ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

01-03-13

Bouche à oreille

Amis téléphages, l'heure est venue pour moi de solliciter à nouveau vos lumières.
Eh oui, grand retour aujourd'hui des posts La une est à VOUS, dans lesquels, pour changer un peu (pas toujours les mêmes !), c'est votre responsabilité que de me convaincre de regarder une série. Ou pas, d'ailleurs. Enfin, tout est expliqué .

En ce moment, je traverse une période de léger flottement téléphagique. En-dehors de quelques absolus favoris (The Americans, Monday Mornings, et les visionnages de Smash avec le #SmashEnsemble), je ne regarde plus aucune série américaine dramatique de façon régulière (et plus qu'une japonaise : dinner, bien que l'enthousiasme se soit tassé). J'ai laissé tomber, même si ce n'est que temporairement, des séries comme The Good Wife, Unité 9 ou encore Nashville. Je n'ai tout simplement pas le jus. Evidemment, il y a toujours les pilotes que je regarde, mais en matière de suivi hebdomadaire, nan, j'ai goût à rien. Et ça fait depuis janvier comme ça ! En fait, comme j'ai abandonné mes visionnages en décembre lors du marathon Scrubs, c'est même pire que ça... Après avoir laissé passer plusieurs semaines de la sorte, me disant que ça allait revenir, que je n'avais qu'à passer à autre chose en attendant (l'occasion de rattraper des séries comme Raw, retenter le visionnage de Monroe, picorer des épisodes de Brain et bien-sûr regarder des films), mais je commence un peu à m'alarmer.
J'ai un peu tout tenté. C'est que, vous comprenez, des comédies que je suis en hebdomadaire, j'en ai plein, niveau dramédie je suis évidemment comblée par House of Lies (et ce, de multiples façons et dans toutes les positions), mais mon planning hebdomadaire manque cruellement de séries dramatiques. Ca me manque, en somme. Mais je n'ai pas le goût, pourtant, à reprendre ces séries abandonnées ; je pense que je suis rebutée par un effet "loin des yeux, loin du coeur", moins je les regarde, moins j'ai envie de les regarder, mais il en faudrait peu pour que la flamme qui m'animait il y a encore peu se ravive, sauf que le premier pas coûte.

En toute franchise, entre les plutôt bonnes raisons ("The Good Wife me plait plus en marathons ou mini-marathons", expérience avérée pendant les saisons précédentes ou je finissais toujours par préférer ce mode) et les excuses carrément piteuses ("ouais mais en ce moment j'ai envie d'engloutir des épisodes par 10 pour toutes mes séries dramatiques", mensonge éhonté comme le prouve le suivi régulier des séries sus-mentionnées), je ne peux plus laisser faire.

C'est là que je me suis dit : plutôt que de revenir à tout crin aux séries que je suivais cet automne, on va procéder par étapes et simplement trouver une série toujours en cours de diffusion, qui me soit nouvelle mais que je puisse, après rattrapage en mini-marathon, je serais d'humeur d'en faire autant pour d'autres. Une fois que j'aurai fait ça pour une série qui aura le goût de la nouveauté, ce sera plus facile de le faire pour d'autres abandonnées voilà trois mois !
Telle est ma logique ; on est d'accord que c'est boiteux mais c'est tout ce que je vois comme option, à part m'enfermer dans mon living, m'attacher à mon fauteuil et me forcer à regarder un épisode d'Unité 9 en me menaçant d'un flingue. Ce qui serait d'une part un peu ironique, et d'autre part vraiment dommage.

J'ai donc cherché quelle série pourrait bien correspondre à mon objectif, et l'une de celles qui revient régulièrement est Scandal.
Une partie de ma timeline Twitter semble en dire du bien, mais j'avoue que je ne saisis pas comment elle en arrive à cette conclusion après l'expérience désastreuse qu'a été le pilote pour moi. Et pourtant. S'il y a bien une chose qui ressort des réactions extatiques sur Scandal, c'est que la série a muté depuis le début de son existence, et qu'elle est arrivée à quelque chose qui a l'air plus abouti que sa formule ne le laissait initialement imaginer. Amis téléphages, l'heure est venue pour vous de me le confirmer (ou pas).

Dois-je (re)regarder Scandal ?

BoucheaOreille

Les pour :
- J'avais vaguement senti que Scandal se voulait un peu politique, et j'ai bien envie de ça en ce moment
- D'après les échos que j'en ai, Olivia Pope devient un personnage franchement intéressant, et la perspective d'assister à une telle évolution m'intéresse parce qu'assez peu de personnages, en ce moment, sont des héros en aussi évidente mutation

Les contre :
- Bah, déjà, je vois 10 raisons. Libre à vous d'en ajouter, étant bien entendu qu'il n'y en a aucune à retirer.
- Parce qu'on ne peut pas dire que je sois une fan de Shonda Rhimes (mais ça s'est ptet vu via le lien précédent)
- Parce qu'en ce moment, c'est la mode du "tout-soapesque" et que je n'ai pas envie de me lancer dans un truc qui me rappelle la qualité piteuse d'un Revenge ou Deception, avec une touche de thriller pour faire genre, mais quand même beaucoup de vide

Vu que plusieurs d'entre vous êtes pourtant convaincus que Scandal est en train de tourner au petit bijou, je ne doute pas que vous allez démonter mes arguments comme rien. Comme toujours dans cette rubrique, l'idée n'est pas forcément de me faire regarder absolument une série, mais d'être aussi bien capables de donner, vous aussi, des arguments pour et des arguments contre, de citer des qualités qui m'ont échappées comme des défauts qui hélas existent bien, histoire que je me fasse une idée.
Je compte sur vos bons conseils, amis téléphages, vous qui me connaissez bien : peut-être que Scandal n'est vraiment pas faite pour moi, c'est possible... mais y a-t-il une chance pour que je sois passée à côté d'une série qui me ravirait ?
Et dans ce cas... c'est à VOUS de m'en convaincre.

Posté par ladyteruki à 12:26 - La une est à VOUS - Permalien [#]

21-02-13

God complex

Tenir un blog a de multiples avantages ; l'un d'entre eux est qu'il sert ultérieurement d'aide-mémoire pour les séries qu'on a regardées mais qui n'ont pas marqué le téléphage.

...Evidemment, cette technique a ses défauts, la principale étant qu'il faut encore écrire le post après avoir vu la série en question. Quand même. Or, pour plein de séries, je ne le fais pas ; Seed est un excellent exemple, quoique récent. Monroe en est un autre. Je me rappelle avoir vu les deux premiers épisodes, puis m'être lassée, mais je n'ai pas écrit à ce sujet ; le temps a passé et désormais je suis incapable de me souvenir pourquoi la série m'a lassée, beau boulot. Même à raison d'un post par jour on arrive à ce résultat, c'est désespérant.
Alors qu'arte diffuse la première saison de Monroe ce soir et jeudi prochain, je me suis dit que c'était une bonne opportunité pour, cette fois, laisser une trace de mon visionnage, for future reference. Mais comme je serai occupée quand commencera la diffusion (le #SmashEnsemble se réunit, et je ne changerais pour rien au monde), il a fallu ruser et j'ai donc revisionné le pilote de mon côté. Ceci est donc, une bonne fois pour toutes, mon post sur le premier épisode de Monroe. Nan mais.

Monroe-Aureole

Il faut dire que Monroe n'est pas la série la plus originale qu'on puisse imaginer : on y suit Gabriel Monroe, un neurochirurgien particulièrement arrogant, (et pourtant, l'arrogance fait partie de la fiche de poste d'un chirurgien !) dont on va suivre dans le pilote deux opérations ainsi qu'un petit bout de vie privée. L'idée directrice de ce pilote est de nous montrer un personnage d'une confidence pour le moins débordante en des capacités sans défauts, puis de nous faire toucher les limites de sa toute-puissance.
Difficile, et pourtant un peu capilotracté, de ne pas rapprocher Monroe de Dr House. La comparaison est injuste, je vous l'accorde, mais il émane de Monroe (toujours envoûtant James Nesbitt ; faudrait que je me refasse Jekyll un de ces quatre) un tel charisme, une telle énergie, et aussi, quelque chose de sombre bien que de difficilement palpable, qu'on en revient toujours à l'associer un peu à l'éclopé de service. Il faut dire que le Dr Monroe a la fâcheuse manie d'avoir une repartie irréprochable, un grand sens de la formule, et une certaine désinvolture vis-à-vis des cas rencontrés, qui évoquent pas mal son cousin "américain", même si, dans ce premier épisode, Gabriel est très loin des excès de Gregory, et n'atteint pas les mêmes abimes.

Cette assurance, cette arrogance dont Gabriel Monroe fait preuve aurait même de quoi agacer. A une époque où un héros de série se doit d'être un anti-héros profondément faillible voire détestable, il est même assez destabilisant de voir 95% de l'épisode dédié à nous démontrer combien le chirurgien est talentueux ; il traine par exemple dans son sillage une paire d'internes devant lesquels de toute évidence il est ravi de faire étalage de son expérience, son savoir-faire et sa verve, joue le paon paternaliste devant une patiente pour laquelle immédiatement il se prend d'affection, donne des conseils au mari de celle-ci, et ainsi de suite. C'est très irritant. Mais en même temps, très divertissant ! On ne peut pas vraiment lui en vouloir, parce qu'effectivement, il est bon, le bougre. Et puis drôle. Et franchement sympa.
Je me souviens vaguement que lors de mon premier visionnage, je trouvais ça finalement assez rafraîchissant d'avoir une série qui ne tente pas de nous démontrer par a+b que le personnage cache une âme noire sous des dehors sympathiques ; une impression d'ailleurs renforcée par le rythme entraînant de l'épisode, sa réalisation truffée de filtres et de lense flares, et sa petite musique comme sortie tout droit d'un dorama. Sérieusement, si la musique de Monroe ne vous casse pas les pieds, vous êtes prêts pour une série japonaise grand public. Mais lors de mon revisionnage, c'était le contraire ; il faut dire que Monday Mornings et, dans une moindre mesure, Brain, sont passées par là, et que, comparativement, Gabriel Monroe semble manquer de profondeur ou, au moins, d'aspérités. Il ne remet jamais en doute ni sa pratique, ni ses rapports avec ses collègues ou subordonnés, ni évidemment sa relation avec sa famille proche.

C'est là que va se produire la rupture, précisément. Le pimpant Dr Monroe va manquer à ses obligations de père, on découvre qu'il a aussi manqué à ses obligations de mari, et que jusque là, il ne s'en était pas vraiment formalisé. En fait, à mesure qu'on en apprend plus sur le background de son couple, on découvre que le Dr Monroe est aussi arrogant dans sa vie privée qu'il l'est dans sa vie professionnelle, ce qui à la réflexion ne devrait pas nous étonner autant, mais ça le fait quand même ! Difficile de déterminer, sur la seule base du pilote, si Gabriel Monroe est très résilient, ou si tout simplement c'est un inconséquent devant l'Eternel ; en tous cas, il a présumé que sa femme était elle aussi passée à autre chose, et il a eu tort.
Quand vient le moment pour lui de faire face aux conséquences d'actions datant d'il y a plusieurs années, on découvre avec surprise qu'il continue de faire la bravache. Alors d'un côté, certes, c'est bien que l'homme s'efface derrière le médecin, et qu'en parfait professionnel, il ne laisse pas sa situation personelle l'empêcher de faire parfaitement (bien-sûr, parfaitement) son travail voire même un peu plus. Mais là encore, il manque la faillibilité totalement humaine qui fait quand même tout l'intérêt d'une série médicale.
En-dehors d'une scène de cloture ponctuant l'épisode sur une note moins guillerette, rien, donc, n'indiquera que Monroe a été touché par la déconvenue personnelle qu'il a rencontrée dans l'épisode.

Paradoxalement, ça devrait agacer énormément, être décourageant... et pourtant non. Peut-être qu'avec un autre acteur, on n'aurait pas cette impression, mais Nesbitt parvient à éviter de rendre ce personnage sur lequel les drames glissent pour nous laisser imaginer qu'il y aura quelque chose à voir plus tard, qu'à un moment, Monroe va se fissurer. A tort ou à raison, c'est un autre débat.

On pourrait imaginer que, dans le fond, ce n'est pas l'objet de Monroe que de s'intéresser aux failles du personnage. J'ai comme un doute : les petites affaires des internes se cantonnent, au stade du pilote, à de petites anecdotes négligeamment glissées dans des scènes de façon à inciter Gabriel Monroe à être plus piquant, plus drôle, plus charismatique. Si jamais c'était possible. On sent que l'un de ces personnages pourrait donner quelque chose de bien, mais difficile de miser sur cette intuition. Les bisbilles de Monroe avec la chirurgienne cardiaque qui est la seule à ne pas lui vouer un culte restent badines, même si on soupçonne qu'elles pourraient conduire à une relation moins monochrome. Quant au meilleur ami de Monroe, il est d'une transparence assez affligeante.
L'attention du spectateur est-elle dirigée vers les actes de chirurgie et les cas rencontrés ? Pas beaucoup plus. La facilité déconcertante avec laquelle Monroe (en dépit de son speech en début d'épisode sur les risques encourrus) accomplira ses deux opérations démontre bien que là encore, la série ne voit pas d'enjeux. En fait, la neurochirurgie, c'est tellement simple, que notre super-médecin prendra même le temps de jouer l'assistante sociale et/ou le confident pour ses patients !
Non, clairement, Monroe ne s'appelle pas ainsi par facilité, mais bel et bien parce que son objet est le Dr Monroe, à prendre ou à laisser.

J'avoue n'avoir pas un souvenir très clair du deuxième épisode (ça date), mais évidemment, la session de rattrapage est toute trouvée avec la diffusion en France, et du coup je ne me fais pas de soucis, je vais rapidement me rafraîchir la mémoire.
Donc : Monroe, trois épisodes, ce soir sur arte... si je ne me lasse pas avant.

Monroe-Promo

Posté par ladyteruki à 12:13 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-01-13

Tabula rasa

Entre les séries que je regardais en marathon, et celles que je suivais hebdomadairement, peu auront survécu au passage à l'année 2013.
Et par peu, je veux dire : aucune.

Pourtant il y en a plusieurs avec lesquelles je ne suis pas plus fâchée que ça : The Good Wife, Raising Hope, Nashville, Go On, The Neighbors, Underemployed... je me suis simplement interrompue dans leur visionnage pour céder la priorité à Scrubs, mais je n'ai pas l'ombre d'un grief.
Quant aux deux séries que je pensais dévorer en quelques semaines, soit Jack & Bobby et Drop Dead Gorgeous, eh bien... là encore, le passage à 2013 aura, pour une étrange raison, terminé d'achever ma motivation.

Il en résulte que j'ai abandonné toutes ces séries, et quelques autres. A l'heure où je vous parle, ça fait une dizaine de jours que je n'essaye même plus vraiment (j'ai regardé un Jack & Bobby le premier weekend de l'année, et c'est tout).
Il y a l'effet de manque provoqué par Scrubs qui joue sa part dans ce phénomène, et ça joue encore beaucoup même si ça devient embarrassant à avouer.

Ca ne m'était pas arrivé depuis... je crois en fait que ça ne m'était jamais arrivé... que de me désintéresser de toutes les séries que je regarde, quel que soit le rythme auquel je le fais, au même moment. ABSOLUMENT au même moment.

Cela ne signifie pas que je n'ai pas envie de séries, paradoxalement. J'ai toujours très envie de pilotes (mais quand n'ai-je pas envie de pilotes ?!), et puis il y a la perspective du retour de plusieurs séries, aussi, au nombre desquelles on compte House of Lies et Smash. Je les attends depuis de nombreux mois, et savoir les season premieres si proches me retient de rattraper mes autres séries dans l'intervalle. J'ai d'ailleurs reçu hier mon coffret de la première saison de House of Lies... si j'avais du temps ce weekend, je me ferais presque une intégrale, tiens.

HouseofLies-Season2

J'ai juste envie de rebooter tout mon programme téléphagique, et d'arrêter de me maudire parce que j'ai pris du retard (se répéter tous les jours "ah zut, un nouvel épisode de The Good Wife est sorti, j'ai même pas fini ceux du mois de décembre" n'aide pas). Je ne comprends pas pourquoi on s'impose, parfois, en tant que téléphages, de continuer à suivre un rythme qui ne nous correspond plus, alors que techniquement, rien ne nous y force.
Cette nuit, je me suis fait un film et un pilote au hasard, et j'ai totalement laissé tomber tout le reste. Ca faisait un bien fou d'arrêter de me dire qu'il fallait absolument que "je m'y remette" !
Vous savez quoi ? Si ces séries me plaisent vraiment, j'y reviendrai forcément. Je ne vais pas me mettre la rate au court-bouillon.

Pourvu que l'envie subsiste, du programme téléphagique de fin 2012 faisons table rase.

Mais la question du jour, c'est surtout : est-il possible de lire "tabula rasa" et ne pas penser à Buffy ? Vous avez trois heures.

Posté par ladyteruki à 23:43 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

04-01-13

Evil

Ce soir, c'est sans doute la dernière fois que je vous parle d'un pilote de la saison nippone passée, parce que, eh bien, on est en janvier, et une nouvelle ère commence ! Ce weekend, je vous proposerai en effet le traditionnel tour d'horizon de la nouvelle saison japonaise, mais je voulais quand même marquer une dernière fois l'arrêt sur un pilote, celui de Resident.

Resident-580

Resident était l'une des séries que je voulais tester au Japon cet automne, essentiellement pour deux raisons. D'abord, trop peu de séries médicales asiatiques sont passées sur mon écran (il y a eu Gyne, entre autres, mais je n'avais pas encore acheté Brain quand Resident a été annoncée, et j'avoue n'avoir jamais tenté VOICE).
Et puis ensuite, parce que comme c'est souvent le cas dans une saison nippone donnée, deux séries semblaient en concurrence sur un même créneau : Doctor X, sur TV Asahi, et Resident, sur TBS, diffusées face à face le jeudi à 21h, et se déroulant toutes deux dans un contexte médical. Or, Doctor X ne m'intéressait pas, parce que son pitch laissait lourdement entendre qu'on aurait en fait affaire à un procedural médical. Mes espoirs retombaient donc sur Resident, don't j'espérais beaucoup notamment parce qu'on y laissait entrevoir des possibilités d'ensemble show.

Et effectivement, le pilote commence, plus ou moins, comme un ensemble show, alors qu'un service d'urgences se partage les 5 nouveaux jeunes médecins venus y effectuer leur premier stage sur le terrain ; les titulaires ont leurs photos devant eux et se répartissent la responsabilité de leur résidence.
Ces 5 résidents (vu qu'ils n'ont jamais effectué le moindre geste jusqu'à présent, je suppose que dans une série américaine ils seraient plutôt des internes, mais je ne suis pas au fait du système nippon en la matière) ne se destinent aucunement à la médecine urgentiste, mais apparemment le stage est obligatoire et ils doivent en passer par-là, même si, pour certains, ce n'est pas de gaîté de coeur. Ainsi, Hinako Koiwai, qui se destine plutôt à l'anesthésie, n'a vraiment aucune forme d'intérêt pour les patients ; elle fait son travail sérieusement, mais sans enthousiasme et surtout en s'impliquant émotionnellement aussi peu que possible. A l'inverse, le jeune Junichi Manaka, héritier d'un célèbre chirurgien esthétique, est tellement attentif à ne froisser personne et surtout pas ses patients, qu'il en devient hésistant et maladroit. Kei Yazawa, qui n'a pas eu la chance d'avoir de l'argent, est un peu le surdoué de la classe, mais il est aussi très froid et distant et ne se lie pas aux autres résidents. Sachi Shinjou est quant à elle la plus calme, la plus douce, la plus patiente ; elle est plutôt focalisée sur l'observation et la conciliation.
Et puis, il y a Shizuku Miyama. C'est une tête forte, une grande gueule, mais aussi un médecin qui veut bien faire, et quelqu'un qui cache derrière sa volonté de fer une petite âme écorchée. Ce sera en réalité elle l'héroïne de ce pilote, et cela va apparaitre de plus en plus évident à mesure que celui-ci va avancer. Hélas pour nous, plus ce sera le cas, plus nous aurons la preuve de la paresse de Resident.

Eh oui, car il faut se rendre à l'évidence : Resident était cet automne pour le genre médical ce que TOKYO Aiport a pu être au même moment pour le genre, euh... aérien ?
C'est-à-dire qu'on a des personnages simplistes, se résumant complètement à la description que je viens de vous en faire avec un espoir mince, très mince de développement, qu'on balance dans un milieu médical classique (comprenez les urgences, sinon ça manque sans doute d'action). Et qu'on arrose tout ça de bons sentiments en pagaille, pour faire bonne mesure.

Ainsi, ce que l'on va apprendre sur Shizuku est classique de chez classique. La jeune femme est la fille d'un médecin dirigeant une petite clinique de province, lequel a toujours considéré que son fils prendrait la relève, même s'il n'a jamais eu le caractère assez fort pour devenir médecin. Shizuku, bien qu'ayant un tempérament trempé dans l'acier en fusion, et dotée de la furieuse manie de ne pas pleurer, étant née fille, la question ne se posait pas. Mais Shizuku, fascinée par la profession de son père (je vous passe les détails, mais l'explication est voulue lacrymale), s'entête tout de même et, en dépit de la certitude qu'elle a que son géniteur qui ne lui cèdera jamais la clinique, décide de devenir médecin coûte que coûte. Admettez qu'on a vu plus novateur en matière de background.
L'enjeu de ce pilote (et, on présume, de la série) est de savoir si le tempérament "particulier" de Shizuku la destine à être un bon médecin, mais aussi, si c'est le cas (bien-sûr que c'est le cas, c'est l'héroïne !) à quel prix. Par exemple, en cours de pilote, son Jules va la lâcher parce qu'il ne l'a pas vue depuis un mois, et surtout parce qu'elle ne pleure jamais (une rupture qui n'arrachera pas une larme à Shizuku, naturellement). Shizuku ne devrait-elle pas être plus vulnérable pour garder un homme ? Ne devrait-elle pas être plus élégante, aussi, comme c'est le cas de Hinako qui refuse de faire des gardes de nuit au prétexte que ça nuit à sa peau de pêche ? C'est une question intéressante et on remercie Resident de la poser avec finesse et... ah attendez, non.

Au contraire, Resident n'a pas une once de subtilité dans les veines. Quelques exemples.

Quand Shizuku se demande si elle a ce qu'il faut pour secourir une patiente, il faut que la patiente lui attrape le bras et lui dise "sauvez-moi, je ne veux pas mourir", et là Shizuku percute que, oh horreur, la patiente pourrait clamser... donc très logiquement elle lâche la patiente et laisse le reste de l'équipe s'en charger.
Quand une jeune patiente est en observation après une énième tentative de suicide, la solution de Shizuku est de lui retourner une claque et de lui intimer d'arrêter ses conneries. Le pire c'est que ça marche : la jeune suicidaire finira par s'en aller en disant qu'elle ne veut plus jamais voir Shizuku, et que pour ça, la solution est de ne plus chercher à se suicider. Des générations de psys se retournent dans leur tombe.
Mais ce n'est pas tout. Ponctuellement, d'autres de ses collègues vont se retrouver dans une situation difficile. Ce sera le cas de Junichi, qu'un patient visiblement saoûl refuse de voir ; après avoir fait une scène parce que Junichi voulait l'ausculter et peut-être lui faire passer un scan (suggestion : ne pas rester dans la salle d'attente si vous ne voulez pas qu'on vous examine ?), il s'en va donc sur ses deux pieds, laissant le jeune résident démuni parce qu'il n'a même pas pu approcher le vieil homme... J'ose à peine vous dire qui revient sur un brancard à la fin de l'épisode.

Dans tout ça, il y a un médecin plus expérimenté, forcément pas trop moche, et surtout, pas du tout bavard, qui garde un oeil sur Shizuku et qui a décidé à un moment du pilote que cette petite, elle avait ce qu'il faut, donc il va falloir la prendre sous son aile et lui expliquer les secrets du métier. Sauf qu'on a droit à quatre ou cinq scènes où, silencieusement, ledit médecin observe Shizuku sans être vu, et sans émettre un mot, parce que la première fois que les médecins titulaires se sont partagé les photos, on avait pas du tout compris que ça finirait comme ça, tiens.

Tout est à l'avenant, et cette paresse est fatigante. Resident s'inspire plus ou moins ostensiblement d'un peu tout : les premiers épisodes de Grey's Anatomy (il y a même un pont interne qui enjambe l'entrée de l'hôpital exactement comme au Seattle Grace), un peu de Scrubs... mais on est loin d'obtenir le même intérêt. Je ne tiens pourtant pas Grey's Anatomy en haute estime, mais même ce primetime soap médical a plus de délicatesse avec sa voix-off omniprésente que n'en aura jamais Resident ! Quant aux questionnements, vite abordés, sur le rapport des médecins à la mort des patients, j'ai le regret de vous apprendre qu'après avoir passé un peu plus d'un mois au Sacred Heart, je ne tolère rien qui inférieur à Scrubs en la matière (la barre est haute, d'accord, mais on ne peut plus se satisfaire de moins après ça !).

Du coup, ce qui aurait pu être une plutôt sympathique expérience, avec trois mois plutôt intelligents passés dans un monde médical bien construit, vire à la démence : ça crie, ça s'envoie des gifles, ça court dans les couloirs juste pour dire que ça court dans les couloirs, et ça passe d'interminables minutes à se retenir de pleurer parce que c'est le trait de caractère principal de l'héroïne (ça en dit long sur les qualités d'écritures de Resident !). Même si on ne veut pas s'engager sur du long terme avec une série, comme c'est souvent le présupposé en termes de séries asiatiques, il faut quand même admettre que ça fait beaucoup d'éléments à charge, et pas beaucoup de raisons de s'y mettre !
...Ce qui me rappelle que j'avais mis Brain en pause justement, entre autres, à cause de Scrubs... bon, c'est une toute autre dynamique, d'accord, mais dés que j'ai fini mes marathons en cours, je m'y recolle. Des expériences comme Resident n'en font que souligner l'urgence.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Dorama Chick - Permalien [#]

08-11-12

C'est tout dans la tête

Mes tentatives pour me réconcilier avec la télévision sud-coréennes sont assez aléatoires. Pour un White Christmas, combien de Kkotminam Ramyeongage ?
Mais alors que je faisais des fouilles en matière de séries venues de Singapour et de Hong Kong (des fictions asiatiques susceptibles de parler anglais, donc... j'ai notamment mes vues sur The Kitchen Musical qui finira bien par sortir en DVD un jour vu son succès), je suis tombée sur le DVD de Brain, une série sud-coréenne dont j'avais entendu du bien, et dont le pitch tendait à indiquer que de romance il n'y aurait point ! Or la romance systématique, c'est ma pomme de discorde avec la Corée du Sud ! Pire : ma kryptonite ! Ni une ni deux, j'ai commandé le DVD, à plus forte raison parce qu'il comportait des sous-titres anglais.

Brain

Brain se déroule dans l'hôpital universitaire de Chunha, qui forme [évidemment] la crème de la crème des médecins de demain ; en particulier, son service de neurochirurgie est très prisé par les étudiants en médecine souhaitant se spécialiser. L'épisode commence un peu comme les plus grands procedurals de la planète, avec une très classique entrée en matière qui nous permet d'assister à une exceptionnelle performance d'un nageur dans une piscine de la ville ; tandis que l'athlète fait l'admiration des simples péons venus faire trois brasses dans le grand bain, sur le côté, un homme un peu rondouillet s'effondre : il sera notre patient, naturellement, et nous l'accompagnons alors qu'il est emmené de toute urgence à Chunha, où sa rupture d'anévrisme doit être traitée dans les meilleurs délais.
Jusque là rien que de très classique, mais quand c'est le jeune résident Dr Ganghun Lee qui décide de l'opérer au lieu d'appeler un senior, une partie du personnel médical tique un peu.

Sûr de lui, Ganghun Lee va donc se dépêcher de faire libérer une salle d'opération, se préparer consciencieusement, et opérer accompagné de ses internes, lesquels sont ébahis par son assurance, son audace et son sang-froid même quand les choses commencent à mal tourner.
Car elles tournent mal. Subitement, une hémorragie l'empêche de finir d'oblitérer l'anévrisme ; alors que le patient se vide de son sang, le Dr Lee semble incapable de trouver la source de ce saignement, inquiétant tout les jeunes internes et les résidents massivement agglutinés dans la salle d'observation. Bien qu'il poursuive son opération sans ciller, un autre résident, le Dr Seo, décide de discrètement avertir le professeur Kim, un expert mondialement renommé qui consacre une grande partie de son temps à la recherche sur les tumeurs. Pendant que les internes, les résidents, et désormais le professeur, assistent avec angoisse à la tournure de l'opération, le Dr Lee a fait appeler le chef du service, le Dr Go ; quand ce dernier arrive, Lee a quasiment tout réglé : il ne reste plus qu'à installer la petite pièce métallique finale qui achèvera de fermer l'anévrisme.

Pendant toute cette scène, il est clair que le spectateur, qui s'est aussitôt rangé du côté du Dr Seo (l'attitude hautaine et arrogante de Lee empêchant toute affectivité), est convaincu que cette enflure de Dr Lee va avoir la monnaie de la pièce. Pour avoir été trop sûr de lui, trop empressé à conduire sans supervision une opération minutieuse et sensible, il va tout perdre, c'est certain. C'est dans l'ordre des choses : il faut être humble, travailler dur, et attendre d'être prêt ; Ganghun Lee a voulu aller trop vite, il va récolter ce qu'il a semé.
Mais le Dr Lee a une longueur d'avance sur nous. Sur tout le monde. Et non seulement il est sûr de lui, et d'un sang-froid hallucinant, mais en plus, il a raison ! Quand le Dr Go débarque, le patient se porte comme un charme, il ne reste plus qu'à faire une petite manipulation minable, indigne d'un chef de service. La réaction ne se fait pas attendre : le Dr Go décrète à voix haute que pareille tâche n'est pas digne de lui, que Lee est suffisamment compétent pour s'en charger vu qu'il a parfaitement mené l'opération jusque là (il ignore que quelques minutes avant son entrée dans la salle d'opération, le patient pissait le sang...), et que désormais, Lee pourra faire ses opérations sans supervision : il a sa bénédiction.
Et devant le service tout entier, excusez du peu.

Soudain il apparait que l'intention de Brain n'est pas de parler de médecine, mais de l'ambition des médecins.

Ganghun Lee a parfaitement joué son coup (certes avec un max de culot et peut-être une petite part de chance) pour être désormais reconnu comme un médecin accompli par la hiérarchie.
Avec cette entrée en matière un peu longue, en apparence un peu scolaire dans le déroulement des séquences (on pensait assister à une opération comme une autre, ensuite on se dit que ça se trouve on est là pour assister à un rappel à l'humilité d'un chirurgien...), et dont on ne nous passe pas le moindre détail médical explicite puisque la camera observe plus l'opération que les médecins (en cela, cela m'a un peu rappelé le début de Before and After Seonghyeongoekwa, ne s'embarrassant pas de montrer les manipulations dans toute leur crudité), Brain établit en fait les bases d'un système politique interne à l'hôpital, où l'arrivisme compte autant que les compétences.

La suite du pilote sera consacrée à insister en ce sens, en montrant non seulement comment désormais Ganghun Lee va se considérer arrivé, et va user de son pouvoir avec les jeunes médecins placés sous son autorité, mais aussi comment le Dr Seo va progressivement se placer sur sa route, comment le Dr Ko va au contraire encourager son poulain, et comment, dans tout ça, le très compétent et très humain Pr Kim va se montrer être un exemple de praticien dévoué.

Cela ne veut pas dire, à aucun moment, que le Dr Lee ne compte que sur ses dents longues pour progresser professionnellement. Derrière son ambition se cache également beaucoup de travail et de renoncement.
Même s'il n'est pas le "gentil" de notre histoire, Ganghun Lee est notre héros, ou plutôt évidemment un anti-héros. Ce n'est pas un monstre comme le Dr Kelso (oui je me suis jeté quelques épisodes de Scrubs derrière la cravate, récemment), ce n'est pas un homme profondément blessé comme la figure emblématique de Dr House (même si évidemment, le point de départ de sa volonté de faire de la médecine s'explique par son background, on ne peut pas y échapper). Et j'ai apprécié que Brain prenne vraiment un parti original et personnel dans sa façon d'aborder un personnage qui, clairement, n'attire pas la sympathie ni de son entourage (mais il s'en fiche), ni des spectateurs (et ça c'est plus compliqué, déjà).
Sa mère et sa soeur, par exemple, sont devenues des étrangères pour lui ; ce n'est pas vraiment qu'il les méprise, simplement il ne veut pas avoir de connexion ni de temps pour elles. Il n'a tissé de lien avec personne à l'hôpital, si ce n'est le Dr Ko, mais c'est évidemment à dessein ; cela ne se traduit même pas par une quelconque forme d'obséquiosité, car Ganghun Lee veut essentiellement se faire remarquer pour ses compétences, il est simplement très habile lorsqu'il s'agit de les mettre en avant, on l'a vu. Et puis, alors qu'il semble n'avoir pas cligné de l'oeil une seule fois depuis des heures et des heures, il est clairement impliqué dans une amélioration constante de ses capacités, un entretien régulier de sa résistance physique, et une mise à niveau permanente de ses connaissances médicales. Ganghun Lee n'est pas un surhomme, mais c'est un homme tout entier dédié à son but. Il est peut-être insupportable pour ses internes ou les autres résidents, mais il se veut irréprochable et travaille de façon acharnée à atteindre une certaine sorte de perfection.
En décidant de tout sacrifier, de tout occulter au nom de son ambition, Ganghun s'ampute d'une part d'humanité pourtant inhérente à son rôle de soignant. C'est aussi ce que cherche à dire Brain, qui nous rappelle, via la présence du Dr Seo et du Pr Kim, que le contact avec les patients est important aussi ; à défaut de faire toute la différence dans la guérison d'un patient, cela fait en tous cas toute la différence dans la relation qu'a le malade avec celui qui le soigne.

Naturellement, ce n'est pas un simple boulevard qui s'ouvre au Dr Lee dans ce premier épisode. Des rappels à la réalité lui seront, à coup sûr, assénés, à bien des égards.
D'abord parce que la situation financière du service de neurochirurgie va inciter la hiérarchie à braquer les projecteurs sur le Pr Kim, afin de s'assurer que ses recherches font de lui le centre d'attention de l'hôpital, attirant ainsi une certaine réputation et donc une certaine clientèle. En volant ainsi, sans le vouloir, la vedette à Lee, Kim va forcément réveiller la bête qui sommeille, mais d'un oeil seulement, derrière l'apparence maîtrisée de Ganghun Lee.
Et puis, le vernis est voué à se craqueler, nécessairement. La faute n'a pas été commise au début du pilote par Lee : ça n'est que partie remise. Il suffira d'une fois, d'une seule, d'une seule petite faute, même mineure : être un peu trop arrogant, trop sûr de sa supériorité, ne lui sera jamais pardonné maintenant qu'il a tout fait pour s'élever si haut et si vite.

Brain-Promo

Comme la plupart des séries sud-coréennes, Brain ne peut pas s'empêcher, outre la problématique posée par le comportement de Ganghun Lee, d'être un ensemble show : c'est dans son ADN. On trouve donc, dés ce pilote, et avec la certitude qu'ils vont se développer, d'autres axes narratifs et d'autres pistes de réflexion.

Il y a d'abord l'incontournable personnage féminin. Ah oui, au singulier ! Mais l'avantage c'est qu'elle est multifonctions, puisque la jolie Dr Jihye Yun va à la fois servir d'enjeu romantique (je vous laisse deviner l'expression sur mon visage), de personnage un peu plus humain et naturel (limite chouineuse de mon point de vue, mais je me sais assez réfractaire au surjeu de certaines actrices asiatiques) et d'argument sur, justement, la place des femmes dans un monde très masculin.
Jihye (que tout le monde appelle par son prénom, au passage) est à la fois en formation dans le service de neurochirurgie, et assistante du Pr Kim, qu'elle respecte et qui, apparemment, la respecte également ; ils partagent une relation de connivence, bâtie autour des recherches qu'elle l'aide à effectuer et qui sont en net progrès. Malheureusement, Jihye est aussi une femme au tempérament assez peu rangé, qui n'hésite pas à toujours dire ce qu'elle pense et laisser s'exprimer ses émotions, qu'il s'agisse d'instinct, d'inquiétude... ou de colère. Clairement, on est dans un classique des personnages féminins de Corée du Sud ces dernières années, dans lesquelles bien-sûr la jeune femme n'a pas la langue dans sa poche et ne comprend pas toujours le sens du mot diplomatie. Une personnalité qui ne pouvait que faire des prodiges face au self-control entretenu par le Dr Lee, qui tente de la remettre à sa place !

On assistera donc à une scène assez glaciale pendant laquelle, une fois de plus, elle a protesté ouvertement contre sa façon de traiter ses subalternes, et Lee lui assène une cinglante vérité : "Vous venez à une réunion de spécialistes sur deux ou trois, et vous n'êtes jamais là quand je viens pour observer. Alors vous êtes occupée, bien. Mais si vous faites l'impasse sur les réunions, vous devriez travailler encore plus dur. Est-ce que vous le faites ? Non. Vous êtes une résidente de troisième année, et pourtant vous faites des erreurs sur les dossiers des patients. Vous donnez les mauvais ordres, et vous ne répondez jamais à mes questions. Les femmes comme vous, je les connais. Vous vous arrangez pour vous glisser dans un domaine principalement masculin simplement grâce à l'agressivité et la chance. Et vous demandez des droits, et l'égalité, prenant tout ce que vous pouvez, mais fuyant les responsabilités, en faisant faire aux autres ce que VOUS êtes supposée faire". Allez, mange. Cette critique aux relents un peu sexistes semble d'abord déplacée ; mais venant du Dr Lee sans coeur, faut-il être surpris ? D'autant que très vite, le Dr Yun s'est positionnée comme un personnage sympathique, avec lequel l'identification est, comparativement, beaucoup plus facile.
Mais à mesure que l'épisode progresse, les propos du Dr Lee prennent un sens nouveau. Même si ce n'est pas conscient, le Dr Yun profite des bonnes prédispositions de certains médecins à son égard, qui lui accordent plus d'attention : le Pr Kim, qui visiblement la considère comme un atout dans ses recherches, et qu'elle accompagne également pendant ses rondes ; et le Dr Seo, qui visiblement a un faible pour elle et qui est prêt à croire tout ce qu'elle dit sans la remettre en question. Et finalement, c'est vrai : en tant que femme, Jihye tire partie d'une certaine part de privilèges, quand bien même elle ne fait rien tout spécialement pour se les attirer.
Derrière la question amoureuse ainsi effleurée se cache donc une problématique intéressante... OUF !

Il faut aussi ajouter à ces deux personnages toute une galerie d'internes (généralement d'une docilité à toute épreuve face au panache de Ganghun Lee), de résidents, et d'infirmières, esquissant les relations professionnelles de tout un hôpital.
Dans cette série médicale, l'enjeu n'est justement pas le volet médical : il est acquis, parce que l'hôpital de Chunha est l'alpha et l'omega de la formation médicale, que tout le monde ici a un niveau minimum. Nous ne nous intéressons pas, ou si peu, aux patients : leur sort nous importe uniquement lorsqu'en dépendent les influences fluctuantes des médecins. L'enjeu n'est pas de souffrir avec eux, ni même d'espérer qu'ils guérissent ; d'ailleurs, lorsqu'on suppose (qu'on espère ?) secrètement que Ganghun Lee va tout foirer pendant l'hémorragie, on en viendrait presque à vouloir que le patient claque sur la table d'opération.

La question que pose Brain, c'est : qu'est-ce qui fait un bon médecin ? Tout est, vraisemblablement, dans l'équilibre.
Le Dr Ganghun Lee a, c'est évident, bien des qualités pour être l'un des meilleurs, et l'une d'entre elles, non des moindres, est qu'il ne souhaite rien plus au monde. Mais même l'excellence de sa technique, son sang-froid incomparable et son sens aiguisé de la hiérarchie hospitalière ne suffisent pas vraiment. A contrario, constamment dans l'émotionnel, le Dr Jihye Yun ne peut prétendre aux honneurs tant qu'elle n'apprend pas le contrôle, justement. Les recherches pointues et prometteuses du Pr Kim avancent, certes, mais en se détournant en partie des opérations, il n'est pas assez ostensiblement brillant, alors que le Dr Go cherche clairement des "stars" à mettre en avant auprès des VIP...
A travers son regard sur la politique interne des hôpitaux, Brain veut poser la question d'un idéal qui semble impossible à atteindre précisément si on s'y dédie. Que faire de tout cela quand il faut aussi s'auto-former, se perfectionner, entretenir un semblant de vie sociale et/ou familiale, et, chose non-négligeable, dormir ? Cette dernière question sera soulevée en filigrane par de mini-scènes insistant sur un interne qui passe son temps à s'endormir sur son travail... pour l'instant il n'a mis personne en danger, mais qui sait ?

Une parenthèse, comme c'est la coutume, sur mon fournisseur du jour. Il s'agit de HMV Hong Kong, choisi sans grande raison particulière si ce n'est tester le service en vue d'achats futurs (il y a aussi des séries nippones qui trainent sur le site, et toujours avec des sous-titres anglais, je ne vous dis que ça). En dépit de son impraticabilité, puisqu'il faut apparemment parcourir la rubrique séries sans possibilité de trier les résultats ni même un système de classement alphabétique (seule solution si vous savez ce pour quoi vous venez : la fonction recherche), et qu'en plus les séries de plusieurs pays sont mélangées dans cette même catégorie, on y trouve un grand choix qui a de quoi mettre l'eau à la bouche.
Sur le volet financier, le coffret de Brain a coûté 42,27€, frais de port compris. La commande a été livrée en très exactement 8 jours, ce qui est pas mal vu le kilométrage effectué. L'objet majeur de mon admiration ira cependant à l'emballage : le coffret était dans du papier à bulle, fermement arrimé dans un carton à la Amazon, avec en plus une enveloppe renforcée pour faire le transport par-dessus le marché. Mieux, on peut pas.
Si le coffret en lui-même est un bel objet (boîte cartonnée et dépliable avec une fermeture aimantée, très belles illustrations reprenant la plupart des posters promotionnels de la série, il me faut quand même préciser l'encodage un peu pourri, mais aussi l'image au 4/3, qui d'après ce que j'ai lu est la façon dont ça a été diffusé à Hong Kong donc passe pour cette fois (quand on achète à l'étranger, c'est le jeu ma pov'lady !). M'enfin au moins, vous êtes prévenus.
Mais en mettant de côté ce léger soucis (et puis ça se verrait ptet moins sur ma télé que sur mon ordi, j'ai pas encore essayé), ça valait quand même le coup de faire cet achat, ne serait-ce que pour les sous-titres anglais d'excellentes facture. Je confesse avoir eu peur de tomber sur des fastsubs, j'avais du mal à croire qu'il s'agisse d'un DVD "officiel" (fut-il édité dans un autre pays que celui qui a vu naître la série), mais force est de reconnaître que c'est un investissement relativement fiable ; il faut dire que je suis relativement peu regardante sur la qualité d'image. Donc banco, je recommande.

L'univers de Brain s'avère foisonnant, passionnant, et complexe. Les quelques facilités sont facilement excusées par la volonté claire de poursuivre une discussion sur l'exercice de la médecine. On dit souvent de cette discipline, et en particulier la chirurgie, est soumise à une rude compétition... c'est ce que veut aussi nous raconter Brain, et grâce à cette course à la réussite, l'excellence et la reconnaissance, le pilote promet d'aborder des questions sensibles.
C'est une belle promesse, et je n'ai, au stade de ce premier épisode, aucune raison de douter qu'elle ne sera pas tenue. On en reparle dés que j'ai fait un sort aux 19 épisodes suivants.

Posté par ladyteruki à 22:26 - Dorama Chick - Permalien [#]