ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-12-12

Tout plaquer

Qui n'a pas connu des moments de doute ? Des moments où l'avenir semblait incertain, où aucune décision ne semblait être la bonne, et où chaque route, (jusqu'au plus infime chemin de traverse) semblait bouchée. Il y a eu des moments où, comme chacun, j'ai eu envie de tout plaquer. De fermer boutique et de partir recommencer ailleurs. Je ne sais pas, moi, aller élever des chèvres dans le Larzac ? Même si j'ai horreur de la nature et que j'ai du mal à survivre dans une connexion internet décente, sans compter que je suis incapable de situer le Larzac sur une carte, mais quand bien même : qui n'a pas au moins une fois songé à aller refaire sa vie dans le Larzac ? D'ailleurs si on m'avait donné l'option, ou si on m'avait dit que c'était la dernière option parce que le reste était sans espoir, je suis sûre que je serais partie avec la conviction de pouvoir y vivre un nouveau commencement ; parce que quand on est au bout du bout, on trouve de l'espoir n'importe où, même auprès de chèvres dans le Larzac.
Certains jours, pendant les périodes les plus sombres, je rentrais chez moi tête nue sous la pluie, et j'espérais qu'elle ruisselle sur moi et me lave de tous les doutes et de toutes les peurs ; mais il n'existe pas de telle pluie. Tout ce que j'en ai retiré, c'est des bronchites.

Même quand on pense avoir mis sa vie en ordre, et que les choses vont plutôt bien, on reste sensible à ce moment, je pense. Il reste ancré en soi ; on se rappelle toujours de l'endroit où on n'a pas pied. Et il n'y a pas d'âge pour les incertitudes.

C'est de tout cela dont parle Osozaki no Himawari. La série, avec le don qui est celui des séries japonaises, nous ramène là où on n'a pas pied ; mais nous rappelle aussi qu'on ne croit jamais si fort en l'espoir d'un avenir meilleur que dans ces moments-là, et que le coeur est prêt à s'ouvrir tout grand au moindre petit bonheur et à l'avaler tout cru  on ne sait jamais, ce sera peut-être la dernière bouchée avant longtemps.

OsozakinoHimawari-580

Osozaki no Himawari n'a rien inventé ; ni dans ses personnages, ni dans ses thèmes. Mais ce qu'elle fait, elle le fait remarquablement bien, et avec le supplément d'âme qu'on est en droit d'attendre d'une série qui a choisi de nous emmener loin, loin du bord, loin de là où on a pied. On a besoin qu'elle ne soit pas surprenante parce qu'on sent rapidement qu'elle va être émouvante, ô combien, et qu'on a besoin de lui faire un peu confiance quand même ; c'est dans son degré minimal d'originalité qu'on tire la confiance nécessaire à suivre son pilote sur les routes cahoteuses de Shimanto.

Shimanto, c'est cette petite ville de province où Joutarou et Kahori débarquent un beau jour.
Joutarou vient de perdre son boulot d'intérimaire dans une entreprise tokyoite ; on lui avait dit qu'il aurait peut-être un poste en CDI, mais avec la crise, les postes en CDI, on ne les donne pas, on les supprime... Joutarou avait bien espéré revenir chez ses parents, mais son frère l'a pris de vitesse, alors comme le compte en banque commence à donner des signes alarmants de faiblesse, il faut bien passer du plan B au plan C... Va pour le plan C, comme campagne, et plus précisément Shimanto, donc, là où la vie est moins chère. Là où, d'ailleurs, on cherche désespérément à recruter pour des petits boulots peu qualifiés, parce que les zones rurales se désertifient, les commerces ferment, les jeunes fuient, et ne restent que des petits vieux qui ont besoin de tout et surtout de compagnie. Mais le coin a l'air chouette, sur les photos ; il aura un véhicule, une petite maison planquée sous les arbres, et le samedi, il pourra peut-être aller faire du kayak dans la rivière, alors comment Joutarou pourrait-il ne pas tenter le coup ? Shimanto, c'est son Larzac. C'est le pays de Cocagne.
Kahori est dans le même avion que lui. Puis dans le même train. Puis le même train régional. Mais Shimanto, ce n'est pas son Larzac. C'est là où elle n'a pas pied. Kahori se destinait à travailler sur la recherche sur le cancer, peut-être à intégrer le programme de jummelage d'une grande université américaine, mais Kahori, son directeur de recherches lui a gentillement dit que des diplomés de son niveau, il y en avait des tas. Elle n'irait pas très loin. Alors voilà, tout ça pour ça. Mais c'est quand il lui a suggéré d'aller jouer les médecins de campagne dans son village natal qu'il lui a donné le coup de grâce. La voilà à présent, faisant contre mauvaise fortune mauvais coeur, de retour à Shimanto, le trou paumé qu'elle a voulu plaquer pour l'avenir, et qui l'a tirée par le pied pour la ramener en arrière. Shimanto, là où elle a laissé sa famille et notamment sa charmante grande soeur qui a un gentil mari et deux jolies petites filles, mais qui n'a même jamais posé le pied en ville... C'était pas la vie qu'elle voulait, Kahori, mais voilà, il y a des choix qu'on ne vous autorise simplement pas à faire.
Et voilà, après une saine période d'exposition, Osozaki no Himawari à cheval sur deux thèmes, le retour à la terre et le retour au bercail, l'un porteur d'espoir, l'autre qui signe de la fin du chemin, avec le spectateur qui hésite entre l'optimisme un peu forcé de Joutarou et le pessimisme un brin de mauvaise foi de Kahori.

Est-ce que la vie à Shimanto est si terrible ? Certes pas. Certains y ont vécu toute leur vie et ne s'en portent pas plus mal ; plein de petits vieux y vivent leurs dernières années dans la verdure et ils n'ont pas l'air malheureux.
La petite maison planquée sous les arbres et la petite fourgonnette ont pourtant du mal à dissimuler la déception que représente la nouvelle vie de Joutarou. La vie est peut-être moins chère que dans la capitale, mais elle n'est pour autant pas une partie de plaisir ; il faut sans cesse qu'il sourie, qu'il soit aimable en toute circonstance, serviable à tout instant, qu'il contente tout le monde : n'est-ce pas la meilleure façon de ne pas se contenter soi-même ? Alors dans un moment d'abandon, Joutarou arrête de sourire, d'être aimable, d'être serviable, de contenter qui que ce soit, il va s'enfermer dans sa petite maison planquée sous les arbres... et il ne se le pardonnera probablement jamais. Kahori, elle, qui ne voulait pas être médecin pour soigner les gens, découvre aussi, progressivement, qu'elle ne sait pas comment être médecin pour soigner les gens. Elle va, à son tour, être mise face à ses limites.

Nos deux héros, et plusieurs jeunes locaux de Shimanto, vont découvrir qu'il n'y a pas d'ailleurs, il n'y a pas de pays de Cocagne, pas plus qu'il n'y a de Larzac, pas vraiment. Il y a soi, partout où on va ; on ne peut y échapper. La pluie ne nettoie pas de ça. Il va falloir faire face, accepter le changement, accepter de prendre une voie qui semble sans issue, surtout si c'est un minuscule chemin de traverse au milieu des herbes hautes, et prendre les choses comme elles viennent, au jour le jour. Réapprendre à avoir pied.
Avec son ensemble show porté par deux personnages au parcours à la fois si différent et tellement similaire, Osozaki no Himawari ne promet pas que tout va aller bien, son pilote le prouve. Mais elle promet en revanche, comme en son temps des séries comme Last Friends ou Orange Days, que quelque soit le doute qui vous éreinte, quelque soit l'angoisse des lendemains qui déchantent, et que la décision soit la vôtre ou non, vous pouvez trouver quelques raisons de sourire de temps à autre. Trouver le bonheur dans la résignation, le temps de réapprendre à faire des choix ; exister humblement le temps de guérir des plaies infligées par le monde.
Osozaki no Himawari vous emmène non pas à Shimanto, mais là où, derrière les déceptions modernes, se cache la personne en vous qui saura grignoter quelques gourmandises de vie, en attendant que l'appétit revienne.
...Seigneur ! Ca faisait longtemps que je n'avais plus ressenti ça devant une série. Depuis Buzz Aldrin !

Posté par ladyteruki à 23:07 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-11-12

The clouds come and go, the mountains still high

Quand il est devenu évident que j'étais incapable de trouver des sous-titres pour le pilote de Hellfjord (ce qui se comprend vu qu'ils n'existent pas), deux choix se sont ouverts à moi : soit je laissais tomber le pilote d'une série dont je suis le développement depuis de nombreux mois... soit je regardais en VOSTM.
Hm. Suspense, suspense.

Hellfjord

Hellfjord raconte l'histoire de l'officier Salmander, un pauvre type qui menait tant bien que mal sa carrière dans la police montée jusqu'à présent, et qui, à la défaveur d'un évènement pour le moins particulier, se retrouve muté sur l'île étrange de Hellfjord, un patelin perdu au milieu de la mer et de la brume.
Et quel évènement. Les premières minutes du pilote sont entièrement dédiées à revenir sur la raison de cette brutale mutation, qui est un peu une mise au placard qui ne dit pas son nom. Contrairement à The Strange Calls, qui en apparence traite d'un sujet similaire, Hellfjord va passer de longues minutes, de douloureuses minutes, d'hilarantes minutes, à expliquer qui est son héros, et à donner le ton. Tout ça pendant une séance d'interrogatoire par son supérieur qui n'en finit pas.
Et personnellement j'étais pliée de rire, je vous le dis tout de suite. Je vous raconte ? Allez, je vous raconte.

Salmander officie donc sur un magnifique cheval, superbe créature qui l'accompagne alors qu'il est déployé pour assister un cortège public (j'ai pas bien compris, mais ça ressemble à la fête nationale, en gros). Donc autour de lui, il y a énormément de monde, des femmes, des enfants, des tout ce que vous voulez. Or, d'une part, il ne maîtrise pas sa monture, mais surtout, la malheureuse bestiole finit par se briser la patte contre un trottoir. Alors que l'équidé s'affaisse sur la chaussée, les passants commencent à se retourner. N'écoutant que son courage et le fascicule de procédure, Salmander décide donc de mettre fin aux souffrances de l'animal. Mais le premier coup ne fonctionne pas. Le second non plus. Et pendant ce temps les badauds, et notamment les enfants, qui regardent, forcément intrigués par les bruits des coups de feu. Quand Salmander n'a plus de munitions, il emprunte un trombone à un musicien faisant partie de la parade. C'est la boucherie (chevalline, donc). Et pourtant l'animal n'est pas mort. Donc Salmander réquisitionne une voiture et... Quand yen a plus, oh Seigneur, yen a encore. Rien que de l'écrire je me remets à rire. Nan c'est énorme, franchement. Et ça fonctionne magnifiquement bien parce que cette explication est remise dans le contexte de l'interrogatoire par son supérieur, où tout le monde reste impassible. Ca marche formidablement bien.

En tous cas la nouvelle finit par tomber au bout de 5 hilarantes minutes, et voilà Salmander muté sans grande possibilité de faire marche arrière.
Le problème c'est que Hellfjord est non seulement un petit bled paumé au milieu des montagnes et d'une mer hostile, mais c'est un endroit franchement bizarre.
J'en veux pour preuve le fait que pour accéder à l'île/la ville, il faut passer en bateau, et pour que le bateau passe sans encombre, il faut, hm, lâcher une tête de mouton dans l'eau. Bien bien bien. Tout de suite ça met à l'aise. Donc notre Salmander (qui n'a d'ailleurs pas le pied très marin...) se retrouve à traverser une mer habitée par une quelconque créature aimant le gigot, pour arriver dans un petit coin perdu où désormais il est supposés être en poste. Sauf que là encore, les surprises sont nombreuses. En particulier, il est accueilli par le milicien du coin, Kobba, un vieillard bien péquenaud, laid, et pas forcément très vif, qui habite un bâtiment officiel de Hellfjord avec son épouse, une jeune femme magnifique qui semble le désirer en permanence, et qui au contraire semble du plus haut dégoûtant aux yeux du vieillard crachottant.
Salmander doit vivre avec eux dans la maison du bourg, qui sert également de commissariat... et pour cause, la seule chambre de libre, c'est une cellule aménagée avec un lit de camps, des rideaux, une méchante peinture à la chaux, et comme toute baignoire, une minuscule bassine où il tient à peine assis (et qui sert également pour la vaisselle). Là encore, ambiance. Bref c'est vraiment un endroit chaleureux et sympathique, et on sent que la punition de l'officier est à la mesure de la faute !

De Hellfjord, on en saura cependant assez peu dans ce premier épisode. Quelques explications nous seront données par Kobba dans un aperçu rapide des habitants (apparemment on aime fumer à tous âges, et fréquenter en famille Kjells Kitchen, le club de strip tease local ; accessoirement le garagiste est aussi gynécologue), et on apprendra très rapidement que l'économie locale dépend uniquement des pêches de Hellfish, l'entreprise locale dirigée par Bosse Nova, un type en costard cravate n'inspirant pas la confiance.
Lorsque le maire présente officiellement Salmander aux habitants de la commune, l'ambiance est assez fraîche, son arrivée étant accueillie avec une joie particulièrement dissimulée ; une seule personne semble curieuse, la journaliste Johanne, qui l'invite rapidement à prendre un café à Kjells Kitchen pour une rapide interview.
Les premiers jours de Salmander à Hellfjord sont beaucoup plus calmes ; sa première mission est de faire le guet toute une journée sur un bord de route totalement désert dans l'espoir de prendre au moins un flagrant délit de vitesse avec son radar portable, mais en-dehors d'un laborieux tracteur, la journée se passera totalement en isolement au milieu des montagnes.

Pour une série qui se réclame de l'héritage de Twin Peaks, et qui se vend comme une comédie d'horreur, Hellfjord se montre donc assez réservée dans ce premier épisode, qui a avant tout comme fonction d'établir une ambiance, un style, et des personnages. On est dans l'exposition la plus totale pendant les 27 premières minutes de cet épisode qui en dure à peine 29. Mais entre les choses bizarres, dérangeantes (très dérangeantes, la scène de la bassine je m'en remets pas) et tout simplement ridicules (Salmander n'a pas l'air de bien maîtriser ses bras et ses jambes, l'abruti), on passe quand même un fichu bon moment.
Je ne vous cache pas que le cliffhanger est un peu atroce/absurde/intrigant, mais globalement, on sent bien que l'intention de Hellfjord n'est pas tellement de faire un truc qui fait peur, et que c'est la comédie qui l'a emporté dans cet étrange mélange. Une comédie formidablement bien servie par un esthétisme superbe (ces paysages rocheux, ça me chavire ; d'ailleurs ça m'a redonné envie de revoir Buzz Aldrin), une musique qui effectivement, a puisé son inspiration de toute évidence du côté de Twin Peaks, et un cast assez varié (par exemple, Kobba est interprété par un acteur grossièrement grimé et jouant dans l'outrance, Salmander est tout en retenue et en regards), mais une comédie quand même.
Le problème c'est que le mystère lancé en fin d'épisode n'a finalement pas grand intérêt. Alors, c'est à se demander si... et je dis pas ça souvent, Hellfjord n'aurait pas plutôt gagné à être un peu plus procedural, surtout vu sa courte durée (7 épisodes au total), on va à peine commencer à se captiver pour le mystère découvert en fin de pilote que la saison va toucher à sa fin.

Bon, je suis sceptique sur la durée de vie du concept, en gros, même si j'ai passé un bon moment (bien que m'écriant "ah nan, naaan, mais quelle horrrrreur, ah ah ah, ah nan !" à intervalles réguliers). Je suis convaincue qu'il aurait été meilleur si j'avais compris les dialogues, mais franchement ça valait quand même le coup quand même, en dépit de mes doutes sur la longévité du truc.
Du coup, j'ai fait mes petites recherches, évidemment, le DVD doit sortir tout début janvier en Norvège. Pour l'instant pas de trace de sous-titres anglais (rha la poisse !) mais d'ici janvier, des détails peuvent encore s'ajouter à la description du produit. Si les sous-titres apparaissent magiquement quelque part (par voie légale... ou pas), je regarderai les suivants, histoire de voir comment Hellfjord parvient à concilier ses ambitions horrifiques avec le ton qu'elle a donné à son pilote. Qui a tué Løra Palmer ? C'est ce que nous apprendrons peut-être dans un post futur...

A part ça, côté Norvège, ma prochaine mission sera de mettre la main sur Hjem, qui a commencé la semaine dernière et sur le pilote de laquelle je ne suis même pas fichue de mettre la main, ne parlons même pas des sous-titres. Qu'est-ce qu'il y a, j'ai offensé le Dieu de la Téléphagie récemment, ou quoi ?!

Posté par ladyteruki à 23:38 - Review vers le futur - Permalien [#]

21-06-12

[DL] Buzz Aldrin

Le générique de Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ? est, un peu à la façon de celui de Homeland, avant tout une façon de prolonger le récit, plutôt qu'un étendard permettant d'identifier clairement son style. Du coup, quand on connait le charme de la série, son rythme, son esthétisme, impossible de regarder le générique comme un rappel de cet univers : ce n'est pas son rôle.

BuzzAldrin
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Ici le but du jeu est donc de raconter la naissance du personnage principal, à laquelle il est très brièvement fait allusion dans la série ; c'est aussi ce qui permet par la même occasion indirectement rappeler le lien fort entre Mattias et son héros Buzz Aldrin.
Cela n'étonnera du coup personne que l'image du générique ait une apparence si vieillotte, étant donné la date de naissance de Mattias. Dans une série dont le plus ancien flashback se déroule dans les années 90, le choix d'un tel générique peut surprendre, mais il est certain qu'il dépasse largement la mission initiale du genre (musique et noms des professionnels impliqués), pour aller offrir une clé de compréhension complémentaire au spectateur.

Du coup, lorsque Buzz Aldrin me manque, j'avoue éprouver une certaine réticence à regarder le générique pour le plaisir de la nostalgie émue, tout simplement parce que je n'y retrouve pas exactement ce que j'ai ressenti devant la série. C'est un peu triste parce que je pense que j'aimerais pouvoir retrouver l'ambiance des épisodes, mais si on se sort de ce simple aspect émotionnel, c'est finalement une excellente chose.
Le générique de Buzz Aldrin, avec son thème étrange et ses images totalement hors contexte, rappelle aussi que tous les génériques ne sont pas conçus pour fonctionner de la même façon et qu'il est encore possible d'innover. C'est une expérience intéressante qui mérite d'être vue, et qui, au passage, peut vous inciter à donner sa chance à la série même si le générique, en définitive, ne vous donne aucune idée de ce à quoi vous devez vous attendre si vous voulez vous y mettre.

Posté par ladyteruki à 00:27 - Médicament générique - Permalien [#]

20-06-12

[GAME] Turn the music on

Il ne vous aura pas échappé que la fête de la Musique, comme chaque année, commence... eh bien, dans une minute, littéralement. Pour me mettre au diapason, j'ai donc décidé de ressortir de mes cartons un nouveau jeu des génériques, un jeu que je ne vous ai pas proposé encore en 2012, alors qu'il s'agit probablement de l'une des plus anciennes traditions de ce blog.
N'ayez crainte, cependant : notre partie de chasse islandaise est et reste disponible, au cas où, plutôt que des génériques, vous préfériez vous mettre en quête d'un pilote de série scandinave (il en faut pour tous les goûts).

Musique

Comme du coup, ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas joué à un jeu des génériques, laissez-moi procéder à un rappel bienvenu des règles du jeu, histoire de mettre tout le monde sur un pied d'égalité.

Dans ce post, je vais vous faire deviner 10 séries ; si vous trouvez le titre de l'une (ou plus) de ces séries, et que vous le suggérez en commentaires (sans oublier de préciser le numéro de la devinette), j'uploade le générique qui correspond.
Cependant, il est bon de noter que le générique des séries que je vous propose de reconnaitre n'a jamais été uploadé par le passé sur ce blog ; du coup, avant de répondre, une recherche intensive parmi les génériques déjà proposés dans ces colonnes peut vous permettre d'éliminer certaines possibilités (accessoirement, pour ceux dont le lien est mort, vous pouvez en profiter pour réclamer leur remise en ligne). Les séries concernées peuvent être d'absolument toutes les nationalités ; je ne préciserai donc pas le pays d'origine des séries concernées, mais me connaissant, attendez-vous à ce qu'elles ne viennent pas tous des USA...
En outre, vous pouvez proposer absolument autant de réponses que vous le voulez, et même vous aider entre vous, puisque c'est un jeu où les visiteurs du blog ne jouent pas les uns contre les autres, mais essayent au contraire de déverrouiller le plus de génériques possible.

Puisque je n'avais pas envie de nous imposer un thème trop particulier, mais que je voulais quand même réduire la fenêtre des possibilités pour ne pas vous rendre la tâche trop ardue, j'ai décidé que le point commun à toutes les séries du jeu des génériques ici présent serait qu'elles ont toutes été évoquées sur ce blog en mai ou en juin 2012. Pour vérifier ce genre de choses, vous pouvez donc soit lire l'équivalent de près de 2 mois de posts... soit utiliser les tags si vous avez une série spécifique en tête et que vous voulez vérifier si elle est éligible. Attention : cela ne veut pas dire que ce sont des séries auxquelles j'ai consacré tout une review ; parfois, elles ont pu être simplement citées en passant.
Mais en tous cas ça signifie qu'elles apparaissent impérativement dans les tags d'au moins un post publié au cours de ces deux derniers mois. Comme ça, même si la réponse ne vous apparait pas de façon évidente, un peu de recherche peut vous permettre d'avancer tout de même dans le jeu, j'ai pitié de vous !

Nous cherchons donc...
1 - Une série dont le héros est un peu dans la lune > Buzz Aldrin
2 - Une série qui a du chien > Hounds
3 - Une série où tout le monde s'entasse dans une maison > The Clinic
4 - Une série qui ne fait rien pour arranger la réputation des avocats > Réttur
5 - Une série dans laquelle la plage est une affaire très sérieuse > Preamar
6 - Une série où un anneau a énormément d'importance, mais ce n'est pas inspiré par Tolkien > Obroutchalnoie Kolcho
7 - Une série qui doit son nom à une coiffure > Bunheads
8 - Une série sur lesquels les fansubbers bulgares se sont rués > Muhtesem Yüzyil
9 - Une série qui se déroule dans un pays en guerre > Kaboul Kitchen
10 - Une série adolescente fantastique logée dans un internat > Het Huis Anubis

Attention, la réponse la plus évidente n'est pas toujours la bonne !
BONUS ! Si vous mettez moins de 24h à trouver ces 10 séries, j'ajoute un 11e générique juste pour vous faire plaisir, en guise de récompense ! A vous de voir si vous arrivez à découvrir les 10 réponses nécessaires pour le débloquer... > Coacherna

Prêts ? Feu... partez !!!

EDIT : bravo à tous, challenge remporté pour cette fois, mais je reviendrai avec 10 autres génériques bientôt pour vous remettre au défi !

Posté par ladyteruki à 23:59 - Games On - Permalien [#]

02-06-12

Pansement

BuzzAldrin-Pansement

Il est des séries qui ont un effet sur nous, et sur nos émotions. On peut en général espérer que cet effet soit positif, mais c'est évidemment très variable. Certaines nous rappellent des souvenirs, par exemple, d'autres nous incitent à réfléchir sur nous mêmes. Simplement regarder une série qui a une bonne histoire ou de bons dialogues, ou même qui peut nous imprimer temporairement un sentiment, sont des façons d'apprécier une fiction parfaitement dignes. Mais atteindre le moment où la série fait encore plus pour vous est un rare cadeau, à apprécier à sa juste valeur.
Il est simplement des séries capables d'atteindre notre âme et de lui imprimer un mouvement, même subtil.

Alors que 3 semaines s'étaient écoulées depuis mon visionnage du 3e épisode de Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ?, j'ai enfin pu voir le dernier épisode, que j'avais été proprement incapable de trouver avec des sous-titres ; mais de vous à moi, de toute façon, après avoir vu le pilote je n'ai plus beaucoup cherché tant il était certain que j'allais me commander le DVD. Quelques euros et plusieurs jours de patience plus tard, le coffret de Buzz Aldrin est effectivement arrivé dans ma boîte aux lettres et, je ne regrette rien de rien, l'investissement valait mille fois le coup (mais ne le dites pas au vendeur de NordicDVD).

Après le résumé des épisodes précédents, il a suffit de moins d'une minute pour que je pousse un soupir et que je détende mes épaules.
C'était comme se sentir soudainement délestée de tout. Tout comme Mattias venait trouver la sérénité dans les îles Færoe, je crois que j'y ai trouvé de façon similaire énormément de calme : le tempérament taciturne mais à la fois plein de tendresse du héros, son entourage extrêmement chaleureux et accueillant, même si forcément un peu barré et abîmé, et évidemment, la beauté des décors, sont une véritable thérapie.

Quel que soit votre tourment et quel que soit sa gravité, je gage qu'il puisse être soigné, même si ce n'est que temporairement, par Buzz Aldrin. Précisément parce que cette série parle si bien de reconstruction, toute lente qu'elle soit. D'ailleurs, lorsqu'on apprend dans le final combien de temps s'est passé depuis le pilote, difficile de ne pas être surpris tant on avait vécu les évènements hors du temps, sans se soucier d'une quelconque chronologie en-dehors de quelques flashbacks. Je crois bien que c'est l'effet voulu : se concentrer sur la guérison et non sur le temps qu'elle prend. Il faut ce qu'il faut.
Difficile de ne pas penser à toutes les fois où ça m'aurait sans doute fait le plus grand bien de pouvoir regarder Buzz Aldrin et m'installer pendant une petite heure à l'Usine, moi aussi, pour vider mes émotions dans la mer, et arpenter les décors rudes, et pourtant si réconfortants.

Comme Buzz Aldrin fait du bien ! Un vrai pansement pour l'âme. Malgré ses scènes parfois délicates voire carrément tristes, en dépit des quelques fois où on a envie de secouer Mattias par les épaules jusqu'à ce qu'il prenne conscience de sa passivité, malgré toutes les émotions par lesquelles on passe, le coeur continue de se régénérer, comme en tâche de fond. On se sort du visionnage de Buzz Aldrin avec le sourire aux lèvres et l'impression de respirer un air plus pur.

BuzzAldrin-Final

L'aventure Buzz Aldrin s'achève donc pour moi. Non sans bien des regrets. Ce n'est pas tant que la série soit trop courte : son évolution et sa fin sont des évolutions naturelles et qui bouclent bien le parcours de Mattias ; de toute façon Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ? est l'adaptation d'un roman, et sa durée était décidée d'avance.
Mais j'aurais apprécié pouvoir passer plus de temps dans ces îles à la beauté brute et sereine. Je crois que ça me plairait d'avoir une série qui, semaine après semaine, ait cet effet soignant, et d'avoir ce rendez-vous pendant, je ne sais pas, pourquoi pas la durée de toute une saison télévisuelle ? Ça ferait un bien fou.

Et puis, je crois aussi que Buzz Aldrin a réussi à m'atteindre et rappeler très exactement tout ce qui m'attire dans les pays nordiques, tout ce qui fait que depuis des années je monte lentement mon petit projet. Bien plus que me raconter une magnifique histoire pleine d'humanité, la mini-série s'est infiltrée et m'a rappelé ce petit recoin de mon coeur où je caresse l'idée qu'un jour...

Posté par ladyteruki à 04:21 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-05-12

Demain j'arrête

Comme le dirait ma nounou préférée au confessionnal : "pardonnez-moi, mon père, parce que j'ai tout dépensé".
Ce fut un bien joli mois de mai, ma foi, si l'on en juge par les progrès de ma telephage-o-thèque. Pas trop du côté de mes affaires financières, mais comme vous le savez, c'est souvent une question de vases communicants.

Dans les épisodes précédents : ça fait depuis le mois de décembre que je me bats avec ma banque pour obtenir une carte bancaire, alors que ça faisait 30 ans que je me débrouillais très bien sans. Bon, presque bien, des fois fallait que j'aille supplier pour qu'on me commande des trucs (par exemple Koselig Med Peis) sur des sites qui n'acceptaient que des modes de paiement très précis. M'enfin je me démerdais bien.
Mais mon entourage me poussait un peu à faire l'acquisition d'une carte, gnagnagna soi-disant c'est plus moderne, et puis, je m'étais dit qu'après tout, ça simplifierait les achats de DVD en import (grossière erreur : c'est effectivement le cas).
Sauf que depuis décembre, chaque fois que ma banque me faisait parvenir cette fichue carte, mon facteur oubliait consciencieusement de me prévenir. Donc au final la Banque Postale m'a fait parvenir 3 cartes différentes, et 4 fois le code qui allait avec (parce qu'à chaque fois c'est dans un courrier à part) que le facteur a également jugé superflu de me transmettre. Ca virait à l'hystérie.
En fin de compte, à la toute fin du mois d'avril, bieeen en retard sur mes prévisions, la carte est arrivée, et j'ai eu le code. Victoire.

Enfin pas vraiment parce que, vous vous en doutez, ça a été une véritable boucherie. J'ai écumé mes favoris, épluché tous les trucs que je me garde sous le coude depuis des mois, fait des listes, établi des priorités ou à peu près, et j'en ai tiré un planning de dépenses hallucinant sur 48 mois, auquel je me suis attaqué avec ferveur pendant tout le mois de mai.

Ce qui a conduit aux achats suivants, par ordre (je crois) chronologique de livraison :
- Cloudstreet
- SPACE 2063, enfin !
- The Slap
- Woodley
- Outsourced
- Filhos do Carnaval
- Réttur

Ajoutez à cela que, on ne sait trop pourquoi, j'ai aussi fait une descente surprise fin avril à la FNUC (j'étais la première surprise, en fait, mais bon j'étais dans le coin alors...) et ainsi fait main basse sur la 1e saison de La cité des Hommes (boh quoi, 4 épisodes, c'est rien du tout, ça me fera à peine un après-midi ça !) et celle d'Eli Stone (je, euh... là je sais pas ce qui m'a pris, j'admets, parce qu'on peut pas dire qu'elle était en haut de ma liste, celle-là). Et tout ça sachant que j'avais reçu mon DVD de Call the Midwife le 30 avril pile-poil, parce que la BBC a fait très attention à ne pas alourdir mon bilan du mois de mai.
Quelque part au-dessus de nos têtes, il y a, pour finir, un avion qui plane avec mon DVD de Buzz Aldrin dans sa soute, et un autre avec celui de The Cult. Et après normalement c'est fini.
Emphase sur : "normalement".

DemainjarreteAlors toi... toi !!! Je t'aime.

Je suis la première à cagouler, mais que voulez-vous, je ne résiste pas non plus à l'appel du DVD neuf...

Ou plutôt neuf chez moi, parce que parmi cette liste d'acquisitions toutes fraîches, il ne vous aura pas échappé que SPACE 2063 fait figure, si je puis dire, d'intrus, les autres séries étant récentes, parfois très récentes (Woodley est officiellement le premier DVD de ma vie que je précommande, j'ai dû tenir à peu près 72h à partir du moment où je vous ai fait le bilan).
Ce coffret-là, quand je l'ai reçu, j'en ai littéralement pleuré de joie. Mais vraiment.
Et je crois bien que c'est la première fois de ma vie que j'ai dévoré les bonus avec autant de ferveur. Déjà que je ne regarde pas tellement les bonus d'ordinaire, mais alors là, vous n'imaginez pas. Finalement ça valait presque la peine d'attendre, étant donné qu'on parle d'une édition collector avec des bonus en veux-tu en voilà. Une mine d'or. Vraiment. Je ne dis pas qu'à côté, les autres emplettes étaient sans intérêt, mais sentimentalement, il n'y a pas photo, c'est SPACE 2063 qui a dominé le mois. J'en reviens toujours pas, en fait, tant ça faisait longtemps que j'attendais ça.

D'une façon plus générale, bien obligée de reconnaître qu'avoir des DVD qui tombent à intervalles réguliers dans votre boîte aux lettres, bah ça fait bien plaisir.
Vu que les prochains mois, je vais y aller plus mollo, les commandes seront plus espacées, donc je doute de me retrouver encore dans cette situation où je rentre le soir, où j'ouvre ma boîte aux lettres, où j'y découvre un paquet, et où je passe mon trajet dans l'ascenseur à essayer de deviner quel coffret est dedans. Nan vraiment, c'est une sensation que je recommande.
Surtout quand vous avez commandé des séries australiennes sur plusieurs sites différents et que du coup, vous ne pouvez pas deviner le contenu simplement sur la base des autocollants sur le paquet (à ce sujet j'ai une nette préférence pour ABC Shop, pourquoi faire compliqué après tout). Très, très sympa. Si vous avez l'occasion, faites-vous ce plaisir supplémentaire, ça ajoute vraiment une dimension aux achats. Un petit côté ouverture des paquets à Noël, peut-être...

Alors forcément, la carte bancaire, même si j'ai vécu 30 ans en m'en passant parfaitement bien, et que théoriquement, bon, ça m'excitait pas plus que ça, eh bah, là, avec le passage à la pratique, je suis assez convaincue, quand même ! J'avoue, c'est très pratique... trop pratique.

Voilà, alors, pour finir, deux choses.
Déjà... vous allez entendre parler de plusieurs de ces séries très prochainement, surtout pour celles dont j'estime que vous n'avez pas eu assez de bourrage de crâne (genre Cloudstreet, va yavoir de l'intégrale, et cette fois je vais me le faire ce bilan, vous n'y couperez pas), et évidemment pour celles que je découvrirai en même temps que vous, d'ailleurs restez dans le coin, la journée n'est pas finie, oh que non.
Ensuite, promis : demain j'arrête.

Enfin faut voir, parce que ça fait quand même depuis décembre que je promets de m'offrir l'intégrale de The Clinic, et on sait pas combien de temps rté shop le maintiendra en promo comme ça. Sept saisons pour 15€ (frais de port non inclus), ça vaut le coup, quand même, c'est pas ça qui va me mettre sur la paille. Allez, un ptit peu d'Amy Huberman pour la route ?

Posté par ladyteruki à 14:37 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

17-05-12

lady's world tour - Escale n°11

Ca fait déjà quinze jours qu'on n'a pas eu de world tour et comme d'habitude, c'est quand on a le moins de temps qu'il tombe le plus de news. Vous vous rendez pas compte, avec le boulot que j'ai, je peux pas me permettre de vous... de... quoi ? C'est pas vos oignons ? Vous réclamez tout de même le world tour à corps et à cris ?
Bon. Bien parce que c'est vous. Mais vite fait, alors.

Yuusha

- JAPON : le héros est de retour
Alors on commence tout de suite avec les bonnes nouvelles, du coup. Et non des moindres : la comédie Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro reviendra pour une nouvelle saison en octobre ! Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro, c'était absolument hilarant, c'était complètement déjanté, c'était vachement artisanal... et c'était sans exagérer la meilleure comédie de l'année 2011 au Japon. Et je ne suis pas la seule à le dire : sur Amazon Japan, la série était la meilleure vente de dorama de l'année écoulée ! Cela en dépit de sa diffusion relativement obscure (la case Dorama 24, le vendredi soir en nocturne sur TV Tokyo) et ses audiences pas franchement épatantes (3% de parts de marché en moyenne). Mais le bouche à oreille semble l'avoir emporté et du coup, toute l'équipe de cette parodie de RPG sera de retour pour une nouvelle salve de délires. Peut-être aussi importante que la nouvelle de ce retour elle-même, est la précision de ses modalités : strictement les mêmes. Aucune augmentation de budget, équipe créative et cast de retour au grand complet, bref tout est en place pour que rien dans cette nouvelle saison ne vienne dénaturer le succès initial de la première mouture. Mais la 2e saison de Yuusha Yoshihiko to Maou no Shiro, c'est encore l'acteur principal, Takayuki Yamada, qui en parle le mieux : "Comme la dernière fois, je vais me donner à 70%, et espérer que ce soit aussi marrant et stupide". Je ne pourrais mieux formuler mes voeux pour cette nouvelle saison. Bon, c'est encore loin, octobre ?!

- JAPON puisqu'on y est : 8 ans et toutes ses dents
Plus près de nous, les projets pour l'été commencent également à se dessiner. Parmi eux, Beautiful Rain, un dorama que Fuji TV destine à sa case du dimanche à 21h. On y suivrait l'histoire d'une petite fille qui s'occupe de son père, un homme frappé par Alzheimer. Jusque là rien de très sexy, on devrait obtenir un drame-dramatique-qui-fait-pleurer dans la plus grande tradition nippone, mais c'est surtout niveau cast que ça fait plaisir : Etsushi Toyokawa (présent l'an dernier dans Gou) dans le rôle du père... et Mana Ashida dans celui de la fille ! Mana Ashida, une jeune actrice de bientôt 8 ans qui, comme vous le savez, incarnait la jeune héroïne du fantastique dorama Mother il y a deux ans (rôle pour lequel elle a dûment été récompensée), et qui depuis s'est taillé la part du lion dans le coeur des spectateurs japonais. La combinaison de ton et de talent devrait donc nous promettre un bel été, bien qu'un peu humide au niveau des joues.

- JAPON et après on change : un projet d'anthologie
Si vous regardez des séries japonaises, vous ne pouvez pas avoir échappé à l'oeuvre de l'auteur Keigo Higashino : ses romans ont été adaptés pour devenir les séries Shinzanmono, Ryuusei no Kizura ou encore Galileo, pour n'en citer que quelques unes. Cet auteur prolifique a également produit 11 nouvelles, dont Fuji TV a annoncé cette semaine qu'elle allait les porter à l'écran sous forme d'omnibus, soit une anthologie, plutôt orientée vers le mystère, genre de prédilection de l'écrivain. Avec pour narrateur l'acteur Kiichi Nakai, les épisodes proposeront 11 histoires différentes, avec 11 casts différents. La série sera diffusée sous le nom de Mokuyo Gekijou - Higashino Keigo Mysteries, tous les jeudis à 22h cet été, une case qui, il est vrai, a souvent été destinée à des séries ayant cette tonalité. Les anthologies en revanche ne sont pas légion au Japon, alors il ne faudra pas oublier de jeter un oeil à cette curiosité.

PackedtotheRafters

- AUSTRALIE : six ça suffit ?
Selon l'adage bien connu selon lequel ce n'est pas parce que les audiences baissent qu'il faut annuler une série (non ? on dit pas ça ?), Seven Network a décidé de renouveler l'une des séries les plus regardées d'Australie, mais en léger désamour depuis quelques semaines, Packed to the Rafters, pour une sixième saison. Déjà parce que même si les audiences sont moins bonnes depuis que la saison 5 a été lancée, les scores restent largement supérieurs à beaucoup de séries. Et ensuite parce que Packed to the Rafters est toujours auréolée d'une certaine gloire, et que les spectateurs australiens, même quand ils la regardent moins, lui portent toujours une grande affection (comme en témoignaient voilà quelques semaine les Logie Awards). Beaucoup d'acteurs devraient signer pour cette nouvelle saison, mais Hugh Sheridan et James Stewart (l'époux de Jessica Marais) sont déjà sur le départ. Le départ de plusieurs personnages (notamment quand il s'agit d'enfants de la famille Rafters) ainsi que l'âge des protagonistes (la série était supposée parler du rapport de jeunes adultes au nid familial) posent la question de la longévité de la série. Plusieurs observateurs estiment que cette 6e saison sera la dernière... ça tombe bien, les projets de séries pour prendre la relève, en Australie, ce n'est pas ça qui manque.

- AUSTRALIE à nouveau : des audiences qui tiennent la route
Cette semaine, vous le savez, les spectateurs australiens ont eu droit à deux nouveautés nationales d'un coup : Tricky Business sur Nine, et Bikie Wars sur Ten. Malheureusement, Tricky Business a joué de malchance (ou de maladresse) en étant diffusée à la suite d'un live de The Voice, et a commencé sa carrière sur les écrans australiens avec près d'un quart d'heure de retard sur l'heure annoncée. Pas cool. Les conséquences n'ont pas manqué de se produire dans les audiences : 987 000 spectateurs. Ce n'est pas dramatique en soi (en général une série australienne trouve le succès autour du million), sauf si l'on considère la rétention : 2,19 millions de spectateurs avaient suivi The Voice... De son côté, le lendemain, Bikie Wars débutait sans lead-in spectaculaire, mais à l'heure, et de toute évidence, la série a attiré du monde : 1,26 million de spectateurs, avec un pic à 1,43 en cours d'épisode. Et là franchement il n'y a pas débat : Ten a dominé la case horaire avec Bikie Wars, mettant une raclée à Packed to the Rafters au passage (1,21 million).
Du coup j'en profite pour vous rappeler que vous avez jusqu'à ce soir pour voter pour le pilote australien dont je parlerai en priorité ce weekend. Mais je sens que là vous êtes biaisés pour répondre...!

- USA mais avec un twist : l'autre face des upfronts
En cette période d'upfronts américains, n'est-il pas triste d'oublier les chaînes hispaniques ? Si fait. Ainsi, Telemundo, qui se vante d'avoir augmenté ses commandes originales de 40% cette année, a décidé d'annoncer 6 nouvelles telenovelas : El Rostro de la Venganza, El Señor de los Cielos, La Patrona, Pasión Prohibida et Nace un Idolo, toutes produites en interne par Telemundo, ainsi que Fina Estampa, une co-production de Telemundo avec Globomedia. Plus intéressant encore, dans le soucis de capitaliser sur ce qui a été son plus gros succès historique, la chaîne a décidé de commander La Reina del Sur 2, dont on ignore s'il s'agira d'une saison 2 ou d'un sequel plus indépendant à ce stade. Ces telenovelas sont dédiées au primetime de la chaîne, et pour la journée, Telemundo a également lancé la production de Virgen Morena, un daytime drama anthologique inspiré d'anecdotes réelles dans lequel des gens en pélerinage auprès de la Vierge de Guadalupe espèrent changer leur vie.
De son côté, Univision peut se vanter d'une progression d'en moyenne 7% de ses parts de marché, un phénomène devenu rare chez les networks anglophones du pays : "Nous avons battu NBC sur 195 nuits en primetime sur les 18-49 ans", s'est vanté David Lawenda, ajoutant : "il y a une nouvelle réalité américaine", une phrase qui fait référence au dernier recensement qui estimait à 50 millions le nombre d'hispaniques aux USA. Pour le reste de la présentation d'Univision, c'est sur les épaules de stars comme Sofia Vergara ou Shakira que les upfronts reposaient. Si la chaîne commande assez peu de fictions originales, faisant une grande part de son marché chez les chaînes sud-américaines (à l'instar de la telenovela mexicaine Por ella soy Eva), elle va en revanche lancer un site de VOD dés cet été et y proposer deux webnovelas, une initiative inédite. Bref, ça bouge sur les chaînes hispaniques, et vous deviez le savoir.

AguilaRoja

- ESPAGNE : tout le monde s'arrache l'aigle rouge
Même langue, autre continent. Peut-être vous souvenez-vous que la chaîne espagnole RTVE émettait de sérieuses réserves quant à l'avenir de sa série-phare, Aguila Roja. Les audiences n'étaient pas en cause, mais plutôt les dépenses : la chaîne publique est mise au régime par les restrictions budgétaires gouvernementales, et à raison 913 000 euros par épisode, produire la série à succès grève sacrément les finances. Mais, en vertu de la 7e Rule of Acquisition, il y en a qui n'en ont pas perdu une miette quand RTVE a commencé à faire marche arrière sur Aguila Roja ; désormais la concurrence se montre très intéressée pour récupérer les droits de la série. Antena3 et Telecinco ont toutes deux fait savoir qu'elles pourraient se porter acquéreur de saisons supplémentaires de la série. Pour autant, Aguila Roja n'a pas encore été annulée par RTVE qui en a simplement reporté la commande indéfiniment. Une façon de se donner du temps pour considérer toutes les options tout en continuant de ramasser la monnaie des droits de la série historique, vendue à ce jour dans une vingtaine de pays. Mais si Aguila Roja pourrait se trouver un avenir en cas d'abandon par RTVE, les autres séries mises en stase par la chaîne publique, comme Isabel et La República, pourraient bien ne pas avoir cette chance.

- ALLEMAGNE : un pitch révolutionnaire
Vous savez ce qui manque cruellement à la télévision allemande ? Des séries policières. Apparemment. ZDF vient en effet de commander une nouvelle fiction du nom de Heldt, dont les 6 épisodes entrent en tournage cette semaine. La série s'intéressera à Nicholas Heldt, un enquêteur de la police de Bochum décrit comme peu conventionnel : il est passionné, engagé, et a un grand sens de la Justice (je fais que traduire, ne me regardez pas comme ça). Il formera un tandem improbable avec la procureur Ellen Bannenberg qui le rejoint mais ne supporte pas ses excentricité (tout cela est au comble de l'innovation). La série unira pour l'occasion les acteurs Kai Schumann (Doctor's Diary) et Janine Kunze (Hausmeister Krause). On en ignore pour le moment la date de diffusion.

Kontoret-2

- SUEDE : le bureau rempile
Après une première saison couronnée de succès, TV4 a décidé de renouveler la comédie Kontoret, une adaptation de The Office servant aussi de spin-off à la comédie à succès Solsidan. Avec en moyenne 840 000 spectateurs le samedi soir, la chaîne s'estime parfaitement satisfaite de ses audiences mais aussi de la qualité de cette série : "Nous continuons à investir dans les sitcoms de haute qualité et Kontoret est un ingrédient important de cette démarche", explique-t-on chez la chaîne. La nouvelle saison de Kontoret est attendue pour le courant de l'année 2013.

- SUEDE toujours : mauvais tempo
SVT prépare une nouvelle série du nom de Molanders, dont la production a commencé voilà quelques jours. La trame principale de cette série dramatique est assez classique : la famille Molander déménage, à la faveur d'une promotion du chef de famille qui obtient la possibilité de diriger l'orchestre symphonique local, et les Molander quittent alors la grande ville pour aller s'installer dans un petit patelin de province. Le problème est qu'évidemment, ce changement de décor n'est pas exactement comme la famille l'imaginait, et que des tensions commencent à se faire sentir parmi les Molanders. Les acteurs Eric Ericson (Irene Huss) et Livia Millhagen (vue dans le Wallander suédois) incarneront le couple central de la série. C'est le scénariste Ulf Kvensler (Solsidan) qui a créé et écrit ce drama, dont 12 épisodes sont actuellement en tournage en vue d'une diffusion au printemps 2013.

- NORVEGE : sans rancune
Bon. Allez. Un mot quand même sur les Gullruten, je suis pas rancunière. Pas tant que ça, disons. Ils se sont tenus, comme vous le savez, le weekend dernier, et au cours de la soirée, la chaîne publique NRK a collecté en tout pour ses programme 13 titres. Du côté des séries, les prix ont été décernés comme suit : Helt Perfekt a décroché le prix de meilleur programme humoristique, Ine Jansen (Helt Perfekt) a été récompensée en qualité de meilleure actrice, le poupin Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2) comme meilleur acteur, et le prix de meilleur drama a été attribué à Taxi (et non à Buzz Aldrin, je suis colère). Comme ni Taxi ni Helt Perfekt ne sont disponibles avec des sous-titres, il faudra croire les Norvégiens sur parole sur ce coup-là.

LesRescapes

- CANADA : ils n'en sont pas revenus
C'est fini pour Les Rescapés. La série fantastique de Radio-Canada, dans laquelle une famille vivant en 1964 se retrouve subitement transportée en 2010, ne sera pas reconduite pour une troisième saison. C'est d'autant plus gênant que la 2e saison, qui s'est achevée début avril, n'apportait pas de conclusion aux intrigues ; il faut dire que depuis le départ, Les Rescapés était planifiée pour une durée de 3 saisons. Seulement voilà : les finances de Radio-Canada ne sont pas au plus fort, et la mise en chantier d'une troisième saison, outre son coût, allait entrainer des difficultés puisque le développement de l'ultime saison était estimé à deux ans ; on se souvient que c'est également ce qui a valu une annulation à Mirador. Le temps et l'argent jouaient donc contre Les Rescapés qui jouissait pourtant d'audiences très convenables: 735 000 fidèles en moyenne pendant la seconde saison. La production de la série se console en expliquant que la fin ouverte colle finalement assez bien à l'univers de la série, mais plusieurs acteurs n'ont pas caché leur déception.

- CANADA il en reste : quand il n'y en a plus
Radio-Canada avait par contre le budget pour commander une nouvelle série. Tu m’aimes-tu ?, une comédie dramatique d'une demi-heure, fera son apparition cet automne sur l'antenne de la chaîne québécoise. Ses 13 épisodes permettront aux acteurs Sébastien Huberdeau (La Job), Magalie Lépine-Blondeau (19-2) et Steve Laplante (Mirador) d'explorer les différentes problématiques liées à l'engagement amoureux de nos jours : avec qui s'engage-t-on, pourquoi, et pour quel type de relations ? N'en demande-t-on pas trop à l'âme soeur (ou supposée telle) ? Le tournage des 13 épisodes, produit par Podz (Minuit, le soir, 19-2...) a commencé au début du mois.

- DANEMARK : ex fan des sixties
C'est au détour d'une interview avec le Nordisk Film & TV Fond que la nouvelle direction de DR dévoile la mise en chantier d'une nouvelle série, dont pour le moment on ne connait que le titre international : The Heritage after Veronika. C'est Maya Ilsøe (dont la dernière série, Pagten, remonte à 2009) qui signe ici le scénario, et les trois premiers épisodes devraient être réalisés par l'actrice Pernilla August. Le thème de se drama sera axé autour de l'expérience des enfants des années 60, de la façon dont ils ont grandi dans un univers hippie et l'impact de leurs extravagants parents sur leur construction et donc leur avenir. Vu que DR1 ne répond pas à mes mails, on n'en saura guère plus pour le moment, mais ce projet original est une preuve de plus que la fiction danoise a toujours plus à offrir. Au passage, DR devrait développer des formats d'une demi-heure à l'avenir, ce qui devrait encore diversifier l'offre du groupe...

Voilà, c'était bien pour vous faire plaisir, mais désolée, là il faut que je file, j'ai pas du tout le temps pour plus ; je vous donne donc rendez-vous dans quelques jours pour la seconde partie de ce que ce world tour a à dire...
Du coup dans l'intervalle, c'est à votre tour de papoter, tiens.

Posté par ladyteruki à 05:36 - Love Actuality - Permalien [#]

11-05-12

Un bon numéro deux

Demain seront annoncés les résultats des Gullruten 2012, l'une des cérémonies télévisuelles étrangères que je surveille pour deux raisons : d'abord parce que je le peux (et ça fait une sacrée différence), et ensuite parce que la Norvège est certainement le pays dont les fictions sont les moins médiatisées en cette période de "vague scandinave" où le Danemark et la Suède monopolisent l'essentiel des gros titres.
Sans compter que depuis Koselig Med Peis, j'ai pour ce pays une tendresse toute particulière et ces choses-là ne s'expliquent pas.

Au moment des nominations aux Gullruten, souvenez-vous, une série avait en particulier attiré mon attention. Et parce que je devais avoir un bon karma, je sais pas, cette même série, Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ?, est sortie en DVD avec des sous-titres anglais. M'était donc ouvert un boulevard pour découvrir cette mini-série en 4 épisodes, et du coup, eh bah c'est très exactement ce que j'ai fait.
Voici donc mon post sur la mini-série Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ?, une série vraiment pas comme les autres que, par égards pour mes tags et mon accent norvégien pitoyable, je vais simplement nommer Buzz Aldrin à partir de maintenant.

BuzzAldrin-Title

Notre héros s'appelle Mattias, et il est né le 20 juillet 1969 : le jour où le premier homme a marché sur la Lune. Et le second, aussi ; c'est lui que Mattias va admirer en grandissant. Buzz Aldrin était deuxième, et cela lui convenait très bien. Comme lui, Mattias n'aspire pas à être le meilleur dans quelque domaine que ce soit.
Mettre en place pareil personnage relevait l'air de rien de la gageure : avec juste un peu moins de subtilité que n'en a Buzz Aldrin, Mattias aurait eu vite fait de passer pour un loser. Mais la mini-série a de la nuance à revendre, et Mattias se montre immédiatement comme un personnage complexe. Il n'est ni un pauvre type, ni un mou, ni même un gars perdu : il aspire simplement à une vie simple et anonyme. Le problème c'est que les choses ne vont pas se dérouler selon ses humbles plans.

Le pilote est ainsi consacré à la fois à l'exposition nécessaire de ce personnage complexe et de sa fascination pour Buzz Aldrin, mais aussi à divers signes avant-coureurs qui indiquent que le ciel va bientôt lui tomber sur la tête.
Buzz Aldrin a l'originalité, d'ailleurs, de ne pas dérouler au présent : outre le générique, qui nous permet d'assister à la naissance de Mattias en 1969 (très réussi, d'ailleurs), plusieurs scènes nous permettent de retourner dans l'adolescence de Mattias, dans les années 80, quand il rencontre sa petite amie, tandis que sa vie à l'âge adulte se déroule au moment de la guerre du Kosovo, et donc aux alentours de 1999. Du coup on a vraiment une impression constante de décalage, même quand aucun effort particulier n'est fait pour nous rappeler la distance qui nous sépare du "présent" de Mattias. C'est tellement agréable, d'ailleurs, que si peu d'efforts soient déployés pour nous remettre dans le contexte tout en préservant la distance temporelle ! Cela confère vraiment une aura particulière à la série, très intimiste et authentique.

Le premier épisode mélange donc tous ces éléments avec brio, avant d'opérer un grand virage dans la vie de Mattias, lorsqu'effectivement tout bascule et qu'il perd, en l'espace de quelques heures, sa petite amie et son boulot.
Une ultime originalité de ce pilote est qu'il fonctionne en circuit fermé : la séquence qui l'ouvre est également la séquence qui le ferme. Ce flashforward d'entrée, qui aurait pu être un atroce poncif, fait partie de ces quelques fois où ça fonctionne dans un pilote, sans doute parce qu'il n'est pas employé pour nous indiquer comment va finir la mini-série, mais au contraire comment son histoire va vraiment démarrer... J'essaye de ne pas trop vous en dire afin de n'en pas gâcher l'effet, fort réussi.

 

Car la vie de Mattias dans son patelin natal, avec ses parents aimants, sa copine qui s'est barrée (parce qu'elle attendait plus de lui) et sa boîte qui a déposé le bilan, ce n'est pas l'objet de la série. Buzz Aldrin veut nous emmener dans les îles Færoe où Mattias va arriver un peu par hasard, complètement paumé et salement abîmé. C'est là qu'il va être recueilli par Havstein, un psychiatre du nom de qui gère l'Usine, une sorte de refuge pour ceux qui sortent du circuit psychiatrique et tentent de reprendre progressivement une vie normale. L'Usine a trois pensionnaires : la mystérieuse Ennen (pour NN, "no name"), Palli qui ne vit que pour le golf qui lui permet de tenir ses angoisses à distance, et Anna, terrifiée par des apparitions qu'elle tient à distance en tricotant des pulls.
Les pensionnaires de l'Usine ne sont pas aussi caricaturaux qu'il parait. D'ailleurs, comme pour permettre au spectateur de gommer au maximum leurs éventuelles bizarreries, Mattias réagira très peu à leurs spécificités. Il faut dire qu'il devient vite un pensionnaire parmi les autres, acceptant sans protester que Havstein contacte ses proches pour les prévenir qu'il s'installe pour quelques temps à l'Usine, et se laissant traiter comme un patient.
La reconstruction de Mattias n'est, en réalité, pas la seule motivation de notre psychiatre : les cordons de la bourse sont serrés, et la mairie menace, d'abord à mots couverts puis très explicitement, de fermer l'Usine, devenue inutile. Mais si le nombre de pensionnaires augmente, sa nécessité est prouvée et son existence prolongée...

Mais grâce à l'Usine et au décor incroyable des îles Færoe, à la fois austère et luxuriant, entre roche et verdure, Mattias va petit à petit se reprendre en main. On sent qu'il est bien, ici, et à vrai dire on ne saurait le lui reprocher tant le coin ressemble à un paradis terrestre (du moins si vous êtes comme moi, et que vous estimez que les températures au paradis terrestre ne devraient jamais excéder 12°C).
Il est vraiment là, le propos des deux épisodes qui suivent le pilote : dans la façon dont Mattias va trouver la paix après l'épreuve qu'il vient d'affronter. Et c'est ce qui rend le visionnage de Buzz Aldrin si agréable : ce n'est pas qu'il ne se passe rien, mais ce qui se passe est d'un calme et d'une sérénité incroyables. A travers la formidable exploration de son personnage central, une faculté incroyable à capture la beauté rude de l'endroit dans des prises de vue magnifiques mais jamais stériles, et un sens du rythme parfait permettant à la fois qu'il ne se passe pas "rien" mais que rien ne soit jamais précipité non plus, la série offre une aventure humaine dépaysante au possible, du genre de celle que les amateurs de fiction japonaise ou britannique connaissent bien : on y explore une multitude de sentiments sans jamais brusquer les personnages ou précipiter les intrigues avec des évènements ou des retournements de situation artificiels.

Peut-être un peu trop enclin à se fondre dans le décor (après tout, comme Buzz Aldrin, il n'aspire pas à être mis en avant), Mattias va donc vite se faire une place dans sa petite communauté, trouver du travail grâce à Havstein, et se détendre, de la même façon que le spectateur apprécie la balade humaine. Mais à la fin de l'épisode 3, à nouveau, les choses changent, poussant Mattias à se réveiller de sa tendre routine, et quitter les îles Færoe où il avait pourtant trouvé la sérénité...

BuzzAldrin-Mattias

...Problème : le fabuleux monde d'internet ne fournit que les 3 premiers épisodes de Buzz Aldrin avec des sous-titres anglais. Imaginez ma frustration ! Donc j'ai commandé le DVD, du coup. Vous feriez pareil dans mon cas. D'ailleurs, il est encore temps.
On se retrouve donc pour un bilan complet quand j'aurai reçu mon DVD de Buzz Aldrin, hvor ble du av i alt mylderet ? !

Posté par ladyteruki à 19:29 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

30-03-12

Au Nord, il y a du nouveau

BlackMarch

Il y a encore deux ans, j'ignorais tout de la télévision scandinave. Et aujourd'hui, regardez-moi, à piaffer d'impatience depuis une semaine en attendant les nominations aux Gullruten. La vie d'un téléphage n'est-elle pas une chose formidable ?

Alors ça y est, la cérémonie télévisuelle de l'année en Norvège est bel et bien sur les rails, puisque les nominations ont été annoncées. L'occasion en général pour moi, comme c'est le cas avec la plupart des prix internationaux dont j'ai appris l'existence ainsi que des divers programmes de festival, de faire mon marché parmi les séries qui ont échappé à ma vigilance, et de sélectionner les fictions sur lesquelles je vais porter mon attention.

Gullruten

Voici donc la liste des nominations relatives aux séries, sachant que dans ma grande bonté je vous épargne les émissions de télé-réalité, les documentaires et autres joyeusetés.

- Meilleur drama :

BuzzAldrin    Buzz Aldrin – Hvor ble du av i alt mylderet ?
(NRK)
Cette mini-série en 4 épisodes adaptée du roman éponyme a été diffusée à la toute fin de l'année 2011, et met en scène un trentenaire dont le héros est le deuxième homme à avoir marché sur la Lune, Buzz Aldrin ; il estime qu'on n'a pas forcément envie d'être premier en tout. Cela va le mener dans les îles Færoe, dans un décor quasi-lunaire où il va rencontrer d'autres gens comme lui.
DAG    DAG (saison 2)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. A noter que c'est la deuxième année de nomination consécutive.
Lilyhammer    Lilyhammer
(NRK/Netflix)
Est-ce que je vous fais l'affront de vous présenter Lilyhammer ? La série a achevé sa diffusion en Norvège il y a à peine une quinzaine de jours, mais concourt déjà dans la catégorie principale du meilleur drama. Ca n'étonnera pas grand'monde...
Taxi-NO    Taxi
(NRK)
Dans ce thriller diffusé fin 2011, un avocat d'origine pakistanaise mène une vie personnelle compliquée (il cache notamment à sa famille qu'il vit avec une Suédoise) et se retrouve en plus impliqué dans les magouilles d'une compagnie de taxi qui va bientôt se mettre après sa peau...

- Meilleur programme humoristique :

Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries. Ainsi, le talk show Brille (NRK), le journal parodique Nytt på Nytt (déjà nommée l'an dernier) l'émission de sketches Nårje (TV2) et la comédie Helt Perfekt (TV Norge), qui fonctionne un peu sur le principe de Curb your Enthusiasm.

Autre fait intéressant, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie dans les catégories des acteurs.

- Meilleure actrice :

* Agnes Kittelsen (DAG - saison 2)
* Ine Jansen (Helt Perfekt)
* Kaia Varjord (Taxi)
* Tuva Novotny (DAG - saison 2)

- Meilleur acteur :

* Adil Khan (Taxi)
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2)
* Fridtjov Såheim (Lilyhammer)
* Pål Sverre Valheim Hagen (Buzz Aldrin)

Et je tiens à dire : faut arrêter avec DAG ! Chaque année la moitié du cast est nommée, c'est insupportable.
Alors d'accord, j'adore Anders Baasmo Christiansen parce que, bah, Koselig Med Peis voyez-vous (l'an dernier il était d'ailleurs nommé pour les DEUX rôles), et un jour je finirai bien par voir 183 Dagar et où Tuva Novotny tient le rôle principal (c'est pas pour son petit rôle dans Possession que je peux vraiment juger de son talent...), mais en attendant c'est vraiment la série la moins attirante au monde. J'ai l'impression que c'est la seule comédie norvégienne dont j'arrive à entendre parler, alors qu'elle a l'air antipathique au possible. Ca me tente tellement peu que j'ai même jamais essayé de la regarder en VOSTM ; et de toute façon les DVD n'ont pas l'air d'avoir de sous-titres (mais c'est vraiment pas le genre de série pour laquelle je vais payer d'abord et tester ensuite !). Vraiment c'est assez insupportable l'omniprésence de cette série alors qu'elle n'a pas grand'chose pour elle ; peut-être qu'au contraire je devrais voir ma curiosité amplifiée ("ça alors, ça a l'air pourri et les Norvégiens en raffolent ?"), mais pas du tout.

Ces nominations ne sont toutefois pas complètement mauvaises, puisque je vous avoue que j'avais zappé l'existence de Buzz Aldrin et que maintenant, je sais ce que je vais faire dimanche à 00h01, à l'issue du Black March, voyez-vous. Le concept a beaucoup de potentiel et j'aime l'idée de ce type qui veut être le second plutôt que le premier. En plus la série est courte.

Oh et, j'en profite pour souligner que le DVD de Lilyhammer est sorti en Norvège ce mercredi, et qu'il contient les sous-titres anglais. A la base je pensais vous faire un bilan de saison mais je me suis arrêtée au bout de trois épisodes et n'ai jamais eu envie de reprendre, donc bon, vu que je ne mentionnerai sans doute plus beaucoup Lilyhammer à partir de là (sauf renouvellement ou truc de ce genre), autant vous le mentionner maintenant.
Mais si ça vous a plu, le DVD est commandable sur NordicDVD (le Blu-Ray aussi d'ailleurs) c'est là que j'ai acheté Koselig Med Peis et ça s'est bien passé ; par contre, carte bancaire impérative, pas de possibilité d'utiliser PayPal. C'est un petit site à taille humaine, mais le SAV est très réactif (j'avais des questions sur la commande, les échanges ont été très sympas et n'ont pas trainé). J'avais des doutes au début parce qu'on a tendance à être plus rassurés par des grosses machines, mais vraiment, n'ayez pas peur, ça fonctionne bien, les délais annoncés sont suivis d'effets, le coffret est arrivé bien emballé, vraiment, rien à redire.

Les résultats des Gullruten seront annoncés pendant la cérémonie du 12 mai prochain, donc on reparlera probablement très vite des récompenses ; d'ici-là, j'espère que j'aurai vu Buzz Aldrin... D'ailleurs je vois que NordicDVD l'a dans son catalogue avec des sous-titres anglais. Hm, intéressant...

Posté par ladyteruki à 14:11 - Love Actuality - Permalien [#]


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