ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-07-13

Nihonjinception

Certains jours on n'a qu'une envie : s'asseoir devant une série qui nous surprenne. C'est une envie compréhensible, surtout quand la lassitude gagne après quelques mois télévisuels en dents de scie, ou quand on a l'impression de tourner téléphagiquement en rond. Mais cette pulsion s'accompagne généralement des deux pires ennemis de la découverte sereine en matière de fiction : d'abord, des attentes démesurées dés lors que se présente un pitch un tant soit peu hors du commun, et surtout, la tendance qu'a alors le téléphage à tenter de trouver à tout prix une série qui va le renverser, qui peut tourner a l'obsession.
Je suis précisément dans cette situation actuellement, et j'espérais beaucoup de DOUBLE TONE, dont le pitch me donnait très envie. Mais c'est aussi une recette quasi-infaillible pour être déçu...

Pas de méprise, DOUBLE TONE est très exactement en train de faire ce que le sujet de départ laissait entendre : la série met en parallèle deux femmes, Yumi Nakano et Yumi Tamura, que deux choses lient, leur prénom, et le fait qu'elles rêvent l'une de l'autre. Le mal ne vient pas de là, mais je vais y revenir.

L'épisode inaugural commence un enchaînement qui sera constant pendant tout le pilote, et vraisemblablement pendant la majeure partie de la série : la vie de l'une des Yumi s'affiche à l'écran, avant d'être interrompue par la sonnerie d'un réveil. L'autre Yumi ouvre alors les yeux, commence sa journée... jusqu'à ce qu'elle soit interrompue par la sonnerie d'un réveil. C'est au tour de la première Yumi de se réveiller à nouveau, et ainsi de suite.

DOUBLETONE

La formule est claire dans l'esprit de la scénariste (Akari Yamamoto, qui a contribué à trois épisodes de Neo Ultra Q l'hiver dernier, et écrit le pilote de Magerarenai Onna)... voire peut-être un peu trop.
Ce qui devrait plonger les protagonistes et/ou le spectateur au minimum dans la confusion, apparaît comme un processus accepté, pour ne pas dire naturel. A-t-il commencé avec le pilote, ou dure-t-il déjà depuis un moment ? Ce n'est pas très clair non plus. En tous cas les scènes (plutôt courtes de surcroît) s'enchaînent sans qu'on ait le temps de se poser de questions, et les Yumi moins encore. Ou quand elles le font, c'est avec une horripilante voix-off et avec des demi-questions qui ne vont pas bien loin ("mon amie est apparue dans mon rêve/la vie de cette autre femme... ça alors c'est étrange") et qui sont rarement suivies d'effet (poser la question à l'amie ? non ? ah bon ok).

Il faut dire que DOUBLE TONE n'a que six épisodes d'une demi-heure pour raconter son intrigue complexe... et du coup, cette exposition est simplifiée à l'extrême pour ne pas perdre de temps. Mais cette confiance limitée dans les capacités intellectuelles du spectateur va porter tort à tout ce pilote, en nous empêchant de suivre réellement le cheminement de pensée des héroïnes. Et surtout, le résultat, c'est que ce premier épisode va trop vite pour qu'on s'investisse émotionnellement dans une vie, l'autre, ou le fait que les deux semblent s'entremêler par rêve interposé. Ce qui est quand même problématique, vous en conviendrez !
La réalisation et le jeu des actrices en rajoute une couche, avec un épisode qui manque d'authenticité, dont les dialogues sonnent creux voire faux, et où le rythme n'est pas au rendez-vous, ce qui là encore, relève de l'exploit quand on voit l'idée de départ et les contraintes... et le twist de fin de pilote, sur lequel, ça va de soi, je ne vais pas m'amuser à vous spoiler.

Mais dans ce qui semble, avec ces premiers paragraphes, s'annoncer comme un fiasco, je suis venue également vous apporter une bonne nouvelle : si DOUBLE TONE se perd autant en chemin, c'est parce qu'elle essaye aussi de dire quelque chose sur le fond, qu'elle essaye à la fois de le dire suffisamment vite pour avoir tout raconter dans 6 épisodes de ça, et qu'elle ne veut pas trop appuyer dessus non plus, comme par peur de paraître trop militante. En cela, elle m'a d'ailleurs rappelé les hésistations de Magerarenai Onna, d'ailleurs.
Ainsi, nos deux Yumi ne pourraient pas vivre des vies plus opposées : Yumi T est une mère de famille qui s'occupe à la fois de son mari Youhei (assez antipathique), de sa petite fille Ami, de sa maisonnée que le mari laisse totalement à sa charge jusque dans les décisions financières, et cumule par-dessus tout ça un emploi (peut-être à mi-temps ?) dans un bureau, où la seule personne avec laquelle elle a sympathisé est sa patronne Ikuko, une amie de son mari. De l'autre, Yumi N est célibataire, vit seule dans une petite routine calme, travaille depuis à peine un an dans un bureau, et jure qu'elle ne veut pas se marier (quand je vous disais que ça me rappelait quelqu'un...!).

Là où, dans tout cela, DOUBLE TONE tente son coup de poker, c'est justement en décrivant la frustration de Yumi T, la façon dont son mari l'ignore et, osons le dire, la prend pour sa bonniche, et où sa fille exige sans cesse son aide, ce qui ne manque pas de la frustrer. Au travail, seule Ikuko semble l'estimer, son supérieur direct ayant assez peu d'interactions avec elle dans le pilote, mais suffisamment pour traduire une certaine animosité ; mais même là, quand elle fait part à Ikuko (qui l'y enjoint) de ses craintes et doutes, elle se fait gentillement rembarrer sur le mode : "ah en fait t'es pas heureuse d'être heureuse, oh bah ça va, je croyais qu'il t'arrivait un truc grave !". Non, non, c'est pas grave. Yumi T nous fait juste un début de dépression, à part ça tout va bien.
A contrario, Yumi N, en dépit du fait qu'elle souffre peut-être un peu de solitude et parle à une photo encadrée (mais de qui est-ce donc le portrait ?), semble heureuse et épanouie. Elle fait gaiement du vélo dans les rues, et surtout, elle est estimée à son travail, où son patron lui demande son avis, et l'écoute, voire l'encourage à prendre des initiatives. C'est très sympa, cette vie que Yumi N mène, et quand elle dit qu'elle ne veut pas se marier et qu'en gros, sa vie lui convient très bien comme ça, on la croit. Au moins à 90%, allez, peut-être 95% (on a vu la photo encadrée). Tout le monde semble perpétuellement tenter de le caser, mais elle ne tient pas à changer les choses, Yumi N, elle a fait son choix finalement.

Et en substance, DOUBLE TONE veut interroger cela : le bonheur d'une femme, où est-il ? Dans une vie de famille stable et conventionnelle ? Au risque de parfois se laisser déborder par les responsabilités et oublier d'exister... Ou bien dans une vie réglée comme du papier à musique mais qui renvoie une image positive de soi, à condition de ne pas se laisser submerger par la solitude et le silence ?
Les deux Yumi sont très conscientes de rêver de la vie d'une femme diamétralement opposée à la leur ; Yumi T, en pleine crise existentielle, le soulignera à quelques reprises à l'oral (et pour que la voix-off le dise...). Yumi N, même si elle est plus dans l'interrogation de ses rêves sous un angle qu'elle devine comme étant occulte (il faut dire qu'elle est plus satisfaite de sa vie), apparait également comme très consciente des différences entre elle est sa "jumelle astrale". C'est la porte sur une autre option que leur ouvre DOUBLE TONE, l'opportunité de se dire : et si j'étais l'autre, serais-je plus heureuse ? Le pilote amorce quelques éléments de réponse, et il est clair qu'en dépit des hésitations et maladresses du scénario, ce sera un sujet central de la série.

Jusque là, je n'avais jamais fait attention si NHK BS Premium, chaîne publique du satellite qui depuis quelques saisons ose de plus en plus de pitches originaux, avait des formats de "science-fiction" d'une demi-heure, comme cela arrive régulièrement à Fuji TV (nous "offrant" ainsi O-PARTS ou Mirai Nikki) ou TBS (avec par exemple Clone Baby ou Soumatou Kabushikigaisha). Si c'est une première, c'en est une qui part un peu du mauvais pied, hélas.
C'est regrettable, car l'idée de départ est bonne. Et surtout, c'est dommage parce qu'à l'instar d'une longue tradition de bonnes séries de science-fiction, l'important n'est pas d'oser impressionner le spectateur, de lui couper le souffle avec des effets spéciaux et/ou des rebondissements inouïs, mais plutôt d'utiliser le genre, métaphorique par excellence, pour poser des questions qui s'imposent à chacun. DOUBLE TONE réussit très modérément le premier objectif, et c'est à la condition que le spectateur éprouve de la curiosité pour le sujet de fond, et fasse preuve de patience, que l'épisode peut finalement porter ses fruits. J'espère quand même que la réalisation (et la direction d'acteurs) va un peu se réveiller maintenant qu'on a passé le stade introductif.

Une chose est sûre : je voulais m'asseoir devant une série qui nous surprenne, et ça ne s'est pas produit. Mais toutes les séries dignes d'intérêt ne sont pas capables de surprendre ; et vice-versa. Jurisprudence Awake, cousine américaine de DOUBLE TONE que j'ai abandonnée au bout de deux épisodes, et qui présente les qualités et défauts inverses exactes. Par contre, l'une des raisons pour lesquelles je regarde des séries, dans l'absolu, c'est précisément pour avoir l'impression de me glisser dans une vie que je ne vivrai jamais moi-même, pour imaginer des points de vue différents sur le monde, pour essayer d'élargir mon expérience sans avoir à devenir moi-même mère de famille au Japon, ou Premier ministre au Danemark, ou consultant pour de grandes entreprises. La mise en abîme quand je me trouve devant DOUBLE TONE est donc d'autant plus saisissante !
Alors, peut-être que DOUBLE TONE ne m'a pas donné ce que je voulais... mais peut-être aussi qu'elle tente de me donner ce dont j'ai besoin. Je le vérifierai avec au moins un épisode supplémentaire, mais je pense que c'est à chacun de se faire son opinion...

Posté par ladyteruki à 21:41 - Dorama Chick - Permalien [#]

09-06-13

Héroïne

On respire un grand coup... inspirer... expirer... recommencer l'opération : inspirer... expirer... Il est temps de parler du nouveau pilote de ce #pilotmarathon, Orphan Black. J'ai pensé à dire que j'étais plutôt contente de ce marathon pour le moment ?

OrphanBlack

Je n'ai pas un esprit très scientifique à la base. Les gens qui me parlent de connexions neuronales, de signal électrique qui influe sur mes émotions ou mon comportement, ou Dieu sait quoi d'autres, je les prends rarement au sérieux, avec le sentiment qu'ils passent à côté d'une expérience humaine au nom d'une connaissance scientifique déshumanisante.
Mais là, tout de suite, je suis dans l'un de ces moments où j'aimerais bien être un peu plus rationnelle, plus curieuse du fonctionnement de mon cerveau, et savoir quel est le procédé qui met le téléphage dans cet état.

Quel état ? Mais si, vous savez. Ce moment où vous finissez un épisode et où votre tête est en ébullition, votre coeur bat la chamade, et vos mains agrippent les accoudoirs (si vous êtes vraiment coutumier de la chose, vous devez même avoir creusé des encoches dans votre fauteuil, à force). Sous votre crâne, c'est un peu le 14 juillet, vous pouvez sentir le feu d'artifices partir en un immense bouquet final. La raison ? Vous venez de regarder un épisode épatant. Ca m'arrive souvent avec les pilotes, mais moi je suis pilotovore, il faut dire ; ça peut se produire avec absolument n'importe quel épisode en tous cas. Et en tous ca, en cet instant précis, vous ressentez cette soif de voir plus.
Plus. Plus. Encore plus !

Je n'ai jamais touché aux drogues, Monsieur l'Agent, mais je pense que ça doit ressembler à ça après un bon trip à l'héroïne. Et vu qu'il est plus facile de se procurer des séries que de l'héroïne, je trouve que c'est un bon deal, dans le fond.

Qu'est-ce qui est en jeu à ce moment-là ? D'où vient cette excitation ? Comment le câblage de notre caboche permet-il que nous soyons si désireux de nous plonger dans un nouvel épisode ?
Ce serait intéressant de le savoir, et de comprendre ce qui fait qu'à cet instant le téléphage ne s'appartient plus vraiment. Pendant quelques secondes à quelques minutes, selon plusieurs facteurs (tel que son degré de téléphagie et la qualité de l'épisode en question), il a fusionné avec la série, il ne peut penser à autre chose, tout ce qu'il veut, c'est en voir plus, plus, encore plus !

Ce qui me fait peur, lorsque je vois une série qui me plonge dans cet état, ce n'est pas de ne pas savoir sur quel bouton l'épisode a appuyé pour me plonger dans un océan de délice et d'anticipation. Je suis une victime consentante. Quel que soit le procédé utilisé, je m'en fiche... pourvu qu'on recommence bientôt ! Très bientôt ! Ce qui m'intrigue en revanche, ce qui m'inquiète, ce qui très franchement me rend parfois même anxieuse au plus haut point, c'est de chuter. Que le deuxième épisode soit moins euphorisant que le premier. Que cette envie de plus, plus, encore plus, retombe comme elle est venue. Que peut-être je me sois menti sur l'efficacité de ce premier épisode.

Le pilote d'Orphan Black est bon, sincèrement. Son héroïne est tout de suite très sympathique, son univers se pose à la fois comme accessible et dense, et le personnage faisant office de comic relief fonctionne à merveille, ce qui aurait pu ne pas marcher voire même décrédibiliser une partie de l'univers sombre qu'Orphan Black essaye de construire.
Alors ce premier épisode est bon... Mais est-il fantastique ? Pourquoi lorsqu'il s'est terminé, me suis-je écrié, tout en désincarcérant mes doigts de mes accoudoirs : "nooooon, me laissez pas comme ça" ? Est-ce parce qu'on me l'a vendu comme étant bon que je suis dans cet état ? Je peux être influençable, parfois. Pour bien faire, il faudrait que je vérifie. Peut-être que la seconde fois est moins bonne. Peut-être que le troisième épisode n'est pas aussi efficace.
Ou quand le désir de garder un esprit critique annule toute possibilité d'avoir un esprit critique.
Il faut que j'en voie plus pour me prononcer. PLUS. PLUS ! ENCORE PLUS !

J'ai fini ce pilote il y a presqu'une demi-heure, et je ne redescends pas. Des expériences comme celle-là valent bien tous les bad trips du monde devant Clone Baby.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 18:13 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-11-12

Passé refoulé

Ca fait un mois et demi que la rentrée nippone a officiellement démarré, et je suis loin d'avoir vu tous les pilotes qui m'intéressaient. Mais puisque j'ai un peu de temps, ce soir, et que vous aussi... vous avez un peu de temps ? Bon, alors vous voyez bien, on a le temps d'évoquer un autre pilote japonais de l'automne. Aujourd'hui, place à une série dramatique avec Osozaki no Himawari, une série qui... Hein ? Qu'est-ce que c'est que ce bruit ?

SifflementDrCox

Euh, oui, je sais plus si je vous ai dit, mais dernièrement je m'envoie quelques épisodes de Scrubs derrière la cravate (je vais finir la saison 3, en fait), pendant les trajets et les pauses déjeuner, ce genre de choses. Donc aujourd'hui, le rôle de ma conscience sera interprétée par Perry Cox.

FaitCentFois

Bah c'est pas vraiment un quatrième mur, au sens où ce blog n'est pas une fiction, mais c'est vrai que ce genre de technique de narration postmoderniste, c'est un peu usé, même si personnellement ça me fait toujours rire quand j'en vois dans une série, mais là encore j'insiste, ce blog n'est pas une série et d'ailleurs...

RienOublie

Non, je vois pas... Ah ! Si, peut-être. Tu veux dire qu'avant de parler de nouveautés de la rentrée automnale, je pourrais profiter d'avoir un peu rattrapé mon retard sur la saison estivale et parler d'un pilote tant que je l'ai en tête, avant de l'oublier et/ou de passer aux épisodes suivants ?
C'est pas faux.
Alors si vous le voulez bien, on va remettre le post sur Osozaki no Himawari à une prochaine fois, et aujourd'hui, on fait un sort à Soumatou Kabushikigaisha, d'accord ? Il vous reste un peu de temps ? Alors on se lance. Ah, et merci Dr Cox, vous êtes un mentor pour moi.

SoumatouKabushikigaisha

De toutes les séries nippones de cet été que j'avais mises de côté à cause de mes problèmes de connexion de juillet-août, Soumatou Kabushikigaisha est la seule qui me donnait des regrets. Il faut dire que c'était vraiment un pitch de rêve, jugez plutôt : imaginez qu'une société ait la possibilité d'enregistrer toute votre vie, de vos premiers pas à votre dernier soupir, en camera subjective, et de la transférer sur DVD. Mieux encore : vous avez une chance de voir ces videos, si une succursale de cette entreprise croise votre chemin.
Regarderiez-vous un tel film ? Si vous pensez que vous n'avez rien à en apprendre, vous vous trompez...

Reprenant la structure de nombreuses séries d'anticipation japonaises de ces dernières années,  Soumatou Kabushikigaisha fonctionne sur une formule destinée à se répéter d'épisode en épisode, comme une anthologie procédurale. Le pilote propose donc d'apprendre à connaître cette étrange société à travers un personnage qui n'est pas voué à être le héros pendant toute la série ; en réalité, le seul personnage ostensiblement écrit pour être présent chaque semaine est une étrange femme, assez avare de ses paroles, qui officie en tant qu'hôtesse et accueille les clients qui vont venir voir le film de toute une vie : la leur. Ce personnage n'est pas voué (contrairement aux maîtres de cérémonie de séries comme The Quiz Show ou LOVE GAME) à avoir une intrigue servant de fil conducteur, et à première vue dans ce pilote, cette étrange femme est surtout là pour aider à installer l'ambiance.
Pour le pilote, notre héros sera Takahiro, un jeune homme qui revient dans sa province natale avec sa fiancée, qu'il souhaite présenter à sa mère en vue des noces prochaines. Et si sa vie semble parfaite, c'est peut-être aussi un peu parce qu'elle l'est : sa mère est une crème de femme, sa fiancée s'entend à merveille avec elle, et globalement il est quand même bien content de passer quelques jours dans la maison de son enfance, ça lui rappelle plein de souvenirs, certains plus clairs que d'autres, qu'il partage avec sa dulcinée, trop ravie de découvrir plein de choses sur l'enfance de son bien-aimé.

Donc évidemment ça ne pouvait pas durer.
Lorsque l'un de ses amis d'enfance mentionne une étrange société, l'information pique la curiosité de Takahiro, qui comble du hasard tombe sur une enseigne de l'entreprise juste après en avoir discuté. Entre alors en scène l'étrange hôtesse, qui lui explique qu'il peut regarder le film de sa vie s'il le souhaite.
...Mais ce qu'il va découvrir pendant ce visionnage dépasse tout ce que la téléphagie m'aura jamais montré !

Ce qui est intéressant dans Soumatou Kabushikigaisha, c'est d'abord le ton. Presque totalement dénué de musique, extrêmement authentique dans sa façon d'écrire les échanges entre les personnages impliqués, et doté d'une ambiance feutrée qui n'insiste pas sur le mystère, mais installe parfaitement le contexte dans lequel le DVD va être vu et compris, le pilote fait un formidable travail. On est loin de la réalisation m'as-tu-vu de séries tout aussi conceptuelles, genre Clone Baby. C'est d'ailleurs ce qui renforce les effets du scénario, ce naturel apparent... c'est terrifiant, quand on y pense.

Mais surtout, la façon dont Soumatou Kabushikigaisha traite son sujet mérite plus d'une salve d'applaudissements. Déjà parce qu'elle refuse d'emblée de s'enfoncer dans des questions mythologiques : on ne saura pas comment ces enregistrements sont faits, personne ne pose la question ; on prend le DVD pour ce qu'il dit, et non pour ce qu'il implique. La société a-t-elle recours à des pratiques douteuses ? Pas de jugement éthique non plus. Quant aux problématiques soulevées par l'enregistrement de la vie d'une personne, sur ce que cela signifie pour sa vie privée et pour celle de ses proches, on n'abordera pas plus le sujet. En réalité, une question n'a même pas été soulevée : que peut bien avoir à y gagner l'entreprise (et/ou l'hôtesse), puisque le visionnage a l'air d'être gratuit, il se fait dans une suite tout confort avec rafraîchissements à volonté, et euh, bon, ce truc de filmer la vie des gens, ça doit bien avoir un coût. Mais ce n'est pas du tout mentionné, pas une fois.
Pour quelqu'un qui, comme moi, attendait d'une telle série qu'elle aborde des sujets de fond, curieusement, ça n'a pas du tout été une déception (même si un jour j'aimerais bien voir une série d'anticipation capable d'exploiter quelques uns des riches sujets évoqués dans The Final Cut). On sait d'emblée, on le sent, que ce DVD (ou plutôt, si on veut être précis, ces DVD, puisqu'il y en a un par an... punaise, une année de ta vie réduite à 4 Go, ça doit faire un choc quand même) est surtout un outil pour nous raconter quelque chose d'autre, pour offrir la possibilité de plonger dans les souvenirs, de questionner la nature et la texture de ces souvenirs. Il faut vraiment prendre Soumatou Kabushikigaisha comme une parabole, et ne pas s'attarder sur ce côté pratique qui n'est pas du tout la vocation de la série. Elle a décidé de prendre une autre direction, et puisqu'elle s'y engage fort bien, je n'ai pas de réclamation sur les problématiques évitées.

Mais une question se pose, par contre : à quoi bon voir notre propre vie telle que nous l'avons vue ? On sait déjà ce qu'on a vu et vécu !
Eh bien justement non, et c'est aussi ce que raconte Soumatou Kabushikigaisha. Dans ce pilote, les souvenirs de Takahiro vont être évoqués plusieurs fois, alors qu'il parle avec sa fiancée ; mais ces souvenirs sont parfois vagues, flous, incomplets. La perception sur le moment, et le souvenir qu'il reste d'un évènement, sont clairement deux choses distinctes. C'est bien ce sur quoi compte la série, et effectivement, cette façon de considérer la friabilité des souvenirs va être le pivot du pilote. La prochaine fois que vous retournez dans votre ville natale et/ou chez vos parents, le souvenir (même flou) de ce pilote risque de vous faire passer un sale quart d'heure de doutes et de sueurs froides...

Mais bien-sûr, Soumatou Kabushikigaisha, c'est avant tout un thriller, pas juste une réflexion philosophique. On attend de la série qu'elle étonne, qu'elle bouleverse. Je vous confirme qu'elle y parvient, c'est même un peu trop efficace pour les âmes sensibles (dont je suis). En fait, même si on a vu arriver une bonne partie de la conclusion avant que Takahiro ne comprenne ce qu'il a vu sur le film, il reste une glaçante conclusion qui fait pleinement son effet.

Je suis admirative. Des séries à concept, au Japon, on en voit tous les 3 à 6 mois en moyenne maintenant, on pourrait croire que tout a été fait, dit, tenté. Bon, je veux dire, soyons clairs : passé le brio de The Quiz Show et l'efficacité de FACE MAKER, on peut plier les gaules et rentrer chez soi, tout a été dit. Eh bien non, et chaque fois je parviens à être éblouie par la façon dont ces séries maîtrisent à la fois un pitch original, un ton bien à part, une fascination évidente pour la nature humaine, et un soucis de vérité criant. Le mélange de tout ça donne des séries qui pourraient, si elles manquaient d'imagination, être des séries policières toutes bêtes, mais qui grâce à leur inventivité et leur audace, parviennent à donner à des histoires classiques une tournure passionnante, troublante, et surprenante. Soumatou Kabushikigaisha est la digne héritière de ces excellentes séries, et la preuve qu'on peut encore vraiment innover, même dans une niche qui semble parfois un peu bouchée (mais sitôt que j'oublie l'existence de Clone Baby, la moitié de mes doutes sur le genre disparaissent).

Nan mais, j'ai bien fait de parler du pilote de Soumatou Kabushikigaisha ce soir. Maintenant, je vais me dépêcher de rattraper la suite... et vous devriez en faire autant.

Posté par ladyteruki à 23:33 - Dorama Chick - Permalien [#]

24-04-12

Back to the future

La différence entre une bonne série et une... autre série, disons, tient à des facteurs assez variables. Cela peut venir de l'histoire elle-même, des dialogues, de la réalisation, ou du jeu des acteurs.
Dans le cas de Mirai Nikki, c'est surtout ce dernier point qui supporte le poids de la faute.

MiraiNikki

Et pourtant Mirai Nikki promettait d'être une série à suspense sympathique, à défaut d'être originale (je crois avoir, déjà, souligné combien son pitch me rappelait celui de LIAR GAME). On est supposés y retrouver deux personnages adolescents plongés dans un jeu infernal et terrifiant ressemblant plutôt à une partie de chasse, et dont ils ignorent tout avant de devoir choisir, au pied du mur, entre devenir la proie ou se transformer en chasseur. Pour une petite série à suspense sans grande ambition si ce n'est celle de divertir le public adolescent pour quelques semaines, on ne demandait pas grand'chose de plus.

Mais même ça, Mirai Nikki n'arrive pas à l'accomplir. Tout simplement parce que la série commet la faute de goût suprême : recruter des acteurs médiocres. Et pas qu'un peu.
Pour qui veut un échantillon de ce que les acteurs nippons ont de plus caricatural (je m'explique mal qu'on puisse vouloir pareille chose, mais admettons), Mirai Nikki est un véritable abécédaire. C'est assez incroyable. Vous voulez l'ado je-m'en-foutiste qui en fait des tonnes ? On a. Vous voulez l'héroïne exagérément péchue au sourire indélébile ? On a aussi. Vous voulez une mère éplorée qui s'effondre sous la douleur ? Figurez-vous qu'on a, brièvement, mais on a. Tous les clichés sont réunis, sans oublier le mystérieux tueur masqué qui ne pense qu'à brandir sa lame comme s'il était dans un film de Hitchcock sans piper le moindre mot. Tout, je vous dit. Ils nous ont tout fait.
Sauf bien jouer.

C'est extrêmement pénible parce qu'une série avec un cast lamentable, ça vous ruine tout. Même un thriller adolescent sans grande ambition.
Car Mirai Nikki est l'héritier de ces dorama qui semblent connaitre un boom depuis quelques années en soirée ou deuxième partie de soirée sur les chaînes nippones, genre Clone Baby ou Piece Vote. Le format est d'une demi-heure, ce qui est loin d'être la norme sur l'Archipel, le budget n'y est pas élevé, mais l'envie de faire un divertissement à suspense prenant et pas trop mal gaulé y est en revanche présente. Et surtout ces séries appartiennent systématiquement à un genre de mystère jouant avec les nouvelles technologies, ce qui est un lien de parenté pour le moins singuler.
Mirai Nikki n'a hélas pas les ambitions de Piece Vote au niveau de la réalisation (et niveau musique il faut bien avouer que Mirai Nikki est franchement à côté de la plaque à plusieurs reprises), mais c'est un peu la même famille de séries tout de même, et on peut regretter que le recrutement des acteurs principaux cause tant de tort à une série qui autrement s'en tirerait relativement bien.

Je ne recommande pas vraiment Mirai Nikki pour commencer la saison nippone (pas de chance, ça a été mon cas), mais au moins cela me donne l'occasion de rappeler combien la suite des sous-titres de Piece Vote se fait attendre.

Posté par ladyteruki à 19:08 - Dorama Chick - Permalien [#]

30-07-11

Piège en haute mer

PieceVote
Imaginez un bateau en pleine mer, des caméras partout, et des inconnus qui se réveillent pour apprendre que leur vie est en jeu tant qu'ils n'auront pas reconnu le crime dont un narrateur invisible les accuse d'être coupables. Non, ce n'est pas la saison 2 de Persons Unknown, mais le pitch de Piece Vote, une petite série que NTV nous a sortie d'un chapeau en cette saison pour l'instant plutôt décevante. Les amis, les choses commencent doucement à s'arranger. Un peu.

Pour être tout-à-fait sincère, je ne serais pas surprise d'apprendre qu'on trouve à la réalisation de Piece Vote les coupables de Clone Baby. Coupables est un peu dur, car comme vous le savez, Clone Baby n'était pas si mauvaise du point de vue de la réalisation, c'était même son seul point fort ; quoique... disons qu'il y avait des idées, pas forcément le budget pour les faire aboutir. Mais en tous cas le principe était de ne pas se reposer sur ses lauriers, d'essayer de chambouler un peu les habitudes de la plupart des dorama, et au final, Clone Baby y avait à peu près réussi du point de vue de la réalisation (...hélas, seulement de celui-là). Ici on retrouve un certain nombre de points de détail qui prouvent qu'on veut dépasser les codes (souvent plan-plan) du dorama classique, et essayer d'innover ne serait-ce que par petites touches. La séquence de fin, qui montre les réactions des internautes, est à ce titre démonstrative et fait son petit effet, notamment de par le choix subtil mais qui pourtant change tout du chuchotement. Dans une moindre mesure, l'étrange scène de club du début, que ne renierait probablement pas Lynch, montre à la fois qu'il n'y a pas de budget, mais aussi et surtout qu'on a envie de se donner du mal avec ce qu'on a. Et d'ailleurs avec son format d'une demi-heure, son envie de raconter quelque chose de profondément différent, et ses dialogues alambiqués, Piece Vote a plus d'un lien avec Clone Baby. Vraiment, faudra que je creuse cette parenté.

Le gros inconvénient de Clone Baby résidait dans son écriture. Dans le pilote de Piece Vote, on échappe à peu près à ça, et c'est une bonne nouvelle. Comme on est en plein dans l'épisode d'exposition, tout est très décomposé, très lent, du genre compréhensible par un enfant de trois ans, ce qui n'est pas vraiment un tort pour un pilote à condition que ça ne se prolonge pas. Sur un épisode d'une demi-heure, quand la capture du "héros" prend la moitié de l'épisode, on est en droit de se demander ce qu'il se passe. Ok, ok, épisode d'exposition, admettons, mais attention quand même.

Mais on n'est pas totalement pris pour des imbéciles et ça fait plaisir.
Par exemple, le personnage mystérieux qui va de toute évidence capturer le héros n'est pas si mystérieux que ça, par exemple, et ça n'aide pas que l'acteur soit über-connu pour sa looooongue liste d'apparitions à la télévision. Du coup, on le repère assez rapidement quand il se déguise grossièrement plus tard dans l'épisode, et si les personnages semblent totalement abrutis (ils ont l'excuse d'avoir été drogués avant d'arriver, mais quand même), on ne part pas du principe que le spectateur l'est aussi, et le traitement du personnage étrange, s'il n'est guère approfondi, est au moins logique. C'est à ce genre de détails qu'on voit que Piece Vote se donne du mal pour essayer de ménager la chèvre et le chou, tentant de compenser ses faiblesses sans les camoufler vu qu'elle n'en a pas les moyens. Reste à savoir si sur le long terme ça fonctionnera parce que ça reste un travail d'équilibriste un peu risqué.

PieceVote-Sinners
En tous cas le concept est bon. Et ça compte quand même beaucoup. Et ce qui compte encore plus c'est que le scénariste a l'air d'avoir une idée assez claire de ce qu'il veut en faire, ce qui est toujours plus facile dans un dorama à durée limitée, je vous l'accorde, mais des fois on sait jamais. On a déjà vu des dorama maltraiter leur concept de départ même en ayant le temps d'en faire quelque chose de bien, hein.
Donc à la base, l'idée est donc de faire en sorte que les inconnus "criminels" se retrouvent tous dans un jeu malsain, et le jeu malsain commence en fait plus rapidement que je ne l'aurais imaginé, avec un twist délectable : le contenu de la fameuse "boîte de Pandore" qu'ils doivent ouvrir dans le pilote. Là comme ça j'ai l'air de parler par énigmes mais j'ai pas trop envie de vous spoiler, sachez simplement que c'est une idée très sympa qui apporte du piquant à l'idée de départ et laisse augurer du meilleur pour nos "prisonniers". La façon de bien traiter le concept est aussi de ne pas juste dire "ok, il va falloir deviner quel est le crime" mais de nous donner une sorte de clé pour ça, le fameux numéro, et j'avoue que ça pique encore plus ma curiosité.

Le pilote est loin d'être parfait, pourtant. Outre l'extrême indigence du budget, on a un VRAI problème de casting. Des acteurs mauvais yen a partout, mais malgré toute l'affection que je porte aux séries nippones, les mauvais acteurs asiatiques, ce sont les pires. Alors avec un bon pitch, c'est encore plus douloureux d'assister au gâchis. Je veux dire, bon, qu'on ne soit pas sorti de Julliard, admettons, tout le monde n'est pas armé pour l'excellence ; et pour prendre un exemple qu'on a déjà évoqué, Yukie Nakama ou Aya Ueto ne sont peut-être pas des pointures, mais entre de bonnes mains, elles ont leurs moments, on peut pousser un peu le moteur et voir qu'il y a un petit quelque chose sous le capot. Eh bien là, vous voyez, ces acteurs-là, même pas ils méritent la prime à la casse, et Jinnai Takanori a beau se démener comme un diable, c'est quand même pas génial, tout ça. Gros, gros défaut de la série, à plus forte raison parce que quand on organise un huis clos comme celui-là, et qu'en plus on n'a pas de pognon, il faut un cast en béton armé pour compenser, et là, force est de constater qu'on ne l'a pas. Du tout. Mais alors... du tout. Et ça c'est quand même un putain de problème.

Dernier bémol mais alors c'est très mineur, pour lequel je remets ma casquette (évidemment violette) de rédactrice sur Jmusic : qui est le demeuré qui a embauché Kumi Kouda pour le générique de fin ? Et sur cette chanson précisément, en plus ? Parce qu'elle en a faites quelques unes par le passé qui auraient pu concorder, mais celle-là, pas du tout. Alors je sais, la Kuu, c'est un gros coup pour NTV qui n'en espérait sûrement pas tant pour une petite série méconnue en nocturne, mais bon, c'est pas DU TOUT la bonne ambiance, cette chanson.

Mais bon, globalement, en faisant abstraction de ci et de ça, le budget, le cast pas finaud (le second ayant de fortes chances d'être la conséquence du premier, à la décharge de la prod), les dialogues pas fulgurants... on a quand même une très bonne idée qui semble partie pour être très bien exploitée du point de vue de la progression de l'histoire et de la narration. Donc je dis oui. Si vous êtes du genre patients, c'est plus que jouables. Et comme je me goinfre méchamment de Friday Night Lights en parallèle, j'ai ce qu'il faut du côté de l'excellence, je peux tout-à-fait m'octroyer une demi-heure plus vacillante par semaine au nom d'un bon concept. Complètement jouable.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Piece Vote de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:02 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-11-10

Hélas, le clonage de la médiocrité est autorisé, lui...

CloneBaby

Quand une fiction est attendue, on espère pour elle que c'est pour les bonnes raisons : une intrigue incroyable, par exemple, ou un casting épatant, peut-être... L'attrait essentiel de Clone Baby, c'était d'être un thriller de 30mn inaugurant la nouvelle case fiction de TBS. On a déjà vu pu attrayant ! Certes, le thème du clonage pouvait s'avérer intéressant, mais les infos qu'on avait jusque là étaient trop parcellaires pour vraiment se faire une idée.
Tremblez, jeunes gens, car j'ai vu le pilote de Clone Baby hier soir, et je viens vous porter de mauvaises nouvelles : il est nul.

Alors, non, bon, ok, peut-être pas nul. Le terme est sans doute un peu fort. Disons qu'il est franchement mauvais, ça va comme ça ? Trop dur ? Attendez que je vous explique.
Mais en premier lieu, je vais commencer par la bonne nouvelle (oui, au singulier...), qui est que Clone Baby possède une réalisation dans la moyenne supérieure de ce que l'on peut trouver comme séries équivalentes au Japon. Il y a une véritable envie d'apporter du mouvement, du rythme, de la couleur, des angles, et pour ça franchement je dis merci, car il n'est pas rare pour un dorama nippon d'être pris au piège des conventions du genre, ne prenant aucune liberté avec la mise en images. A cet égard, chapeau bas, ce n'est peut-être pas une composition magistrale comme certaines autres séries (regardez Mousou Shimai et apprenez à placer la barre très haut...), mais en tous cas il y a une véritable volonté de faire quelque chose de vivant.

C'était donc la bonne nouvelle. Hélas pour elle, elle se trouve bien isolée, car sont à blâmer, sans ordre particulier de pénibilité : le casting et le jeu des acteurs, les dialogues et, problème non-négligeable, le scénario.

Car le choix de Clone Baby, c'est de nous plonger dans deux mystères parallèles, et c'est là que le bât blesse : il y a d'une part le mystère autour du clonage, et d'autre part l'intrigue "individuelle" du personnage central qui de toute évidence vit la conséquence de ce mystère. Le problème, c'est qu'on ne comprend pas vraiment ce qui se passe autour de ce personnage vu qu'on nous laisse dans le noir sur les deux tableaux : si le contexte du clonage était un peu éclairci, on s'inquièterait du sort de ce pauvre gars parce qu'on saurait à quoi il fait face. Mais là pas du tout, les deux axes baignent tous les deux dans une ambiance de "je te dirai pas avant le final de la série" qui rend les choses pénibles. Et pourtant, c'est pas vraiment que l'intrigue soit complexe, c'est juste qu'il est parfaitement horripilant d'être plongé dans l'ignorance simplement parce que c'est plus pratique pour construire du suspense. La solution de facilité, ce n'est jamais la bonne solution, combien de fois faudra-t-il le répéter ?!

Alors du coup, on s'en fout un peu. Tout ça a l'air trop grossièrement pensé, et c'est d'ailleurs mal amené aussi, avec des scènes qui partent dans tous les sens à intervalles réguliers. A l'instar de ce mystérieux institut dont on ne sait rien mais dont les scénaristes organisent une visite qui se veut pédagogique. Ce serait l'occasion de nous expliquer un peu dans quel univers on tente de nous immerger mais ça devient un futile prétexte à présenter un professeur étrange (et grotesque). Sur le monde du clonage lui-même on ne saura finalement pas grand'chose. A ce personnage risible viennent s'ajouter l'intrigue sirupeuse du personnage central, un étudiant japonais complètement mou (pléonasme) qui met tout l'épisode à comprendre ce qui lui arrive... problème, le scénario met autant de temps, alors que n'importe quel spectateur avec un cerveau fonctionnel a compris. Le suspense est donc artificiel, il ne provoque que frustration. Les personnages pseudo-mystérieux et les quelques plans soi-disant effrayants n'aident pas à améliorer cette impression persistante qu'on a de se faire balader sans autre motif que celui de justifier le format feuilletonnant...

Clone Baby, c'est pas vraiment une déception en ce qui me concerne, mais c'est un avertissement clair : ne pas chercher l'innovation là où elle n'est pas. En l'occurrence, ce n'est pas parce que TBS lance une nouvelle case horaire dédiée aux séries que ça veut dire que le dorama qui l'inaugure va forcément avoir quoi que ce soit de nouveau lui aussi. On est ici dans du bas de gamme, ça n'est pas nouveau, mais c'est toujours aussi rageant de se faire avoir.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Clone Baby de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:27 - Dorama Chick - Permalien [#]

06-09-10

L'autre rentrée !

L'été n'est pas tout-à-fait fini, mais quand je fais le bilan, globalement, de la saison nippone, je me sens pleinement satisfaite si ce n'est plus. Limite si j'ai pas envie de pousser un énorme soupir de contentement et m'allumer une cigarette. La saison a été bonne. J'attends juste que les teams de fansubs apprennent à se préoccuper un peu plus de WOWOW, mais à part ça, je suis comblée.
Et pourtant, bon gré, mal gré, il va falloir commencer à dire adieu à ces séries (même si la dépendance au sous-titrage donne un petit sursis), et passer à la saison d'automne !

Ne vous en faites pas, on procèdera à des adieux en bonne et due forme très bientôt, de par le désormais traditionnel bilan de saison sur SeriesLive (c'est devenu l'un de mes rendez-vous favoris, je l'avoue), mais pour l'heure, voyons ce que la prochaine saison réserve !

En quotidienne

- Teppan (NHK)
L'histoire : Une jeune femme charmante comme tout ouvre un restaurant spécialisé en teppanyaki.
L'avis : J'aime cet arrière-goût de Jean-Pierre Pernaut qu'il y a toujours dans les asadora de NHK...!
>  Du lundi au vendredi à 8h15 à partir du 27 Septembre [Fiche SL]

- Tenshi no Dairinin (Fuji TV)
L'histoire : Une femme écrivain s'intéresse au rapport qu'entretiennent diverses femmes avec la maternité.
L'avis : Autant c'est intéressant de pencher sur ces thèmes (à plus forte raison pour série à destination des femmes au foyer)
>  Du lundi au vendredi à 13h30 à partir de, bah, ce soir [Fiche SL]

Lundi

- Cherry Nights (Fuji TV)
L'histoire : Deux puceaux (l'un de 30 ans et l'autre de 18) entrent en colocation.
L'avis : D'après ce que je comprends, c'est Unubore Deka, sans les intrigues policières et en plus cru. Oï.
> Le lundi à 02h00 à partir du 11 Octobre [Fiche SL]

- Kimi ni Tsuita Uso (Fuji TV)
L'histoire : Un homme taciturne et une prostituée contractent un mariage d'intérêt, mais commencent à s'attacher l'un à l'autre.
L'avis : Comme l'idée de la prostituée qui veut mourir mais qui finit par épouser un type pas clair me plaît presque, je vais prendre sur moi et donner une chance à cette romance. A mon corps défendant.
> Le lundi à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

- Mori no Asagao (TV Tokyo)
L'histoire : Deux hommes se lient d'amitié : l'un est condamné à mort, l'autre est son geôlier.
L'avis : C'est le genre de projet qui me surprend de la part de TV Tokyo (dont en général je connais plutôt les séries du vendredi soir...), mais qui me ravit par avance. J'vous l'dis, ya intérêt à avoir du sous-titre !
> Le lundi à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

Mardi
- Freeter, Ie wo Kau. (Fuji TV)
L'histoire : Un bon à rien prend un boulot parce qu'il faut bien soutenir la famille, mais sans conviction, jusqu'à ce qu'il prenne progressivement goût à ce travail.
L'avis : De la SF japonaise, ben ça alors ! Un mec qui n'aime pas travailler, je vais avoir du mal à m'identifier, quand même...
> Le mardi à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

- Guilty (Fuji TV)
L'histoire : Une femme en apparence charmante est en faite une ex-condamnée pour meurtre qui, depuis sa libération, prépare une horrible vengeance.
L'avis : Les Japonais aussi nous sortent des histoires de vengeance maintenant ? Hm, mais non, ce n'est qu'un hasard.
> Le mardi à 22h00 à partir du 12 Octobre [Fiche SL]

- Second Virgin (NHK)
L'histoire : Une femme dans la fleur de l'âge, qui a fait une croix sur les hommes depuis son divorce voilà 20 ans, rencontre un homme marié dont elle tombe amoureuse. En parallèle de leur aventure, elle se lie d'amitié avec sa femme.
L'avis : A ce stade il n'est pas encore très clair pour moi de savoir si cette amitié se fait par quoproquos ou non, ce qui conditionne mon intérêt pour le projet.
> Le mardi à 22h00 en Octobre [Fiche SL]

- Yamiki Ushijima-kun (TBS)
L'histoire : Les tribulations d'un créancier prêt à tout pour récupérer son argent, et donc amené à fréquenter la lie de la société tokyoite.
L'avis : Ça c'est un projet burné ! Et il parait qu'en plus le manga d'origine est super dur dans le traitement.
> Le mardi à 00h55 à partir du 12 Octobre [Fiche SL]

Mercredi

- Aibou - saison 9 (TV Asahi)
L'histoire : Les enquêtes d'un tandem de police qui blablabla.
L'avis : J'ai déjà pas regardé les saisons précédentes, alors bon, si vous voulez...
> Le mercredi à 21h00 à partir d'Octobre (et zou, jusqu'en mars !) [Fiche SL]

- Kogane no Buta (NTV)
L'histoire : Une enquêtrice traque les détournements de fonds publics et autres dépenses indues des agents de l'État.
L'avis : Devinette, à quoi sent-on que c'est la crise ? Aux séries sur ce thème qui se multiplient !
> Le mercredi à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

Jeudi
- Kyoto Chiken no Onna - saison 6 (TV Asahi)
L'histoire : Retour des affaires de la femme-procureur la plus célèbre du Japon !
L'avis : ...d'un autre côté c'est la seule.
> Le jeudi à 20h00 en Octobre [Fiche SL]

- Wataru Seken wa Oni Bakari - saison 10 (TBS)
L'histoire : Les histoires d'une petite famille dont les parents sont dotés de trois filles.
L'avis : Bon, bah la question de cette case sur TBS pour l'année à venir est réglée.
> Le jeudi à 21h00 à partir du 14 Octobre... et pour 1 an ! [Fiche SL]

- Nasake no Onna (TV Asahi)
L'histoire : Les enquêtes d'une spécialiste de la fraude fiscale au style particulier.
L'avis : Je disais quoi sur l'obsession des séries japonaises pour les fonds publics depuis une ou deux saisons ? Nan mais, bon, voilà quoi.
> Le jeudi à 22h00 en Octobre

- Iryuu Team Medical Dragon - saison 3 (Fuji TV)
L'histoire : Un chirurgien de talent doit composer avec les réalités sociales et économiques du monde hospitalier.
L'avis : Faudrait d'abord voir à tenter la saison 1, non ? Bon je sais, dans le cas des séries japonaises, c'est pas forcément indispensable...
> Le jeudi à 22h00 en Octobre [Fiche SL]

- FACE MAKER (NTV)
L'histoire : Un chirurgien esthétique peut vous donner un nouveau visage, mais pensez à demander ce qu'il compte faire de l'ancien..
L'avis : Bon, il y a du potentiel, mais j'attends de voir avant de m'enflammer.
> Le jeudi à 00h00 à partir du 7 Octobre [Fiche SL]

Vendredi
- SPEC (Fuji TV)
L'histoire : Un tandem de policiers incapables de s'entendre travaillent dans une division chargée de travailler sur des affaires réputées impossibles à résoudre. Ils devront pour cela mettre leurs différences de côté.
L'avis : J'en ai MARRE de voir toujours les mêmes histoires avec pour seul changement les personnalités soi-disant originales des protagonistes. C'est usé. Moi aussi, à force.
> Le vendredi à 22h00 à partir du 8 Octobre [Fiche SL]

- Himitsu (TV Asahi)
L'histoire : Lorsque son épouse meurt, un homme est au désespoir. Jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que l'âme de sa bien-aimée s'est réincarnée dans leur fille adolescente.
L'avis : Hyper malsain. Je ne connais évidemment pas le manga, donc je n'ai aucune idée sur la façon dont on peut tourner ça sans que ce soit glauque. Mirai Shida est allée se fourrée là-dedans, en plus. Non, non, non, ça va pas, ça.
> Le vendredi à 23h15 en Octobre [Fiche SL]

- Jouou [3e opus] (TV Tokyo)
L'histoire : Certainement encore une histoire d'hôtesses dans des clubs...
L'avis : Dans la continuité de Jouou et Jouou Virgin, mais avec de nouveaux nichons euh, acteurs ! Pourquoi, j'ai dit quoi ?
> Le vendredi à 23h15 en Octobre

- Clone Baby (TBS)
L'histoire : Un thriller construit autour du thème... du clonage (si-si).
L'avis : On n'en sait pas encore grand'chose et pourtant, ça donne déjà envie.
> Le vendredi à 00h20 en Octobre (nouvelle case horaire, et format exceptionnel de 30mn)

Samedi
- Q10 (TV Asahi)
L'histoire : Un lycéen timide découvre que la nouvelle élève qui sème le trouble dans l'établissement est en fait un robot !
L'avis : Bon, ça se passe dans un lycée, l'affaire est réglée. Quoi, sérieusement, vous vous attendez à quoi d'un pitch pareil ?!
> Le samedi à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

Dimanche
- Saka no Ue no Kumo - part. II (NHK)
L'histoire : La grande fresque historique en trois volets est de retour.
L'avis : L'hiver dernier, je lui avais préféré Fumou Chitai, mais ça va être dommage de faire l'impasse, quand même.
> Le dimanche à 20h00 à partir du 5 Décembre [Fiche SL]

- Perfect Report (Fuji TV)
L'histoire : Une journaliste au tempérament un peu spécial s'acharne à découvrir la vérité à tout prix.
L'avis : Bon apparemment ça a l'air juste un poil plus compliqué que ça, mais pour l'instant rien d'électrisant.
> Le dimanche à 21h00 en Octobre (nouvelle case horaire) [Fiche SL]

- Juui Dolittle (TBS)
L'histoire : Un vétérinaire mal aimable se trouve pris dans un triangle amoureux, tandis que des clients défilent avec tout un cortège de maîtres ayant bien besoin qu'on les aide à mettre de l'ordre dans leur vie.
L'avis : Une nouvelle série le dimanche face au jidaigeki. Très fort les gars, très, très fort.
> Le dimanche à 21h00 en Octobre [Fiche SL]

- Marks no Yama (WOWOW)
L'histoire : Trois crimes en apparence indépendants les uns des autres pourraient en fait bien avoir un rapport...
L'avis : A priori, l'histoire ne me captive pas, mais bon, c'est WOWOW, alors faut voir.
> Le dimanche à 22h00 à partir du 17 Octobre [Fiche SL]

- Genya (WOWOW)
L'histoire : Un homme qui a tué son oncle par inadvertance se retrouve sous l'emprise d'une femme un peu trop belle pour être honnête.
L'avis : J'avoue mon impuissance à discerner quoi que ce soit à travers le pitch de cette série.
> Le dimanche à 22h00 à partir du 21 Novembre

- Reinoryokusha Odagiri Kyouko no Uso (TV Asahi)
L'histoire : Une surdouée cache son don, qui la complexe, derrière l'identité d'une grande medium. Son aide est bientôt requise pour travailler sur des affaires surnaturelles...
L'avis : Contractuellement, le Japon est obligé de sortir au moins une fois par saison une série dont je ne me souviendrai pas plus du nom que je n'intéresserai au pitch.
> Le dimanche à 23h00 à partir du 21 Novembre

Il en manque encore certainement quelques unes (en tous cas, là, on peut tranquillement avancer que le dimanche est complet !), mais bon, comme chaque saison, en surveillant SeriesLive et en lisant les reviews, vous aurez tôt fait de combler les trous en temps voulu.

MarksnoYama

Parmi les idées intéressantes... bon, les séries de WOWOW s'imposent comme une évidence, Marks no Yama (ci-dessus) semblant mêler le policier au fantastique (mais je peux me tromper), et Genya ayant un côté à la fois sombre et sulfureux. Et puis surtout, il y a du projet sévèrement burné comme Mori no Asagao ou Yamikin Ushijima-kun, des séries qui en ont dans le pantalon, du vrai sujet, du lourd. Clone Baby et FACE MAKER, faut voir, selon le ton employé, et dans un autre registre mais avec le même type de réserves, Kimi ni Tsuita Uso.
Par contre, Himitsu, c'est non. Pas la peine d'y penser. Sauf si les critiques sont bonnes.

Ah, j'adore ce moment où on apprend plein de nouveaux titres, et dont on ne sait pas encore lesquels resteront gravés dans notre mémoire par-delà les saisons ! Pas vous ?
Bon alors, qu'est-ce qui vous parle cet automne ?

EDIT : il semblerait que Kimi ni Tsuita Uso ait été rebaptisée Nagareboshi. Bleh.

Posté par ladyteruki à 23:32 - Dorama Chick - Permalien [#]


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