ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

29-08-13

Carnassier

Tout le monde parle un peu de la même chose aujourd'hui ; j'aimerais vous faire penser que je suis au-dessus de la mêlée, que je vais vous parler d'une série togolaise ou péruvienne. En plus je n'ai jamais testé ni l'une ni l'autre, donc effectivement ça semble alléchant à en parler comme ça. Mais non. Comme absolument tout les journalistes média aujourd'hui, je vais vous parler de House of Cards.
Et comme beaucoup de ces personnes, et une grande partie des spectateurs de Canal+ ce soir, je n'ai pas non plus vu le House of Cards britannique. Comme ça c'est assorti.

HouseofCards-US

Vous souvient-il des années 2000 ? Une époque où c'était A la Maison Blanche qui dominait les quelques séries politiques américaines. Sorkin tentait d'y décrire comment une équipe d'idéalistes, menée par un Président éduqué et droit comme un "i", se confrontait aux réalités de la vie politique à Washington... tout en triomphant, le plus souvent, de l'adversité. Qui croirait que l'une des séries les plus optimistes du genre politique date des années Bush, hein ? On l'avait pas vue venir celle-là.

Aujourd'hui les choses sont différentes. Comme l'a par exemple montré Boss, ce que nous cherchons aujourd'hui dans nos séries, c'est la preuve que nos élus sont corrompus et cyniques. Ere de l'anti-héros oblige, nous voulons à la fois nous identifier à lui et à ses imperfections ; mais en même temps, nous voulons aussi nous conforter dans l'idée que "tous pourris". Ils sont hypocrites, menteurs, désabusés ; ce sont des arrivistes qui ne pensent qu'à leur statut, leur pouvoir personnel et leur progression dans la pyramide alimentaire. Ils ne sont qu'ego. Comme beaucoup de séries dramatiques de toutes sortes actuellement, les fictions politiques du moment nous confortent dans notre vision noire du monde et de ses dynamiques ; à vrai dire, même les comédies peignent ce portrait, comme Veep (ou ce qu'on a pu voir d'Alpha House, commandée par Amazon).
Le temps des idéalistes est révolu ; il a disparu quand le Président providentiel s'est avéré être un Président comme les autres, imparfaits. Notre seule façon de gérer la déception est de tous les mépriser.

House of Cards s'inscrit parfaitement dans cette optique, et c'est tangible dés le pilote. En montrant un Président qui ne prendra pas la parole devant les spectateurs, dans des scènes qui sont réservées à leurs seuls yeux, mais uniquement dans un discours vidé de toute substance, l'épisode dépossède l'homme qui est au sommet de l'Etat du moindre pouvoir. Ce qu'il veut importe peu, puisque c'est quelqu'un d'autre qui s'exprime à sa place, en l'occurrence la Cheffe de cabinet Vasquez.
Et de toute façon, ce ne sont pas les gens au pouvoir les héros de House of Cards, mais Frank Underwood, un élu de la Chambre des Représentants qui fait figure, dans le contexte particulier de la politique au niveau fédéral, d'un outsider. Car en dépit de son ambition dévorante et de son intelligence aigue, de sa connaissance parfaite du fonctionnement officiel comme officieux des institutions, Frank ne va pas être promu Secrétaire d'Etat comme il l'espérait. D'ailleurs il ne l'espérait pas : c'était pour lui acquis, et la nouvelle, dans ce premier épisode, que le poste lui a échappé (pour atterrir entre les mains de Kevin Kilner - c'est l'instant fangirl pour la spectatrice d'Invasion Planète Terre) va avoir pour conséquence d'enclencher les rouages de sa vengeance. Un processus qui sera long, nous en sommes conscients dés ce premier épisode, parce qu'il implique de détruire un par un ceux qui l'ont floué.

Le paradoxe de House of Cards est là : dans le fait que des intriguants de toutes sortes sont sur le point, à n'en pas douter, d'être exposés (face aux spectateurs au moins) pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des gens corrompus de diverses façons par le pouvoir... par un homme qui lui-même est tout aussi corrompu qu'eux. Nous le célébrons parce qu'au moins, il va leur donner ce qu'ils méritent. Si pour cela il faut qu'il accède à d'encore plus hautes responsabilités, eh bien, c'est un dommage collatéral qu'en tant que spectateurs, nous acceptons d'assumer.
D'ailleurs, quand il aura le pouvoir, Frank Underwood, qu'en fera-t-il ? Quelle importance, répond le pilote de House of Cards : l'essentiel est qu'il obtienne sa vengeance par tous les moyens possibles. C'est à ça que tient la politique aujourd'hui.

Ecoutez, c'est pas moi qui vais contredire : des pourris en politique, ce n'est pas ça qui manque. Même pas forcément besoin d'aller au plus haut pour en trouver, il en grouille plein dans les couloirs des cabinets. Mais là où parfois A la Maison Blanche péchait par excès de candeur sur le monde politique, des séries comme House of Cards donnent dans l'excès inverse. Il manque encore un peu de nuance à la plupart des séries du genre, plus encore actuellement. Elles montrent soit les "gentils" qui font ce qu'ils peuvent contre vents et marées, pour essayer au moins un peu de faire progresser les choses ; soit des méchants qui font ce qu'ils peuvent pour avoir le champ libre pour atteindre le sommet (ou au mieux, des idiots pas forcément impressionnants qui continueront de faire ce qu'ils peuvent pour rester à peu près dans le jeu, quand bien même ils n'en ont pas la carrure). La politique est plus complexe et nuancée que cela, et on s'attendrait à ce que l'art de la nuance, la télévision, prenne le temps d'en tester les nuances de bleu-blanc-rouge ; ce n'est pas avec House of Cards qu'on verra cette expérience se produire sous nos yeux.

Frank Underwood est, c'est entendu, un carnivore de la pire espèce, qui n'est finalement là que pour le jeu politique et sa place sur l'échéquier. Le problème c'est qu'à ses côtés, beaucoup de personnages de ce premier épisode manquent d'épaisseur.

On l'a dit et répété dans 102% des articles publiés aujourd'hui sur le sujet : oui, c'est Netflix qui a originellement "diffusé" la série, et il était plus qu'encouragé de regarder les épisodes à la suite, en enfilade. De ce fait, les personnages n'ont pas l'obligation de se présenter à nous de façon claire et ordonnée, de s'exposer d'entrée de jeu pour que nous sachions d'emblée qui est qui. Cela peut très bien se produire plus tard, ou même pas du tout, dans le fond ; pour ma part, j'écris toujours mes reviews de pilote sans avoir vu la suite, donc à ce stade, vous n'en saurez rien...!
Le strict minimum est opéré dans ce premier épisode, mais je ne suis pas totalement convaincue que ce soit entièrement dû à la diffusion sur la plateforme. Claire Underwood, Zoe Barnes et les autres restent assez unidimensionnels face à un Frank Underwood habile et malsain dont la duplicité s'affiche rapidement, et cela peut aussi être dû, tout simplement, au parti-pris de la série.
Le binge watching fortement suggéré par la politique de "diffusion" de Netflix semble, au passage, plus difficile à faire dans le cas d'une série comme House of Cards que pour Orange is the new black, au ton largement plus versatile, et qui ne donne pas l'impression d'assomer le spectateur avec la brutalité sombre de son univers comme c'est le cas pour la série de Fincher. Personnellement j'ai essayé mais pas trouvé la force d'enfiler les épisodes à la suite. Se résoudre à ne pas tout regarder d'un coup, quelle qu'en soit la raison (choix, manque de temps, etc.), c'est accepter d'avoir, à la fin de chaque épisode, une vision un peu plus morcellaire que prévu, peut-être ; ce qui inclut de trouver les personnages secondaires simplistes dans ce premier épisode. Cependant, on n'aura pas attendu Netflix pour que soient écrites d'un seul tenant des séries ou des mini-séries, et cela ne nous a pas pour autant poussés à nous infliger un univers étouffant pendant 13h d'affilées si on ne le sentait pas. Juste parce que l'on peut, ne signifie pas que l'on doit (ni que l'on a).

Pour en revenir aux personnages secondaires, contrairement à Boss (encore), House of Cards ne semble pas très décidée sur la façon dont elle veut employer les personnages de son axe journalistique. Dans Boss, c'était le reporter Sam Miller qui faisait figure d'idéaliste, poursuivant la "vérité" avec autant d'acharnement qu'il soupçonnait assez vite que des vies étaient en jeu ; ici, on ne sait pas trop si c'est du lard où du cochon. Certes, Zoe Barnes est elle aussi une ambitieuse, assombrissant encore plus le portrait fait du microcosme de Washington, mais c'est aussi une débutante profondément anxieuse et à la précipitation de mauvaise augure. On comprend mal le rôle qu'elle joue dans le discours de la série, en particulier au sujet des médias et de la collusion avec le pouvoir.
Mais ma plus grande déception concerne Claire Underwood ; si en apparence elle rappelle énormément Meredith Kane, de Boss, y compris dans son incarnation à la fois élégante et terrifiante de sang-froid par Robin Wright, elle semble dans ce premier épisode manquer de répondant. J'ai apprécié en revanche la déclaration d'amour incroyable que Frank nous a faite suite à leur altercation.

Et de ces déclarations, parlons-en. Je m'étonne que tout le monde semble unanimement chanter les louanges de House of Cards, quand sa façon de faire tomber le quatrième mur est la même que House of Lies, dont le procédé avait pourtant été largement décrié. J'ai même trouvé le procédé assez grossier dans sa première manifestation ("comment pourrais-je commencer ma série par un monologue puissant sans avoir l'air grandiloquent ? ...Ah, je sais ! On va casser le quatrième mur !"), quand bien même son utilisation, à force, finit par devenir relativement naturelle. Mais peut-être que, d'une série livrée en un seul bloc, on a aussi tendance à attendre la perfection dés le premier épisode, et ce n'est pas très juste.

House of Cards n'est peut-être pas LA plus grande série de tous les temps ; elle pâtit de certaines comparaisons (notamment avec Boss, à laquelle elle doit beaucoup mais qui, de pilote à pilote au moins, lui dame sévèrement le pion) et peut-être aussi de l'aura naissante des séries Netflix. Mais dans un panorama où les limites de nos exigences sont sans cesse repoussées par l'arrivée de nouveaux acteurs, de la chaîne câblée AMC aux pure players comme Netflix, clairement, on est devenus difficiles et pointilleux ! House of Cards se situe, c'est sûr, dans le haut du panier des séries américaines du moment (il faut dire qu'elle fait tout pour), et même si elle souffre de petits défauts, il faut garder à l'esprit que des séries de cette trempe, il n'en sort tout de même pas tous les jours : en téléphagie, il faut rester ouvert.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 21:54 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

23-04-13

Les séries sont-elles toujours aussi créatives ?

BlogFestivalSeriesMania
Hier, les festivités de la 4e édition de Séries Mania débutaient avec une table ronde au sujet légèrement polémique : "les séries américaines sont-elles toujours créatives ?". Anne-Sophie Dobetzky (réalisatrice de documentaires), Pierre Langlais (Le Mag Séries), Alexandre Letren (Season One), Dominique Montay (Daily Mars) et Léo Soesanto (Les Inrocks) étaient réunis autour de Thomas Destouches (Allociné) pour répondre à cette épineuse question, et quelques autres.
Voici l'essentiel à retenir sur cette discussion d'un peu plus d'une heure trente.
Note : survolez les illustrations de cet article pour plus de détails sur les exemples évoqués par les intervenants.

- Introduction : c'est quoi la créativité ?


Pour Anne-Sophie Dobetzky, "on ne peut pas toujours révolutionner le genre", mais elle estime qu'il existe des fictions bien produites, donc créatives. Léo Soesanto objecte que la télévision est le genre-même du déjà vu : "on a besoin de choses familières à la TV" ; pour lui, aujourd'hui, la créativité se loge dans la déconstruction et les limites qu'on peut repousser, par exemple dans la représentation du sexe ou de la violence. Cependant, "il ne faut pas confrondre la créativité à tout prix et la qualité", c'est l'originalité et l'intelligence du ton qui font la différence. Alexandre Letren approuve et précise que la créativité ne se loge pas nécessairement dans l'inédit : "ce n'est pas ce qui a été déjà fait, mais comment on le fait". Dominique Montay et Pierre Langlais s'accordent à souligner que la qualité n'est pas forcément synonyme de créativité : "ne pas confondre créativité, originalité à tout prix et qualité de ce qu'on nous propose !". Au contraire, "Plus les concepts de séries sont précis, tel que le high concept, plus il est difficile d'être créatif à l'intérieur de celui-ci".

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - les networks

Tout le monde autour de la table ronde s'accorde à dire que les cinq grandes chaînes américaines (ABC, CBS, Fox, NBC et The CW) ne sont pas dans une recherche active de l'innovation. Pour Dominique Montay, "les networks se rassurent", comme le font les grands studios de cinéma, en déclinant des recettes dont ils pensent tirer un succès facile et immédiat. Léo Soesanto précise que les networks sont dans le suivisme, et suivent des modes nées sur le câble. C'est le marche-ou-crève qui règne selon Alexandre Letren : "on cherche des formules efficaces tout de suite". Pierre Langlais avance qu'un peu plus de latitude est peut-être accordée aux comédies. Un sondage lancé par Allociné a demandé quelles étaient les séries les plus créatives ; sont mentionnées Community, Fringe, Lost, Last Resort ou encore Chuck : des séries qui, en grande majorité, n'ont justement pas trouvé leur audience, ou ont échappé plusieurs fois à l'annulation.

   

- Etat des lieux de la créativité américaine - le câble

Tout le monde s'accorde sur une chose : le câble va plus loin. Mais pour Dominique Montay, même le câble américain ne prend pas de risque dans ce qu'il montre, il s'adapte. Pierre Langlais précise que le câble a la quasi-exclusivité du feuilletonnant, délaissé par les séries de network, le format feuilletonnant étant un rempart ; Alexandre Letren acquiesce : "si le feuilletonnant n'est pas le seul critère de la créativité, c'est la raison d'être des séries", et ajoute que le câble s'empare de sujets complexes. Pierre Langlais poursuit : c'est aussi là qu'on trouve non pas seulement de la violence ou du sexe, mais aussi simplement des concepts dérangeants, comme le font plus volontiers les séries britanniques. Anne-Sophie Dobetzky objecte que le câble ne doit pas non plus se lancer dans une course au "trash", il faut raconter, pas simplement choquer. "Le câble US est devenu le refuge des genres dédaignés au cinéma, du musical au péplum en passant par le gore", explique Léo Soesanto, mentionnant plusieurs séries de genre qui y ont trouvé le succès, comme Game of Thrones.

   

- Le "syndrome de la photocopie" est-il incompatible avec l'ambition ?

Le "syndrome de la photocopie" (un terme de Thomas Destouches) regroupe toutes sortes de cas dans lesquels les séries ne sont pas basées sur une idée originale. Il en existe plusieurs types, chacun ayant ses spécificités...

...Le remake

Ce sont souvent des séries nées à l'étranger, et reprises aux USA, car leur version d'origine n'y sera jamais diffusée. Pierre Langlais précise que tout l'intérêt est justement de voir comment une histoire sera repris et modifiée. Anne-Sophie Dobetzky évoque le procédé adopté pour reprendre au contraire une vieille série et la remettre au goût du jour : la communication joue notamment un grand rôle, notamment via le transmédia, qui permet aux spectateurs de se réapproprier une série au succès passé. Léo Soesanto précise que ce n'est pas toujours possible : certaines séries appartiennent à une époque et ne peuvent pas en sortir ; beaucoup s'y sont essayées, peu ont réussi à trouver leur public. Mais il faut faire la différence entre une adaptation et un remake, insiste Pierre Langlais ; cependant, dans les deux cas, il est possible de faire quelque chose de réussi.

   

...Le spin-off

Il naît bien souvent d'un personnage qui apparait dans une série, et qui devient le héros de sa propre fiction. Mais cela pose le problème de la qualité : le spin-off peut-il être meilleur que la série qui lui a donné naissance ? Pour les intervenants, cela se juge essentiellement au coup par coup. Léo Soesanto précise que tout dépend du personnage sur lequel repose la série.

   

...Le prequel

Le prequel revient sur la genèse d'une série, et en raconte les origines ; Thomas Destouches précise que les limites sont que, bien-sûr, le spectateur en connaît le dénouement. Mais c'est le cheminement qui a de la valeur, indique Léo Soesanto : "c'est une relecture intéressante, un moyen de revisiter un personnage culte" ; quant à Alexandre Letren, il estime qu'on fait confiance au spectateur pour s'amuser avec la série des références employées.

   

...Le "formatage"

Il s'agit ici de reprendre une recette qui a fait ses preuves, et de la décliner en une nouvelle série. La formule peut même être particulièrement rigide, aussi bien dans la structure de l'épisode lui-même que dans les codes visuels et musicaux, à l'instar de la franchise Law & Order.

   

...L'adaptation

Lorsqu'il existe un matériau d'origine (roman, comic book, etc.), le défi de l'adaptation est à la fois d'utiliser le support initial tout en développant un univers compatible avec les attentes des spectateurs.

   

Le "syndrome de la photocopie" et le monde

...La domination des Etats-Unis

Pourquoi les séries américaines semblent-elles dominer ? Dominique Montay insiste sur les moyens et la présence historique du marché américain dans le panorama ; la quantité de séries permet l'équilibre, ainsi, précise-t'il, parce que les chaînes sont elles aussi nombreuses, et n'hésitent pas à s'adresser à une niche. Pour Anne-Sophie Dobetzky, il faut aussi prendre ne compte les budgets conséquents ; elle mentionne aussi le modèle de fabrication lui-même, notamment le "pool d'auteurs", repris par d'autres pays. Sur une note moins technique, Alexandre Letren s'exclame : "les séries, ils aiment les faire, tout simplement !", et compare avec la France, où l'on estime que la télévision est un art mineur. La situation américaine tend un miroir aux télévisions européennes : Pierre Langlais précise que le nombre d'épisodes inférieur des britanniques, par exemple, ne tente pas les chaînes françaises, ce qui explique que les séries d'outre-Manche investissent moins les écrans français. Alexandre Letren conclut que les Etats-Unis ont su donner au monde l'illusion d'une universalité dans leurs séries.

Sur Allociné, un sondage a montré que 63% des internautes estimait que les séries américaines étaient toujours créatives : un bon chiffre ! Encore heureux, explique Pierre Langlais : si on ne le pense pas, il vaut mieux éteindre la télévision. Lorsque Thomas Destouches qui demande si la télévision américaine vit un âge d'or, les intervenants ont du mal à s'entendre. Certes, explique Léo Soesanto, il y a eu de grandes séries récentes comme Lost ou 24 heures chrono, mais elles n'ont pas trouvé leur successeur, sauf à considérer Revolution ou Once Upon a Time qui en reprennent les codes. Pour Dominique Montay, au contraire, tout n'est qu'évolution ; après tout il faut remonter dans les années 80 pour comprendre comment la télévision américaine est parvenue à un âge d'or.

"Ce n'est plus l'âge d'or, c'est l'âge des pépites", tranche Pierre Langlais qui explique que les records absolus d'audiences ne seront plus réitérés, et que désormais, c'est la façon de découvrir les séries qui a changé. A l'origine, "la télévision est la communion d'un public", objecte Léo Soesanto : quand pour un film, on partage l'expérience pendant 1h30 avec une salle, pour une série, on la partage avec des millions de personnes pendant des semaines. Mais désormais, "les contenus innovent moins, mais les contenants évoluent", ajoute-t'il.

   

...Internet renouvelle-t'il la créativité ?

Les webséries sont-elles l'avenir de l'innovation "télévisuelle" ? Léo Soesanto observe que pour le moment, l'innovation n'est pas vraiment au rendez-vous dans les synergies, entre les séries diffusées à la télévision et leur webisodes sur internet. D'un autre côté, l'avantage d'internet, pour Pierre Langlais, est que la websérie permet à des gens qui n'ont pas de moyens ou de réseau d'exposer leur travail.

...La créativité en France

Dans l'Hexagone, les intervenants sont plutôt d'accord : ce sont Canal+ et arte qui proposent des séries les plus créatives ; Léo Soesanto précise que Canal+ a calqué son modèle sur celui des chaînes du câble US, et que le budget est plus conséquent que sur les autres chaînes françaises. Alexandre Letren souligne qu'OCS est une chaîne à surveiller, mentionnant des séries telles que Lazy Company ou QI, et quelques projets à venir intéressants ; il ne faut pas oublier non plus France 3 avec Un Village français. Il souligne aussi que la mission du service public ne devrait pas être, contrairement à ce qui peut être dit, de contenter tout le monde ; l'exemple de la BBC au Royaume-Uni le démontre bien. Pierre Langlais déplore que TF1, qui en aurait pourtant les moyens comme l'impact auprès du public, n'affiche ni ambition, ni ligne éditoriale claire dans le domaine des séries.

   

...Et ailleurs ? L'exemple de la Scandinavie

L'innovation à la scandinave ? Dominique Montay relativise : le sujet de ces séries n'est pas toujours original, c'est en revanche tout le traitement qui fait la différence. Ces séries reprennent des codes qui ne sont pas révolutionnaires, complète Pierre Langlais, en revanche, les auteurs y ont une grande liberté de ton. On s'y appuie sur un savoir-faire issu du cinéma, explique Léo Soesanto, et on exploite les spécificités locales. Pierre Langlais conclut que ces séries sont excitantes pour le spectateur français, elles ont une forme d'exotisme, nous font voir des choses différentes... et on regarde bien les séries pour ça !
Et la prochaine vague de séries étrangères ? Pourquoi pas en Espagne, par exemple, suggère Léo Soesanto.

...Evidemment, il s'est dit bien d'autres choses ! Mais vous avez là l'essentiel des discussions. Sachez que, si vous avez manqué cette table-ronde, ou si vous souhaitez simplement la revoir, Allociné mettra en ligne sur son site une version montée de sa captation ce vendredi 26 avril.

Posté par ladyteruki à 12:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-12-12

Morons to the left

<paramvalue="transparent" name="wmode">

Et si on interdisait les séries aux imbéciles ?

Je pose simplement la question. Voilà : le débat est sur la table, après... Mais admettez qu'elle est alléchante, cette idée, certains jours.

Avant de vous enflammer, laissez-moi développer. Je suis entièrement POUR essayer d'élargir les horizons des gens. L'élitisme, c'est pas mon genre ; au contraire, mon idée de la téléphagie, c'est la contagion. Ca ne m'intéresse pas de rester dans l'entre-soi et de partager entre une petite minorité les perles parmi les perles, en savourant l'idée que la vaste populace passe totalement à côté, et que de toute façon, présenter ces séries au grand public serait comme donner du caviar aux cochons. Absolument pas. Et je crois que ce blog en est quand même la preuve. Essayer de partager le plus possible de découvertes, d'ouvrir nos horizons à tous (et le Dieu de la Téléphagie sait que j'ai moi-même des progrès à faire en ce domaine), et faire en sorte d'aiguiser le goût télévisuel de chacun, sont un peu, comment dire ? Mes raisons d'être sur cette planète. Too much ? Bon.

Cependant, les jours où je suis un peu en pétard, parce que les gens, il faut le dire, si, oui, quand même, admettez-le, sont cons, eh bien ces jours-là, j'ai quand même envie de disqualifier tous les imbéciles de la planète d'une quelconque forme d'accès à des séries. Oui, même à NCIS ou Whitney, pas d'exception.
Des jours comme celui-là, par exemple :

MoronsToTheLeft
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. On ne leur interdirait pas la télévision. Ca va, on est civilisés, quand même ; et puis on vit dans une société de consommation et on a besoin que ces gens regardent la télé. Qu'ils nous la subventionnent, en somme : eux regardent les programmes débiles pleins de pubs ridicules, et comme ça, nous, on se paie une saison de plus de Go On, ou des épisodes de Mockingbird Lane, entre gens raffinés.
Mais à partir de maintenant, on leur interdit les séries. Point barre. Bon, il leur reste quand même toute la télé réalité et la scripted reality, c'est pas mal déjà, non ?! Ca en fait, des heures en perspective à se vider la cervelle comme des auto-Hannibal Lecter ! Et tout le monde est heureux dans le meilleur des mondes...
Bon, les médisants pourraient dire que c'est déjà un peu ce qui se passe, avec le public des networks d'une part et le public des séries câblées de l'autre. Mais non, parce qu'il y a encore trop de séries accessibles aux vrais crétins sur les networks !

Donc, je voudrais qu'on aille plus loin, et qu'on interdise les fictions à ceux qui n'en saisissent pas le concept. En gros, quand un crétin défonce sa copine avec un 22 long rifle pour avoir dit "mais d'abord, je te ferais dire, c'est pas possible qu'un projet secret de l'armée puisse transformer la population en zombies", boom, privé de séries ; quand un catho intégriste s'exclame que "mais Ainsi Soient-Ils, c'est pas vraiment comme ça que ça se passe au Vatican !", paf, on lui supprime son autorisation de séries ; quand un mec sort un flingue et mitraille plusieurs dizaines de personnes dans un endroit public parce que soi-disant il voulait imiter une série... non, on fait un peu plus que lui interdire les séries. Mais on le fait quand même, hein !?

Je disais un peu plus tôt qu'on les interdirait même de NCIS ou de Whitney. Mais j'ai envie vous dire : en priorité, il faut leur interdire ces séries-là ! D'une part, c'est pas comme si spontanément, les plus imbéciles parmi la population se tournaient vers Boss ou Shinya Shokudou, non plus. Déjà.
Et puis, c'est vital d'interdire aux imbéciles de regarder des imbécilités, parce que dans les cas les plus extrêmes, la santé de chacun d'entre nous en dépend ; alors qu'une créature douée d'un minimum d'intelligence qui regarde NCIS ou Whitney, il n'y a qu'elle, son mauvais goût et le temps qu'elle perd que ça regarde. C'est dommage, mais personne n'en dépend, en somme. J'aimerais vous proposer une utopie où les gens intelligents ne regardent que des séries intelligentes mais d'une part je regarde Malibu Country, et d'autre part, les critères pour estimer l'intelligence d'une série varient trop d'une personne à l'autre pour que ce soit un idéal qu'on puisse seulement s'autoriser à imaginer, ne parlons même pas de le mettre en place. Et puis bon, on a tous droit à une petite pause de temps en temps, zut hein.

Mais je crois qu'on commencerait tous d'un bon pied si on décidait, là, ce soir, je sais pas, si vous avez dix minutes on peut peut-être voter une motion ou quelque chose, que désormais, les gens vraiment pas équipés intellectuellement, on les décharge de la pression d'avoir affaire à une série. C'est aussi pour leur simplifier la vie après tout, je veux dire, c'est la chose humaine à faire.

Alors après vous allez me dire : "mais alors, comment on détermine que quelqu'un est trop stupide pour avoir le droit de regarder des séries ?"... Oui bon alors, bon, oui, évidemment, si on entre dans les détails techniques, forcément ça se complique, aussi, hein, ah ça, je dis pas le contraire !
Mais on pourrait déterminer une grille de lecture simple, avec des petites cases à cocher. Je sais pas, du genre : "a tendance à ne pas comprendre la différence entre la réalité et la fiction", ça me semble une base sur laquelle on sera tous d'accord, non ? Je vous le concède, c'est un peu épineux dans le cas de toutes ces adolescentes qui ont un crush monstrueux sur un personnage fictif, mais on peut rajouter une question de sécurité, du style : "ce mélange entre la réalité et la fiction est-il juste en rapport avec quelques expériences masturbatoires au stade de la puberté ?", et si la case est cochée, on peut laisser une dérogation pendant une année supplémentaire, et après on refait un bilan, pour aviser.
Je suis sûre qu'on peut s'arranger.

Ce que je veux dire, c'est que pour que les téléphages ne soient pas associés à des crétins, il faut qu'on se prenne en main en tant que communauté d'être dotés d'un minimum de capacités de réflexion. Oh bon, oui, oui c'est un peu totalitaire sur les bords, bon, d'accord, mais admettez que si les gamers faisaient le tri parmi ceux qui ont le droit d'acheter des jeux video, et la minorité d'absolus abrutis qui n'est pas en mesure de composer sur le plan intellectuel avec un simple jeu de shoot'em up, les amateurs de jeux video auraient bien meilleure presse !

Il faut qu'on s'y prenne maintenant, tant qu'on peut à peu près contenir le truc ! Parce qu'une fois qu'absolument tout le monde consommera ses séries sans passer par la télévision, ce sera trop tard et totalement hors de contrôle !
Qui est avec moi ? Allez, chiche, on le fait ! Non je ne suis pas folle, lâchez-moi, où vous m'emmenez ?

Posté par ladyteruki à 22:05 - Point Unpleasant - Permalien [#]

12-10-12

Countrypolitan

Pour certains pilotes de notre challenge de la saison, il faut bien l'admettre, whisperintherain et moi trainons un peu la patte. "De quoi ? The Neighbors ? Oui, euh, plus tard, la review, hein, ya plus urgent". Et puis pour d'autres, il n'y a pas besoin de nous le dire deux fois. C'est en tous cas vrai pour moi ce soir, avec le pilote de Nashville.
Comme toujours, sitôt que whisper aura posté sa review, vous trouverez au bas de ce post un lien pour comparer nos deux points de vue... je serais surprise que sur cette série, il soit le même, d'ailleurs.

Nashville

Il manquait résolument une série sur l'industrie musicale à la télévision. Si cette série existe et que je l'ai loupée, n'hésitez pas à me le dire, mais là où il y avait des Action! et des Entourage pour le monde du cinéma, des Episodes ou des The Comeback pour la télévision, il nous manquait une fiction se déroulant dans le monde des labels et des concerts, de la même façon qu'un peu plus tôt cette année, Smash nous avait permis de pénétrer dans les coulisses de Broadway.
Oh, je ne dis pas que le sujet n'a jamais été abordé à la télévision, mais seulement au milieu d'une foule d'autres choses, je pense par exemple aux cas vus dans The L.A. Complex (plutôt dans le monde du rap) ou Single Ladies (dans l'univers du hip hop). Mais c'était en passant, au milieu de plein d'autres choses, et jamais avec l'idée de radiographier le milieu, mais surtout de suivre l'évolution d'un personnage, si possible au bas de l'échelle, et tentant de percer dans le milieu... mais entre autres choses, sa vie sentimentale prenant généralement le dessus, et l'aspect chorale des séries sus-mentionnées se faisant un devoir de noyer cette intrigue sous mille autres.

Alors imaginez ma surprise quand il s'est avéré qu'une telle série était en préparation, et qu'elle avait l'intention de se dérouler dans le milieu du seul genre musical que j'écoute en provenance des USA : la country ! On voudrait me séduire qu'on ne s'y prendrait pas mieux.

Et effectivement, Nashville est une véritable plongée, d'entrée de jeu, non seulement dans la vie des artistes qu'elle dépeint, mais aussi dans les bureaux du label inventé pour la série. Et c'est tout-à-fait le genre de choses que je voulais qu'une série fasse ! Dépasser la création de stars fictives pour réellement passer le milieu au crible, ne pas juste balancer des chansons mais vraiment nous dire comment on fait un album, ou comment on organise un concert. Le fait que ce soit dans le milieu de la country était un plus-produit évident pour moi, mais ça ne faisait pas tout. Je ne voulais pas simplement faire le plein de chansons à la fin d'un épisode, je voulais que le contexte soit exploité autant que possible. Nashville réussit très bien ce passage au microscope, à plus forte raison dés le pilote où il aurait été facile de ne pas tout de suite entrer dans les coulisses pas franchement sexy de la vie de son héroïne principale Rayna James, et de rester en surface.
Paradoxalement, là où Nashville me ravit le plus, c'est dans son utilisation de la musique. On l'entend, en définitive, assez peu : Nashville se fait un devoir d'être une série sur la musique et non une série musicale, c'est clair dans ses intentions d'entrée de jeu, et j'apprécie cette profession de foi qui consiste à ne pas tomber dans la facilité. Sur une échelle de Glee à Smash, je vais vous dire : Nashville, dans l'utilisation de la musique qui pourtant est son sujet, se situe à Smash+2, si vous me suivez. L'épisode se fait une règle de ne montrer aucune chanson entière, car on n'est pas là pour ça ; les chansons utilisées comme soundtrack pour les scènes relèvent plus du jingle que du product placement ; et quand on entend pour la première fois une chanson dans son intégralité, cela sert le scénario avant tout.
Nashville est comme les gens du Sud : elle ne triche pas, elle ne nous embobine pas. Elle ne veut pas que nous passions la journée à fredonner des chansons originales ou des reprises. Elle ne veut pas que, dans nos coeurs et/ou dans les bacs, Rayna remplace Reba, ou que Juliette remplace Taylor. Elle ne veut pas nous vendre des CD. Fair and square.

Evidemment, la tentation est grande, justement, pendant ce pilote, de chercher des ressemblances ; le jeu est un peu d'essayer de deviner si untel (ou plutôt unetelle) a été passé au vitriol à travers le portrait d'un personnage. C'est tout-à-fait volontaire et la séquence d'ouverture du pilote n'en fait absolument aucun mystère, dans le look de ses personnages (notamment celui de Juliette) comme dans la façon de présenter leur personnalité. Parfois, je soupçonne que connaître un peu la scène country me pousse même à lire un peu trop certaines correspondances (Deacon Claybourne, cette ressemblance avec Brad Paisley, c'est voulu ou...?), ce qui nuit finalement au plaisir de regarder de la fiction : il ne s'agirait pas de la réduire à une simple parodie. C'est un peu le danger... mais je crois que peu de spectateurs français courent ce risque !

La seule chose qui m'agace, c'est cette façon, déjà vue dans Smash, de miser sur l'opposition de deux femmes. En pratique, ça fonctionne parce que la rivalité n'est pas au sens le plus strict, et se double d'un conflit de générations. Sur le principe, ce côté catfight (magistralement illustré par leur première rencontre ; disons-le sans rougir : l'échange était très bon) me chiffonne un peu. Evidemment, comme dans la plupart des milieux musicaux, ce sont les femmes qui dominent la scène, et sont depuis des décennies sont des ambassadrices de leur courant musical, de leur maison de disques, d'une industrie ; il était donc quelque part assez évident de mettre deux femmes dos à dos. Mais les opposer systématiquement, même si cela a du sens dans le contexte, me semble un peu facile quand même. J'espère que Rayna et Juliette sauront évoluer à partir de cette position initiale par la suite, et nous offrir un peu plus que des jalousies féminines légèrement cliché.
Mais ces deux personnages sont si hauts en couleurs que c'en est tout de même un spectacle divertissant, à plus forte raison parce que les positions de chacune sont moins stéréotypées au départ que dans Smash : aucune n'est une ingénue naïve, aucune n'est une amère revancharde. D'ailleurs personne n'a de rêve de gloire, dans Nashville : seulement une carrière.
Et ainsi, chacune arrive avec sa personnalité explosive, et une idée bien arrêtée sur ce qu'elle vaut et ce qu'elle veut, et même si elle ne prend pas un départ, dans ce pilote, absolument mirobolant, Rayna ne se positionne ni comme une victime, ni même vraiment comme un underdog. Gloire en revient d'ailleurs à Connie Britton qui, même quand elle en fait un chouilla trop, parvient à insuffler énormément de dignité et de force à son personnage, et ne pas basculer dans la caricature. A l'inverse, Hayden Panettiere attendra la toute fin de l'épisode pour se décrisper un peu et offrir un peu de nuance, parce que le scénario l'y pousse (mais à l'impossible nul n'est tenu) ; la palette de réactions du personnage dépendra vraisemblablement de l'écriture et non de l'actrice, mais j'ai bon espoir d'arriver à un personnage un peu moins plaqué qu'à première vue.
De fait, mon agacement quant aux jalousies féminines a de grandes chances de s'estomper si les choses tournent bien.

En revanche, ce qui ne suscite chez moi aucune réaction d'hostilité, mais juste une vaste et tiède indifférence, c'est l'aspect politique. La mairie de Nashville, euh, bon, on s'excuse hein, mais à une époque où on a la mairie de Chicago sur une autre chaîne, on a un peu du mal à se passionner pour tout cela. Nashville ne tient pas du tout la comparaison avec les tractations de Boss et du coup je ne vois même pas pourquoi elle se frotte à pareils thèmes.
Ce qui en revanche pique mon intérêt, c'est le parallèle que cette situation politique crée entre Rayna et Juliette, qui finalement, toutes les deux, aimeraient couper les ponts avec un parent mais sont privées de cette possibilité, entre autres de par leur célébrité. C'est une idée intéressante, à plus forte raison parce qu'il est très rare qu'une femme de l'âge de Rayna soit, dans une série, placée dans une situation de ce genre avec ses parents (en général, les séries estiment qu'autour de 30 ans, ces choses sont réglées), et comme c'est un sujet qui me touche en partie (oui, enfin, vous savez, sans l'histoire de la célébrité !), je suis prête à m'accomoder des questions politiques flasques, si elles nous permettent d'étayer le côté familial de la question, qui recèle de mon point de vue un potentiel dramatique prometteur.

Au final, Nashville est à l'image de ce que j'aime dans la country : il ne s'agit pas que des mélodies (au fond, en-dehors de quelques hits mémorables, beaucoup de ballades se ressemblent un peu, notamment chez les artistes mineurs), ce sont les paroles qui font tout. Et c'est finalement ce que ce pilote accomplit, qui démontre que la forme n'est là que pour enjoliver le fond, mais pas le reléguer au second plan. Je place énormément d'espoirs dans les paroles de Nashville, et me délecterai donc des aléas de sa mélodie parfois peu originale, car j'ai l'impression qu'elle a plein de choses à dire. Il manquait simplement à ce pilote, très complet et chargé d'éléments d'exposition, de prendre le temps pour l'émotion, qui n'a pointé son nez mutin qu'en deux passages furtifs de l'épisode.
Mais si Nashville parvient à faire battre mon coeur au rythme des tourments de ses personnages, la série s'attachera mon indéfectible soutien.

Et d'ici la semaine prochaine, je sais déjà quoi écouter...

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-10-12

Les tables de loi d'Ainsi Soient-Ils

Avec quelques camarades journalistes, plus tôt cet automne, j'étais présente à la rencontre organisée avec l'équipe de la série Ainsi Soient-Ils. Autour d'une table, les créateurs Bruno Nahon, David Elkaïm, Vincent Poymiro et Rodolphe Tissot, ainsi que les acteurs Samuel Jouy, Julien Bouanich et Clément Manuel, prêts à parler avec passion, et longuement, de la nouvelle série française dont j'ai déjà pu vous entretenir.

On aura l'occasion de discuter encore de la série tous ensemble ; vous le savez, j'essaye de passer plus de temps sur les séries françaises, et la perspective de n'avoir aucun flic dans Ainsi Soient-Ils, mais au contraire d'avoir affaire à un vrai drama, ne pouvait que m'aider à m'y atteler. Outre le pilote, sur lequel j'ai déjà écrit voilà quelques semaines, je vous proposerai à l'issue de la diffusion une review de la première saison (puisqu'une deuxième est d'ores et déjà commandée, et même en cours de production), alors, aujourd'hui, je vous propose de nous attarder ensemble sur quelques propos de l'équipe de la série. Bon, alors, euh, je ne vous ai pas retranscrit les 2h de la rencontre, mais promis, vous allez en avoir pour votre argent !

Voici donc 10 thématiques que j'ai sélectionnées à propos des coulisses d'Ainsi Soient-Ils, à savoir absolument sur la série qui débute en ce jeudi soir sur arte.

AinsiSoientIls-1

Bruno Nahon :
"C'est un projet d'une sincérité maximale, pour autant qu'on puisse être sincère quand on fait ce métier. Il n'y a aucun calcul de notre part, ni dans l'envie de séduire, ni dans l'envie de faire quelque chose en rapport avec la fiction française, etc., on a juste voulu faire quelque chose qu'on avait envie de faire, on avait ce désir, et on n'a pas dérivé, [on a tenu] jusqu'au bout. [...]
On a fait quelque chose que nous on sentait, parce que [le sujet] recouvrait des notions intimes et politiques très fortes, et au moment où on l'a imaginé, à contre-courant. Parce que, au moment où on l'a imaginé, c'était (pour moi) en 2007, à l'été 2007, alors ça fait partie d'un plus long cheminement mais c'est là où j'ai reçu un coup de fil de la chaîne, qui m'a dit 'on a envie de développer une série que tu nous a proposée sur l'Eglise, sur de jeunes prêtes, sur de jeunes séminaristes. En 2007. J'insiste parce qu'en 2007 il n'y a pas Des hommes et des Dieux. Il n'y a pas Habemus Papam. Et on a été très heureux que ces films, ces magnifiques oeuvres, différentes de la nôtre, arrivent quelques années après, parce qu'on s'est sentis moins seuls dans notre trajet. Parce qu'à un moment, une chaîne peut développer un projet, et puis son désir peut s'émousser ou la peur peut submerger.
Et la peur c'est quoi ? C'est : 'qui va regarder une série sur des séminaristes ?'. Cette peur-là, c'était la principale avec laquelle on a du, non pas lutter, mais composer tout au long de l'écriture. Qui va venir voir des mecs qui veulent faire un boulot que personne ne voit aujourd'hui ? Il n'y en a plus du tout, ils sont pauvres, l'Eglise c'est gris, ya plus personne dans les églises, etc. On peut pas collectionner plus de points négatifs, on les a tous, là ! Et pour nous c'était ça, le challenge, pour nous c'était dire que c'est justement dans des endroits comme ça que, si on y regarde bien et intimement, et à la loupe, et pas du point de vue du discours. Les occasions de céder justement à ces peurs tout au long du développement et de l'écriture sont nombreuses. Et là, il faut la force de conviction de ne pas dériver de son projet, de son programme, de ce qu'on s'est dit, de ce qu'on voulait, de son désir, surtout, de son désir initial, qui était de raconter la trajectoire de personnages. C'était ça qui a nous a menés depuis le début."

AinsiSoientIls-2

Bruno Nahon :
"Qui sont les meilleurs comédiens pour jouer les rôles qu'on a écrits ? Eh bah ce sont eux cinq, peu importe ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont pas fait. Eux cinq. [...] Le casting, c'est de ne pas céder à ces sirènes là, qui disent 'mais il faut des gens connus'. Non. Dans une série, on fait connaître des gens. Toutes les séries qu'on aime le font. Il y a des exceptions, mais les Six Feet Under, les The Wire, les Breaking Bad, les Mad Men, font naître des acteurs. Ca, c'est faire une série, c'est pas prendre des gens du cinéma forcément très connus et les mettre."

AinsiSoientIls-3

Bruno Nahon :
"[Il y avait] des pressions sur : aborder tous les thèmes de l'Eglise. C'est-à-dire : on a la collection de tout ce qui a dans la presse, de tous les scandales, et de comment nous on va les traiter, les intégrer. D'abord, nous ce qu'on veut, c'est raconter leur histoire à eux, pas raconter l'Eglise, c'est leur fiction à eux.
Et on doit surprendre le spectateur. Si on écrit ce qu'il veut, ou ce qu'on pense qu'il désire, on ne le surprend pas et on se surprend pas nous-mêmes, or c'est toujours un travail de se prendre soi-même par surprise, l'écriture. Toujours. Si on commence à faire la collection de tous les grands sujets importants, sur lesquels nous, nous n'avons aucun doute sur notre positionnement, évidemment... mais il fallait trouver une façon de le twister, une façon connexe d'essayer, peut-être par l'humour, de le traiter. Tous les sujets sont traités. Sauf que des fois c'est traité en une ligne de dialogue. Et ça je trouve que le travail de Davidet Vincent au scénario a été brillant à ce niveau-là : c'est-à-dire intégrer les grands sujets, mais en faire justement des sujets. Encore une fois, on raconte leur histoire à eux. [...] Il y a des documentaires formidables sur ces sujets, sur ces grandes choses qui agitent les débats, sur le mariage, l'avortement, la pédophilie... des grands films de fiction ont été faits là-dessus. Nous, on voulait juste raconter notre séminaire des Capucins, reliés à la Conférence des Evêques de France, elle-même reliée au Vatican."

AinsiSoientIls-4

Vincent Poymiro :
"On a rencontré [des membres de l'Eglise], d'abord Bruno et moi, et puis ensuite avec David, et après il ya eu d'autres travaux de documentation sur la préparation du tournage. Sur l'immersion, on a eu des contacts, des témoins, et on a rencontré un certain nombre de personnalités qui sont dans l'Eglise, et qui nous ont parlé, aussi bien à la Conférence des Evêques de France que dans un couvent, des prêtres de terrain, on a fait un énorme travail de documentation. Mais sur l'immersion au séminaire...
Bruno Nahon :
"Il y a quelqu'un, en fait, il y a quelqu'un qui nous a conseillés, qui a fait le séminaire pendant 5 ans, 7 ans..."
David Elkaïm :
"6 ans."
Bruno Nahon :
"Voilà... qui a ensuite été... donc il fait 6 ans de séminaire, un séminaire proche."
Vincent Poymiro :
"Alors, on a inventé un séminaire qui n'existe pas, qui se trouve à Paris, un séminaire universitaire, interdiocésain..."
Bruno Nahon :
"Voilà : il existe à Paris un séminaire, plutôt progressite, c'est pas le même, mais on s'en est inspirés."
Vincent Poymiro :
"C'est un grand travail de documentation, nous après on fait nos choix, je vais citer Céline : 'le bâton dans l'eau il est tordu, donc si je veux qu'il apparaisse droit, il faut que je le torde avant de le mettre dans l'eau'. La fiction, c'estç a aussi : on fait des choix, on a envie de représenter quelque chose, on part d'une réalité, la garantie de notre honnêteté c'est qu'on cherche à comprendre, après la fiction implique que, pour que ça ressemble à quelque chose, qu'on torde un peu le bâton."
Bruno Nahon :
"Mais il fallait de la justesse dans ce qu'on raconte : à tous les niveaux, dans l'enseignement, dans les gestes, etc., donc on a eu à différents niveaux, différents conseillers. Notre conseiller principal, c'est quelqu'un qui a fait le séminaire pendant 6 ans, qui a ensuite été dans un diocèse en Province, et qui a tenu 6 mois. [...]
David Elkaïm :
"...Sans ressentiment contre l'institution. C'est son parcours à lui. Donc il n'avait pas de comptes à régler, et c'était aussi important de trouver la bonne personne, qui n'était pas là pour justifier une sorte d'échec de vie par la critique d'une institution."
Rodolphe Tissot :
"Pour la mise en images, puisque là c'était surtout sur le travail d'écriture, donc la personne dont on a parlé qu'avaient rencontré Vincent, David et Bruno, a continué [à participer] en préparation, pas sur des choses narratives, sur des choses concrètes pour moi, comment cette scène peut se passer, sur des vraisemblances dans la vie au séminaire... Comme on voulait absolument être le plus vraisemblables et réels possible, même si comme disait tout-à-l'heure Vincent, des fois on est obligés de tordre un peu la réalité, mais on avait quand même à coeur d'être le plus irréprochables possible là-dessus, mais si on faisait de la fiction. En préparation, c'était pas évident de visiter un séminaire, on avait plutôt des refus, mais on a quand même pu passer une journée au séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Ca a été un moment assez important dans la préparation de voir leur salle de cours, leur foyer..."

AinsiSoientIls-5

Vincent Poymiro :
"Il vont tous beaucoup souffrir... C'est le principe de la fiction : les gens heureux n'ont pas d'histoire. C'est écrit dans Tolstoi. Pour raconter le monde, il faut bien un conflit."
David Elkaïm :
"Par contre, il y a des moments d'humanité, et moi c'est ce qui me passionne aussi dans ce métier : c'est d'aller trouver des moments d'humanité, en fait. [...]Ce que je trouve assez formidable, c'est que c'est un monde d'hommes, et on voit des hommes pris de doutes, de souffrances, d'angoisses, il y en a qui pleurent... Donc tout ça, ça m'intéresse aussi. En général, dans les séries policières, on montre des hommes qui ne pleurent pas, qui ne flanchent pas, qui n'ont pas de doutes."

AinsiSoientIls-6

Samuel Jouy :
"On se met pas dans la peau d'un séminariste, on se met dans la peau d'un être humain, chaque personnage. Moi, je ne l'ai pas vu comme un séminariste, je l'ai vu comme un homme qui a eu une révélation après avoir eu un parcours chaotique, et qui d'un seul coup décide de s'engager. Mais c'est vrai que je ne l'ai jamais vu trop sous l'étiquette du séminariste. Pour moi, c'était José, avec son passé, son avenir, ses ambitions... A cet instant quand la série commence, son ambition c'est de rentrer dans un séminaire dont on lui ferme les portes, comme de se confronter à des personnes qui ne viennent pas du même milieu que lui, comment gérer sa violence, voilà, pour moi c'était ça, je ne me disais pas : c'est un séminariste.
J'ai été élevé dans un milieu très religieux, mais tout ce qui était de visiter des séminaires et tout, ça ne m'a pas traversé une seule seconde. J'y ai pensé quand on a fait les conférences de presse, parce qu'à chaque fois on nous disait : 'est-ce que vous avez visité des séminaires ?', et je me disais : ah oui, c'est vrai tiens, pourquoi pas. Mais moi, c'était vraiment par rapport à la foi... Il avait quelque chose, tout de suite, dés les premières scènes que j'ai eues, d'ardent, et je crois que c'est autour de ça que j'ai travaillé. Pas dans la vraisemblance dans les attitudes. Parce que, en plus, je suis allé beaucoup à l'église, alors ça, ça ne m'attirait pas. Ce qui m'attirait, c'était sa quête.
Ce que j'ai beaucoup aimé dans le travail de Vincent et David, c'est que, en général, nous les acteurs, quand on nous donne des rôles, les personnages sont toujours tendus vers un objectif qui est souvent, neuf fois sur dix, d'avoir : avoir de l'argent, avoir une place dans la société, avoir une femme... Et là, c'est la première fois que j'avais un rôle où le mec, ce qui l'intéressait, c'était être. Et ça, c'est une nuance infime, mais ça change tout dans l'approche."

AinsiSoientIls-7

Vincent Poymiro :
"Pour faire exister dans la fiction toutes les positions, il faut se styliser. Pour avoir une fiction qui reflète ce que moi je pense, ce qui est le rôle de la fiction, c'est-à-dire justement des complexités humaines. Il n'y a pas que les personnages entre eux, on voit bien que le père Fromenger est contrasté, le père Bosco son bras droit est ultra contrasté et déchiré, monseigneur Gandz, au Vatican, celui qui a la canne, est un personnage contrasté aussi, le Pape lui-même est un personnage contrasté, parce qu'on s'intéresse à son inconscient, il faut regarder la deuxième partie de la saison... Même si c'est toujours pareil, c'est stylisé.
Alors voilà, effectivement, à un endroit on a mis un personnage, auquel effectivement, on ne s'est pas intéressés à l'intériorité, on aurait pu s'approcher un peu plus près et voir la complexité contrastée de monseigneur Roman, bon, il se trouve qu'en fonction narrative, à un endroit, on a un personnage dont on s'est amusés à le charger..."
Bruno Nahon :
"C'est politique. C'est plus un regard politique sur ce personnage, cette dimension-là."
Vincent Poymiro :
"Ce que ça coûte parfois aussi, comment le pouvoir transforme les gens. Il se trouve que voilà, on a aussi accentué ça pour des raisons de lignes narratives générales. Je pense pas qu'on soit totalement, absolument dans la science-fiction absolue, sur l'exercice du pouvoir."
Bruno Nahon :
"C'est comme la série Boss, que moi je vois en ce moment, ya le maire de Chicago, qui est une crapule vraiment quelqu'un de profondément sombre... j'ai l'impression que dés qu'on parle de l'Eglise, on a d'autres façons de poser un jugement sur les personnages, or quand on fait ça, ou quand on fait une série politique, on représente souvent des personnages politiques outrés, et on a du plaisir à ça. Mais quand on fait l'Eglise c'est un peu différent, et c'est dommage."
Vincent Poymiro :
"C'est juste aussi une question romanesque. Nous on avait aussi à coeur de faire une série romanesque. Et c'est vrai que dans le romanesque, de temps en temps, certains personnages sont plus outrés que d'autres. On en avait besoin mais il ne s'agissait pas pour nous en tous cas de dire : à la tête de l'Eglise de France, il n'y a que des gens qui pensent à leur petit pouvoir... absolument pas. Pour nous trois, ça dit bien qu'on n'est pas dans la réalité. On est dans la vraisemblance, pas dans la réalité. On est dans une série romanesque."

AinsiSoientIls-8

David Elkaïm :
"Quand on entre au séminaire pour 6 années, on doit faire le deuil de quelque chose qu'on met derrière. D'où cette relation aux familles, il faut couper le cordon, pour Raphaël c'est évident, pour Yann aussi, d'une certaine manière, donc tous ces personnages-là ont un cordon à couper, qui malgré eux, ou parce qu'il n'est pas totalement coupé, ressurgit au cours de la saison, mais ce n'est pas une histoire de peur, je pense qu'il y avait une volonté, chez Vincent et chez moi, de traiter ça. Comment est-ce qu'on coupe ce qu'on va quitter, en fait ? Donc les familles, les amis, les amours..."

AinsiSoientIls-9

Rodolphe Tissot :
"C'est un personnage assez complexe, dont on peut-être, on peut le dire, on n'a peut-être pas réussi à 100% ce qu'on voulait en théorie faire avec elle. Parce qu'il y a beaucoup de personnages, c'est un personnage secondaire, à un moment elle a un peu souffert d'être un personnage secondaire. Alors c'est vrai qu'il y a d'une part la vraisemblance d'une femme au séminaire, donc ça, tous nos conseillers nous ont dit que c'est possible. C'est rare, mais c'est possible. Généralement elles sont plusieurs. C'est une femme qui a 35-40 ans, qui est plutôt jolie, mais on n'est pas non plus dans l'outrance de 'on va prendre une bombe sexuelle pour faire soeur Antonietta'. Sur la vraisemblance, on est un peu limite parce qu'elle aurait pas du être toute seule, il y aurait dû y avoir deux-trois soeurs, et après ça m'embêtait d'avoir deux soeurs figurantes qu'on allait voir passer dans le fond sans savoir ce qu'elles font, donc on a un peu stylisé en disant qu'elle est toute seule." [...]
Bruno Nahon :
"Même si on a pas optimisé le personnage, si on n'a pas eu le temps et l'oxygène nécessaire pour la faire exister, c'est vrai, on n'a pas réussi totalement là-dessus, mais elle est un accès intime à Fromenger."

AinsiSoientIls-Generique

Bruno Nahon :
"D'abord, ce sont des gens qui ont jamais fait de générique. Mais comme nous, on n'a jamais fait de série, on n'a jamais fait 8x52 ! Moi j'avais jamais produit 8x52, toi t'avais jamais écrit 8x52, toi... t'avais déjà réalisé un téléfilm puis une carrière en tant que premier assistant sur des séries du service public [...] mais ce que je veux dire, c'est que c'est aussi ça qui était chouette, et on l'a fait au bout, jusqu'au générique. On va prendre des mecs qui ont jamais fait de générique de série.
Rodolphe Tissot :
"...Mais qui avaient très très envie de le faire, c'était ça, qui étaient... puisqu'on a même fait un casting. On a rencontré 4-5 personnes qui faisaient des génériques, et les seuls qui avaient trop envie de le faire, qui réfléchissaient, qui venaient avec des idées, c'étaient eux, ceux qui l'ont finalement fait. Après il y avait le cahier des charges, avec l'envie de base sur laquelle on est tous partis, et c'était de faire quelque chose de beau, d'esthétique, de sobre, et qui parle de l'Eglise en même temps quelque chose d'un peu moderne dedans, il y a sur certains plans quelque chose d'un peu moderne et contemporain qui vient titiller une image sur l'Eglise qui est à la base de plus vieux. Donc il y a toujours cette confrontation entre le monde de l'Eglise, qui a une image comme ça, belle mais... c'est des endroits magnifiques mais qui ramènent toujours des images un peu vieilles, et mettre un peu de modernité là-dedans, quelque chose d'un peu mystérieux. Ca fait rentrer le monde contemporain dans l'Eglise en fiction. C'était ça le but de la série, et il fallait trouver une idée visuelle qui puisse amener ça dans le générique."


On reviendra à des posts plus subjectifs sur la série par la suite, promis. En tous cas, demain soir, profitez-en bien, moi je serai au boulot quand ça commencera...
Mais dés que vous aurez vu le pilote, n'hésitez pas à venir en causer ici !

Posté par ladyteruki à 21:07 - Love Actuality - Permalien [#]


17-08-12

To be continued... Boss

Ce soir. C'est ce soir que revient l'une des meilleures séries de 2011 ! Ca ne se voit pas forcément, là, comme ça, mais j'ai du mal à contenir mon enthousiasme. Bon, je trouve un peu étrange de commencer la diffusion de la deuxième saison de Boss en août, mais en-dehors de ça, vraiment je suis extatique. Vous n'avez pas idée. Boss !

Alors forcément, je me suis dit que j'allais vous proposer un post To be continued... histoire de se remettre dans le bain. Le concept ne change pas, il s'agit toujours de tenter de résumer chaque épisode à l'aide d'une capture et d'une phrase, pas plus. Parce que ça a beau être une grande série, ça fait quand même huit mois que la diffusion s'était interrompue, et ça ne peut pas faire de mal de se remettre un peu les idées en place.
Suivez-moi, aujourd'hui, direction Chicago...

BossUS - 1x01
1x01 - Ou quand l'homme le plus puissant de la 3e ville la plus puissante des USA apprend qu'il peut tout garder sous contrôle, sauf son corps.

BossUS - 1x02
1x02 - Comme une fenêtre sur le futur...

BossUS - 1x03
1x03 -
Le scoop a un arrière-goût de jus d'orange.

BossUS - 1x04
1x04 - Oh-mon-Dieu elle a un coeur.

BossUS - 1x05
1x05 - Hélas pour le maire Kane, certaines choses ne sont pas de simples hallucinations.

BossUS - 1x06
1x06 - Pas le moment de flancher, Kitty, les choses n'ont jamais été aussi mal barrées.

BossUS - 1x07
1x07 - Pour pouvoir renaître de ses cendres, le phénix joue les pompiers pyromanes...

BossUS - 1x08
1x08 - Un dernier épisode comme une expédition punitive d'une heure.

Quand je regarde Boss, j'ai un peu l'impression d'emmener du boulot à la maison, et pourtant ça me plaît : allez comprendre. Il y a, probablement, une part de masochisme à attendre avec impatience le retour d'une série qui n'aura jamais accordé une minute de répit à ses spectateurs, et ne fera rien, de surcroît, pour arranger leur cynisme politique, voire leur écoeurement.
Mais vous me connaissez, j'aime qu'une série me torture lentement, presqu'imperceptiblement, avant de m'en prendre plein la poire juste quand je pense avoir acquis des certitudes. Du coup, inutile de vous préciser que je sais déjà quelle sera la première chose que je ferai demain en me levant... Et vous ?

Posté par ladyteruki à 22:58 - To be continued... - Permalien [#]

24-06-12

Not even trying

Ce sont les derniers jours pour que les membres de l'Academy of Television Arts & Sciences votent, afin de pouvoir déterminer les nominations aux Emmy Awards de cette année.
J'ai lu plusieurs articles, certains plus ouvertement narquois que d'autres (mon préféré reste celui sur Rob Lowe), sur le processus qui préside à ces votes : en gros, n'importe qui ou presque peut présenter sa candidature, pourvu de s'acquitter d'une somme ridicule permettant d'entrer dans la compétition (200 dollars plus les frais, pourrait-on dire).

C'est comme ça que les membres de l'Academy se retrouvent à voter parmi un petit millier de candidatures (qu'ils n'ont certainement pas vues dans leur immense majorité, évidemment) pour les acteurs, disons ; on parlait ce soir de la candidature d'Anjelica Huston pour son rôle dans Smash, par exemple, et la liste des prétendants à l'Emmy est vertigineuse.
A partir de là on peut discuter, se moquer et/ou hausser les épaules en décrétant que ce seront toujours les mêmes qui seront nommés, au choix.

Mais par curiosité, j'ai aussi glissé un oeil à une catégorie moins mise en avant, celle des génériques.

Et parmi les productions qui ont soumis leur candidature dans cette catégorie, il y a un nombre ahurissant de séries qui n'ont même pas de générique !

Je peux comprendre qu'on ne soit pas tout-à-fait objectif sur une performance d'acteur : l'acteur lui-même, ou son entourage, ou la production d'une série, tentent le coup même si l'acteur n'a rien fait d'incroyable, parce que ça coûte pas grand'chose et que, bon, on sait pas, sur un malentendu ou une petite gâterie, ça peut marcher.

Mais comment une série comme GCB ose-t-elle présenter ce "truc" qui dure CINQ SECONDES ?

GCB-generique

Tous les génériques soumis au vote n'ont pas forcément du génie, bien-sûr. On pense ce qu'on veut du générique d'Alphas, mettons : il n'est pas mauvais, il n'est juste pas inoubliable. Je comprends honnêtement que la production d'Alphas se soit dit "eh, on n'a pas un générique si mal que ça, tentons !", parce qu'ils ont vraiment essayé de produire un générique avec de la substance, ils ont cherché un thème musical, trouvé un moyen de mettre en scène leur sujet et leur cast... pourquoi pas ? Ils ont bossé sur leur générique, après tout.
Même chose pour New Girl, qui vraisemblablement a essayé de faire quelque chose qui introduise bien son univers et ses personnages, tout en tirant partie de sa star. Le générique de New Girl brûle peut-être la rétine, mais il a le mérite d'avoir une existence tangible.
Pareil, Suits, bon, clairement c'est pas le même genre de générique que Homeland, mais ça se tient, quand même, de candidater quand on a trouvé le moyen de faire un générique qui a de la gueule, et qui a un petit quelque chose d'emblématique et de difficile à oublier. Sans être du grand art comme le générique de Game of Thrones l'an passé, qui forcément place la barre assez haut (comme beaucoup de gagnants précédents dans cette catégorie, d'ailleurs), Suits n'a pas à rougir de son générique.

Mais GCB ? Je sais que la rubrique s'appelle "main title" et qu'il suffit théoriquement que le nom de la série apparaisse, mais quand on n'a même pas eu le courage d'insérer le nom du créateur, sans même parler du cast, dans ce "générique", on est quand même un peu mal placé pour espérer un Emmy, non ?
Ou The Secret Circle ? Ou Smash ? Ou Once Upon a Time, tiens ?
C'est un peu comme si dans les catégories des performances d'acteurs, les gens étaient juste apparus en photo lors d'un épisode au lieu de, vous savez, fournir une performance ! Bon alors je sais, Ellen Burstyn a failli réussir à obtenir un Emmy pour un rôle de 14 secondes ; pour la soumettre au vote, il fallait déjà faire preuve d'un certain culot. Mais c'est quand même 9 secondes de plus que le générique de GCB...
Je sais pas mais, tant qu'à vouloir être nommé dans une catégorie, encore faut-il avoir quelque chose à y présenter ! Même Lab Rats a plus de raisons de postuler que ces séries !

Dans ce genre de situations, j'ai envie de dire aux responsables de GCB : un peu d'humilité ! Des séries avec des génériques décents n'ont pas postulé (il était bien celui de Death Valley, en comparaison !) ; des séries qui partent avec un avantage critique et un meilleur buzz n'ont pas postulé (sinon moi je vote pour le générique de The Good Wife, tant qu'on y est !). Suburgatory avait un générique de 10 secondes, il est potable mais la production n'a pas osé le soumettre, c'est plutôt classe position comme comportement.

Evidemment, à côté de Homeland, Luck, American Horror Story, Boss ou Magic City, il va falloir se lever tôt pour que GCB soit nommée dans cette catégorie le mois prochain. On est relativement tranquilles, de la même façon que Rob Lowe ne devrait pas non plus être nommé non plus pour son incroyable performance dans un téléfilm de Lifetime...
Mais quand même, vous êtes d'accord avec moi, c'est honteux non ?

Posté par ladyteruki à 23:40 - Point Unpleasant - Permalien [#]

01-05-12

Qu'est-ce qui fait si peur à HBO ?

Dans mon lycée, comme dans le vôtre je présume, et comme dans absolument tous les lycées de fiction, il y avait les gens cool et les gens pas cool. Les gens cool portaient ça sur eux avec une nonchalance agaçante, l'air de n'avoir même jamais essayé d'être cool, tandis qu'on reconnaissait les gens pas cool au fait qu'ils essayaient désespérément de paraître cool. Sauf qu'ils n'étaient pas cool justement parce qu'on pouvait sentir sur eux la peur de ne pas être cool.
Quand j'étais au collège à la toute fin des années 90, on utilisait énormément le mot "cool", que voulez-vous.

Incidemment, à la toute fin des années 90, HBO était l'un des élèves cool du lycée très prisé qu'était la télévision américaine. Et si vous demandez aujourd'hui à la plupart des téléphages de vous citer une chaîne câblée américaine de cette époque, il y a de fortes chances pour que ce soit le nom de l'élève HBO qui revienne le plus souvent. Plus cool que HBO ? Il n'y avait pas, et une large littérature à ce sujet vous attend dans quasiment chaque publication, papier ou numérique, traitant des séries américaines, pour attester que HBO a révolutionné ci, ça, et deux-trois autres choses, tout cela assorti d'une litanie de faits d'armes brillants, inoubliables et incontournables, et gare à vous si vous n'avez pas vu Six Feet Under, Les Soprano et The Wire qui ont changé la face de la télévision, faisant de HBO la chaîne la plus cool de l'univers et au-delà.

Le problème c'est qu'aujourd'hui, HBO m'a l'air d'une chaîne pas cool du tout. En tous cas elle a cette odeur de peur sur elle.

HBOFear

Depuis quelques années, la chaîne câblée donne l'impression de courir après quelque chose.
Alors que, bien qu'il semble difficile de nier qu'elle a ouvert la voie à sa propre concurrence, et inspiré d'autres chaînes câblées à essayer d'innover aussi en termes de séries, elle n'a pas à rougir de son succès actuel. HBO à la fin des années 90/début des années 2000, et HBO aujourd'hui, ne sont pas deux chaînes à la gloire radicalement différentes, comme on pourrait le dire de NBC au même moment. HBO fonctionne encore très bien, commande des séries qui lui amènent succès critique, succès public, et encore quelques statuettes chaque année.
Pourquoi j'ai le sentiment que HBO est en train de se comporter en élève pas cool du tout ? Parce qu'elle se donne tellement de mal, et fait preuve de tellement d'empressement, qu'au final ça a l'air louche.

Il y a deux ans déjà, HBO avait lentement commencé à modifier sa politique de commandes : l'argument d'autorité était devenu la règle. Tout le monde a envie d'attirer des gens qui aient une notoriété attirante, évidemment, mais dans les limites du raisonnable, et en laissant toujours une part d'opportunité à des relatifs inconnus de trouver l'innovation qui manquait. HBO, au contraire, avait commencé à commander des gens et plus vraiment des projets.
Scorcese pouvait débarquer avec à peu près n'importe quelle idée, HBO aurait dit banco, non ? C'est un peu l'impression qui ressort des énumérations constantes de noms supposés en jeter méchamment, et attirer le chaland. Je n'arrive plus à lire une news sur HBO qui ne commence pas par afficher clairement que la chaîne a su attirer telle personne dont la carrière épatante est auréolée de gloire, fortune et réussites au box office. Ou les charts. Ou les deux, dans le cas de la série en préparation par Scorcese et Jagger.

Mais récemment, ce phénomène s'est accompagné d'un autre : désormais dés qu'une série a un tantinet de succès, pouf, elle est renouvelée après seulement une ou deux semaines de diffusion. HBO n'est pas la seule à le faire : Showtime a donné là-dedans assez rapidement avec plusieurs de ses dramédies il y a quelques années (Nurse Jackie, notamment, le lendemain de la diffusion du pilote) ; mais Showtime était justement en train de se bâtir sa réputation, et avait des choses à prouver. C'est encore plus éloquent quand c'est Starz qui renouvelle Boss avant même sa diffusion, c'est parce que Starz, une chaîne qui fait les audiences qu'elle fait avec ses succès, mais qui n'a pas encore acquis le statut de cool, et qui court après, elle en a besoin.
Pas HBO. Pourtant la voilà en train de suer sang et eau pour banquer immédiatement sur le moindre petit succès comme si elle en avait cruellement besoin.

Et c'est comme ça qu'on en arrive à des décisions magnifiques comme celle de renouveler Luck avant de s'apercevoir que la série est une mine d'emmerdes et de devoir l'annuler ensuite quand le crottin de cheval atteint le ventilateur.

Renouveler Veep après seulement deux épisodes diffusés ? Girls après seulement trois ? A part la peur, qu'est-ce qui peut bien motiver pareil empressement ? C'est vraiment l'effet que ça me fait.

OK, HBO, respire un bon coup. D'accord, ya plus d'élèves cool maintenant que quand tu as commencé à avoir la côte au lycée. Mais c'est pas une raison pour paniquer. T'es toujours cool, t'en fais pas ! Et même si AMC a tendance à monopoliser un peu les Emmys en ce moment, tout va bien : t'as toujours de bonnes séries, les DVD de Game of Thrones se vendent comme des petits pains et tous les sites et blogs féministes font le buzz de Girls à ta place ! Essaye un peu moins d'en faire des tonnes, tu te débrouilles très bien.
Parce que, vraiment, ça commence à vraiment sembler louche, ces gesticulations.

Posté par ladyteruki à 18:01 - Point Unpleasant - Permalien [#]

15-03-12

Hold your horses

BlackMarch

Un petit mot sur l'annulation de Luck parce que je suis encore debout et que je vois les annonces tomber.
Et que demain j'aurai oublié, rapport au fait que je n'ai jamais spécialement accroché sur la série.

C'est quand même incroyable cette histoire. C'est le genre d'annulation qu'on se racontera dans 10 ans en ricanant dans un podcast (ou ce qui aura remplacé les podcasts), parmi une liste d'annulations improbables évoquant vaguement l'esprit des Darwin Awards : "oh, dites, hey, et la série qui s'est annulée toute seule parce qu'il y avait des canassons qui mourraient, vous vous en rappelez ?". On rira un brin et on passera à l'annulation bizarroïde suivante.

UnLucky
Je comprends tout-à-fait que la mort de chevaux soit un soucis pour Luck. D'abord parce qu'il y a une question d'image, comme en a témoigné la réaction de PETA (sans vouloir discuter de la palette de réactions plus ou moins bien fondées de PETA ici). Ensuite parce que ça coûte cher, de racheter des chevaux toutes les semaines, je suppose, d'autant qu'on ne peut probablement pas prendre le premier équidé venu pour faire la course plusieurs fois devant une caméra pour faire toutes les prises dont on a besoin. C'est de la logistique, de prendre des bêtes un peu entraînées, j'imagine. Et enfin parce que j'ai envie de me dire que si on a envie de faire un drama sur les courses hippiques, c'est qu'on aime un peu ça, et qu'on n'a pas vraiment du baume au coeur quand un cheval doit être achevé juste parce qu'on a voulu faire une bonne série sur les courses hippiques ; ça doit sembler un peu dérisoire dans le fond.

Ce que je ne comprends pas, c'est : comment en arrive-t-on à purement et simplement annuler la série ?
Dans les secondes qui ont suivi l'annonce officielle de HBO, les sarcasmes ont fusé, mettant la tournure des évènements plutôt en corrélation avec les audiences qu'autre chose, et c'est sûr, ça a probablement joué. Mais enfin, je suis un peu ébahie.

Comment est-il possible qu'une série sur les courses hippiques n'ait pas songé sur la façon dont elle pourrait survivre sans tourner ses propres courses de chevaux ? Pourquoi n'y avait-il pas de plan B en matière d'effets spéciaux ? Pourquoi personne ne s'est dit : "ok bah si ça marche pas, on filmera de vraies courses et on jouera avec le montage et la post-prod pour que ça colle à nos besoins" ? Pourquoi ne pas pouvoir éliminer les scènes mettant les chevaux en danger pour ne les garder que dans des scènes où les chevaux sont paisiblement dans leur stalles et bricoler le reste autour ? Je n'ai vu que le pilote, je sais bien, mais ça ne semblait pas complètement impossible.
C'était un sacrifice, certes, pour une production qui était vraisemblablement puriste, et qui faisait de ce purisme à la fois sa force (c'était un témoignage de son exigence de qualité) et sa faiblesse (le néophyte s'en sentait exclu).
Mais plein de séries font des sacrifices. Parfois ça fait même de jolies histoires de télévision, comme I Love Lucy qui a inventé le sitcom tel que nous le connaissons aujourd'hui parce que c'était plus pratique, pas parce que c'était innovant. Il fallait jouer autour des impératifs de l'équipe, jongler avec les contigences, et ça a donné une vraie belle histoire de télévision, par accident et par contrainte. La contrainte préside aux choix de nombreuses productions qui ne ferment pas boutique pour autant...

Pourquoi la production de Luck n'a pas pu réfléchir à tout cela dés la mort du premier cheval sur le tournage ?

On parle d'une série qui avait quand même un cast de folie (et après pareille expérience, je ne suis pas sûre qu'un gars comme Dustin Hoffman revienne à la télé de si tôt), une bonne équipe à la réputation solide tant à l'écriture qu'à la réalisation... Et justement, comment se fait-il que personne ne se soit posé les bonnes questions plus tôt ? Des mecs si professionnels... ils se sont incroyablement documentés sur les courses de chevaux, sans savoir que des chevaux meurent tous les jours dans ces mêmes courses et que la question allait peut-être se poser ?
Comment en arrive-t-on à un tel gâchis ?

Le plus impressionnant, c'est probablement que les annulations de ce genre, brutales, radicales, on est plutôt habitués à les voir sur des networks que sur des chaînes du câble. Il est évident que la série avait été renouvelée trop tôt par HBO, un peu trop sûre d'elle sur ce coup, mais c'est devenu une pratique courante chez les chaînes du câble (peut-être parce qu'elles pensent que ça va entraîner un cercle vertueux, je ne sais pas). Boss n'a-t-elle pas été renouvelée avant même le début de sa diffusion ? Clairement on est dans une logique de tout l'un ou tout l'autre.
Cela fait quelques années maintenant, et c'est un euphémisme, que je m'intéresse à l'industrie de la télévision, et j'avoue qu'il y a encore des éléments qui m'échappent totalement dans la façon dont certaines décisions sont prises.
Je n'aimais pas vraiment Luck, mais j'ai l'impression qu'on vient quand même d'assister à un truc vraiment absurde.

Posté par ladyteruki à 00:04 - Point Unpleasant - Permalien [#]

18-01-12

A telephage's best friend

Merci merci merci !
Mes prières ont été entendues, et exaucées. Smash est LA série sur le show business dont j'ai rêvé.

Pour la review complète, il faudra attendre que je me recompose et que j'arrête de battre des mains en remerciant mentalement à peu près tout le monde. Faut m'excuser, hein, mais je suis trop extatique pour vous sortir plus de 10 lignes ce soir. C'est juste parfait ! Merci Theresa Rebeck. Merci Debra Messing. Merci Christian Borle. Merci Angelica Huston. Merci Megan Hilty. Merci Katharine McPhee. Merci au moindre danseur, au plus insignifiant assistant, merci, merci, merci !
C'est exactement le pilote que je voulais, comment vous avez su que c'était bientôt mon anniversaire ? C'est trop, fallait pas !

Smash-Marilyn
Après Homeland, Boss et quelques autres... maintenant Smash ! On a vraiment une saison du tonnerre de Dieu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Smash de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


  1  2    Fin »