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Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-04-13

Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

BlogFestivalSeriesMania
Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.

- Introduction : c'est quoi la créativité ?


Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks

Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble

Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

   

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?

Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...

...Le remake

Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

   

...Le spin-off

Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

   

...Le prequel

Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

   

...Le "formatage"

Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

   

...L'adaptation

Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

   

Le "syndrome de la photocopie" et le monde

...La domination des Etats-Unis

Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.

Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.

"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

   

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?

Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.

...La créativité en France

Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

   

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie

L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.

...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.

Posté par ladyteruki à 12:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

29-05-12

She'll be back

Canada-logo

Il y a une douzaine d'années, j'étais encore une téléphage raciste, et ne jurais que par la télévision américaine. Je ne voulais entendre parler de rien d'autre, et je n'avais que mépris pour les séries venant des autres pays de la planète. Mais alors que Canal+ a commencé à diffuser des séries de science-fiction comme Starhunter et Invasion Planète Terre, j'ai commencé à considérer que le Canada avait un domaine d'expertise : la science-fiction. A cette époque marquant le tournant entre la fin des années 90 et le début des années 2000, c'était en effet dans la SF et le fantastique que l'on voyait le plus souvent apparaitre, tout au bout du générique de fin, un logo avec la fameuse feuille d'érable.
Depuis lors, je suis bien obligée de reconnaître que je n'ai pas toujours été tendre avec les séries de genre canadiennes, à l'instar de Lost Girl dont je ne vous ai jamais caché qu'elle m'insupportait. Mais j'ai quand même gardé cette sorte de foi dans la fiction canadienne à ce sujet. Sans compter que tant d'auteurs et d'acteurs canadiens travaillé sur des séries US de science-fiction ou fantastiques (qui elles-mêmes ont souvent choisi le territoire canadien comme attache géographique), que cela semble presque naturel de retrouver certains visages et de leur accorder ma confiance.

Inutile de vous dire que quand le pilote de Continuum a commencé sur le visage de Tony Amendola, on était déjà quasiment en terrain conquis. Et pourtant ce premier épisode a tellement plus à offrir qu'une foule de noms et de visages connus des amateurs de science-fiction (Amendola, Davis, Webster, Knudsen, Doig... j'ai aussi brièvement cru reconnaître Janet Kidder), tant son univers se pose immédiatement comme incroyablement cohérent, et palpitant.
Dans un genre qu'ils semblent avoir fait leur, les Canadiens ont trouvé le moyen de doser dans cet épisode inaugural l'action (un ingrédient fondamental de leur petite recette secrète) et la réflexion avec un bon sens de l'équilibre.

Continuum

Parmi les éléments qui m'ont le plus enthousiasmée, le monde de Kiera en 2077, qui occupe un bon tiers de l'épisode de l'épisode, est captivant. J'étais d'ailleurs soulagée, à la fin du pilote, d'assister à un "flashback" s'y déroulant : c'est la promesse que cet univers ne sera pas tout-à-fait abandonné (ce qui était mon plus gros regret à propos de Terra Nova, en-dehors bien-sûr du fait que je regardais Terra Nova) et sera exploité, vraisemblablement à des fins mythologiques.

Mais ce qui est certainement la plus grande réussite de Continuum, c'est d'avoir imposé, en dépit d'un épisode rythmé, rempli d'action et de choses à mémoriser pour pénétrer son univers dense, un personnage féminin central complexe, et suffisamment émouvant. Loin de n'être qu'un prétexte à l'intrigue, comme certaines séries ont un peu tendance à le faire, Kiera est immédiatement un personnage dont le background et les sentiments jouent une grande part dans l'émotion de l'épisode. En dépit de son grand sens de la Justice et du devoir, elle n'est pas froide et n'a rien d'une machine (c'est important pour le personnage principal d'une série qui n'aurait pas existé sans la franchise Terminator...), ses sentiments vis-à-vis notamment de son fils ne paraissent pas plaqués, et il se dégage quelque chose de très, très bouleversant de sa première conversation avec Alec, lorsqu'elle découvre où elle est tombée et quelles sont ses chances de se tirer de là vite fait.

Continuum-Kiera

Alec est d'ailleurs un poème à lui seul. Outre sa charmante petite cachette dans la grange, il est prometteur à bien des égards, notemment un que la fin du pilote se charge de nous dévoiler avec beaucoup d'intelligence (nous poussant d'ailleurs à pousser un "ah" de soulagement, puisqu'en voyant cette scène on en comprend mieux une autre). J'ai également apprécié qu'il semble, a priori, géographiquement très éloigné, ce qui nous garantit une relation purement virtuelle pendant un bon moment entre ce deux-là. De surcroît, au lieu d'être l'habituel geek qui a raté sa vie, Alec a tout l'air de vivre dans une famille plutôt saine et qui l'encourage, et à ce titre on peut dire que c'est une véritable première dans la façon de faire le portrait d'un geek de télévision.

Les possibilités technologiques offertes par les attributions de Kiera (la combinaison, contrairement aux apparences, n'en étant pas la plus précieuse ; l'histoire des souvenirs téléchargeables me semble bien plus intéressante, notamment parce qu'il y a une scène qui mérite quelques explications dans ce que regarde Alec dans cet épisode) ouvrent la voie, également, à des axes intéressants, non seulement dans la façon de résoudre les "affaires policières", mais aussi pour explorer le personnage et son background.

Continuum-WTC

Pour le moment, la seule chose qui semble un peu brouillonne tient dans les motivations de Liber8. De ce côté-là, j'avoue que c'est internet qui a permis d'améliorer ma compréhension des tenants et des aboutissants de cette partie de l'intrigue, tant leur portrait m'a semblé un peu caricatural. Evidemment, lorsque les deux tours se sont effondrées au tout début du pilote, il semblait clair que l'analogie terroriste allait entrainer, certainement, quelques dommages collatéraux. Mais peut-être qu'il nous manque un personnage faisant partie (ou infiltré) dans cette organisation pour mieux lui donner du relief. Avec un peu de bol, on reverra peut-être Tony Amendola.
L'avantage c'est que même si, dans le pire des cas, on a droit à un épisode centré sur chaque criminel, la saison comptant 10 épisodes et les criminels n'étant qu'au nombre de 7, cela nous laisse de l'espoir pour éviter une trop forte proceduralisation. On devrait donc pouvoir affiner la question.

Cependant, ce qui est le plus important pour une série de science-fiction, c'est probablement... tout le reste. Ce que la série a à dire ; de la même façon que Caprica voulait parler d'éthique ou que Falling Skies a refusé de parler de la condition humaine. Et de ce côté-là, j'avoue qu'il y a pas mal d'espoir, plus en tous cas que je n'aurais pu l'imaginer avant de lancer le pilote. La question du rachat des gouvernements par de grandes corporations, qui est à l'origine de l'univers dans lequel vit Kiera, part notamment d'un constat à la fois social, politique et économique intéressant par les temps qui courent.

Si cela est développé, Continuum a des chances de devenir plus qu'une bonne série de SF : une GRANDE série de SF.
Et nous savons tous combien ces choses-là sont devenues rares de nos jours.

Posté par ladyteruki à 01:43 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-01-12

En attendant l'attente

Aidez-moi, je ne me rends pas compte... depuis combien de temps on nous fait le coup ? J'ai l'impression que ça ne fait que quelques années (genre avec Caprica et Glee) qu'on nous file un pilote et qu'ensuite on nous laisse pourrir en attendant la suite.

Dans le cas de Luck, diffusé en avant-première par HBO en fin d'année dernière, je vous avoue que ça ne m'embête pas : je n'ai pas l'intention de poursuivre au-delà du pilote, de toute façon. HBO peut bien teaser à volonté, ça ne me touche pas. Le pilote vu, je me suis fait un avis.

Mais ça fait plusieurs semaines maintenant qu'on a vu le pilote de House of Lies, cette fois sous la forme d'un leak histoire de varier les plaisirs, et l'attente est devenue irritante au plus haut point. Parce que le pilote était vraiment sympa, en dépit d'un démarrage un peu lent, et que j'ai envie de voir ce que ça va donner sur le long terme, la façon dont les choses vont se développer : plus de cynisme sur le monde du business, ou plus d'intrigues personnelles pour le héros ?
Bref, je fais partie de ceux (apparemment pas si nombreux que ça ?) qui attendent avec impatience la suite. Et pas parce que Kristen Bell gnagnagna.

Alors je ne suis pas en train de dire que c'est une tendance à proprement parler, mais le fait est que, il y a quelques années encore, je n'avais pas l'impression que ce genre de pratiques était monnaie courante. On diffusait le pilote, la semaine d'après on diffusait la suite, point barre. Il y a forcément des contre-exemples, il y a TOUJOURS des contre-exemples, mais il ne semblait pas que c'était fait volontairement, mais plutôt parce que le backdoor pilot avait fait ses preuves et qu'il fallait tourner la suite, ce genre de choses. Les leaks organisés par les chaînes étaient plus rares, les diffusions n'étaient pas faites uniquement pour teaser, il y avait une sorte de cohérence.
Depuis quelques années, on tease à mort, on relâche la pression pendant des semaines voire des mois, et pouf, après on revient la bouche en coeur pour une "vraie" diffusion.

Et ma question est : ce genre de techniques, ça apporte réellement un plus, ou pas ? C'est une vraie question.

En tous cas j'ai comme l'impression qu'il y a un connard de consultant payé à brasser de l'air qui s'est pointé chez quelques chaînes câblées cet automne, pour leur pitcher une présentation du genre de celle-là :

HouseofLies-1

HouseofLies-2

HouseofLies-3

Le plus "drôle" ? Quand la diffusion va vraiment commencer ce soir sur Showtime... il faudra attendre une semaine de plus pour un inédit.
Enfoirés.

Posté par ladyteruki à 23:37 - Point Unpleasant - Permalien [#]

28-06-11

Générosité

Après trois épisodes de Falling Skies, je suis réticente à poster au sujet de la série. Ce démarrage me laisse circonspecte (et apparemment pas que moi, si l'on en croit les audiences !) et je ne suis toujours pas certaine de savoir qu'en penser à ce stade. J'ai le sentiment à la fois qu'une sorte d'instinct me pousse à regarder cette série juste parce que je voudrais croire, vu ses thèmes, qu'elle finira par me plaire, et en même temps j'ai, ponctuellement, l'impression qu'elle possède un peu de potentiel.
Mais, comme dans tout post écrit après avoir visionné plusieurs épisodes, je vais probablement devoir donner quelques spoilers à ceux qui ne s'y sont pas encore mis en essayant de démêler tout ça.

KeepOnFalling
Le problème c'est que le potentiel, ce n'est pas assez, quand on a passé le cap de 3 épisodes, et plus encore en ce qui concerne la SF, l'anticipation, et toute cette sorte de choses. C'était le problème de Caprica : beaucoup de potentiel dévoilé d'un coup, mais il n'était pas développé. Ici, à un degré bien moindre, on a le même genre de cas de figure : Falling Skies pose des éléments intéressants.

Déjà, difficile de ne pas apprécier le fait que la série démarre alors que l'invasion a déjà eu lieu, au contraire des deux versions de V ; on est plus proches du cas Alien Nation, pour rester dans les séries, ou de District 9 si on explore du côté des films (et quel film !). C'est un pari plus risqué qu'il n'y parait car, d'une part, ça veut dire que le gros de l'action et du suspense est déjà derrière nous, ce qui pour une série comptant sur l'adrénaline est quand même assez couillu, et d'autre part, ça implique une complexification des enjeux qui pourrait perdre le spectateur, que ce soit par impatience ou parce que les allusions à demi-mot peuvent parfois donner l'impression de se faire ballader. Dans le cas de Falling Skies, ce n'est même pas comme si ce facteur avait une incidence sur la mythologie, puisque celle-ci repose essentiellement sur les intentions des Skitters (c'est le nom de nos délicats invités) et pas vraiment sur la façon dont ils ont débarqué sur notre planète (ils ne se sont pas infiltrés, ils n'ont pas essayé de faire copain-copain, etc.), donc la série aurait pu choisir de nous montrer ce genre de choses, quitte à opérer un fast forward ensuite, mais non. Donc je trouve ça relativement courageux, surtout que ça a été raconté par des dessins d'enfants, finalement assez abstraits, donc chapeau, il fallait oser le faire. Ca semble légèrement cliché mais dans le fond, ce n'était quand même pas la solution de facilité.

On est donc directement branchés sur la survie, et j'avoue que c'est quand même ce côté post-apocalyptique qui me séduit le plus (comme il aurait pu me séduire si The Walking Dead avait proposé moins de dents et plus de scénarios). C'est toujours quelque chose de captivant que de voir comment une société s'organise quand les organes qui garantissaient son fonctionnement ont cessé de huiler les rouages de la machine, et c'est pas pour rien que j'écris moi-même sur le sujet, c'est le genre de sujet qui exerce depuis toujours une grande fascination sur moi.
Mais c'est aussi de là que provient la première des déceptions. Car quand on a vu les premiers épisodes de Battlestar Galactica gérer l'écrasement de l'humanité (brillante idée du décompte des survivants, parfaitement gérée, angoisse palpable que la civilisation soit réduite à néant, etc.), il est difficile de ne pas faire de comparaisons. La population est dispersée, forcément, et donc l'enjeu ne peut être porté comme dans Battlestar Galactica, et je ne m'attendais pas à un clone de toute façon, mais j'estimais qu'il n'était pas exagéré d'espérer ressentir le désespoir des survivants. Jusqu'à présent je ne l'ai pas ressenti une fois, et je trouve ça grave.
Car si les fictions post-apocalyptiques me fascinent, c'est précisément parce qu'elle explorent le désespoir d'une humanité vacillante mais qui doit trouver la force de subsister, et si possible la tête haute, sans se replier dans la bestialité. Ici, on a une proportion de survivants qui donne à peu près ça : 15% combattants armés, 85% pseudo-zombies.

La vague de désespoir tant attendue pourrait bien venir d'un élément peu traité dans les deux premiers épisodes, et vaguement développé dans le 3e opus (mais de façon artificielle). Pourquoi les Skitters ont-ils réduit les enfants en esclavage ? Et, plus précisément, pourquoi ne pas en avoir fait autant avec les adultes ? On se doute que la technologie mise en place pour le faire n'est pas anodine, or c'est elle qui est explorée, ainsi que ses usages, dans le 3e épisode, là où de toute évidence on voudrait bien que les protagonistes se posent les bonnes questions. Evidemment, on peut imaginer que, dans un état de stress post-traumatique, et alors qu'ils sont préoccupés par des questions triviales comme, oh, trois fois rien, manger et dormir, et puis ne pas mourir si possible, les survivants ne soient pas exactement dans une situation où ils se demandent "ah tiens, mais comment se fait-ce ?" et cherchent plutôt à récupérer leurs enfants.
Mais c'est quand même une idée absolument fabuleuse ! En prenant les enfants en otage (plus ou moins explicitement selon les épisodes), Falling Skies s'attaque à la notion-même de survie à long terme de l'humanité, et dans ce cas on est dans le voisinnage de l'ambiance de Children of Men (autre traumatique merveille, d'ailleurs), porteuse de nombreux éléments dramatiques pertinents, si bien exploités. S'attaquer aux enfants des hommes, c'est certainement ce que l'envahisseur pouvait faire de pire ; c'est bien vu, il faut continuer. Falling Skies tient ici ses plus prometteuses pièces de puzzle.

Intéressante aussi, la petite nana, Maggie je crois (j'ai pas encore bien intégré tous les noms), qui s'est faite violer par le gang de Pope. Plutôt que de simplement mettre en place des éléments de discordance à l'intérieur de l'équipe de survivants (qu'on a pu voir dans Lost, en tous cas que j'ai vus dans le peu d'épisodes regardés) reposant sur les habituelles rivalités d'influence, qui va prendre les décisions ou pas notamment (ici, la question est réglée par l'importance de l'armée dans la lutte pour la survie, et l'absence pour le moment d'un leader "civil" à l'intérieur du groupe), on a ici des questions plus réalistes sur ce qui peut réellement se passer lorsque certaines garanties sociales (la peur du gendarme) tombent. On aurait vu des émeutes et des pillages si on avait vu l'invasion alien, on voit ici d'autres sortes de crimes. C'est plutôt bien joué aussi, et encore fois, en amatrice un peu perverse de déchéance humaine à des fins de dramatisation, j'ai trouvé ça bien vu et intéressant.

FreedomFighter
Le problème, c'est à peu près tout le reste.
Axes prévisibles (qui en voyant Tom et son copain Mike partir bras dessus bras dessous récupérer UN gamin, et un seul, alors que tous les deux ont un gosse qui manque à l'appel, n'a pas vu venir la suite de l'épisode, y compris sa pâle excuse de cliffhanger ?), dialogues à mourir d'ennui, pontifications interminables autour de ce qu'il faut faire, ne pas faire, ne plus faire, mais qui reste lettre morte, scènes trop sucrées pour être autorisées aux diabétiques sur le mignon enfant qui fait du skate, le mignon enfant qui dort dans une chambre d'enfant, le mignon enfant qui fait un bisou à son papa qui va aller dézinguer du Skitter... Oh, hé, ça va bien non ? Vous faites aucun effort, ou bien ?

Le personnage de Tom, incarné par le toujours aussi parfait Noah Wyle (un peu trop au vu du reste du cast, mais, eh, c'est le seul à avoir son nom sur l'affiche pour une bonne raison, hein ?), est le stéréotype du gars qu'on a placé là pour être un héros drapé dans son immaculée excellence, il est bon père, bon combattant, homme éduqué...

Et surtout, il souffre du syndrome du background artificiel exposé dés le pilote dont je vous avais dit qu'on recauserait. Parce que comme par hasard, le type, il n'est pas juste attaché à, vous savez, vivre. Non, il faut que forcément il ait trois fils, l'un dont il souhaite préserver l'innocence aussi longtemps que possible, l'un qui risque sa vie à ses côtés à chaque fois qu'il y aura un peu de baston (cf. 3e épisode), et un dernier, capturé par les Skitters.
Vous allez voir que si tout d'un coup, il se déclare un autre méchant, genre une 2e race extraterrestre (comme Invasion Planète Terre l'avait fait en ajoutant les Kimeras et les Jaridians aux Taelons, mettons), il va se trouver un 4e fils caché pour aussi donner une raison à Tom d'aller mettre son nez par là.
C'est vraiment un procédé épuisant, et la preuve du peu de cas que la série fait de ses personnages. Leur construction est superficielle et cause un tort immense à la série. Aucune série ne devrait d'ailleurs nous infliger ce genre de personnage ; c'était le tort de ce bon vieux Joe dans Flash Forward, c'est le problème de la plupart des séries où l'enquêteur a une raison de mener une quelconque enquête, c'est, en fait, une plaie d'ampleur épidémique : pour qu'un héros fasse quelque chose, il faut forcément qu'il ait un background qui l'y force. Le mec, jamais il va faire quelque chose parce que c'est la chose à faire, il le fait parce que les scénaristes ne lui donnent pas le choix. C'est vraiment navrant de voir qu'une série avec une mythologie pour le moment si peu développée ne soit pas capable de mieux. Mais d'un autre côté, si Tom avait simplement voulu libérer des enfants parce que ce sont des enfants-esclaves, et pas parce que son fils est parmi eux, la moitié de ses échanges avec son fils aîné seraient tombés à l'eau et les scénaristes n'ont visiblement pas envie d'utiliser ce gosse pour autre chose que la personnification des élans auxquels Tom résiste, bravement, parce que ce type est fondamentalement raisonnable.

On ne croit pas un seul instant que Tom soit jamais en danger, d'ailleurs, parce qu'il est tellement évident qu'il est le héros qu'on ne s'en fait pas pour lui. Le danger est forcément désincarné face à un homme capable d'abattre tout seul un Skitter et de le ramener à la base à mains nues ! Et du coup, ce qu'il fait, son invincibilité apprente, fait qu'on ne peut pas s'identifier, et qu'on ne peut s'impliquer émotionnellement. Lui-même semble ne connaitre que deux états : la concentration sérieuse, et la fatigue silencieuse. C'est un bon petit soldat, notre professeur. Et du coup, on est tellement sûr qu'il va s'en tirer qu'on se fiche un peu de ses états d'âme : c'est un cercle vicieux, et d'autant plus dangereux que, dans une série constellée de scènes d'action, on a besoin de vraie dramatisation de temps à autres, sous peine de perdre l'équilibre.

Il en ressort une impression de retenue. Comme si, malgré toute les bonnes idées, l'équipe derrière Falling Skies avait plein d'ambition, mais avait décidé de rendre la série grand public, se perdant dans mille poncifs pour essayer de masquer le fait qu'à terme, elle a quelque chose à offrir. Les éléments qui font les bons côtés d'une fiction post-apocalyptique se trouvent donc étouffés par l'envie de ne pas trop donner, pas tout de suite, de commencer par offrir des bases classiques, du tangible, en semant quelques ingrédients qui seront développés une fois le spectateur happé par l'action. Mais ça ne fonctionne pas comme ça, parce que cette avarice est palpable ; ça ne met pas du tout dans de bonnes dispositions, au contraire, de voir que le plus intéressant est zappé et que ne reste que le tronc commun de la plupart des fictions du genre. Pour le moment, Falling Skies est pingre : elle a les moyens, mais comme l'oncle Picsou, elle refuse de casquer.

C'est pourtant une question de générosité. Donnez-nous toujours plus, et nous pardonnerons toujours plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Falling Skies de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-01-11

To be continued... V

On a pas mal dit que Caprica en avait bavé en grande partie à cause de sa diffusion erratique. Vous voulez qu'on parle de celle de V ? C'est également le grand n'importe quoi qui a dominé. Peut-être que la SF serait moins en difficulté si les chaînes commençaient par diffuser ça proprement, vous ne croyez pas ? Moi, si.

Alors dans ces coups de temps-là, on est quand même bien contents d'avoir quelque chose pour se rafraîchir la mémoire, comme les posts To be continued..., par exemple. Je rappelle le concept pour ceux qui débarquent ; il s'agit de revenir sur les épisodes déjà diffusés de la série, sur la base de : une capture = un épisode = une phrase. Et tant que les chaînes continueront de laisser des mois et des mois se passer entre deux saisons (ou pire, deux morceaux de saison) cette rubrique aura, hélas, une longue vie devant elle... si les Visiteurs ne nous annihilent pas d'abord, donc.

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1x01 - We are of peace. Always. You wish.

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1x02 - La normalité, elle a fui à notre arrivée.

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1x03 -
S'il y a bien quelque chose que les Visiteurs ont compris, c'est le pouvoir de l'image.

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1x04 -
Et après ça on s'étonne qu'il y ait des gens qui se méfient des hôpitaux...

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1x05 - Si vous ne craigniez pas encore les V's, sachez dorénavant que oui, ils ont le pouvoir de réaliser tous vos cauchemars les plus fous.

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1x06 - Six épisodes pour en arriver là, quand même.

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1x07 - Les Visiteurs débarquent, nous privent de nos emplois, se reproduisent à vitesse grand V... je vais vous paraître raciste mais c'est quand même pas normal, la Terre, tu l'aimes ou tu la quittes !

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1x08 - Vu le mal qu'elle se donne, Anna a vraiment intérêt à avoir un but ultra-machiavélique, sans quoi tout ça aura vraiment l'air ridicule rétrospectivement...

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1x09 - Et en plus, les Visiteurs ont aussi une sous-race d'assassins, quelles charmantes petites bêtes !

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1x10 - Le premier épisode à remettre en question certaines évidences, et dans le même temps à offrir une vraie bonne scène dramatique.

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1x11 - C'était sans doute la cruauté de trop.

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1x12 - La plus belle des victoires...

J'aime mieux vous dire que là, vous n'avez plus aucune raison pour zapper la série, surtout que TFHein s'en est mêlée aussi. Donc autant vous prévenir, si les audiences ne remontent pas, ça va chier. Je pourrais même appeler Anna pour vous faire un suçon dont elle a le secret...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche V (New Gen) de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:54 - To be continued... - Permalien [#]


29-10-10

Et dire que c'était la ville de mon premier amour...

(je sais, je l'ai déjà faite, celle-là, mais que voulez-vous je m'en lasse pas)
Bon, le weekend va encore être chargé, mais je ne vous quitte pas sans mentionner The SeriesLive Show, dont un bonus a été posté aujourd'hui sur... toujours SeriesLive, évidemment.

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - Bonus : Caprica, c'est fini !

Personnellement je n'ai pas encore vu l'épisode de Caprica de cette semaine, mais savoir qu'il faudra attendre la Saint Glin Glin pour voir la suite a tendance à me bloquer plutôt qu'autre chose.
Comme quoi... on se plaint des networks et puis...

Posté par ladyteruki à 23:57 - Entre potes (cast) - Permalien [#]

12-10-10

The Telephsage Experiment : la corne d'abondance

Jour6

Ah ! Je ne manque pas d'occupations, aujourd'hui. Mais étrangement j'ai redécouvert de vieux DVD qui prenaient la poussière dans un coin. Je remercie notamment la personne qui, par ses mentions continuelles de la série sur Twitter, m'a rappelé à quel point il était nécessaire de regarder A la Maison Blanche. Franchement, merci, ça tombe parfaitement bien.
Je me suis aussi envoyé un épisode de la saison 1 de Mad Men, et ça fait du bien d'avancer un peu, enfin.

Pourquoi je prends jamais le temps de faire ça ? Pourquoi je marche par fringale ? C'est bien aussi de prendre le temps de se pencher sur un DVD délaissé. C'est bien aussi de reprendre le visionnage d'une série malencontreusement interrompu par une rentrée galopante. C'est bien aussi de se poser devant le lecteur DVD au lieu de lancer directement une cagoule. Pourquoi je fais pas ça plus souvent ?
Alors évidemment, je le fais parce que je suis pas mal de séries qui sont diffusées où vous savez et que je cagoule comme vous savez... ça joue. Je veux dire, entre un "nouveau" Mad Men et un nouveau The Good Wife, comment vous expliquer ? Le choix est fait.

Mais ça me fait aussi comprendre que j'ai pris quelques étranges habitudes. En dépit de mon adoration pour les coffrets DVD, je ne les traite pas très très bien, à bien y réfléchir. Je veux dire qu'en général, je ne les achète plus que dans deux contextes : il faut que j'aime la série, et là j'en achète le coffret soit parce que je veux m'enfiler une intégrale, soit parce que je veux garder la série à dispo d'un caprice téléphagique soudain qui ne souffrirait pas le délai de quelques heures que nécessiterait un cagoulage. Il y a donc toute une zone qui n'est pas couverte par ma pratique du DVD ces derniers temps (en excluant, c'est évident, le problème de la non-commercialisation de nombreux titres) ; d'une part, les séries que je regarde "juste comme ça" n'ont aucune chance, et d'autre part, s'il n'y a pas le temps pour une intégrale, je n'y touche tout simplement pas. Cas d'école : pas le temps pour une intégrale des deux saisons de Pushing Daisies, je ne touche donc pas aux coffrets (j'ai pourtant été prise d'une envie dévorante la semaine dernière, mais ce serait de la folie douce).
Je n'aurai certainement jamais 30 Rock en DVD et pourtant elle est sur ma liste de ce que je rattraperai dans quelques jours quand j'aurai le temps, donc ça montre bien que dans mon système de consommation actuel, il y a des séries qui sont dans une espèce de no man's land.

Mais en-dehors de cette mise en lumière de mes pratiques téléphagiques vis-à-vis du DVD, la journée a été satisfaisante. J'ai même trouvé le temps de regarder un très vieux pilote, et il était délectable, on en reparle d'ailleurs très vite, qui dormait dans un coin depuis plusieurs jours (cf. post d'hier). Franchement c'est un peu la version téléphagique des vacances.
J'aurais presque de la peine de me dire que demain est le dernier jour, tiens.

Je déconne. J'aimerais quand même bien voir Raising Hope et The Good Wife, et Outsourced me manque un peu aussi, et presque The Defenders. Sans compter le Caprica de la semaine. Nan là, euh, je veux bien être gentille et tout, mais je veux mon cagoulage.

Mais bon, ce n'est qu'une expérience d'une semaine, après tout, ça va aller. Ça commence quand même un peu à durer.

Posté par ladyteruki à 23:52 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

11-10-10

The Telephsage Experiment : le bout du tunnel ?

Jour5

En ce lundi, j'ai l'impression que les choses vont mieux. Oh bien-sûr, je ressens encore un pincement au cœur lorsque je réalise que je ne vais pas tout de suite regarder le Raising Hope de cette semaine, mais dans l'ensemble je tiens bon, je dirais même que je vois la lumière.

Aujourd'hui, j'ai commencé à vraiment découvrir les perles que j'avais dans mon chez moi informatique depuis Dieu sait combien de temps, et dont je reportais le visionnage depuis des lustres. De l'une d'elle on reparlera très vite, mais il y avait aussi Caprica, regardée avec mon BlackBerry flambant neuf dans le train (c'était la première fois que je regardais un épisode sur le trajet du boulot, c'est agréable mais quand on se met à pleurer devant les gens, c'est un tantinet embarrassant), Hanchou, Blomstertid, et même le (très impressionnant) pilote de Degrassi. Le premier.

Vous savez quoi ? Là je pense que j'en suis arrivée au stade où je gère. Presque plus de frustration, plein de découvertes... J'ai l'impression de prendre le temps de déguster des épisodes auxquels je n'aurais jamais fait de place sans ça. Il y a un côté téléphage-hippie dans cette façon de se recentrer sur l'essentiel, un vague arrière-goût de "je m'en fous de ce qui se regarde en ce moment, chaque téléphage est unique et suit sa propre voie vers le bonheur", non ou alors, vous savez quoi ? Ça se trouve j'aurais pas dû fumer mon câble ethernet de peur de l'utiliser pour cagouler.

Ouais, je pense qu'il y a quand même un peu de ça : j'ai trouvé d'autres moyens de m'occuper, mais il reste toujours la frustration. Plonger dans ses archives, si on le fait contraint et forcé, c'est quand même contre-productif. Mais j'ai quand même passé une bonne journée. Même si, franchement, parfois, j'ai un peu flanché : déjà je suis allée sur le Mal, et ensuite j'ai failli cagouler une certaine video... je suis plus forte que ça, hein ?

Mais bon, ce n'est qu'une expérience d'une semaine, après tout, ça va aller.

Posté par ladyteruki à 23:52 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-10-10

To be continued... Caprica

Je me disais : "la lala lala, j'ai le temps, c'est pas avant 2011 !". Et voilà que SyFy me fait le coup tordu de devoir faire mon post To be continued... en automne. Pas cool, SyFy, pas cool. Mais d'un autre côté, on n'était pas certains de la voir vraiment revenir... avec ses audiences décevantes, Caprica ne semblait pas réussir à s'imposer. Et pourtant, voilà : dans quelques jours, la suite de la saison 1, enfin, arrive. Et comme dans de nombreuses séries de science-fiction, à plus forte raison si elles font partie d'une franchise, ça ne peut pas nuire de se rafraîchir la mémoire. A défaut de pouvoir la télécharger !

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1x01 - S'affranchir du complexe de Frankenstein oui, mais à quel prix ?

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1x02 -
Pas facile de faire le deuil de quelqu'un qu'on n'a pas connu.

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1x03 -
Portrait d'un kamikaze.

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1x04 -
Les médias s'emparent du deuil, et l'affaire devient politique ; à moins que ce ne soit l'inverse.

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1x05 -
Les qualificatifs semblent manquer pour louer les vertus de New Cap City...

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1x06 - On n'échappe pas si facilement à son Œdipe...

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1x07 -
Devant certains personnages, (trop) soudainement, une nouvelle trajectoire s'ouvre.

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1x08 -
La plaisanterie dure décidément trop longtemps (il faut dire qu'on en a bien reporté la chute, aussi).

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1x09 -
Oui mais le violoncelle, c'était de la triche.

Sacré cliffhanger, hein ? J'espère qu'avec ces quelques captures, vos souvenirs de la première partie de la saison vous sont revenus. Si tout le monde en faisait autant, on n'aurait pas à s'inquiéter des audiences...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Caprica de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:07 - To be continued... - Permalien [#]

19-09-10

Eh bah voilà

Quand j'étais petite, on allait voir nos grands-parents environ quatre fois par an dans leur maison de la banlieue de Dijon. Le weekend achevé, tout le monde montait en voiture, le teint verdâtre d'avoir trop mangé, les grands-parents suivaient la voiture quittant au ralentit l'allée de gravillon beige en nous faisant de longs signes de la main, puis nous sortions du cul de sac, prenions un virage à 180° dans la rue parallèle, et arrivés à hauteur de la maison (et en dépit du fait qu'il y avait celle des voisins entre nous), mon père poussait deux coups de klaxon comme pour dire adieu. La voiture prenait alors de la vitesse en direction de l'autoroute : c'était tout, rendez-vous au prochain trimestre.
Et sur la nationale conduisant à l'autoroute, invariablement, je dis bien invariablement, mon père lançait sur un ton qui se voulait jovial mais qui ne masquait pas vraiment sa nostalgie : "Eh bah voilà".

C'est mon tour à présent. Je publie l'article de la semaine sur SeriesLive, je retweet l'info pour que les curieux aillent y jeter un œil et même y laisser un commentaire si je suis en veine, et lorsque je m'apprête à rentrer sur mon blog, je pousse un soupir : "eh bah voilà".

C'est fini. L'été est derrière nous et avec lui, la série d'articles hebdomadaires sur les télévisions du monde s'achève avec ce bilan qui m'a été suggéré par Sirius. Voilà. C'est fini.
Eh bah voilà.

Monde_Bilan
Carnets de route : la télévision du monde pour les nuls

Je vous avoue que j'ai moi aussi un peu le teint verdâtre. Ce fût une expérience follement enrichissante, mais très fatigante. J'aimerais vous donner le nombre de séries vues, le nombre de séries fichées, le nombre d'articles lus, le nombre de pages imprimées... mais cette seule tâche me terrasse par la fatigue qu'elle représente, et parce que ce serait appuyer sur les côtés les plus exténuants de l'expérience.

Mais dans l'ensemble, j'ai eu de la chance de me lancer ce défi, un peu par hasard, mais de la chance quand même. C'est quelque chose que je recommande à tous ceux qui ont la téléphagie ancrée en eux... mais pas forcément à ce rythme, naturellement. Se fixer un pays à découvrir et s'y tenir, et lire le maximum, voir le maximum, tenter de comprendre comment les choses fonctionnent... Dépasser tout ce que l'on sait, remettre les choses à plat, accepter la possibilité d'un ailleurs plus exotique que jamais, et pourtant tellement réel pour les millions de téléspectateurs que ça concerne.

Quand je lis des "OSEF" et autres joyeusetés sur les news que je fais pour SeriesLive (et ce, en dépit de statistiques de lecture prouvant que ce n'est pas le cas, mais bon), je me dis : mais qui, en fait, s'en fout ? Les quelques téléphages que nous sommes ? Mais songez un peu en termes de chiffres : cette semaine, en Corée du Sud, Jeppangwang Kim Tak Goo s'est achevée sur des audiences d'environ 25,4 millions de spectateurs (c'est énorme mais on verra ça plus en détail avec la news audiences de vendredi, vous verrez). Et pendant ce temps, on qualifie d'excellents les résultats du marathon The Big Bang Theory quand ils rassemblent 8,1 millions de spectateurs la même semaine ? Comparativement, c'est plutôt du marathon de The Big Bang Theory dont on se fout, quelque part, non ?
Je sais bien que j'exagère. Après tout, le marathon était une rediff, et le final clôturait une saison exceptionnelle pour la comédie romantique coréenne. Mais tout de même, ça fait un peu réfléchir.

Vous savez, j'ai compté. Par curiosité, juste comme ça. Je suis pas très chiffres mais il s'avère que je les avais (vous verrez là aussi pourquoi bientôt), sur l'audience de chaque pays. Rendez-vous compte : avec les 12 pays pour lesquels il y a eu des articles sur SeriesLive, on parle déjà de télévisions qui sont regardées par plus de 2 milliards d'êtres humains (et on n'a même pas parlé de la Chine, par exemple). Comparez ça aux 310 millions de spectateurs américaines, et demandez-vous à nouveau qui pourrait dire que la télévision américaine, "OSEF". A peu près tout le reste du monde.
Évidemment, la télévision américaine exporte beaucoup, et dans la plupart de ces pays, ce qui signifie que mon raisonnement est caduc, du coup. Mais quand même, je trouve que ces 2 milliards et quelques d'âmes, ça signifie quelque chose. Ces 2 milliards de spectateurs ont, outre l'achat de séries américaines, une télévision qui leur est propre. Ils ont quelque chose qui leur est destiné à eux. Ça signifie en fin de compte qu'il y a bien plus que la télévision américaine dans la vie, et que le modèle n'est pas un absolu.

Comprenez-moi bien : j'ai aimé une grande partie de ce que j'ai découvert comme fictions cet été, mais ça ne veut pas dire que je suis devenue anti-télévision américaine. Bien au contraire.
Avoir plus de choix, avoir plus de comparaisons, m'a donné l'opportunité de mieux cerner ce que j'aime à la télévision américaine.

J'aime les saisons courtes, par exemple.
Je voulais en faire un post quand elle a sorti le sien, mais Livia a profondément raison : la saison de 20 épisodes a vécu. En fait, elle n'a vécu quasiment qu'aux États-Unis (et, comme à présent nous le savons tous, en Corée du Sud). La plupart des pays ont depuis longtemps choisi le format d'une demi-douzaine d'épisodes, la mini-série est en quelque sorte la norme. La mini-série renouvelable, certes, mais la mini-série quand même. C'est une question de moyens financiers, bien-sûr, mais aussi une question de préférence. Ce format-là revient parce qu'il est plus confortable pour le spectateur aussi.
Ce vendredi (puisque j'ai choisi le vendredi comme jour privilégié pour les posts To be continued..., j'ignore si vous avez remarqué mais il n'y a eu qu'une seule exception), je voulais faire des récaps pour plusieurs séries ; à la place, je n'ai fait que Glee, alors que j'avais aussi vu la saison de The Big Bang Theory et même 30 Rock. Pourquoi ? Parce que la perspective de rechercher une capture dans une vingtaine d'épisodes (même si j'avais une longueur d'avance pour The Big Bang Theory) était décourageante. Et la raison d'être de ces posts est justement que les séries sont devenues trop longues même pour leur diffuseur, à présent. Il suffit de prendre Caprica comme exemple : SyFy donne l'impression d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre et ne pas savoir que faire de tous ces épisodes. Elle voudrait que ça marche, mais son système de commande l'a visiblement dépassé ; si on était partis sur la base de 13 épisodes, la série n'aura pas connu certains défauts, et la diffusion aurait été plus aisée... l'avenir semblerait sans doute moins incertain pour cette série de SF, en fin de compte.

Vous voyez ce que je veux dire ? Arpenter la façon de faire d'une douzaine d'autres pays me donne de nouvelles perspectives sur la télévision que je regarde et que j'aime depuis plusieurs années. Je vais certainement faire des choix un peu différents maintenant que je suis habituée à une telle variété. C'est la saison des pilotes et je vais y réfléchir à deux fois avant de m'aventurer dans une série prévue pour 20 épisodes, je vais certainement préférer des séries plus courtes, pour avoir plus de temps pour d'autres séries plus courtes venues d'ailleurs.

Ce voyage-marathon m'a ouvert des horizons, m'a aidée à mieux définir certaines choses...
Aujourd'hui je vais regarder à la télévision américaine des séries que je choisis, et non que je subis (et pourtant, avec ma pratique du cagoulage, je me considérais comme plutôt libre de mes mouvements).

Je crois que c'est ça, que j'ai vraiment appris sur la téléphagie, tandis que j'apprenais tant de choses sur la télévision. On n'a pas à être prisonniers d'un système. Il y a un choix plus vaste que ce qu'on croit.

Dans les semaines, les mois à venir, j'espère que vous me suivrez dans cette nouvelle quête. Ce que je vous ai dit qu'il y a plusieurs semaines est toujours valable : j'ai besoin de vous. Si vous avez aimé apprendre ne serait-ce qu'une seule des informations distillées dans ces articles estivaux, montrez-le, tout simplement. Les news et les articles sur SeriesLive, les posts sur ladytelephagy... ne sont pas finis tant que vous, les lecteurs, vous continuez d'y réagir.

Après tout ce qu'on a découvert tous ensemble cet été, j'espère sincèrement qu'on ne va pas bêtement s'arrêter en si bon chemin. Vous, les lecteurs de ladytelephagy, je vous sais curieux, je vous sais intelligents, je vous sais constructifs. Suivez-moi encore un peu, vous voulez bien ?
Juste pour que je n'aie pas à klaxonner deux fois et dire "eh bah voilà". Ce serait trop bête.

Posté par ladyteruki à 20:48 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


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