ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-09-12

Sur écoute

Puisque vous savez déjà, pour fréquenter nos deux blogs, que whisperintherain et votre serviteur relevons pendant cette saison un défi, celui de regarder et reviewer tous les pilotes de la saison, je ne vous refais pas l'histoire. Cependant, ne sont pas seulement concernées les séries diffusées à l'étranger mais aussi, lorsque l'occasion s'en présente, les séries diffusées en France.
Et comme hier, Eurochannel diffusait le pilote d'une série scandinave, vous vous doutez bien que je n'ai pas manqué cette occasion...

NDA-Salassapitosopimus

Vous savez de quel pays on ne parle pas souvent ? ...Oui. Oui, aussi... Euh ouais, bon, ne me faites pas la liste, c'est trop déprimant. Entre les pays d'Afrique, du monde arabe, et tout ce qui se passe à l'Est et sur lequel j'ai pas la moindre visibilité (à part quelques échos du succès de séries turques, et notamment Muhtesem Yüzyil, dans des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie), franchement, j'ai parfois honte de prétendre que je m'intéresse aux séries du monde.
Un pays dont par exemple je vois peu de fictions (et sur lequel je lis peu de news, ce qui n'arrange rien à mon ignorance), c'est donc la Finlande. Fort heureusement, Eurochannel s'est lancé à mon secours et a diffusé hier soir le pilote de NDA - Salassapitosopimus (sous le titre francophone de Scandale sur la ligne, ne me lancez pas sur le sujet des traductions de titres de séries...), une mini-série en trois parties datant de 2005.

Ce thriller est l'occasion de se glisser dans les coulisses d'une grande compagnie qui fabrique des téléphones, Mälekä Mobile. Son dernier modèle portable est sur le point de sortir, mais à quelques heures du grand évènement, une information fuite : le portable serait extrêmement dangereux pour la santé. Une information qui tombe entre les mains d'un journaliste du quotidien Sanomat, Harri Immonen, qui a bien l'intention de rendre la chose publique.

Comment l'information a-t-elle fuité ?
L'épisode commence alors qu'un homme, excessivement crevé, s'arrête dans une station service, commande un café avant de péniblement reprendre la voiture... en ayant oublié sa mallette. Lorsqu'il s'en aperçoit, il fait immédiatement demi-tour, et récupère la précieuse mallette. Il ignore que la serveuse a eu le temps de jeter un coup d'oeil à l'intérieur pour en apprécier le contenu.
Ce contenu, ce sont des documents internes extrêmement sensibles qu'elle s'est empressée de vendre à Harri Immonen.
L'homme exténué, nous allons progressivement le comprendre, est responsable du service d'innovation technique de la firme Mälekä. Il s'appelle Timo Kovanen et quand il va réaliser ce qu'il s'est passé, il va être pris de remords, d'angoisse, de panique, même, et finira par se suicider pendant le pilote.

Bien qu'ayant commencé par suivre le personnage de Timo, NDA - Salassapitosopimus ne s'intéresse nullement à lui, car en réalité, l'héroïne de ce thriller sera Satu Rossi, une ancienne journaliste qui est désormais chargée de la communication et des relations avec la presse au sein de Mälekä, et qui, outre le fait qu'elle découvre le corps de Timo, est surtout celle qui est en première ligne dans la gestion de cette crise interne. Alors que la conférence de presse de lancement du nouveau téléphone a été reportée, elle est en effet chargée de faire taire Harri immonen, à plus forte raison parce qu'elle travaillait avec lui lorsqu'elle était encore journaliste, et qu'ils sont toujours amis à ce jour. Prise entre deux feux, Satu va donc essayer de comprendre cette affaire : elle ignore complètement le fond du dossier, comme par exemple le fait que Timo avait fait expertiser par une autorité indépendante la dangerosité du téléphone. De la même façon, elle ne sait pas que tout est fait pour faire pression sur la direction du Sanomat. Elle est maintenue dans une semi-ignorance, alors que sa hiérarchie de lui dit que ce qu'elle a besoin de savoir pour travailler.
Sa hiérarchie, c'est en fait Peter Stockman, un enfoiré de première qui ne ressent aucune forme d'émotion lorsqu'un de ses salariés se suicide, qui par contre aime énormément les "vérités officielles", et qui a chargé l'avocate de la compagnie d'aider à étouffer l'affaire par tous les moyens possibles. A la mort de Timo, il a immédiatement promu un technicien, Mikko Jääskeläinen, au poste de responsable, afin de vérifier les mesures de l'institut indépendant qui a pondu ce rapport déplaisant.
Pendant ce temps, Satu comprend que tout cela n'est pas bien clair. Elle était autrefois une bonne journaliste, peut-elle pourra-t-elle remettre son sens de l'investigation à profit ?

Pour une mini-série comptant à peine 3 épisodes, vous vous demandez peut-être pourquoi je me suis fendue d'un post sur le premier d'entre eux, quand il aurait sans doute été bien plus pratique d'attendre les deux suivants pour faire un bilan. Bon, déjà, il y avait ce défi, certes. Mais surtout : je n'ai aucune intention de regarder la suite.
Il faut dire que NDA - Salassapitosopimus (dont le titre signifie "accord de non-divulgation", autrement dit "clause de confidentialité") est assez décevante. S'il y a pas mal d'ingrédients solides, bien-sûr. La scène de début est par exemple très efficace, montre bien comment c'est un instant d'inattention d'un employé sur les rotules qui conduit à tout ce chaos. D'une façon générale, le cast est plutôt bon, l'histoire est plutôt solide, et la réalisation se défend.
Alors où est le malaise ? Dans le fait que tout cela est extrêmement prévisible. Difficile de se passionner pour cette histoire qui passe par absolument tous les clichés du genre. Peut-être qu'en changeant l'angle (se mettre du point de vue de Stockman, par exemple), on aurait obtenu un résultat différent, mettons. Mais la jeune femme (jolie, forcément jolie) qui ne sait pas ce qui se trame, qui est armées de bonnes intentions et qui se retrouve plongée dans une magouille pas super propre dont elle va tenter de dénouer les fils, c'est vu et revu.

Quant à la réalisation, si elle n'est pas mauvaise du tout, je l'ai dit, en revanche elle est extrêmement desservie par le look atrocement vieillot des décors et même des vêtements. Si toutes les sources n'indiquaient pas que la série a été tournée en 2004 et diffusée en 2005, je jurerais qu'elle est au moins de 10 ans plus vieille. Ce n'est pas que ce soit capital, mais ça n'aide pas tellement à prendre les choses au sérieux quand l'intrigue se passe dans le milieu de la haute technologie ! Le laboratoire où travaillent Timo, puis Mikko et l'équipe techniques de Mälekä, est d'une pauvreté déprimante : quelques tables, des ordinateurs, une cloison en plastoc et une vague barrière Playmobil pour faire genre c'est une zone restreinte... Il y a de quoi avoir les yeux qui roulent sur la table tant ils sont exorbités. Ce n'est qu'un élément aggravant, bien-sûr, car même en étant raffinée sur la forme, NDA - Salassapitosopimus aurait encore ses défauts. Mais ça ne joue pas en sa faveur.

Et puis, peut-être que le plus gênant, dans NDA - Salassapitosopimus, c'est que l'aspect thriller prime tant sur le reste. On pourrait parler, concrètement, de téléphones portables, de nocivité, de liberté de la presse, même, mais pas du tout. On évoquait encore hier (à travers De Vijfhoek) des séries de la chaîne japonaise WOWOW : celle-ci nous a offert ces dernières années des séries qui, sans toutes être parfaites, étaient de véritables études sociales. Pour un exemple de ce dont je parle, n'hésitez par exemple pas à regarder Suitei Yuuzai (ou à en lire la review, selon ce que votre temps libre vous permet), où le thriller est un élément important de la série, mais où il y a un vrai propos. Il manque énormément de fond à notre série finlandaise, ce qui est d'autant plus désagréable que, loin d'être anodin, le sujet des téléphones portables, dans un pays où le marché de la téléphonie tient une place si importante dans l'économie (NOKIA, anyone ?) mais aussi la vie de tous les jours (un petit tour sur Google m'a ainsi appris que les Finlandais n'ont pas de téléphone fixe, ou encore qu'en 1999, ils étaient déjà 60% à avoir un portable), a une vraie importance sociale.
Peut-être que les épisodes suivants s'en inquièteront un peu mais en trois épisodes d'une heure, les chances sont mince. C'est évidemment toujours la question, quand on regarde un pilote, que de déterminer ce qui a dû être mis de côté pour faire place à l'exposition, et ce qui est vraiment une caractéristique de la série, mais je crois que dans le cas d'une mini-série en 3 épisodes, je ne m'avance tout de même pas beaucoup.
Or, c'est très regrettable, car regarder un thriller qui vous dit depuis le départ comment l'info a fuité, quels sont les moyens de pression dont le "méchant" dispose, et dont vous connaissez déjà une grande partie des détails (on a droit à une longue scène dans le labo indépendant pour nous expliquer le risque encouru par les futurs utilisateurs du téléphone), ça ne laisse plus place à beaucoup de surprises, surtout vu le body count du pilote. Si encore les spectateurs partageaient le même degré de connaissance de l'affaire que Satu, ça passerait encore (ce serait très cliché, mais un de plus ou un de moins...), or là, nous en savons plus qu'elle. Où est le mystère ?

Alors au final, sur le plan des séries finlandaises, à ce jour, je préfère encore me consoler en repensant à Alamaailma Trilogia, que de m'accrocher à NDA - Salassapitosopimus, ne serait-ce que pour deux épisodes de plus... Ce qui en dit, finalement, assez long, surtout connaissant ma propension à me lancer si facilement dans de nouvelles séries.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:06 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

12-09-12

[DL] De Vijfhoek

Il y a des pays dont j'ai toujours l'impression de ne pas parler assez, mais depuis quelques mois, j'essaye de m'y mettre. La Belgique et les Pays-Bas sont de ceux-là, et même si je ne suis pas encore totalement au point à leur sujet (mais j'y travaille, juré), j'avais repéré deux séries en cette rentrée : De Geheimen van Barslet et De Vijfhoek.
Je pensais qu'elles démarraient toutes les deux en ce mois de septembre mais, après quelques recherches (et pas mal de frustration parce que j'étais convaincue que le pilote avait déjà été diffusé), je me suis aperçue que De Geheimen van Barslet serait lancée sur Ned2, au Pays-Bas, le 6 octobre seulement (; e Pilot Watch a d'ailleurs été corrigé en conséquence.
De Vijfhoek, elle, a bel et bien démarré à la date prévue sur la chaîne belge één, soit le 4 septembre dernier, et c'est d'elle que je vais vous parler ce soir.

Ce qui m'intéressait, c'était que le pitch de De Vijfhoek me faisait penser à ceux d'un grand nombre de séries diffusées sur la chaîne nippone WOWOW. Il y avait un côté "radiographie d'un problème de société" qui me plaisait bien.
Pour ceux qui ont la flemme d'aller regarder dans le grand world tour de cet été pour se remémorer quoi il s'agissait, puisqu'on en avait déjà parlé, rappelons que, logée dans un quartier de Bruxelles, De Vijfhoek s'intéresse à un grand probjet de construction qui se trame dans les bureaux d'une grande compagnie. Alors que les habitants ne soupçonnent pas les grands bouleversements qui les attendent, le projet progresse...

Vous imaginez bien que c'est la mort dans l'âme que j'ai donc récupéré le pilote de De Vijfhoek, et comme j'ai décidé de faire une pause de quelques jours avant d'attaquer la suite de Srugim (essentiellement parce que je vais avoir quelques jours de congès, et que j'ai l'intention de me faire la saison 2 d'une traite à cette occasion !), j'ai donc jeté un oeil au premier épisode. Eh bien écoutez, vraiment on s'y croirait. C'est une série de WOWOW, sauf qu'elle est diffusée par één. Et les acteurs ne sont pas asiatiques. Sinon, c'est la même ! Les mêmes techniques narratives, la même volonté d'offrir plein de points de vue différents...

La construction de ce premier épisode est efficace en diable, à défaut d'être surprenante. Comme nous sommes invités dans les bureaux de la Leroi Building Company, nous savons ce qui se trame. Les habitants du quartier, eux, pas du tout.
Ils mènent leur vie sans rien remarquer, avec leurs propres petits problèmes, mais nous, nous repérons les détails avant-coureurs ; l'absence de suspense est ainsi compensée par une impression de compte à rebours invisible. Nous savons que tous ces préoccupations "anodines" ne sont rien, comparés à ce qui attend le quartier, mais nous sommes les seuls dans la confidence. C'est pourtant ce qui explique que, tournés vers leurs soucis personnels, les locaux ne sentent rien venir, et cela accentue, de fait, l'impression d'inéluctabilité : on sent que, quand ils vont s'inquiéter, il sera presque trop tard. C'est évidemment le but, et la série ne s'en cache pas.
Nul doute cependant que De Vijfhoek sème déjà tous les éléments nécessaires pour la réplique, notamment avec le personnage de la nana qui vient d'être reçue au barreau mais qui finalement décide de devenir journaliste (je vous l'accorde c'est pas très subtil) ; mais, comme les autres habitants du quartier, elle est pour le moment dans le flou.

Bonus non-négligeable, De Vijfhoek se déroule dans un quartier multilingue, cosmopolite, où les personnages se parlent en flamand comme en français. La vie du quartier est bien décrite, avec sa petite brasserie, la petite boutique du commerçant arabe du coin, le petit kiosque à journaux... Tout cela rend le quartier très vivant et réaliste. Ce qui est, forcément, nécessaire, afin de pouvoir compatir avec les habitants contre le grand capital. Eh oui, ce genre de séries laisse rarement le choix quant à la prise de position finale du spectateur, même en offrant un point de vue large, mais quand même subjectif sur la question.
Mais qu'est-ce que vous vouliez, vous ranger du côté des riches, peut-être ?!

Si le premier épisode de De Vijfhoek est pour le moment un peu mou (beaucoup, beaucoup d'exposition...), le trailer annonçant la suite des opérations est quant à lui plus alléchant. Et puis, ce sont en tout 13 épisodes qui ont été commandés, donc on a le temps d'être surpris par la tournure des choses.

DeVijfhoek
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Pour ce qui concerne le générique, puisqu'on est un peu là pour ça quand même, en fait il est musicalement divisé en deux parties. D'abord un côté très pop, avec une voix féminine qui fait des vocalises ; et puis, au bout de 19 secondes... je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le découvrir. Mais je trouve que ça correspond assez bien à l'identité du quartier.
Identité que l'on retrouve, en filigrane, à travers des lumières, des images subliminales de plans, et surtout, le logo, qui reprend subtilement la forme d'un pentagone... ça tombe bien, c'est la traduction du titre de la série !

Sans être un générique inoubliable ni même très original, celui de De Vijfhoek lui ressemble bien, et dure quand même 30 secondes, ce qui est quand même un minimum. En tous cas la série part avec les bonnes cartes dans sa manche.

Posté par ladyteruki à 22:17 - Médicament générique - Permalien [#]