ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-08-09

Houston, dame desu

Hm ? Plaît-il ? On me dit que Futatsu no Spica n'est pas la version live action de l'anime Gunbuster. Au temps pour moi, mais pour ma défense, il fallait vraiment le savoir. Le principe est en effet le même : une jeune fille dont le père était astronaute, décide de devenir astronaute elle-même. Par contre c'est vrai que les tenues sont un peu plus sexys dans Gunbuster...
Alors, comment devient-on astronaute ? Pour une fois, la parole est au Japon dans ce nouveau post La preuve par trois.

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Tout commence il y a 9 ans avec, je vous le donne en mille, un décollage qui tourne mal (j'étais étonnée de ne pas en voir dans Defying Gravity, d'ailleurs). Eh oui, l'espace, c'est dangereux. Et ce n'est pas facile d'y aller. A l'école qu'intègre Asumi, on ne se gène pas pour le faire remarquer. Alors qu'ils ne sont que lycéens, les personnages principaux sont soumis à une éducation quasi-militaire qu'il est bon de voir. Comme dans beaucoup de dorama "professionnels", il y est question d'effort, mais, une fois n'est pas coutume, d'effort pas toujours couronné de succès. De compétition et d'élimination. Devenir astronaute, ce n'est pas si simple (même si tenir le rôle principal aide, évidemment). Et l'être non plus.

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Si quelques scènes (a contrario de Defying Gravity, elles sont ultra-minoritaires et secondaires à souhait) nous rappellent qu'on va une fois de plus avoir droit au sempiternel love interest (et tout aussi sempiternel triangle amoureux), ainsi qu'aux problèmes liés à l'âge des personnages (et notamment la réaction des parents de chacun d'entre eux), on a tout de même plus souvent droit à des scènes plutôt dure sur l'entrainement qui attend tout ce beau monde, même si pour l'instant ils se plaignent mais sont relativement pépères. Le corps professoral est d'ailleurs captivant, car il représente assez bien la dureté du métier (en fait, le prof le plus cool n'est pas pris un seul instant au sérieux par le spectateur qui le trouvera instantanément trop idéaliste). La question des connexions de cet univers relativement fermé va également être intégrée à l'histoire progressivement et avec brio, montrant à quel point la conquête spatiale est, une fois de plus, un environnement des plus hostiles à l'homme, et pas juste parce que ce dernier n'est pas fait pour respirer à pleins poumons dans le néant, si vous voyez ce que je veux dire...

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Si vous avez lu Ender's Game (à défaut de pouvoir le voir un jour au cinéma), vous ressentirez probablement le même intérêt que moi pour cette longue phase du pilote, qui en casse un peu le rythme mais lui donne aussi un caractère insoupçonné, lorsque 5 des étudiants doivent faire face à un teste, et que ce n'est pas leur réussite au test qui compte mais la façon de le réussir. Atmosphère étouffante, stress de l'horloge qui défile, esprits qui s'échauffent, le huis clos est à son comble, et diablement efficace. S'il ne fait pas grand doute sur l'issue de ce test d'aptitude (qui gère avant tout l'aptitude au travail en équipe), au moins le passage se montre particulièrement intéressant. D'ailleurs, en réagissant d'abord comme des enfants, à se disputer, puis en essayant de devenir rationnels, nos cinq cobayes vont faire la démonstration de ce qui va certainement leur être le plus difficile à surmonter : leur immaturité. Ca fait d'ailleurs un peu mal au coeur de voir ça...

Sans être révolutionnaire (notamment dans sa réalisation), Futatsu no Spica nous offre un point de vue peu abordé. Il faudra une somme d'efforts, de travail, de connaissances... et aussi de compétences humaines, pour que son héroïne ait une chance de partir dans l'espace comme elle le souhaite. Et j'ai bien dit une chance. D'ordinaire, on t'envoie tout ça sans sourciller dans l'espace et au-delà, trois petits essais en vol, et c'est fait, mais ici on ne prend pas le premier des as du forage pour aller dans l'espace, on crée bel et bien une élite qui va devoir faire un nombre inquantifiable de sacrifices (à commencer par leur propre jeunesse) pour accomplir ce but.
Si Futatsu no Spica ne délivre pas un message particulièrement différent de nombreuses autres séries se déroulant dans une profession donnée, je trouve quand même que c'est l'une des rares fois où on nous montre qu'être astronaute n'est pas une partie de plaisir, et pas à la portée du premier venu. Et personnellement, je trouve qu'il fallait quand même le dire, à un moment.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Futatsu no Spica de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:53 - La preuve par trois - Permalien [#]

05-08-09

Sunshine

On a vu avec I Dream of Jeannie qu'être astronaute permettait de faire craquer les filles (pour résumer), mais Defying Gravity voit les choses avec un tant soit peu moins d'optimisme. Retour aux affaires pour notre semaine spéciale astronautes, et un nouveau post La preuve par trois pour comprendre un peu plus ce qu'est l'essence de la conquête de l'espace...

Depuis quelques jours, les impressions que je lis sur Defying Gravity sont plus que tièdes. Et il y a de nombreux points sur lesquels je suis d'accord. Le plus évident, ce sont les amourettes entre les personnages. Qu'ils en aient, bon, ça semble inévitable surtout sur une série qui espère décrire une mission de 6 ans (à ce que j'ai entendu dire, 6 semaines ce serait déjà un miracle au vu des audiences), mais leur incorporation au scénario est épouvantablement cosmétique. Love interest, couple maudit, tout y est. Le ton général est lui aussi assez superficiel, preuve qu'il ne suffit pas d'un scénario relativement réussi pour accomplir le miracle d'un pilote impeccable. Et enfin, certains acteurs laissent fortement à désirer (et hélas, le personnage principal interprété par un toujours plus inexpressif Ron Livingston, en est le pire exemple).

Mais je vous propose de dépasser ces inconvénients, dont je ne nie pas l'existence ni le fait qu'ils nous gâchent un peu la nôtre, pour approfondir un peu ce que le pilote a à offrir sur notre thème de la semaine.

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Le pêché originel.
Il en faut un. En fait on en aura vraisemblablement deux, mais le second ne nous est pas dévoilé immédiatement ni frontalement. Ainsi donc, notre Donner a abandonné l'amour de sa vie sur Mars, contraint et forcé, et ne s'en est jamais remis. On a tout loisir de goûter sa déchéance : c'est une homme plus bas que terre (mais son père, avec qui il vit, creuse encore), il est au bout de sa carrière, il est désabusé, sortez les violons. Il en faut un comme ça dans toutes les séries du genre (voir aussi Armaggeddon, oui, le film, des fois je vois des films), des losers au grand coeur, le mec qui a tout raté et qui porte son fardeau. Car la conquête spatiale, c'est avant tout une industrie, et même de la politique comme on le voit assez vite : les astronautes ne vont pas simplement toucher les étoiles, ils ont des comptes à rendre sur Terre en premier lieu, et ceux qui restent les pieds cloués au sol n'hésitent pas à les briser si cela sert leurs intérêts. Inutile de dire que la beauté de l'espace, elle passe largement au second plan quand on s'est fait rompre comme une alumette. Oui, ce que nous rappelle Defying Gravity, c'est qu'un astronaute reste un homme soumis à son humanité.

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Le paradis perdu.
Le sort s'acharne contre l'équipage d'Antares et c'est normal, puisque chacun défie sa nature, et certains ont même défié les lois de la nature (et croyez-moi, ya un bébé qui n'est pas né et qui n'est pas prêt à se laisser oublier si facilement). Quand pour le personnel de l'expédition, tout cela était l'accomplissement d'un rêve, l'aboutissement d'un engagement énorme, la récompense de sacrifices immenses, la mission va en forcer plus d'un sinon tous à déchanter progressivement. En dépit de toutes les comparaisons qui ont été faites avec Grey's Anatomy, on est bien obligés d'admettre que la situation même de cette expédition spatiale rend le contexte plus complexe et plus sombre, la catrastrophe plus imminente pour les protagonistes eux-mêmes. Ils ne risquent pas des vies, ils risquent leurs vies, et on sent bien que c'est à tout les niveaux que les choses sont fragiles : la santé, le mental, probablement aussi l'équipement. Rien n'est acquis. Tout peut virer au cauchemar.

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La rédemption.
S'il n'y est pas question de religion chrétienne, la religion et les croyances ne sont pas moins présentes de ce pilote. Une opposition entre ces convictions et la raison (Ajay était censé être le plus solide mentalement de tous, et c'est lui qui pête un câble) soulève un point essentielle de la conquête de l'espace : dans l'absolu, le projet est un idéal de l'humanité, mais en pratique, seuls les cerveaux les plus cartésiens peuvent réaliser ce rêve. Les autres sont voués au rebut. Et pourtant au final, notre héros damné finit par rempiler pour une nouvelle mission et est envoyé sur Antares en renfort. Le final de l'épisode est empli de spiritualité, d'espoir, de foi, et les contigences venues de la Terre s'envolent ; le voyage vers Venus peut enfin commencer. Et comme dans toute série de science-fiction, si on ne part dans l'espace, ce n'est que pour parler mieux d'humanité.

Je suis donc infiniment moins pessimiste vis-à-vis de cette nouvelle série que beaucoup que j'ai lus avec attention. Sur beaucoup de choses, je le répète, ils n'ont pas tort. Mais les défauts qu'ils attribuent à Defying Gravity ne me semblent pas venir de son scénario lui-même, mais plus de sa réalisation. Il me semble que dans les axes abordés lors de ce pilote, on trouve un grand potentiel, et une capacité à entrer dans l'abstrait qui est toute louable. Mais désormais, plus que la gravité, c'est la superficialité que la série va devoir défier, en évitant les écueils qu'une diffusion sur un network rend plus difficiles à éviter encore. Defying Gravity parvient en tous cas à laisser espérer un peu plus qu'un Grey's Anatomy dans l'espace, avec une mythologie du complot qui se met vaguement en place et surtout un sens de l'introspection dépassant largement les monologues creux d'un médecin névrosé. Je n'ai pas grand espoir de voir la série réaliser son potentiel, mais elle en a parce qu'elle a su capturer la substance de son sujet.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Defying Gravity de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:42 - La preuve par trois - Permalien [#]

04-08-09

[DL] Defying Gravity

J'avais aujourd'hui prévu un post La preuve par trois pour Defying Gravity mais il y a des choses que parfois on ne peut pas prévoir ; ce n'est que partie remise, la semaine n'est pas finie. Du coup je vous laisse avec le générique, ou ce qui tient lieu de générique à l'heure actuelle, et je redoute qu'il ne reste comme ça... C'est pas très grave, il y est quand même question d'astronautes, on n'est pas hors-sujet...

DefyingGravity
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mais finalement, vous savez quoi ? Je le trouve révélateur, ce générique. La musique illustre assez bien le parallèle fait par de nombreux spectateurs (et la promo elle-même) avec Grey's Anatomy. Et est-ce que par hasard c'est un soutien-gorge astral, ce truc ? Bref, il n'est pas si innocent qu'il y parait, je trouve...
Par contre il est trop court et trop vide, et ça on est bien d'accord.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Defying Gravity de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:08 - Médicament générique - Permalien [#]

03-08-09

Je Souhaite

Hasard du calendrier ? Je ne crois pas. Toujours est-il que Defying Gravity commence alors que nous venons de célébrer l'anniversaire du premier pas sur la lune. Et malgré tout ce que j'en entends depuis quelques jours, j'ai bien l'intention de me faire le pilote (comme si la question se posait !). Mais assez curieusement, est-ce là aussi le fruit du hasard ? Cet été a commencé au Japon la série Futatsu no Spica, qui parle, elle aussi, de conquête de l'espace.
Vous vous doutez bien qu'en de telles circonstances, je n'ai pas le choix. Je remets donc au goût du jour la semaine thématique ! Et pendant que ce soir je me délecte de Defying Gravity, je vous offre une première série où le personnage principal est un astronaute, dans un post La preuve par trois dédié à I Dream of Jeannie, plus connue chez nous (oh, à peine plus) comme Jinny de mes rêves.

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Au long de ce pilote, vous penserez plusieurs fois à Ma Sorcière Bien-Aimée ; il est vrai qu'à plusieurs reprises, et c'est assez normal, l'une est la réponse au succès de l'autre (c'est un peu, comment vous dire ? Comme si une chaîne remportait du succès avec des cop shows et que toutes les autres chaînes se mettent à faire des cop shows aussi... on est d'accord que ça reste purement théorique). Et à plusieurs reprises, les circonstances ne se cacheront pas d'être similaires : un homme sérieux et bien sous tous rapports fait la rencontre d'une jeune femme étrange, détenant de curieux pouvoirs, difficiles à expliquer aux simples mortels qui peuplent l'entourage dudit personnage masculin... La chose est entendue, ça va vous rappeler quelque chose. Mais plusieurs différences permettent à la série de développer sa propre identité, notamment de par la personnalité des deux héroïnes : Samantha Stevens est intelligente, pragmatique, et un brin têtue, alors que Jeannie a, si, si, il faut le dire, de l'eau entre les oreilles et le mental d'un enfant de 5 ans, ne se souciant pas des conséquences de ses actes.

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Mais dans son genre, notre pauvre humain ne se défend pas si mal. S'il partage avec Jean-Piètre Stevens un talent indéniable pour la panique dés lors que le surnaturel se pointe, il se montre aussi plus affirmatif. Une autre différence est que le monsieur a une fiancée, laquelle ne fera cependant pas long feu face à un génie omnipotent et amoureux. Bien que techniquement, Tony ne soit que son maître, Jeannie se montre incroyablement entreprenante, et beaucoup moins coincée que Samantha Stevens, d'ailleurs. Elle est beaucoup moins politiquement correcte que son aînée, et n'en fait qu'à sa tête. D'ailleurs autant Samantha Stevens cherchait à rendre service à son petit mari en camouflant autant que possible les manifestations de magie dans la maison, autant Jeannie n'a rien, mais alors rien à faire des apparences, et représente elle-même un "danger", alors que c'était plutôt l'entourage de Samantha qui mettait la famille Stevens dans le pétrin. Une dynamique peut-être plus intéressante, finalement.

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A l'instar de ce bon vieux Alfred, Tony ne manque pas d'avoir un supérieur hiérarchique, sauf que celui-ci exerce des fonctions, excusez-du peu, auprès de la NASA. C'est sans doute le point le plus contrasté entre I Dream of Jeannie et Ma Sorcière Bien-Aimée, d'ailleurs : si la fantaisie de la famille Stevens passait relativement inaperçue dans l'univers de la publicité (car oui, Jean-Pierre Stevens était un Mad Men !!!), en revanche, les choses vont être plus difficiles à expliquer dans l'univers cartésien de la conquête spatiale. Il est vrai qu'il semble assez étrange que Tony soit astronaute, mais qu'il rencontre Jeannie sur Terre (il aurait été assez cohérent qu'elle soit extra-terrestre, mais dans les années 60, les extraterrestres, c'était Star Trek, alors on n'a pas forcément loupé grand'chose). Beaucoup d'intrigues se dérouleront à la NASA, exploitant la profession originale de Tony, on y trouvera notamment un collègue qui, apprenant l'existence de Jeannie, voudra en devenir le maître, un psychiatre convaincu que Tony a soit pété un câble, soit caché quelque chose à la NASA, bref, on tire bien mieux partie du cadre initial que prévu, quand Jean-Pierre Stevens se contente de vendre des boîtes de soupe.

Deux notes pour finir :
- oui, c'est bien JR
- s'il doit y avoir un revival de I Dream of Jeannie un jour, Christina Applegate doit absolument reprendre le rôle de Jeannie

Finalement, si sur le papier et ailleurs, les deux séries se ressemblent beaucoup, on a vraiment passé le réalisme par pertes et profits, le personnage masculin exerce une profession rarissime, le génie de 2000 ans tombé fou amoureux de son maître est complètement azimuté, bref, on est dans la fantaisie la plus totale, là où les Stevens passaient leur temps à essayer d'avoir l'air de bons vieux banlieusards. Et au bout du compte, je trouve que c'est plus sympa d'avoir la tête dans les étoiles !
D'ailleurs c'est bien pour ça que je commence ma semaine avec une comédie, parce qu'hélas, être astronaute, ça n'est pas toujours aussi marrant, mais ça, ce sera au prochain post La preuve par trois qu'on le verra.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche I Dream of Jeannie de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:02 - La preuve par trois - Permalien [#]


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