ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

12-05-12

Non-identifiée

"A quel personnage t'identifies-tu le plus ?"
C'est une question qui est régulièrement posée dans toutes sortes de discussions à teneur téléphagique. Mais je n'ai jamais de réponse. Je n'en ai jamais eu.
Ce qui s'en approche le plus pour moi, c'est de citer des personnages qui m'ont servi de modèle ou d'idéal à un moment donné, notamment vers la fin de l'adolescence. Mais je ne m'y reconnaissais pas, et ça ne m'a jamais effleurée.

Ca n'a jamais été un problème à mes yeux, d'ailleurs. Mais j'ai souvent observé que de nombreux téléphages, et quasiment tous les télambdas, cherchaient au contraire à s'identifier à des personnages ou des situations pour pouvoir les suivre, et c'est définitivement la différence que je ressens comme étant la plus prononcée dans ma façon de vivre ma téléphagie et celle de la plupart des gens que je connais.
Je ne regarde pas de la fiction pour qu'on y parle de moi, ce n'est pas ce que je recherche ; j'y cherche et trouve aussi bien du divertissement que de l'émotion brute, un exercice de style qui me permet de découvrir des thèmes originaux sur le fond ou une façon originale d'innover sur la forme, et je suis en quête, dans mes visionnages, d'énormément d'exotisme, pas juste au sens géographique (cette donnée-là dans ma consommation est plutôt récente, comparativement), mais au sens où regarder la télévision, depuis toujours, et aussi cliché que cela puisse paraitre, est pour moi une fenêtre sur le monde. L'idée est d'essayer de se glisser dans la peau d'un personnage qui mène une vie qui ne soit pas la mienne, et qui m'offre une opportunité de ressentir par procuration des choses que je ne vivrai jamais (et le plus souvent : tant mieux !), pas de trouver un personnage qui exprime des choses dans lesquelles je me retrouve. Les personnages qui m'intéressent sont ceux avec qui j'aurais envie de discuter dans la vraie vie, pour échanger des impressions ou des expériences, pas ceux qui me renverraient un miroir, car j'ai l'insupportable prétention de croire que je suis capable d'introspection sans ça.

Je regarde des séries pour savoir, pendant 45 minutes en moyenne, ce que c'est que d'être une mère de famille nombreuse mariée à un pasteur, le héros d'une guerre qui se déroulera quand j'aurai 82 ans, et une actrice sur le retour alcoolique. Et quand l'épisode est fini, je reviens à ma vraie vie, à mon vrai moi, et je me sens enrichie par ces expériences dans ma compréhension du monde et des gens, même de façon minime (ou carrément illusoire, car parfois, juste parfois, une série n'est jamais qu'une série).

L'absence d'identification n'a jamais été un problème à mes yeux. Cependant j'ai bien observé que c'était une position moyennement partagée, et que la plupart des téléphages cherchent au contraire l'identification, que c'est même une nécessité pour s'intéresser au sort d'un personnage.
C'est encore plus prononcé pour les publics adolescents, d'après mes observations. Et quelque part je le comprends, même si je n'en ai jamais fait l'expérience, parce que c'est une période où on a envie de penser qu'on n'est pas seul à faire certaines expériences, où on essaye de calibrer notre comportement sur une norme, et que les séries participent à cette norme à divers degrés.

Quand j'étais adolescente, la télévision était physiquement difficile d'accès en la présence de mon père, de sorte que lorsqu'il était au boulot, ma mère nous laissait nous jeter sur la télévision comme des affamées, et on regardait n'importe quoi qui soit diffusé pendant le créneau horaire. Et j'ai grandi à une époque où ces créneaux horaires étaient majoritairement occupés par des séries. C'est aussi simple que ça. Si j'avais eu 100% Mag à la télévision à l'époque, eh bien aujourd'hui peut-être que je suivrais la dernière tendance de scrapbooking à partir de boîtes de camembert, et on ne serait pas là à parler séries.
Je ne suivais pas de série en particulier parce qu'on n'était pas en position de faire des plans sur l'avenir, et les horaires de mon père étant ce qu'elles étaient, on n'était jamais sûres de regarder le lundi la suite d'un épisode diffusé le vendredi, mais globalement, il y avait quand même des séries qui avaient nos préférences, même dans ce contexte.

L'une d'entre elles était Angela, 15 ans. C'était la seule teenagerie que je regardais à l'époque. Plus tard, je suis passée à côté de Dawson, notamment, qui ne m'a jamais intéressée mais qui semblait émouvoir toute ma génération. A partir de là, c'était quand même bien foutu pour moi, j'ai quitté le nid familial pour aller vivre ma vie, et les histoires adolescentes m'ont encore moins captivée, même si je me suis intéressée à Coeurs Rebelles (surtout pour les histoires de viol et de drogue, soyons honnêtes) ou La Famille Green (que j'appréciais énormément pour y suivre trois générations de la même famille), donc pas vraiment en terrain adolescent au sens strict.

Angela

Cet après-midi j'ai revu plusieurs épisodes d'Angela, 15 ans, et cela faisait quelques années qu'une telle chose ne s'était pas produite. Comme je viens d'avoir 30 ans, et qu'à un ou deux ans près, j'avais alors l'âge d'Angela Chase, je pensais que je m'étais peut-être identifiée à elle et qu'en revoyant la série, j'allais retrouver l'adolescente que j'étais, ses émotions, ses questions.

Pas du tout. En regardant les épisodes, je me suis souvenue, de façon à vrai dire assez brutale, de ma propre adolescence ; c'était probablement un mécanisme de mémoire étrange qui me ramenait des images et des anecdotes de cette époque, par association d'idée ou quelque chose, je ne sais pas. Mais en tous cas ces souvenirs n'avaient rien de commun avec les expériences d'Angela, ou de ses amis ; non plus que ses relations avec ses amis, ou ses rapports à ses parents, ou même à sa frangine. Et ne parlons même pas de Jordan Catalano.

Je trouve toujours qu'Angela, 15 ans est la série adolescente la plus réaliste que je connaisse ; lors d'un débat, je ne sais plus qui m'avait dit, une fois, que c'était générationnel. Mais visiblement non, je ne m'y suis pas reconnue, et cette série n'était pas ma réalité. Et c'est certainement pour ça qu'elle compte parmi les rares séries adolescentes que je tiens en estime, parce qu'elle arrive à me sembler authentique malgré l'absence d'identification. Téléphagiquement, c'est ce qui fait sa valeur.
Mais humainement ? Cet après-midi, j'ai trouvé très triste de ne même pas être capable de m'identifier à Angela, 15 ans.

Si je n'y arrive pas avec cette série-là, alors avec laquelle ?
Alors ça m'a renvoyée à mon absence d'identification, et à mon problème avec les séries adolescentes en général. Est-ce que par hasard ces deux phénomènes seraient liés ?

Je n'ai jamais compris l'attrait de Dawson auprès des adolescents de ma génération (parmi lesquelles, notablement, mon ex petit-ami de l'époque). Par la suite, j'ai trouvé Skins, qui pourtant semblait parler aux adolescents de sa génération, très extrême et superficielle ; je me suis dit que j'étais simplement trop vieille pour que ça me parle et je suis passée à autre chose. Je n'ai pas insisté. Et la plupart des séries adolescentes, notamment Gossip Girl que j'utilise toujours comme exemple du pire, me semblent toujours mauvaises.
Ce soir j'ai aussi regardé le pilote de Clash, et là encore, j'ai trouvé que c'était un peu n'importe quoi, une sorte de fantasme de l'adolescence complètement déconnecté des vraies problématiques. Mais qu'est-ce que j'en sais, moi, des vraies problématiques d'ados ? J'ai 30 ans ! Alors peut-être que Clash voit juste, en réalité...

Et si au fond, le problème était simplement que je ne me retrouve pas dans ces personnages ? Que je n'ai trouvé aucune série adolescente qui me parle de l'adolescente que j'étais ? C'est peut-être ça, l'origine de mon soucis avec les séries adolescentes. C'est que je n'en trouve pas qui me parle de moi.
Il n'y a qu'une façon de régler ça : trouver une série avec un personnage auquel je m'identifie. Je ne sais pas si cette série existe. Je ne l'ai jamais cherchée. Mais ça ne m'attire pas du tout de me mettre à sa recherche, en fait.

Vous savez quoi ? Dans le fond, je préfère continuer à aller chercher des personnages qui ne me ressemblent pas, plutôt que de tenter de me réconcilier avec les séries adolescentes.
Mais je suis contente d'avoir l'opportunité de me poser ce genre de questions rien qu'en regardant des séries. Et finalement, c'est peut-être ça que je cherche le plus dans ma téléphagie.

Posté par ladyteruki à 23:16 - Série de valeurs - Permalien [#]

11-02-11

Tu peux courir

Démotivée, mais pas inactive. Depuis l’annonce de l’espacement de mes activités, je n’ai pas chômé : entre la première saison de The Practice (initiée, comme vous le savez, plus tôt la semaine dernière), et une intégrale de Modern Family en quatre jours (oui, je sais, ça m’a étonnée au moins autant que vous, si vous me le demandez en commentaire, je vous dirai comment c'est possible), on ne peut pas dire que j’aie manqué d’occupations téléphagiques.
Mais aujourd’hui je ne vais pas vous parler de ces séries récentes, parce qu’aujourd’hui, j’ai eu un coup de cœur pour une série que je n’ai jamais vue. Ce sont des choses qui arrivent.

Tout a commencé alors que j’écumais la base de données de Wikipedia afin de trouver des titres de séries ayant débuté en 1965. Une lubie. L’envie, certainement, d’essayer de me lancer dans le visionnage d’une vieille série, ce qui, avec mes aventures internationales, ne m’est pas arrivé depuis quelques mois. Bref, une idée comme ça, imprévisible, et qui n’a eu comme seule conséquence que de m’interroger sur les pitches qu’on pouvait trouver cette année-là.
J’étais donc en train de trouver qu’il y avait quand même une majorité de séries "bon enfant", "tous publics" ou encore "classiques", en un mot, pas forcément affriolantes sur le seul plan du pitch, quand soudain me voilà à cliquer sur la page de Run for your life. Et moi de tomber en pâmoison devant ce résumé comme conçu pour me faire rêver. Jugez plutôt : quand son médecin lui annonce qu’il ne lui reste plus qu’un an ou deux à vivre, l’avocat Paul Bryan décide de partir à l’aventure et de profiter de ses derniers jours en faisant tout un tas de choses qu’il souhaite accomplir avant de mourir. De toute évidence, il ne s’agit pas d’une comédie (quoique, bon, je ne serais pas fermée à ce genre de sujet en comédie, je suis bien capable de suivre une comédie sur une alcoolique à la dérive… ou une autre sur une cancéreuse), mais bien d’une véritable série dramatique, dans le sens le plus strict du terme. Et pourtant, outre un concept riche permettant énormément de choses, c’est aussi une belle idée, non ?
Ce qui a fini de m’achever, c’est qu’en poussant mes recherches juste un peu, je suis tombée sur des répliques, comme celle ouvrant le générique : "Guess I'll try to squeeze 30 years in a year... or two". Et alors là, comment vous dire ? J'ai fondu.

Runforyourlife

J'ai fondu, mais à l'émotion téléphagique a très vide succédé une autre émotion : une vive colère. Ça doit être mon truc en ce moment, je suppose.
Parce qu'il s'avère que Run for your life, qui apparemment a été diffusée par l'ORTF (...oui, l'ORTF) sous le titre de Match contre la vie en 1969, et même pas en intégralité, n'a depuis jamais été rediffusée en France. Donc non seulement vous et moi n'étions pas nés lorsque la séries a été lancée, mais vous et moi n'avons jamais eu l'occasion, de notre vivant, de voir la série non plus depuis.

Sur ce blog, j'ai déjà maudit, pèle-mêle, les problèmes suivants :
- l'impossibilité de voir une série être diffusée correctement de façon à la suivre de bout en bout (et d'ailleurs The Practice est tristement parlant à ce sujet)
- l'impossibilité de voir une série être diffusée en France dans des délais raisonnables, ce qui fait de The Good Wife un cumulard vu le point soulevé ci-dessus
- l'impossibilité de revoir une série peu connue n'ayant pourtant pas plus de 10 ou 15 ans
- l'impossibilité d'accéder à des séries étrangères parce que les fansubs ne suivent pas
- l'impossibilité d'entendre parler des fictions des nombreux pays étrangers, comme ça c'est réglé, inutile d'être curieux, vous vous faites du mal
- et, pour finir cette liste non-exhaustive, l'impossibilité d'entendre parler correctement des fictions de certains pays étrangers, parce qu'il s'agirait pas non plus de vous donner les outils pour vous ouvrir sur le monde téléphagique
Bon, j'ai donc beaucoup râlé, c'est un fait. Et quelque part dans les posts dont je ne me souviens pas aussi bien, il doit y avoir un plaidoyer pour l'édition DVD décente de séries moins populaires... ah ça y est, je l'ai retrouvé.

Ajoutons-y donc aussi, désormais, un laïus sur le fait qu'il y a certaines séries, jugées trop anciennes, qu'on ne nous permet pas de découvrir parce qu'on n'a pas à être curieux, manquerait plus que ça. Je sais bien qu'on parle d'un marché de niche et pas franchement d'un phénomène qui ne demande qu'à remplir les poches des diffuseurs et/ou distributeurs, mais nom d'un chien, lequel parmi vous va se piquer en premier de proposer un Hulu à la française pour des séries qui ne sont plus rediffusées ou ne l'ont jamais été, ou, sans aller si loin, une simple rediff en nocturne pour des séries des années 60 et 70 ? Chais pas, ça fait bien 10 ans que les rediffs de Série Club semblent sempiternellement être les mêmes ! Bon, je suis de mauvaise foi, je n'ai plus Série Club, mais si j'apprenais que la chaîne se lançait dans un projet de ce genre pour participer à la culture série, j'y penserais quand même à deux fois, plutôt que voir que ce sont encore et toujours les mêmes vieux sitcoms français qui constituent l'essentiel de ses grilles en heure creuse...
Et même, vous savez quoi ? Si les chaînes ont peur de pas rentrer dans leurs frais en se lançant dans une diffusion ou une autre... bah juste lâcher gentillement les droits dans le monde magique de l'internet et laisser les fichiers se faire cagouler par les 10 pèlerins que ça intéresserait, je pense que ça serait un beau geste, quoi.

Tout ce que je voulais, cette semaine, en dépit des 38 épisodes de Modern Family en quatre jours, de la saison (et un peu plus, en fait : j'ai entamé la deuxième) de The Practice, de l'attachement grandissant pour Harry's Law et Fairly Legal, et des pilotes comme Mr Sunshine ou Traffic Light, c'était avoir une chance de voir un épisode de Run for your life.

Voilà, c'était mon coup de gueule du jour. La prochaine fois, on parlera des chaînes françaises qui ne savent pas profiter de la popularité d'un acteur pour ressortir des cartons leurs vieilles séries, comme pour Coeurs Rebelles lors de la sortie de Star Wars ou La Famille Green alors que Anne Hathaway ET Jesse Eisenberg ont tous les deux le vent en poupe.

Posté par ladyteruki à 21:18 - Point Unpleasant - Permalien [#]

08-07-10

It's called acting

Si vous ne connaissez pas bien le métier, ou si vous êtes un Français qui l'exerce, laissez-moi vous récapituler les bases du métier d'acteur : il s'agit de jouer un rôle. Quand on voit ce qu'on voit, des fois on se demande si le rappel n'est pas nécessaire, d'ailleurs. Donc, le métier d'acteur consiste à jouer un rôle. De composition, autant que possible.

Un acteur, il doit essayer d'imaginer ce que peut ressentir son personnage et la façon dont il peut le rendre crédible, potasser son texte quelques minutes avant d'entrer sur le plateau, tourner la scène en suivant bien les consignes du réalisateur, et puis rentrer chez lui une fois la journée finie. Demain est un autre jour.
En tous cas c'était plus ou moins comme ça que je me figurais les choses.
Avec des variations, bien-sûr. Quand on sait que certains acteurs pratiquent la Méthode à un tel point qu'ils sont imprégnés de leur personnage plusieurs semaines ou plusieurs mois après, on se dit que quitter un rôle ne doit pas forcément être facile non plus. Mais enfin, ça doit quand même être à peu près ça, je suppose, surtout pour ceux qui ont tendance à enchaîner les tournages et n'ont pas des masses de temps pour repenser à leur personnage quand ils en ont déjà un nouveau à travailler.

Mais alors, voilà ce qui m'a frappée : et les acteurs de Huge ?
Quand on interprète le rôle d'un adolescent mal dans sa peau, on sait que quand on va quitter le tournage, on ne sera plus cet adolescent (et pour beaucoup d'acteurs, ça fait 5 à 10 ans qu'on ne l'a plus été... mais c'est un autre débat). Par exemple, je pense souvent à Coeurs Rebelles quand je regarde Huge, et effectivement, le soir, AJ Cook pouvait rentrer chez elle sans le poids d'un viol à surmonter. Le rôle était dur, la vie ne l'était probablement pas autant (mais qu'est-ce que je sais de la jolie AJ Cook après tout ?).
Quand Nikki Blonsky rentre chez elle, elle n'est peut-être plus Will l'obèse. Mais elle est toujours obèse.

Je ne suis pas en train de remettre en question le talent des acteurs de Huge, certainement pas. Je l'ai loué, je n'y reviendrai pas. Mais je me dis que ce doit être d'autant plus compliqué pour ces acteurs-là qu'ils ne peuvent pas vraiment laisser leur personnage derrière eux. Comment ne pas s'identifier lorsqu'on a réellement connu la plupart des embarrassants complexes décrits dans la série ? Comment rentrer chez soi et penser à autre chose, quand on a passé, je ne sais pas, disons huit, dix, douze heures de la journée à être un gros complexé devant la caméra ?

Pire encore, ces acteurs... ils savent pourquoi ils ont eu ce rôle. Parce qu'ils sont acteurs... et parce qu'ils sont gros. Dans le genre typecastée, Nikki Blonsky est l'exemple frappant. On n'a pas demandé à un acteur de prendre 50kg pour le rôle. Et sérieusement, qui le ferait ? Faudrait me payer bien plus cher que la plus chère des actrices de Hollywood, donc je ne blâme personne ; déjà je suis impressionnée quand un acteur comme Lee Pace se transforme en femme sylphide, alors dans l'autre sens, non, franchement.
On a lancé un casting où quelque part, il était dit qu'on cherchait des gros, et si éventuellement on ne l'a pas dit comme ça, alors la lecture du seul synopsis suffisait.

On peut jouer une adolescente violée une fois, et plus jamais ensuite (et c'est à souhaiter, parce qu'une fois ça doit largement suffire), mais un obèse ? Difficile de ne pas jouer un obèse toute sa vie. Et si on maigrit, j'imagine que les gens ne vous reconnaissent plus, ou ne vous trouvent plus rien de spécial. Vous imaginez Gabourey Sidibe taillant, disons, un 42 ou un 44 ? Sérieusement ?

Déjà dans la vie de tous les jours, on attend des obèses qu'ils jouent leur rôle d'obèse (combien de fois entend-on les personnes d'un certain poids dire que dés qu'elles mangent en public, elles reçoivent des œillades ou des remarques désobligeantes sur leur absence de self-control ?), mais alors, dans une telle industrie ?
Si on me demandait tous les jours de ma vie professionnelle de montrer la chose qui m'embarrasse le plus au monde, d'en jouer et d'en tirer des émotions en permanence pour le profit du divertissement des autres, et ce même si cela permettait de faire passer un certain nombre de messages, je ne sais pas comment je ferais. En tous cas, je ne ferais certainement pas long feu dans cette profession !

Et en plus, une fois un tantinet célèbre, en plus il faut avoir l'air d'assumer et d'être bien dans son corps, ne pas trop faire la gueule, essayer de préserver une certaine image du gros jovial (pire encore que les autres stéréotypes), alors que justement on travaille dans une industrie qui privilégie tout, sauf l'acceptation de ce que l'on est. Je n'imagine même pas.

J'ai regardé le deuxième épisode de Huge avec un petit pincement au cœur, en me disant que pour faire une série comme celle-ci, qui je le répète, dans son genre, est plutôt courageuse... il faut avoir les épaules sacrément larges.
Sans mauvais jeu de mot.

Alors voilà, juste un post pour dire : respect.

NikkiBlonsky

Posté par ladyteruki à 00:03 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

20-10-09

Il n'y a pas de plan B

Ah, vous revoilà ! Ça tombe bien, je n'avais pas fini de vous raconter mon weekend. Ce soir je vais vous glisser un mot sur Cat Street, une série au nom un peu étrange, d'ailleurs je n'ai pas très bien compris d'où lui venait ce titre. En général, les titres de séries sont (volontairement) transparents, même pour les titres japonais qui, bien que témoignant d'une démarche un peu différente des séries occidentales, restent cohérents avec le contenu de la série elle-même.

Quelque chose qui m'a frappée à propos de Cat Street, c'est d'abord son actrice principale. Si vous avez vu 14 Sai no Haha (il n'est pas trop tard pour bien faire, les amis...), vous connaissez sans doute Mitsuki Tanimura qui y a interprété le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société.
Je vous le donne en mille : dans Cat Street, Mitsuki Tanimura interprète le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société. Typecasting quand tu nous tiens...!

Mais ici, l'héroïne Keito a vraiment, vraiment morflé. Son choc à elle s'est déroulé à l'âge de 10 ans, c'est sans doute une explication. Mortellement blessée par l'univers du show business, sa vie s'est arrêtée comme une montre défectueuse. Pourtant tout lui souriait, à Keito : elle avait du talent, une maman qui l'encourageait, et l'opportunité unique d'entrer dans la troupe d'une grande comédie musicale, dans le rôle principal. Le hic, c'est que personne ne l'avait préparée à la froideur, voire la brutalité, de ce monde. Et les blessures d'amour propre peuvent y être mortelles...

Le talent de Cat Street ce n'est pas de déposer un dossier à charge contre le monde du show business et ses travers. En définitive, il est probable que, d'ailleurs, Keito aurait été blessée par le même comportement dans d'autres circonstances. Non, Cat Street s'avère avoir l'œil quand il s'agit de dépeindre une personnalité brisée.
C'est comme si le cœur de Keito s'était arrêté de battre ce soir-là et n'avait jamais repris le mouvement en 7 ans ; la série retranscrit formidablement ce qu'on peut ressentir à la fois de colère et de vide après un traumatisme (fût-il jugé bénin par l'entourage), c'est même impressionnant de donner autant de corps à ce sujet. Franchement, chapeau.

Mais Cat Street, c'est avant tout une histoire de renaissance, puisque Keito va être "récupérée" par un proviseur qui, par hasard, tombant sur elle, essaye de la rescolariser, puisqu'elle a totalement arrêté d'aller en cours depuis l'incident qui l'a bouleversée. Ce serait d'ailleurs bien que dans les épisodes prochains (même si je sens bien que ce n'est pas le sujet) on approfondisse un peu cette histoire de lycée alternatif, parce qu'il y a un sujet par-là, quelque chose que j'aimerais pourvoir approfondir. Mais soit. Donc ce lycée permet à des élèves sortis du système scolaire de ne pas tout-à-fait sortir de la société, et d'avoir une chance de compléter leurs études, même si c'est à leur rythme et sans la moindre contrainte (franchement on se demande comment ça peut marcher, moi je demande à voir). Et en fait, les élèves ne sont pas vraiment de grands marginaux, si on regarde bien : il y a celle qui est partie parce qu'elle refusait l'uniforme (qu'elle ressentait comme une négation d'elle-même), il y a celui qui bégaye (ouais, et ça suffit pour se faire sortir du terrain de jeu scolaire, apparemment), il y a aussi celui n'est pas à l'aise en société et préfère la compagnie des ordinateurs (la geekette qui rédige sont post à 23h30 compatit). Vous le voyez, ce ne sont pas des délinquants juvéniles, on est loin de l'école de la dernière chance type Cœurs Rebelles, Cat Street détruit juste le mythe de l'école unique. Tous les élèves ne peuvent pas rentrer dans le moule, mais le système s'en fiche et les expulse. Je vous le dis, cette thématique mérite d'être approfondie.

Bon, hormis les bases du pitch, en fait, on sent que Cat Street a tout de même de grandes chances de se présenter comme une énième série sur l'amitié juvénile, Orange Days mais avec des autistes de la vie au lieu d'une sourde si vous voulez, un petit hymne à la liberté d'être soi (mais pas chanté trop fort), et je ne demande qu'à être surprise mais je pense qu'il n'y a pas lieu de placer mes espoirs trop hauts.
Mais bon, franchement, rien que ces quelques axes donnent une saveur certaine à Cat Street, un petit anticonformisme pas trop remuant qui permet de se sentir un peu hors du monde sans vraiment prendre la porte, et ça suffit aussi, dans le fond. A tous ceux qui avaient un rêve, et qui n'ont pas pu le réaliser, et qui n'avaient pas de plan B, Cat Street permettra de donner un peu d'espoir, et une série qui part du négatif pour aller vers le positif avec candeur, finalement, ça ne se refuse pas, par les temps qui courent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cat Street de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Dorama Chick - Permalien [#]

08-07-09

[DL] Leaving L.A.

A force de vous rabattre les oreilles avec cette série (pas autant que pour d'autres, certes), il semblait assez évident qu'au minimum, je vous proposerais le générique. Comme beaucoup de ceux de leur âge, les crédits de Leaving L.A. on fait un choix : c'était soit une bonne musique, soit une vraie recherche esthétique. La video a en effet le mérite de ne pas être moche, mais de là à être une merveille, quand même pas.

LeavingLA
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Je sais que je me répète, mais regardez-moi ce générique ou, plutôt : cette affiche ! Christopher Meloni, Melina Kanakaredes, Ron Rifkin, c'est du haut délire ! Rien que pour ça, c'est un indispensable...
Quand on pense aux acteurs qui sont aujourd'hui dans différentes séries connues, et qui ont jadis tous bossé ensemble, ça laisse rêveur, non ? Je sais que j'en parlais l'autre jour avec Coeurs Rebelles mais ce type de choses exerce une fascination sans fin sur moi.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Leaving L.A. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:33 - Médicament générique - Permalien [#]


04-07-09

That's my girl

Je n'ai pas un tempérament de fangirl à la base.

Uncadeausestcachedanscettephoto

AupaysdeKandyse

Mais voir le minois lumineux de Kandyse McClure (beaucoup moins souriante l'après-midi, j'ai eu du bol de la voir dés le matin), lui serrer la main, discuter de ses débuts dans Cœurs Rebelles, lui offrir un petit souvenir en lisant la surprise dans ses yeux, la voir se réjouir dudit cadeau, bavarder gaiement et repartir en prime avec une dédicace (non sans constater que le "love to ladyteruki" avait été greffé d'un "lots of" avant de me laisser partir)... j'avoue que ça m'a mis du baume au coeur pour toute la journée.
Et du baume au coeur, il en faut pour affronter les queues interminables de Japan Expo/COMICON.

LotsLotsLots

Ah oui, il y avait un mec à coté d'elle, aussi. Pas trop fait attention.

Jamiedutempsamerappelerdesonexistence3

Pourallerdanser

Posté par ladyteruki à 23:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

23-06-09

[DL] Cœurs Rebelles

D'ordinaire, je ne suis pas du tout amateur de rassemblements en tous genre, qu'il s'agisse de fan de Jmusic, de séries, ou de quoi que ce soit d'autre qui touche à mes centres d'intérêt. A part aller se taper dans le dos en se réconfortant de façon implicite sur nos goûts respectifs ("toi aussi tu aimes une série méconnue qui fait qu'on te regarde bizarrement quand tu en parles aux fêtes de famille ? Viens mon coupin, moi aussi"), ça ne sert pas à grand'chose pour les fans, en définitive. Pour les entreprises du secteur c'est par contre la fête du slip parce que tout le monde veut son goodies ultra-collector à 712 000 exemplaires ou son poster à 25€, histoire de marquer le coup. Sans compter qu'on en a pour un an à se raconter qui est venu costumé comment ou qui a bégayé devant son idole pendant une séance de dédicace. Ca reste ma position, entendons-nous bien. Et je continuerai de laisser les autres y aller en prenant grand soin de ne pas m'y pointer (dans le cas de la Jmusic, j'envoie par exemple ma frangine en milieu hostile à ma place, et elle rédige des live reports au péril de sa santé mentale pendant que je préserve soigneusement la mienne ou ce qu'il en reste).
Bref.

Mais cette année, c'est différent. C'est différent parce que COMICON, les enfants. Et si vous avez un brin de culture téléphagique, vous aurez fait le rapport entre le COMICON et le titre de ce post, qui est aussi le titre de la série, comme le monde est bien fait, c'est fou, on dirait que c'est pensé !

HigherGround
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Donc je serai au COMICON, totalement incognito, histoire d'aller faire des courbettes à la très jolie Kandyse McClure et, ce qui ne risque pas de gâcher ma journée, à Jamie Bamber aussi s'il traine dans les parages. Du coup tant qu'à payer l'entrée, je paierai également de ma personne et me présenterai à au moins un concert ce jour-là à JAPAN EXPO.

On ne s'y verra pas, mais vous saurez que je suis là, quelque part dans les couloirs, avec la chanson de Coeurs Rebelles en tête. Probablement la larmouchette à l'œil... Il faut dire qu'en optant pour cette chanson enragée, la production a fait le bon choix, et que du coup, ça reste bien en tête, quand même.

Et puis regardez-moi ce palmarès, plus de la moitié de ces petits bonhommes sont devenus des pièces intégrantes de la pop culture : AJ Cook brille maintenant dans Criminal Minds, Jewel Staite a intégré l'écurie Whedon pour Firefly et a aussi pointé son nez dans Stargate Atlantis, Kandyse McClure a officié dans Battlestar Galactica et Hayden Christensen a carrément joué dans Star Wars (ça vaut ce que ça vaut niveau interprétation, mais franchement on ne peut pas dire que tout ce petit monde n'ait pas fait son chemin). L'idée qu'un tel vivier ait existé dans un show (complètement méconnu en France, une seule diffusion le mercredi, pas vrai TFHein, je ne me trompe pas ?), ça me donne des frissons.
Voilà, ça c'est dit. Kandyse, on se voit dans quelques jours... J'aurais aimé te faire dédicacer un coffret DVD de Coeurs Rebelles, mais tant pis, ce sera Battlestar Galactica à la place. Tu n'es sur aucune cover de coffret, je fais comment, moi ?!

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cœurs Rebelles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 10:03 - Médicament générique - Permalien [#]

24-11-08

Se remettre en question

A plusieurs reprises, et en particulier ces dernières semaines dans ce blog, j'ai dit de Criminal Minds combien j'admirais sa capacité à aborder l'horreur dans le sens où je l'entends, mais que la forme, trop de fois, était trop conventionnelle et m'éloignait du fond.

Une fois encore, ça s'est produit. Pourquoi cette série est-elle si académique ? Alors que l'épisode North Mammon se termine, c'est ma question, et elle est presque douloureuse. L'intention est excellente, je n'ai rien à redire à l'esprit qui dirige les histoires. C'est leur aboutissement qui est épouvantablement convenu.

north_mammon

Dans North Mammon, on a droit à un huis clos angoissant, digne du meilleur des thrillers d'horreur. Mais hélas, l'épisode, d'une part, ne finit pas au moment où il aurait dû (on aurait dû juste voir les filles sortir de la voiture qui les ramenait chez elle, en parallèle avec les parents qui se prennent connement le bec, mais de façon révélatrice... un fondu au noir juste là, et chaque spectateur frissonnait jusqu'à demain matin). Et pire encore, les choses sont scolaires au possible même après ça, puisqu'apparemment il fallait vraiment aller chercher le coupable, voir la blondinette qui était dans Coeurs Rebelles exposer ses états d'âme... nan, sans rire, ça tue tout, absolument tout ! Ce n'est donc pas qu'une question de réalisation mais bien aussi d'écriture. Là où on pourrait jouir d'une glaciale imprévisibilité, on n'a qu'un tiède formalisme.

Semaine après semaine, les rediffusions continuent et j'ai l'impression de revoir par le menu tout ce qui à la fois m'attire et me répulse dans cette série.

Entre d'autres mains, Criminal Minds aurait tout simplement été l'une de mes séries favorites, probablement même en bonne place dans mon Top5 (tous les fantasmes sont permis après tout). Mais là, je suis condamnée à toujours avoir ce pincement au coeur, celui qui à la fois me fait revenir, retenter le coup, et repartir aussi sec, mortellement déçue. Je me remets en question à chaque fois que ça commence à être intéressant, et j'en reviens aux mêmes conclusions à chaque fois que l'épisode se vautre dans la banalité. Et ça me fatigue.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Criminal Minds de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:29 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

11-11-08

Ils sont pas débrouillards, ces inspecteurs, aussi !

lady devant Esprits Criminels, à l'instant, ça donnait ça...

La blondasse qui était dans Cœurs Rebelles, consultant le dossier d'un criminel : "Hé, ça pourrait être ce gars !"
lady : "Bah montre sa photo, je vais te le dire, est-ce que c'est Jason Wiles ?"

Message personnel : c'est possible d'arrêter de donner la liste des guest stars au début des épisodes ? D'avance merci.

Posté par ladyteruki à 00:38 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

24-06-08

Comme une ombre blanche

Ami téléphage, je sais que tu viens aussi me rendre visite pour entendre parler de séries dont personne d'autre ne parle. Alors tu vas être à la fête : aujourd'hui j'ai choisi de te présenter une série qui n'est (pour autant que je sache) jamais passée en France, qui a pourtant duré 3 saisons... et qui date de 1978 ! Je sais que ça te plaît, ami téléphage (et pas qu'à toi si j'en crois mes stats), et ça me fait plaisir aussi, alors pourquoi se priver ?
Avant Coeurs Rebelles la série, avant Esprits rebelles le film, il y avait donc The White Shadow, et tu n'en savais rien. Mais lady est là pour te tirer de ton ignorance.

Le héros de cette série, c'est Ken Reeves, et, comment te dire ? Ken Reeves, c'est un peu le fils que ta mère aurait voulu avoir. Oui, elle t'a toi, mais elle aurait préféré Ken Reeves. Mets-toi à sa place : le sourire adamantin, la mèche blonde savamment ondulée sur le côté, de l'énergie à revendre, un solide sens de l'humour... tu ne fais pas le poids.
Et puis c'est quand la dernière fois que tu as joué avec les Chicago Bulls ? Allez, sois beau joueur, cède ta place, ça fera plus plaisir à ta maman que les fleurs que tu lui as offertes pour la fête des mères.

Le pilote s'ouvre sur plus de 3mn sans la moindre ligne de dialogue, et je te prie de me croire, ça impressionne. On y suit la brillante carrière sportive de Ken Reeves, son accident, sa blessure au genou, sa lente rééducation, et son retour dans l'équipe. Seulement il faut se rendre à l'évidence, passé la trentaine, avec un genou encore fragile, revenir sur le devant de la scène, c'est pas gagné pour le gentil Ken. C'est du moins ce que son ami Willis, proviseur d'un lycée pas super bien fréquenté (ç'aura une vague importance par la suite), lui dit afin de préparer le terrain pour la proposition qu'il a à lui faire : "tu plaques ta carrière professionnelle, tu laisses tomber la gloire, tu oublies aussi l'argent, et en échange, je t'offre... un poste de coach dans mon lycée pas super bien fréquenté". C'est cadeau.

Une offre qu'on ne peut pas refuser, mais comme Ken Reeves, il est le fils idéal, on l'a dit, eh bien tout naturellement il décide de tenter le coup, et en moins d'un pilote, il prend son boulot très à coeur.

Parce qu'être coach, surtout dans un lycée par super bien fréquenté, ce n'est pas une sinécure, et il ne s'agit pas que de sport. Il s'agit d'éducation. Et la bande de lycéens rebelles, je-m'en-foutistes et un peu délinquants sur les bords, elle a bien besoin d'une éducation solide, avant qu'il ne soit trop tard. Et ça, Ken Reeves le magnifique, il a tout de suite capté. Je te l'avais dit qu'il était meilleur que toi, on peut pas lutter contre un mec pareil. Surtout s'il fait près de deux mètres.

Comme la série est née avant toi, ami téléphage, on ne se permettra pas d'en dire qu'elle est super convenue, qu'on a déjà vu le pitch cent fois et tout, parce que ce serait plutôt l'inverse. Aux Etats-Unis, The White Shadow a quand même marqué son temps, bon pas autant que d'autres, mais le fait d'être la première série avec un cast à majorité colorée (blacks et hispanos forment la majorité des rangs indisciplinés de l'équipe de basket ball) a quand même laissé un certain souvenir.

Et pourtant, pour une première incursion dans le genre "école pas super bien fréquentée avec des minorités en situation d'échec", The White Shadow a su éviter un certain nombre de clichés, permettant aux jeunes lycéens d'être sympathiques et pas caricaturaux. Ce qui est bizarre c'est que, les clichés, on en voit dans des séries d'aujourd'hui alors que celle-ci a ouvert la voie. Va comprendre.
Le pilote est assez classique, c'est vrai, Ken Reeves est tellement parfait que c'en devient un peu trop facile, et ce contre quoi il doit lutter (indiscipline, absentéisme, problèmes financiers de ses élèves...) ne vous remuera pas les tréfonds de votre âme. Mais la série est très plaisante à regarder, avec un univers saturé d'hormones mâles chaleureuses (hou ! parfait pour moi) qui font rapidement corps, et créent une vraie ambiance d'équipe. Tout le monde l'a bien vite adopté, ce bon coach, et tant mieux puisqu'on se serait puissamment ennuyés s'il avait dû batailler pendant toute une saison pour s'imposer : Ken Reeves, l'essayer c'est l'adopter, demande à ta maman.
L'univers de la série ne tourne rien exagérément au dramatique, mais les personnages ont quand même de la crédibilité... l'équilibre est donc bon.

Avec fermeté mais tendresse, Ken Reeves s'apprête à aider ses élèves à progresser, au basket comme dans la vie, et à les suivre pas à pas... comme une ombre blanche. J'y peux rien, ça m'a touchée.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The White Shadow de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:29 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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