ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-09-13

Vraie malhonnêteté

Officiellement, depuis samedi à 23h59, le défi que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé voilà un an a pris fin... ce qui veut dire que désormais, les pilotes diffusés ne rentrent pas dans le champs de notre challenge, qui consistait à tous les regarder puis tous les reviewer. Pour autant, les règles de notre défi stipulent qu'il n'y a pas de date de péremption pour la publication des reviews pour les pilotes diffusés avant cette date ; attendez-vous donc à lire encore quelques unes de ces reviews... comme par exemple, ce soir, celle de Siberia.

Siberia

Ce weekend, je vous avoue que je me suis remise en question. En fait, j'en suis arrivée à un point où je me suis sermonée. Je me suis dit : écoute, lady, voyons les choses en face, si tu as un problème avec toutes les séries ayant un concept original, c'est sûrement que tu en attends trop. Que tu penses qu'un bon concept équivaut à de la créativité. Que tu crois qu'avoir une bonne idée et bien la développer correspondent au même talent ; et clairement, ce n'est pas vrai, tu te racontes des choses. La cruelle désillusion imposée par des séries du genre de Last Resort montre bien qu'au contraire, plus l'idée est originale et sort de l'ordinaire, plus les scénaristes sont perdus. Oui, je cite souvent Last Resort, mais c'est parce qu'elle m'est restée là.
Pourtant je n'apprends pas de mes erreurs. Je continue d'être alléchée par ce que je pense être de très bons concepts. Ca me perdra.

Au bout d'un moment, je finis par comprendre les gens qui choisissent de regarder des séries creuses et peu originales ; quand on voit ce qu'accomplissent les séries au pitch original, dans le fond ça se comprend. Autant aller à la facilité et ne pas courir le risque d'être déçu.

Me voilà donc devant Siberia ce weekend (rien à voir avec l'excellent jeu video) et rien à faire, je l'ai mauvaise. J'ai l'impression d'avoir perdu 42 minutes de ma vie, voire quelques unes de plus. En fait, j'en veux moins à Siberia pour ces 42 minutes de pilotes, que pour les quelques minutes, avant que je ne lance mon épisode, que j'ai passées à me rejouir à l'idée de regarder Siberia. Je sais pas si ça fait sens pour vous, mais l'amertume se trouve là.

Reprenons : Siberia est donc une série diffusée par NBC cet été, dans laquelle une émission de télé réalité se déroule en Sibérie, alors qu'une poignée de candidats se retrouvent dans un coin de terre isolé de tout, où ils vont devoir passer plusieurs semaines dans des conditions indécentes, afin de pouvoir prétendre à une somme d'argent indécente, mais d'une autre façon. Sauf que les choses ne tournent pas du tout comme prévu, et que le tournage de Siberia, l'émission de télé réalité, tourne assez vite au cauchemar.

Sur le coup, ce qui m'a énormément agacée, c'est que Siberia se présente, sur la forme, exactement comme les émissions de type Survivor qu'elle est supposée singer. C'est évidemment dans sa nature, et on ne peut pas dire que ça m'ait beaucoup surprise, mais c'était énervant, eh bien, simplement parce que je déteste la télé réalité (j'ai officiellement gagné le titre de vieille conne acariatre, je suppose, mais c'est comme ça). Mon problème c'est d'ailleurs que, en n'ayant vu que deux ou peut-être trois épisodes de Koh Lanta de toute ma vie (et encore, aux débuts), j'ai l'impression de revoir exactement les mêmes poncifs être étalés dans Siberia.
Quand on ne supporte pas un courant télévisuel qu'on juge pauvre, et qu'on s'aperçoit qu'en plus de 10 ans, rien parmi les standards du genre ne semblent avoir changé, il n'y a aucune raison d'être de bonne humeur, vous imaginez bien.

Pourtant, le coeur du problème, dans le fond, ce n'est pas que Siberia reprenne absolument tous les codes d'émissions équivalentes. Il fallait au contraire s'y attendre, mais ce n'est pas de là que vient la faute. J'ai passé le plus gros de l'épisode à attendre que quelqu'un brise le quatrième mur ou, au moins à espérer que quelque chose, un élément quelconque, vraiment n'importe lequel, m'invite à prendre du recul avec l'émission. Au lieu de ça, Siberia a joué à fond la carte de l'immersion.
Et finalement je n'ai pas vu de différence entre devoir regarder une émission de ce type, et regarder Siberia.

Tout est fait pour nous faire oublier qu'on regarde un programme fictif, et on se retrouve finalement à regarder une vraie émission de télé "réalité", genre télévisuel dont en plus on sait très bien qu'il n'est pas basé sur le réel mais sur des scripts et toutes sortes d'outils de production d'ailleurs empruntés à la fiction, mais détournés pour faire croire que c'est vrai. Or, je suis de l'école de pensée que si on voulait regarder de la télé réalité, on utiliserait ces 42 minutes pour regarder de la télé réalité ; inversement, je regarde une fiction, j'attends de me sentir comme dans une fiction.
Ce brouillage ne fonctionne pas pour moi, de la même façon que certains ne sont pas à l'aise avec les dramédies et préfèrent regarder soit un drama, soit une comédie, mais pas quelque chose entre les deux.

Et puis, dans le fond, pourquoi regarde-t-on une fiction à propos d'un produit télévisé ? Pour avoir l'impression d'en pénétrer les coulisses ! Pour décortiquer la façon dont elle est faite, prendre du recul sur son mode de fabrication, ou éventuellement inventer, pour les amateurs de théorie du complot, de folles explication sur leur fonctionnement ou leur message (en cela, Cult était plus dans la gamme de ce que j'attends). On attend une mise en abîme. On attend qu'on porte un regard cynique sur les médias. On attend qu'on nous dise quelque chose d'atroce sur nous.
De la même façon qu'on n'attend pas d'une série sur l'industrie de la musique country de nous montrer uniquement des chanteurs préparant leur concert (Nashville), ou d'une série sur la production de films qu'elle nous dévoile un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentila (Action!), ce qui est vraiment intéressant, c'est de déconstruire l'objet culturel visé, même si c'est de façon fantasmée. Pitié, ne me dites pas que je suis obligée de regarder Dead Set pour obtenir cela à propos d'une émission de télé réalité !
Or ce n'est pas du tout le but de Siberia. Siberia veut nous faire croire que c'est une vraie émission de télé réalité qui vire au cauchemar sous nos yeux, qui devient un film d'horreur (plutôt classique au passage) dans un coin isolé où les victimes vont se la jouer Dix petits nègres. Mais comme nous savons que Siberia est encore plus fictive qu'une émission de télé réalité habituelle, ça ne marche pas !

L'immersion rate parce que NBC aurait dû, dés le départ, vendre sa série comme de la vraie télé réalité, Siberia serait éventuellement un projet de série puissant... si ça n'avait pas été une série. Si NBC avait tourné cela à l'expérience télévisuelle provocatrice, nous laissant imaginer que ces évènements se produisent réellement, nous observant, nous télespectateurs voyeuristes, nous affoler à l'idée que mon Dieu, on ne peut rien faire pour ces gens ? Je suis sûre que ç'aurait fait un véritable évènement, avec tous les journalistes se gargarisant de mots sur la dérive de la télé réalité, les spectateurs qui ne veulent pas regarder mais les audiences qui curieusement ne s'effondrent pas, et ainsi de suite.
Et puis finir par dévoiler que non, Siberia, que nous aurions fait mine de trouver abjecte ou terrifiante tout l'été, n'était pas une émission de télé réalité, mais une série dramatique ; et nous laisser avec l'amertume de notre voyeurisme.
Imaginez le buzz que la chaîne aurait récolté ! Et imaginez comment NBC aurait pu repousser, une fois de plus, les limites entre la réalité et la fiction dans un programme ! Là ç'aurait été révolutionnaire.

Mais Siberia n'a pas vraiment d'ambition. Ce n'est qu'une série à la Harper's Island qui veut paresseusement se reposer sur les codes de la télé réalité, et qui finalement n'accomplit rien, si ce n'est évoquer, par moments, Lost, et encore. Elle veut surfer sur les méthodes de les programmes d'un genre pour s'éviter d'en explorer vraiment un autre. Dans le fond, la méthode de Siberia est profondément malhonnête.

Je ne sais pas pourquoi les concepts originaux m'attirent. C'est peut-être parce que, quand je les lis pour la première fois, mon imagination se met en marche. Dans ma tête, Siberia est une série vraiment chouette et ambitieuse, je vous jure !
Peut-être que dans le fond, je ne devrais pas espérer voir un jour la série suédoise 183 Dagar, qui se déroule après la sortie de ses candidats par un équivalent de Loft Story. Peut-être que les concepts originaux et alléchants, dans les séries, doivent rester cela : des concepts, pas des séries. Pour sûr, on serait moins souvent déçus.

Mais c'est précisément ce même espoir qui me poussera, dans un mois, six mois ou un an, à lancer un autre pilote d'une série reposant sur un concept exceptionnel. Tant qu'il y a de la téléphagie, il y a de l'espoir ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-08-11

The ongoing nightmare

ForgetMeNot

Les mots peinent à décrire la terreur que cela m'inspire.

Flashback.
Il y a un an, ma vie était mille fois plus simple. J'étais terrifiée par les vampires, et rien qu'eux. Une idiote phobie de mon enfance dont je n'ai jamais réussi à me débarrasser ; la faute de cauchemars récurrents depuis près de 3 décennies, qui m'empêchent de tranquillement faire comme si une paire de dents était sans signification dans mon imaginaire. Mais la chose était entendue : pour certains, ce sont les serpents, ou les araignées, pour moi, c'étaient les vampires, et même malgré cette foutue mode qui leur a permis d'infester les écrans, je pouvais relativement bien gérer le truc. Par "bien gérer", j'entends que je fais toujours cycliquement ces maudits cauchemars, lorsqu'un extrait ou une promo quelconques se dévoilent dans la journée et servent de déclencheur à toutes mes atroces paniques une fois la nuit tombée, lorsque, je sais que c'est idiot, mais je guette les ombres au moment de me coucher, et que même par 30°C je m'enroule le cou dans ma couette juste pour que ce soit un peu plus difficile de me mordre. C'est ma phobie idiote et, d'après ce que je sais, on en a presque tous. Ma frangine rei, par exemple, ce sont les yeux (quand quelqu'un se touche les yeux, se retourne la paupière ou simplement met des lentilles de couleur). Moi ce sont les vampires. C'est comme ça.
Mon monde personnel de terreurs stupides était donc simple. Il y avait les vampires. Et par association d'idée, les piqûres et les abeilles (après on va dire que c'est Freudien !), mais vraiment, surtout les vampires. Et finalement, une fois qu'on a cerné le problème, on vit très bien, on prend le réflexe pour cacher l'écran quand survient une paire de crocs qu'on n'attendait pas, on apprend à ne pas regarder ce qui pourrait causer une nouvelle vague de cauchemars, et on continue sa vie télépagique sans trop de conséquences. De toute façon, après avoir vu le preair et le véritable pilote de True Blood, je n'ai pas la conviction d'avoir raté grand'chose alors, bon, ya pas de réel sacrifice derrière tout ça.

C'était jusqu'à l'an dernier. Et puis, quelqu'un, je ne sais plus qui, a eu la royale idée un jour de proposer un SeriesLive Show spécial Halloween, à l'occasion de ladite fête, qui coincidait avec l'arrivée d'un pilote. C'était vraiment un coup de génie, ça ! Un spécial Halloween, en pleine mode pro-vampires !
Et pourtant, ce n'est pas mon ennemi juré, le vampire, qui m'a traumatisée à cette occasion.

C'est le visionnage de Dead Set, très gore, et surtout de The Walking Dead. Terrifiant. Question 3

Je dis toujours que dans The Walking Dead, le plus abominable, c'est le scénario. Malheureusement ce n'est pas la seule chose. Subitement est apparu dans mes cauchemars un challenger, pour moi qui n'avais jamais vu de fiction avec des zombies, soit par instinct de conservation, soit simplement par manque de curiosité envers le genre (et pour cause), probablement aussi parce qu'il a essentiellement été cantonné aux films et que je ne suis pas naturellement attirée par les longs-métrages.
Depuis l'automne dernier, des zombies sont donc apparus dans mes cauchemars. Ca permet aux vampires de prendre quelques jours de congés une ou deux fois par mois, après 30 années de bons et loyaux services non-stop.

Et puis, ça va un peu au-delà aussi. Parce qu'à l'époque du podcast j'avais essayé de préparer le truc, et j'avais lu pas mal de choses sur les zombies, la zombie apocalypse, tout ça, et qu'au final, je crois que ma terreur, si elle a été initiée essentiellement par The Walking Dead (passé le choc du visionnage de Dead Set, finalement, c'est pas la série qui m'a le plus marquée des deux, peut-être parce que ses zombies sont plus over the top), dépasse largement cette seule fiction. C'est le mythe du zombie dans son intégralité qui me glace le sang.
Je le ressens essentiellement quand je suis fatiguée, ce qui est souvent le cas ces derniers temps parce que, à cause de soucis persos, je fais des nuits de deux à trois heures en semaine, et que ça m'use un peu. Et l'autre jour je suis rentrée du boulot, je me suis commandé des sushi par flemme de sortir, et ma peur nouvelle du zombie a choisi ce moment-là pour se manifester : j'ai cru entendre le livreur devant la porte, je suis allée dans l'entrée, je n'ai vu aucune lumière filtrer depuis le hall sous ma porte, et là, la main sur la serrure, j'ai soudain eu cette étrange pensée qui m'a figée sur place. "Et si la zombie apocalypse avait commencé ? Ca se trouve je suis sur le point d'ouvrir à un zombie qui n'attend que ça pour me boustifailler". Je vous avais prévenus, mes frayeurs sont stupides. Et le fait est qu'il n'y avait personne dans le hall.

Mais le mal est fait. Et de temps à autres, quand je suis fatiguée, il me vient une idée comme celle-là, tout comme le soir, en allant me coucher alors que je suis pas encore KO mais bien claquée, je me dis qu'il faut que je garde à l'oeil cette ombre dans le coin de la pièce, des fois que. Désormais il y a des instants WTF dans ma vie où je regarde une porte blindée au bureau avec soulagement, ou bien où je me réveille en me demandant combien de temps ça prendrait, le matin, pour m'apercevoir qu'il y a eu une zombie apocalypse dans la nuit (me ferais-je bouffer avant d'arriver à la gare ou finirais-je mes jours coincée dans un train sans issue de secours ?), ou bien... Des idées à la con, il faut le dire, qui ne durent qu'une poignée de secondes pendant laquelle mon esprit échappe à mon contrôle et s'aventure sur le terrain de mes frayeurs les plus irrationnelles.
Et puis il y a les cauchemars, et ça, que je les trouve stupides ou pas, ils viennent quand même.

C'est assez fascinant d'essayer de comprendre pourquoi ces deux créatures-là, et aucune autre, ont frappé mon esprit apparemment impressionnable ; pourquoi jamais je ne fais de cauchemar à base de loup-garou, de revenants, de sang, de chiens féroces ou de lentilles de couleur posées à l'envers... Des trucs qui font peur à d'autre ne m'ont pas marquée de cette façon. Mes cauchemars sont uniquement peuplés de vampires, et donc maintenant un peu de zombies (une proportion encore modeste, mais significative puisque ça ne fait même pas un an que je les ai découverts). Quelle est leur symbolique universelle, et leur symbolique dans mon esprit, pour que ça fonctionne si bien ?
Qu'est-ce que ces créatures ont que les autres n'ont pas ?

Comment une poignée d'épisodes (même pas vraiment impressionnants, si on veut être honnêtes, dans le cas de The Walking Dead) ont-ils réussi à me traumatiser à ce point ?

Quelle que soit la raison pour laquelle cette série a déclenché quelque chose d'aussi fort en si peu de temps, je suis bien obligée d'admettre que, pour cette seule raison, il y a eu un avant et un après The Walking Dead.
Et dans le fond c'est aussi très impressionnant de voir qu'une série dont à la base je n'attendais rien, et qui, téléphagiquement, ne m'a même pas impactée, a réussi à me toucher aussi puissamment, même de façon tordue et ridicule.

Le pouvoir des fictions sur les émotions (et l'intervention répétée des séries dans notre univers n'aide probablement pas) n'en finit pas de m'impressionner. C'est peut-être la base du problème. Et peut-être aussi que si je regardais justement plus de trucs horribles et effrayants, j'aurais appris à me blinder contre ça. Mais si je laisse une série me faire pleurer, ou me fait rire, avec sincérité, ce n'est pas très étonnant qu'il s'en trouve une, de temps en temps, pour me faire flipper.
Simplement parfois, j'aimerais décréter que j'arrête de regarder mes cauchemars, aussi facilement que j'arrête de regarder une série comme je l'ai décidé pour The Walking Dead.

Posté par ladyteruki à 01:54 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

25-11-10

Braindead

En fait ya deux options qui pourraient rendre le visionnage de The Walking Dead intéressant. Parce que pour le moment, osons le dire, l'électroencéphalogramme est plutôt plat.
Va yavoir du spoiler dans ce post, les enfants. Et des zombies, en plus ; c'est dire si c'est pas tous publics.

Soit on décide qu'on est intéressés par la cause : savoir comment les gens sont devenus des zombies à la base. D'après ma très petite expérience en matière de zombie (et je ne tiens pas tellement à l'approfondir), c'est un angle dans lequel peu de fictions de zombies s'aventurent, l'une des raisons en étant souvent leur durée (j'y reviendrai) : le zombie EST, et puis c'est tout, on cherche pas plus loin et c'est pas comme s'il y avait une solution, si ? Non, yen a pas. Et c'est ça le problème : si on étudie le pourquoi, comme dans "pourquoi c'est arrivé ?", on est obligés de se demander comment : "comment ça peut s'annuler ?". Il y a derrière la question de la cause une association d'idée sous-jacente de solution, de guérison. Et ça je suis pas sûre qu'une série sur les zombies ait vraiment envie de s'y intéresser ; dans le fond qu'est-ce que ça donnerait ? On aurait une maladie à guérir ? Nan mais vous les voyez avec un petit vaccin, mettre les walkers en rang discipliné pour leur faire leur piquouse chacun son tour ? Sans compter que personne actuellement dans l'équipe n'est médecin, et moins encore chercheur, pour pouvoir élaborer le remède-miracle.
Mais enfin, ce serait quand même intéressant de se poser la question, par principe, et parce qu'on a besoin d'une mythologie, ce serait pertinent de se poser la question de savoir d'où ça vient. On peut imaginer que des thèses conspirationnistes pourraient s'en mêler et là ça serait un brin décevant, trop convenu, mais quelque part... si c'est bien fait, pourquoi pas ?

Soit on veut savoir ce qui s'est passé, quand ça s'est passé : alors ok, admettons qu'on ne veut/peut pas savoir comment le premier zombie est apparu, puisqu'il faut bien qu'il y en ait un premier. Mais imaginons que ce moment, quand le premier zombie a débarqué, est l'instant T. Eh bien pourquoi ne pas s'intéresser à l'instant T+10mn ? L'instant où les zombies ont commencé leurs ravages, ça peut être intéressant : c'est générateur de beaucoup, beaucoup d'adrénaline (et ça, The Walking Dead compte bien dessus), c'est générateur de scènes d'action (ça aussi c'est pile dans le domaine de The Walking Dead d'ailleurs), c'est générateur de scènes dramatiques aussi... les gens qui réalisent ce qui est en train de se passer, qui comprennent petit-à-petit les règles du jeu... Parce que les zombies étaient pas livrés avec un kit pour les débutants, yavait pas de notice explicative : "bonjour, ceci est ce qu'on appelle un zombie, également connu sous le terme de walker ou geek. S'il vous mord, vous deviendrez comme lui après être mort dans d'atroces souffrances, et il n'est pas dit que vous ne serez pas en partie démembré avant que la mort ne vous délivre. A la suite de quoi vous errerez à votre tour à la recherche d'humain à dévorer, qui à leur tour deviendront comme vous, et ainsi de suite. Sachez que si quelqu'un vous explose la tête, vous êtes définitivement mort, mais sinon c'est bon, vous pouvez continuer à déambuler de façon morbide dans les rues et les campagnes. Note : ah oui, et si vous êtes encore vivant à la fin de cette notice, sachez qu'exploser la tête du zombie ici présent devrait, au moins temporairement, vous éviter ce funeste destin. Merci d'avoir confiance en nos produits et bonne journée".
Je déconne, mais tout ça fait l'air de rien beaucoup de potentiel dramatique quand on y pense : les premières personnes à avoir vu les membres de leur famille se décomposer (littéralement), les tentatives désespérées de survivre dans le chaos incompréhensible, la panique dans les villes, l'isolement dans les campagnes...
En plus, ya vraiment pas mal de choses qu'on ignore sur les règles du jeu : au bout de combien de temps un humain boustifaillé devient-il zombie ? Si on l'enterre avant transformation, le zombie peut-il sortir de sa tombe ? Quelle est la puissance de l'odorat d'un zombie ? (à quelle distance peut-on marcher tranquillement dans son voisinage, quoi) Et la zombie apocalypse, c'est vraiment l'occasion en or de découvrir ça avec les personnages. Des règles élémentaires pour "calculer" sa survie.

Qu'on s'intéresse à l'instant T ou à l'instant T+10mn, c'est quand même quelque chose que The Walking Dead devra explorer à un moment ou à un autre, non ?
Parce que le problème, c'est que jusqu'encore récemment, et à la notable exception de Dead Set, les fictions de zombies, c'est quand même essentiellement du one shot, et des films (même avec suite) n'ont pas à se préoccuper autant de mythologie. On ne le leur demande pas, déjà, et puis quand bien même ils n'auraient pas le temps de faire de miracle. Mais là, c'est une série et le spectateur attend un peu plus que ça.

Si la série ne le fait pas, elle se met même en danger, parce qu'en quatre épisodes le concept montre déjà ses limites : on a une poignée de personnages qui tentent de survivre, et il est assez évident que tout le monde n'y parviendra pas (redshirt syndrome oblige, on devine assez bien qui a le plus de chances de s'en tirer), et puis c'est tout.
Mais à un moment il faudra bien évoquer quelque chose pour tenir l'attention des spectateurs sur le long terme. On l'a dit pendant le podcast : les zombies sont en large supériorité numérique, par la force des choses l'horizon est un peu bouché pour les protagonistes, il faut donc étudier une porte de sortie avant la fin de la saison, pas pour lui trouver une conclusion, évidemment, mais pour justifier au contraire la présence d'une seconde saison, pour ne pas tourner en rond dans ce schéma narratif. Ça peut, certes, passer par des épisodes s'intéressant à d'autres groupes de survivants, mais ça reste une parade temporaire. Il faut donc non pas voyager géographiquement mais voyager dans le temps ; le flashforward serait une solution de facilité scénaristique mais ne fonctionnerait pas alors qu'une deuxième saison est en vue, reste donc le retour dans le passé, comme un passage obligé, pour vraiment fouiller le thème de la zombie apocalypse dont on nous a privés.

Alors bon, je ne dis pas que The Walking Dead est fondé uniquement sur la conception bourrine de la survie en milieu zombie, il y a naturellement, en 4 épisodes, quelques axes qui ont commencé à se dégager : le triangle amoureux, les deux frères séparés, les différents personnages plus ou moins recommandables de la petite communauté... ça occupe, c'est sûr, mais seulement pour quelques épisodes. L'autre, avec sa frangine qui vient de se faire boulotter, en même temps j'avais prévenu qu'il y aurait du spoiler, bon, on en a encore pour un épisode, deux si vraiment on est en déveine, à en entendre parler (faudra bien disposer intelligemment du corps, hm ?). Ça ne nous mènera cependant pas loin, surtout qu'a priori la plupart des personnages sont déjà passés par là. Dans ce cas pourquoi nous faire assister à cette version tardive de la zombie apocalypse ? Si c'est parce qu'on cherche juste à nous faire patienter en attendant un final énorme, bon, mais sinon ?
Et à la limite, le flic, pardon mais on s'en branle. Je sais que c'est notre personnage principal mais on s'en tamponne vigoureusement le coquillard. Il est d'une transparence ! C'était bien pour nous servir d'introduction, ça faisait son petit effet de trouver le monde désertique à son réveil et de le découvrir avec ses yeux, mais là qu'on s'en débarrasse, il n'apporte rien le cowboy. Ce qui est intéressant c'est explorer ce qu'ont vécu les autres, qui sont passés par la zombie apocalypse. C'est là que ça se passe, au niveau adrénaline, action et drame. C'est vrai que le 4e épisode faisait un peu moins de cas de ce gars mais faut complètement le lâcher, il ne mène nulle part, ce perso. D'une façon générale, le triangle amoureux, on s'en débarrasserait, vous ne me verriez pas me plaindre (ya une façon très simple de concilier ces deux demandes d'ailleurs). Si on voulait un numéro sur "je croyais que t'étais mort alors j'ai couché avec un autre mais t'étais pas mort", on aurait l'embarras du choix dans plein d'autres fictions, ya des romans, des films, des téléfilms et des machins sur le sujet, franchement plus attentifs au développement du dilemme d'ailleurs, mais là, dans The Walking Dead, cette intrigue c'est un... poids mort.

D'un autre côté, même en admettant qu'on ne s'intéresse pas à l'origine ou au déroulement de l'arrivée des zombies, on pourrait essayer d'imaginer que la série servirait à dépeindre l'âme humaine dans ses heures les plus sombres (le personnage raciste, le redneck qui bat sa femme et est suspecté de toucher sa fille, etc... sont des pistes dans ce sens), mais même quand la série en a eu l'occasion jusque là, elle a refusé de s'engager dans cette voie. Le gang, par exemple, qui s'avère officier dans un gentil petit hospice pour vieux (moi j'aurais préféré protéger les crèches, mais bon, c'est mon sens pratique je suppose), c'est pas franchement une exploration de travers de l'âme humaine. J'ai trouvé ça gros et dans ce cas, je comprends pas pourquoi le groupe vient pas s'installer avec eux plutôt que diviser les armes en deux et repartir en direction du camps. Autre exemple, le redneck qui est le premier à se faire bouffer dans le 4e épisode, c'est une forme de manque de courage de la part des scénaristes, ça se saurait si c'étaient toujours les enfoirés qui meurent en premier (même quand ils sont cons comme la lune). Donc je ne sais pas trop si la série s'aventurera dans cet aspect-là des choses, qui relève plus du post-apocalyptique que du zombie à proprement parler, c'est vrai.

Walkers

Mais à un moment ou à un autre, de mon point de vue, il va falloir prendre une décision, opérer un virage, quelque chose.
Alors après c'est vrai que j'ai pas lu le comics (je ne suis pas zélée à ce point), et que si le comics a duré longtemps c'est qu'a priori il doit se passer des trucs. Je l'espère en tous cas. Mais pour le moment, moi, je ne sais toujours pas pourquoi je suis encore devant, d'autant que ces saloperies de zombies ont des dents bordel, pas pointues, mais des dents quand même, et je pense que ça doit être de la curiosité malsaine de ma part de regarder la série, vu qu'après j'en ai pour plusieurs jours avec des cauchemars. C'est pas tenable. Il doit absolument se passer quelque chose dans The Walking Dead. Sinon moi je démissionne.
C'est un peu comme Boardwalk Empire : on sent bien qu'on a une série de qualité mais de là dire que c'est une excellente série, il s'en faut. C'est comme si c'était le haut du panier, mais que le niveau avait quand même bien baissé...

D'un autre côté ça me fait réfléchir à plein de choses saugrenues, cette série.
Comme l'autre jour, à mon nouveau boulot, où j'ai découvert que pour accéder à mon bureau il fallait passer une porte blindée avec en plus un code, et je me suis dit que, quand même, ça va, a priori, si les zombies attaquent je suis tranquille. Enfin tout dépend si les zombies arrivent par la rue, ou si ce sont mes collègues qui se transforment en zombies...
Vous voyez, vraiment, on a un besoin vital d'en savoir plus sur cette zombie apocalypse.
L'appel est lancé.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Walking Dead de SeriesLive.
Lentement mais sûrement, je me remets aux posts plus longs, mais activité au ralenti à prévoir encore pour quelques jours.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-11-10

Dangereuse empathie

A quel point ce que nous regardons a une influence sur nous ?
On parlait il y a peu des émotions qu'on ressent devant les séries qu'on regarde. Et c'est nécessaire de laisser l'empathie fonctionner pour profiter pleinement de ce qu'on regarde. Je reprends l'exemple de ma sœur rei : rien ne rentre, rien ne sort. Blindage maximal. Pourtant, cette émotion que nous avons devant une scène, si nous la goutons avec plaisir pendant quelques minutes, surtout quand l'épisode a été un temps fort, ne peut-elle pas aussi nous mettre dans une forme de danger ?

Je prends l'exemple de la peur, parce que c'est certainement ce à quoi je suis la plus sensible... et je tiens à remercier entre autres The Walking Dead pour ça.

Quand une scène se finit, je peux sentir tous les muscles de mon cou complètement contractés dans une boule dure à la base de ma nuque, mes dents serrées, mes orteils recroquevillés... et ça me prend une infinie minute à tout désentrelacer calmement. Si des dents sont impliquées dans l'affaire, en général je me suis de surcroit ruée sur la première source de lumière venue et je serre la chose la plus pelucheuse à portée de main (parfois un oreiller, parfois un chat) en essayant de ne pas hurler. Osons le dire, je n'en mène pas large pendant plusieurs minutes. Je me souviens avoir été dans un piteux état longtemps après la fin de Jekyll (dents), avoir été à l'envers pendant une semaine après Dead Set et The Walking Dead (dents), avoir fait des cauchemars longtemps après COMA (...ah ? pas de dents ?). J'ai donc bien emmené ces émotions au-delà de la sphère du visionnage.

BlinkEmpathie

Si ça marche pour la peur, ça le fait sans doute pour d'autres choses mois évidentes.
Après avoir vu quelque chose de particulièrement beau, être de bonne humeur voir exagérément positive (merci Pushing Daisies... avouez, ça faisait longtemps), par exemple, semble un effet plutôt désirable...

Mais au final, il faut sans doute apprendre à dresser la barrière qui permet à la série de ne pas trop entrer en collision avec nos émotions. Le tout-émotif n'est pas non plus une bonne solution. Si vous pleurez la mort d'un personnage trop longtemps, ça devient inquiétant.
C'est ce que des psys sont en train de dire à propos de Packed to the Rafters, d'ailleurs, dont un personnage est décédé il y a deux semaines, et qui semble provoquer un vrai travail de deuil auprès de nombreux spectateurs australiens. Preuve si besoin était que la télévision touche vraiment à quelque chose d'intime en nous, et que ça peut être effrayant sous un certain angle et/ou à un certain degré.

Pour autant, et justement parce que nos vies ne sont pas remplies d'autant d'émotions à forte amplitude, nous recherchons ces émotions fortes, et espérons des évènements-clé d'une série qu'ils nous donneront satisfaction. C'est quand nous ne ressentons pas de frisson durable que nous sommes déçus. Quand nous sommes atteints par les émotions de l'histoire, quand, finalement, nous sommes vulnérables, nous en redemandons. C'est à ça qu'on nous distingue des télambdas, dans le fond.
Et parfois, ça fait peur, justement...

Posté par ladyteruki à 23:56 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

02-11-10

Je dois certainement me détester

Ça doit être ça. Je pense que je me déteste. Nan, vraiment, je ne vois que cette explication pour m'être envoyé le pilote de Dead Set suivi de celui de The Walking Dead. De toute façon c'est soit de la haine, soit du masochisme, alors...
Jusque là, je savais que je n'avais aucun atome crochu avec les vampires. Je pense qu'instinctivement je devais me douter que les zombies ne me plairaient pas tellement plus, car je n'avais jamais vu le moindre film avec eux. Mais voilà : je suis bonne élève, je fais mes devoirs, je prépare le podcast avec application et donc, j'ai regardé du zombie. Ah ça, j'aime autant vous dire qu'on est pas prêts d'avoir un autre podcast dédié aux zombies sur SeriesLive. Moi vivante, on n'en repassera pas par là de si tôt...!

Pour l'occasion, au lieu de vous faire un post sur chaque pilote, j'ai décidé de mélanger les deux pilotes dans un même post, en les croisant plutôt qu'en postant à la suite. D'façon j'ai jamais été encline à vous faire de la review pur jus, alors bon, personne ne sera déboussolé, hein...

DeadSet

La britannique Dead Set est essentiellement tournée vers l'horreur pure et dure. Moi qui assimilais plutôt le zombie à la bestiole qu'on poutre sévèrement, genre jeu video, je découvre la situation qui, d'après mes lectures, est en fait la plus courante : l'humain est une victime. Le pilote ressemble à une hécatombe et l'idée, c'est de n'avoir presque plus de survivants au bout des 4 chapitres qui le constituent. A se demander de quoi le reste de la série pourrait bien être fait s'il ne reste déjà plus grand monde debout au terme du pilote. Ne comptez pas sur moi pour aller le vérifier, cependant.

L'américaine The Walking Dead est moins tournée vers l'orgie de zombie. On joue plus sur la terreur et la vulnérabilité face au phénomène, mais sans pour autant occulter le côté incroyablement effrayant que peut avoir un zombie qui a faim (et un zombie, par définition, a faim), notamment vers la fin du pilote. L'idée qui se développera vraisemblablement dans les épisodes ultérieurs, ce sera de savoir comment survivent les quelques humains pas spécialement mordus de zombies dans cette apocalypse.

TheWalkingDead

Mais quelque chose me gène dans ces deux épisodes : la soudaineté du phénomène des zombies. Ce sont une fois de plus mes lectures qui semblent indiquer que le principe n'est pas vraiment nouveau, voire même qu'il fait partie des canons du genre. Le zombie se justifie par sa propre existence. L'effet de surprise fait partie du concept : les zombies débarquent, on ne sait pas d'où ils viennent, on ne sait pas ce qui les a créés, mais maintenant il faut faire avec. Un point c'est tout. Cette absence de mythologie n'aide pas vraiment quelqu'un comme moi à les apprécier, il faut bien le dire.

Mais surtout, j'ai découvert que je détestais les zombies presqu'autant que j'abhorre les vampires. Pour une raison toute simple : ces saloperies mordent (et ne dédaignent pas de s'attaquer au cou de leur victime, ce qui n'aide pas vraiment à éviter les comparaisons). Et moi, vous savez bien que dés qu'il y a des dents...

Je n'aime pas spécialement me faire peur avec des monstres atroces, ça n'a jamais été ma came et je préfère cent fois l'horreur ordinaire à un monstre tout en dents. Ça me file bien plus les chocottes à la base. Pourtant, les faits sont là : j'ai réprimé des cris atterrés plusieurs fois. Les dents, bien-sûr. Mais aussi l'effet de surprise. Et l'impression que les personnages humains sont franchement couillons (je sais que les Américains sont généralement contre mais je rappelle qu'un cheval ÇA SE MANGE, ducon). D'ailleurs, ils ne vivent pas dans notre univers puisqu'ils ne savent pas ce qu'est un zombie (ou alors ils ont la même culture ciné que moi...). Bref, ces conneries de zombie, alors même que je me croyais insensible, ça marche.
Et la question c'est pourquoi ? Pourquoi un zombie me file-t-il une violente envie de hurler pendant plusieurs minutes pour évacuer l'angoisse ? Qu'est-ce que cela peut bien toucher d'instinctif ? Une peur atavique que je ne saisirais pas mais à laquelle je ne pourrais pas échapper... quelque chose qui serait universel, qui dormirait en chacun d'entre nous.

Peut-être que ce qui m'angoisse, c'est l'idée qu'un humain puisse se vider de tout son intellect. Pourtant l'exemple de Dead Set prouve bien qu'on n'a pas attendu les zombies pour ça. Je ne sais sincèrement pas ce qui fait que je chie dans mon froc à la seule idée de regarder le 2e épisode de The Walking Dead un jour prochain.
Mais quelque chose me dit qu'il y a assez peu de chances que je creuse la question.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Dead Set et la fiche The Walking Dead de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:06 - Review vers le futur - Permalien [#]


  1