ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-10-12

Auf Deutsch

Hier soir, c'était l'heure du Deutschen Fernsehpreis, les prix de la télévision allemande. Les vainqueurs ont été annoncés depuis Cologne, même si en réalité, le public allemand ne verra la cérémonie sur ZDF que jeudi soir, à l'occasion d'une retransmission avec un, hm, comment dire ? Un léger différé, dirons-nous.

L'ambiance n'était pourtant pas tellement à la fête.
Lundi, le comédien Dirk Bach est décédé d'un problème cardiaque ; une perte durement ressentie par toute la communauté télévisuelle. Beaucoup de participants à la soirée arboraient donc un badge "danke Dirk" (merci Dirk) en sa mémoire.

Dirk Bach, présent sur les petits écrans allemands depuis la fin des années 80/début des années 90, rencontre le succès en 1996 avec le sitcom Lukas, qui dure 5 saisons sur ZDF. On y découvrait Bach dans le rôle de Lukas Lenz, un acteur en surpoids qui anime une émission pour enfants, et élève en parallèle sa fille unique depuis la mort de son épouse ; il peut compter sur l'aide de son père, un comptable un peu psychorigide qui vit avec eux. La série a un succès foudroyant qui permet à Dirk Bach de devenir une personnalité de la télévision ; en 2002, il co-présentera les Deutschen Fernsehpreis (revêtant alors exactement la même robe que sa co-présentatrice Sandra Maischberger), et il sera également, en 2004, le présentateur des 6 premières saisons la version allemande de I'm a celebrity - Get me outta here (on ignore pour le moment s'il y en aura une 7e). Pour finir, Dirk Bach a aussi reçu de nombreuses récompenses, dont un Deutschen Comedypreis en 1999 et une Goldene Kamera en 2001, pour son travail dans Lukas.
Ce n'est pas donc pas n'importe qui que la télévision allemande a perdu cette semaine, et les hommages, en marge de la cérémonie ou pendant, ont été nombreux.

DeutschenFernsehpreis2012

Malgré l'émotion, la cérémonie a suivi son cours, et en voici les résultats en matière de fiction, avec un joli * pour les gagnants.

Meilleur acteur :
- Matthias Brandt dans Polizeiruf 110
- Bjarne Mädel dans Der Tatortreiniger
- Mišel Matičević dans Lösegeld
- Wotan Wilke Möhring dans Der letzte schöne Tag *
- Ulrich Noethen dans Das unsichtbare Mädchen

Meilleure actrice :
- Barbara Auer et Ina Weisse dans Das Ende einer Nacht *
- Silke Bodenbender dans Das unsichtbare Mädchen
- Sibylle Canonica dans Tatort: Borowski und die Frau am Fenster
- Anja Kling dans Hannah Mangold & Lucy Palm
- Ulrike C. Tscharre dans Lösegeld

Meilleure mini-série :
- Laconia
- Der Mann mit dem Fagott *
- Verschollen am Kap

Note : le chanteur Udo Jürgens était présent à la cérémonie ; le biopic vainqueur de cette catégorie, Der Mann mit dem Fagott, raconte en effet l'histoire de son grand-père, Heinrich Bockelmann. Diffusée les 29 et 30 septembre 2011, la mini-série est inspirée par le roman de Jürgens du même nom, dans laquelle il raconte comment son grand-père tombe sous le charme du basson alors qu'il n'est encore que jeune homme ; inspiré par la mélancolie des mélodies russes jouées avec cet instrument, il s'installe dans ce pays, y devient banquier et y fonde une famille, avant d'évacuer sa famille vers la Suède pendant la Première Guerre mondiale... Il sera malheureusement dénoncé et envoyé dans un camps en Sibérie ; quelques années plus tard, il tente de s'échapper pour rejoindre sa famille...

DerMannmitdemFagott

Meilleure série :
- Borgia
- Der letzte Bulle *
- Der Tatortreiniger

Note : Der letzte Bulle, dont une diffusion a été tentée en France sous le titre Mick Brisgau, le come-back d'un super flic (le ridicule ne tue pas, mais c'est pas faute de frôler régulièrement la mort) par Direct 8, raconte l'histoire d'un flic qui, après avoir passé deux décennies dans le coma, reprend du service pour s'apercevoir que le monde en général, et le métier de flic en particulier, ont beaucoup changé en son absence. La série, diffusée en binôme avec Danni Lowinski, compte parmi les succès actuels de Sat.1 et avat déjà été nommée l'année passée dans la même catégorie. A force de persistance... La quatrième saison de la série est attendue pour début 2013.

DerletzteBulle

Juste pour culture perso, un obélisque d'or a également été remis à Frank Elstner pour l'ensemble de sa carrière. Il a créé l'émission Wetten, dass..? en 1981, et en était le présentateur pendant ses 6 premières années avant de passer le flambeau. Impossible que vous n'ayez pas entendu parler de cette émission de paris un peu fous qui compte parmi les plus anciennes et les plus populaires d'Europe.

Voilà, vous savez tout ! Eh, franchement, on n'est pas bien, là, à causer de télévision allemande, pour changer ?
Dommage qu'Eurochannel, qui a décidé de placer le mois d'octobre sous le signe de l'Allemagne, n'ait pas été inspiré par le Deutschen Fernsehpreis pour diffuser une série : dans le programme de ce mois-ci, on trouve à la place une mini-série néerlandaise, Medea. Ah, une belle occasion gâchée, dommage...

Posté par ladyteruki à 00:46 - Love Actuality - Permalien [#]

27-08-12

She kills Copper

En cette rentrée, whisperintherain et moi-même avons convenu d'un petit défi à deux : nous regarderons absolument chaque pilote de cette saison, et nous rédigerons, chacun de notre côté, un post pour absolument chacun de ces pilotes. C'est l'occasion de tester la première série originale de BBC America, Copper, à l'affiche de laquelle on trouve des noms aussi peu anodins que Tom Fontana ou Barry Levinson. Tout un programme.
Comme c'est désormais la tradition, à la fin de ce post, vous trouverez le logo de ce défi, sur lequel il vous suffira de cliquer pour accéder à la critique du pilote de Copper écrite par whisper (sitôt qu'elle sera en ligne), et ainsi lire nos deux avis sur ce même épisode.

Copper

Parfois, quand je m'attaque à la rédaction d'un post, je m'imagine quelle est votre réaction en l'abordant. Peut-être que certains d'entre vous commencent la lecture en se disant : "ah, voyons ce qu'elle en a pensé"... et j'aime, en prévision de ces circonstances, attendre la fin de mon post avant de délivrer une conclusion. Je sème des éléments positifs, avance des arguments négatifs, tant et si bien qu'il faut lire les derniers paragraphes pour connaître mon opinion définitive sur un pilote. Une fois de temps en temps, écrire ma review sous forme de jeu de piste m'amuse, que voulez-vous.
Ce ne sera pas le cas aujourd'hui. Non, aucun suspense, alors que mon post commence ainsi :

Je voulais vraiment aimer Copper.

Voilà, tout est dit, vous pouvez rentrer chez vous.
Levinson et Fontana, c'était l'équipe de la série Oz. Deux noms qui, mis ensemble, envoyaient de la magie téléphagique. J'avais cessé de croire à leurs talents en solo (notamment après que Fontana nous ait pondu Borgia), mais j'espérais qu'en travaillant à nouveau en duo, ils seraient capable de produire de la fiction de qualité.
Mais il n'y avait pas que ça. Le contexte historique de Copper me plaisait, et quand on sait que je n'aime pas trop les séries historiques, ni même ne suis captivée par l'Histoire, ça n'était pas anodin. Un peu de la même façon que sur le papier, Hell on Wheels m'avait séduite (là aussi ce fut d'ailleurs une sacrée déconfiture), le décor new-yorkais de Copper me faisait rêver. J'aime quand une fiction s'intéresse aux vagues d'immigration aux Etats-Unis, je me rappelle avoir dévoré la mini-série Ellis Island quand j'étais plus jeune par exemple, ça me fascine, il y a un côté typiquement rêve américain (avec tout ce que cela inclut de rêves déçus !) et de cosmopolite qui me ravit. Et puis, pour être également amatrice de séries policières en uniforme, notamment à New York (je vous dois d'ailleurs un bilan de NYC 22 mais, je viens de retrouver le net, alors ça va me demander un peu de temps pour boucler tous mes rattrapages), la perspective de voir comment la communauté irlandaise et la police métropolitaine se sont liées avait quelque chose d'excitant.

C'étaient d'ailleurs les seuls éléments que j'avais : le duo Levinson/Fontana, et le contexte historique. Comme c'est mon habitude, afin de garder la découverte pour le pilote, j'avais évité les affiches, les trailers, et même la page Wikipedia, histoire de vraiment prendre la série comme elle viendrait. Mais j'avais en tous cas envie de me mettre devant le pilote, ça c'est sûr.

Alors du coup, je dois dire que j'ai eu du mal à réprimer des grognements de mécontentement devant le pilote de Copper, déjà parce que l'écriture n'a rien de l'intelligence de Oz, mais ça à la rigueur, j'aurais dû savoir que c'était trop en demander, et surtout, oh oui, surtout : ce n'est qu'une putain de série policière à la con comme on en a déjà cent à la télé.
Et à mesure qu'on avançait, je me mettais un peu plus en colère (et je jurais un peu plus comme un charretier). Les problèmes avec la hiérarchie, la visite chez le médecin légiste : on a eu droit à la totale des clichés de la série policière moderne. D'accord, à l'issue de ce pilote, il est clair que la série s'oriente vers quelque chose d'un peu feuilletonnant, et pas versun bête procedural. Mais ça ne sauve pas les meubles pour autant. L'objet de mon ire, ce n'est pas les procedurals (ou disons, pas seulement), c'est aussi que les enquêtes policières, même menées sur plusieurs épisodes à la Forbrydelsen (ou feu The Killing) et Bron/Broen, eh bah yen ras le képi, c'est plus tolérable. Si vous n'avez rien de nouveau à raconter, alors dans ce cas-là ne racontez rien du tout.
Et tout cela avec un manque de finesse insultant. Que celui qui, à mi-parcours de l'enquête, n'a pas déjà deviné qui est le meurtrier de la petite victime de ce pilote, se déclare immédiatement : il faut absolument se cotiser pour lui acheter un cerveau. L'intrigue est visible comme le nez au milieu du visage et délayée sans raison, simplement parce que nom d'un chien, il faut que l'épisode dure 43 minutes, même si en réalité 20 minutes suffisent.
Il existe encore, même après une douzaine d'années d'invasion de poulet, des séries capables de nous surprendre, nous émouvoir ou nous captiver, tout en proposant des enquêtes et/ou des mystères. C'est le cas de Sherlock qui y parvient formidablement, avec un talent sans pareil pour jouer les prestidigitateurs et nous offrir des intrigues ayant l'air complexes ; même quand elles ne le sont pas, les éléments sont maniés de telle façon qu'on y voit que du feu, et à vrai dire, on s'auto-convainc même d'être aussi intelligents que Sherlock Holmes. Mais rien de tout ça ici, alors que Copper est dans l'indigence la plus totale, non seulement sur le fond de notre affaire que sur la façon dont elle est menée par son héros.

Mais le pire, je crois que c'est justement la façon dont Copper nous sert son exposition en pensant dur comme fer qu'il suffit d'avoir des décors (ou l'illusion de décor) épatants, des figurants en hâillons et des pubs irlandais où on chante en agrippant sa pinte de bière, pour planter le décor. La présentation du personnage central, le capitaine Corcoran, est une compilation des plus abrutissants clichés qui soient. Pour le rendre, je suppose, un peu plus abordable, on lui a inventé une femme qui a mystérieusement disparu, par exemple ; on imagine que ça doit un peu le travailler, surtout que ça ne fait que deux mois, au lieu de ça il se tape la moins excitante de toutes les prostituées du bidonville de Five Points, qui est son attitrée. Et quand un personnage essaye d'interroger la raison de cette préférence, il se fait renvoyer dans les cordes, laissant le spectateur sans la moindre explication. Ecoutez, on vous dit qu'il est tout triste, mais prenez-le pour argent comptant et arrêtez de poser des questions, quoi !
Les scènes d'exposition de Copper sont toutes dans cet esprit. On s'y hâte de mettre les choses en place en les tenant comme évidentes. Ce sont des clichés éculés dont on n'a même pas l'impression que les scénaristes ont l'intention de les développer. Les personnages n'ont qu'une dimension (quand ils ont une dimension tout court, parce que le meilleur ami de Corcoran n'existe que parce qu'il a un oeil en verre) et ne sont là que pour jalonner l'intrigue policière vue et revue d'avance.

Alors dans mon dernier paragraphe, il n'y aura aucune sorte de surprise, pas aujourd'hui. Il n'y aura que de la colère. Je pensais que ce qui avait encouragé BBC America à se lancer dans la production de séries, c'était afin de profiter du succès grandissant des séries britanniques outre-Atlantique (un succès qu'elle avait en plus dû partager avec PBS, diffuseur aux USA de séries comme Downton Abbey), pour imposer la marque BBC sur le territoire américain. Même produite sur le sol US, une série de BBC America aurait dû répondre à ces standards, non ? Au lieu de ça, BBC America nous a fait du CBS, mais du CBS vaguement câblé parce que faire une série historique, ça donne l'impression d'être sérieux et ambitieux. Eh bien non. Pas du tout.
Et le pilote de Copper est certainement la déception la plus rageante parce qu'on ne comprend pas ce qui a pu clocher, entre BBC America qui aurait quand même pu s'appuyer sur le savoir-faire des grandes soeurs britanniques, Levinson et Fontana qui sont supposés connaître leur boulot, et le contexte historique absolument unique qui donnait une longueur d'avance à la série. Avec toutes les cartes en main, Copper a quand même trouvé le moyen d'échouer lamentablement.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 16:56 - Review vers le futur - Permalien [#]

17-03-12

lady's world tour - Escale n°5

BlackMarch

Chose promise, chose due, voilà un nouveau world tour, avec plein d'infos sur plein de séries venues de plein de pays, comme le Dieu de la Téléphagie l'a voulu. Et puis aussi parce que je n'y avais pas consacré de post depuis quelques temps et que, bah, ya beaucoup de choses qui se sont passées dans l'intervalle, quoi...

LosArchivosdelCardenal
- ARGENTINE/CHILI : en état de siège
On a souvent en tête, quand on parle de séries d'Amérique du Sud, des telenovelas, ou, au pire, des nocturnas se déroulant de nos jours. Pas cette fois. Deux sociétés de production s'associent en effet pour produire une série historique intitulée Sitiados ; il s'agit de Promocine au Chili (déjà à l'origine de Los Archivos del Cardenal), et l'incontournable Pol-ka en Argentine (en France, nous la connaissons essentiellement pour avoir produit Epitafios). Sitiados, écrite par Carmen Lopez, se déroulerait en 1599, alors qu'un fort de Patagonie fait l'objet d'un siège de 3 années mené par les indiens Mapuche ; sur les 600 Espagnols regroupés à l'intérieur du fort, seuls 22 d'entre eux survivront... Pour mettre en place cette série ambitieuse, la chaîne chilienne TVN a décidé de mettre la main au porte-feuille ; ainsi, chacune de ces trois entités participera à hauteur d'1 million de dollars, faisant de Sitiados la série destinée à une chaîne gratuite la plus chère de l'histoire chilienne. En tout, douze épisodes sont prévus. Et tant qu'on en est à discuter de séries chiliennes, précisons que Los Archivos del Cardenal, qui mettait en scène un groupe ouvrant les dossiers des victimes de Pinochet, a obtenu une deuxième saison sur TVN, et qu'un film devrait également être produit ; d'où la photo de promo ci-dessus.

- ARGENTINE toujours : fans des années 80
La chaîne Telefe lançait ce lundi à 21h15 une nouvelle comédie, destinée à une diffusion en quotidienne du lundi au jeudi, du nom de Graduados. Elle met en scène des personnages ayant quitté le lycée en 1989 et se retrouvant à l'occasion de leur réunion d'anciens élèves, et s'apercevant que les sentiments passés n'ont pas toujours totalement disparu... La série met ainsi en parallèle des souvenirs des années 80 (avec musique et vêtements à l'avenant) et la vie des protagonistes au présent (les deux époques étant jouées par les mêmes acteurs...). Outre l'histoire de la série en elle-même, Graduados mérite d'être mentionnée parce qu'elle a permis à la chaîne Telefe de récolter pas moins de 48% des parts de marché le soir de sa diffusion, devenant le programme plus regardé non seulement de sa tranche horaire, mais aussi de toute la journée.

- MEXIQUE : vlan dans les dents
La chaîne sportive TDN, filiale de Televisa, a décidé de se lancer dans la fiction également. Elle diffusera ce lundi le premier épisode de Cloroformo, une série se déroulant dans l'univers de la boxe, et plus précisément dans un gymnase où se croisent les destins de 5 boxeurs différents qui en sont à des stades variés de leur carrière. En tout 13 épisodes sont prévus, et comme le démontre la bande-annonce, Cloroformo, c'est pas pour les demi-portions, c'est une série qui sent bon la sueur...

- CANADA : meurtres en famille
Outre l'annonce dont tout le monde a parlé relative à la date de démarrage de Saving Hope (même si je ne comprendrai jamais pourquoi  certains sites préfèrent annoncer son simulcast aux USA plutôt que la date de lancement dans son pays d'origine au Canada ; eh les mecs, on les cagoule ces séries, c'est pas comme si on vivait aux States, on s'en fout de NBC dans ce contexte !), qui d'ailleurs a été ajouté au Pilot Watch, CTV a aussi mis en branle deux nouveaux projets cette semaine. Le premier est Mark of Cain, une série fantastique créée par Tammy Marlowe Johnson (dont c'est la première série), qui s'intéresse à un homme condamné pour meurtre, et qui s'aperçoit qu'il est capable de voir un signal invisible qui lui indique quand d'autres personnes sont sur le point de tuer quelqu'un. Ca ressemble pour l'instant à une sorte de procedural, mais on n'a guère plus d'éléments pour s'en assurer à ce stade. L'autre projet est une comédie qui pour l'instant n'a pas de titre, mais qui serait fortement inspirée de Modern Family, et développée par Chris Leavins, l'un des acteurs de Todd and the Book of Pure Evil.

- ECOSSE : coeur vaillant
La chaîne STV a annoncé il y a quelques jours avoir commandé un biopic insiré de la vie de William Wallace, alias Braveheart, qui a lutté pour l'unification des Ecossais et l'indépendance de l'Ecosse au 14e siècle. C'est Mick Davis (The Eleventh Hour) qui s'occupe du scénario, et selon les sources, STV compare son projet aussi bien à Game of Thrones que... Spartacus. Bon. La chaîne souhaite développer ce projet rapidement (le sujet de l'indépendance écossaise faisant partie des sujets politiques chauds du moment dans le coin), et présentera le projet lors du MIP TV le mois prochain. La série sera produite en partie par la société de distribution britannique DRG, qui s'est récemment lancée dans la production de séries scriptées originales ; ses projets incluent entre autres une co-production avec la Rai (Pirates of the East, en 6 épisodes et se déroulant en 1840) et a acquis les droits des romans policiers russes The Adventures of Erast Fandorin en vue de les adapter (les intrigues se déroulant à la fin du 19e siècle et au début du 20e). Bref que de l'historique.

Coacherna
- SUEDE : dites-leur ce qui ne va pas chez vous
Le final d'Äkta Människor est pour demain et vous vous demandez ce que SVT1 va bien pouvoir diffuser ensuite (et si vous ne vous le demandez pas, eh bien disons que j'ai devancé vos interrogations). La chaîne publique va totalement changer de registre, et troque la science-fiction contre la dramédie, avec la série Coacherna. On y découvre trois femmes qui ont décidé de changer de vie, et ont lancé une agence de coaching personnel... même si être capable d'aider les autres ne veut pas forcément dire qu'on maîtrise sa propre existence. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'outre ses 3 personnages principaux féminins, la série est écrite par deux femmes ; on y trouvera aussi la réalisatrice de plusieurs des épisodes de 30° i Februari. Les épisodes de la dramédie ne dureront qu'une demi-heure, et seront suivis de la diffusion d'inédits de The Big C. Si vous voulez prendre le pouls de l'ambiance de la série, comme toujours SVT1 propose une bande-annonce sur le site officiel (hélas sans sous-titres).

- NORVEGE : recherche témoin oculaire
NRK met en branle un nouveau thriller apparemment intitulé Øyevitne (témoin oculaire ; pensez eyewitness), et pour cela elle recherche activement deux acteurs adolescents (l'annonce de la chaîne précise que l'âge des protagonistes sera situé entre 14 et 17 ans). Détail original, il leur faudra absolument être capables de parler en østlandsdialekt, c'est-à-dire un dialecte de l'est de la Norvège. Pas d'affolement ce pendant, le tournage n'étant prévu que pour la période d'août 2012 à février 2013, Øyevitne ne devrait pas être pour tout de suite...

- ALLEMAGNE : disparu en laissant une trace
ZDF vient d'annoncer la date de lancement pour sa nouvelle série criminelle, Die letzte Spur ("la dernière trace"), qui meublera ses vendredis à 21h15 à compter du 20 avril prochain (du coup, le Pilot Watch a été mis à jour). Le concept vous évoquera sans doute quelque chose, puisqu'il s'agit pour un groupe d'enquêteurs de retrouver des personnes disparues ; l'unité, basée à Berlin, sera dirigée par un homme, incarné par l'acteur Hans-Werner Meyer. La série prend la place dans la grille de la série SOKO Leipzig qui achève actuellement sa 16e saison.

Intersexions

- AFRIQUE DU SUD : award season
Le weekend dernier, l'Afrique du Sud remettait les SAFTAs, dont rien que le nom devrait vous informer sur la nature... Au chapitre des fictions télévisées, c'est évidemment la série Intersexions, une série anthologique ayant pour thème central le SIDA, qui s'en est le mieux tirée ; vu son succès critique et public, ce n'est pas vraiment une surprise. Intersexions a donc remporté le titre de meilleure série dramatique, mais aussi le prix de la meilleure réalisation (pour les épisodes 4 ET 20), meilleure cinématographie (épisode 8), meilleur montage (épisode 20), meilleure composition musicale, meilleures coiffures et maquillages, meilleur son (épisode 4) et un autre prix célébrant ses scénaristes (Best Writing Team in a TV Drama Series). Comme c'était encore trop peu, le cast de la série n'est pas en reste : meilleur acteur dans un drama pour Siyabonga Radebe, et meilleure actrice dans une drama pour Lungelo Dladla. Je vous rassure, d'autres séries ont réussi à être mentionnées au cours de la cérémonie ! Ainsi, Ronnie Nyakale a reçu le prix du meilleur acteur secondaire pour son rôle dans Fallen, une série se déroulant dans le monde de la musique, lorsqu'un jeune homme reprend la société de production de son père mystérieusement disparu, et Harriet Manamela est distinguée au titre de meilleure actrice secondaire pour son rôle dans la deuxième saison de la série légale Sokhulu & Partners. Dans la catégorie des comédies, c'est le sitcom Gauteng Maboneng qui a reçu le titre principal ainsi que quelques prix techniques ; l'incontournable Stokvel a reçu l'award du meilleur ensemble, et les deux acteurs principaux de Ga Re Dumele ont également été récompensés. Enfin, le titre de meilleur soapie, décerné par le public, a été offert à Isidingo. Tous ces noms ne vous disent probablement rien (cependant ce n'est rien qu'une petite recherche Google ne saurait arranger), mais avouez qu'une petite piqûre de rappel sur la richesse insoupçonnée de la télévision sud-africaine ne peut pas faire de mal.
J'ajoute pour l'anecdote que la cérémonie des SAFTAs, cette année, a suscité une petite polémique lorsque le soapie 7de Laan n'a pas souhaité concourir dans les rubriques institutionnelles, et que la série n'a du coup pas été proposée dans le cadre du Prix du Public qui évidemment a été outré de ne pas pouvoir, lui, voter pour la série de son choix... tandis que la chaîne e.tv n'avait, elle, soumis aucune série, doutant de la transparence des SAFTAs. Certaines choses sont universelles !

- ESPAGNE : terre, terre !
On n'arrête pas une équipe qui gagne. Ou pas. Le tournage de l'une des prochaines séries d'Antena3, El Corazón del Océano, s'est achevé voilà quelques jours. La série, dotée de 6 épisodes de 70 minutes, passe donc en post-production. Elle raconte, au XVIe siècle la traversée de l'Atlantique par une jeune femme de la noblesse espagnole, alors qu'elle est envoyée en Amérique afin de participer au peuplement du nouveau continent ; il s'agit ici de suivre son périple au sein de l'équipage d'une caravelle, et pas son arrivée. Conçue comme une mini-série, El Corazón del Océano devrait être diffusée par Antena3 avant la fin de l'année. A ses risques et périls... même si le format court devrait limiter les éventuels dégâts.

- ESPAGNE encore : combien faut te payer pour que tu dégages ?
Chose promise chose due, on revient sur l'annulation de Plaza de España, la comédie dont on se demande comment elle a été commandée (elle avait quand même la super bonne idée d'être une comédie ultra-potache prenant la Guerre Civile espagnole comme contexte ; on a connu plus délicat). Lancée en juillet, la comédie avait fait un bon score pour son pilote, laissant juste assez de temps aux spectateurs pour réaliser que c'était pourri, avant de les voir s'échapper ensuite. TVE, qui avait eu la bonne idée de commander 26 épisodes en deux fois, avait donc mis la production en hiatus après 12 épisodes, trop contente de faire revenir sa série Aguila Roja dans la grille début septembre. Depuis, la chaîne avait consciencieusement évité le sujet. Mais cette fois c'est officiel, Plaza de España est vraiment annulée, et à cause de la 2e partie de saison qui n'a jamais été achevée, TVE devra payer 200 000 euros à la société de production. Mais elle est tellement pressée d'en finir que visiblement, elle a dû considérer que ça les valait. Rappelons que la chaîne publique connait des difficultés financières actuellement, alors queson budget a été largement amputé par le gouvernement espagnol...

HaEmetHaEroma

- TURQUIE : entre quatre murs
La série israélienne HaEmet HaEroma, dont l'originalité est de se dérouler intégralement en huis clos dans un commissariat, alors qu'une jeune fille de 17 ans a disparu sans laisser de trace, fait des émules. Tandis qu'une version américaine est en développement sous le titre The Naked Truth (rien à voir avec Tea Leoni) par Clyde Philips, ou en tous cas l'a été à un moment mais on n'a plus trop de nouvelles, c'est maintenant c'est la chaîne turque STAR TV qui a décidé d'acheter une adaptation en 15 épisodes. C'est l'écrivain Hakan Günday qui est chargé de l'adaptation ; ce sera son premier scénario pour la télévision. Comme quoi, même quand on a une industrie télévisuelle très en forme, il n'y a pas de honte à s'inspirer des télévisions étrangères.

- KAZAKHSTAN : Oural sex
Le Kazakhstan, où vous ne saviez même pas qu'on faisait des séries, se prépare à se lancer dans une version locale officieuse de Sex & the City au mois d'avril. Ce sont 55 épisodes d'un coup qui sont ainsi en préparation depuis le mois de décembre (le tournage a commencé en février), mettant en scène quatre amies plus forcément toutes jeunes dans leurs diverses préoccupations de femmes célibataires en milieu urbain. La série s'appelle Padrouzki (Подружки) et c'est la société de production Sataifilms qui est sur le coup, alors qu'elle prépare en parallèle une autre série de 30 épisodes nommée Pariz (Парыз). Notre existence ne va pas changer pour si peu mais admettez quand même que c'est pas souvent qu'on a des nouvelles de la fiction de ce pays.

- EUROPE : des séminaires pour développer la fiction
Les professionnels de la télévision européenne se réuniront à Berlin du 24 au 29 avril, et du 9 au 15 juin, dans le cadre des deux sessions du European TV Drama Series Lab 2012. Les intervenants seront Neal Baer (A Gifted Man), Anne Bjørnstad (Lilyhammer), Klaus Zimmermann (Borgia), et Brian Seth Hurst (président de The Opportunity Management Company) mais aussi... Frank Spotnitz (X-Files mais aussi en train de développer une série pour HBO et BBC1) ! Cool non ? Les séries étudiées à l'occasion de ce séminaire seront Lilyhammer, Borgia et Engrenages. L'idée est d'explorer les ingrédients qui font le succès des séries en Europe, en essayant de déterminer ce qui peut être emprunté (ou non) au système américain. Bon alors ça coûte 4500 € de s'inscrire et il faut déjà justifier d'une expérience dans le milieu, mais quand même une initiative intéressante que je voulais mentionner.

Pas de news sur les séries irlandaises pour cette fois (je sais que vous aimez bien ça pourtant), mais une mauvaise nouvelle venant de ce pays : les studios dans lesquels les séries The Tudors et Camelot ont été tournées, Ardmore Studios, sont sur le point de fermer pour cause de mauvaise santé financière. Ardmore Studios existe depuis plus d'un demi-siècle, mais n'a pas réussi à attirer la production de Vikings, la série en préparation par la MGM.

Mon mot de la fin sera cependant une excellente nouvelle : la série israélienne Hatufim (dont Homeland est l'adaptation) sera prochainement diffusée par Channel 4 au Royaume-Uni, qui en a acquis les droits !
A quand la même chose en France ? Juste une suggestion...

Posté par ladyteruki à 19:06 - Love Actuality - Permalien [#]


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