ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-12-12

Soapesque (adj.)

Nashvillesoap

Bon alors c'est peut-être du fait de mon état de santé qui n'est pas génial, je ne sais pas ; mais je me suis rendue compte d'une chose : je ne sais plus quelle est la différence entre une série dramatique et un soap.

Ah, ne riez pas dans le fond : il n'y a pas que moi. ABC a de gros problèmes avec le concept également.
A vrai dire, ce sont justement ses séries qui ont suscité une interrogation chez moi, lorsque j'ai essayé de décrire Nashville à un tiers. Puis 666 Park Avenue. Puis Revenge. Puis... Et à chaque fois, l'adjectif "soapesque" revenait dans mon explication, suivi d'un "mais c'est pas un soap comme Les Feux de l'Amour, hein, non : c'est plutôt... comme un primetime soap". Ouhlà, attendez ! Mais en fait, toutes les séries d'une heure d'ABC sont soapesques, non ?
Non, et Dieu soit loué pour Last Resort. Mais quand même.

Il faut dire que la définition de soap opera est assez élastique par les temps qui courent, de toute façon.
Il y a encore quelques années, pour moi, un soap se définissait très clairement : c'était une série diffusée en quotidienne, aux intrigues extrêmement lentes et aux techniques narratives paresseuses, dotées de retournements de situation exagérés à intervalles réguliers (un jumeau maléfique, des personnages qu'on croyait morts qui réapparaissent, des bébés volés/échangés, etc.). Et ce, sur des années et des années et des années, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais voilà : entretemps, la telenovela est entrée dans mon univers. en tous cas au moins sur le papier ; rapport au fait que je n'ai pas encore eu la possibilité de suivre une telenovela dont le sujet pique ma curiosité. Et une telenovela, eh bien, c'est une série en CDD, et ça, ça heurte un peu la vision que nous avons du soap, que ce soit aux USA ou en Europe.
Le problème de la telenovela, c'est son succès. En soi c'est bien, hein, tant mieux que des formats de fictions trouvent un souffle qui incitent les télévisions de la planète à adopter de nouveaux standards de durée ou de périodicité, je suis la première convaincue que la télévision, c'est quand même mieux quand on regarde ce qui se fait ailleurs ! Mais des séries comme Desperate Housewives, par exemple, sont typiquement des séries dramatiques qui lorgnent méchamment sur la copie des voisins, et relèvent en fait plus du soap sur pas mal d'aspect. En-dehors de la diffusion hebdomadaire, et sans doute aussi du budget, tout y est : c'est du primetime soap, clairement. Une fois par semaine, avec le savoir-faire des séries dramatiques américaines, un soap quand même.

Evidemment, la télévision américaine n'a pas attendu Desperate Housewives pour connaître le primetime soap. Des séries comme Dallas, Beverly Hills ou encore Melrose Place, pour n'en citer qu'une poignée, ont été qualifiées de primetime soap en leur temps sans que cela ne choque qui que ce soit. Pas même moi. Et s'en sont tirées avec un succès public incontestable, et, dans une certaine mesure, un certain succès critique, au sens où ces séries ont marqué leur époque, chacune à sa façon.

Cependant le terme de primetime soap semble toujours très négativement connoté. L'utiliser, c'est comme caractériser une série de qualificatifs pas franchement recommandables, sauf qu'en disant primetime soap, on peut le dire à mots couverts.
Par exemple j'attendais pas mal de choses de Desperate Housewives quand elle a commencé ; j'avais regardé la première saison de façon très régulière, en espérant que sa corrosivité irait croissant ; c'est l'inverse qui s'est passé et c'est la raison pour laquelle la série est devenue un primetime soap plus qu'une série dramatique. Un qualificatif assumé de façon très variée par les spectateurs qui ont poursuivi la série bien longtemps après que je me sois arrêtée. L'an dernier, j'ai décidé de regarder l'épisode final de la série, et il était clair pour moi qu'elle n'en méritait pourtant nul autre. Desperate Housewives n'était pas une série dramatique : c'était un soap hebdomadaire, diffusé en primetime (jusque là j'ai bon) dont le caractère over the top des situations n'avait plus rien d'impertinent.

Mais désormais, la définition semble encore élargie. Ce n'est pas simplement l'absence de second degré qui semble permette d'appeler une série un primetime soap. Certes, Revenge est extrêmement dépourvue d'humour, mais ce n'est clairement pas à ce défaut qu'elle doit sa parenté avec les soaps, mais plutôt à sa thématique de la vengeance, à son héroïne féminine, et à sa claire inspiration de formules venues des telenovelas. Peut-être aussi au jeu des acteurs, ou au moins à leur direction.

Voyons ailleurs ce qui se passe. Par exemple, Grey's Anatomy, en se concentrant tant sur les amours de ses personnages que son caractère médical semble passer totalement inaperçu, est clairement un primetime soap, non ? Et pourtant, objectivement, Urgences aussi était truffé d'intrigues personnelles : quelle est la nuance qui empêche de qualifier Urgences de primetime soap ? Et si, dans certains articles ou ouvrages, un auteur/analyste/vendeur de barbapapa quelconque décide d'utiliser ce terme, pourquoi cela me choque-t-il un peu, au point de quasiment le voir comme une insulte ?
Plus flou que celui de Grey's Anatomy est le statut de Nashville. De par la qualité du jeu de nombreux acteurs (je me repasse de temps à autres la scène pendant laquelle Rayna est interrogée en vue de la campagne de son mari, c'était d'une force incroyable), de par l'écriture qui n'a pas grand'chose à voir avec des intrigues à rallonge de mon point de vue, et de par l'impression de consistance et de sérieux qui émane, il me semble, de la façon dont son monde est construit, Nashville n'est pas vraiment un primetime soap selon ce qui me semble être la définition du "genre". Pourtant, difficile de ne pas parler de tournure soapesque dans les amours de l'une des stars ou les liens familiaux et financiers de l'autre ; mais n'est-ce pas un glissement de sens ?
A ce tarif-là, des séries comme Brothers & Sisters puis Parenthood sont-elles des primetime soaps ? Il m'est arrivé de le lire. Je trouve pourtant la chose plus difficile à admettre encore que pour Nashville. Le fait que les personnages forment une famille en proie à un certain nombre de retournements de situation (notamment la thématique de la demi-soeur cachée qui a lancé la première saison de Brothers & Sisters, et effectué plusieurs rebonds ensuite ; d'ailleurs j'ai jamais vu la fin de cette série, mais bon, pas le moment de se mettre des idées d'intégrale en tête).
Mais plus intrigant encore : pourquoi m'acharner à utiliser l'adjectif "soapesque" et/ou d'appeler primetime soap une série comme 666 Park Avenue ? C'est clairement une série fantastique ! Le simple fait que son héroïne (outre le fait d'être une jolie femme) vive dans un univers un peu plus luxueux que la moyenne et que des "méchants riches" occupent des rôles importants suffit-il à décrocher ce qualificatif ? Est-ce parce qu'on effleure la vie de plusieurs autres résidents de l'immeuble ? Ca semble un peu réducteur ! Et pourtant, j'aurais tellement de mal à dire que c'est simplement une série fantastique (et pas juste parce que je pourrais faire un jeu de mots sur "fantastique").

Au final, il me semble de plus en plus difficile d'établir clairement où est la ligne de démarcation entre une série dramatique et un primetime soap, à plus forte raison sur les networks où les intrigues dramatiques ont tendance à n'être pas aussi incroyablement sombres que sur le câble (qui irait dire que Breaking Bad est un primetime soap ? quoique, je me demande s'il est déjà arrivé à quelqu'un de parler de soap pour Mad Men ou Game of Thrones, à ce tarif-là).
Et surtout, accepter ce qualificatif est-il une façon de d'admettre que la série est inférieure à une série dramatique normale ? Sinon, comment surmonter ce réflexe ?
L'existence du primetime soap me semble difficile à nier, et pourtant, elle est aussi difficile à expliquer. La lecture de la définition de Wikipedia, en préambule de ma réflexion pour ce post, ne m'a par exemple pas du tout aidée, alors qu'on imagine qu'a priori, elle fait consensus...

Sans la fascination actuelle d'ABC pour tout ce qui ressemble à 1) un format facile à exporter en telenovela 2) une telenovela facile à adapter pour le primetime américain, peut-être que mes repères ne seraient pas autant brouillés. Peut-être que je serais capable de reconnaître un primetime soap aussi sûrement que je suis capable de faire la différence entre une comédie et un drama, ou entre un western et une série policière... Mais ce n'est qu'une supposition.

D'ailleurs, le primetime soap est-il un genre, au sens du contenu, ou une structure ? Son nom semble essentiellement indiquer une case de diffusion, et pas vraiment expliciter le reste de sa condition. La fusion des genres, oui... Mais un genre bâtard issu du néant, non. Plus j'essaye de définir ce qu'est un primetime soap, plus j'ai l'impression qu'il s'agit d'une étiquette qu'on peut coller et décoller selon l'image que renvoie une série, mais qui n'a en réalité que peu à voir avec ses sujets ou sa formule. C'est une grande valise fourre-tout qui sert peut-être surtout à décrédibiliser une série qu'on ne peut/veut pas décrire comme suffisamment "sérieuse"...
Quand j'ai utilisé l'adjectif soapesque pour Nashville, je l'ai tout de suite regretté, parce que ça ne donnait pas une image attrayante de la série à mon interlocuteur qui ne la connaissait pas. La question que j'aurais dû me poser, c'est : pour quelle autre raison l'utiliser ? Qu'est-ce que le terme "primetime soap" décrit d'autre, finalement ?

Il y a probablement une part de fierté personnelle à dire qu'on ne regarde pas de primetime soap quand on est un téléphage un rien exigeant, ni à en recommander spontanément. Mais d'un autre côté j'avoue sans un soupçon de honte regarder des séries comme Happily Divorced, alors...
Le cas du primetime soap me laisse décidément perplexe... Je prends tous les points de vue que vous voudrez bien me livrer sur le sujet.

Posté par ladyteruki à 20:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

30-05-12

Le meilleur du pire

Dans mon post d'hier, j'ai mentionné une série dont je n'avais vu que le pilote : For Better or Worse. Mais il ne vous aura pas échappé qu'on est un peu en rupture de sitcoms en ce moment, et suite à cette mention, je me suis dit : bon, allez, la première saison fait 10 épisodes, qu'est-ce que ça me coûte ?
Non seulement ça ne m'a rien coûté mais j'ai été très surprise de suivre la série sur la globalité de sa saison, et d'y trouver quelque chose de très différent de ce à quoi je m'attendais, même alors que j'avais vu le pilote.

ForBetterorWorse

Difficile pourtant pour un sitcom d'avoir un aussi mauvais karma que For Better or Worse.
Déjà, la diffusion sur TBS devrait vous mettre la puce à l'oreille. Je suis prête à parier que vous êtes incapable de nommer UNE série originale de TBS qui vous ait fait rire... en partant du principe que vous en ayez vu quelques unes, bien-sûr. C'est mon cas, à peu près depuis que la chaîne a décrété qu'elle était "very funny", et le problème c'est que la chaîne et moi ne partageons pas du tout la même opinion à son sujet... ou le même humour.
Mais bien évidemment, la plus grande force jouant dans l'attrait (ou absence de) pour For Better or Worse, c'est Tyler Perry. Vraiment, si vous ne le connaissez pas, ouvrez votre moteur de recherche favori et consacrez-lui quinze petites minutes, c'est édifiant. Mais tout aussi incroyable que soit son succès, ses recettes pour la télévision méritent notre attention, à nous téléphages, parce qu'elles sont totalement à contre-courant de ce qui se fait dans l'industrie télévisuelle classique, mais fonctionnent si bien que c'est devenu un nouveau modèle (qui sera d'ailleurs celui d'Anger Management dans quelques jours). Tyler Perry est capable de produire des épisodes quasiment au kilo ; j'étais plus entrée dans le détail de ses méthodes il y a deux ans, et son système ultra-rentable s'est affiné avec le temps.
For Better or Worse appartenait donc à cet univers-là à sa naissance, un monde où les épisodes sont tournés dans des temps record, pour un prix ridicule, et à destination d'un public "black" réputé (à tort ou à raison) peu exigeant.

C'est peut-être d'ailleurs la raison qui a fait que j'ai regardé le pilote de For Better or Worse d'un oeil détaché, pour ne pas dire désabusé, lorsque les 10 épisodes de la commande initiale ont commencé à être diffusés en novembre dernier, avec comme perspective que 90 autres seraient achetés par TBS si la série faisait ses preuves.

L'épisode n'est pas franchement épatant. On a l'impression d'y retrouver les recettes éternelles des sitcoms "blacks", à plus forte raison si on a vu Let's stay together qui semblait reposer quasiment sur la même formule : parler des relations amoureuses à travers des couples (et dans le cas de Let's stay together, une célibataire), sans explorer la question de la rencontre mais plutôt de l'après.
Mais il avait, en même temps, quelque chose que les autres séries dans son genre n'avaient pas. Ou plutôt non, je le formule mal : il n'avait pas quelque chose que toutes les autres ont : des rires. Les séries de Tyler Perry sont, d'après ce que j'en lis, tournées sans public, et les rires sont donc artificiels. C'est à mon sens un soulagement de s'en débarrasser dans un sitcom déjà assez dépourvu en subtilités ; je me fais souvent la réflexion que certains sitcoms y gagneraient, sans pour autant devenir des single cameras, mais c'est la première fois que je vois quelqu'un réellement passer à l'acte. Tyler Perry l'a donc fait, et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait du bien.

L'expérience du pilote se poursuit donc avec ce soulagement de voir que les gags ne sont pas soulignés à l'excès par des rires en boîte. Car les gags existent, aucun doute là-dessus.

Mais avant de vous parler de l'histoire de For Better or Worse, laissez-moi vous présenter les personnages. Concentrez-vous une minute, il va falloir suivre, c'est un peu Dallas.
Un couple, Marcus et Angela, est marié depuis 13 ans ; ce sont eux le couple central de la série. Ils ont un fils de 12 ans appelé MJ, et Marcus a, de son premier mariage, un fille appelée Dominique qui en a 14. La mère de Dominique, qui est donc l'ex-femme de Marcus, s'appelle Keisha, et le moins qu'on puisse dire c'est qu'entre Angela et Keisha, ce n'est pas forcément le grand amour.
Angela est directrice d'un salon de beauté ("Lady Angie"), qui emploie Jennifer, une mère célibataire au tempérament explosif. Angela, elle, coiffe régulièrement dans son salon sa meilleure amie Leslie, une charmante créature belle et douce qui vit avec Joseph depuis plusieurs années, sans qu'ils soient mariés.
Joseph est, de son côté, le co-présentateur de Marcus dans l'émission sportive qu'ils dirigent ensemble.
C'est bon ? Vous y êtes ? ...Je vous avais prévenus. Mais vous allez voir que c'est important pour la suite.

Voilà donc ce que raconte ce premier épisode : tout commence quand, alors qu'ils prennent leur petit-déjeuner, Dominique et MJ commencent à se disputer. Dominique vient en effet de traiter Angela de pétasse (des propos qu'elle tient vraisemblablement de la bouche de Keisha), et MJ a défendu sa mère. Ce petit évènement va faire boule de neige, mettant en exergue l'opposition larvée entre les deux femmes dans la vie de Marcus. Le pilote construit donc lentement mais sûrement leur affrontement, qui ne saurait tarder.
Dans l'intervalle, l'émission de Marcus et Joseph prend de l'ampleur et Richard, un producteur, rejoint leur équipe. Pour lui faire bon accueil, Joseph et Leslie ont décidé d'inviter Marcus et Angela, ainsi que Richard et sa petite amie, à dîner chez eux. Ils ignorent que Richard... sort avec Keisha.
Forcément, Angela et Keisha finissent par se foutre sur la gueule. Et je ne dis pas qu'elle vont simplement s'invectiver, mais qu'elles vont bel et bien en venir aux mains. De ce pugilat, contre toute attente, naitra une sorte de trève entre l'ex-femme et la femme actuelle de Marcus.

A l'issue du pilote, tout cela semble bien risible et disproportionné, et peut-être vous en rendez-vous compte à la lecture de ce résumé qui n'a rien de sexy. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je n'avais pas continué : le "drama" prend des proportions épiques, qui font finalement plus rire que les gags de l'épisode.

Lorsque j'ai donc repris la saison hier, je n'attendais pas grand'chose des épisodes suivants. Mais j'ai été très surprise par plusieurs ingrédients :
- d'abord, le fait que For Better or Worse est totalement feuilletonnant ; je n'ai jamais vu aucun sitcom traiter ses intrigues de cette façon, et les séries dramatiques le font de moins en moins. Ici on est presque dans une vision soapesque des intrigues, au sens où ce qui commence dans le pilote ne trouve pas de (semi) conclusion avant le season finale,
- ensuite, le fait que, bien que tourné comme un sitcom (à l'exception d'une seule scène hors-studio), formaté comme un sitcom, et résolument ponctué de séquences drôles (il y a même un personnage dont la seule occupation est d'être le comic relief), For Better or Worse emprunte des axes très, très sombres. L'absence de rires enregistrés, on le réalise en avançant dans l'intrigue, n'est pas tant voulue pour changer la donne, mais pour s'autoriser une plus grande marge de manoeuvre au niveau du ton,
- et pour finir, le fait que plusieurs personnages et intrigues vont basculer au second plan, voire carrément disparaitre, accompagnant le changement de ton par un changement visible des orientations narratives de la saison.

Dix épisodes plus tard, grâce à toutes ces surprises, For Better or Worse est certainement l'une des radiographies de la vie d'un couple en crise les plus osées que j'aie jamais vues.
Et par la même occasion, la série sort complètement de toute grille de classification existante. Sitcom ? Soap ? Série dramatique ? Difficile à déterminer, cela change d'une scène à l'autre.
Ce que la bande-annonce nous vend n'a du coup plus aucune espèce de réalité. Après deux ou trois épisodes, c'est même totalement mensonger.

ForBetterorWorse-Liars

La série se recentre donc totalement sur le couple Marcus et Angela, sans donner l'impression de faire un virage à 180°C.
En fait, les premiers épisodes, qui s'appuisent sur l'hostilité entre Angela et Keisha, permettent au contraire, non sans une certaine dose de subtilité, de nous dévoiler des informations absolument essentielles.
Vous me connaissez, je ne dis pas ça souvent, mais si vous dépassez le 4e épisode, vous avez l'opportunité d'entrer dans un univers radicalement différent.

Ces informations essentielles contenant les clés de la compréhension des évènements, je vais vous les livrer puisqu'elles ne nuisent absolument pas aux surprises de l'intrigue. Le paragraphe qui suit est donc dénué de spoiler, allez sans crainte.

Ainsi, si Angela et Marcus sont mariés depuis 13 ans, leur mariage a connu bien des soucis. Déjà, Marcus était séparé de Keisha depuis seulement six mois lorsqu'il a épousé Angela ; de fait, Keisha était tombée enceinte et c'est ce qui explique que les deux enfants de Marcus ont quasiment le même âge. Cela a causé un premier clash dans le couple encore jeune de Marcus et Angela, mais ils se sont mariés et tout s'en est trouvé, tant bien que mal, résolu.
Mais au bout de dix ans de mariage environ, Marcus a trompé sa nouvelle épouse. Après encore une fois bien des turbulences, et une thérapie qui les a conduits à confier absolument tous leurs secrets l'un à l'autre, ils ont renouvelé leurs voeux voilà 3 ans.

Le couple porte pourtant, malgré les apparences heureuses, cette histoire comme une véritable blessure, n'attendant que d'être rouverte. Le tempérament de Keisha n'arrange rien, et les premiers épisodes de la saison soulignent à quel point le climat entre Marcus et Angela, loin de prouver que désormais ils ont tout mis derrière eux, dépend uniquement de la confiance qu'ils ont décidé d'investir l'un dans l'autre, sans la ressentir totalement. Si Angela est prête à sauter à la gorge de Keisha, c'est parce qu'elle n'est pas tout-à-fait certaine d'avoir raison de croire en Marcus.
Cette phase d'introduction étant passée, la saison s'oriente donc vers sa véritable intrigue, quand Marcus reçoit une lettre lui réclamant une pension pour un enfant dont il dit ignorer l'existence.

C'est là que les choses explosent. D'autant qu'Angela est une vraie excessive, et que les choses vont très, très loin. On dépasse le stade des engueulades, et de loin. Je ne veux pas trop vous en dire (c'est vraiment là que la série fait tout son effet), mais For Better or Worse écrase avec une violence non feinte toute idée préconçue qu'on pourrait avoir sur l'inoffensivité des sitcoms (a fortiori "blacks").

Alors bien-sûr, il faut dépasser le jeu de certains acteurs, encore plus excessifs que ne le sont les personnages. Il faut se retenir de lever les yeux au ciel devant le milieu ultra-friqué dans lequel la série se déroule (on parle d'argent, dans For Better or Worse, et on parle de GROSSES sommes). Il faut subir des gags pas forcément drôles mais tellement, tellement nécessaires au regard de tout ce qui se passe par ailleurs. Même si vous avez déjà vu des sitcoms "blacks", il faut vous attendre à un choc culturel peut-être aussi fort que si vous regardiez une série non-américaine.

Et au final on se retrouve avec une série incroyablement incisive qui emmène ses deux personnages principaux dans une escalade dont on se demande comment elle pourrait bien finir.

Le plus intéressant et, à la fois, le plus triste, je crois, pour For Better or Worse, c'est qu'au lieu de bénéficier de la traditionnelle commande des séries de Tyler Perry (qui après une saison initiale de 10 épisodes voient leur commande augmenter pour atteindre facilement la centaine), la série reviendra en juillet sur TBS pour une deuxième saison de "seulement" 35 épisodes. Je crois que ça en dit long sur l'inconfort que peut générer ce sitcom pas du tout comme les autres.
Et quelque part, j'ai l'impression que c'est aussi un argument qui joue en sa faveur.

En tous cas c'est une expérience intéressante, et en un peu plus de 3h20, cela remet totalement en question pas mal de certitudes, tant sur le format, en tant que téléphage, que sur la question abordée, au fond, par la série et son intrigue.
Comme je le disais, c'est l'été, il n'y a pas beaucoup de sitcoms, c'est un peu le moment ou jamais de tenter For Better or Worse...

Posté par ladyteruki à 20:56 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-02-12

[#Ozmarathon] 4x06, les mains propres

Eh bah je sais pas pour vous mais, si on fait une moyenne, c'est quand même une putain de saison et je m'éclate comme une petite folle !
D'accord, la saison 4 d'Oz n'est pas révolutionnaire sur le fond ni la forme, elle ne choque plus autant qu'avant et ne retourne plus notre univers comme au tout début de la série, mais bon sang, c'est quand même hyper bon ! Le Ozmarathon continue donc dans la joie, l'allégresse et la mort violente, comme Dieu l'a voulu !

Ozmarathon-4x06

Derrière le propos badin et pédagogique des monologues de Hill, se cache un épisode sur la responsabilité.

A l'image des Muslims où Saïd tente désespérément de faire prendre conscience à Arif de ses responsabilités, et finit par monter lui-même au créneau pour essayer de régler les problèmes grandissants d'Em City. Oh, il y règne le calme plat et la violence en est absente, mais le quartier devient un véritable ghetto et cela inquiète de plus en plus du monde. Quand Arif tente d'intervenir, il est trop tard, il a été exclu du processus il y a bien longtemps, s'il en a jamais fait partie, et il n'a plus aucun poids.
A travers cette intrigue, on sent à la fois que le leadership de Kareem Saïd était finalement un mal nécessaire : oui, cela lui donnait de trop nombreuses occasions d'exprimer son amour fou pour son ego, oui, ses choix étaient parfois contestables, mais son charisme et son sens des responsabilités vis-à-vis de la communauté étaient des valeurs sûres. Allez, on sait tous qu'Arif va demander à Saïd de revenir dans la course, fais donc pas tant d'histoires mon petit, sois beau joueur, cède la place au leader naturel.

En prenant lui aussi la responsabilité de ses actes, Mobay est surprenant. Il a touché le fond, ment comme un arracheur de dents aux autorités qui lui posent des questions sur la mort du prisonnier qu'il a lui-même tué (pendant que Hill pissait probablement de frayeur sur sa chaise), a trouvé instinctivement un super moyen de consommer de la drogue sans avoir l'air d'y toucher... et le voilà qui débarque chez Sister Peter Marie pour y déballer une confession sincèrement touchante, avec une lucidité folle sur ses actions. Voilà, pile quand il ne restait plus grand'chose de réellement captivant à faire avec sa plongée en Enfer, le personnage de Mobay vient de faire un volte-face qui va pouvoir nous intéressant. Bien-sûr, pour le moment il est protégé par le secret professionnel, mais son ambivalence va être captivante, bien plus que si elle l'avait été dés son arrivée à Oz.

Nat Ginzburg aura été un sacré personnage. Après avoir été l'outil qui a éliminé Nappa, il aurait pu disparaitre comme tant d'autres prisonniers qui n'ont été que de passage. Au lieu de ça, il a intégré le couloir de la mort, tenu compagnie à Shirley Bellinger et... et a eu droit à un superbe épisode de mort, plein de surprise et de tendresse, avec des petits morceaux de sagesse dedans. Notre prisonnier décide donc d'aller au-devant de la mort et de prendre la responsabilité de mourir plus tôt, avec l'aval de Sister Peter Marie, fort à propos. La réflexion sur l'euthanasie et la peine de mort était par exemple très intelligente (et sans repasser par l'habituel laïus de Sister Pete sur sa crise de foi), et sans s'apesantir 3h sur cette question, l'histoire de l'exécution de Nat est l'une de ces indications qu'Oz a encore plein de choses futées à dire et de questions à soulever, sans effort mais avec de bons résultats. Tout ça avec une conclusion qui m'a émue aux larmes, mais avec un sourire attendri. Vraiment du joli boulot. Adieu Nat, on va te regretter, et on n'aurait pas cru.

Bien-sûr, un épisode d'Oz ne serait plus un épisode d'Oz sans une querelle d'amoureux entre Beecher et Keller. Beecher réalise que Keller n'est pas responsable de la mort de son fils, alors Keller retrouve la rédemption à nos yeux... pour quelques minutes à peine puisqu'il confesse ensuite à Ray Mukada le meurtre de plusieurs homosexuels. Là encore, excellentissime scène pour le ptit Père Mukada qui refuse, tremblant de peur, dans une scène absolument glaciale de rage contenu des deux côtés, d'absoudre Keller tant qu'il ne se sera pas livré aux autorités pour payer ses crimes. Et Keller, qui était tout-à-fait prêt à prendre la responsabilité de ses actes devant Dieu, qui refuse de la prendre devant la Justice, c'était extrêmement bien trouvé, une réaction fidèle à lui-même. Beecher, qui ignore tout de ses aveux, continue d'être noyé dans ses tourments amoureux et décide là-dessus de tromper Keller sous ses yeux. C'est Dallas, mais on s'en fout parce que c'est superbe, cette façon qu'ils ont de s'autodétruire alors que strictement rien ne les y pousse, si ce n'est leur absence totale de confiance l'un en l'autre...

Pour la séquence humour, on a droit au retour de Rebadow-le-tueur. C'est à hurler de rire : les petits regards par en-dessous, les fantasmes de tuerie dans la cafeteria de la prison, les abdos... Rebadow a décidé qu'il était mauvais et il est à fond dedans, mais ne se rend pas compte à quel point il est peu crédible en tueur à gages. Et surtout, il vise trop petit : alors qu'il obtient la protection d'un des trois pontes d'Em City, il décide d'exécuter... Busmalis. Sérieusement, Rebadow ? Il n'empêche que son séjour au mitard risque de le conforter dans sa vocation nouvelle plus qu'autre chose. Rebadow peut-il être une véritable bombe à retardement ? Saura-t-il ensuite regarder ses actions et les assumer, quand le délire sera passé ?

La pièce de résistance, enfin, nous est offerte par Ryan O'Riley. Toujours aussi grandiose, ce Ryan. Il trouve le temps dans cet épisode à la fois de nous offrir une performance torturée lorsqu'il s'inquiète du sort de Cyril (qui a fait une overdose de médicaments grâce aux "bons" soins de Gloria Nathan), de faire échouer une nouvelle fois la tentative de Stanislofsky de lui nuire (il a perdu le portable dans la manoeuvre, mais il a échappé au pire et c'est l'essentiel), et surtout, de faire ce que tout le monde savait qu'il ferait : se débarrasser du violeur du Dr Nathan.
Sauf que les histoires de combines, de manipulations et de mains propres, c'est fini. Quand il s'agit de venger le viol de Nathan, Ryan se salit les mains, il veut pouvoir le faire lui-même, parce que cette fois, c'est personnel. Jusque là quand il a fait quelque chose d'atroce, c'était par calcul, parce qu'il a une colonne pertes et une colonne profits en permanence dans la tête, et que quand ses fesses et celles de Cyril sont en cause, la fin justifie les moyens. Mais ici, ça n'a plus rien à voir. Il fait une exception. Sa scène de prédation, avant d'exécuter (il n'y a pas d'autre mot) le violeur de sa bien-aimée, est parfaite. On sent la tension monter, on sait que cette fois il va y aller lui-même, que ça va être atroce, ça ne va pas louper, il va le-... ouh punaise, la brute. Qui eut cru que Ryan avait cette bestialité en lui ? Finalement je le préfèrerais presque en salaud aux mains propres. Ce qui se passe dans la tête de Ryan est parfois extrêmement flippant.
Comme attendu, O'Riley va ensuite faire le beau devant Glorian Nathan, et lui envoie un trophée, fier de lui, fier de son acte atroce. Lequel trophée est accueilli à juste titre avec dégoût et... et quelque chose d'autre. Le Dr Nathan quitte Oswald, mais la ballade de Ryan et Gloria est-elle si vite finie ?

Posté par ladyteruki à 23:55 - Plus on est de fous - Permalien [#]

29-09-10

Binaire

Binaire

Je ne sais plus dans quel bouquin que je lisais le mois dernier la chose a été rappelée à mon bon souvenir. L'auteur y rappelait comment NYPD Blue, après une difficile première saison remplie de problèmes et de controverses, avait fini par devenir l'un des fers de lance de la chaîne ABC, essentiellement au nom des bonnes critiques (et il est mentionné à demi-mot que l'équipe créative poussait pas mal aussi). En lisant ces quelques mots, je m'étais dit : "ça ne se produirait plus maintenant".

Eh bien la preuve avec Lone Star. Je n'ai pas été tendre avec son pilote, mais elle avait clairement du potentiel, elle avait juste un grand besoin de maturité. Mais globalement, ceux qui ont pensé à regarder la série la semaine dernière avaient quand même envie de la soutenir, parce qu'elle apportait quelque chose de nouveau et de différent dans la grille de rentrée, quelque chose qu'on n'y voit pas très souvent, a fortiori sur un network (que ça vous défrise ou non, c'est vrai).
Hier, comme vous le savez tous, la série a officiellement été annulée. Voyez : ça ne se produit plus, maintenant. Les bonnes critiques ne suffisent plus à soutenir une série. On est dans l'après-grève et on continue de compter des victimes dues aux cordons de la bourse qui se sont resserrés jusqu'à l'étranglement (parfois je soupçonne que ce soit aussi une excuse facile pour les chaînes : "la série coûte trop cher, elle n'est pas rentable, on peut pas continuer", ouais enfin, c'est pas la première crise économique que vous connaissez, et ça vous a pas toujours arrêtés...).

On est dans un univers de programmation binaire maintenant. Ça marche ou ça marche pas, il n'y a pas d'entre deux. Moi, je suis cruelle avec les pilotes quand d'après leur visionnage je détermine si je vais continuer de regarder la série ou pas ? Eh bien c'est rien comparé à des chaînes comme ABC ou FOX qui vont jusqu'à les annuler ! C'est tout ou rien, on veut que ça fonctionne. Sauf quand il y a des gens puissants dans les coulisses pour pousser à mort comme pour 30 Rock, hein Lorne, qui voudrait te contrarier mon bon vieux Lorne ?

La critique ? Mais on s'en fiche de la critique ! C'est pas elle qui achète les produits qu'on laisse vendre pendant les pauses pub, que je sache ! Si la critique est mauvaise mais que les gens sont suffisamment cons pour regarder, on continue, c'est pas grave ! A l'inverse, dés que le public déserte, pas de quartiers. Et du coup on se retrouve avec des séries parfois excellentes, parfois potentiellement bonnes, qui finissent sur la chaussée en moins de deux épisodes.
Alors on va blâmer le public, qui ne s'est pas branché devant. C'est vrai ça, c'est étonnant, pourquoi le public de 2010, quand on lui présente un "Dallas moderne", il ne se rue pas sur la série ? C'est bizarre, c'est comme si on leur avait mal vendu la série mais, non, attendez, ça peut pas être ça. Non, ça se trouve, c'est juste que le public est abruti. Rhalala, on avait acheté une bonne série pourtant, mais les gens veulent pas la regarder, vraiment ça nous tord le cœur mais, quoi, on va pas diffuser de la qualité à perte non plus ?

A force de déshabituer leur public à la qualité, les audiences se vautrent. Bah oui, normal. Quand on trépane quelqu'un, on lui demande pas de résoudre une équation derrière... Sauf qu'après, ce sont les mêmes chaînes qui vont se plaindre que toutes les récompenses de séries dramatiques vont au câble. Comme quoi il est pas complètement abruti, le téléspectateur, hein, il a juste bien compris qu'il n'y avait rien à attendre de vous.
Si personne n'a regardé Lone Star, peut-on avancer l'hypothèse que c'est parce que personne ne pense que la FOX peut sortir une série dramatique originale, autre que les éternels formula shows ? Et que même quand une série est bonne, elle finit par être annulée alors pourquoi se donner la peine, sérieusement ? On n'en attendait pas grand'chose parce que FOX a eu la présence d'esprit de qualifier la série de pseudo-Dallas quand il aurait été tellement plus judicieux de la vendre en faisant des parallèles avec Big Love.

L'ironie finale, c'est que le héros de Lone Star se tapait deux femmes... et qu'il aura fini sur la longue liste des "screwed by FOX".

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (allez, pour la route) : la fiche Lone Star de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:15 - Point Unpleasant - Permalien [#]

16-09-10

Top 10 des conneries que tu aurais pu garder pour toi

Comme ce soir je suis un tout petit peu de mauvais poil, plutôt que de m'escrimer (pour le quatrième jour consécutif) à vous parler de Terriers, qui me met dans la curieuse position où d'avoir envie de dire du bien mais sans savoir quoi, je vous propose un florilège des 10 phrases qu'on m'a sorties sur la télévision et/ou la téléphagie, et qui me hérissent toujours le poil comme si c'était la première fois que je les entendais.
Naturellement, ceci n'a aucun rapport avec le fait que j'aie eu ma mère récemment au téléphone.

HulkPasContent

10 - Mais tu l'as pas regardé la semaine dernière ?

9 - C'est toujours la même chose, hein, t'as vu un épisode, tu les as tous vus.

8 - Tu regardes toujours tes trucs ?

7 - Qu'est-ce que ça va t'apporter dans la vie ?!

6 - J'ai vu la même chose en film, au moins on connaissait la fin.

5 - Oh moi tu sais, depuis que j'ai vu Dallas, j'ai fait le tour de ces histoires de séries.

4 - C'est tellement violent/vulgaire/débile, les séries américaines, je sais pas comment tu fais pour regarder ça.

3 - Tu regardes des séries japonaises ? Ah ouais, genre quoi... Dragonball ?

2 - Ce serait moins abrutissant de lire un bouquin.

1 - Quand on voit les conneries qui passent à la télé, je me demande comment tu n'es pas devenue totalement crétine depuis le temps.

Ah évidemment : dans l'idéal, il faudrait le ton. Le ton sur lequel ces phrases sont dites y est pour beaucoup dans la répulsion qu'inspirent ces phrases au du téléphage (sans quoi une ou deux méritent une réponse, d'ailleurs), mais croyez-moi, personne ici n'a d'intérêt à ce que je me lance dans un post On Air aujourd'hui. Non, imaginez vous-mêmes, ce sera mieux...

Alors bien-sûr, il y en a d'autres, mais celles-ci sont mes "préférées". Celles qui me donnent des pulsions de violence, vous voyez ? Si. Je suis sûre que vous voyez. Alors n'hésitez pas à compléter avec votre propre classement des phrases assassines qui vous mettent à l'envers, dans les commentaires ; ça nous fera du bien à tous, j'en suis sûre.

Posté par ladyteruki à 22:21 - Point Unpleasant - Permalien [#]

10-05-10

La route est droite, mais la pente est forte

On a tous entendu ces petites phrases, mais rien à faire, on ne s'y fait simplement pas.
- "Les Américains ça doit leur faire drôle, une série aussi intelligente !"
- "Nan mais attends, une série américaine ; moi je m'attendais à pire !"
- "J'aime bien cette série... même si elle est américaine."

Ces phrases, vous les aurez reconnues, ce sont celles que sortent les apprentis-téléphages en pleine épiphanie, ces débutants qui découvrent que les termes "les séries américaines" recouvre plus que Dallas, la dernière série dont les médias aient suffisamment parlé pour qu'ils y jettent un œil, et dont ils avaient tiré une leçon assez médiocre sur les capacités télévisuelles de l'Amérique, ce pays notoirement crétin vu de notre côté de l'Atlantique où tout est si beau, si intelligent, si culturellement exceptionnel.

Une fois de plus, aujourd'hui, j'ai entendu ces phrases et quelques autres, clichés typiquement français sur "les séries américaines", dans ce que l'expression a de plus péjoratif.
Il parait que Dr House finit ce soir, et l'apprentie-téléphage à qui on doit cette sortie imprégnée de stéréotypes, s'attristait de la disparition de cette série de son écran. Surtout que, je cite, "c'est pas souvent qu'une série américaine se montre aussi intelligente, ils ne doivent rien comprendre, les Américains".

On leur dit ? On leur dit que pendant 7 ans, ces Américains en question ont regardé une série sur un network parlant de leur Maison Blanche, des compromis et de la politique politicienne, quand nous n'en avons pas eu plus d'une saison sur notre Élysée (et sur un tout autre registre) ? On leur dit également que sur le câble, actuellement, il y a des Mad Men, des Big Love, des Breaking Bad, des... Non, on leur dit que la liste est trop longue ? Que les séries intelligentes, venant des Américains, ce n'est pas l'exception surmontant les pires obstacles, mais une frange fournie de leur production télévisuelle ?

Bien-sûr, quand on a l'habitude des Experts Stuttgart, des Experts Leipzig et des Experts Hannover, ou pire, qu'on regarde Bones ou NCIS, ça doit faire un choc. Mais si vous êtes impressionné par Dr House, accrochez-vous, ça va secouer quand vous allez découvrir d'autres séries. "Des séries américaines".

Route

C'est là aussi que je mesure l'ampleur de la tâche qui m'attend quand j'essaye de parler de fiction asiatique. Rien n'est acquis en matière de télévision américaine, finalement, à propos de laquelle les préjugés restent nombreux. Les Américains sont donc des benêts, incapables de faire des séries de qualité (et d'ailleurs j'aimerais qu'on me cite des séries françaises qui soutiennent la comparaison, juste une fois, dans ce type de conversations). Mais alors, les Japonais ? Ces crétins qui ne savent faire que des émissions où on mange des trucs improbables et où on se casse la figure ? Et les Coréens ? Ah bon les Coréens ont la télé ?

De cliché en cliché, la vision qu'ont beaucoup de gens de la télévision n'a pas progressé, finalement. Le "phénomène des séries télé" n'a été un progrès que pour un microcosme qui s'est cru parvenu à un certain seuil de légitimité culturelle. Mais le grand public n'a toujours qu'une vision étriquée de l'objet de notre passion...

Alors même quand certains jours, on a envie de fermer la boutique parce que les commentaires, les retours ou les statistiques ne suivent pas, on se dit qu'il y a encore tant à faire pour essayer de faire entrevoir les horizons que nous avons sous les yeux au quotidien, qu'on reprend le clavier et on s'y remet.

Posté par ladyteruki à 15:27 - Point Unpleasant - Permalien [#]

13-11-08

C'est encore Halloween ?!

J'étais innocemment en train de me demander si je me regardais une petite cassette sur mon dernier magnétoscope survivant (celui qui ne fait plus que la lecture ; il faut vraiment que je m'achète le bidule qui permet de tout passer sur PC, avant qu'il ne me lâche, d'ailleurs) ou si j'allais regarder la télé. Des fois il s'y passe des trucs, après tout. A la télé, on est surpris.

C'est vrai qu'en fait, quand on regarde un DVD, ou qu'on cagoule, le résultat est entièrement maîtrisé. Vous regardez l'épisode que vous attendez, ou l'épisode que vous avez déjà vu, et quelque part vous savez à quoi vous attendre (à la notable exception d'un accès pilotovore, où là, c'est la roulette russe).
Mais quand vous allumez la télé, c'est la surprise. Inédit ou rediff ? Et si inédit, peut-être celui d'une série que de toutes façons je n'aurais pas pris la peine d'acheter en DVD ou de cagouler...

Combien de fois m'est-il arrivé d'allumer la télé et de me dire "tiens, c'est vendredi, c'est Sex & the City", et de tomber par hasard sur l'un de mes épisodes préférés et me laisser surprendre, une fois de plus, par son effet. Combien de fois me suis-je dit que j'allais zapper jusqu'à tomber sur une série, et prendre en cours de route l'épisode jusqu'à la fin, pour voir. Combien de fois, pendant des insomnies, suis-je tombée sur Dallas par exemple, et me suis-je dit que j'allais tenter l'expérience puisque j'étais là, sachant que je n'aurais sans doute pas l'idée de regarder la série en d'autres circonstances...

Et puis, au fil de l'eau, se prendre au jeu, se laisser émouvoir, se laisser surprendre, découvrir un bon épisode, rédécouvrir les détails imperceptibles d'un épisode qu'on pensait déjà connaître... se laisser surprendre, oui, c'est certainement ce que je fais devant ma télé. Le cagoulage et le DVD n'apportent pas ça, du moins pas autant.

Typiquement, des séries comme Les Experts Oulan Bator ou Cold Case se prêtent totalement à ça. C'est la série que jamais de la vie je ne regarderais pour le frisson téléphagique, mais que, comme ça, par hasard, pourquoi pas.

Bref je me demandais s'il y avait quelque chose par quoi me laisser surprendre.

Et dans mon programme télé, je suis tombée sur ça.
Jaipeur
Rassurez-moi, c'est la version Sims de Kathryn Morris, hein ? Ah ya pas à dire, les Sims 3, ils ont poussé le réalisme très loin. C'est pas encore parfait niveau proportions mais ça a quand même de la gueule...

Posté par ladyteruki à 22:39 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

02-11-08

Le jeune bouseux, le vieux sorcier, l'épée magique, tout ça

Combien y a-t-il de chances pour qu'une série de fantasy soit réellement originale ? Une sur cent, grand max ; plutôt même une sur mille en fait. C'est toujours le même tralala : on prend un bouseux de base, on lui fait découvrir un Destin héroïque, on le flanque de quelques comparses aux capacités complémentaires, si possible avec un love interest dans le lot, on saupoudre d'un peu de magie et on ajoute toute une panoplie d'armures et d'armes étincelantes, ptet même en incluant deux ou trois créatures magiques...
Bon ça va, hein, moi aussi je connais mes classiques. Tu parles d'une affaire. Qu'un Merlin ne me surprenne pas, c'est normal, mais qu'un Legend of the Seeker énumère un par un tous les poncifs du genre, c'est hyper lassant.
Au début je voulais faire un post La preuve par trois, mais ensuite je me suis aperçue que j'avais bien mieux à faire de ma bande passante, surtout pour un pilote de cette taille, et d'ailleurs vous aussi, alors laissons les choses comme ça ; si vraiment vous avez besoin de cagouler en ce moment, allez donc faire un tour sur le post d'hier, plutôt. Cependant, les captures étant déjà faites, je les ai laissées dans mon post final quand même. Mais ne vous étonnez pas qu'il manque un petit quelque chose en fin de post, quoi...

Allez, c'est qu'un mauvais moment à passer, courage.

LegendoftheSeeker___1
Tout commence alors que la toujours aussi jolie Elsa (ah bon, c'est pas la chanteuse ? Ah, au temps pour moi) gambade gaiement à cheval à travers bois, avec sa frangine. Elles semblent jouer à chat avec des vilains messieurs, et c'est la frangine qui perd. Ah, s'il-vous-plaît un peu de tenue, essayez au moins de réprimer votre bâillement. Alors Elsa décide d'aller vers un mur d'eau verte... certainement en cure thermale, je pense. J'ai pas tout compris mais toujours est-il qu'elle se la joue Moïse, sépare les mystérieuses eaux vertes en deux et se retrouve... euh, bah ailleurs. C'est là que l'attend son Destin... et euh en fait son Destin, c'est d'aller apprendre son propre Destin à un avorton local qui s'éclate à couper du bois pour faire des zoulis ponts. En même temps ya pas de sot métier me direz-vous. C'était ça ou garçon de ferme de toutes façons ; et puis page, c'était déjà pris.

LegendoftheSeeker___2
Bon alors évidemment, le jeune gredin, que par commodité je vais appeler Moustique parce qu'il a vraiment le physique de l'emploi, et que je n'ai aucunement l'intention de me fatiguer à retenir son nom, va découvrir que d'une part il est une sorte d'élu (la Tueuse, mais en plus viril, si vous voulez... encore que), mais aussi que d'autre part il a gagné une épée en inox à une tombola, et aussi la panoplie habituelle des parents adoptifs qui meurent brutalement dans des circonstances qui nous le mettent en pétard. Et pendant que vous réprimez un bâillement, il a aussi le temps de se fritter avec son frère d'adoption qui savait qu'il n'était pas son frère même quand il était son frère. Ça devient un peu Dallas mais bon. Ce qui est bien c'est que Moustique a vraiment hérité de tout l'attirail du héros de fantasy lambda : il est con comme la lune mais fait illusion, il passe son temps à s'énerver après tout le monde (crise d'adolescence et Destinée valeureuse font rarement bon ménage), il est super impulsif et il n'oublie pas de reluquer le décolleté d'Elsa, qu'en même temps elle a fort charnu alors pourquoi se priver, c'est vrai. Réprimez encore un bâillement, on est presque au bout.

LegendoftheSeeker___3
Il faudra à peu près une heure à Elsa pour s'apercevoir que Moustique a quelque chose dans le pantalon. Pour ça il faudra qu'il sauve la vie à quelques locaux ainsi qu'à elle-même, pour s'entendre dire à plusieurs reprises qu'il est le Siqueur sur un ton épaté, car Elsa est très impressionnable. J'ai pas trop compris de quoi il s'agissait mais tout le monde a l'air de trouver ça très important. Alors d'accord. Tant mieux pour lui, après tout. Ya aussi une grosse baston aux abords du centre thermal, avec des mecs qui sont pas contents parce que le Siqueur a un bouquin qui les intéresse (alors que vu leur tronches on n'aurait jamais pensé qu'ils sauraient lire, comme quoi les préjugés c'est vraiment trompeur). Mais on l'a vu plus haut, Moustique est en pleine crise d'adolescence, donc pas très prêteur, il flanque le bouquin au feu sans vérifier s'il y a une fiche de bibliothèque dedans ni rien, et il bastonne tout le monde, c'est rien, tout va bien, c'est les hormones. Là-dessus arrive le vieux pouilleux de service qui fait office à la fois de mentor et de nudiste (je vous en ai pas parlé parce qu'il aurait fallu faire une capture mais il est là depuis le début de l'histoire, enfin pas vraiment, des fois il est aussi un peu dans le coaltar, il a pas toléré la chaleur de la cure thermale, un truc comme ça, oh eh, ne m'embêtez pas avec les détails voulez-vous ?), bref tout est bien qui finit bien, ou plutôt qui commence mal parce que ni Moustique ni Elsa n'ont clamsé, et apparemment il va falloir tenir pendant toute la série avec ces deux grands couillons. Et là, on se dit que finalement, Les Experts ont trouvé leur maître en matière d'abus sur les lumières et les couleurs... Puis là, bon, c'est à peu près la fin, si, ya bien un vilain méchant de service qui fait son numéro après mais bon, on a compris l'idée, quoi.

Voilà, c'était vraiment très intéressant.
Finalement je ne sais pas pourquoi je vous ai écrit une intro si pessimiste. Quand on prend du recul, on s'aperçoit que Legend of the Seeker, c'est quand même une pure histoire avec une demi-portion qui va en cure thermale avec sa copine chanteuse et son grand-père naturiste. On voit pas ça tous les jours à la télé...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Legend of the Seeker de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Review vers le futur - Permalien [#]

27-09-08

[DL] Dallas

Ton univers impitoyaaaableuh...
Oui, alors non. Je sais que le but du jeu, c'est de trouver les génériques des séries que je hais, mais il s'agit quand même de génériques que j'apprécie et, en l'occurrence, la version française de ce générique n'en fait pas partie. Du tout.

Par contre, la version originale, si. C'est épique, c'est rythmé... musicalement, c'est un vrai délice pour moi.

Dallas
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Hymne à un sud puissant, du type best of both worlds, avec des gratte-ciel de métal et de verre d'une part, et les richesses du sol texan d'autre part, ce générique de Dallas est emphatique à souhait, et c'est ça que j'aime.
Après, ok, je vous l'accorde, visuellement, c'est pas le top du top. Hey, admettez quand même que la chanson est bonne, c'est déjà pas si mal.

Vous êtes très bons à ce petit jeu de génériques. Allez, il en reste !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (à ce point-là ?!) : la fiche Dallas de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:15 - Médicament générique - Permalien [#]

26-09-08

[GAME] Devinez, c'est gagné !

Vous n'êtes pas sans savoir que dans mon chez moi informatique, c'est le branle-bas de combat depuis plusieurs semaines et que je tente d'y organiser le chaos, notamment du côté des génériques que j'essaye de rassembler quand tout plein d'entre eux sont dispersés un peu partout. Du coup je retombe sur plein de merveilles, plus ou moins insoupçonnées, et je me suis dit que j'allais faire tourner !

Alors je vous propose un petit jeu en ce premier weekend d'automne... Je vous invite à deviner "les meilleurs génériques des pires séries". En gros, il s'agit d'essayer de trouver les séries que je déteste, parfois même avec acharnement, mais dont j'adore le générique. Et chaque fois que vous en trouvez un, je l'uploade ; vous avez une semaine pour essayer d'en trouver un maximum ; vendredi prochain, je vous donnerai les titres que vous n'avez pas trouvé, mais c'en sera fini pour les videos.
Ça vous tente ?

Bon, je ne vous laisse pas comme ça, hein, je vais vous donner des indices pour chaque série concernée. Mais essayez aussi de lire un peu par-ci par-là, de voir quelles séries je n'aime pas d'ordinaire, tout ça... ça peut aider, même si je ne dis pas pour autant que toutes les séries ont déjà été mentionnées sur ce blog par le passé.

1 - Une série soapesque > General Hospital
2 - Une série au titre botanique > One Tree Hill
3 - Une série d'hôpital très inhospitalière > Kingdom Hospital
4 - Une série Raimi > Cleopatra 2525
5 - Une série I see dead people > Ghost Whisperer
6 - Une série dans l'univers des comics > Birds of Prey
7 - Une série des 80s en milieu riche > Dallas
8 - Une série avec Richard Burgi > Point Pleasant
9 - Une série au pied des montagnes > Everwood
10 - Une série trash > Nip/Tuck

Evidemment, aucun de ces génériques n'a déjà été ajouté au flacon. Donc pas de True Blood, pas d'Angela's Eyes, pas de Secret Life of the Machin Bidule, non, rien de tout ça. Mais je me suis arrangée pour qu'elles soient toutes relativement connues, je suis pas garce à ce point !
Et en plus, vous avez droit à une question (et une seule) pour chacune, vous pouvez les poser ci-dessous... indiquez simplement son numéro, ok ?

Allez, tentez votre chance, ya du générique en bonne (parfois très bonne) qualité à la clé !

Posté par ladyteruki à 21:09 - Games On - Permalien [#]