27 octobre 2011
Just like the ones I used to know
Me sachant sur la fin de ma période faste remplie d'épisodes de The Good Wife, samedi, j'avais vite commencé à songer au plan B. Et comme il était évident qu'aucune série ne pourrait rivaliser avec elle, j'ai alors tout simplement opté pour la direction opposée.
Cela faisait quelques temps que je n'avais pas essayé de série sud-coréenne. Les dernières tentatives avaient été extrêmement infructueuses, et même, osons le dire, décourageantes ; à force j'avais simplement décidé de mettre un peu mes explorations coréennes de côté pour un moment.
Les circonstances semblaient donc parfaites pour remettre le pied à l'étrier.
Suite à ma requête sur Twitter, les suggestions ont donc afflué. Je n'avais qu'une seule exigence, mais elle était de taille : pas d'histoire d'amour, à aucun moment.
C'était le symbole de mon divorce avec la Corée du Sud : ces histoires d'amour qui viennent vous polluer n'importe quelle bonne base de départ pour que tout devienne, au choix, soit une comédie romantique, soit une romance dramatique, soit quelque chose entre les deux. La réconciliation était donc à ce prix.
COMA était hors-jeu pour la bonne raison que j'avais déjà vu le pilote, fait dans ma culotte et juré qu'on ne m'y reprendrait plus (à côté, American Horror Story c'est de la rigolade, soit dit en passant et pour ceux qui veulent essayer une mini-série d'horreur coréenne ; les tags sont donc vos amis si vous voulez en savoir plus puisque j'ai parlé dudit pilote voilà plusieurs mois).
Parmi ces suggestions, donc, on trouvait Gichalbirok (un jour faudra que je m'y mette mais j'en attends tellement queç a semble aussi voué à l'échec...), Sonyeo K, une mini-série de cet été, Namja Iyagi, encore une histoire de vengeance (pas vraiment ma tasse de thé non plus) mais primée, et Eolleong Ttungttang Heungsinso, qui à ma connaissance comporte pourtant des éléments de romance. Certaines séries revenant plus souvent que d'autres dans les idées qui m'étaient lancées.
C'est au final White Christmas qui a attiré mon attention. D'abord par son pitch, apparemment à rapprocher d'une sorte de Dix Petits Nègres, ce qui effectivement me garantissait un véritable dépaysement par rapport aux séries sud-coréennes que j'avais pu tester jusque là. Et puis par sa durée, 8 épisodes à peine, quelque chose d'accessible pour une réconciliation, puisque tel était mon but. Je n'imaginerais pas me lancer dans une série de 50 épisodes pour renouer avec la fiction sud-coréenne.
Alors hop ! C'était parti. Avec une certaines pression sur White Christmas, mais bon, il faut bien (re)commencer quelque part.

En commençant avec une introduction lente et mystérieuse, White Christmas démarre à vrai dire plutôt bien, en posant intelligemment l'atmosphère angoissante de la série. Ses personnages, des étudiants d'un internat d'élite qui sont les seuls à rester au bahut pendant les vacances de Noël, étaient relativement bien introduits, également, même si certains se montrent à ce stade un peu en retrait dans le pilote (mais à n'en pas douter, ils auront tous leur moment).
L'atmosphère, c'est malheureusement tout ce qu'on va avoir pendant une grande partie du pilote. Car après une bonne introduction, l'épisode s'embourbe dans une interminable chasse au suspect, puisqu'on tente de comprendre qui a envoyé aux 7 protagonistes la même lettre mystérieuse de menaces.
Or, le héros qui a décidé de mener l'enquête est vraisemblablement complètement à la ramasse, parce que son premier réflexe, une fois que les jeunes résidents se sont réunis pour discuter des lettres, est de partir poser des questions à l'un d'entre eux, et s'engouffrer sans trop qu'on sache pourquoi sur la piste qu'il donne. Sauf que cette piste, c'est celle d'un monstre étrange, et le lycéen interrogé est visiblement un peu azimuté. Ses propos décousus vont, en dépit du bon sens, devenir le socle de l'investigation pendant une bonne partie de l'épisode. Pourquoi a-t-on pris ses propos au sérieux ? A première vue, uniquement pour apporter un côté surnaturel à l'intrigue ; ça parait illogique tant l'arrivée soudaine d'un homme extérieur au pensionnat est bien plus suspecte que quoi que ce soit d'autre.
Du coup, alors que je commençais à accrocher à White Christmas et son ambiance claustro, j'ai passé une bonne partie de l'épisode à sérieusement m'ennuyer. Ca n'avait plus ni queue ni tête, comme si on tentait de créer un suspense artificiel pour nous détourner de l'évidence.
En réalité, l'épisode ne redevient captivant que sur ses dernières minutes, lorsque certains de mes soupçons semblent se confirmer, et qu'une très belle scène dans la neige vient cloturer le pilote. Les choses redeviennent alors prometteuses.
Mais plus important encore, White Christmas a tenu sa plus vitale promesse : ne pas ajouter d'intrigue amoureuse à son étrange déroulement. Pour cette seule raison, je suis prête à lui passer bien des caprices, y compris son étrange obsession pour les déviations inutiles pour ralentir le récit et asseoir son ambiance fantastique. J'ai donc pour le moment l'intention de poursuivre White Christmas, et je suis contente d'avoir trouvé une bonne raison de ne pas me fâcher avec un drama coréen. Ca faisait longtemps...
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... qui arrive bientôt.
16 novembre 2010
Dangereuse empathie
A quel point ce que nous regardons a une influence sur nous ?
On parlait il y a peu des émotions qu'on ressent devant les séries qu'on regarde. Et c'est nécessaire de laisser l'empathie fonctionner pour profiter pleinement de ce qu'on regarde. Je reprends l'exemple de ma sœur rei : rien ne rentre, rien ne sort. Blindage maximal. Pourtant, cette émotion que nous avons devant une scène, si nous la goutons avec plaisir pendant quelques minutes, surtout quand l'épisode a été un temps fort, ne peut-elle pas aussi nous mettre dans une forme de danger ?
Je prends l'exemple de la peur, parce que c'est certainement ce à quoi je suis la plus sensible... et je tiens à remercier entre autres The Walking Dead pour ça.
Quand une scène se finit, je peux sentir tous les muscles de mon cou complètement contractés dans une boule dure à la base de ma nuque, mes dents serrées, mes orteils recroquevillés... et ça me prend une infinie minute à tout désentrelacer calmement. Si des dents sont impliquées dans l'affaire, en général je me suis de surcroit ruée sur la première source de lumière venue et je serre la chose la plus pelucheuse à portée de main (parfois un oreiller, parfois un chat) en essayant de ne pas hurler. Osons le dire, je n'en mène pas large pendant plusieurs minutes. Je me souviens avoir été dans un piteux état longtemps après la fin de Jekyll (dents), avoir été à l'envers pendant une semaine après Dead Set et The Walking Dead (dents), avoir fait des cauchemars longtemps après COMA (...ah ? pas de dents ?). J'ai donc bien emmené ces émotions au-delà de la sphère du visionnage.

Si ça marche pour la peur, ça le fait sans doute pour d'autres choses mois évidentes.
Après avoir vu quelque chose de particulièrement beau, être de bonne humeur voir exagérément positive (merci Pushing Daisies... avouez, ça faisait longtemps), par exemple, semble un effet plutôt désirable...
Mais au final, il faut sans doute apprendre à dresser la barrière qui permet à la série de ne pas trop entrer en collision avec nos émotions. Le tout-émotif n'est pas non plus une bonne solution. Si vous pleurez la mort d'un personnage trop longtemps, ça devient inquiétant.
C'est ce que des psys sont en train de dire à propos de Packed to the Rafters, d'ailleurs, dont un personnage est décédé il y a deux semaines, et qui semble provoquer un vrai travail de deuil auprès de nombreux spectateurs australiens. Preuve si besoin était que la télévision touche vraiment à quelque chose d'intime en nous, et que ça peut être effrayant sous un certain angle et/ou à un certain degré.
Pour autant, et justement parce que nos vies ne sont pas remplies d'autant d'émotions à forte amplitude, nous recherchons ces émotions fortes, et espérons des évènements-clé d'une série qu'ils nous donneront satisfaction. C'est quand nous ne ressentons pas de frisson durable que nous sommes déçus. Quand nous sommes atteints par les émotions de l'histoire, quand, finalement, nous sommes vulnérables, nous en redemandons. C'est à ça qu'on nous distingue des télambdas, dans le fond.
Et parfois, ça fait peur, justement...
28 février 2010
Fear is the mind killer
Ma grand'mère, qui était une femme fort sage, me disait souvent que l'Enfer est pavé de bonnes intentions. Le sens profond de ce dicton populaire vient de me frapper.
Je vous présenterais bien COMA, mais enfin, rien de ce que je pourrais dire sur le pitch n'apporterait grand'chose de plus que ce qu'en disait Livia il y a quelques heures et ce qu'en dit la fiche de SeriesLive. Mais enfin, soulignons qu'il s'agit d'une série d'angoisse, voire d'horreur. Et que je me suis rappelé à quel point je n'aimais pas ça.

Alors après, il faut le dire, COMA est une série sacrément bien gaulée. Enfin, je vous parle du pilote, hein, parce que j'ai pas eu les burnes de regarder la suite.
Prouvant une fois de plus que les séries coréennes savent piocher leur inspiration dans le cinéma (chose que, quand même, les séries japonaises font très rarement), on a ici un produit fini remarquablement bien travaillé, tant sur le plan de la réalisation que du scénario. On sent la maîtrise.
Il y a eu de nombreux passages pendant lesquels je pensais (espérant sans doute conserver un semblant de contrôle de moi-même) à Kingdom Hospital ; et pourtant, hormis le fait que la série se passe dans un hôpital lugubre, les points communs sont limités (pas de fourmilier géant dans COMA par exemple...). Mais l'ambiance est similaire : on ne comprend pas tout, mais on sait qu'on ne se marre pas DU TOUT.
COMA parvient même à utiliser un gadget suremployé ces dernières années, le flashback, sans griller toutes ses cartouches et se décrédibiliser. Au contraire, les aller-retours entre le présent et le passé sont fluides, efficaces, et en même temps suffisamment cryptiques pour qu'on ne comprenne pas tout tout de suite. De la même façon (mais j'ai cru comprendre à la lecture du post de Livia que ce n'était pas forcément le cas de tous les épisodes), les ingrédients angoissants ne sont pas de l'ordre de l'explicite, et en même temps on n'a pas cet horrible sentiment de se faire balader, juste que la production connait son sujet.
Mais enfin, au bout du compte, COMA est le genre d'expérience un peu trop secouante qui fait que je me refuse à dire trop de bien de la série. Alors oui, le casting est bon, la réalisation est bonne, le scénario est bon, le... tout ce que vous voulez. Mais je déteste cette série du plus profond de mon âme.
C'est tout juste si je ne préfère pas aller regarder le pilote de NCIS: LA, à la place de suivre la série.
...
Nan, je déconne. Même mon masochisme a ses limites.
Je suis ressortie du visionnage du pilote de COMA avec une puissante envie de hurler, de pleurer, et de me détester. Je sais pas pourquoi je m'impose des trucs pareils.
Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche COMA de SeriesLive.














