ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

20-01-10

La première camisole de l'année, ça se fête !

Aussi difficile que ce soit à croire, et je sais combien vous allez tomber des nues... la rubrique Tell Me You Google Me n'avait pas vu la lumière depuis janvier 2009. Et personne ne me dit rien ? Mais si on ne peut même plus compter sur son lectorat pour se faire tirer les oreilles, on ne peut plus compter sur rien !!!
M'bref.
Voilà donc le palmarès depuis le début de l'année...

- Dorama Powa !
Eh bah je vais vous dire, ça fait plaisir. Enfin en tous cas l'intention y est, et c'est déjà pas mal. Parmi les requêtes, on note (et j'irai jusqu'à dire que c'est proportionnel avec l'augmentation de posts dans ce sens ces derniers mois) pas mal de demandes portant sur des séries japonaises. Sauf que ça ne pouvait évidemment pas se faire sans casse...
city hall drama (ça commence à dater, mais soit)
futatsu no spica (c'est marrant, c'est avec cette série pourtant moyenne que tout a recommencé pour moi cet été)
Akakabu Kenji Kyoto-hen drama (je vois qu'il y en a qui sont renseignés)
-Ichi rittoru no namida (le signe moins a probablement un sens qui m'échappe)
real clothes drama spoiler (c'est pas pour l'épaisseur de l'intrigue que vous risquez grand'chose)
Majisuka Gakuen (les fans des AKB48 sortent du bois)
serie like Shimokita glory days (ah pardon, en fait je voulais le mettre dans le paragraphe suivant)

- The internet is for porn
...Enfin, c'est en tous cas ce que bien des internautes semblent croire. Les hormones démangent en toutes saisons, et la meilleure preuve en est le défilé de recherches suivantes :
sm femme offerte au chien (voilà, merci, maintenant il ne me reste plus qu'à me pendre)
teens voyeurs (on est à la limite de la légalité, là)
extrai de scene de nue integrale au cinema (c'est ça oui, faisons mine de croire que c'est pour se documenter sur le cinéma)
cougars suceuses (je me méfierais quand même des dents à votre place, les félins on ne peut jamais prédire ce qu'ils vont faire...)
déesse fait un strip-tease (désolée, le vigile à l'entrée du Mont Olympe trouve que vous n'avez pas suivi le dress code : toge et pouvoirs mythologiques de rigueur)
stop célibat (un nouveau panneau routier ?)
miley cirus nus. (déjà qu'il ne reste pas grand'chose à l'imagination...)

- Ils sont parmi nous, ils sont téléphages, et ils ont un plan
Là, enfin, ça fait sens. On parle séries. Je me sens plus en confiance. D'accord, ce ne sont pas forcément les séries pour lesquelles on trouve beaucoup de posts (mais plutôt quelques tags, glissés comme ça, dans la conversation), mais enfin, bon, quand même, il y a un net progrès.
quels series de vampire regarder ? (sans déc', c'est à moi que vous l'demandez ?)
M6 diffuse rome (il n'est pas interdit de rêver)
lincoln heights sitcom (moi aussi j'ai mis beaucoup de temps à comprendre ce qu'était un sitcom, l'héritage AB Prod sans doute)
regarder vampire diaries (non, non)
maison superbe galactica caprica (ah oui, je vois tout-à-fait de laquelle vous parlez, et si vous connaissez un agent immobilier...)
est-ce que albert ingalls est mort de sa leucémie (le doute subsiste, à vous d'en décider selon votre degré de sadisme)
la serie ou un homme peut faire revenir les morts (hélas, l'homme ne peut pas faire revenir la série d'entre les morts)
qui a composé le générique de the mentalist (oh, de l'humour, j'aime !!!)

- On ne sait toujours pas si on habite dans la même dimension...
Nan, mais vraiment. L'idée même de faire ce genre de requêtes apparait comme tirée d'une série de science-fiction, pour moi. Quels sont les êtres qui ont ce genre de préoccupations, et qui cherchent sur Google la réponse à leurs questions les plus tordues ? Pire encore, pourquoi les moteurs de recherche les dirigent-ils sur moi, ces aliens ?!
surcils ideal homme (ce n'est pas l'épaisseur des sourcils qui compte etc...)
Je veux parler icarly (parler français serait pas mal pour commencer)
you gougle (infirmièèèèèèère !!!)
filme beite maloone (on lui dira, on lui dira)
je vous avouerai (le suspense de cette requête est in-sou-te-na-bleuh)
un homme dit je vais finir par tomber amoureux (j'aime bien la façon que cette formulation a de sonner comme une menace)
jeu virtuelle de deviner a lequel je pense (double challenge parce qu'il faut aussi comprendre l'intitulé)

Eh beh punaise, quand on voit ce qu'on voit, et qu'on lit ce qu'on lit, on se dit qu'on aurait pu être mentalement bien plus atteint.

Allez, pour la route, le Top Cagoule de la première quinzaine de janvier, avec les requêtes portant sur le téléch-... ahem, l'achat légal de DVD. Mais si.
- La Famille Green
- Hero Corp
- Wolf Lake
- The War Next Door
La plupart font quand même plaisir, je trouve. Et pour The War Next Door, sachez que je suis totalement d'accord, l'absence de... DVD pour cette série relève du crime contre l'humanité.

Posté par ladyteruki à 07:11 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

02-07-09

Ouvre-moi ta porte

La raison d'être de cette catégorie a toujours été de me demander quelles valeurs les séries nous transmettaient par le biais de la fiction. La question sous-jacente, c'est ce qu'une série étrangère nous apporte sans le savoir sur une culture donnée. Un sujet qui m'a toujours intéressée : déjà lors de mon premier passage sur les forums de SeriesLive, j'avais créé un sujet sur les choses que nous avions ingérées via des fictions étrangères, et admises comme faisant partie de notre propre culture. De mémoire, on trouvait dans les réponses des comparaisons sur l'existence (ou non) de casiers en milieu scolaire dans plusieurs pays, ainsi qu'une interrogation similaire sur les bals de promo (et peut-être même une référence à Juliette, je t'aime mais je suis plus très sûre). J'ai quitté le lycée en 2000, et je n'avais connu ni l'un, ni l'autre de ces éléments de la vie lycéenne. A mon grand étonnement.

Parce qu'ils nous ressemblent physiquement, et parce que nous vivons dans un pays où l'on craint leur invasion culturelle en permanence, nous avons souvent l'impression de partager une même culture avec nos voisins d'outre-Atlantique. La fréquentation d'américains bien réels, et non fantasmés, nous permet de rendre conscience de notre erreur, mais tout le monde n'a pas cette chance. Du coup, lorsque nous sommes confrontés à un fossé culturel, au lieu d'en constater sagement l'existence , nous tentons de le traverser comme s'il n'existait pas. Et bien-sûr, nous chutons.
C'est à mon avis de ce type de malentendu que proviennent les remarques rageuses ou condescendantes à l'égard des séries et/ou épisodes un brin trop prosélytes à notre goût, comme 7 à la Maison ou plus près de nous, The Secret Life of the American Teenager. Nous avons tendance à oublier que la religion fait bien plus partie de leur culture que de la nôtre, et nous avons du mal à l'admettre, l'accepter, l'interpréter comme une marque d'exotisme. Les réactions épidermiques viennent de la déception : nous n'avons pas pu nous identifier à 100%. Ce devrait pourtant être évident.

Car la vérité vraie, c'est qu'avant tout, une fiction est écrite pour le territoire qui la voit naître. L'exportation ne tient qu'une place pécuniaire dans la démarche. Bien rares me semblent être les auteurs qui se disent "ah zut, ça va pas énerver les Français cette blague sur les gens qui ne se lavent jamais ?" ou "Je me demande si un Égyptien saisira ma référence à Waco".
Et vous savez quoi ? C'est tant mieux. C'est quand même aussi ça qui fait l'intérêt d'une fiction made in ailleurs : plus qu'un divertissement, elles proposent entre autres de s'imaginer pendant 45 minutes assis sur un sofa de l'autre côté de l'océan. Une aventure forcément enrichissante.

Cette problématique apparait de façon plus flagrante avec des fictions non-occidentales.
Depuis quelques temps, je vous présente des séries nippones, par exemple. Et un peu plus souvent ces dernières semaines, merci d'avoir remarqué. Je sentais dans vos commentaires (mais je peux me tromper) à la fois de la curiosité et de l'appréhension. Et j'aurais tendance à trouver ces deux réactions toutes naturelles.
Alors, pour parvenir à faire 10km dans vos chaussures, j'ai regardé mon tout premier drama coréen il y a quelques jours : City Hall. Une série taiwannaise devrait arriver dans ces colonnes sous peu également, d'ailleurs. Je voulais en fait expérimenter ce qui m'a toujours semblé évident (certainement parce que j'ai commencée à être immergée tôt, à une époque où je n'avais ni l'idée ni les moyens d'aller vérifier le pays d'origine d'une série sur internet), à savoir aborder une autre culture par la popculture.

De la Corée, je ne sais rien ou quasiment. A contrario du Japon, je n'ai jamais spécialement tenté de m'instruire ni me documenter sur un aspect ou un autre du sujet. Et si, de temps à autres, j'écoute quelques chansons du cru, je ne vais jamais plus loin.
En-dehors de la langue en elle-même, je n'ai pourtant pas ressenti de jet lag. Ca ressemblait, en définitive, aux réactions de Scarlatiine devant sa toute première fiction japonaise : "ah, tiens, ils font comme ça, eux, ah bon, bien". Ce n'est donc pas si dur de regarder une communauté de personnages qui agissent selon des codes différents (c'est même souvent ce que s'escriment à faire les auteurs des séries de science-fiction, avec plus ou moins de succès ; une pensée d'ailleurs pour Alien Nation). Évidemment, il faut un peu de temps pour intégrer ces mêmes codes (plus qu'un pilote, de toute évidence), mais en-dehors de quelques variations, on se rend compte (et là, attention au choc) que ces personnages ne sont ni plus ni moins faciles à comprendre que n'importe quels autres.

Finalement, les codes et us sociaux sont purement cosmétiques. Il y a quelque chose d'universel dans ces fictions, qui fait qu'elles s'adressent aussi bien au spectateur local qu'à celui, éloigné mais curieux, qui leur donne leur chance. Il n'y a rien d'insurmontable.

Tout au plus, ce qui varie, de la fiction d'un pays à un autre, et croissant avec le nombre de kilomètres de distance, c'est plutôt la façon de faire des séries. Le ton, les moyens techniques et financiers, et le registre des acteurs, ont tendance à marquer beaucoup plus nettement le décalage horaire.
Au départ, une fiction japonaise donne l'apparence d'un travail un peu amateur. Or, plus on en regarde, plus on réalise que c'est surtout la marque d'un attachement aux détails, des choses du quotidien que bien des occidentaux ne goûtent même plus, des éléments relevant à la fois du détail et de l'évident.
Ces nuances sont peut-être les plus difficiles à affronter pour le néophyte. Mais elles sont du domaine du contenant, et non du contenu.

Pour moi, la meilleure preuve qu'on peut à la fois en apprendre sur une autre culture par la fiction, et s'y adapter sans problème, c'est par exemple le souvenir de mes camarades de Terminale qui voulaient organiser un bal de promo. Elles n'étaient même pas des téléphages nourries au sein nourricier de la fiction américaine. Mais de façon perméable, tout de même, elles en avaient intégré l'un des rites.

J'en arrive là où, en fait, j'ai toujours été : j'agite mon drapeau (violet) en faveur de la curiosité, et du droit d'y succomber sans encombre. J'ai regardé ma première fiction coréenne il y a moins d'une semaine, et j'admets avoir noté des différences qui ne me rendaient pas les situations parfaitement identifiables comme des références par rapport à mon propre vécu, mais désolée, ça ne m'a pas empêchée de regarder tout le pilote, et je n'en finis pas de me demander pourquoi, si moi, petite lady, je peux le faire, les patrons de chaîne ne pensent pas que d'autres pourraient le faire. Je suis pas plus ouverte sur le monde qu'un autre français. Vous savez, la France. Le pays de l'exception culturelle. Tellement exceptionnelle qu'on n'y a pas accès à celle des autres.

Pourtant, si des télespectateurs avaient la possibilité, comme je l'ai eue, de regarder une série venue de l'autre bout de la planète, en commençant à être immergés tôt, à une époque où ils n'auraient ni l'idée ni les moyens d'aller vérifier le pays d'origine d'une série sur internet...

Vous savez... mais si vous savez ! Il y a toujours un imbécile, au cours d'une conversation, pour soutenir votre regard avec dédain et s'exclamer : "de toutes façons, les séries américaines, c'est d'un con...", et vous serrez le poing, et vous serrez les dents. Au prochain coup, pensez à lui demander de quel pays il préfère ses séries. Il en découlera alors soit un remontage de bretells en règle, soit la conversation téléphagique la plus captivante de votre existence.

Pour info, depuis deux semaines que j'ai ce post en tête, je me suis lancée sur la piste de séries grecques, russes et égyptiennes, dans l'espoir de préparer ce post. Je n'ai jamais lu autant de sites en arabe, ni visité autant de sites basés dans l'Est. Et quelque part, ces fouilles, c'était déjà une aventure en soi. Mais quand je parvenais à en cagouler une, les sous-titres manquaient dramatiquement.
Quand je parvenais à en cagouler une...

Merci, donc, à toutes ces chaînes disponibles en France, et qui partagent ce point commun : aucune ne diffuse de série venant d'un autre continent que l'Europe ou les États-Unis. Merci, oui merci, de me forcer à stagner dans mon ignorance.

Tout ce que je demande, c'est qu'on m'ouvre la porte vers d'autres mondes.
N'est-ce pas là ce que tous nous voulons ?

Posté par ladyteruki à 06:39 - Série de valeurs - Permalien [#]

27-06-09

Sex & the City Hall

Me voilà confrontée à un nouveau cas de conscience : un drama coréen peut-il être rangé dans la catégorie Dorama Chick ? Je vais pas en dormir de la nuit...
Un peu dégoûtée de la fiction anglophone pour quelques heures, j'ai décidé de me tourner vers la solution de facilité : l'exotisme. Mais plutôt que de revenir une fois de plus à mes amours nippones, je me suis dit "tente le coup pour une série coréenne, ça te changera". D'ailleurs ce n'était pas juste une question de changement d'horizons mais aussi une petite expérience pour un post à venir. 'Verrez.
Des dramas coréens, jusqu'à aujourd'hui, je n'en avais vu aucun. Mais j'avais entendu parler de quelques uns d'entre eux et, ma priorité, c'était d'éviter les niaiseries romantiques à tout prix, ou alors à la condition que la série n'ait pas que cela à offrir. Mon choix s'est donc porté sur City Hall, un série empruntant à la fois à la comédie d'amuuuur, et à la série politique. Bah tant qu'à faire, hein.

Je ne m'attendais pas à trouver avec City Hall une version matin calme d'A la Maison Blanche, et c'est tant mieux car la finesse du second n'est guère présente dans le premier. Je dois dire que j'ai même levé un sourcil sceptique à plusieurs reprises et notamment devant une scène interminables aux relents scato. Oui, vous aussi, hein ? Et encore, moi, j'ai vu cette scène. Il me faudra vivre avec...

Cependant, je dois bien admettre que j'ai été surprise. Surprise parce que le portrait de la vie politique à la mairie d'Inju était dépeinte avec une certaine sagacité. D'une façon générale, les scènes touchant au monde politique ne sont pas dénuées de pertinence, comme l'excellente scène d'ouverture qui montre le déroulement d'une élection locale et qui est entrecoupée de citations particulièrement bien trouvées, et qui, si elles cassent un peu le rythme de l'intro, ont au moins le mérite de tout de suite démontrer que la politque est aussi boîteuse du côté des élus que des votants. Un propos qui a le mérite de l'honnêteté, nous évitant de tomber dans la caricature.
Les personnages qui hantent les couloirs de la mairie sont d'ailleurs un peu dans le même discours : il y a les pourris, les arrivistes, les intègres, et aussi ceux qui sont là non pas par conviction ou ambition, mais parce qu'il faut manger, et être fonctionnaire, c'est quand même bien confortable.

A ce titre, l'héroïne Shin Mi Rae est absolument délicieuse. La politique, elle n'en a rien de rien à faire. Si l'intro nous montre une jeune femme qui n'aime pas se décider entre deux options (politiques, mais aussi culinaires par exemple), on comprend bien vite que ça ne l'empêche absolument pas d'être une grande gueule, un peu à contre-courant, et pas tellement adepte du politiquement correct, c'est le cas de le dire. Mais on s'aperçoit aussi progressivement qu'elle n'est pas juste une chieuse, c'est simplement une nana avec un passé complexe qui a les pieds sur terre et ses propres problèmes, probablement un peu trop pour se préoccuper des magouilles politiques des uns et des autres. Une nana normale, quoi. Mais vraiment normale. Pas avec des travers charmants, non, des vrais défauts. C'était rafraîchissant.

City Hall n'est pas la série ultime que je recommanderai encore dans 5 ou 10 ans. Elle a des faiblesses assez difficiles à surmonter pour qui est habitué aux séries américaines, notamment au niveau rythme, par la multiplicité de personnages secondaires pour le moment particulièrement inutiles, sans compter que le pilote dure une heure avec des scènes parfois interminables (notamment celle qui est si grotesquement stupide que je cherche à l'effacer de ma mémoire). Mais il reste que cette plongée dans le monde de la politique coréenne, avec ses personnages tous plus imparfaits les uns que les autres, a quand même pas mal de charme. On pressent bien comment critique de la politique politicienne et comédie romantique vont se mêler, et les choses sont relativement prévisibles, mais ça n'en est pas moins agréable.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture coréenne : la fiche City Hall de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:50 - Dorama Chick - Permalien [#]


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