ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

23-06-13

Corail mou

Notre #pilotmarathon nous emmène cette fois en Australie ; j'avais envie de me balader. Reef Doctors, dont je vous parle depuis plus d'un an maintenant, est donc ma nouvelle proie... et je pense qu'il faut que je choisisse un peu mieux mes pilotes, en fait.

ReefDoctors-Promo

C'est l'été, enfin... officiellement disons, et vous avez envie de soleil, de plages, de palmiers, une eau turquoise et de jolis récifs de corail. Du coup, j'ai la série parfaite pour vous : Reef Doctors, une série australienne dont la diffusion a commencé au début du mois sur le network Ten. Et vraiment, tout y est : le soleil, les plages, les palmiers, l'eau turquoise et les jolis récifs de corail. Bon il y a également quelques serpents mais rien n'est parfait.

Reef Doctors se déroule, mais vous l'aviez peut-être deviné, près de la Grande barrière de corail, sur une petite île éloignée de tout où le Dr Sam Stewart dirige une petite clinique, dans laquelle elle soigne les bobos des habitants (vous savez, rien que de très classique : les piqûres mortelles, les gangrènes...), mais poursuit également des recherches sur les venins des serpents locaux, espérant en tirer un remède pour toutes sortes de maladies.
Ah oui tout de suite c'est un peu moins paradiasique. Mais pour ne pas perdre de vue son côté estival, Reef Doctors s'applique à montrer régulièrement que, ohé, regardez, elle est jolie notre série, il y a soleil, des plages, de palmiers, une eau turquoise et de jolis récifs de corail ! C'est assez vite gonflant parce qu'on a un peu l'impression d'être dans des épisodes d'Alerte à Malibu (voire Pacific Blue), avec un clip subventionné par l'Office du Tourisme du Queensland à intervalles réguliers, avec notamment l'une d'entre elles présentant l'une des héroïnes en minuscule rikiki en train de nager pour aller faire des risettes à une tortue, parce qu'on vous dit que la Grande barrière de corail, c'est chouette !

Reef Doctors ne se donne pas la peine d'avoir une histoire ; à l'instar de bien des séries de son espèce, généralement nées dans les années 90 et qui ont fait la notoriété de l'exportation australienne, genre Brigade des Mers, l'idée est d'avoir quelque chose qui bouge, qui n'est pas trop moche, et qui bouge. Qu'il y ait une histoire est totalement secondaire, donc, du moment qu'il y a des opportunités pour des scènes d'action, et d'action familiale donc d'intervention d'ordre policière ou médicale. Rien qu'à son titre on aura compris que Reef Doctors a opté pour la seconde possibilité, ce qui permet d'avoir une héroïne qui s'agite régulièrement lorsqu'elle s'inquiète pour un patient ; dans le pilote, ce patient est un plongeur qui a eu un accident de décompression, et comme l'île n'a pas de caisson de décompression, il s'agit donc de plonger avec lui et de gérer la crise sous l'eau. Vous voyez un peu le génie du truc ? Une scène d'intervention dans l'eau turquoise, c'est limite du génie à ce stade !
Au passage, notez que Reef Doctors ne se donne pas non plus la peine d'avoir des personnages : elle a des archétypes, chacun remplissant ni plus ni moins que sa fonction. Il ne s'agirait pas que la personnalité des protagonistes vienne se mettre en travers de votre voyage à la Grande barrière de corail !

On serait donc tentés de se dire que Reef Doctors est absolument parfaite pour l'été : pas de prise de tête, de jolis paysages, des trucs qui bougent à l'écran, une musique omniprésente histoire de ne pas s'endormir...
...Ah oui ya quand même juste un truc : en Australie, où Reef Doctors a commencé il y a deux semaines, c'est l'hiver en ce moment ! Il faut dire que Reef Doctors était initialement prévue pour une diffusion avant fin 2012, et qu'elle a passé en réalité, à l'issue de son tournage au printemps 2012, une année dans les cartons du network Ten. Cette erreur stratégique aura coûté énormément à la chaîne : les audiences du pilote dont je viens de vous brosser les grandes lignes a été regardé, le dimanche 9 juin, par un peu plus de 357 000 spectateurs, donc c'est un gros bide. Au point que Ten a immédiatement décidé de déplacer la série aux vendredis soirs, ce qui n'était pas du tout prévu, et a fait perdre plus encore de spectateurs à la série (le deuxième épisode a attiré 193 000 Australiens avant hier soir, joli coup).

Si vous décidez tout de même de donner sa chance à Reef Doctors, ne vous attachez donc pas trop... D'un autre côté, comment est-il possible de s'attacher à une série qui fait tout pour n'avoir l'air de se soucier de rien ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 12:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-08-10

Crocodile TV

Pfff. Encore un post. Que voulez-vous que je vous raconte ? Que j'ai regardé le pilote de Wallander ? Même pas, j'ai pas encore eu le temps d'ouvrir mon coffret flambant neuf. Que j'ai cagoulé les sous-titres du deuxième épisode de GOLD ? Même tarif, pas eu le temps. Que j'ai fait du tri dans mes cagoules et que j'ai retrouvé des perles ? Le temps manque, une fois de plus. Alors voilà, j'ai rien à vous dire.
Le dimanche, c'est comme ça, j'ai rien à raconter. J'ai l'impression de n'avoir rien fait de ma semaine et pourtant la suivante est à deux doigts de commencer. C'est rageant.

Évidemment, que je déconne ! Évidemment que j'ai des trucs à vous raconter ! Plein !
D'ailleurs si vous manquez de lecture, pas de problème, ça doit pouvoir se trouver. Tenez, connaissez-vous la télévision australienne ? Je vous avoue que même si j'avais déjà vu des séries australiennes, je n'en savais pas grand'chose. Eh bien voilà, l'erreur est réparée.

Australie_KoalaTV
God save the Queensland : la télévision australienne pour les nuls

Mais c'est justement ça, le problème. C'est la reconnaissance de la fiction australienne. Confinée à deux sortes de public (ceux qui regardent Brigade des Mers en milieu de journée, et ceux qui se délectent d'un Underbelly certainement pas grand public), extrêmement restreints et assez peu causants, la fiction australienne peine à exister.
Alors qu'elle est anglophone, damn it !

Que la fiction philippine manque d'exposition, c'est dommage mais sous un certain angle ça se conçoit. Qui s'intéresse à ce qui se passe dans les Philippines en règle générale ? Personne. La moitié de la population est probablement convaincue qu'il n'y a même pas l'électricité là-bas. Mais l'Australie ?
D'accord, il y a une partie de l'explication à ce problème qui est probablement géographique. Mais ça n'explique pas tout. Notamment depuis qu'internet s'en est mêlé et que la géographie devient, quelque part, toute relative. Une fiction en langue anglaise est une fiction en langue anglaise, point barre. Comment ça se fait qu'elle ait tellement de mal à être aussi visible que, mettons, la fiction britannique ?

C'est visiblement un problème récurrent de son histoire, écrasée qu'elle est par la fiction américaine et la fiction anglaise. Pourtant, quand on approche un peu le nez et qu'on essaye d'y regarder de plus près, on s'aperçoit que si les séries australiennes ont certainement pris quelques idées chez leurs cousines, elles ont développé une personnalité propre. S'il fallait la rapprocher de la production d'un autre pays, la fiction australienne aurait plutôt un lien de parenté marqué avec le Canada. Ces deux pays ont un vrai public, un vrai vivier de talents... et un vrai problème pour exister.
Sur les sites de cagoulage que je pratique (alors après, c'est ptet pas les bons), les séries australiennes semblent s'y faire petites. Il faut vraiment bien regarder pour s'apercevoir qu'elles sont là, en effet. Mais l'offre est plus grande (et accompagnée de plus d'effets d'annonce et de promotion) pour les États-Unis et la Grande-Bretagne. C'est à n'y rien comprendre.

Et c'est tragique. Il se passe pourtant des choses, en Australie. On y trouve des soaps terre-à-terre, où on s'éloigne de la vie des riches (ou disons, des classes aisées) pour s'intéresser au tout-venant. On y trouve des séries dures et violentes. On y trouve des séries policières, beaucoup (bon, là je vous avoue, je passe mon tour, d'ailleurs ce sera le sujet d'un post prochain). Et puis on trouve des séries dramatiques à la sensibilité à fleur de peau, avec quelque chose d'à la fois franc dans le regard, mais tendre dans la démarche. Il y a quelque chose qui me plait bien, dans les séries australiennes, quelque chose de sincère et authentique.

C'est aussi pour ça que j'ai légèrement pimpé Spirited sur la fin de mon article. Si je peux donner un coup de main, c'est tant mieux. J'ai vu le trailer de cette série (lorsque j'ai fait la news sur le Roma Fiction Fest) et je peux vous garantir que ça m'a vraiment captivée de suite. Mais pourquoi personne ne m'a parlé de Spirited avant ? Pourquoi personne ne m'a parlé de Love My Way avant ? Je sais pas, est-ce que je ne fréquente pas les bons "blogs à review" qui en parlent ? Est-ce que je suis passée à côté des news ? C'est presque plus facile de trouver des news sur l'Asie ou l'Afrique du Sud que sur l'Australie (pour moi, en tous cas, après, bon... je sais).
J'ai l'impression d'avoir affaire au parent pauvre de la télévision anglophone, c'est triste...

C'est triste, mais pas insoluble. Et j'ai bien en tête de surmonter ma phobie des accents exotiques (comprendre : non-américains) pour y remédier à mon niveau. Franchement, je vais vous dire : une entreprise folle en plus ou en moins... d'façon j'ai toujours pas trouvé les sous-titres du deuxième épisode de Naznaczony, alors ça m'occupera.

Sérieusement, à part Hartley, vous vous rappelez avoir vu combien de séries australiennes dans votre vie ?

Posté par ladyteruki à 09:11 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]
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