ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

30-12-12

Mon cher cancre

Le plan, ce soir, était de vous parler de Jack & Bobby. D'admettre que, bon, voir toute la saison/série avant la fin de l'année, c'était peut-être un peu ambitieux, hein, héhé, voilà voilà... mais que c'est chouette d'enfin regarder ce marathon, parce qu'il y a plein de choses que j'avais oubliées.
Bon bah finalement je sais pas pourquoi je voulais vous en faire tout un post, voilà, en deux phrases c'est résumé. Next.

Mais quelque chose s'est produit sur ma timeline Twitter qui m'a empêchée de vous en parler.
CECI.

Et ça m'a rappelé combien Partners me manquait. Ce qui est idiot parce que je le savais déjà, et que c'est le genre de crève-coeur qui ne trouve aucune sorte d'intérêt à être rappelé au bon souvenir du téléphage. Mais enfin, on en est là : Partners me manque.
Je ne sais pas, au juste, pourquoi je m'en étonne. Outsourced me manque encore. Better With You me manque encore. Committed me manque encore. Au nom du ciel, The War Next Door me manque encore certains jours ! Vous le voyez, ça n'a rien de nouveau (ni d'exhaustif). Plein de séries me manquent avec les années. J'en trouve de nouvelles pour me plaire, j'ai cette chance (tout le monde ne l'a pas, et il s'est déjà vu que quelques téléphages passéistes vivent uniquement sur leurs réserves d'épisodes d'une poignée de séries fétiches en trouvant que plus rien n'est aussi bon... eh bien c'est pas prêt de m'arriver, je pense !), mais les autres me manquent aussi.

Le plus fou, c'est que dans cette liste, on trouve beaucoup, si ce n'est une majorité, de comédies. Pour moi qui, il y a quelques années encore, avais du mal avec les comédies, je trouve ça plutôt rassurant ; mais il faut quand même admettre que la majorité de ces comédies, je les ai aimées et elles me manquent principalement parce qu'elles me renvoyaient une impression de tendresse et de chaleur, pas nécessairement pour leur hilarité (vous commencez à comprendre ce qui leur a coûté la vie !). Ce sont simplement des univers où je me sentais bien, accueillie par des personnages adorables et fantasques, et ça suffisait.

Evidemment, il y a des séries autrement plus grandes, d'un point de vue objectif, qui ont été annulées et dont la disparition est regrettable, voire même triste, même si souvent elle arrive à un moment où, objectivement, il valait mieux arrêter en pleine gloire voire même une saison juste après. On pourrait en citer plein. Les tops divers et variés des plus grandes séries en comportent généralement pas mal, par exemple. Et quand la EmCrew va finir le Ozmarathon quelque part début 2013, mon premier réflexe sera probablement, dans un post, de vous citer Oz comme l'une de ces grandes séries dont j'aurais aimé qu'elles durent plus longtemps. Il faut dire aussi que j'aime pas finir une série ; ça explique plein de choses, n'est-ce pas ?
Il y a des séries autrement plus capitales dans l'histoire de ma téléphagie, qui ont été annulées elles aussi, et me laissent une douleur bien plus sourde ; Pushing Daisies ou Life, par exemple, comptent parmi les séries parties trop vite, et dont l'absence est bien plus difficile à avaler, parce que non seulement je les aimais, mais elles étaient bonnes, punaise, et ça, pardonnez-moi l'expression, mais ça fout la rage.

Mais parmi ce qu'il est généralement admis d'appeler les "petites merdes", les séries sans avenir qui peuplent à chaque saison les grilles, alors qu'on sait, au fond de soi, qu'elles seront les premiers fusibles à sauter quelque part pendant l'automne (ou au mois de janvier, si elles ont les honneurs de la mid-season, c'est-à-dire qu'elles remplacent déjà un autre fusible et que le disjoncteur donne des signes de faiblesses), il y a de véritables perles qui me rendent toute émue rien qu'à penser à elles, avec une petite larme de joie dans un oeil de retrouver les "vieux" copains, et une larme de peine dans l'autre d'avoir dû s'en séparer si vite, comme quand Delphine a ressorti le générique de Partners.
Pas parce qu'elles étaient meilleures que les séries qui ont survécu (quoique, tout est relatif si on le rapporte à la longévité de Two and a Half Men...), mais parce qu'elles étaient quand même fichtrement sympa et chaleureuses et confortables et... Ouais, accueillantes ; c'est le mot.

Au juste, j'ai beau y réfléchir, je ne trouve rien qui explique pourquoi je sois surprise d'être toujours peinée par l'annulation de Partners, parce qu'effectivement chaque année, il y a toujours une ou deux séries de ce genre pour me donner une petite estocade à mon coeur de téléphage et me rappeler qu'aucune annulation d'une série qu'on regarde n'est vraiment anodine, quand bien même on sait objectivement que ce n'est pas une série d'une qualité inouïe et qu'elle est condamnée à plus ou moins court terme vu les critiques et/ou les audiences. Je devrais le savoir, donc. Mais rien à faire, ça me prend par surprise. Peut-être parce qu'on se fait souvent une très haute idée de nos préférences téléphagiques, ou parce qu'on croit qu'on ne se laissera plus avoir.
Sauf qu'on peut pas lutter contre le fait qu'on s'attache parfois à des séries que le reste de la planète persiste à qualifier de "petites merdes", et encore moins lutter contre le fait qu'une fois de temps en temps, bah ça va nous flanquer un coup au moral que de se rappeler qu'avant, on regardait la série, mais que maintenant on peut plus, que la face du monde n'en est pas changée mais que ça aurait donné une saveure toute différente à un mardi soir ou un samedi après-midi... et c'est déjà pas si mal !

Partners-0Pour l'occasion j'ai pas trouvé de gif du générique de Partners, alors je vous en ai fait un, voilà !

Alors qu'une nouvelle année nous regarde avec défi dans les yeux, l'air de dire "t'as même pas idée des séries que tu vas découvrir cette année", j'aimerais dire que symboliquement, je vais laisser ma petite larmouchette pour Partners en 2012, mais je n'ai toujours pas laissé celle pour Outsourced en 2010, par exemple, alors, bon.
Et dans un an, deux ans, trois ans, il y aura une autre série totalement inoffensive qui m'aura charmée tout pareil, et je vais la regretter tout pareil, en me disant que c'est pas facile d'en faire le deuil, parce que dans le fond, je ne l'ai toujours pas fait pour Partners non plus.
On peut donc en conclure que tout ça est la faute du non-renouvellement de The War Next Door.

Mais se dire que quoi qu'on regarde, n'importe quelle série au monde, absolument chacune, a au moins une personne qui la regrette, a aussi quelque chose d'assez, comment dire ? Téléphagiquement poétique. Vous ne trouvez pas ?

...Bon alors, c'est à vous maintenant : quelle "petite merde" regrettez-vous du plus profond de votre coeur de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-12-12

Ástríður's diary

Que se passe-t-il quand une trentenaire, pas super jolie et pas super assurée, se retrouve brusquement célibataire et sans emploi ? Eh bien ça donne Ástríður, une héroïne islandaise à la Bridget Jones dont je voulais faire connaissance, et dont j'avais donc acheté les aventures en DVD cet automne. Dans la série qui porte son nom, Ástríður fait figure de personnage un peu cliché au premier abord, mais fort heureusement, le personnage se montre plus intéressant qu'il n'y parait.
Alors, une fois n'est pas coutume, je vous embarque aujourd'hui dans une petite comédie (un peu) romantique...

Astridur

L'histoire d'Ástríður, la série, commence alors qu'Ástríður, l'héroïne, revient du Danemark où elle vivait en couple avec celui qui était supposé être l'homme de sa vie, et où elle également achevé ses études. Malheureusement, sa relation n'a pas fonctionné, et la voilà qui revient en Islande avec à peu près rien, si ce n'est une valise, et un appartement vide qui l'attend. On pourrait se dire que c'est là le parfait portrait de la nana paumée et sans doute malheureuse comme les pierres, mais pas vraiment.
Et je crois que c'est ce qui, d'instinct, m'a plu chez Ástríður, le fait qu'elle perçoive tout cela comme des changements, un nouveau départ, mais pas comme un échec. Elle m'a plu d'emblée, cette petite nana, parce que sa vie ne finissait pas avec sa relation éteinte, voilà : elle commençait.

Lorsque l'épisode commence, Ástríður est au téléphone avec sa mère, restée au Danemark : elle l'appelle pour lui dire qu'elle est bien rentrée (sa mère ne comprend pas à quoi ça sert, ça donne bien le ton). Sa mère ne l'écoute qu'à moitié ; elle s'inquiète de savoir si son ex-gendre va bien, et pas vraiment de savoir comment Ástríður se remet de sa rupture. Bagage à la main, Ástríður lui explique qu'elle vient d'arriver, que l'appartement est peint et qu'il lui plait bien comme ça tout blanc, qu'en somme, elle va bien... et ça n'est pas du chiqué. Elle a vraiment l'air d'aller bien. Elle soutient que c'est elle qui a plaqué son copain, et en dépit de sa mère qui semble convaincue que sa fille s'est faite larguer brutalement et renvoyer au pays. Elle est évidemment un peu anxieuse à l'idée de commencer un nouveau boulot dans l'entreprise de son oncle, mais enfin, elle a l'air solide, cette petite bonne femme, et ça me l'a instantanément rendue sympathique. Ástríður, en dépit de sa mère qui se désintéresse totalement d'elle et se contente de lui asséner des banalités négatives, c'est une fille chouette.

Seulement, elle est quand même un peu maladroite, Ástríður, et elle sait qu'elle ne sera pas forcément d'emblée à l'aise dans son nouveau boulot, d'autant qu'elle commence une toute nouvelle carrière. Ca se confirme effectivement quand elle commence à bosser le lendemain et que son oncle (jovial mais aussi franc qu'un âne qui recule) lui fait quelques remarques un peu étranges, et, surtout, qu'elle rencontre Fanney, une femme superbe, mais glaciale, avec laquelle elle va devoir travailler. Fanney la met sans cesse en boîte, notamment sur son look (cela conduira Ástríður à aller faire les boutiques, poussée par son oncle trop content de la faire ressembler à l'employée idéale), ne perdant pas une occasion pour la rabaisser avec des remarques cinglantes, mais toujours effectuées avec le plus parfait des sourires. Sauf que, là encore, plutôt que de totalement se laisser marcher sur les pieds, vous savez ce que fait Ástríður ? Elle est formidable cette petite. Elle râle. Bah ouais, elle n'allait quand même pas se laisser complètement saper le moral par une bitchasse, quand bien même elle n'a pas forcément l'aplomb pour la remettre à sa place.
Sauf que, Ástríður étant quand même la reine de la bourde, lorsqu'elle se plaint de Fanney à un collègue bien plus sympathique qui a l'air d'être mieux disposé à l'accueillir à bras ouverts au sein de l'entreprise, un charmant geek du nom de Bjarni, elle ignore que celui-ci est en couple avec Fanney ! En fait, c'est même pire que ça, ils vivent ensemble...

C'est là qu'on sent qu'Ástríður a décidé de se la jouer quand même un peu comédie romantique sur les bords, à la façon dont, coulant un regard vers Bjarni, Ástríður a envie de lui dire : "comment tu peux être avec une fille comme ça alors que, toi et moi, dés le départ, on s'entend si bien ?". Mais ça reste suffisamment léger pour que votre serviteur ne trépigne pas d'impatience devant son écran, et conserve le sourire.
Plus tard dans l'épisode, lorsqu'on lui demandera si elle a fait des rencontres dans son nouveau boulot (parce que malheur, il ne faudrait pas qu'en plus elle reste vieille fille), Ástríður bégaiera qu'il y a un type bien au boulot, mais que ça ne se fera jamais (...mon oeil !).

Mais Ástríður, c'est aussi, en grande partie, une comédie de bureau rappelant vaguement les dynamiques du genre The Office, mais avec un humour typiquement scandinave. Ainsi, l'entreprise où atterrit notre héroïne compte un type en fauteuil roulant, qui va sans cesse sortir mettre Ástríður mal à l'aise avec ses remarques mi-figue mi-raisin, et sa façon de rappeler constamment qu'il est en fauteuil roulant (un peu comme Todd dans Committed, pour ceux qui se souviennent du personnage handicapé le plus pervers de toute l'histoire de la télévision). Ou encore, Ástríður va provoquer une crise cardiaque chez un employé... sauf qu'elle est tellement poissarde que lorsqu'elle vient le visiter à l'hôpital, il fait une autre crise cardiaque ! Ástríður se fait ensuite expliquer que le collègue en question fait souvent des infarctus ; rassurée, elle retourne voir le pauvre collègue... qui REfait une crise cardiaque et reste sur le carreau.
La série, sans avoir d'immenses ambitions, est donc jalonnée de petites séquences de ce genre ; on est à vrai dire plus dans la dramédie absurde que dans une véritable comédie. L'oncle d'Ástríður compte aussi parmi les énergumènes étranges de la série, également, mais jamais jusqu'au point où il deviendrait un personnage de comédie.

Résolument, ce qui me plait dans Ástríður, c'est surtout la façon dont l'héroïne aborde une nouvelle phase de sa vie. Et, comme tous les personnages qui essayent de changer de vie, elle force parfois peut-être un peu le changement, par envie absolue d'aller de l'avant et/ou à cause de la pression extérieure, en oubliant qu'on ne peut pas tout changer. Quand son oncle l'emmène changer sa garde-robe, parce qu'Ástríður ne fait pas très "professionnelle" avec ses fringues (et qu'évidemment elle s'est prise une remarque de Fanney), les vêtements choisis par son oncle sont tellement austères et sérieux, qu'Ástríður sent immédiatement que ce n'est "pas elle". Elle tente quand même d'aller au boulot déguisée le lendemain, mais elle n'est pas à l'aise et finit par quand même modifier sa tenue ; c'était agréable de la voir refuser de se forcer à accepter un changement qui ne lui correspondait pas.
Et puis, je me suis particulièrement sentie proche d'Ástríður lorsqu'elle explique à Bjarni, au bureau, qu'elle va meubler son appartement uniquement avec un design épuré, et qu'elle ne va pas se contenter d'acheter des meubles chez IKEA, qui sont confortables mais pas très esthétiques, quand même. Mais quand l'épisode finit, Ástríður est au téléphone avec sa mère, au milieu de ses nouveaux meubles... et des cartons IKEA. Eh oui, changer de vie, ça ne veut pas dire changer soi-même, et il y a certaines choses qui après tout, par confort ou habitude, n'ont pas forcément lieu d'être changées. Ca me plaisait bien qu'Ástríður vive les choses de cette manière ; ce n'est pas parce qu'on vient de rompre que tout est à jeter !

Aujourd'hui, Stöð 2, la chaîne qui diffuse la série, a annoncé qu'Ástríður reviendrait (enfin !) pour une nouvelle saison au printemps 2013, après plusieurs années de développement (la première datait quand même de l'été 2009). Cette seconde saison est à nouveau écrite par Sigurjón Kjartansson (également auteur de Réttur et Pressa, le monde est petit), et le tournage devrait commencer en janvier.
Alors mille hourras pour Ástríður (et donc Ástríður), dont je vais donc achever les aventures dans l'intervalle histoire d'être parée... et vous devriez en faire autant !

Posté par ladyteruki à 17:11 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

15-10-11

Le blues du businessman

En ce moment, allez savoir ce que j'ai, j'ai envie de comédies. Pas d'incompréhension entre nous : j'aime bien avoir ma dose hebdomadaire de drama, et ne croyez pas que je ne me rue pas sur les épisodes de Homeland ou PanAm lorsqu'ils sortent, en fait j'ai même replongé dans The Good Wife, trop longtemps abandonnée, mais voilà, j'ai envie de comédies. Et les épisodes de Suburgatory ne sont pas diffusés en quotidienne, alors...

...Alors, j'ai ressorti mes vieilles cagoules. Et cet aprem, je me suis envoyé le pilote de According to Bex (j'avais même oublié que je l'avais, cette cagoule-là !), les deux premiers épisodes de Committed, dont je me suis rendue compte qu'elle me fait toujours autant rire (on pourrait qu'avec le temps et les comparaisons, je deviendrais blasée, mais non)... et le pilote de Jake in Progress.
On ne se connaissait pas à l'époque, et je n'ai encore jamais vraiment parlé de cette série, alors, tiens, vous savez quoi ? Pour changer des pilotes de toutes nouvelles séries en arrivage direct des USA, je vais vous causer de Jake in Progress. Et Boss ? Boss, une autre fois.

JakeinProgress
Mon souvenir de la série était, en toute honnêteté, assez flou. Ouais, en gros, je me souvenais de John Stamos, quoi.
Ce n'est pas difficile de s'en souvenir. En gros, John Stamos interprète John Stamos. Un rôle de composition, donc. Il doit avoir l'air charmant, charmeur, même, et... c'est à peu près tout. Mais on ne demande jamais plus à John Stamos, son sourire émail diamant et ses légères pattes d'oies suffisent. Il est ornemental, John Stamos, et dans le bon emploi (celui qui ne lui en demande pas trop), il ne fait pas honte à sa profession. On le met dans une série parce qu'il est agréable à regarder et qu'il ne joue pas mal ; normal, il ne joue pas. Mais au moins il n'est pas mauvais. Et il a ces yeux verts qui font craquer les femmes depuis pas loin de trois décennies, alors...

Donc non, Jake in Progress ne nous fait pas redécouvrir le génie comique méconnu qui se cache sous la peau hâlée de Stamos, c'est certain.

Pour autant le pilote n'en est pas moins agréable, et cela principalement en raison d'un acteur dont je ne comprends pas qu'il n'ait jamais eu son propre show, tant il éclaire systématiquement les scènes de chaque série dans laquelle il se pointe même temporairement : Rick Hoffman. Je me rappelle avoir détesté l'adorer dans The $treet il y a de cela 10 ans, et rien n'a changé depuis. Ce mec est énorme, et même s'il a de bonnes scènes à présent dans Suits, elles ne lui permettent jamais d'accéder à son plein potentiel. Le terme de "scene-stealer" a été inventé pour des gars comme lui, il n'arrête pas. Même quand il surjoue il est génial.
Lui aussi incarne souvent le même genre de personnages, mais il parvient à leur donner une énergie singulière qui fait que même quand ils ont comme point commun d'être des chieurs, on les apprécie à des degrés différents. On peut dire qu'il a une palette d'enfoiriture très subtile, en un sens. En tous cas ça fonctionne à tous les coups.

Hoffman est un peu la star du pilote : ce sont les scènes avec lui qui sont vraiment drôles, notamment quand il est dans sa cage.
Toute la première partie de l'épisode est de toute façon dénuée de toute forme d'humour, en particulier chaque fois qu'Ian Gomez (futur Cougar Town) ouvre la bouche.

Le concept de Jake in Progress, palpable dans cet épisode et perdu ensuite dans les méandres d'une jungle de post-its d'exécutifs, était à la base de montrer en temps quasi-réel le rendez-vous arrangé entre Jake, célibataire endurci, et Kylie, une romantique qui ne croit pas aux histoires d'un soir.
Et ce concept aurait pu marcher... avec un couple intéressant. C'est encore plus patent quand on regarde Committed le même jour : Marni et Nate ont une personnalité débordante (c'est le moins qu'on puisse dire), tandis que Jake et Kylie sont aussi plats que l'électroencéphalogramme d'un scénariste de Whitney (et, non, ceci n'est pas une vanne déguisée à l'encontre des oeufs au plat de Mädchen Amick). Ici, les deux personnages ont un passif (ils ont couché ensemble mais Jake, en bon baiseur en série qu'il est, ne s'en souvient pas), mais pour le reste, il n'y a pas de matière.
C'est sans doute parce qu'à la base, Jake in Progress n'ambitionnait pas d'être une comédie, mais plutôt une dramédie. N'empêche que ça laisse carrément froid de voir ces deux-là interagir.

Alors c'est pas plus mal, du coup, que le concept ait été abandonné ensuite. Ca ôte évidemment de l'originalité à la série qui se contente ensuite d'être "la série où John Stamos fait son John Stamos en attendant l'annulation" (et elle a mis plus de temps qu'attendu à arriver), permettant à l'acteur de faire ses yeux de cocker battu (non, pas n'importe quel chien battu, absolument un cocker) en nous chantant une version moderne du blues du businessman (trop d'argent, trop de top models...), mais au moins Jake in Progress n'est pas une suite de scènes sans intérêt interrompues ponctuellement par Hoffman pour éviter au spectateur de se pendre avec le câble de la télé. Il faut admettre que la série a échappé au pire pour aller se réfugier dans le passable de ce côté-là.

Mais c'est un pilote sympathique, cependant, parce que très rythmé, mais quand même un peu faible. Et puis comme je le disais, quand John Stamos fait son John Stamos, eh bah il bouge, il sourit, il minaude un peu, il fait je sais pas quoi, mais il occupe l'écran. Alors ça passe.
Wow, j'ai toute la première saison sur mes cagoules, dites-donc... Qu'est-ce que je fais, je me l'envoie quand même, ou...?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Jake in Progress de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:40 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

14-05-11

Used to be everything you want

Chaque année c'est le même cirque. Le même sentiment d'invincibilité. Chaque année on se dit qu'on s'en fiche. Ou au moins, qu'on s'y intéresse un peu moins. Chaque année il y a eu tellement de découvertes qu'on se dit que ce n'est plus pareil, ce n'est plus comme à l'époque où on regardait trois ou quatre séries, toutes à la télévision, et que les annulations faisaient tout. Non, aujourd'hui on a plus de choix, on a découvert des sources intarissables de nouveautés, et on espère que la loi du nombre va relativiser tout ça.
Chaque année, les premières annulations tombent et on hausse les épaules.

Et chaque année on tombe des nues quand tout d'un coup, on découvre qu'on n'était pas immunisé contre la déception.

Ilsontose
Cette saison, contre toute attente, a vraiment été celle des comédies pour moi. L'automne a été marqué par trois comédies que j'ai suivies amoureusement chaque semaine, du moins quand elles nous faisaient l'honneur d'être diffusées régulièrement. Pour moi qui ai toujours préféré les drames et les dramédies, c'était nouveau. Mais j'avais trouvé trois séries, à la rentrée, qui m'avaient vraiment plu, pour différentes raisons pourtant.

Il y avait Raising Hope. C'était décalé, et en même temps ça me plaisait de voir une famille aussi chouette à la télévision. Raising Hope a été renouvelée il y a un bail déjà ; pour cette raison, ce post ne lui sera pas consacré, bien que ça n'enlève rien à son mérite.

Il y avait Better With You. Avec un cast épatant à l'alchimie palpable, le sitcom était peut-être traditionnel à bien des égards mais il fonctionnait parfaitement. Et en tant que nostalgique de Committed, c'était vraiment un plaisir de chaque instant de voir la radieuse Jennifer Finnigan retrouver son comparse Josh Cooke et reformer l'un des duos les plus doux-dingues de la décennie, avec la joie supplémentaire de voir JoAnna Garcia se joindre à la fête, et Debra Jo Rupp, l'une des valeurs sûres de la comédie américaine, venir rajouter son énergie à tout cela. Qu'importaient les gags parfois convenus, les éternelles comparaisons entre les trois couples, et l'absence presque totale de character development. Better With You faisait tout simplement chaud au coeur parce qu'on s'y sentait sincèrement en famille, vraiment.

Et puis il y avait Outsourced. L'une des comédies les plus barrées de ces dernières années, et pourtant dotée d'une humilité rare, et capable de capturer ce que peu de séries savent effleurer : une joie sincère de divertir. J'ai rarement vu un cast se donner autant de plaisir à nous faire plaisir, à faire les dingues sans se prendre la tête, pour le plaisir d'être là. Je me repasse souvent la scène du cirage du couloir, parce que pour moi elle cristallise vraiment la bonne humeur pure et joviale qui ressort de cette série. Outsourced n'était pas de celles qui gagnent des Emmies à la pelle, mais elle avait un don exceptionnel, celui d'être honnête sur ses objectifs comme elle pouvait l'être sur son sujet, la différence culturelle. J'ai ressenti devant Outsourced une joie des plus sincères, que la plupart des comédies, conditionnées par des décennies d'expérience dans le rire préfabriqué, ne peuvent fournir (et Better With You que j'ai pourtant aimée en faisait partie, qui comme tant de séries humoristiques de ces dernières années n'a jamais su dépasser son cahier des charges). Dans Outsourced, je (re)trouvais le plaisir de rire des choses simples, l'envie de simplement profiter de la vie comme de grands enfants, la volonté de rire autour de sujets qui dans d'autres contexte crispent. J'ai eu l'impression d'assister pour la première fois à une comédie américaine capable de recréer l'innocence qu'on trouve dans tant de séries orientales, comme si elle avait pu s'affranchir totalement des codes blasés de la comédie qu'on a si souvent vus, et qu'on verra encore. Je ne m'intéressais pas aux axes romantiques, mais je dois aussi reconnaître qu'en plus, la série avait un don assez exceptionnel pour nous rappeler certaines comédies romantiques asiatiques. C'était simple, et pourtant la série offrait beaucoup, dans des performances individuelles et de groupe souvent ébouriffantes de rythme et d'énergie, où le seul acteur un peu moins drôle que les autres finissait toujours par être emporté par le tourbillon pour donner de bonnes scènes.

Je me suis fait deux mini-intégrales d'Outsourced en cours de saison, une pendant la trève hivernale et l'autre fin mars, et j'en aurais dévoré encore pendant de nombreuses autres saisons avec le plus grand plaisir.

UsedtobeBetter
Mais ce ne sera pas possible. Et je suis fâchée, peut-être même vraiment en colère, et j'ai envie de tout plaquer et je me demande ce que je vais bien pouvoir regarder à la télévision l'an prochain, et soyons honnêtes, c'est comme ça depuis quelques années, la plupart des séries que j'aime ne durent qu'une ou deux saisons, et chaque année il y a cette sensation de tout recommencer, en sachant qu'on en est encore à faire le deuil de séries qu'on a sincèrement aimées, mais qu'il faut essayer de donner une chance équitable aux nouveautés.

On croit qu'on va être stoïque. Et puis on se met à verser une petite larme et on admet qu'une fois de plus, on n'est rien d'autre qu'une petite fille à qui on vient de crever le ballon de baudruche.

Mais vous savez quoi ? Dans quelques mois, il en viendra d'autres, et quoi que j'en dise ce soir sous le coup de la déception, je finirai par trouver une autre série qui me tienne pendant toute une saison, et je serai encore triste quand elle sera annulée. C'est idiot, hein. Mais on continue. Parce que si on ne voulait pas aussi prendre ce risque de s'attacher en dépit des annulations... on serait des cinéphiles, je suppose ? Et puis, peut-être aussi qu'on le cherche un peu, ce sentiment désolant de vide quand viennent les annulations ; ça nous permet de vérifier qu'on s'était attachés.

Alors, je vais finir ce post comme certains épisodes se finissent.

Annulees

Posté par ladyteruki à 00:15 - Point Unpleasant - Permalien [#]

25-09-10

C'est pas très joli-joli-joli de me prendre par les sentiments

Combien de téléphages ont vu le pilote de Committed ? Ouais, ça fait pas lourd. Et combien parmi eux ont regardé l'intégrale de Committed ? Mouais, je m'en doutais un peu. Bon, je vais encore une fois parler dans le vide mais...
N'est-ce pas la chose la plus géniale au monde quand deux acteurs qui jouaient un couple dans une série il y a quelques années, se retrouvent dans une autre pour jouer un couple aussi ?! Retrouver Jennifer Finnigan (que personnellement j'aime bien) et Josh Cooke ensemble dans Better With You a énormément joué dans ma réaction face à ce pilote. Ajoutez à cela la présence de Joanna Garcia (Reba, Privileged...) et j'étais nécessairement aux anges. C'est comme retrouver une bande de potes !
Accessoirement c'est drôle pour Kurt Fuller et Josh Cooke aussi mais comme je n'ai vu que le pilote de Big Day, on va se contenter des petits caractères...

Betterwithyou

Et malgré les années, personne n'a changé : le jeu est le même, l'intérêt de la série est le même. Je vous adore, les mecs, mais vous pourriez pas faire de meilleurs choix de carrière ? Je sais bien, vous n'êtes pas exactement le plus incroyable trio d'acteurs de la Création, mais j'aurais aimé me réjouir de ce pilote pour d'autres raisons que de voir Jennifer et Josh ensemble, ou les scènes en Jennifer et Joanna (je réalise que ça fait trois "J" tout d'un coup...).

Better With You vaut principalement pour la fraîcheur de son cast, enthousiaste et dynamique. On parle de gens qui ont des années de télévision derrière eux (et pas seulement ce trio, d'ailleurs) et qui savent ce qu'ils font. Peut-être un peu trop, mais bon.
Oui, c'est peut-être ça le problème de Better With You : tout y est si lisse, si policé, si parfaitement à sa place. Le pilote manque de fantaisie, essentiellement dans sa réalisation.

Car si on y réfléchit bien, l'idée n'est pas mauvaise. Éculée, mais pas mauvaise : comparer la vie de 3 couples qui en sont à un stade différent de leur vie commune, et qui font tous partie de la même famille, ce qui donne autant d'occasions de faire se percuter ces trois univers. Et les choix de ces couples sont originaux. J'ai énormément aimé le couple formé par Jennifer et Josh qui ont fait le "choix parfaitement valide" de ne pas se marier malgré des années de vie commune. Mais les parents, que la crise a énormément décoincés, sont pas mal non plus dans leur genre.
Mais le modèle du sitcom (qui à mon sens est dépassé pour 90% des pitches comiques d'aujourd'hui, je suis désolée mais la comédie en single camera a depuis plusieurs années prouvé les limites de ce genre) gâche complètement cette radiographie qui pourrait être pétillante. Elle ne l'est pas, parce que les personnages ont leur quota de blagues à sortir, au lieu d'être simplement drôles et loufoques, sans la pression de devoir satisfaire à un quota de rires dont l'authenticité me semble propre à être remise en doute.

La relation entre les deux sœurs et entre les deux beaux-frères, est prometteuse, mais tout ça est tellement convenu sur la forme qu'il faudrait une excellente raison pour s'aventurer tout de même dans la poursuite de cette série qui...
...Une raison comme les 3J ?
Uh-oh.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Better With You de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]


13-09-10

Restes

Certains jours, surtout quand on est en congés, on a envie de faire un peu de rangement. Ce lundi était l'un de ces jours-là, où soudain, on sait pas ce qui se passe, mais soudain je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de ranger ma collection de cagoule. Une collection que j'ai récemment mise à jour dans une frénésie de tricotage, mais ça, c'était la semaine dernière, on n'en a pas parlé à ce moment-là et c'est maintenant trop tard. Une semaine, en téléphagie, ça passe vite, et si on avait le temps de parler de tout ça se saurait. Donc me voilà, armée de mes range-cagoules et de bonnes intentions, en train de me dire que ce serait bien si la cagoule "Pur Angora - 1x01" pouvait être rangée à côté de "Pur Angora - 1x02", voire même, soyons fous, exigeons l'impossible, si elle pouvait se placer juste avant dans le range-cagoules.

Des milliers de mouvement de poignet plus tard, à force d'ouvrir et fermer des fermetures éclair et de déplacer... des cagoules bien-sûr  (oh, vous voyez comme vous êtes, tout de suite...), me voici, éreintée, considérant la pile de cagoules à mon côté.
Une énorme pile de cagoules, soyons précis, qui, jetée comme ça à même le sol, ressemble plutôt à un tas d'épluchures. Hm. Intéressant.

Epluchures

Si toutes ces cagoules sont isolées... c'est parce qu'elles sont en double. Oui, en double. Non seulement je risque les foudres hadopiennes chaque jour que le Dieu de la Téléphagie fait, mais en plus, je les risque une à deux fois de trop pour certaines cagoules !!! C'est quand même fou !

Et vous savez à qui la faute ? Vous savez qui je vais blâmer pour ça ?
Ma mémoire défaillante ? Non. Mon processus de rangement ? Non. L'organisation de mon indexation ? Certainement pas. Les producteurs de cagoules ? OUI. Car si tout ce petit monde ne passait pas son temps à dire et répéter que je suis une criminelle et qu'on va me tomber dessus pour avoir eu l'audace de vouloir voir des choses qui m'auraient été, sans cela, inaccessibles, je ne me dirais pas "ouh, ça, je vais le cagouler avant que HADOPI ne me tombe dessus, et le tricoter vite fait sur une cagoule pour faire de la place".
C'est votre faute si j'ai deux fois Faceless, et vous n'y pouvez sans doute pas grand'chose, mais aussi et surtout, c'est votre faute si j'ai deux fois les premiers épisodes de Jonny Zero, de Committed ou de Living with Fran.

Je ne parle pas des séries que j'ai d'abord cagoulées pour ensuite acheter les coffrets DVD, bien, bien plus tard. Ça, c'est pour moi, ok ? Vous avez bien voulu me les rendre accessibles, à un tarif qui m'a semblé psychologiquement raisonnable (prions le Messie CDischound pour sa participation à ce miracle), donc c'est normal, j'ai payé deux fois, une fois votre petite taxe mesquine et l'achat de cagoules vierges, une deuxième fois de vrais DVD flambants neufs (je suis pas une fan de l'occasion, j'avoue), donc ok, d'accord, c'est pour moi. Mais le reste... le reste, si vous n'étiez pas si désireux de nous sauter sur le poil simplement parce que vous refusez de changer vos méthodes... le reste, c'est pour vous. Imaginez-vous la perte que ça représente pour moi, mais aussi pour vous ! Vous auriez dû commercialiser toutes ces bonnes choses à un prix raisonnable, vous avez refusé, je vous ai filoutés deux fois.

Et nous nous retrouvons tous les deux avec des déchets. Je ne peux rien en faire sinon les jeter (les vendre agraverait mon cas !), vous ne pouvez plus me les vendre puisque je les ai. Vous avez loupé votre coup et j'ai un peu mal négocié le mien. C'est une histoire qui aurait pu bien se finir, mais au lieu de ça, il ne reste qu'une pile d'épluchures sur le côté, et tout-à-l'heure je descendrai la poubelle en me disant que c'est du gâchis. Vous ne saurez jamais à quel point.

Avertissement : ce post n'engage l'avis que de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Posté par ladyteruki à 16:12 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

27-09-09

Bon bah ça, c'est fait

On est dimanche matin, j'ai une journée pour regarder les pilotes de la semaine passée, et pourtant j'ai le cerveau un peu en panne (à votre place je m'attendrais à ce que le post d'hier disparaisse très vite de la page d'accueil, d'ailleurs, donc lisez-le maintenant avant d'oublier !). Alors je me dis quoi ? Bah je me dis que je vais commencer par quelque chose qui ne va surtout pas trop solliciter mon intellect dés le matin.

Tout naturellement, mon choix s'est porté sur Brothers, une des rares séries dont je m'étais autorisée à regarder le trailer.

Que dire ? Que le post va être très bref, ça c'est clair.

Je n'étais pas fan d'UPN et ses comédies "prépositions blacks" : qui s'adressent à des noirs, qui sont écrites par des noirs, qui sont filmées avec des noirs... et Brothers est, c'est évident, l'héritier de ces séries.
Ce genre de série me brille les nerfs parce que les personnages y ont toujours un accent intenable (c'est bizarre parce que dans les autres séries ils parlent tout-à-fait normalement, mais quand on regarde ces sitcoms ils forcent toujours le trait) et s'énervent de façon quasi-hystérique à intervalles réguliers, sans compter qu'étrangement les personnages blancs (ou si on a de la chance, hispanos) y sont en minorité numérique et souvent affublés des personnalités les plus miteuses. Je ne sais pas si ça fait plaisir au public noir, s'il peut s'identifier dans ces recettes, mais une chose est sûre, c'est tout le contraire de la série ouvrant ses bras à la totalité du public de la chaîne avec bienveillance. Des séries comme Friends ont été taxées d'être trop blanches, mais au moins ça ne donnait pas l'impression d'être fait exprès pour qu'une partie des spectateurs se sente exclue.

Mais à la limite, ce que je vous dis là, je le dis avec Brothers comme j'aurais pu le dire quelques années en arrière avec d'autres, c'est même sans doute l'un des drames de cette série : elle n'a vraiment rien apporté de neuf, pour un peu on croirait qu'elle a toujours été là, cachée dans une grille, peut-être depuis plusieurs saisons. Un coup d'oeil au nom de ma cagoule ? "Brothers - 1x01". Ah non c'est bien le pilote. Je suis rassurée.

Pour le reste, il n'y pas grand'chose d'excitant : une superbe maison dans laquelle vit une famille tout-à-fait normale et où plusieurs des protagonistes vont se jeter des vannes à la tête jusqu'à ce que le générique de fin nous délivre... C'est du déjà vu.

Le point fort de Brothers aurait pu résider dans le fait que l'un de ses personnages soit handicapé, mais c'était oublier un peu vite combien les scénaristes de la série manquaient d'imagination. Pour que ce pilote soit convaincant, il aurait fallu que le frère qui a perdu l'usage de ses jambes soit traité comme il se doit, soit comme si on ne faisait pas attention à son fauteuil roulant, comme s'il était lui, point barre. Et pitié, pitié, épargnez-nous le couplet de la culpabilité : comme par hasard, c'est son frère qui est la cause indirecte de la perte de ses jambes. Ça ne fait rire personne, et ça n'ajoute même pas de dimension dramatique à la série, c'est juste un gros cliché (mais ça devient cliché de dire qu'une série emploie autant de clichés ces derniers temps, alors on s'en sort plus).
Pour que ce soit vraiment original, il aurait fallu plutôt éviter le pathos et taire complètement les causes de l'accident, jusqu'à en faire une blague récurrente même, et que tout le monde ait l'air d'oublier complètement cet état de fait jusqu'à ce qu'évidemment ça crée des situations drôles. Je pense à un personnage genre Todd dans Committed, en fait. Mais là non, on veut nous faire pleurer dans les chaumières lorsque la mère voudrait que son fils marche encore, on veut nous donner envie de voir les frères se réconcilier malgré toutes les blessures du passé, mais ça ne fonctionne pas drôle du tout, parce qu'en mangeant à tous les râteliers Brothers finit par n'être ni drôle ni triste.

La seule qui tire son épingle du jeu, c'est CCH Pounder qui comme souvent est très charismatique, mais exactement comme lorsque les annonces sur la série ont commencé à sortir, puis que le trailer a suivi, je me suis demandé ce qu'elle était venue faire dans cette galère. Courage, en continuant sur sa lancée, d'ici quelques épisodes la série devrait bientôt être annulée, et CCH Pounder retrouver le chemin du tournage d'une série qui la mérite.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Brothers de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:19 - Review vers le futur - Permalien [#]

29-03-09

Sois mère et tais-toi

Une série avec Megan Mullaly ? Je dis yes
Une série où les mamans ne sont pas parfaites ? Je dis yes
Une nouvelle comédie sur ABC ? Je dis... mouais, faut voir. C'est pas parce qu'ils m'ont eue avec Better Off Ted que je suis à nouveau bien disposée à leur égard. La méfiance persiste.
Cela dit, une nouvelle comédie, vu la morosité ambiante et tout, je dis quand même yes

Sauf que. Oui, ça va être un post avec un "sauf que" dedans. Et pas des moindres.
Sauf que ce serait mieux si Megan Mullaly était plus à son avantage, si les mamans étaient encore moins parfaites, et si cette comédie n'était pas sur ABC.
Ouais, en fait, ça va vraiment péter, là, parce que j'en peux plus. Et encore, je n'ai vu que le pilote, imaginez si je me farcissais la suite.

Déjà rien que de voir le mode de vie des mamans en question, j'ai envie de me dire : mais qu'est-ce qu'on fait là ? On n'en a pas déjà assez bouffé, de la femme pétée de thunes désespérée ? Nan, franchement, une mère qui serait vraiment dans la mouise, ce serait... tiens, je sais : Grace Kelly, d'Une Maman Formidable ! Alors elle, elle est dans le motherhood, et jusqu'au cou. Là d'accord, là je veux bien. Même Reba elle n'avait pas le droit de se plaindre. Et elle avait Barbara Jean comme voisine. Alors zut, hein.

Parce que nos trois primprenelles, là, non, c'est une grosse blague. Mais pas dans le sens où vous le pensiez au début !
La divorcée ? Elle a un super job qui lui permet de se payer un homme de maison et d'avoir une vie sans trop de contraintes. La vieille ? On ne la voit même pas avec son fils dans le pilote, c'est dire si sa vie lui donne du fil à retordre dans ce domaine (est-ce qu'il existe seulement, ce fils, j'aimerais bien qu'on me le prouve). Quant à la gentille et jeune maman parfaite, son mari (je t'ai reconnu !!! Tu étais dans Committed !) est docteur, ils ont une maison du feu de Dieu, et pour autant que je sache son seul soucis dans la vie c'est de s'envoyer en l'air avec son mari et cuisiner.

Alors merde, elles vont nous lâcher la grappe, les Parques, ça va bien, maintenant. Alors ya la jeune, ya la middle-aged, et ya la vieille bientôt frippée, et elles sont des mamans, et ouhlala c'est très dur à supporter, mais je rappelle que des gamins, personne ne les a forcées à en faire (ni à s'en imaginer, d'ailleurs). Vous me voyez pas me plaindre des miens, eh bien ya une bonne raison, c'est que j'en ai pas faits. Et si je les avais faits et que je vivais dans les mêmes conditions que les trois connasses, là, je la bouclerais et je profiterais au max. C'est pas possible de voir ça, mais c'est honteux, bordel ! Mais enfin, mais regardez The Corner et revenez vous plaindre ensuite si vous l'osez, seulement !

Donc je décrète que je prends en grippe, à compter d'aujourd'hui, là, paf, maintenant, top chrono ça commence, toutes les séries, et je pressens qu'on en a encore devant nous hélas, qui voudront nous faire croire que des nanas qui n'ont pas un seul soucis dans la vie ont vraiment des malheurs pas possibles. Ca ira de la première qui osera se plaindre d'une couche pleine, à celle qui se tartinera le visage avec des anti-rides, et tout ce qui est entre les deux.

Donc exit Desperate Housewives (évacuées par la bonde il y a quelques saisons en ce qui me concerne de toutes façons... même si les bandes-annonces de Canal donnent presque envie), exit Lipstick Jungle (normalement on peut s'estimer sortis du pétrin avec cette saloperie, je crois, non ?), et exit surtout In the Motherhood qui ne va rien nous apprendre que nous ne sachions déjà : être pleine aux as, avoir un job épatant et une famille, tout ça pour babiller au téléphone avec les copines toutes les dix minutes, c'est trop dur la vie.

A quand une série sur les vrais malheurs d'une femme qui n'aura pas tout ça pour elle ? Suis-je bête, ça a déjà existé, c'était Rude Awakening, vous arrivez trop tard.
Bon alors ça c'est fait ; suivant.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culcul-ture : la fiche In the Motherhood de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-01-07

[DL] Committed

C'est pas pour ce que ça coûte : voilà pour assortir le (très) court générique de Committed. Je ne vous cache pas ma déception : ce n'est pas simplement un problème de durée, c'est une question d'homogénéité : le générique ne reflète en rien l'état d'esprit de la série.
Ce n'est pas tant le thème musical léger et simple qui fait du tort, que l'extrême dénuement de l'aspect video... Mais ne vous laissez pas décourager, tentez !

Committed_generique_580
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (à ce stade faut vraiment le vouloir) : la fiche Committed de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:18 - Médicament générique - Permalien [#]

A part Clown, c'est pas des clowns

Avant qu'elle ne soit bêtement renommée Marni et Nate, et plus encore bêtement diffusée dans le cadre de KD2A (une véritable aberration), il existait, à une époque, une délicieuse mais trop courte série intitulée Committed. Dans ce modeste sitcom nous présentant un duo d'amoureux au début de leur relation, la véritable force était que non pas l'un, mais bien les deux personnages principaux, étaient totalement barrés ! Ne cherchez pas, il n'y en avait vraiment aucun pour rattrapper l'autre.

Le pilote commence sur une présentation croisée de nos deux protagonistes racontant chacun, à travers leurs espérances pour le blind date qu'on leur a fixé, leurs derniers échecs amoureux : des flashbacks nous montrent Nate se comportant comme un véritable abruti, et Marni évoquant les attouchements de son oncle en riant. Mouais. Pas étonnant que le commun des mortels aie un peu de mal avec eux. Le soir du blind date arrive, et le courant passe à merveille entre ces deux allumés, chacun respectant les TOC ou bizarreries de l'autre (mais en eussions-nous douté ? De toutes façons les spectateurs français étaient avertis : leurs noms étaient au générique, ils ne pouvaient que s'entendre !). Je vous épargne les quelques retournements de situation qui nous attendent dans la suite du pilote et qui ne font que nous conforter dans l'idée que si c'est bizarre, alors ça va les rapprocher. Et qu'ils sont faits pour se mettre à la colle quoi qu'il arrive (parce qu'en plus, ensemble, ils sont mignons à mort).

Dés ce premier dîner, drôle et touchant à la fois, on peut sentir la magie de Committed opérer. Ce qui frappe, c'est qu'avant tout, le couple Marni/Nate ne fonctionne pas sur la structure comique habituelle Auguste/Clown blanc, si chère à de nombreux sitcoms du même genre. Citons les comparaisons les plus faciles : Dharma & Greg, Will & Grace, ou encore Dingue de Toi. Car dans ce couple, l'un ne sert pas de faire-valoir aux extravagances de l'autre. Non, les deux sont complètement azimutés, tenez-vous le pour dit. L'un a certes une personnalité plus expansive que l'autre (Marni ne tient pas en place, tandis que Nate semble terrifié par tout), mais, comme dans un épisode d'un Sex & the City taquin, ils ont simplement trouvé chez l'autre le monstre qui embrassera leurs trois têtes : ils se complètent sans qu'aucun personnage ne soit lésé.

En parlant de clowns, n'oublions pas de citer également les seconds rôles, et principalement Clown (interprété par l'excellent quoique peu bavard Tom Poston). Voilà encore des petits malins qui tirent admirablement bien leur épingle du jeu et qui, même si le personnage de Bowie est plus lisse que les autres, permet là encore de passer d'excellents moments. Mentionnons aussi (pour nous éviter tout problème) l'excellent Todd, irritant mais à dessein, et dont les airs pincés valent tout l'or du monde. Sa haine tenace envers Nate n'en est qu'à ses prémisses dans le pilote !

En dépit de son annulation, je reste fidèle à ce que j'en pensais lorsque j'ai goulûment regardé cette série pour la première fois...
Mahna mahna... Du du dudu du... Oh, à moins que vous ne vouliez faire les Mahna mahna, parce que je peux faire des Du du dudu du !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Committed de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:17 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


  1