ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-10-12

Fresh start

L'an dernier, à la rentrée, au rayon des séries de MTV, je regardais Death Valley. Ah ! C'était le bon temps... Cette année, MTV nous sort une série n'ayant rien de fantastique (au sens supernaturel du terme, j'entends) : Underemployed. Et soyons sincères, je ne suis pas dans la cible du tout.
Dans le cadre de notre désormais célèbre défi, whisperintherain publiera prochainement sa propre review, mais en attendant, voici la mienne.

Underemployed

Mon oeil traînait distraitement sur Twitter pendant que j'étais dans le métro, quand ma connexion a été interrompue. Drame quotidien. Mes yeux se sont alors arrêtés sur le dernier tweet qui avait bien voulu charger. Ce tweet disait que son auteur avait eu un coup de coeur pour Underemployed.
C'est là que j'ai réalisé le drame : un pilote US. Totalement accessible. Pas du tout regardé. Même pas cagoulé.
Mais qu'est-ce qui cloche chez moi ?! Je sais que je me traine une méchante crève pour la troisième semaine consécutive, m'enfin quand même ! Un pilote !

Je suis rentrée chez moi ventre à terre, et la première chose que j'ai faite en passant la porte, vous le devinez, a été de me procurer le pilote d'Undermployed.
Et puis il est resté quatre jours comme ça. Gros weekend, que voulez-vous.

Ce n'est finalement qu'hier que j'ai finalement regardé le pilote d'Underemployed. Je pourrais vous dire que c'est une grosse sensation de "tout ça pour ça" qui en a découlé, mais bien au contraire. J'ai adoré ce premier épisode.

Pourtant Underemployed ne semble pas vraiment avoir usé d'originalité. Son pitch rappelle par exemple énormément How to Make it in America, et, eh bien, c'est un peu un pilote de sinistre mémoire dans le coin. Le coup de la petite bande d'amis qui démarrent leur vie d'adulte dans la grande ville, apprenant au passage le sens des réalités, ça a été fait cent fois. Cent fois, vous dis-je.
La série commence donc alors que Sophie, Raviva, Daphne, Lou et Miles, finissent la fac et s'apprêtent à prendre le monde d'assaut. Chacun a ses rêves et ses espoirs ; enfin, quand on a à peine 20 ans, on appelle encore ça des projets. En tous cas, ils se voient déjà conquérir le monde, chacun dans son domaine, et conviennent que dans un an, ils se retrouveront et célèbreront ensemble leurs vies si réussies. C'est vraiment mignon, à cet âge-là. Le problème est évidemment qu'un an plus tard, la réalité s'est rappelée à leur bon souvenir, et leurs vies ne sont pas exactement telles qu'ils les avaient projetées. Mais fort heureusement, leur solide amitié ne les a jamais vraiment séparés (d'ailleurs, en-dehors d'un personnage, ils ont continué de se voir pendant l'année écoulée, deux d'entre eux vivent même en colocation), et ils peuvent se soutenir les uns les autres blah blah blah.

Et pourtant, Underemployed est capable d'être extrêmement sympathique à regarder. D'abord parce que plusieurs situations sont capables de sortir des clichés habituels, voire même, occasionnellement, de surprendre.
Ainsi, même si le principe de réalité est ce qu'il est, et les a empêchés de réussir à atteindre l'objectif qu'ils se sont fixés, nos amis rencontrent un sort variable. Autant Sophie, l'écrivain qui est certaine d'avoir en elle un immense roman, est vendeuse de donuts (c'était d'ailleurs une idée sympathique d'éviter un sort à la Diable s'habille en Prada, et lui faire prendre un boulot éloigné de ses talents), autant certains, comme Daphne, ont décroché un emploi dans le secteur qui l'intéresse mais à la condition d'être en stage non-rémunéré. Certains sont donc un peu plus près que d'autres de la "réussite" telles qu'ils l'ont définie au début de l'épisode. Au niveau des personnalités aussi, certains stéréotypes sont à la fois employés et renversés, et distribués en essayant de sortir de l'évidence, comme par exemple sur le sujet de l'homosexualité ou bien de la naïveté. Et évidemment, le personnage de Raviva nous promet une petite surprise, mais je vous laisse la découvrir car c'est avec délice que je l'ai laissée me prendre de court.

Mais l'atout numéro un d'Underemployed, c'est que, quel que soit le personnage, quels que soient le degré d'originalité de son intrigue ou les facettes de sa personnalité que nous découvrons dans cet épisode inaugural, tous les cinq sont très sympathiques.
Dans Underemployed, on aurait du mal à parler d'authenticité, tant certaines choses sont parfois exagérées, mais les personnages sont suffisamment charmants pour qu'on puisse en tous cas parler de fraîcheur. Ils sont attachants, ils fonctionnent bien en bande, la plupart sont intéressants de façon individuelle aussi, bref, ils sont plein d'énergie et donnent envie de passer un moment avec eux. On a tout de suite envie de se prendre d'affection pour eux.
Sophie et les autres ne sont pas les héros de Girls ; Underemployed emprunte des sujets sur une génération donnée qui sont intéressants, mais sans vouloir s'essayer au réalisme absolu pour les traiter. Il y a toujours des blagues, des grandes scènes de hugs collectifs, et quelques retournements de situation pas banals, à l'instar de Daphne qui négocie comme une reine son salaire (sauf que soyons honnêtes, personne dans la vraie vie ne ferait ça). Mais c'est pas grave. Toutes les séries n'ambitionnent pas d'être Girls, ça ne les empêche pas d'être une voix d'une génération. C'est clairement une fiction qui ne repousse aucune limite connue, aussi bien dans son thème que dans son traitement ; personne ne parlera d'un phénomène Underemployed.
Grâce à la façon qu'ont ces personnages d'exister, d'être pleins de vie, et de s'adorer les uns les autres, sans être absolument réaliste Underemployed aborde des choses assez peu évoquées à la télévision sur le passage à l'âge adulte, et ça fait illusion.

En fait, cette petite bande, armée uniquement de ses bonnes intentions, est avant tout chaleureuse. On ne veut pas vous inviter à vous interroger sur ce que c'est que d'appartenir à la même génération de jeunes qui entrent dans le monde adulte (ou consentent à faire légèrement semblant pour en réalité se consacrer à un matage soutenu de nombril), on veut vous inviter à faire le chemin avec eux, et parce qu'ils se soutiennent les uns les autres pendant la transition, que vous les souteniez aussi (ou même qu'ils vous soutiennent un peu si vous avez besoin d'une série pour ça ; dés fois que dans la grande ville vous n'ayez pas, vous, quatre copains pour le faire). Underemployed est une aventure un peu idéaliste sur des personnages un peu idéalistes. Même quand ils font des concessions, temporaires ou non, c'est en gardant leurs étoiles dans les yeux, et dans la bonne humeur, et ça fait sûrement chaud au coeur de voir ça, quand bien même ce n'est pas très réaliste ou authentique.
Mais Underemployed offre des situations et surtout des personnages d'une grande fraîcheur, efficaces en diable pour vous mettre un sourire aux lèvres quand bien même on y parle de convictions piétinées et de potentiel contrarié, à un point tel qu'une vieille conne telle que moi qui a passé le cap de ces changements est capable de trouver tout cela charmant. Ou peut-être à cause de ça, je sais pas en fait.

Alors du coup, je me suis dépêchée d'écrire ma review sur le pilote, parce que nom de nom, il faut que je regarde le deuxième épisode. Et celui-là, il ne va pas dormir quatre jours sur un coin de disque dur.
Je ne sais plus du tout qui a tweeté sur Underemployed il y a quelques jours. Qui que tu sois, je partage ton enthousiasme.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 22:18 - Review vers le futur - Permalien [#]

24-06-12

Not even trying

Ce sont les derniers jours pour que les membres de l'Academy of Television Arts & Sciences votent, afin de pouvoir déterminer les nominations aux Emmy Awards de cette année.
J'ai lu plusieurs articles, certains plus ouvertement narquois que d'autres (mon préféré reste celui sur Rob Lowe), sur le processus qui préside à ces votes : en gros, n'importe qui ou presque peut présenter sa candidature, pourvu de s'acquitter d'une somme ridicule permettant d'entrer dans la compétition (200 dollars plus les frais, pourrait-on dire).

C'est comme ça que les membres de l'Academy se retrouvent à voter parmi un petit millier de candidatures (qu'ils n'ont certainement pas vues dans leur immense majorité, évidemment) pour les acteurs, disons ; on parlait ce soir de la candidature d'Anjelica Huston pour son rôle dans Smash, par exemple, et la liste des prétendants à l'Emmy est vertigineuse.
A partir de là on peut discuter, se moquer et/ou hausser les épaules en décrétant que ce seront toujours les mêmes qui seront nommés, au choix.

Mais par curiosité, j'ai aussi glissé un oeil à une catégorie moins mise en avant, celle des génériques.

Et parmi les productions qui ont soumis leur candidature dans cette catégorie, il y a un nombre ahurissant de séries qui n'ont même pas de générique !

Je peux comprendre qu'on ne soit pas tout-à-fait objectif sur une performance d'acteur : l'acteur lui-même, ou son entourage, ou la production d'une série, tentent le coup même si l'acteur n'a rien fait d'incroyable, parce que ça coûte pas grand'chose et que, bon, on sait pas, sur un malentendu ou une petite gâterie, ça peut marcher.

Mais comment une série comme GCB ose-t-elle présenter ce "truc" qui dure CINQ SECONDES ?

GCB-generique

Tous les génériques soumis au vote n'ont pas forcément du génie, bien-sûr. On pense ce qu'on veut du générique d'Alphas, mettons : il n'est pas mauvais, il n'est juste pas inoubliable. Je comprends honnêtement que la production d'Alphas se soit dit "eh, on n'a pas un générique si mal que ça, tentons !", parce qu'ils ont vraiment essayé de produire un générique avec de la substance, ils ont cherché un thème musical, trouvé un moyen de mettre en scène leur sujet et leur cast... pourquoi pas ? Ils ont bossé sur leur générique, après tout.
Même chose pour New Girl, qui vraisemblablement a essayé de faire quelque chose qui introduise bien son univers et ses personnages, tout en tirant partie de sa star. Le générique de New Girl brûle peut-être la rétine, mais il a le mérite d'avoir une existence tangible.
Pareil, Suits, bon, clairement c'est pas le même genre de générique que Homeland, mais ça se tient, quand même, de candidater quand on a trouvé le moyen de faire un générique qui a de la gueule, et qui a un petit quelque chose d'emblématique et de difficile à oublier. Sans être du grand art comme le générique de Game of Thrones l'an passé, qui forcément place la barre assez haut (comme beaucoup de gagnants précédents dans cette catégorie, d'ailleurs), Suits n'a pas à rougir de son générique.

Mais GCB ? Je sais que la rubrique s'appelle "main title" et qu'il suffit théoriquement que le nom de la série apparaisse, mais quand on n'a même pas eu le courage d'insérer le nom du créateur, sans même parler du cast, dans ce "générique", on est quand même un peu mal placé pour espérer un Emmy, non ?
Ou The Secret Circle ? Ou Smash ? Ou Once Upon a Time, tiens ?
C'est un peu comme si dans les catégories des performances d'acteurs, les gens étaient juste apparus en photo lors d'un épisode au lieu de, vous savez, fournir une performance ! Bon alors je sais, Ellen Burstyn a failli réussir à obtenir un Emmy pour un rôle de 14 secondes ; pour la soumettre au vote, il fallait déjà faire preuve d'un certain culot. Mais c'est quand même 9 secondes de plus que le générique de GCB...
Je sais pas mais, tant qu'à vouloir être nommé dans une catégorie, encore faut-il avoir quelque chose à y présenter ! Même Lab Rats a plus de raisons de postuler que ces séries !

Dans ce genre de situations, j'ai envie de dire aux responsables de GCB : un peu d'humilité ! Des séries avec des génériques décents n'ont pas postulé (il était bien celui de Death Valley, en comparaison !) ; des séries qui partent avec un avantage critique et un meilleur buzz n'ont pas postulé (sinon moi je vote pour le générique de The Good Wife, tant qu'on y est !). Suburgatory avait un générique de 10 secondes, il est potable mais la production n'a pas osé le soumettre, c'est plutôt classe position comme comportement.

Evidemment, à côté de Homeland, Luck, American Horror Story, Boss ou Magic City, il va falloir se lever tôt pour que GCB soit nommée dans cette catégorie le mois prochain. On est relativement tranquilles, de la même façon que Rob Lowe ne devrait pas non plus être nommé non plus pour son incroyable performance dans un téléfilm de Lifetime...
Mais quand même, vous êtes d'accord avec moi, c'est honteux non ?

Posté par ladyteruki à 23:40 - Point Unpleasant - Permalien [#]

22-11-11

ThreeAWEsome

Contrairement à Death Valley qui s'est achevée sur un véritable chantage au renouvellement (à croire que Tim Healy et sa bande ont potassé les interviews de la bande à Life Unexpected, souvenez-vous, c'était il y a un an), Threesome s'est éteinte hier dans la douceur de son foyer, entouré de ses êtres chers ; de sa belle mort, en somme.
C'est une jolie fin de saison, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme, avec l'élégance de ne pas forcer la main à qui que ce soit pour un renouvellement. Et donc de le mériter totalement.

ThreeAWEsome
Threesome a, en l'espace de 7 épisodes, gagné de belles lettres de noblesse, en se montrant à la fois tendre et pétillante avec ses personnages.

Sans grande surprise, la grossesse d'Alice a été menée à terme. Sans grande surprise, nos trois zouaves l'ont vécue ensemble. Le concept de Threesome n'est pas de nous emmener vers l'inédit, le révolutionnaire et le surprenant, mais de nous raconter un joli parcours, celui de trois jeunes qui deviennent adultes... mais pas trop quand même, oh. Et la série n'hésite pas à les remettre à leur place, notamment avec la fin accordée à la mère d'Alice (je ne vous en dis pas plus, mais j'ai apprécié l'ironie du second épisode rétrospectivement). Sans faire de ses personnages des clowns que rien n'atteint ni ne vient contredire, elle a su en faire des personnages faillibles mais tout de même hilarants, profondément humains mais toujours prêts à faire les pitres. Regardez bien autour de vous, ce ne sont pas des qualités que l'on trouve si facilement.
Les personnages évolulent sans changer : ils grandissent, mais restent fidèles à eux-mêmes, leur envie de s'amuser, de plaisanter, de faire la fête... Threesome ne nous montre pas des personnages à qui, comme on dit, le plomb entre dans le crâne, et qu'on trouve souvent dans des histoires mélangeant immaturité et grossesse. Mais ils évoluent un peu tout de même. Pour une comédie de seulement 7 épisodes, la performance mérite d'être applaudie.

Puisqu'on parle de performance, notons que nous tenons là 3 excellents comédiens. Ca me donnerait presque des regrets d'avoir gravé ce pilote de The Clinic sans y jeter un oeil car Amy Huberman est craquante au possible, une véritable pile ; les garçons ne déméritent pas, avec un Stephen Wight incroyablement attachant, parfait dans son rôle très oscillatoire (il a la plus grande amplitude et la gère impeccablement), et Emun Eliott joue de sa force tranquille pour de temps à autres incarner un petit garçon adorable.
Le trio a une dynamique impeccable, un feeling irréprochable, une énergie inépuisable. On pourrait les regarder des heures se renvoyer la balle tant ils le font avec une facilité déconcertante. Ils sont parfaitement à l'aise dans tout ce que ces personnages implique, dans toutes les situations plus ou moins étranges qu'ils rencontrent, dans toutes les réparties mordantes qu'ils doivent sortir l'air de ne pas y toucher. Le jeu entre ces trois-là est d'une telle souplesse que si c'était un sport, ce serait la gymnastique rythmique et sportive. C'est juste beau à regarder, cette aisance, ces contorsions faites sans sourciller.

Ils sont énormément aidés par une écriture parfaite, drôle, rythmée, légère, bourrée de références, souvent coquine mais jamais vulgaire.

Du coup, même quand certains épisodes m'ont moins plu (sans aller jusqu'à dire qu'ils n'étaient pas bons, mais en tous cas ils l'étaient moins) principalement en raison de l'intrigue, ce qui s'est produit pour les 5 et 6e épisodes, la symbiose fonctionne, les dialogues pétillent, l'énergie est palpable. On trouve peu de comédies capables d'aussi facilement faire pardonner ses temps faibles.
Probablement parce que, si les éléments de comédie sont nombreux et impossibles à rater, la réelle tendresse qui émane de la situation et des personnages fait que l'émotion a également la part belle. Sans être une dramédie, la série se ménage parfaitement des moments d'émotions qui n'oublient jamais d'être drôles, et parvient à une somme très humaine d'échanges.

Partagé entre le rire et l'affection, le spectateur décidera probablement de ne pas se compliquer la vie : il pleurera tout le long, décidant au fil du visionnage s'il s'agit de larmes de rire, de joie, ou d'émotion ; sachant que cela peut varier d'une seconde à l'autre. Une bien jolie expérience en vérité.

Et si j'ai eu l'air un peu fâchée envers Death Valley en début de post, ne vous en faites pas : je considère toujours que c'était l'une des séries les plus fun de cette rentrée. Je ne consacrerai probablement pas de post à sa première (et unique ?) saison parce que ce n'est pas systématique en ces lieux et que j'ai été très émue par le final de Threesome, l'un des plus réussis que j'aie vus ces derniers mois, mais le coeur y est.
J'espère un renouvellement pour toutes les deux.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Threesome de SeriesLive. Et on en a parlé dans le podcast de vendredi !

Posté par ladyteruki à 23:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-11-11

The token comedy

Il y a des comédies qui sont drôles, et qu'on regarde avec plaisir. Il y a celles qui ne sont pas drôles, mais alors pas du tout, si bien que passé le pilote on n'y revient jamais. Et il y a les autres comédies.
Celles qu'on ne trouve pas drôles, mais dont on n'irait pas jusqu'à dire qu'elles sont mauvaises. D'après mon expérience, on en regarde une par saison, parfois deux ; plus si vraiment on aime bien se faire lobotomiser en se réfugiant derrière l'excuse qu'on a eu une dure journée. Ah oui, la journée de la gentillesse c'était dimanche, les hostilités ont repris depuis !

L'an dernier, ma comédie "je ris pas mais c'est pas comme si ça me dérangeait", c'était Mike & Molly. Mais après avoir passé la saison à me demander pourquoi je cagoulais l'épisode chaque semaine, trouvant en général une réponse dans deux répliques de Katy Mixon, j'ai pris la résolution de ne plus me trépaner volontairement devant cette série qui même sur le plan de la tendresse, avait de sérieuse lacunes. De grosses lacunes, dirais-je si j'étais mauvaise langue. Bon vous avez raison, c'est pas la peine de cacher ma nature profonde, oui, c'étaient de GROSSES lacunes.
Cette année, cette série, c'est 2 Broke Girls.

Broke
Je regarde chaque nouvel épisode en me demandant ce que je fais là. Les blagues sont outrancièrement pas drôles. Kat Dennings en fait des tonnes (ça fait deux-trois semaines que pendant l'épisode, je me mets à fantasmer sur une façon que pourrait trouver le scenario pour la plonger dans un coma profond et nous faire des vacances). Beth Behrs est effrayante (c'est FORCEMENT une perruque !). Les scénarios donnent bonne réputation aux fanfictions écrites par les gamines de 12 ans. Les seconds rôles donnent réellement envie qu'on leur file un couteau pour se faire harakiri. Et pas de Katy Mixon en vue.
Mais que voulez-vous, en début de semaine il y a tellement de dramas qu'un peu d'humour, ça fait un bien fou après un Homeland.

Ce n'est pas drôle. Mais c'est un peu moins pas drôle que d'autres séries que je supporterais encore moins en début de semaine.
Plus tard, les choses s'arrangeront avec Raising Hope ou Suburgatory. Mais le lundi, c'est le jour où je ne rigole pas. Et il faudra bien s'y faire puisque mes débuts de semaine vont bientôt être dépourvus de Death Valley ou de Threesome pour réellement s'amuser (incidémment, ces deux séries ont connu cette semaines un certain relâchement, certes relatif, mais tant mieux, le season finale de ces deux séries n'en sera que meilleur).
Chaque semaine je me dis que je vais arrêter. Et chaque semaine je cagoule l'épisode en me disant que j'ai trop besoin de me marrer, même devant quelque chose de pas drôle.

Mais bon, ce n'est pas grave d'avoir une série comme ça dans mon menu. Quand il y en a une, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

Posté par ladyteruki à 23:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-11-11

Est-ce que tu t'entends parler ?

Il m'arrive, totalement par accident, de recommander des séries aux téléphages les plus curieux. Vous me connaissez, je ne le fais pas exprès.

Mais parfois, je m'aperçois de la façon que j'ai de présenter les choses, notamment sur Twitter où les caractères sont limités. Et il faut quand même avouer que ce qui semble un pitch intéressant, original ou un peu fou au premier abord... eh bien, peut parfois un peu faire peur.

Ainsi, pour Death Valley, j'ai tenu un discours assez incompréhensible du genre de "il y a des vampires, des zombies et des loup-garous, ça me fait peur mais c'est cool !", et sur Threesome, un pitch qui peut faire peur, "trois amis couchent ensemble et la fille tombe enceinte". Imaginez un peu l'effet sur quelqu'un qui ne s'y attend pas...

DeathValley-cast
Alors forcément, ça fait réfléchir. Quand l'un de mes collègues, le lundi matin, me demande ce que j'ai regardé et que je lui dis, en quelques mots pendant que je diffuse la revue de presse, que c'était "une série norvégienne sur un mec qui revient dans son patelin natal" ou que je me suis envoyé l'intégrale d'une série "où la femme d'un politicien est trompée par lui et reprend son métier d'avocate", ça fait pas envie, forcément. (Reconnaitrez-vous les séries en question ?) Peut-être que je suis nulle pour résumer une série ; peut-être aussi que l'exercice de recommandation demande un peu plus qu'un simple résumé du pitch et qu'on ne peut pas faire ça en quelques mots.

Mais du coup je me demande si ce n'est pas aussi ça, parfois, qui fait que j'échoue à vous donner envie de regarder certaines séries que j'ai appréciées. Evidemment, on ne peut pas dire que je me limite dans le nombre de caractères sur ce blog, et d'ailleurs, dans le podcast de SeriesLive non plus on ne peut pas dire que je sois silencieuse, mais peut-être que c'est la façon de tourner les choses qui ne facilite pas la contagion.
Peut-être aussi qu'il faudrait que je résume plus. Je me suis aperçue à travers mes reviews de The Slap que je résume en fait assez peu les intrigues et que, pour une fois que je faisais des reviews épisode par épisode, je décrivais des passages entiers et ça m'était en fait très peu familier, comme procédure. J'ai plutôt tendance à parler de mes impressions que de ce qui se passe ; c'est bien dans le sens où ça vous évite les spoilers, mais d'un autre côté, peut-être qu'en réalité les posts vous sont un peu imperméables parce qu'ils ne prennent du sens qu'une fois qu'on a vu l'épisode aussi, or pourquoi regarderiez-vous un épisode sur la base seule de mes impressions quand son résumé vous est si opaque ?

Pas facile de trouver un équilibre, et c'est pour ça que les fiches de SeriesLive sont d'un grand soutien. Parce que dans ce contexte purement objectif, je suis obligée de me poser pour essayer de résumer l'histoire le plus clairement possible au lieu de la mêler à mes impressions vis-à-vis de la série.
Depuis la création de ce blog, j'ai toujours lié mes posts aux fiches de SeriesLive, principalement parce que je fréquente et contribue "activement" à ce site depuis... fin 2004, ça ne nous rajeunit pas. Ces derniers temps, je voyais les news comme un moyen d'attirer votre attention sur les séries, en dépit du fait (et ça se confirme quand je fais des bourdes comme ce soir) que je ne suis pas une newsmakeuse dans l'âme. Ptet que finalement, c'est sûr les fiches que je devrais reporter le gros de mon attention...

Posté par ladyteruki à 01:11 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

07-11-11

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-11-11

Time and again

S'il est communément admis, bien qu'avec plus ou moins de mal selon les interlocuteurs parfois bornés, que tout le monde ne perçoit pas une même série de la même façon (ce qui rend instantanément l'usage des commentaires d'un blog plus passionnant), on sous-estime un peu d'autres sensations à géométrie variable en téléphagie.
La perception du temps en est une. Pas simplement parce que nous nous nourrissons uniquement d'images qui sont la photographie d'instants appartenant forcément au passé, mais simplement parce que, de par notre passion, nous modifions juste un peu la façon dont nous pensons notre rapport au temps.

AlaRecherche


Le degré de distortion temporelle que nous expérimentons tous, c'est celui qui apparait quand on découvre un épisode pour la première fois (mais vous pouvez l'avoir ressenti avec un film, un clip ou une publicité, également).
Lorsqu'on découvre les images pour la première fois, on a tendance à avoir l'impression que la video est plus longue, alors que si on la regarde une seconde fois peu de temps après, on trouve qu'elle passe plus vite. Mais il est vrai que je n'ai jamais fait le test avec un épisode de Derrick... Il y a probablement un phénomène cognitif derrière tout cela, d'ailleurs, venant du fait, je présume, que nous analysons avec plus d'intérêt une scène que nous découvrons pour la première fois, alors que si nous la connaissons déjà, notre cerveau s'économise sûrement la peine de l'étudier en détail (c'est probablement la même raison que celle qui fait que lorsque vous relisez une dissertation ou un post pour la 10e fois, vous ne voyez plus les fautes d'oretographe).
Cette perception faussée du temps n'a toutefois pas de conséquence grave, au contraire, c'est un petit arrangement avec le réel pour mieux profiter d'une intrigue donnée.

Cependant, il y a plus vicieux : la façon dont nous concevons le temps à cause des diffusions. Et c'est là que notre cerveau finit par nous jouer des tours.
Déjà, rien que les minutes précédant la diffusion d'un épisodes semblent tordues : elles sont à la fois plus lentes en raison de la publicité qui nous fait attendre, et en même temps, rien n'est jamais prêt : on n'est pas encore en face de l'écran, le téléphone a sonné ou on nous a appelé dans une autre pièce, on a oublié le jus d'orange pulpé à la cuisine, on a froid aux pieds et le plaid est au lavage, le chien réclame ses croquettes, enfin ya toujours quelque chose, quoi, et du coup c'est la précipitation de peur de manquer l'épisode, comme si le temps s'était accéléré juste pour nous narguer.
Outre l'effet de ralentissement du temps évoqué ci-dessus, on rappellera également que pendant l'épisode, le monde est supposé se mettre en pause, et ne reprendre la marche de son (à peu près) bon fonctionnement que 45 minutes plus tard.

Mais le plus fou, c'est que notre perception de la semaine dans sa totalité peut se trouver affectée par les diffusions. Même quand on ne les suit pas à la télé, d'ailleurs, on n'est pas totalement affranchis de l'emprise du temps : le simple fait de suivre la diffusion US nous asservit tout de même au calendrier, puisque vous n'avez pas le choix et êtes obligés d'attendre que l'épisode suivant soit diffusé. Mais ce calendrier est détendu comme un pull trop porté : aux coudes, par exemple, il est plus lâche ; et ainsi on se retrouve dans la situation absurde où la semaine revêt un caractère totalement déformé.
A titre personnel, par exemple, ma semaine commence très fort avec l'attente des séries du dimanche (PanAm, Homeland, The Walking Dead parce que ça va pas bien dans ma tête, The Good Wife que j'ai reprise, peut-être bientôt Hell on Wheels ?), suivie d'un lundi tout aussi fort en émotions (avec Enlightened, Threesome même s'il n'y en a plus pour long, Death Valley, et 2 Broke Girls). Ces deux jours sont des jours où les épisodes semblent se précipiter, où il n'y a jamais assez de temps pour rien. Et puis, vient la suite de la semaine. Un vaste désert d'ennui où les seules oasis sont Suburgatory, Reed between the Lines (avec, Dieu merci, DEUX épisodes), et maintenant Boss. Ces 5 jours-là, les jours ne passent pas, c'est interminable, je me rabats sur des vieux pilotes, des intégrales, du rattrapage, et le temps passe incroyablement plus lentement, c'en est désespérant. Pour le weekend, je me réserve en général également The Slap, histoire de meubler. Et la semaine suivante, ça recommence (enfin presque, tenant compte des fins de saisons et des hiatus, d'ailleurs Threesome va incroyablement me manquer).

Mais là où la distortion est flagrante, et où on sent bien toute la subjectivité de la chose, c'est que ma semaine ne ressemble qu'à ma semaine, selon la sélection de séries que je regarde. Un téléphage ne regardant que des comédies verrait probablement la semaine avec un regard totalement différent. En fait, personne n'a la même sensation de la semaine qui passe, car personne n'a exactement le même programme hebdomadaire que moi. Nous passons le même temps à respirer pendant ces 7 jours, et pourtant, aucun de nous ne vit la durée de cette semaine de la même façon.

Et ainsi, chaque téléphage forge lui-même son temps sur mesure, souvent sans même y penser. Tout cela... simplement parce que nous regardons des séries. N'y a-t-il pas là quelque chose de prodigieux ?

Alors j'avais juste envie, curieuse comme je suis, de vous demander : à quoi ressemble votre semaine téléphagique ?

Posté par ladyteruki à 17:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

18-10-11

Addiction à la nouveauté

TheBadTelephage

Même en essayant de reconstituer le fil des évènements, il m'est difficile de dire quand, et surtout comment, j'en suis arrivée là, mais ce sont les faits : j'ai arrêté de regarder The Good Wife quelque part pendant la 2e saison. Je suis pas fière, si ça peut vous rassurer.
Ce qui m'intrigue c'est que je n'ai aucun grief particulier contre cette série, bien au contraire ; en fait elle fait partie de ma courte liste des séries que j'aime passionnément et qui ont survécu à deux saisons tout en étant encore en cours de diffusion. Réflexion faite je ne suis pas convaincue qu'il y ait plus de 3 titres sur cette liste.

Alors comment cela s'est-il produit ?

L'accident con, comme souvent, je pense. Ne pas regarder un épisode par manque de temps, voir qu'un autre sort, décider de reporter au prochain weekend, aux prochaines vacances, au prochain trou dans l'emploi du temps téléphagique, découvrir pour la centième fois que le trou dans l'emploi du temps téléphagique est un mythe urbain.
Penser régulièrement à la série, fêter la moindre bonne nouvelle, se réjouir de ses récompenses, mais toujours reporter, encore.
Le fait n'a rien de nouveau chez moi : ça fait depuis l'été 2010 que je dis que je veux me refaire une intégrale Jack & Bobby. A côté de ça je regarde voire re-regarde des pilotes sans arrêt (une intégrale d'Action! en septembre, aussi), alors que je pourrais utiliser ce temps pour continuer The Good Wife.
Ca n'a simplement pas de sens, c'est le problème quand on marche à l'envie et au coup de coeur.

Mais voilà, c'est un système (ou plutôt, non-système) qui fait des victimes, crée des abandons, entame un cercle vicieux.
L'autre jour, je ne sais pas plus comment, sans doute en rangeant mes vieilles cagoules, je suis retombée sur l'épisode de la fin de la 1e saison, et ce cliffhanger était tellement magnifique ! C'est là que j'ai réalisé que The Good Wife avait repris depuis... que sa TROISIEME saison avait repris. Et que je n'avais aucune idée de la façon dont la saison 2 s'était terminée.
J'ai eu atrocement honte de moi. Alors j'ai repris la saison 2, parmi les mille autre choses que j'ai envie de tester, de voir, de revoir, ou de m'envoyer en intégrale. J'adore toujours autant cette série quand je la regarde ; mais la vérité c'est que, quand j'ai du temps devant moi, je suis obligée de me botter les fesses pour m'y mettre même si je passe un excellentissime moment ensuite.

C'est vraiment une facette de mon comportement téléphagique qui s'est aggravée depuis quelques saisons, et qui m'horripile. L'envie de découvertes est si forte qu'elle se fait parfois au détriment d'excellentes séries que je ne suis plus au rythme hebdomadaire alors que je les adore. La même chose est arrivée à Nurse Jackie, entre nous soit dit. J'arrive même pas à me rappeler quand ni comment non plus.
Parfois j'en viendrais à souhaiter que ces séries soient finies (mais avec dans leurs manches une petite demi-douzaine de saisons, mettons) et que je puisse me les enfiler plutôt en intégrale.

Et pendant ce temps je n'ai absolument aucun problème à cagouler chaque semaine, et regarder dans les 24h qui suivent, les épisodes de PanAm ou Death Valley, je ne me prends jamais à défaut sur celles-là. Des séries auxquelles en théorie je devrais être moins attachée, parce que je les regarde depuis moins longtemps et que le propre des séries, normalement, c'est de fonctionner sur l'attachement sur le long terme !
Qu'est-ce qui cloche chez moi ?

Posté par ladyteruki à 22:22 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

02-09-11

Vallée de la mort qui tue

Dépasser les appréhensions. Surmonter les obstacles. Repousser les limites.
Tenter Death Valley.

DeathValley
Ha ha ha, même pas peur.
Si, un peu.
Faut dire que là c'est quand même le jackpot : une série policière, un mockumentary, des zombies et des vampires. Que des trucs bien à la mode mais qui me font hurler d'horreur, quoi. C'est même étonnant qu'il n'y ait pas d'ado tellement la formule semble concentrer tout ce que je n'aime pas à la télévision.

Et pourtant Death Valley n'est pas si mal. Pour une série policière mockumentaru avec des zombies et des vampires, je veux dire. En fait, déjà, les zombies sont moins flippants qu'attendu parce qu'ils sont plus vifs (ce qu'excpose assez bien la première séquence de course-poursuite), et que quelque part, ça les dé-zombifie. Ils sont juste moches, gluants et amateurs de chair fraîche, mais ils n'ont pas ce côté profondément malsain des zombies de The Walking Dead, paradoxalement ça les rend plus supportables qu'un regard torve et des gestes lents, bien que de toute évidence ils soient moins humanisés que les vampires et les loups-garous (peu représentés, les loulous, dans cet épisode, en fait), ça retire un peu de leur pouvoir de nuisance psychologique sur la pauvre créature impressionnable que visiblement je suis.

Autre élément, le cast. Là comme ça, ça n'a l'air de l'air, évidemment, quand tout le monde parle toujours des superstars de la télévision qu'on attend et qu'on attend comme le Messie (s'pas, Ringer ?), mais quand on a vu Tania Raymonde grandir, forcément ça fait toujours plaisir de la trouver dans un rôle un peu badass comme ça. Et puis, personnellement, Bryan Callen fait partie de ces acteurs que depuis plus d'une décennie, j'aime bien retrouver à l'écran ici ou là. Il n'a rien de spécial, il n'est pas un acteur incroyable, il m'est juste sympathique. Donc voilà. Ca fait toujours plaisir.

Death Valley trouve un juste milieu entre l'action un peu gore (...bon d'accord, pas qu'un peu, mais ça pourrait largement être plus violent ; j'ai vu Battle Royale quelques heures plus tôt, faut dire) et l'humour, ce qui n'était pas un mélange facile. L'équilibre est d'ailleurs par moments hésitant (l'un des personnages est trop grotesque par rapport aux autres) mais globalement ça fonctionne parce que ce n'est pas de l'humour trop lourd, tout en restant potache, et cela n'entache jamais l'action qui elle est toujours bien sympa.

Je suis ressortie du visionnage du pilote avec un peu la même impression que celle que j'avais eue avec NTSF:SD:SUV::, un vrai moment de détente (je n'ai réellement flippé ma race que dans la bande-annonce des épisodes suivants) pas prise de tête. Ah, c'est sûr, yaura toujours des gens pour vous dire que c'est pas très intellectuel, mais en même temps ce n'est pas abrutissant pour se mettre à la portée du plus petit dénominateur commun, juste décontracté, et c'est comme ça que j'aime ce genre de séries. On ne peut pas regarder du Game of Thrones ou du Shinya Shokudou tout le temps non plus, mais au moins on n'a pas l'impression d'être pris pour un abruti.
En fait, je vais même vous dire : c'est typiquement la série qu'il doit être sympa de regarder avec des copains et une bonne pizza (pourvu d'avoir le coeur bien accroché). D'ailleurs j'aurais ptet moins les jetons si j'avais quelqu'un à côté de moi avec qui rire de ces trucs-là (un peu grassement, certes).

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Death Valley de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - Review vers le futur - Permalien [#]


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