ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

26-02-10

Au coin !

Nul n'est parfait. Toute téléphage que je sois, pire : toute pilotovore que je sois, en 2004, je n'ai pas bien fait mes devoirs. Cette saison-là, j'ai effectivement regardé les pilotes de Bones (hélaaas), Criminal Minds ou My name is Earl. Et pourtant, je n'ai aucun souvenir d'avoir regardé le pilote de Teachers.
Contrairement aux autres séries que je viens de citer, inutile de chercher Teachers dans les grilles récentes, car elle n'a pas eu autant de chance, et a été annulée au bout de 6 épisodes.

Si vous croyez que c'est ça qui m'arrête...!
Eh, vous savez ce qu'on va faire ? Un post La preuve par trois, voilà ce qu'on va faire. Parce que je ne dois pas être la seule à avoir zappé cette série, à mon avis...

Teachers___1
Si Teachers a toutes les apparences d'un sitcom classique... c'est parce que c'est très exactement ce dont il s'agit. La scène d'ouverture annonçait un univers complètement décalé et loufoque, mais sitôt le générique fini, ça devient plus sage et plus classique. Le personnage principal, Jeff, se présente avant tout comme un petit rigolo qui passe le plus clair de son temps à tenter d'impressionner Alice, la prof britannique sur laquelle il a des vues. L'épisode consacre une bonne partie de ses scènes à le montrer en train de faire la roue devant elle, à se faire repousser, et aller en rire avec son meilleur copain.

Teachers___2
Et juste avant qu'on ne commence à se dire que c'est un peu lassant, cette histoire, un élément perturbateur est introduit : une plantureuse prof remplaçante débarque pour la journée, interprétée par la belle Sarah Shahi (pré-Life). Et on sent immédiatement une bien plus intéressante alchimie entre les deux acteurs, bien que la dynamique avec son personnage commence par être la même qu'avec Alice : il se fait rejeter. Mais le dialogue dans le bureau de Jeff est plein de mordant et rappelle que la série peut avoir aussi de très bons côtés.

Teachers___3
Teachers a choisi son camps, finalement : il s'agira d'une comédie romantique avant d'être une comédie sur la vie de prof. Ce contexte professionnel, qui au vu du titre de la série pouvait sembler en être l'ingrédient principal, n'est en fait utilisé qu'afin d'opérer un rebondissement de dernière minute sur la personnalité de Jeff, et finalement il ne s'agit que d'un prétexte à lancer cet espèce de triangle amoureux. Ce n'est d'ailleurs pas nécessairement un mal : le petit coup de théâtre atteint parfaitement son objectif, on ne l'a que modérément senti venir. La galipette autour de la façon qu'a Jeff d'exercer son métier n'est qu'une façon de revenir au sujet principal : will they or won't they ? Teachers étoffe son genre, mais ne perd pas de vue qu'il va être question avant tout d'une romance, et pas une satire de la vie d'enseignant.

Parmi les scènes que j'aurais envie de mentionner, il y a le coup du blouson, les explications brumeuses sur le thé chaud, et la réplique finale, dont l'effet est soigneusement préparé. Mais je n'en parlerai pas puisque, comme vous le savez, la règle c'est que dans un post La preuve par trois, je ne parle que de trois passages, et pas un de plus. Donc tant pis, vous ne saurez pas que ces moments valent le coup aussi.

Avec son grand bain de comédie romantique et ses quelques fulgurances hilarantes, Teachers a fait un choix net, mais qui ne plaira pas à tout le monde. Ce n'est pas ce qu'on vient chercher instinctivement dans une série qui s'appelle Teachers et dont le générique (faites-moi penser à vous découper le générique) est au contraire si focalisé sur l'univers scolaire. Quelques moments bien barrés montraient qu'il y avait tout de même du potentiel pour être drôle, mais sans que ce soit le principal.
Teachers aurait certainement mieux fonctionné en Asie qu'aux États-Unis, à bien y réfléchir...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Teachers de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 23:05 - La preuve par trois - Permalien [#]

23-06-09

[DL] Cœurs Rebelles

D'ordinaire, je ne suis pas du tout amateur de rassemblements en tous genre, qu'il s'agisse de fan de Jmusic, de séries, ou de quoi que ce soit d'autre qui touche à mes centres d'intérêt. A part aller se taper dans le dos en se réconfortant de façon implicite sur nos goûts respectifs ("toi aussi tu aimes une série méconnue qui fait qu'on te regarde bizarrement quand tu en parles aux fêtes de famille ? Viens mon coupin, moi aussi"), ça ne sert pas à grand'chose pour les fans, en définitive. Pour les entreprises du secteur c'est par contre la fête du slip parce que tout le monde veut son goodies ultra-collector à 712 000 exemplaires ou son poster à 25€, histoire de marquer le coup. Sans compter qu'on en a pour un an à se raconter qui est venu costumé comment ou qui a bégayé devant son idole pendant une séance de dédicace. Ca reste ma position, entendons-nous bien. Et je continuerai de laisser les autres y aller en prenant grand soin de ne pas m'y pointer (dans le cas de la Jmusic, j'envoie par exemple ma frangine en milieu hostile à ma place, et elle rédige des live reports au péril de sa santé mentale pendant que je préserve soigneusement la mienne ou ce qu'il en reste).
Bref.

Mais cette année, c'est différent. C'est différent parce que COMICON, les enfants. Et si vous avez un brin de culture téléphagique, vous aurez fait le rapport entre le COMICON et le titre de ce post, qui est aussi le titre de la série, comme le monde est bien fait, c'est fou, on dirait que c'est pensé !

HigherGround
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Donc je serai au COMICON, totalement incognito, histoire d'aller faire des courbettes à la très jolie Kandyse McClure et, ce qui ne risque pas de gâcher ma journée, à Jamie Bamber aussi s'il traine dans les parages. Du coup tant qu'à payer l'entrée, je paierai également de ma personne et me présenterai à au moins un concert ce jour-là à JAPAN EXPO.

On ne s'y verra pas, mais vous saurez que je suis là, quelque part dans les couloirs, avec la chanson de Coeurs Rebelles en tête. Probablement la larmouchette à l'œil... Il faut dire qu'en optant pour cette chanson enragée, la production a fait le bon choix, et que du coup, ça reste bien en tête, quand même.

Et puis regardez-moi ce palmarès, plus de la moitié de ces petits bonhommes sont devenus des pièces intégrantes de la pop culture : AJ Cook brille maintenant dans Criminal Minds, Jewel Staite a intégré l'écurie Whedon pour Firefly et a aussi pointé son nez dans Stargate Atlantis, Kandyse McClure a officié dans Battlestar Galactica et Hayden Christensen a carrément joué dans Star Wars (ça vaut ce que ça vaut niveau interprétation, mais franchement on ne peut pas dire que tout ce petit monde n'ait pas fait son chemin). L'idée qu'un tel vivier ait existé dans un show (complètement méconnu en France, une seule diffusion le mercredi, pas vrai TFHein, je ne me trompe pas ?), ça me donne des frissons.
Voilà, ça c'est dit. Kandyse, on se voit dans quelques jours... J'aurais aimé te faire dédicacer un coffret DVD de Coeurs Rebelles, mais tant pis, ce sera Battlestar Galactica à la place. Tu n'es sur aucune cover de coffret, je fais comment, moi ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cœurs Rebelles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:03 - Médicament générique - Permalien [#]

10-02-09

Histoire de ne pas perdre la main

Ce lundi, j'avais un rendez-vous super important. Et comme il s'est bien passé, je me suis dit que j'allais m'arrêter à la FNUC avant de rentrer... Entendons-nous bien, c'était juste pour tester la carte FNUC flambant neuve que ma sœur m'a offerte à mon anniversaire, afin de vérifier que tout fonctionne bien pour le jour J, à savoir mercredi 11 février, ENFIN ! Pas question qu'il y ait le moindre cafouillage le jour de la sortie de Pushing Daisies.
Direction le gros centre commercial que je sais être tout proche pour la grande répétition !

Première déception, ce n'est pas une FNUC mais un Vergin Megasture qu'on y trouve. Je remballe ma carte d'un geste rageur, elle restera vierge encore deux jours, tant pis mais... mais bon, il y a un rayon DVD et il est hors de question de ne pas lui faire honneur.
C'est pas grave !
Je sais exactement ce que je veux : la première saison de The Practice. Je sais qu'elle est sortie depuis un bout de temps mais l'autre jour, j'ai eu envie de revoir des épisodes.

En fait ça m'est arrivé en revoyant ce weekend pour la énième fois Instinct de survie, et je me suis dit : "pourquoi m'arrêter là ?". C'est probablement, de tous les épisodes de la série que j'ai vu, mon préféré (avec L'Esprit de l'Amérique, pour lequel j'ai eu une pensée émue en voyant le Criminal Minds de cette nuit, et que je reverrais volontiers aussi) mais du coup j'en voulais plus. D'ailleurs The Practice, c'est le genre de séries qui me manquent sans que je m'en rende compte, jusqu'à ce que soudain je me dise que, mais merde, qu'est-ce que j'attends ?
Et donc, dans ce cas précis, je me suis dit que j'avais attendu ce fameux lundi. C'était ce jour-là, ou jamais.

T... The... The Office, non... The Shield, non plus... Hein ?! Bon, allons voir à P, alors... P... Point Pleasant, certainement pas... Prison Break, courageuse mais pas téméraire... Allons bon.
Mais enfin, j'étais venue pour ça !

A votre avis, j'ai fait quoi ? J'en ai pris mon parti, j'ai tourné les talons et je suis rentrée les mains vides, parce que c'est la crise et que, nom de nom, elle le dit bien, Super Nanny : "on est venus pour un truc, et juste celui-là !". Mais le drame c'est que je n'avais pas Super Nanny avec moi. Et que les DVD m'ont regardée comme si je m'apprêtais à leur faire un affront difficile à laver... je déteste quand ils me font ce regard-là, ça me brise mon petit coeur de téléphage.

Alors je me suis prise par la main, et je me suis dit que ce n'étaient pas les idées qui manquaient ! Sauf que Vergin Megasture, ça m'a l'air plus chair que la FNUC, parce que, pinaise, 59€ la première saison de The Riches, nan mais on délire, là ? Bon allez, la comédie avait assez duré, j'ai pris la direction de la sortie...
...
Et puis quelque chose a accroché mon regard. 39€99 la première saison de Big Love ?

Ahem... Hé hé... Hé hé hé hé... Bon, bah, voilà, quoi.

Posté par ladyteruki à 01:09 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

03-02-09

Miroirs obscurs, et pas qu'un peu

Je le pressentais déjà en voyant le pilote, je le devinais déjà en voyant le deuxième épisode il y a des années de ça, mais c'est devenu criant cet après-midi, au 7e épisode : Christopher Titus s'est servi de la série qui porte son nom pour revenir sur les blessures du passé. Eh, qui suis-je pour juger ? Je ne vais pas lui jeter la pierre pour se servir d'un média à des fins thérapeutiques...
Je crois que c'est ce que j'aime chez Titus, et ce que j'aime d'ailleurs aussi chez Rude Awakening : il ne s'agit pas juste de rire de ce qui n'est pas drôle en réalité, il s'agit de trouver la force de rire de ce qui a fait mal, et de s'en soigner. Quand une série prend une telle valeur, dépassant le stade de l'autobriographie pour entrer dans le domaine de la thérapie, c'est là qu'on commence à toucher à ce qui fait aussi que la télévision sait être un peu plus que du divertissement.

N'importe qui peut rire des coucheries d'une actrice ivrogne qui a raté sa carrière. Et puis un jour on comprend que ce n'est pas écrit par hasard, et que Claudia Lonow sait exactement de quoi elle parle. Elle sait en rire parce qu'elle a su en pleurer. En fait on n'a pas eu besoin de lire des tonnes d'articles et d'interviews pour le savoir, ça semblait évident rien qu'en regardant la série. Les lectures ultérieures ne feront que confirmer. A demi-mot... mais il n'y avait pas besoin de plus.
Quand Christopher Titus, l'acteur et auteur, écrit un épisode où la mère de Christopher Titus, le personnage, fait ses excuses à son fils pour tout le mal qu'elle lui a fait en raison de son instabilité mentale, il n'y a même pas besoin d'aller vérifier si effectivement la mère de l'acteur a passé du temps en hôpital psychiatrique, ça se sent, il émane une telle intensité et une telle sincérité de cette scène que nul n'est besoin d'aller vérifier. Mais si on le fait, on s'aperçoit qu'en effet, c'est vrai. Et on prend toute la mesure de ce qu'on voit épisode après épisode.

Certaines séries ont de la profondeur parce que par la fiction, elles évoquent quelque chose d'universel, et Oz, par exemple, est de celles-là. Et puis certaines séries ont de la profondeur parce que, par la fiction, elle évoquent quelque chose de personnel, et certes ça les rend peut-être moins accessibles au grand public, mais elles n'en sont pas moins extrêmement puissantes.

Quelque part, c'est trop facile d'utiliser des personnages entièrement fictifs pour explorer des réalités qui ne concernent personne en particulier. On regarde New York Unité Spéciale en sachant que les histoires sont plus ou moins adaptées de faits réels, mais on sait aussi que ceux qui écrivent ne sont pas ceux qui ont enduré ces choses atroces, que personne n'est réellement concerné dans le staff de la série, et ça permet certes de prendre du recul, mais ça distancie parfois aussi un peu trop... C'est aussi comme ça que certaines séries s'autorisent des dérapages hallucinants et des sauts de requins à ne plus savoir qu'en faire. Soudainement, Derek Morgan et son sourire adamantin vous sortent une histoire d'abus sexuel sur mineur et on n'y croit pas une seconde. Alors qu'une partie de ces choses sont vraies. Elles sont vraies quelque part, pour de vrai, malheureusement il y a vraiment des enfants à qui ça arrive, mais là on sait que ce n'est pas vrai, on le ressent au plus profond de soi et on se dit que Criminal Minds ne sait plus quoi inventer pour nous surprendre. N'a jamais su.

Mais quand on regarde ces fictions, on sent immédiatement ce qu'ils ont d'autobiographique, et une vraie connexion s'établit instantanément.

Billie Frank se regarde dans le miroir en se demandant ce qu'elle est devenue, et ce qu'elle va faire de sa vie. Elle voit le choix qui s'ouvre à elle, entre sombrer plus profond encore et donner un coup de talon pour remonter au moins un peu, et c'est vrai, il n'y a pas à en douter. Et même si les répliques sont drôles, on sent aussi ce qu'elles ont de réel. Et c'est là que la fiction est transcendée. On ne regarde pas juste une histoire. On vient de pénétrer l'intimité de quelqu'un. On regarde une confession. C'est romancé, mais c'est vrai.

Si j'aime autant qu'une série me parle de choses atroces, c'est bien pour qu'elle me renvoie à certaines choses qui me sont vraies. Alors je crois que c'est aussi pour ça que j'accroche sur des séries comme Titus ou Rude Awakening, parce que je sens qu'elles renvoient à la réalité de quelqu'un d'autre. Et qu'elles permettent de prendre ce fameux recul si nécessaire d'une part, mais qu'elles me plongent aussi le nez dedans, dans ce qui a été une épreuve, pour quelqu'un d'autre, à l'autre bout de la planète, et soudain on fait plus que regarder la télévision. Parce que quelqu'un, à l'autre bout, a bien voulu écrire plus que de la simple télévision.

C'est aussi pour ça que nous sommes plus que de simples spectateurs. Nous n'avons pas les yeux carrés devant l'écran parce qu'il n'y a rien d'autre à faire. Non, nous sommes téléphages parce que parfois, on nous donne cette opportunité d'aller plus loin. Notre passion prend du sens parce que parfois, on nous donne le droit de devenir des introspectateurs.

Posté par ladyteruki à 19:41 - Série de valeurs - Permalien [#]

05-01-09

Nomi Malone est... Déesse !

J'y vais ou j'y vais pas ?
Proclamant solennellement que le 5 janvier restera dans les annales comme le jour où j'ai abandonné toute estime de moi-même, je vous livre exceptionnellement un post Comme au cinéma précipité, parce que je viens de m'apercevoir que vous pouvez voir le film dés ce soir sur M6 (c'est normal, ils le diffusent environ tous les ans, parfois même plus souvent).
Et que c'est un de mes préférés.

C'est quoi le nom du film ? Showgirls
C'est plutôt quel genre ? Prétexte
Qui on connaît là-dedans ? Kyle MacLachlan (Twin Peaks, Sex & the City, Desperate Housewives...), et Elizabeth Berkley (Sauvé par le gong), mais aussi Gina Gershon (Snoops et plus récemment un peu de  UglyBetty), Robert Davi (Profiler), Alan Rachins (L.A. Law, Dharma & Greg), ouh tant de monde, j'ai la tête qui tourne.
Ça date de quand ? 1995, à l'époque j'avais 13 ans, je me suis rattrapée depuis...
En résumé, de quoi ça parle ? D'une nana qui débarque à Las Vegas et qui se dit que c'est plus marrant de danser topless là plutôt que, mettons, en Alaska. Allez comprendre.

Showgirls___1 Showgirls___2 Showgirls___3 Showgirls___4 Showgirls___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Nomi Malone débarque à Las Vegas sans un radis et y entreprend une carrière de danseuse dans un nightclub sordide (où d'ailleurs elle entreprend les clients). Mais comme Nomi est avant tout danseuse et pas tapineuse (si elle le dit, pourquoi ne pas la croire ?), elle tente sa chance pour faire partie de la revue topless du fabuleux Stardust, chez qui son amie Molly travaille comme couturière. Comble de chance, elle est embauchée. Comble de chance, elle devient la doublure de la star du show. Comble de malchance pour celle-ci, Nomi est ambitieuse...
Et ça finit comment ? Avec du rouge à lèvres partout sur le menton.

Pourquoi c'est bien ? Vous m'avez lue ? J'ai dit Kyle MacLachlan, putain ! Merde, quoi ! Je vous le dis en quelle langue ? Bon, sinon il y a du téton frétillant, beaucoup de maquillage, de fringues et de musique cheap (l'adjectif s'accordant à tous les noms l'ayant précédé), et puis, voilà. Franchement, ça se raconte pas un film pareil. Je veux dire : on part d'un scénario qui, on le pense disons, ya des théories sur ce point en tous cas, voulait parler d'une histoire d'amour entre deux femmes, mais aussi une histoire d'ambition et d'arrivisme, sorte de métaphore sur le monde du showbusiness, bref qui voulait emprunter des thèmes intéressants et qui en a fait... bah, un porno soft, quoi.
Pourquoi c'est pas bien ? Profondeur des dialogues ? Bof. Complexité de l'intrigue ? Rebof. Développement des personnages ? Je vais me répéter, mais bof. On l'aura compris, c'est pas pour ses qualités cinématographiques qu'on regarde Showgirls. Et alors ?

Ah, les joies du cinéma ! Quand le film est sorti, Kyle MacLachlan assumait tellement qu'il a prétendu tout un tas de choses (c'était pas le même script que celui qu'on lui avait envoyé, le montage avait dénaturé ses scènes, etc...) et s'est désolidarisé du film, qu'il a soudainement jugé trop vulgaire. On parle d'un mec dont la principale scène est de fucker Elizabeth Berkley dans une piscine (en-dehors de celle où elle lui fait un strip-tease intégral, évidemment). Que dire d'autre des joies du cinéma...?
La réplique qui tue : Une réplique, vous entendez ça ? Ils veulent des répliques ! Comme si les dialogues valaient quoi que ce soit non, soyons sérieux un instant.
La scène qui tue : Mais elles tuent toutes, les scènes ! Yen a pas une pour relever les autres et c'est en ça que c'est divin ! Allez, je vous mets une numéro du Stardust, même les non-anglophones comprendront tout ce qu'il y a à comprendre !

Showgirls___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoulesCagoules
S'il ne devait y avoir qu'un seul guilty pleasure au monde, ce serait celui-là. Tout est naze, mais c'est ça qui en fait un des meilleurs films au monde.
Bilan : On le regarde pour de mauvaises raisons (le générique), on reste devant pour des raisons bien plus inavouables encore (les nichons), on le reregarde sous des prétextes fallacieux (c'est des billes en verre ou des perles de culture qu'on jette sur la scène, je me souviens plus ? je ferais mieux de vérifier...), mais inutile de dire que, de toutes façons, on regarde Showgirls, et en ce qui me concerne, quand je perds un disque dur qui le contient, c'est le premier truc que je récupère. Ouais, bas les masques, et vive feu le Stardust (j'étais en deuil quand ils l'ont démoli, ce casino, le rêve de toute ma vie était d'y aller !), les ongles ultra-peints et les piscines. Loana et Jean-Edouard ont tout appris de Showgirls, on ne me l'ôtera pas de l'idée. Et pis franchement tout est grand dans ce film, les décors, les costumes, le jeu des acteurs, les péripéties, le faux couple censé représenter l'image parentale dans le show business, on ne nous épargne rien, même pas une scène de viol en réunion où c'est réaliste jusque dans les bruitages... non, ce film est une jouissance de tous les instants, vraiment. Foncez.
Ah, et rappelons aussi le plus grand mystère de ce film : Pamela Anderson est crédité au générique et de toutes les fois où j'ai regardé ce film, pas une fois je ne l'y ai vue. Je vous laisse la chercher ce soir.

Allez, vite, ça va commencer !
Quand je pense que j'ai failli planifier de regarder Esprits Criminels ce soir, nan mais le délire quoi... hiiii, je l'ai pas encore vu ce film en 2009, chouette chouette chouette !!!

Posté par ladyteruki à 21:59 - Comme au cinéma - Permalien [#]

24-11-08

Se remettre en question

A plusieurs reprises, et en particulier ces dernières semaines dans ce blog, j'ai dit de Criminal Minds combien j'admirais sa capacité à aborder l'horreur dans le sens où je l'entends, mais que la forme, trop de fois, était trop conventionnelle et m'éloignait du fond.

Une fois encore, ça s'est produit. Pourquoi cette série est-elle si académique ? Alors que l'épisode North Mammon se termine, c'est ma question, et elle est presque douloureuse. L'intention est excellente, je n'ai rien à redire à l'esprit qui dirige les histoires. C'est leur aboutissement qui est épouvantablement convenu.

north_mammon

Dans North Mammon, on a droit à un huis clos angoissant, digne du meilleur des thrillers d'horreur. Mais hélas, l'épisode, d'une part, ne finit pas au moment où il aurait dû (on aurait dû juste voir les filles sortir de la voiture qui les ramenait chez elle, en parallèle avec les parents qui se prennent connement le bec, mais de façon révélatrice... un fondu au noir juste là, et chaque spectateur frissonnait jusqu'à demain matin). Et pire encore, les choses sont scolaires au possible même après ça, puisqu'apparemment il fallait vraiment aller chercher le coupable, voir la blondinette qui était dans Coeurs Rebelles exposer ses états d'âme... nan, sans rire, ça tue tout, absolument tout ! Ce n'est donc pas qu'une question de réalisation mais bien aussi d'écriture. Là où on pourrait jouir d'une glaciale imprévisibilité, on n'a qu'un tiède formalisme.

Semaine après semaine, les rediffusions continuent et j'ai l'impression de revoir par le menu tout ce qui à la fois m'attire et me répulse dans cette série.

Entre d'autres mains, Criminal Minds aurait tout simplement été l'une de mes séries favorites, probablement même en bonne place dans mon Top5 (tous les fantasmes sont permis après tout). Mais là, je suis condamnée à toujours avoir ce pincement au coeur, celui qui à la fois me fait revenir, retenter le coup, et repartir aussi sec, mortellement déçue. Je me remets en question à chaque fois que ça commence à être intéressant, et j'en reviens aux mêmes conclusions à chaque fois que l'épisode se vautre dans la banalité. Et ça me fatigue.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Criminal Minds de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

11-11-08

Ils sont pas débrouillards, ces inspecteurs, aussi !

lady devant Esprits Criminels, à l'instant, ça donnait ça...

La blondasse qui était dans Cœurs Rebelles, consultant le dossier d'un criminel : "Hé, ça pourrait être ce gars !"
lady : "Bah montre sa photo, je vais te le dire, est-ce que c'est Jason Wiles ?"

Message personnel : c'est possible d'arrêter de donner la liste des guest stars au début des épisodes ? D'avance merci.

Posté par ladyteruki à 00:38 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

04-11-08

Merci

Criminal Minds est une série avec des tonnes de défauts. Tiens, pour commencer, cette série n'a vu le jour sur CBS que par pur opportunisme. Et puis, tout dans sa construction crie son conformisme, du cast au scénario, en passant par son univers visuel et sonore.
Mais cette série a une qualité : elle n'hésite pas à parler de la perversité humaine. Et ceux qui me connaissent savent à quel point cet aspect est sans prix à mes yeux.

Il y a quelques semaines (et j'ai un témoin), je suis tombée par hasard sur un épisode carrément glacial. Deux hommes avaient été, dans leur enfance, maltraités dans leur famille d'accueil, et commettaient des atrocités ensemble depuis lors. Vers la fin de l'épisode, l'un d'entre eux prenait en otage un adolescent vivant encore dans la famille d'accueil qui les avait traumatisés, mais étonnamment, il le laissait partir sans problème quelques instants plus tard. Il lui avait en fait procuré une arme et comptait sur l'ado pour devenir lui aussi violent, et pour le venger de sa mère d'accueil. Mais le gamin n'avait pas tiré sur la mère d'accueil, juste sur les photos, dans le salon, qui donnaient l'illusion que les enfants étaient heureux ("les photos mentent")... L'ado n'était pas devenu un monstre à son tour ; mais ce n'était qu'un des enfants de la maison. Et les autres ?
L'épisode m'a beaucoup plu, mais je n'ai pas cherché à suivre la série pour autant. Je sais depuis un bout de temps maintenant que sa qualité ne compensera jamais pour tous ses défauts et que je ne peux vraiment pas m'y accrocher. Je le sais depuis le pilote, et ce n'est pas parce qu'une fois de temps en temps, un épisode est bon, que je tombe dans le panneau.

Hier j'avais prévu de me coucher tôt. Mais j'avais les idées noires et, finalement, après m'être tournée et retournée dans mon lit, pleuré un peu aussi, je me suis résolue à faire ce que je finis toujours par faire dans ces cas-là : allumer la télé, m'investir dans une autre histoire que la mienne, prendre 45mn de pause avec moi-même. Je suis tombée précisément au moment du pré-générique de Criminal Minds, alors que l'équipe venait de découvrir un DVD tourné par un sadique tandis qu'il violait une victime, et comprenait qu'un complice filmait la scène.
Je me suis laissée faire, sans me débattre, et j'ai accepté de suivre l'enquête. C'est tout ce que je voulais : quelque chose de pas trop gentillet. Surtout pas.

Mais plus l'épisode avançait, et plus je me suis aperçue que j'allais obtenir bien plus que ce que je n'étais venue chercher, et l'histoire a trouvé une résonnance imprévue en moi. Ce qui m'a plu, c'est que j'ai tout de suite su que le dominant était derrière, et non devant la caméra. Ce qui m'a plu, c'est qu'en la voyant, j'ai tout de suite su que c'était l'épouse la plus perverse. Ce qui m'a plu, c'est que je me suis sentie en terrain connu.
Et finalement Criminal Minds m'a donné ce que je n'étais pas venue chercher, mais dont j'avais bel et bien besoin hier soir : un moyen d'écluser ma peine et ma rancoeur sans avoir à les occulter. De faire l'expérience, de façon extrême et fictive, certes, mais émotionnellement vraie, de ce qui me hante, et de ressentir de l'apaisement.

C'est ça que j'attends de la télévision. Que sa main sorte de l'écran, vienne fouiller mes entrailles, attrape mon coeur palpitant, me l'arrache d'un coup sec et n'y laisse que le calme. Qu'elle me renvoie en moi-même par la fiction, et qu'elle apaise mon trouble en usant d'hyperboles et de métaphores.

C'est ce que je venais chercher en SPACE 2063 il y a 10 ans, ce que je suis venue chercher auprès d'Oz ensuite, ce que je viens chercher chez New York Unité Spéciale chaque semaine : une dose d'horreur véritable, la folie humaine à l'état pur, un moment où l'on regarde les protagonistes avec un haut-le-coeur épouvanté parce qu'on sait qu'ils ont quelque chose de profondément réel, un instant où l'on souffre jusqu'à la moëlle de ce que l'on voit, où l'on prend la mesure de ce que sont les hommes.
Et puis où ça s'arrête.
On s'est fait peur, on s'est fait mal, on a remué la mélasse tout au fond de soi, et puis on sort de là, à la fois meurtri et guéri. De petites scarifications pour l'âme...

Je regarde pas mal de comédies en ce moment, vous le savez, mais cette dimension tragique reste mon shoot de téléphagie favori. Celui qui s'adresse vraiment et profondément à moi. Ce pour quoi j'ai signé. Celui que je n'ai pas oublié, et qui dit que je n'ai pas oublié, non plus. C'est ma façon à moi de vivre ma téléphagie, intimement.

Une fois l'épisode fini, je n'ai plus eu qu'à éteindre l'écran, me retrouver dans le silence et dans le noir, fermer les yeux et m'endormir, libérée.

Merci.

Posté par ladyteruki à 14:12 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

22-06-07

Quota, toi, tu veux ma photo ???

C'est, sur un forum, une remarque a priori anodine (ou en tous cas certainement rédigée comme telle) qui m'a fait m'interroger : où se place, dans les séries, la limite entre la représentation de le diversité et le simple et pur quota politiquement correct ?
Parce qu'évidemment, sur le principe, avoir des quotas plus ou moins officiels, personne ne trouvera ça mauvais. A moins d'avoir des convictions racistes, évidemment, tout le monde est à fond pour le principe du quota. Sur l'air de "au moins tout le monde a sa place à la télé".
[insérez ici un hochement de tête désabusé]
Certainement, oui.

Pour moi, tout a commencé avec l'affaire Grey's Anatomy de cette année, que j'affuble personnellement du sobriquet : "la seule affaire à rebondissements de la saison", à savoir quand Isaiah Washington a laissé échapper un vilain mot hors du cercle privé, et que la presse s'est emparée de la chose, conduisant à une suite de comportements tous plus absurdes les uns que les autres de tous côtés, et étendant stérilement l'affaire sur plusieurs mois. Le cast de la série, je le confirme maintenant après avoir vu une bonne partie de la saison 3, n'avait effectivement rien de mieux à raconter sur ce qui se passe dans Grey's Anatomy cette année, alors en s'y mettant à plusieurs, ils ont fait en sorte que cette connerie revienne régulièrement sur le tapis. Formidable, merveilleux. La conclusion de cette affaire qui évidemment n'en a été qu'une que pour ceux qui n'avaient rien d'autre à penser, comme on s'y attendait, c'est que Washington a fini par se faire vir... hm, non, son contrat n'a pas été reconduit. Ahem.
Et à l'annonce de cette absence de réengagement, je lis sur un forum "j'espère qu'il sera remplacé par un autre personnage de couleur".
. . .
Attendez, là, quoi ? Un personnage de couleur ? Ah bon mais pourquoi ?
Et pourquoi ne pas plutôt le remplacer par un autre personnage intéressant ? Un autre personnage complexe ? Un autre personnage ayant des interactions avec le meilleur personnage/acteur de la série (à savoir Christina) ? Un autre personnage baisable ? Un autre personnage avec des failles ?
Non, je sais pas, c'est juste des idées, comme ça...

Quelle est cette préoccupation de vouloir avoir des quotas, et surtout à ce point ? Comment cela peut-il être un réflexe chez un télespectateur de penser d'abord à la couleur du personnage plutôt qu'à son background, son statut, son caractère ? Est-ce que l'un sous-tend les autres ?
...Et est-ce que je trouve cette réaction étrange parce que je suis blanche ? Parce que dés qu'on parle de couleur, plane très vite au-dessus de nos têtes le spectre du racisme, et qu'on en vient toujours plus ou moins à se poser la question...

Disons-le, c'est vrai que les quotas à la télévision américaine ont fait un travail épatant pour les minorités. On aurait beaucoup à apprendre des dernières décennies télévisuelles outre-Atlantique, en la matière. Intégrer des personnages de couleur, c'est comme intégrer des femmes, c'est nécessaire pour la diversité des personnages, la diversité de leurs possibilités, et puis pour l'identification, évidemment. Et d'ailleurs, pour la gent féminine, là aussi ya eu travail progressif pour en arriver là où nous en sommes aujourd'hui ; les nanas dans les séries, ça n'a pas toujours été des Veronica Mars ou des Carrie Bradshaw ! On a eu un bon paquet de faire-valoir pathétiques et même de séries exclusivement bourrées de testostérone... parfois à dessein, souvent par pur machisme. Bref, les quotas, ça a du bon, ça fait trois ou quatre décennies que ça fait avancer les choses, au moins à la télé et peut-être même parfois par-delà.

C'est devenu une règle et maintenant on est étonnés devant certains castings blancs comme neige... rappelez-vous lorsque Friends était accusé d'être trop blanc ! On entendait même des rumeurs selon lesquelles un septième larron serait adjoint à l'équipe pour rattraper la bévue ! Aujourd'hui, les minorités s'invitent, s'installent, et la plupart d'entre nous trouvent ça normal.
D'ailleurs le dernier quota à la mode, après les gonzesses, les blacks, les latinos... ce sont les gays. J'ai hâte de voir quel sera le prochain : le troisième âge ? C'est vrai, ils sont sous-représentés à la télé, et leur pouvoir d'achat grandit à eux aussi...

Sauf que le problème, de nos jours, ce ne sont pas les quotas, c'est l'utilisation qui en est faite. L'immense majorité des séries qui a un black... a un black. Il est noir il est là vous êtes contents ? Euh oui, enfin, je crois, mais... et après ?
Combien de saisons avant que le quota de couleur de Stargate SG-1 commence à prendre corps et aie quelque chose d'intéressant à apporter à la série ? Je veux dire, oui, si, bien-sûr, la montagne de muscles a été notre eye candy dans la série depuis le premier jour, mais c'est pas l'apprentissage du texte qui a tué Christopher Judge pendant longtemps !!! Le matin avant d'aller tourner, quelques exercices de flexion et d'extension du muscle au-dessus du sourcil, et hop, en piste ! Pas chiant la vie d'acteur !
Et la plupart des séries en sont encore là : les personnages de couleur sont là pour le vénéré quota, mais ils sont souvent plats. Ce ne sont que des alibis, en somme. Et c'est triste. Et on en vient à se demander si tout ça a réellement une raison d'être si c'est pour en arriver là. Au final, ces quotas... est-ce qu'ils servent vraiment à quelque chose ? Sont-ils vraiment satisfaisants ?

Et puis franchement, si dans Grey's Anatomy, Burke était remplacé par un personnage également de couleur, on la verrait venir, la suite, gros comme le nez au milieu du visage, ce serait courru d'avance. C'est le mariage de Miranda qui prendrait un coup dans l'aile. Nan parce que tout le monde aura remarqué que dans Grey's Anatomy comme dans un million de séries ayant plusieurs personnages de couleur : tout se fait entre eux !!! Il y avait deux persos de couleur célibataires dans Grey's Anatomy, pouf ! Ils finissent ensemble ! Obligé ! C'est quand même dingue ça, non ? Et tout le monde est logé à la même enseigne, quel que soit le contexte de la série, dans une immense majorité.
Dans les soaps, ils ne se fatiguent même pas à essayer de maquiller la chose ; tenez, prenons Les Feux de l'Amour (à propos desquels la mémoire m'est rafraîchie plus régulièrement du fait de mon homme qui est fan) : les persos blacks ont leurs scènes entre eux, se marient entre eux, font des bébés (blacks) entre eux, bref sont quasiment dans leur monde à eux. Donc yen a, mais pas à côté des blancs. Bravo le quota, bel effort ! Tout ça pour ça ?

Et puis à force, les quotas, ça fait chier, voilà. A force, les quotas, c'est tellement gros que les casts sont sans surprise, sans intérêt, sans saveur. Ce qui devrait retranscrire la diversité des populations, est devenu une simplification des personnages. Je suis tombée sur Criminal Minds hier soir, et comme les CSI, entre autres (qui font partie des castings les plus ennuyeux du monde), comme un grand nombre de séries reposant sur un cast nombreux : ya la nana, ya le perso de couleur, ya le mec mature plus expérimenté que les autres... C'est toujours pareil. Tout fonctionne par archétype, selon les archétypes de télespectateurs dont on aimerait bien qu'ils envisagent de regarder la série. C'est rasoir.

Pourtant, je suis une femme mais rien ne m'empêche d'encenser une série avec uniquement des mâles, et pas nécessairement parce que je vais les reluquer (même si ça aide, nécessairement) ! Prenez Oz, les nanas, bon d'accord yen a, m'enfin, faut les chercher quand même un peu, et ce ne sont pas elles qui occupent le gros du temps d'antenne ! Pourtant, vous me voyez me plaindre que cette série est trop virile ? Que nenni... Je regarde avec plaisir quelques séries japonaises, je ne suis pourtant pas asiatique (la fin d'un mythe ?). Vous m'entendez me plaindre qu'il n'y a pas de blanche dans ces séries ? Que nenni...

Est-ce qu'une série sans personnage de couleur dégoûte les télespectateurs de couleur ? N'y a-t-il que les blancs qui ont aimé Sex & the City ? Pas d'après ce que je sais...! Et je crois savoir (hélas) que pas mal de monde, pas nécessairement de couleur, apprécie l'humour de Ma famille d'abord, pourtant, là c'est l'inverse, ya que des blacks ! Le télespectateur est-il simplet au point de ne pas pouvoir éprouver de sympathie pour un personnage par lui-même, et d'avoir besoin absolument d'identification ?
Et je pose aussi la question dans l'autre sens : les personnes de couleur se retrouvent-elles réellement dans LE personnage de couleur de la série qu'ils regardent ? Imaginons que je sois un homme noir, je regarde Urgences, est-ce que je me sens automatiquement des affinités avec le Dr Pratt ? Etre un gay ne fait pas de moi quelqu'un qui a le même caractère que Will, je peux même complètement détester Grace et la trouver irritante et gamine, sans pour autant être aussi... flamboyant que Just Jack ! Où s'arrête ce raisonnement débile qui fait assimiler la couleur de peau à une personnalité permettant l'identification ?
Je suis une femme blanche, et pourtant, je ne me reconnais pas dans chaque personnage féminin interprété par une actrice blanche. La preuve avec Desperate Housewives... oui mais là on arguera que la couleur des cheveux influe !
Si je suis WASP, que j'ai la trentaine et que je vis à Miami, suis-je voué à m'identifier à Dexter...? C'est pas un peu dangereux comme système avec des séries pareilles ?

Mais en fait, les quotas, ils n'ont rien à avoir avec la diversité, ce ne sont que des facilités. Des stéréotypes prêts à l'emploi. Et puis comme ça, merde hein, la construction des personnages c'est quand même vachement simplifié. Pourquoi donner une personnalité à la blondinette de service puisqu'il n'y a qu'une blondinette de service au milieu du vétéran, de l'intello et de la caution de couleur de la série ? Etre blondinette de service, c'est déjà bien ! Voilà, ce sera ça de moins à concevoir au moment de créer la série ! Une bonne chose de faite...

Au final, est-ce qu'en tant que télespectatrice, j'ai envie d'une série qui véhicule cette valeur selon laquelle le paraître implique un être, et que l'un découle de l'autre comme une évidence ? Est-ce que j'ai envie d'adhérer à cette clameur reprise de toutes parts selon laquelle un environnement normal, ou peut-être devrais-je plutôt dire : normé, impliquerait d'avoir dans mon entourage : un vieux de la vieille, un intello, un black et une nana ? Est-ce que j'approuve cette tendance à vouloir compter autour de moi les têtes de pipes et les catégoriser si facilement ?
Et si, moi, à mon travail par exemple, j'ai trois collègues de couleur, dont deux nanas, dont une mère au foyer et une qui est la plus ancienne et sage du service, et que dans tout ça je ne suis pas blonde... ne court-on pas le risque que je ne me reconnaisse pas dans les séries qui me montreront d'autres schémas ?
Qui fera la série qui me ressemble ?

Y a-t-il un personnage qui me ressemble vraiment ?

Posté par ladyteruki à 09:37 - Série de valeurs - Permalien [#]


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