ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

06-08-11

11 ans d'âge

TheYard-Class

Bon. Bah coilà. C'est fini.
C'est fou comme on s'attache vite à une série, en 5 semaines, et alors qu'on n'a aucune garantie qu'elle puisse durer plus longtemps.
J'ai un vrai problème avec les séparations. Je crois que c'est une des nombreuses raisons qui font que je regarde des séries plutôt que des films, j'ai plus rarement à affronter des séparations. Les personnages restent avec moi, longtemps... du moins si la série ne se fait pas annuler trop vite, ce qui a quand même tendance à m'arriver un peu souvent. Rares sont les séries que j'aime qui durent plus de deux saisons, ces dernières années.

Et puis, c'est pour des surprises comme The Yard, aussi, que je suis téléphage. Parce qu'au départ, je pensais sincèrement qu'il s'agissait d'une série sur des Soprano de 11 ans. Et pas vraiment. Pas seulement. En fait j'ai dans l'idée que cette série a été vendue sous un faux prétexte.

The Yard aura donc été une série sur l'économie et la politique. Avec des enfants de 11 ans. C'était finalement encore plus original que je ne le pensais en regardant le pilote. L'idée a toujours été de nous parler du fonctionnement économique et politique du monde, des différentes forces à équilibrer, de sujets aussi variés que l'écologie, la guerre ou le nucléaire.
Avec des enfants de 11 ans.

Je suis sciée par l'habileté intellectuelle qu'il faut pour arriver à se sortir de toutes les séries sur la politique, et de dépasser les évidences comme A la Maison Blanche, CHANGE ou Party Animals. Ce n'est pas que je reproche quoi que ce soit à ces séries, bien au contraire : elles sont justement si bonnes dans leur domaine qu'il est difficile de passer derrière. The Yard y a réussi avec le concept le plus original que j'aie jamais vu pour une série politique. Avec des enfants de 11 ans.
C'est du pur génie.

Alors je suis désolée de pimper cette série comme une malade depuis quelques semaines, mais c'est quand la dernière fois que vous avez vu un thème comme celui-là être étudié sous un angle aussi inédit ?
L'inédit, de nous jours, ça n'existe plus vraiment. The Yard a eu cette étonnante faculté de surprendre et d'offrir un regard différent, un propos différent (fondamentalement pro-légalisation des drogues, par exemple), et une finesse dans les dialogues qu'on voit rarement à la télévision.

J'ai fini la série avec le coeur au garde à vous. Ca force le respect, des séries pareilles. Sans doute un phénomène dû en partie à la rareté.
Il faudra étudier ça dans une deuxième saison...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Yard de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

23-07-11

Initiation

Quand une collègue saisonnière, ayant eu vent de votre passion pour les séries, se tourne vers vous et vous demande : "Et sinon, c'est bien Mad Men ?", alors qu'une seconde avant elle ne jurait que par Grey's Anatomy et One Tree Hill, vous vous sentez l'âme d'un vieux sage dans un quelconque film de kung fu.
Et quand un stagiaire, ayant éprouvé vos connaissances en la matière, vous demande ce qu'il pourrait regarder en l'absence d'épisodes de Chuck cet été, vous ressentez soudain une immense responsabilité, mais une grande fierté.
Ils ne sont pas là pour longtemps, mais pendant les jours ou semaines qu'il leur reste à passer auprès de vous, vous avez l'opportunité d'ouvrir des portes, et ils sont venus à vous exactement pour ça, et qu'ils s'en remettent à vous, qu'ils sont prêts à écouter, qu'ils sont intellectuellement ouverts et disponibles et que tout peut arriver. On peut alors les emmener plus loin.

En fait ça fait longtemps que je n'ai plus eu l'occasion de mener des opérations de contagion dans mon entourage proche. Comme si j'avais décrété, je ne sais pas trop à quel moment, que j'avais suffisamment d'horizons à ouvrir à ceux qui me lisent, sans que ceux qui me voient ne deviennent eux aussi la cible de mes assauts répétés sur l'air de "The Yard c'est trop bien il faut regarder" et "youpichouette j'ai reçu le DVD de Koselig Med Peis". Je ne sais pas du tout d'où ça me vient, non plus.

Et c'est finalement avec tendresse que je réponds à leurs questions et que je pose les miennes. J'écoute les réponses qui me permettront de conseiller au mieux quelques titres, mais pas seulement. Je lis sur leurs visages les choses qu'ils découvrent. Leurs yeux s'écarquillent parce que je mentionne des choses dont ils ignoraient l'existence, la lèvre en suspens, ils réfléchissent rapidement pour mesurer si tel concept leur plairait ou pas, et insèrent des questions plus générales, grâce auxquelles je peux glisser des séries que je ne leur conseille pas forcément mais qu'il peut être intéressant de connaître. Dans ce contexte, mentionner une série australienne ou danoise n'a rien d'incongru, on n'est pas dans le genre de discussion où soudain votre interlocuteur doute de votre santé mentale puisque chacun sait qu'il n'y a des séries qu'aux Etats-Unis. Je ne recommande pas ces séries à des gens qui n'en sont pas au stade où ça peut les attirer, mais je les mentionne parce qu'elles existent et qu'elles font partie du panorama, et parlent d'un sujet similaire, ou présentent au contraire un univers totalement inédit. Je ne cherche pas à leur faire regarder ces séries-là absolument, mais je me dis que si j'en parle, ça leur ouvre quelque chose tout de même. Que je ne vais pas faire comme si je voulais me mettre "à leur niveau" et livrer une information parcellaire, diluée, simplifiée.

Et puis il y a ce moment. La poignée de secondes pendant laquelle mes propos sont jugés, à la fois sur la base de leur sérieux, de leur variété, et de leur adéquation avec la demande initiale. Et soudain je lis que la personne a vraiment été convaincue de regarder A la Maison Blanche, après avoir entendu les comparaisons avec Party Animals et Borgen et Yes Minister et CHANGE. Et je me dis que je viens d'ouvrir un petit verrou téléphagique. Je n'ai pas changé la face du monde.
Mais je viens de semer une graine que je ne verrai jamais germer, mais qui donnera peut-être, oh bien-sûr seulement peut-être, un solide téléphage. Je trouve que c'est une jolie promesse d'avenir.

Heritage
One day, all this will be yours...

Posté par ladyteruki à 01:39 - Contagion - Permalien [#]

26-03-11

Passe le message à ton voisin

En des temps immémoriaux, vous n'êtiez pas encore internautes, peut-être même n'aviez-vous encore jamais cliqué sur une souris, il existait un truc qui s'appelait "tagger" (orthographe incertaine). Cela consistait à répondre à un questionnaire donné puis proposer aux petits copains d'en faire autant. La réaction en chaîne qui en découlait permettait à plusieurs blogueurs, bien que ne s'exprimant pas sur le même support, de tous répondre aux mêmes questions. Accessoirement, ce mème avant la lettre avait tendance à meubler le contenu des blogs d'une même sphère.
C'est ce petit goût d'antan, cette madeleine de Proust numérique, que je retrouve alors que l'ami Eclair m'a taggée, après l'avoir lui-même été. C'est donc de bonne grâce et même avec une dose de nostalgie que je me plie à l'exercice...

1 / Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

C'était début 2006 ; à l'époque je tenais un site sur la Jmusic du nom de Teruki Paradise (Paix à son âme), sur lequel une petite communauté francophone se réunissait via les forums United Paradise. Ah, les souvenirs ! Bref comme on s'en doute, plusieurs de mes compagnons étaient coutumiers des séries japonaises (et/ou coréennes), et il n'a pas fallu bien longtemps avant qu'on m'encourage à m'y essayer. Mais c'était voué à se produire, si ça ne s'était pas fait comme ça, il y aurait eu un autre vecteur : passionnée de popculture japonaise, passionnée de séries... ces deux passions se serait forcément retrouvées tôt ou tard. Malheureusement, mon souvenir est plus flou lorsqu'il s'agit de se rappeler du titre de la toute première série que j'ai vue. C'était, au choix, 1 Rittoru no Namida, Orange Days ou... Attention Please (ah ouais tout de suite c'est moins glorieux...). Ca se trouve je m'en souvenais quand j'en ai parlé les premières fois sur ce blog, il y aura donc certainement plus de détails via les tags...

OrangeDays
2 / Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Ha ha ha, ne regarder qu'un dorama, genre c'est possible ! Ca ne correspondrait probablement pas à ma consommation téléphagique : le format court et fermé de la plupart des séries asiatiques (saisons courtes, pas de renouvellement...) fait que je ne pourrais pas en garder qu'un. Ce serait de la torture. Il m'en faut au contraire plus, toujours plus.
Mais, disons... bon... allez, pour la forme, s'il devait n'y en avoir qu'un... Argh, non, c'est juste pas possible de choisir ! Il y a les raisons sentimentales (Orange Days, Lunch no Joou, Ruri no Shima), les raisons téléphagiques (MotherMousou Shimai, Atami no Sousakan), et les raisons brumeuses mais non moins valables (Kamisama, Mou Sukoshi Dake). Pour toutes ces séries et tant d'autres, l'exclusion de ma liste est impossible. Désolée, je suis incapable de ne choisir qu'un dorama. Peut-être justement parce que je regarde des dorama précisement pour la diversité...

MousouShimai
3 / Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

Là encore la liste est longue, mais déjà j'arrive un peu plus à faire du tri. Disons que les premiers titres qui me viennent feront office de pires élèves de la classe, et tant pis pour tous les autres dorama contre lesquels il faudrait prendre le temps de vous mettre en garde. Mentionnons donc, entre autres : Majisuka Gakuen, Kaibutsu-kun, Shinira Bulriwoon Sanai... Mais je pense vous avertir assez régulièrement du danger qui vous guette avec certains navets, alors restez dans le coin pour ne pas vous faire avoir.

KaibutsuKun
4 / Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

C'est un problème qui étrangement me touche assez peu, je crois réussir à regarder à peu près tout ce que je veux... Enfin, dans une certaine mesure. Disons que, à part s'ils ne sont pas sous-titrés naturellement, j'arrive à trouver le temps de regarder tous les pilotes des dorama qui m'intéressent. Le soucis, c'est de ne pas trouver ce temps pour suivre la série même quand le pilote m'a plu. Exemple concret : j'ai adoré le pilote de CHANGE, mais impossible de me caler les fesses une heure pour voir le deuxième épisode. Et pourtant j'en crève d'envie, mais voilà : il y a toujours plein d'autres pilotes qui passent. Au final, et c'est pire encore pour les dorama que pour les séries américaines d'ailleurs, j'ai tendance à reporter le visionnage de la suite en me disant que de toute façon il y a peu d'épisodes, donc ça ira vite. Et là, CHANGE, pour reprendre l'exemple, ça fait depuis décembre/janvier que je reporte. C'est le drame de ma vie de téléphage, mais c'est comme ça.

CHANGE
5 / Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

Un jour, un jour promis je me bloquerai du temps pour tenter le pilote d'un truc comme Nobuta wo Produce, mais rien à faire, pour le moment, ça passe pas. Il faudra certainement la jouer style Orange Mécanique ce jour-là. Je ne suis pas dans la cible et c'est, vue de loin, typiquement la série qui n'a rien pour me plaire. Après effectivement, c'est vu de loin, justement, donc je m'en fais peut-être une fausse idée. Mais je ne me sens pas concernée par une série qui se passe dans un lycée. Ni au Japon ni ailleurs, en fait. C'est un contentieux de genre qui dépasse largement le problème Nobuta wo Produce, mais enfin, un jour, faudra bien combler cette lacune, quand même.

NobutawoProduce
6 / Tes acteurs et actrices préférées ?

Je fais relativement peu attention au cast d'une série. En fait, c'est plus une exception qu'une règle, quand je me réjouis de la présence de quelqu'un au générique. Pour Miki Maya, Yuuki Amami (qui n'a pas le droit de pleurer), Asami Mizukawa et la sublime Michiko Kichise, par exemple, ça a un semblant d'intérêt, et encore. Disons que je me réjouis de les voir mais... bon bah, elles sont là c'est bien, elles sont pas là c'est pas grave. Je ne regarde pas une série parce que ces actrices sont au générique, d'ailleurs (toujours pas tenté Hagane no Onna, par exemple, et pourtant la saison 2 arrive au printemps), mais j'avoue qu'une série qui les engage a tout de suite gagné quelques points de karma supplémentaire avec moi. En gros, si un jour Yuuki Amami et Miki Maya tournent dans la même série (attendez je fais une pause, j'essaye de me rappeler si ça s'est déjà produit...?!), ça ne signifiera pas que je la regarderai forcément (tout dépendra du pitch), mais si je la regarde, je trouverai plein de raisons plus ou moins valables pour ne pas la déprécier.
Etrangement, du côté des hommes, je me tamponne sévèrement le coquillard de qui qui y est et qui qui y est pas. Ca doit encore avoir un rapport avec l'identification, tout ça.

YuukiAmami
7 / Ton meilleur souvenir drama ?

Je sais pas si c'est le meilleur, mais c'est l'un des plus émus. Par contre attention, spoiler inside.
Je venais de commencer les dorama, ça faisait moins de trois mois et j'avais déjà vu deux ou trois titres, et me voilà à démarer Ruri no Shima et Lunch no Joou. C'est à cette période que ma grand'mère a été admise à l'hôpital, et comme c'était compliqué et que je ne pouvais pas aller la voir, j'essayais de tromper mon inquiétude en me goinfrant d'épisodes de ces deux séries. Et puis, le 8 mars, elle est décédée. J'étais effondrée. Quelques jours plus tard, j'ai repris les visionnages. Et, pour ces deux séries, l'épisode suivant... comportait le décès d'un personnage. Jamais je n'ai eu le coeur brisé comme ça par un épisode, de toute ma vie. Mais c'est aussi, je pense, comme ça que j'ai entamé le travail de deuil, finalement, en affrontant le sujet au lieu de l'éviter.
Ce n'est pas forcément un "bon" souvenir, mais c'est un souvenir téléphagique intime, de ceux qui, je pense, comptent le plus en termes de séries, et je pense qu'aucune série américaine que je regardais à ce moment-là n'aurait pu me toucher de cette façon. La meilleure preuve c'est que 5 ans plus tard, je me souviens de ces deux séries et de l'impact qu'ont eu ces intrigues sur moi, mais que je suis infichue de vous dire quelle série américaine je regardais à la même époque.

RurinoShima
8 / Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Que c'est DIFFERENT. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient. J'entends très souvent des téléphages, dire qu'on tourne en rond, que les chaînes US passent leur temps à recycler de vieilles idées ou des recettes qui marchent. Je conteste ce diagnostic (en général il résulte surtout d'un manque de connaissance de ce qui passe aux USA pour se focaliser uniquement sur les séries les plus populaires du moment et/ou les annonces de projets, souvent peu alléchants sur le papier), mais il est ce qu'il est. A cela je réponds : vous voulez changer d'air ? Il y a des choses différentes en Asie (et ailleurs, mais ce n'est pas l'objet de ce post...!). C'est une formidable façon de continuer de regarder des séries sans tomber sur tout ce qu'on connait déjà via les séries américaines, britanniques, françaises...
Dans les dorama, ce qui prime, c'est le personnage et son ressenti. C'est différent des séries occidentales parce qu'on y prévilégie l'intrigue, les rebondissements, ou les effets de style... Bien-sûr, dans un sens comme dans l'autre, les généralités sont pièges, mais grosso-modo, l'Asie, c'est une télévision à ressentir. Et, alors que depuis 10 ans on nous sert des séries majoritairement tournées vers le cérébral, l'intellectuel (résolution d'enquêtes, interrogatoires, etc...) via les séries policières notamment, bref, depuis 10 ans qu'il y a une approche essentiellement "cerveau gauche" de la fiction, je trouve que ça fait du bien de se laisser aller à quelque chose qui se rapproche de l'émotion pure.
Les dorama, ce n'est pas pour tout le monde, et il y en a qui n'accrocheront pas. Il y en a beaucoup, à dire vrai. Mais c'est une façon de diversifier son menu téléphagique qui permet de se rafraîchir les idées et d'aborder les choses avec un regard, sinon neuf, au moins ressourcé.
Regarder des séries asiatiques, ça demande du temps parce qu'il faut prendre de nouveaux repères, et apprendre ce qui convient et ce qui ne convient pas à chacun. Moi j'ai mis beaucoup de temps à y venir parce que je voulais éviter les amourettes et/ou les trucs lycéens, je croyais que toutes les séries asiatiques c'était ça. Il y en a, c'est sûr (et j'ai envie de dire qu'il y a plus d'amourettes en Corée du Sud, d'ailleurs, ce qui explique ma préférence pour le Japon où les thèmes me semblent plus divers), mais il n'y a pas que ça, simplement il faut dépasser le cliché, chercher, se laisser recommander des trucs et se laisser le temps de se documenter. C'est comme pour plein de choses : si vous voulez être exigeants, il faut vous en donner le temps.

AtaminoSousakanForever
Voilà, j'ai assez papoté ! Je passe le relai à Nakayomi, qui va certainement nous parler lui aussi de Sailor Moon, et à Nephthys, parce que c'est cool d'avoir l'avis d'une petite nouvelle dans le domaine.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]


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