ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-11-09

Amer agrume

Ça fait quelques temps maintenant que je ne lis plus tellement les pitchs des séries que je vais découvrir. Parfois on le sait à l'avance, c'est inévitable, et puis parfois, vraiment, on n'en a pas la moindre idée et on tente le coup, comme ça, au hasard, parce qu'on est tombé dessus dans la filmographie de quelqu'un, parce que le pilote s'est offert à notre cagoule, parce qu'on cherchait autre chose et qu'on est tombé dessus, peu importe. Et je dois dire que sur pas mal de choses, cette technique a du bon.
On n'attend pas quelque chose de précis. On se laisse porter. On ne connaît ni surprise ni déception. On découvre et on a le sentiment de juger la série pour ce qu'elle est, et pas pour les espoirs qu'on avait placés en elle.

Au contraire, quand j'ai lancé Daisuki!!, j'étais très réservée, parce que justement j'en connaissais le résumé et que, bon, ça fait un peu redite de 14 Sai no Haha : une jeune fille psychologiquement fragile (ici, pour raison de retard mental) décide d'avoir un bébé contre vents et marées. Mouais. Bon.
Mais une aficionado de Corky telle que moi ne pouvait qu'y jeter un oeil, histoire de voire quel traitement la fiction nippone accordait aux troubles mentaux, pour commencer.

Peut-être que du coup, j'ai trop cherché la parenté avec l'une ou l'autre de ces fictions, parce que de toute évidence, Daisuki!! n'a pas grand'chose à voir avec elles.

Au lieu, comme 14 Sai no Haha, de suivre pas à pas la grossesse de l'héroïne, Yuzu (ce qui certes, avait ses longueurs, mais permettait de n'éluder aucune question de principe sur la grossesse adolescente), Daisuki!! prend le parti, dés le pilote, de s'autoriser des bonds dans le temps. Explorant ainsi très vite à la fois le problème de la grossesse en elle-même, et les problématiques sur l'éducation de l'enfant. Et franchement, ça ne m'était pas apparu sur le moment, mais effectivement je me rends compte après coup que ce regard au-delà de la naissance a manqué à 14 Sai no Haha.

Reste le tabou quant à la sexualité ; les fictions japonaises ont un vrai problème avec ça. Du plus loin que remonte mes souvenirs, ce qui ressemblait le plus à une scène de sexe, c'était dans Orange Days, c'est dire ! Donc de la même façon que la conception du bébé de 14 Sai no Haha avait été un peu romancée et surtout éludée, ici, Himawari pourrait avoir poussé comme une plante en pot, ce serait pareil. Les parents ne se sont jamais touchés, à en croire le pilote. L'immaculée conception.
Du coup, forcément, la (courte) scène de l'accouchement offre un réalisme autrement plus saugrenu.

Histoire de s'éviter les problèmes que 14 Sai no Haha avait rencontrés avec le papa, dans Daisuki!!, celui-ci est éliminé sans autre forme de procès par un très pratique (et très con) accident de circulation. Je l'ai déjà dit mais je le répète : il y a un vrai problème de sécurité routière au Japon. D'après mes observations personnelles, dans les dorama, une mort sur deux est due une voiture, un camion ou un bus. C'est un véritable problème de société, et j'attends le dorama qui brisera la loi du silence, et osera clairement exposer au grand jour cette problématique qui, j'en suis sûre, nous touche tous dans ce que nous avons, profondément, de plus piéton.
Pour info, l'autre moitié des décès est majoritairement due à des maladies graves et incurables. Le Japon semble être un pays de cocagne au vu de ces statistiques...

En fait, le pilote de Daisuki!! est si complet, de par sa chronologie compressée, que c'est à se demander ce que les épisodes suivants pourront bien trouver à dire ! Yuzu perd son amoureux, la famille découvre qu'elle est enceinte de 5 mois (c'est d'ailleurs une véritable curiosité : quel est la limite légale pour avorter au Japon ? Parce que si j'en crois Daisuki!!, c'est open bar !), chose qu'elle-même vivait pourtant jusque là avec beaucoup de sérénité (je salue le système éducatif nippon sur la qualité de son éducation sexuelle auprès des attardés mentaux), elle a son bébé, on menace de le lui retirer, et hop ! L'épisode arrive à son terme et le bébé a déjà deux ans. Mais que diable trouvera-t-on comme rebondissements ultérieurs ?!

Les retournements de situation, si j'en crois le trailer, viendront d'une jeune fille extérieure à la famille qui va venir semer le trouble dans la vie d'une maisonnée déjà bien retournée. A l'instar des déboires financiers de la belle-doche de 14 Sai no Haha, j'ai le sentiment que cet axe va nous éloigner du cœur du sujet, pour créer des histoires là où personne n'était venu en voir.
Au lieu de cela, je préfèrerais largement qu'on explore la problématique de départ avec méthode et précision, en se demandant, par exemple, si Yuzu a la capacité de travailler ET s'occuper de Himawari, ou si la petite accuse elle aussi un retard mental. On est en droit de se poser la question, et jusque là cette crainte n'a pas du tout été abordée.

Daisuki!!, et c'est la bonne nouvelle, n'est pas une vilaine copieuse comme je le craignais. Ce qui a ses avantages comme ses inconvénients. On y trouve de bonnes idées mais, passé le pitch de choc, on a le sentiment à la vue du pilote que la série va se contenter de rester neutre et d'éviter de valeureusement aller affronter son sujet, pourtant louable. C'est dommage, mais d'un autre côté, c'est TBS et pas HBO.

D'ailleurs, le peu de traitement qui en est fait est très naïf. A ce titre, je vous propose la toute première scène du pilote, où Yuzu et son bien-aimé Sousuke sont dans le bus. Autant la scène est d'une remarquable tendresse et montre une complicité touchante, autant c'est d'un angélisme certain, ou alors il faut vraiment que je déménage au Japon vite fait ! Pas un regard de travers dans le bus (alors que les deux amoureux sont assez bruyants), pas une remarque... j'aimerais croire qu'une telle société existe, vraiment. Mais j'ai une sorte de doute, quand même. Ce genre de détails montre bien comme Daisuki!! est prêt à brader son propos pour obtenir de l'émotion, et c'est dommage.

daisuki

Quant à la récompense décernée à l'actrice Karina pour son interprétation, elle qui passe 90% de son temps dans le pilote à hurler "Himawariiiiii !" (les 10% restants étant effectivement convaincants, soit), le sens m'en échappe un peu. Peut-être qu'après un premier épisode si chargé, il est nécessaire de regarder un peu plus la série pour s'en faire une opinion définitive ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daisuki!! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

18-11-09

J'ai touché le fond de la piscine dans ton pull bleu Klein

Quand on me voit pour la première fois... je suis mal placée pour dire ce qu'on pense de moi la première fois qu'on me rencontre. Je ne me souviens pas bien de la première fois où je me suis rencontrée, pour être honnête. Mais je pense en tous cas que la première chose qu'on pense ne se rapporte pas à mes fringues. Il faut dire que j'ai un mal fou à trouver des vêtements qui me plaisent ; au gré des modes, les coupes qui me feraient plaisir, les couleurs qui me font de l'œil, disparaissent et me laissent seule devant la nécessité de me vêtir quand même un peu. En général, j'aime un vêtement ou deux de ma garde-robe, pas plus. Je me sens obligée d'acheter les autres, et je les choisis plus négligemment, selon la technique du moindre mal : qu'est-ce qui me parait le moins moche dans ce magasin, dans ce catalogue, dans cette penderie ? Idéalement, je me ferais faire mes fringues sur mesure. Mais je n'en ai pas les moyens, et j'estime avoir mieux à faire que passer mes samedis dans les boutiques pour trouver le haut qui enfin me fera plaisir. C'est du temps en moins pour la téléphagie, soyons clairs. Donc au final, mes vêtements... ne sont pas une part importante de ma façon d'être. Je me borne à limiter les dégâts côté couleurs, à prendre un truc ou deux de temps en temps pour renouveler, et j'attends le coup de cœur qui se produit peut-être une fois l'an, et qui dans ce cas me pousse à acheter le vêtement en question en deux ou trois couleurs, histoire d'être tranquille.

Ce petit préambule pour vous dire à quel point le pitch de Real Clothes m'était pas mal indifférent. Je n'ai pas regardé Le Diable s'habille en Prada, en dépit de la présence d'Anne Hathaway pour qui j'ai une tendresse toute particulière depuis La Famille Green, ce n'est pas pour me ruer sur le premier dorama venu où on parle de chiffons.

RealClothes

Pourtant, en ces temps de travail acharné où le moindre moment de détente se doit d'être exploité à fond, il est venu un soir où je me suis dit : bon, je vais quand même jeter un œil, c'est ça ou du temps de cerveau disponible sur TFHein. Entre deux maux...

Résultat : pas de surprise outre mesure. Ne vous attendez pas à ce qu'à chaque fois que je commence un post de la sorte, ce soit nécessairement pour vous dire "j'aurais trop dû regarder avant !!!". Je sais pas d'où vous sortez mais la téléphagie c'est pas tous les jours une rencontre inattendue qui se transforme en révélation.

En soi, je ne m'attendais pas à ce que les premières minutes du pilote se déroulent à Paris (regarder un dorama pour voir des images de Paris, ya une certaine ironie, non ?), mais en-dehors de ça, Real Clothes est très attendu : l'héroïne a un style vestimentaire déplorable (ç'aurait pu être pire, elle aurait pu ne pas savoir se coiffer, or elle est mignonne avec ses petites mèches...), mais comme par hasard elle est mutée au service mode féminine de son magasin, mais évidemment elle n'y connaît rien, et au départ elle pense que les vêtements c'est superficiel mais dans le fond elle trouve tout ça très joli et elle aimerait bien se transformer en papillon parce que même si au début elle faisait la grande la gueule qui s'en fout, en vrai elle est toute tristoune d'être une vilaine chrysalide.
Allez hop, vous savez tout.

L'interprétation de Karina (je vous ai parlé de Daisuki!! ou pas ? il faut ; rappelez-le moi) est classique elle aussi : ça minaude un peu, ça fait sa petite chose toute contrite, ça pleurniche vaguement, bon, on les connaît, hein. Quant à Hitomi Kuroki, là aussi on est dans les sentiers battus : froide, altière, l'air de tout savoir mieux que tout le monde (pff, je suis sûre que Miki Maya aurait donné plus de cachet à ce personnage... m'enfin).
La seule vraie surprise c'est que l'héroïne, pourtant sapée comme un as de pique, a un petit copain, et ça c'est carrément osé dans le genre, parce que sinon comment on va mettre une intrigue amoureuse dans un prochain épisode ? Je suis inquiète.

Bon vous l'aurez compris, rien que de très banal dans Real Clothes, c'est divertissant sur le moment, ça, je ne dis pas, mais regarder des séries comme celle-là et ne pas immédiatement en faire un post, c'est courir le risque de se croire frappé d'un Alzheimer plus tard : "ah oui au fait, Real Clothes... j'ai regardé ou pas ?". Bien malin celui qui dans 6 mois s'en souviendra.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Real Clothes de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:08 - Dorama Chick - Permalien [#]
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