jim Profit qui parle !), trop froide, calculatrice, aucune faille... D'accord, en 10 mn je ne lui ai pas laissé beaucoup de chances, mais c'était simplement sans issue. Il n'y avait pas d'alchimie.
Et puis c'est peut-être aussi parce que, dans le fond, la série s'est contredite dés les premières minutes à la seule fin de parvenir à l'exercice de style de la scène d'ouverture qui, justement, sur le coup, m'avait plu. Car si d'un côté, Lucy Spiller est prête à soudoyer le plus rampant des vers de Hollywood pour avoir des photos pour son magazine, et qu'elle condamne les potins, en réalité la scène d'ouverture nous montre quoi ? Une nana qui n'a pas réellement pris de photo mais qui se forge déjà sa couverture !!! L'exercice de style a donc finalement totalement nuit au propos à mes yeux...

Peut-être que je tenterai Dirt à nouveau, un jour prochain. Ou peut-être pas. Pour le moment, le pilote finit... à la poubelle. Ouais, elle était facile, mais je me suis sentie obligée de la faire.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dirt de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:01 - Review vers le futur - Permalien [#]


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