ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-04-13

What happens in Paradise, stays in Paradise

La première saison de Bunheads écoulée, je n'avais pas encore écrit de review sur celle-ci, parce que, bon, bref, passons. Mais à la faveur d'une intégrale cette semaine, je me suis dit qu'il était grand temps d'en dire quelques mots. Et je préfère vous préparer psychologiquement : ils seront dythirambiques.
Majoritairement.

Bunheads avait vraiment été un coup de coeur pour moi l'été dernier ; le preair du pilote figure facilement dans le Top3 des épisodes que j'ai le plus regardés en 2012, et je ne parle même pas des extraits que je me suis gardés pour pouvoir rire un bon coup de temps en temps. L'énergie de ses épisodes était très communicative, et ce, en dépit de son pitch pas forcément très excitant pour une trentenaire telle que moi. Mais voilà : lorsque l'on parle de Bunheads, il est difficile de ne pas mentionner Gilmore Girls, les deux alliant une efficacité redoutable à une ambiance chaleureuse et tendre, faisant qu'il est difficile de résister à l'une comme à l'autre. C'est d'ailleurs, indirectement, comme ça que j'en étais arrivée au Grand Marathon Gilmore Girls De 2012.

WhathappensinParadise

Il y a quelques mois, dans mon post sur ce marathon justement, je vous disais : "'il s'avère que Gilmore Girls est une série sans enjeu ni objectif. On peut le vivre comme un défaut mais c'est un choix qui est pleinement assumé, après tout, alors autant prendre les choses du bon côté. Gilmore Girls ne fonctionne pas, jamais, avec un horizon précis. Quand une saison commence, par exemple, elle ne pose jamais d'objectif à long terme pour ses protagonistes. La série ne les mettra jamais dans une situation indélicate à résoudre avant la fin de la saison, par exemple, ou ne posera jamais un axe qui nécessite de se développer dans un but affiché. Tout dans Gilmore Girls respire au même rythme que vit Stars Hollow ; il n'y a pas de pression, pas d'impératif ; la vie se déroule et on est invités à la suivre, tranquillement, mais on ne regarde pas cette série-là pour autre chose, et surtout pas pour les sensations fortes". C'est sensiblement la même chose pour Bunheads. Choix qui est d'autant plus étonnant que son pilote pose les bases d'une intrigue plus complexe, puisque, attention il va y avoir un spoiler jusqu'au prochain paragraphe : un personnage meurt à la fin du premier épisode. Comment notre héroïne, Michelle, mais aussi sa belle-mère Fanny, vont-elles gérer le deuil ? Comment s'adapter à la nouvelle situation qui naît de cette tragédie ? On pourrait s'attendre à ce que la problématique de Bunheads, par voie de conséquence, soit le deuil, mais absolument pas : c'est un sujet qu'elle cantonnera, en essence, à une poignée des premiers épisodes de sa saison, ne souhaitant ni s'embourber dans le drame-dramatique-qui-fait-pleurer, ni dans une situation qui risquerait de tourner en rond.
En conséquence de quoi, Bunheads peut sembler, comme sa grande soeur de la CW, un rien volage, et ses personnages peut-être un poil trop résilients. S'il y a clairement des enseignements qui ont été tirés des aventures à Stars Hollow par Amy Sherman-Palladino, la rigueur n'en est pas un, et le ballet des intrigues, des sentiments, mais aussi des personnages secondaires, va être légèrement inconsistant.

Qu'importe. Bunheads réussit sa mission essentielle, et ce que vous venez de lire est la seule chose vaguement négative que j'aie à en dire... et elle est toute relative, comme vous l'aurez compris.
Cette mission essentielle n'est d'ailleurs pas, contrairement à ce qu'on pourrait craindre, de créer des vocations de ballerines à travers le pays, mais bien de suivre des personnages attachants, positifs, et passionnants. Le défi est de ce côté-là remporté.

Ce qui frappe d'ailleurs dans Bunheads, plus encore que dans son ancêtre qui déjà n'était pas à plaindre en la matière, c'est avec quelle ferveur la série s'attache à brosser des portraits féminins complexes et foisonnants. Une fois de plus, les hommes occupent au mieux le fauteuil du passager, au pire disparaissent presque totalement de certains épisodes.
Comptons-les ensemble : il y a Michelle, évidemment, danseuse au potentiel gâché par son absence de focus dans la vie ; sa belle-mère Fanny Flowers, prof de danse qui n'est pas aussi psychorigide qu'elle ne le paraît ; Sasha, l'étoile de l'académie de danse au tempérament insupportable ; Bettina alias Boo, la petite rondelette pleine de doutes mais aux pieds bien sur terre ; Virginia aka Ginny, la petite pile d'énergie ; et enfin Melanie, la grande perche à l'assurance à toute épreuve. A cela encore faut-il ajouter des personnages moins présents sur le plan des intrigues, mais faisant totalement partie de l'univers de la série, telles Truly, l'ex du mari de Michelle, totalement dérangée ; Sam, l'une de ses amies et habitante de Paradise n'ayant pas sa langue dans sa poche ; Milly, soeur de Truly et véritable Margaret Thatcher en puissance ; ou encore Talia, meilleure amie de Michelle et danseuse à la bonne humeur chevillée au corps. Après on peut rentrer dans les détails et évoquer les danseuses de la compagnie qui s'invitent dans les dialogues (la petite Matisse, l'élégante Cozette...) ou les personnages hauts en couleur qui jalonnent la ville bien que ne faisant que de brèves apparitions (l'exubérante meilleure amie de Fanny, la femme du patron du surf bar...), mais dans tous les cas, la majorité des meilleurs rôles reviennent aux femmes, c'est indéniable. Fidèle à elle-même, Amy Sherman-Palladino nous offre, qui plus est, des personnages de femmes à la fois totalement décalés et réalistes ; en dépit de l'épidémie de dinguerie loufoque qui sévit à Paradise, les personnages parviennent tous à s'imposer comme des humains et pas seulement des ressorts comiques. Et dans combien de séries ce genre de choses est-il possible ?

Dans tout ça, qu'en est-il de la danse ? Plus qu'aucune série à vocation musicale du moment (oui-oui, j'ai bien dit aucune, et en adressant un regard en coin à Glee, Nashville et Smash encore), Bunheads se fait forte de toujours employé ses séquences dansées de façon raisonnable et intégrée à l'histoire : les auditions, les spectacles, s'ils ont évidemment une grande fréquence qui ne saurait être un hasard, ne sont jamais des prétextes. On assiste d'ailleurs plus souvent aux entraînements qu'aux répétitions, ce qui implique un point de vue plus technique qu'esthétique sur le fait de danser. Tout glamour étant définitivement abandonné dés que les petites recrues de la Paradise Dance Academy se photographient les ampoules aux pieds !
Quant aux quelques rares scènes qui montrent des passages dansés hors de toute intrigue, ils ne sont pas non plus des prétextes mais de véritables expressions du ressenti d'un personnage donné. Ces numéros, évidemment irréprochables du point de vue technique, peuvent surprendre d'un point de vue narratif, d'autant qu'ils ne sont pas présents d'entrée de jeu dans la saison et qu'ils ont tendance à clore les épisodes, et non à être insérés dans leur déroulement ; cependant leur valeur artistique, et la façon dont ils mettent en lumière les sentiments d'un personnage donné, est incontestable, ajoutant à Bunheads une profondeur qui lui va à ravir.

C'est que, derrière ses personnages fou-fous, sa petite ville balnéaire pleine de petits détails incongrus, et ses répliques-TGV (mais ça allait sans dire), Bunheads est une série autrement plus sombre que ne l'était Gilmore Girls. Le choix d'avoir pour personnages centraux, la majeure partie du temps, des adultes (les 4 jeunes danseuses n'occupant le devant de la scène que sporadiquement, ou alors pour mettre en valeur l'intrigue de Michelle, comme sur la fin du season finale), et a fortiori des adultes au tempérament foncièrement indépendant, offre une série au goût étrange. Là encore, il est tellement rare qu'une série ait pareille démarche : Bunheads s'adresse de toute évidence au premier chef à des adolescentes, mais ne leur offre pas exactement une vision édulcorée du monde adulte ; dans la série, Michelle et Fanny sont des personnages dont les regrets sont fondateurs de la personnalité, et qui passent, en outre, par des problèmes d'adultes (deuil évidemment, mais aussi problèmes d'argent, un fil rouge peut-être pas toujours très bien employé, mais omniprésent). Il est vrai que ce n'est pas forcément très excitant pour le public-cible d'ABC Family, mais enfin, reconnaissons à la série cette qualité : elle n'offre pas une vision idéalisée de l'âge adulte.
Ni de l'adolescence, d'ailleurs, puisque Sasha (résolument le personnage adolescent-clé de la série) est un petit être tourmenté, colérique, déchiré, et pourtant si vivant, si impressionnant. Sa fin de saison, même si elle sera légèrement bâclée (changer le focus pour braquer les projecteurs sur une autre bunhead semble brutal), sera la preuve d'une jolie évolution vers l'âge adulte.

Le mot-clé est évidemment "si". Car le pire, c'est que les pontes d'ABC Family vont nous ressorir un Huge sur ce coup-là, si on les laisse faire...
Bunhead est pourtant une petite perle à part dans le paysage télévisuel américain, capable à la fois d'avoir ce goût authentique typiques des petites villes (qu'avait déjà Gilmore Girls) et de montrer un pays qui, même perdu dans un coin d'Amérique où on ne met pas de panneau d'avertissement devant les routes privées, peut se montrer progressiste et ouvert. L'Amérique d'Amy Sherman-Palladino a toujours "the best of both worlds" à proposer, et on voudrait qu'elle le propose plus longtemps, et tant pis si la showrunner et l'héroïne principale ont comme point commun de manquer de rigueur et de focus : la balade est si belle.

Posté par ladyteruki à 23:03 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-08-12

Leave me breathless

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. Avec la diffusion de Go On cette semaine, le coup d'envoi officiel de ce challenge est donné, et nous allons donc nous livrer à cet exercice avec la plus grande application, et autant de régularité que possible. Surtout étant donné les circonstances, puisqu'internet n'a toujours pas été rétabli chez moi.
Du coup, à la fin de ce post, vous trouverez un icône sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Go On de whisper (je l'ajouterai lorsqu'il l'aura rédigée ; nous ne les posterons pas nécessairement de façon absolument simultanée), et ainsi lire nos deux avis sur un même pilote, que ce pilote nous ait fait le même effet ou non. Restez donc à l'affût, car sur nos deux blogs, la saison 2012-2013 va être traitée de façon exhaustive !

GoOn-OnAir

Il existe deux sortes de [bons] acteurs dans mon esprit : les "caméléons" et les "nuancés". A titre d'exemple, Lee Pace est un caméléon (il peut même devenir une femme si on le lui demande gentillement). Au contraire, Matthew Perry est du style nuancé : il semble toujours avoir le même personnage, et son travail est d'apporter de fines et subtiles touches de nuance, comme un peintre repasse encore et encore sur le même tableau et rajoute des couches de peinture pour en détailler la texture ou la couleur du ciel.
Les nuancés donnent souvent l'impression de s'interpréter eux-mêmes, et parfois c'est, après tout, peut-être vrai. Peut-être qu'ils ne veulent ou ne peuvent pas dépasser les limites de leur propre nature, et que pour eux, le métier d'acteur, c'est aller chercher dans leur rôle une occasion de se mettre à nu. Les nuancés sont d'ailleurs beaucoup plus enclins que les caméléons à créer des rôles pour eux-mêmes. Ils cherchent à s'explorer avant tout, ils ne sont pas dans une recherche d'altérité. Le choix n'est plus ni moins noble que d'aller se trouver un personnage radicalement différent de soi-même (et/ou du personnage précédent), et d'aller dénicher en soi de quoi devenir cette personne ; il participe simplement d'une démarche totalement différente.

Depuis qu'il a fait sien le personnage de Chandler Bing, Matthew Perry s'est en tous cas trouvé une image dans laquelle on a pu le retrouver de façon assez constante, de ses apparitions dans A la Maison Blanche à son rôle dans Mr Sunshine, en passant par ses rôles dans des longs-métrages. J'ai peut-être loupé l'exception qui confirme la règle, mais il y a quelque chose de brisé en Matthew Perry qu'il n'a pas peur d'incarner encore et encore dans ses personnages, et surtout, quelque chose dont il n'a pas peur de rire. Matthew Perry est de ces acteurs qui aiment appuyer là où ils ont mal pour que le public rient de leurs grimaces, plutôt que de donner le change. J'admire et je respecte énormément ça, cette sincérité apparente, c'est le genre d'élément qui fait que j'adore Rude Awakening ou Titus, d'ailleurs ; et la liste n'est pas exhaustive.
C'est une démarche faite de cohérence et d'authenticité, qui élimine la distance entre l'artiste et le spectateur (que cet artiste soit acteur ou scénariste, d'ailleurs), et les met à pied d'égalité de façon humaine, incitant le spectateur lui-même à laisser tomber ses défenses et devenir, à son tour, vulnérable.

Alors regarder Go On, cela va sans dire, c'est forcément regarder un peu plus Matthew Perry que Ryan King, son personnage. Les personnages des acteurs dits nuancés"sont toujours un peu plus transparents : on regarde au travers d'eux en guettant le moment où on verra passer la silhouette de l'acteur. On se figure toujours qu'on connait mieux les acteurs nuancés que les caméléons. A tort ou à raison, d'ailleurs ; qui peut dire ?
Et lorsque l'on repère Matthew Perry dans Go On, on a du mal à ne pas penser à Chandler Bing, Matt Albie ou Ben Donovan, pour exactement les raisons que je viens d'énoncer.

Mais regarder le pilote de Go On est aussi une façon de découvrir une nouvelle nuance de la palette, et à travers elle, un Matthew Perry qui va mieux. Il est mieux dans son corps, d'abord : sa présence est moins figée, plus légère ; il bouge plus, il a une gestuelle moins engoncée. Mais surtout, son personnage est moins lourd, lui aussi. Certes, Ryan King est un homme cassé (un de plus), qui a perdu sa femme il y a un mois à peine, et qui ne veut qu'une chose, reprendre son boulot de présentateur d'une émission de radio sportive pour aller de l'avant. Mais il ne porte pas son poids comme une nature, et cela se sent dans la façon qu'il a non seulement de s'accrocher au sport, que dans l'esprit de compétition dont il fait preuve.

Go On nous parle d'un homme qui refuse depuis un mois de faire son deuil. Et nous parle donc, de façon plutôt délicate, de deuil quand même, là où on peut dire que Bunheads (pour ce que j'en ai vu, j'ai dû faire une pause à cause de cette histoire de connexion) décide de mettre les pieds dans le plat sans détour et d'aborder la question très frontalement, notamment dans le second épisode, où les choses sont très directes. C'est une façon différente mais pourtant très intéressante d'aborder le sujet : Ryan veut éviter d'interroger son deuil mais, parce que son entourage professionnel estime que ce n'est pas sain, il y est contraint. Plus tard dans l'épisode c'est lui-même qui va s'y contraindre, d'ailleurs. Et finalement c'est un angle sous lequel aborder le deuil qui, tout en traitant un sujet difficile, permet à la fois sincérité et humour, et d'éviter toute pesanteur ; Go On est à ce titre plus une dramédie qu'une comédie, en dépit des gesticulations Matthewperriennes qu'on y trouve.

Comme quelques unes des plus grandes dramédies de l'histoire de la télévision, Go On allie donc gravité et attitude positive. Son personnage central n'est pas un triste sire, il ne nous fait pas rire malgré lui : il nous fait rire parce que lui-même a envie de rire, alors même qu'il a du mal à le faire. Le procédé est incroyablement cathartique. Ce genre de choses fait toute la valeur du travail d'acteur de Matthew Perry, c'est une nuance délicate par rapport au Matthew Perry qu'on a fréquenté (brièvement) dans Mr Sunshine, mettons. Les deux personnages sont incroyablement proches et pourtant, ce qu'ils inspirent est très différent.

C'est, d'emblée, une grande richesse pour Go On que d'avoir ce personnage à la fois tragique et léger. Mais la force supplémentaire de ce pilote tient dans la (très abondante) galerie de portraits, même si elle n'est pour le moment pas appréciable dans les détails, qu'offre le groupe de parole que Ryan King intègre. Sur le thème, plus large, de la perte et de l'abandon, divers profils se dessinent, jamais totalement tragiques, mais confinant rarement au clownesque (à l'exception d'un patient peut-être un peu caricatural, mais pas totalement antipathique, Mr K, et qui peut également avoir du potentiel lorsqu'on aura dépassé la première impression), avec un sens de l'équilibre qui permet de rire sans trouver qu'on est de mauvais goût, ni que la série l'est.
La loufoquerie ne cède jamais la place à la facilité, permettant à l'émotion d'être toujours un peu présente, sans que pour autant ce soient les grandes eaux en permanence.

Alors bien-sûr, il manque peut-être au pilote de Go On quelques petites choses pour pouvoir être qualifié de coup de coeur, notamment parce que Laura Benanti (à cause de laquelle il est difficile de ne pas penser à Starved, et d'ailleurs voilà une autre série à ajouter à la liste ci-dessus) et Matthew Perry mettent énormément de temps à trouver leur alchimie, et qu'on craint assez rapidement, de surcroit, que celle-ci ne se transforme en intrigue amoureuse de type will-they-or-won't-they.
Mais il se dégage de ce premier épisode une intensité qu'on n'est plus habitués à trouver sur une dramédie de network ; je crois d'autre part que la série a aussi hérité d'un petit quelque chose proche de l'esprit de Community, en cela qu'elle pourrait trouver le succès en piochant dans les profils névrosés des personnages loufoques qu'elle a mis en place. Ca se sent bien dans la scène de la compétition (ainsi évidemment qu'à la toute fin) : il y a du potentiel pour une série très libératrice, dans l'émotion comme dans le rire, et c'est plutôt bon signe pour son avenir.

En ce qui me concerne, ce premier pilote de la saison m'a vraiment mise de bonne humeur ; je serai ravie de surveiller l'évolution des épisodes suivants, pour voir si les qualités que j'y ai perçues ne faiblissent pas. Si Go On tient bien la direction qu'elle s'est fixée avec ce pilote, on pourrait bien tenir la meilleure dramédie de network depuis plusieurs années ; et par-dessus le marché, une excellente opportunité de tenir compagnie à Matthew Perry pendant toute une saison, ou plus. Rien ne me ferait plus plaisir que d'avoir l'illusion de comprendre et partager quelques blessures avec lui de cette façon...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:19 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-08-12

Les dangers d'une bonne réputation

En l'absence d'une connexion décente, je me suis tournée vers mes DVD, ce qui en soi n'est pas une mauvaise chose. Ca a notamment été l'occasion de rattraper la saison 2 de Downton Abbey, que je n'avais pas encore vue et qui somnolait sur une étagère depuis un peu moins de deux mois. C'est parfait, comme ça je serai au point quand la série reviendra le mois prochains sur les écrans ! Ne me manquera plus que le Christmas Special que je suis assez pingre pour ne pas vouloir acheter au prix d'une saison complète, donc ça va probablement se finir en cagoulage.

C'est étonnant, d'ailleurs. Je me rappelle avoir dévoré la première saison de Downton Abbey en quelques jours, après que Livia nous ait incité à tester la série pour le SeriesLive Show. Et pourtant quand la saison 2 a été diffusée, j'ai énormément traîné la patte avant de m'y mettre, si bien qu'elle est passée d'une catégorie à l'autre ; vous savez, il y a les séries qu'on suit, comme dirait Nakayomi, en "sortie d'usine", en parallèle de leur diffusion, et puis il y a celles pour lesquelles on a son propre rythme, le mien étant alors souvent calqué sur l'acquisition des DVD. C'est un peu la voie de garage mais c'est mieux que d'être abandonnée totalement. Eh bien en l'espace d'une année, Downton Abbey est passée au rang de "seulement 7 épisodes ?" à "ouais, ouais, c'est ça, plus tard" et je n'ai aucune idée d'où ça vient.
Alors en fin de compte, vive les déconnexions de longue durée, parfois c'est peut-être un mal pour un bien.

DowntonAbbeySeason2

Le problème c'est que même une fois devant cette deuxième saison de Downton Abbey, j'ai eu du mal à me rappeler ce que j'aimais dans la série. Et c'est en fait très préoccupant parce que si je suis tout-à-fait du genre à avoir une relation de type loin des yeux loin du coeur avec une série, en général une fois devant un épisode, la mémoire me revient rapidement. Mais là, le désamour était frappant.

Il ne signifie pas que cette saison est mauvaise.
En fait, j'avais lu pas mal d'impressions négatives (principalement sur Twitter, ayant évité les reviews avant mon propre visionnage) et je n'ai pas très bien compris d'où émanait cette sensation apparemment généralisée que cette nouvelle saison était inférieure à la première. Pour moi, les éléments de la première saison étaient présents, et bien que les changements de contexte (notamment du fait du contexte de la Première Guerre mondiale et des quelques séquences sur le champs de bataille) offrent effectivement un angle un peu différent de celui qui nous avions connu à l'origine, on ne peut pas dire qu'il y ait de virage dans cette nouvelle saison dans le ton, la façon de traiter les personnages ou les intrigues. Pas de façon tangible en tous cas.
Les personnages semblent fidèles à eux-mêmes (peut-être à l'exception de Lord Grantham dont j'ai eu énormément de mal à avaler le comportement en fin de saison), on continue de se prendre la tête sur les questions d'héritage, de mariage et d'amour, alors que ces trois axes s'entremêlent sans fin, et la série se balade comme avant à tous les étages de la somptueuse demeure de Downton afin de saisir diverses réalités d'une époque en pleine transition.

Et pourtant j'ai passé pas mal d'épisodes de cette nouvelle fournée à me demander si Downton Abbey avait toujours été aussi soapesque.

C'est comme si les amours étaient juste un tout petit peu sirupeux, comme si les démêlés étaient juste un peu plus longuets, comme si le suspense était juste un tout petit peu plus prévisible. Ca se joue vraiment à pas grand'chose, en réalité. Une simple question de degré et d'intensité.
Downton Abbey a pourtant toujours été une série assez "lente" (en tous cas rapporté à son nombre d'épisodes par saison) où on prenait énormément de temps pour explorer les sentiments de chacun, ralentis qu'on était par la liste interminable de conventions sociales qui empêchaient les protagonistes d'agir sans attendre trois épisodes. Cela faisait partie de son charme, à vrai dire. La série a toujours eu une valeur contemplative, s'absorbant aussi bien dans la beauté lumineuse de ses protagonistes féminines que dans le flegme de la vie de noble britannique.

Le plus bizarre c'est que je me suis goinfré cette deuxième saison en l'espace d'un weekend, en partie par désespoir (j'attends la livraison de mon DVD de la saison 6 de Gilmore Girls et je n'ai pas internet chez moi pour agrémenter mon quotidien téléphagique avec un épisode de Suits, Bunheads ou même Single Ladies histoire de varier les plaisirs), et que j'étais pressée de rentrer chez moi hier soir pour voir le dernier épisode. C'est bien la preuve que cette saison en question n'était pas si catastrophique, qu'elle avait de bons côtés et que l'attachement aux personnages fonctionnait toujours.
Mais j'avais aussi l'impression de ne plus regarder un costume drama, mais un simple soap, et c'est un peu comme si j'avais simplement admis que Downton Abbey n'est pas une série fabuleuse qui fait fantasmer la téléphage que je suis, mais simplement un feuilleton que je suivais ce weekend et dont je voulais aller au bout. Sachant que je n'aime pas le terme "feuilleton", que je trouve péjoratif.

En fin de compte, même si je n'ai pas vraiment compris les réactions hostiles à cette nouvelle saison, que j'avais lues via Twitter, je les comprends assez bien. Sans être écoeurée par la série, sans être révoltée par une baisse de qualité, ou repoussée par un changement drastique, je dois reconnaître que je n'ai pas été emballée plus que ça.
Peut-être tout simplement que Downton Abbey ne mérite qu'une partie des fleurs qui lui sont régulièrement jetées, et qu'à l'instar de la deuxième saison de Game of Thrones, avec laquelle j'ai également du mal (je n'en viens pas à bout, c'est atroce), cela a été l'occasion pour moi de réaliser que je ne l'aime pas autant que ce que le buzz laisse croire. C'est si facile de transformer une impression positive en enthousiasme dythirambique avec le bouche-à-oreille...

Du coup, je ne déteste pas Downton Abbey, mais ce visionnage l'a remis à sa place. Je n'ai jamais eu un coup de coeur franc et massif pour la série, mais je la tenais en plutôt haute opinion ; ce n'est plus le cas. C'est une série parmi tant d'autres qui possède un plutôt bon cast, une apparence raffinée qui est presque obligatoire pour une série historique, mais ça s'arrête là.
Je ne suis pas fâchée, et je regarderai probablement le Christmas Special prochainement, et sans doute que je finirai par l'acheter quand son prix aura baissé (parce que franchement, payer un SP au prix d'une saison me retourne l'estomac), et ainsi de suite pour les saisons suivantes, mais pas comme une priorité.

Downton Abbey n'est pas une grande série à mes yeux, et quelque part ça me déçoit que je ne sois pas plus enthousiaste à son sujet. Peut-être que c'est ce que la série a toujours été, et peut-être que son buzz extrêmement positif (notamment depuis que la série se taille la part du lion aux Emmy Awards) a joué contre elle...

Posté par ladyteruki à 14:40 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-07-12

Paradise n'est pas un anagramme de Tardis

Bunheads-Time
En un mois de diffusion, j'ai découvert le premier truc qui me fait enrager chez Bunheads.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce qui me court sur le haricot, ce n'est pas le sort réservé à Hubbell, ce n'est pas la présence d'adolescentes, ce ne sont pas les scènes de danse (des points soulevés par plusieurs critiques à propos de la série d'ABC Family) ; il ne s'agit pas non plus des régulières séquences pendant lesquelles Fanny se livre à de grandes tirades d'aggressivité passive, parfois un peu longuettes, ni de l'énergie que la série dépense à essayer de nous montrer tous ses personnages comme un peu toqués, généralement juste pour le plaisir de dire qu'ils sont toqués. Certains de ces ingrédients peuvent taper sur les nerfs à d'autres, moi, ils m'amusent, même quand j'ai bien conscience qu'il se répètent un peu souvent.
On est quand même là pour ça !
Quant à la disparition de Talia ou la présence très, très sporadique de certains seconds rôles, je m'en accommode, même si je l'ai regrettée sur le moment.
Alors, vu que tout semble aller bien dans le meilleur des mondes, quel est le problème ?

C'est son rapport au temps.
C'est idiot, hein, mais ça m'agace.

Si vous le voulez bien, récapitulons.

Mardi

Dans le pilote, Talia s'exclame, face à Michelle qui refuse d'aller boire avec elle : "Why ? It's Tuesday, we always get drunk on Tuesday". Charmant emploi du temps au passage.
On peut donc en conclure que la série commence un mardi soir. L'audition pour Chicago est donc le mercredi matin à 10h, le dîner avec Hubbell mercredi soir, le mariage dans la foulée quelque part pendant la nuit, et l'arrivée à Paradise au cours de la journée de jeudi. Fort bien. Jusque là tout va bien. Enfin, non, étant donné le cliffhanger, mais vous me comprenez.
En complément, Fanny rappelle que les Geoffray auditions auront lieu la semaine prochaine. Notez-le, c'est important.

Vendredi

L'épisode suivant reprend alors que Michelle et Fanny rentrent le soir-même, abattues, et que Michelle passe une nuit blanche à errer l'âme en peine. On obtient la confirmation que l'enchaînement est pour le moment cohérent, quand Michelle visite le surf bar : elle dit être arrivée la veille, ce à quoi Rico répond "Moved to a new town on a Thursday... ballsy !". On est donc toujours d'accord. Le spectacle de danse impromptu pour soutenir Fanny a donc lieu le vendredi soir. C'est là que le copain Jerry fait son annonce fracassante...

Samedi

Le troisième épisode reprend donc alors que Fanny et Michelle sont assises face à Jerry, abasourdies par la nouvelle ; Jerry propose de réexpliquer le lendemain parce qu'elles sont encore sous l'effet du choc de sa révélation, ce qu'elles refusent. Ledit lendemain, Michelle rencontre d'ailleurs la mère de Ginny qui lui rappelle avoir été là, la veille, pendant la fête organisée dans la salle de danse : "We met last night, but I'm sure it's a big blur for you". Nous sommes donc bel et bien samedi.

Problème

Et là, patatras. L'épisode commence, il est vrai, et pour la première fois, sans faire de lien avec le précédent. Il n'existe aucune preuve qu'on est donc dimanche. Fanny est en train d'organiser la fameuse audition pour les stages d'été, mais ça ne veut pas dire grand'chose. A la suite de quoi Boo explique que "the Geoffrey auditions are in ONE. WEEK." ce qui, si l'épisode se déroule dimanche, est encore plausible.
Mais quand vient le moment pour Michelle de se présenter aux deux patrons du magasin de bricolage, elle déclaire : "I'm new in town, I moved here about a month ago". What the...?! D'où ça fait un mois ?

Instinctivement, j'aurais envie de mettre ça sur le compte d'une erreur de réécriture : on repasse sur le scénario pour la dixième fois, on corrige une phrase (surtout dans les copieux monologues de Michelle, débités au rythme que l'on sait), et, par réflexe, on calcule : 4 épisodes = 4 semaines, allez hop ça fait un mois. Il est de notoriété publique que plus on relit quelque chose, moins on y repère les erreurs, après tout.

Il n'empêche. Même en ayant conscience que dans tous les scénarios, les erreurs de continuité et les fautes d'inattention peuvent se produire, même en trouvant une explication rationnelle à cette déclaration, la gaffe me reste en travers de la gorge.

Tout simplement parce que nous sommes formatés, depuis des années, pour adhérer pleinement au concept 1 épisode = 1 semaine.
Dans la chronologie des évènements d'une série, c'est devenu implicite, puis simplement naturel. Parfois, un personnage l'exprime clairement (ça s'est encore produit dans Suits la semaine dernière ; d'ailleurs, petite parenthèse surprise et ulcérée : c'est moi ou c'était le pire épisode de toute la série, sur le plan du jeu des acteurs ?!), mais ça semble alors lourd et superflu tant la notion est intégrée par le spectateur.
Elle reflète, après tout, son propre rythme de vie.

Il faut donc qu'un scénario se donne énormément de mal pour instaurer une chronologie différente.
Généralement, les séries n'essayent pas de le faire sur le long terme, d'ailleurs, et réservent ça à des épisodes constituant un arc, ou à des périodes spéciales, genre les sweeps ou les épisodes doubles (voire triples ?) de fin de saison. Histoire de perturber le spectateur seulement à dessein, et ensuite on revient à un rythme plus normal.
Certaines séries décident tout simplement d'ignorer la question et ne fournissent aucun marqueur de temps : c'est plus simple à l'écriture (ça évite justement les bévues comme celles qu'on vient de relever), et ça évite d'encombrer le spectateur avec des détails inutiles qui ne jouent aucun rôle dans le développement de l'histoire ou des personnages. Et puis, à l'ère du procedural roi, vous imaginez bien que c'est contreproductif d'insister pour encadrer la chronologie des épisodes alors qu'ils fonctionnent en circuit fermé la majeure partie du temps.
Bunheads, tout justement, avait pris énormément de peine pour toujours reprendre quelques minutes, au pire quelques heures, après la fin de l'épisode précédent. L'idée était de souligner les réactions des deux héroïnes, Michelle et Fanny, aux évènements extrêmes qui leur tombaient sur le coin du nez, quelque chose qu'on ne rend pas de la même façon avec une ellipse obligatoire d'une semaine entre deux épisodes.

C'était à vrai dire perturbant, en fait, comme choix. Pas la mise en images finale, mais le choix lui-même. On n'en a pas/plus l'habitude.
Une série qui fait ça imprime un rythme anti-naturel à sa chronologie, au spectateur. Ce dernier doit faire l'effort de se dire que, si dans sa vie, il s'est déroulé une semaine, ah, oui, c'est vrai, dans ce nouvel épisode, quelques heures seulement ont passé. Pour une série fantastique ou avec une mythologie lourde, je ne doute pas que l'adaptation soit facile ; pour une série telle que Bunheads, le choix est curieux (même s'il s'explique par la volonté de dépeindre la situation avec minutie plutôt que de s'en servir comme d'un prétexte). Clairement, le public-cible de Bunheads n'est pas là pour se prendre la tête sur des questions de calendrier.
Et en ce qui me concerne, j'avoue que les débuts d'épisodes de Bunheads, s'ils étaient très clairs sur la chronologie des évènements, et mettaient les choses au point rapidement, avaient tendance à me raidir un tout petit peu, plus par réflexe conditionné qu'autre chose.

Alors voir qu'après tous ces efforts, soudain, le scénario me lâchait brutalement que, vlan, allez, mange ça, un mois s'est écoulé, sur le coup, ça m'a vraiment énervée.

Le problème est, de surcroît, que ce quatrième épisode, outre le fait qu'il n'explicite pas la transition clairement avec le précédent, marque aussi un tournant dans la série, au sens où il devient moins question de Hubbell, que de la façon dont Michelle et Fanny s'organisent à présent. L'atmosphère est bien différente, et d'ailleurs ça se sent au changement qui se déroule du côté de Truly aussi. C'est ce qui rend cette histoire de "ça fait un mois" tellement agaçante : oui, il pourrait aussi s'agir d'un mois. Un mois s'écoule quelque part entre le début du 4e épisode et le passage où Michelle se présente au magasin de bricolage.
Sans l'histoire de l'audition, ça serait tout-à-fait plausible, en fait.

Alors que Bunheads propose aussi de très bons moments de rire et/ou d'émotion, que ses dialogues me font toujours pétiller les pupilles, ou qu'elle nous révèle la très juste Julia Goldani-Telles, on pourrait se dire que ce n'est pas ça qui va me bloquer, si tant est que quelque chose doive me bloquer ; ce seraient plutôt ses quelques petites fragilités passagères qui devraient en être l'objet, et encore, vraiment dans le pire des cas. Surtout que j'étais tellement enthousiaste au sujet de la série !
Mais là vraiment, depuis hier soir que j'ai regardé l'épisode, je suis, je sais pas... je me sens comme un parent du PTC qui vient de voir un épisode de Jersey Shore, ou quelque chose dans le genre. Furibarde, vraiment.

Ca va me passer, je pense. Le contraire serait idiot. Mais que voulez-vous, c'est ça quand on tient un showrunner en très haute opinion ; du coup, plus dure est la chute, et plus sévère est le jugement à la moindre bévue.
Rapport ou coïncidence, je n'ai pas encore touché à The Newsroom. Vous aurez fait le lien...

Posté par ladyteruki à 20:03 - Point Unpleasant - Permalien [#]

28-06-12

Perdues de vue

C'est encore l'une de ces histoires stupides de rendez-vous manqués.
L'an dernier, j'avais commencé Winners & Losers avec la conviction d'avoir trouvé une petite dramédie fraîche, sympathique, avec des personnages extrêmement attachants, et j'étais bien décidée à suivre les aventures de Frances, Sophie, Bec et Jenny, ces amies d'enfance qui, à la faveur d'une soirée de réunion d'anciens élèves, se retrouvent à nouveau liées les unes aux autres par un extraordinaire gain au loto (ça ne fait pas de mal que la série soit diffusée en lien avec le tirage du loto, vous vous en doutez...).

Le problème est qu'au départ, la première saison devait faire 13 épisodes, et pour ça, je me sentais d'attaque. Mais quand la commande a été étendue à 22 épisodes, j'ai reculé devant l'ampleure de la tâche car mon planning était trop chargé.

"Je reviendrai plus tard", me suis-je promis, "quelque part pendant des vacances, ou un peu avant que la série ne revienne à l'antenne", puisqu'une saison 2 a vite été demandée par Seven. Les jolies promesses que voilà.

WinnersandLosers

Quelque part en ce mois de juin, j'ai vu passer l'annonce du retour de la série. Vite, vite ! M'y remettre, finir la saison 1, et embrayer sur la seconde, vu que c'est l'été et que j'ai plus de créneaux disponibles.

Mais entre la préparation du SeriesLive Show (qui a requis le visionnage de l'intégrale de Carnivàle, entre autres, si vous vous souvenez) et le reste, impossible d'avancer suffisamment vite, d'autant que j'ai évidemment repris depuis le pilote, et pas à partir de là où je m'étais interrompue.
Vendredi dernier, j'avais un joli post en brouillon dans la catégorie To be continued... avec les premières captures des premiers épisodes, mais impossible de finir à temps. Pas grave ! Je me suis une fois de plus promis que, tant pis, exceptionnellement je posterai mon To be continued... après la reprise de la série. Mais force est de constater que je n'ai pas assez avancé, que demain c'est vendredi, et que je ne suis toujours pas au point sur Winners & Losers.

Facteur aggravant, le fait que je sache que de nouveaux épisodes continuent de tomber alors que je fais mon rattrapage en quadruple vitesse est un peu décourageant (outre le fait qu'avec le nouveau boulot que j'ai commencé cette semaine, j'ai moins de temps libre). Et le mental joue beaucoup, comme chacun sait, dans ce genre d'entreprise.

Je m'y suis mal prise et c'est un fait : j'ai attendu que paraisse l'annonce de la date du retour de la série (alors que ce genre de choses, en Australie, a tendance à se faire dans une fourchette de 2 à 3 semaines maximum avant la date en question, ce qui laisse peu de temps pour insérer un marathon), j'ai mal plannifié mon visionnage avec ce que j'avais également sur mon "planning", et j'avoue bien volontiers m'être laissée dépassée par d'autres choses (comme par exemple le pilote de Bunheads, que je n'étais pas obligée de revoir 712 fois... moi et ma monomaniaquerie, hein !).

Et le pire c'est qu'à chaque fois que je me pose devant un épisode, même si je l'ai déjà vu, j'y prends un grand plaisir, retrouvant l'affection pour les héroïnes, l'ambiance pétillante de la série et tout ce qui fait son charme d'une manière générale, quand bien même elle ne fera jamais partie des grands crus de ma collection de séries (ou de ma collection de séries australiennes ; d'ailleurs concernant l'achat du DVD, je ne suis pas encore fixée). Winners & Losers est une petite chose attachante et légère, pleine de coeur et d'énergie, et je retrouve même l'envie de baiser le sol foulé par Virginia Gay, que je ressentais pendant mon visionnage des premiers épisodes de la saison 1.
Mais voilà, là je sens bien que les conditions ne sont pas optimales et que je ne vais probablement pas aller au bout. La saison nippone est sur le point de commencer, maintenant (ce qui signifie non seulement des pilotes mais aussi la rédaction d'un ou deux bilans de la saison précédente), et récupérer le retard accumulé sur Winners & Losers va devenir de plus en plus difficile ; je ne veux pas non plus que ça se transforme en corvée pour autant.

C'est vraiment décevant de se fixer un rendez-vous et d'être incapable de l'honorer. J'ai conscience de marcher au coup de tête et au coup de coeur, mais pour une fois que j'avais pris une résolution pour essayer de ne pas me faire avouer, et je me retrouve à mi-chemin entre honorer ma promesse et complètement rater mes retrouvailles avec la série.
Ca n'arrive qu'à moi, ce genre de mésaventures ? Soyez chics, dites-moi que je suis pas toute seule dans ce genre de déconvenues...!

Posté par ladyteruki à 22:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-06-12

What exactly do you do for an encore ?

Il y a 712 pilotes qui apparaissent cette semaine.
La rentrée nippone est sur le point de vraiment commencer.
Mon disque dur regorge de pilotes plus ou moins antiques que je me suis promis de tester.
Il y a même des DVD reçus plus tôt ce mois-ci qui sont encore emmitoufflés dans leur cellophane.

Et pourtant, au beau milieu de la nuit, alors que je repense au deuxième épisode de Bunheads, que je songe au deuil et aux souffrances passées, tout d'un coup, j'ai envie de revoir un film. Ce film.

Je ne sais pas pourquoi ce film-là surgit tout d'un coup. Des films sur le deuil, la mort, et l'autodestruction, j'en ai vu plein. Surtout en 2010. Celui-là était bon... je suppose ? Il ne m'en est resté que des flashes, des images de certains plans, de certaines scènes. Même pas de dialogue. Même pas de son. Encore moins d'émotion. Je suis un peu obligée de relire mon commentaire pour me souvenir précisément de ce que j'en ai pensé ce jour-là. Ou peut-être était-ce un soir ? Pourquoi suis-je capable de me rappeler de la configuration dans laquelle j'ai découvert tant de pilotes, et pas des quelques films que j'ai vus...

A part peut-être une ou deux fois à l'occasion desquelles j'ai parlé du film, probablement pendant mon défi de 2010, je ne suis même pas certaine d'y avoir repensé depuis. Est-ce que le film m'a émue ? On dirait que oui. Pourquoi il surgit maintenant ?

Et pourtant j'ai envie de tout arrêter, de fermer toutes mes fenêtres, tous mes boîtiers de DVD, de cesser de réfléchir au sujet du prochain post. J'ai envie d'aller me rouler en boule sur un coin de sofa devant Wristcutters: A love story. J'ignore pourquoi mais c'est l'impératif du moment.

Il y a pourtant tant de choses à voir. Dans un monde où les possibilités de faire des découvertes sont quasi-infinies, REvoir n'est-il pas absurde ?

A quel moment est-il un petit peu moins fou de tout lâcher pour regarder à nouveau un film, par opposition à la folie qui me fait lancer un nouveau pilote, ou un très ancien ? En tous cas, de l'inédit. Quelque chose qui me ferait aller de l'avant plutôt que de retourner faire une expérience qui a déjà eu lieu.

Ca a du sens pour une série, un revisionnage : il s'agit de donner une nouvelle chance à un pilote (dans la perspective de se lancer dans toute une saison, voire plus), ou de revoir toute une série avec cette fois une vision d'ensemble (afin de relire des évènements passés avec un regard différent après certains développements).
Mais un film ? Ca n'a pas de sens de revoir un film qui ne dure qu'1h28.

Si encore le film signifiait quelque chose pour moi, comme peut le faire The Fall, disons, mais même pas. Ce film ne m'a même pas marquée tant que ça. Et pourtant maintenant je ne pense qu'à lui.

Wristcutters

Alors, j'ignore pourquoi mais c'est l'impératif du moment.
Si je ne m'en saisis pas maintenant, dans quelques minutes, ce sera évaporé, je le sais.

C'est toujours comme ça. Il y a une phase pendant laquelle l'envie subite est incroyablement puissante, comme une sorte de force d'attraction, et pendant cette phase, résister est ridiculement difficile. J'essaye de le faire mais j'en suis souvent incapable. C'est mon plus gros défaut en matière de visionnages : ce n'est pas que je n'aime pas finir les choses, c'est que je suis facilement tentée par l'idée d'en commencer une nouvelle, et que j'ai du mal à être raisonnable, à reporter. Je sais que du moment où je reporte, je suis bonne pour les Calendes grecques. C'est tout de suite, ici, maintenant.
Je fonctionne beaucoup au coup de coeur et je voulais essayer de partager avec vous l'un de ces moments où je dois lutter contre la force d'attraction d'un visionnage qui vient tenter de s'imposer à moi, parce que c'est comme ça que je le sentais. Je n'ai pas toujours une bonne raison de me lancer (pas toujours une mauvaise non plus), mais j'ai envie.
Et cela prend toute mon énergie que de me dire : non, ce n'est pas le bon moment.

A ce stade, je suis absolument incapable de vous dire comment les choses vont tourner pour cette envie soudaine.

Peut-être que je vais rester 5 minutes de trop devant l'ordinateur, à décortiquer ce soudain coup de tête, et que je vais en oublier d'aller chercher le film dans ma réserve. L'heure va passer et à 3h du matin, je vais réaliser que je dois être au travail dans 7h, et je vais remettre à plus tard. Et mais "plus tard" est une promesse d'ivrogne car je sais bien que c'est le moment ou jamais.

Peut-être que je vais me lever, aller chercher le film dans mes réserves, et m'émouvoir à nouveau devant ce film dont j'ignore complètement par quel procédé il a soudain refait surface dans mon esprit. Quelle notion étais-je en train d'effleurer pour en arriver là ? Quelle image de Bunheads m'a fait faire le lien ? Où se trouve l'association d'idées ? Peut-être que je vais effeuiller ma réserve de films en me demandant comment j'en suis arrivée là.

Même moi, je n'en ai aucune idée. Et vous voulez que je vous dise ? En toute modestie, dans des moments comme ça, pardon, mais c'est chouette d'être moi.

Posté par ladyteruki à 02:36 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-06-12

[DL] Bunheads

D'après mes standards, tout ce qui dure plus de 10mn et comporte des plans plus variés que le simple titre de la série, peut être considéré comme un générique. Mais le terme "opening credits" n'est peut-être pas applicable au générique de Bunheads, qui ne propose le nom d'aucun de ses acteurs, scénaristes ou producteurs pendant cette petite video.

Il y avait pourtant assez de temps pour le faire, puisque Bunheads nous gratifie d'un petit thème musical et d'un mini-clip de 23 secondes, ce qui par ces temps de vaches maigres en matières de génériques pourrait presque passer pour un record absolu (d'ailleurs celui de Pretty Little Liars, sur la même chaîne, dure 3 secondes de moins). Que cette brièveté ne vous abuse pas : on est loin des panneaux tous simples, ou même de l'enchaînement de photos (style diaporama à la Suburgatory) de beaucoup de séries. Bonus supplémentaire, les images ne sont pas tirées de la série, ce qui témoigne d'un véritable effort pour nous offrir un petit quelque chose qui vaille la peine d'être évoqué dans cette rubrique.

Bunheads
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Mes craintes pour ce générique ont presque toutes été devancées : Bunheads dévoile ici un générique plein de charme, d'élégance et de légèreté, qui retranscrit finalement assez bien son esprit. Qui plus est, j'apprécie le choix d'une musique aussi emblématique de l'univers du ballet, tout en lui apportant une tonalité plus moderne, plus vive, plus neuve. Le résultat, bien différent de ce qu'on pouvait imaginer en gardant Gilmore Girls à l'esprit (mais à un moment, il faut bien couper le cordon), ne manque pas de charme, je crois qu'on en conviendra tous.
On peut par contre trouver une source d'étonnement dans le fait que Kelly Bishop en soit totalement absente alors qu'il parait certain que sa présence dans la série n'est pas secondaire.

J'en profite pour passer un appel : passé le pilote, je n'ai jamais pris la peine de cagouler les épisodes suivants de la plupart des séries récentes made in ABC Family (genre Jane by Design, Switched at Birth et autres The Lying Game), ont-elles un générique ?

Posté par ladyteruki à 00:26 - Permalien [#]

20-06-12

[GAME] Turn the music on

Il ne vous aura pas échappé que la fête de la Musique, comme chaque année, commence... eh bien, dans une minute, littéralement. Pour me mettre au diapason, j'ai donc décidé de ressortir de mes cartons un nouveau jeu des génériques, un jeu que je ne vous ai pas proposé encore en 2012, alors qu'il s'agit probablement de l'une des plus anciennes traditions de ce blog.
N'ayez crainte, cependant : notre partie de chasse islandaise est et reste disponible, au cas où, plutôt que des génériques, vous préfériez vous mettre en quête d'un pilote de série scandinave (il en faut pour tous les goûts).

Musique

Comme du coup, ça fait un petit bout de temps qu'on n'a pas joué à un jeu des génériques, laissez-moi procéder à un rappel bienvenu des règles du jeu, histoire de mettre tout le monde sur un pied d'égalité.

Dans ce post, je vais vous faire deviner 10 séries ; si vous trouvez le titre de l'une (ou plus) de ces séries, et que vous le suggérez en commentaires (sans oublier de préciser le numéro de la devinette), j'uploade le générique qui correspond.
Cependant, il est bon de noter que le générique des séries que je vous propose de reconnaitre n'a jamais été uploadé par le passé sur ce blog ; du coup, avant de répondre, une recherche intensive parmi les génériques déjà proposés dans ces colonnes peut vous permettre d'éliminer certaines possibilités (accessoirement, pour ceux dont le lien est mort, vous pouvez en profiter pour réclamer leur remise en ligne). Les séries concernées peuvent être d'absolument toutes les nationalités ; je ne préciserai donc pas le pays d'origine des séries concernées, mais me connaissant, attendez-vous à ce qu'elles ne viennent pas tous des USA...
En outre, vous pouvez proposer absolument autant de réponses que vous le voulez, et même vous aider entre vous, puisque c'est un jeu où les visiteurs du blog ne jouent pas les uns contre les autres, mais essayent au contraire de déverrouiller le plus de génériques possible.

Puisque je n'avais pas envie de nous imposer un thème trop particulier, mais que je voulais quand même réduire la fenêtre des possibilités pour ne pas vous rendre la tâche trop ardue, j'ai décidé que le point commun à toutes les séries du jeu des génériques ici présent serait qu'elles ont toutes été évoquées sur ce blog en mai ou en juin 2012. Pour vérifier ce genre de choses, vous pouvez donc soit lire l'équivalent de près de 2 mois de posts... soit utiliser les tags si vous avez une série spécifique en tête et que vous voulez vérifier si elle est éligible. Attention : cela ne veut pas dire que ce sont des séries auxquelles j'ai consacré tout une review ; parfois, elles ont pu être simplement citées en passant.
Mais en tous cas ça signifie qu'elles apparaissent impérativement dans les tags d'au moins un post publié au cours de ces deux derniers mois. Comme ça, même si la réponse ne vous apparait pas de façon évidente, un peu de recherche peut vous permettre d'avancer tout de même dans le jeu, j'ai pitié de vous !

Nous cherchons donc...
1 - Une série dont le héros est un peu dans la lune > Buzz Aldrin
2 - Une série qui a du chien > Hounds
3 - Une série où tout le monde s'entasse dans une maison > The Clinic
4 - Une série qui ne fait rien pour arranger la réputation des avocats > Réttur
5 - Une série dans laquelle la plage est une affaire très sérieuse > Preamar
6 - Une série où un anneau a énormément d'importance, mais ce n'est pas inspiré par Tolkien > Obroutchalnoie Kolcho
7 - Une série qui doit son nom à une coiffure > Bunheads
8 - Une série sur lesquels les fansubbers bulgares se sont rués > Muhtesem Yüzyil
9 - Une série qui se déroule dans un pays en guerre > Kaboul Kitchen
10 - Une série adolescente fantastique logée dans un internat > Het Huis Anubis

Attention, la réponse la plus évidente n'est pas toujours la bonne !
BONUS ! Si vous mettez moins de 24h à trouver ces 10 séries, j'ajoute un 11e générique juste pour vous faire plaisir, en guise de récompense ! A vous de voir si vous arrivez à découvrir les 10 réponses nécessaires pour le débloquer... > Coacherna

Prêts ? Feu... partez !!!

EDIT : bravo à tous, challenge remporté pour cette fois, mais je reviendrai avec 10 autres génériques bientôt pour vous remettre au défi !

Posté par ladyteruki à 23:59 - Games On - Permalien [#]

12-06-12

Series finally

Ah, nous y voilà ! Enfin ! Bunheads a démarré hier soir sur ABC Family, et vous savez ce que ça veut dire ? Qu'il reste moins d'une semaine avant un épisode inédit !!!

Bunheads-Finally

Je ne prétends avoir aucune sorte d'expertise en marketing, donc je me contente de juger en tant que spectatrice, mais cette histoire de balancer les pilotes en ligne par des canaux légaux plusieurs semaines par avance (une pratique qui tend à s'étendre à de plus en plus de séries depuis quelques années), ça me semble encore très perfectible.

Dans l'hypothèse où vous avez aimé le pilote (et c'est évidemment à souhaiter), vous vous retrouvez dans la situation intenable de devoir patienter plusieurs semaines jusqu'à la diffusion du series premiere sur la chaîne. Je suppose que l'idée est de faire monter le buzz en encourageant les reviews (sans compter évidemment l'activité sur les réseaux sociaux), mais on est en droit de se demander où est la gratification pour le fan ainsi nouvellement créé, qui, frustré, se retrouve à attendre plusieurs semaines... une pure et simple rediffusion.
Et on a déjà établi que c'était le mal.

Sauf que j'y repensais dans le cas de Bunheads parce que ce procédé, qui me met en rage, n'a pourtant rien de différent d'une autre démarche, en pratique.
Je suis la première à me ruer sur un preair, à plus forte raison pour avoir la joie de faire l'exercice de comparaison avec le "véritable" pilote ensuite (ainsi j'ai attentivement regardé les deux versions de Bunheads et suis en mesure, pas moins de 7 visionnages plus tard, d'attester avec la plus grande autorité qu'il n'existe aucune différence !). Chaque été je me mets en chasse du plus petit leak, fût-il parfois relativement consensuel, et je garde un tendre souvenir de nombreuses séries que j'ai commencées de la sorte (pas toutes, puisqu'à l'instar de True Blood, il est des séries pour lesquelles on ne peut contraindre mon enthousiasme).
Incidemment je commence à peu près maintenant à organiser ce genre de chasse (vous savez : quand les compteurs des disques durs commencent à s'éclaircir ?), donc là on peut dire que je suis au coeur de la question. Et ça ne me dérange pas le moins du monde, j'y prends au contraire le même plaisir que quand je me mets dans la tête de dégoter un pilote unsold, par exemple, ou que je décide de me bloquer deux heures pour trouver le premier épisode d'une série obscure diffusée il y a plus d'une décennie (cet aprem c'était Citizen Baines, par exemple, et d'ailleurs l'appel est lancé, au passage, parce que j'ai échoué lamentablement dans ma quête).

Mais qu'une chaîne décide de sortir légalement le premier épisode plusieurs semaines par avance, et je le vis très mal. Il faut dire que je suis assez peu réceptive au concept de patience en général (mais peut-être l'aviez-vous remarqué).
Quelque part dans mon esprit tordu, je pense que je le prends comme un affront parce qu'il me semble qu'on fait exprès de m'exciter, pour ensuite me laisser dans la plus totale frustration. Ca doit être quelque chose de cet ordre-là.

Pourtant dans les faits, les résultats sont les mêmes.
C'est même pire pour un preair, qui souvent est séparé d'un mois minimum de la date de lancement, plus souvent deux et plus (je me rappelle encore du preair de Pushing Daisies, c'était un soir de juillet, que de souvenirs... or le series premiere a été diffusé par ABC en octobre, et vous ne m'aviez pas entendue me plaindre, ou si peu) ; les chaînes sont attentives à ne pas laisser une trop grande période d'attente entre leur diffusion sur internet et celle sur leur antenne, donc au final, l'avantage leur revient, quelque part.
Mais voilà, émotionnellement, si je puis dire, on n'aboutit pas au même résultat. Je n'en garde pas rancune envers les séries concernées pour si peu (je maintiens par exemple que House of Lies a été l'une des meilleures séries du début de l'année), mais le procédé me heurte quand même.

Devoir attendre près d'un mois entre le pilote et le second épisode, ça va quand c'est moi qui en fais le choix, mais quand c'est la chaîne qui me l'impose, ça ne prend pas encore totalement. Il est probable que l'impression d'avoir réussi à "filouter" le système participe à la sensation d'accomplir une mini-victoire (de salon, on est bien d'accord), quand l'autre me met dans une position inconfortable de proie d'une opération qui attend de moi que je fasse la promo d'une série à la place de ceux qui devraient faire la promo de la série.
Tout est une question de point de vue, en somme. Mais il est certain que cette méthode n'a pour l'instant pas que des avantages, du point de vue du spectateur, qui se sent un peu comme une blogueuse mode ou beauté à qui on envoie des échantillons. Ne ressent-il pas comme une obligation de se faire le champion de sa découverte ?

En-dehors de ces considérations, je me demande si cette manoeuvre a jusqu'à présent eu beaucoup de succès du point de vue des chaînes. Si quelqu'un a de la lecture à me suggérer depuis le sujet, je ne demande qu'à chausser mes lunettes et me pencher sur la question. Peut-être que si j'avais l'impression que ça fait une différence, je le vivrais différemment...

Posté par ladyteruki à 23:01 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-05-12

[DL] Dance Academy

Pour être tout-à-fait sincère avec vous, depuis que je vous en ai parlé, j'ai revu le pilote de Bunheads deux fois : hier matin, et ce soir. Et je vous confirme que j'adore toujours autant cet épisode. C'est exactement ce que le docteur avait prescrit, si je puis dire. Si pendant ce long weekend de Memorial Day vous manquez d'inédits, aller choper le preair et régalez-vous, vraiment, si vous ne l'avez pas encore fait, je vous le recommande. Enfin vous faites ce que vous voulez, hein. Mais c'est pas comme si les pilotes excellentissimes nous pleuvaient dessus en ce moment. C'est une période creuse, alors il faut vraiment saisir la moindre opportunité de se faire plaisir. Je me permets d'insister encore mais, hein, bon. Quand même. Allez c'est bon, j'arrête.

En tous cas Bunheads m'a rappelé une autre série sur la danse : Dance Academy. L'occasion pour moi de ressortir ma casquette d'amatrice de l'Australie puisque la série est en effet une co-production avec la chaîne allemande ZDF, jamais dernière lorsqu'il s'agit de participer à l'élaboration de séries pour la jeunesse.
Alors oui, le mot est lâché : "série pour la jeunesse". Je sais bien qu'on n'est pas entraînés à apprécier les séries, surtout quand elles sont regardables par des préados sans que leurs parents ne ressentent le besoin de les enfermer dans une tour jusqu'à leur 21 ans. Mais l'Australie (entre autres) regorge de séries pour la jeunesse vraiment épatantes, et j'ai déjà eu l'occasion de vous parler notamment de My Place et Lockie Leonard, par exemple. Eh bien à l'instar de ces deux-là, Dance Academy a vraiment su s'attirer d'excellentes critiques, et une multitudes de nominations et récompenses, venant de professionnels adultes (un Australian Directors Guild Award pour un épisode sa première saison) comme du public adolescent (un Kidscreen Award l'an dernier). En avril dernier, Dance Academy a achevé sa seconde saison dans la joie et l'allegresse alors que le développement de la saison 3 était déjà mis en chantier, et la série est diffusée dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis...ou la France, sur Canal+ Family.

Mais pardon : mon intention n'était pas de vous offrir un cours magistral sur la série, mais bien de vous montrer le générique de cette série, alors voilà !

DanceAcademy
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Cela étant, le générique de Dance Academy est tout ce que je ne souhaite pas à celui de Bunheads de nous offrir quand, cela ne fait aucun doute dans mon esprit, il apparaitra (parce que je ne doute pas un seul instant que cette petite série pleine de fraîcheur ne nous fasse pas le plaisir d'avoir un truc plus long que 10 secondes).

Il y a d'une part le problème des images en elles-mêmes. C'est cliché, mais on n'y échappe probablement pas. Vient ensuite le problème de l'habillage, supposé faire jeune alors que, bon, ça va, on a bien vu qu'il ne s'agissait pas que de ballet (= ringard) et que ça sert à rien d'en rajouter.
Mais le problème majeur de ce générique, c'est sa chanson totalement impersonnelle. Si vous avez vu la série (personnellement je me suis contentée du pilote, ce qui explique pourquoi j'ai le générique sous la main), vous savez que Dance Academy est quand même bien plus qu'un vague Fame revu et corrigé. Il y a énormément de sensibilité dans cette série ; pas une sensibilité à la Angela, 15 ans avec des états d'âme en pagaille, mais plutôt une émotion sincère autour de la danse, l'envie de danser, la grâce que représente cet art, etc... Des éléments qu'on ne retrouve pas un instant dans le thème musical de la série, qui de grâce est totalement dépourvu.

De mon point de vue, le générique de Dance Academy est un échec parce qu'il manque de devenir un symbole de l'identité de la série. Donc voilà, tout le mal que je souhaite à Bunheads, c'est de ne pas avoir ce genre de générique. Même si celui de Gilmore Girls n'était pas extraordinaire d'un point de vue visuel, son thème musical et les émotions qu'il portait faisaient que le générique est devenu un porte-drapeau efficace de la série ; j'espère que c'est une leçon qui n'aura pas été oubliée par Amy Sherman-Palladino...
Voilà, j'arrête avec Bunheads, on en reparlera quand la diffusion aura officiellement commencé, mais restez dans le coin : demain, je vous donnerai une occasion de découvrir le premier épisode de Réttur... avec sous-titres, bien-sûr !

Posté par ladyteruki à 20:29 - Médicament générique - Permalien [#]