ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-12-12

Soapesque (adj.)

Nashvillesoap

Bon alors c'est peut-être du fait de mon état de santé qui n'est pas génial, je ne sais pas ; mais je me suis rendue compte d'une chose : je ne sais plus quelle est la différence entre une série dramatique et un soap.

Ah, ne riez pas dans le fond : il n'y a pas que moi. ABC a de gros problèmes avec le concept également.
A vrai dire, ce sont justement ses séries qui ont suscité une interrogation chez moi, lorsque j'ai essayé de décrire Nashville à un tiers. Puis 666 Park Avenue. Puis Revenge. Puis... Et à chaque fois, l'adjectif "soapesque" revenait dans mon explication, suivi d'un "mais c'est pas un soap comme Les Feux de l'Amour, hein, non : c'est plutôt... comme un primetime soap". Ouhlà, attendez ! Mais en fait, toutes les séries d'une heure d'ABC sont soapesques, non ?
Non, et Dieu soit loué pour Last Resort. Mais quand même.

Il faut dire que la définition de soap opera est assez élastique par les temps qui courent, de toute façon.
Il y a encore quelques années, pour moi, un soap se définissait très clairement : c'était une série diffusée en quotidienne, aux intrigues extrêmement lentes et aux techniques narratives paresseuses, dotées de retournements de situation exagérés à intervalles réguliers (un jumeau maléfique, des personnages qu'on croyait morts qui réapparaissent, des bébés volés/échangés, etc.). Et ce, sur des années et des années et des années, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Mais voilà : entretemps, la telenovela est entrée dans mon univers. en tous cas au moins sur le papier ; rapport au fait que je n'ai pas encore eu la possibilité de suivre une telenovela dont le sujet pique ma curiosité. Et une telenovela, eh bien, c'est une série en CDD, et ça, ça heurte un peu la vision que nous avons du soap, que ce soit aux USA ou en Europe.
Le problème de la telenovela, c'est son succès. En soi c'est bien, hein, tant mieux que des formats de fictions trouvent un souffle qui incitent les télévisions de la planète à adopter de nouveaux standards de durée ou de périodicité, je suis la première convaincue que la télévision, c'est quand même mieux quand on regarde ce qui se fait ailleurs ! Mais des séries comme Desperate Housewives, par exemple, sont typiquement des séries dramatiques qui lorgnent méchamment sur la copie des voisins, et relèvent en fait plus du soap sur pas mal d'aspect. En-dehors de la diffusion hebdomadaire, et sans doute aussi du budget, tout y est : c'est du primetime soap, clairement. Une fois par semaine, avec le savoir-faire des séries dramatiques américaines, un soap quand même.

Evidemment, la télévision américaine n'a pas attendu Desperate Housewives pour connaître le primetime soap. Des séries comme Dallas, Beverly Hills ou encore Melrose Place, pour n'en citer qu'une poignée, ont été qualifiées de primetime soap en leur temps sans que cela ne choque qui que ce soit. Pas même moi. Et s'en sont tirées avec un succès public incontestable, et, dans une certaine mesure, un certain succès critique, au sens où ces séries ont marqué leur époque, chacune à sa façon.

Cependant le terme de primetime soap semble toujours très négativement connoté. L'utiliser, c'est comme caractériser une série de qualificatifs pas franchement recommandables, sauf qu'en disant primetime soap, on peut le dire à mots couverts.
Par exemple j'attendais pas mal de choses de Desperate Housewives quand elle a commencé ; j'avais regardé la première saison de façon très régulière, en espérant que sa corrosivité irait croissant ; c'est l'inverse qui s'est passé et c'est la raison pour laquelle la série est devenue un primetime soap plus qu'une série dramatique. Un qualificatif assumé de façon très variée par les spectateurs qui ont poursuivi la série bien longtemps après que je me sois arrêtée. L'an dernier, j'ai décidé de regarder l'épisode final de la série, et il était clair pour moi qu'elle n'en méritait pourtant nul autre. Desperate Housewives n'était pas une série dramatique : c'était un soap hebdomadaire, diffusé en primetime (jusque là j'ai bon) dont le caractère over the top des situations n'avait plus rien d'impertinent.

Mais désormais, la définition semble encore élargie. Ce n'est pas simplement l'absence de second degré qui semble permette d'appeler une série un primetime soap. Certes, Revenge est extrêmement dépourvue d'humour, mais ce n'est clairement pas à ce défaut qu'elle doit sa parenté avec les soaps, mais plutôt à sa thématique de la vengeance, à son héroïne féminine, et à sa claire inspiration de formules venues des telenovelas. Peut-être aussi au jeu des acteurs, ou au moins à leur direction.

Voyons ailleurs ce qui se passe. Par exemple, Grey's Anatomy, en se concentrant tant sur les amours de ses personnages que son caractère médical semble passer totalement inaperçu, est clairement un primetime soap, non ? Et pourtant, objectivement, Urgences aussi était truffé d'intrigues personnelles : quelle est la nuance qui empêche de qualifier Urgences de primetime soap ? Et si, dans certains articles ou ouvrages, un auteur/analyste/vendeur de barbapapa quelconque décide d'utiliser ce terme, pourquoi cela me choque-t-il un peu, au point de quasiment le voir comme une insulte ?
Plus flou que celui de Grey's Anatomy est le statut de Nashville. De par la qualité du jeu de nombreux acteurs (je me repasse de temps à autres la scène pendant laquelle Rayna est interrogée en vue de la campagne de son mari, c'était d'une force incroyable), de par l'écriture qui n'a pas grand'chose à voir avec des intrigues à rallonge de mon point de vue, et de par l'impression de consistance et de sérieux qui émane, il me semble, de la façon dont son monde est construit, Nashville n'est pas vraiment un primetime soap selon ce qui me semble être la définition du "genre". Pourtant, difficile de ne pas parler de tournure soapesque dans les amours de l'une des stars ou les liens familiaux et financiers de l'autre ; mais n'est-ce pas un glissement de sens ?
A ce tarif-là, des séries comme Brothers & Sisters puis Parenthood sont-elles des primetime soaps ? Il m'est arrivé de le lire. Je trouve pourtant la chose plus difficile à admettre encore que pour Nashville. Le fait que les personnages forment une famille en proie à un certain nombre de retournements de situation (notamment la thématique de la demi-soeur cachée qui a lancé la première saison de Brothers & Sisters, et effectué plusieurs rebonds ensuite ; d'ailleurs j'ai jamais vu la fin de cette série, mais bon, pas le moment de se mettre des idées d'intégrale en tête).
Mais plus intrigant encore : pourquoi m'acharner à utiliser l'adjectif "soapesque" et/ou d'appeler primetime soap une série comme 666 Park Avenue ? C'est clairement une série fantastique ! Le simple fait que son héroïne (outre le fait d'être une jolie femme) vive dans un univers un peu plus luxueux que la moyenne et que des "méchants riches" occupent des rôles importants suffit-il à décrocher ce qualificatif ? Est-ce parce qu'on effleure la vie de plusieurs autres résidents de l'immeuble ? Ca semble un peu réducteur ! Et pourtant, j'aurais tellement de mal à dire que c'est simplement une série fantastique (et pas juste parce que je pourrais faire un jeu de mots sur "fantastique").

Au final, il me semble de plus en plus difficile d'établir clairement où est la ligne de démarcation entre une série dramatique et un primetime soap, à plus forte raison sur les networks où les intrigues dramatiques ont tendance à n'être pas aussi incroyablement sombres que sur le câble (qui irait dire que Breaking Bad est un primetime soap ? quoique, je me demande s'il est déjà arrivé à quelqu'un de parler de soap pour Mad Men ou Game of Thrones, à ce tarif-là).
Et surtout, accepter ce qualificatif est-il une façon de d'admettre que la série est inférieure à une série dramatique normale ? Sinon, comment surmonter ce réflexe ?
L'existence du primetime soap me semble difficile à nier, et pourtant, elle est aussi difficile à expliquer. La lecture de la définition de Wikipedia, en préambule de ma réflexion pour ce post, ne m'a par exemple pas du tout aidée, alors qu'on imagine qu'a priori, elle fait consensus...

Sans la fascination actuelle d'ABC pour tout ce qui ressemble à 1) un format facile à exporter en telenovela 2) une telenovela facile à adapter pour le primetime américain, peut-être que mes repères ne seraient pas autant brouillés. Peut-être que je serais capable de reconnaître un primetime soap aussi sûrement que je suis capable de faire la différence entre une comédie et un drama, ou entre un western et une série policière... Mais ce n'est qu'une supposition.

D'ailleurs, le primetime soap est-il un genre, au sens du contenu, ou une structure ? Son nom semble essentiellement indiquer une case de diffusion, et pas vraiment expliciter le reste de sa condition. La fusion des genres, oui... Mais un genre bâtard issu du néant, non. Plus j'essaye de définir ce qu'est un primetime soap, plus j'ai l'impression qu'il s'agit d'une étiquette qu'on peut coller et décoller selon l'image que renvoie une série, mais qui n'a en réalité que peu à voir avec ses sujets ou sa formule. C'est une grande valise fourre-tout qui sert peut-être surtout à décrédibiliser une série qu'on ne peut/veut pas décrire comme suffisamment "sérieuse"...
Quand j'ai utilisé l'adjectif soapesque pour Nashville, je l'ai tout de suite regretté, parce que ça ne donnait pas une image attrayante de la série à mon interlocuteur qui ne la connaissait pas. La question que j'aurais dû me poser, c'est : pour quelle autre raison l'utiliser ? Qu'est-ce que le terme "primetime soap" décrit d'autre, finalement ?

Il y a probablement une part de fierté personnelle à dire qu'on ne regarde pas de primetime soap quand on est un téléphage un rien exigeant, ni à en recommander spontanément. Mais d'un autre côté j'avoue sans un soupçon de honte regarder des séries comme Happily Divorced, alors...
Le cas du primetime soap me laisse décidément perplexe... Je prends tous les points de vue que vous voudrez bien me livrer sur le sujet.

Posté par ladyteruki à 20:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-06-12

Une époque formidable

On vit une époque formidable, non ? Bon alors évidemment, la musique est pourrie (du moins c'est ce que vous répètent vos parents et quelques autres aigris), la mode est moins exubérante, ce genre de choses, bon. N'y revenons pas, ça plus les histoires de crises économiques mondiales, c'est clair, il y a des inconvénients. Mais à part ça ?
A part ça c'est formidable ! On vit à une époque où téléphagiquement, les télévisions de la planète échangent comme jamais ! Outre les co-productions qui font florès, outre les séries qui se font, se défont et surtout se refont d'un pays à l'autre... on a surtout la possibilité de vivre dans un monde de perméabilité totale. Et ça c'est une chance !

Tenez, prenez un exemple. Les séries pour ados, mettons.
Totalement au hasard.

Le boom est né aux USA, où Disney lancé un modèle de produits basés sur un concept, l'ado qui chante. Résultat : Hannah Montana en 2006. Ah on en a bouffé. Mais n'empêche ! Le sitcom pour la jeunesse faisait ainsi son grand retour sur le devant de la scène, après avoir été un peu relégué au second rang par les primetime soaps hebdomadaires et assimilés qui avaient été si populaires depuis Beverly Hills.
Mais de par la perméabilité des écrans internationaux, qu'est-ce qui s'est passé ? Plein de séries vaguement musicales d'une demi-heure sont nées un peu partout ! Pourquoi ? Parce que le business c'est le business, et que la cupidité n'a pas de nationalité. Et c'est comme ça qu'en Argentine, la société de production Ideas del Sur d'est dit : ah tiens, si je lançais moi aussi une héroïne avec des penchants vaguements musicaux ? Et c'est ainsi qu'est née Patito Feo un an plus tard. Sauf qu'on était en Argentine et que du coup cette série a été diffusée au format telenovela ; en quotidienne, donc, et sur un format de 45mn. D'ailleurs la branche latino-américaine de Disney ne s'y est pas trompée, et a ensuite fait main basse sur cette série pour la diffuser sur tout le continent sud-américain. Mission accomplie.
Il y en a eu plein d'autres qui ont suivi, comme les vénézuéliennes Isa TKM ou plus récemment Grachi, chez la concurrence, Nickelodeon Latinamerica. Et ça a fait un carton. De son côté, MTV Latinamerica a flairé le truc et a lancé également des telenovelas pour ados, genre Niñas Mal.

Tout ça commençait à tellement bien marcher, en fait, qu'au lieu de garder les histoires de chansons, mettons, qui avaient permis à la recette de s'exporter et d'inspirer de nouvelles tendances, c'est le format qui a commencé à voyager, plutôt que le pitch. Et c'est comme ça qu'à peu près à l'autre bout de la planète, la série fantastique Het Huis Anubis voyait le jour sur les écrans de Nickelodeon en Belgique et aux Pays-Bas, également au format telenovela.
Et là encore ça a bien marché. Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Pas bête, Nickelodeon a repris son format et l'a adapté pour son marché allemand, et puis pour son marché nord-américain tant qu'on y était, et ça a donné notamment House of Anubis. Et ça a plutôt bien marché.

Mais mieux encore, vous savez ce qui s'est passé ensuite ? D'autres diffuseurs américains ont commencé à être intéressés par le format telenovela pour la jeunesse. Ma foi, si ça marche pour Nickelodeon, pourquoi pas moi ?
Et puis des telenovelas pour les ados, après tout, il fallait y penser ! C'est tellement moins risqué que des telenovelas pour le public adulte, qui est moins ouvert aux changements de format et qui a ses petites habitudes... sans compter les exigences en termes de narration et de production value (tandis qu'une telenovela pour ados, ça coûte pas très cher à faire). Alors plusieurs chaînes à destination du public adolescent ont commencé à faire leur marché parmi les telenovelas de la planète : ABC Family a acheté les droits de La Pecera de Eva (bon pour l'instant on n'a pas des masses de nouvelles), Telemundo a décidé d'adapter Fisica o Quimica... et même des séries préexistantes se sont adaptées, comme Degrassi.

Alors, que ce mois-ci, nick@nite décide de lancer son propre primetime soap, intitulé Hollywood Heights (elle-même une adaptation d'une telenovela de Televisa), avec l'espoir de le diffuser en quotidienne les soirs de semaine, ce n'est pas très étonnant. Je vous le disais, on vit une époque formidable. Bah si. Vous êtes bien obligés de le reconnaitre.
Si les épidémies se transmettaient et mutaient aussi facilement que les séries, on serait dans la merde, par contre, ça je le reconnais.

HollywoodHeights

Hollywood Heights ne démarrera que dans une dizaine de jours sur la chaîne, mais nick@nite propose déjà le premier épisode via iTunes depuis lundi, et évidemment il n'a pas fallu attendre longtemps avant de pouvoir trouver ce pilote un peu partout.

Et effectivement, sans aucune équivoque, on est en présence ici d'une série tournée exactement dans les conditions d'une telenovela. La réalisation est à ce titre parlante ; la vraie chance qu'on a dans le cas de Hollywood Heights, c'est qu'il n'y a pas de doublage pourri.
Pour le reste, tout est similaire, ce qui veut dire qu'on est quand même dans quelque chose de plus haut de gamme qu'un sitcom pour ados en classique multi-camera. Ici il donc est clair que la production est dans la tranche haute de ce qu'on propose aux ados sur une chaîne comme Nickelodeon (avec laquelle teen@nite partage son antenne), avec un budget forcément serré qui ne permet pas d'atteindre le niveau de "raffinement" d'une production hebdomadaire (visible par exemple sur The CW ou ABC Family), mais sans avoir à rougir du résultat final.
Si ce n'était pour quelques acteurs franchement médiocres (essentiellement dans des rôles secondaires, genre les parents), l'épisode pourrait même faire illusion la majeure partie du temps.

Ce n'est d'ailleurs pas très étonnant. Derrière Hollywood Heights, il y a un véritable savoir-faire : la série est co-produite par Televisa (qui abritait la série d'origine), et des habitués du soaps à l'américaine sont aux commandes de la série : Jill Farren Phelps (dont la carrière recouvre près de 30 années d'expérience dans divers soaps de Santa Barbara à General Hospital, en passant par One Life to Live), titulaire de pas moins de 6 Emmy Awards, est présente en tant que productrice, et Josh Griffith comme head writer (outre la co-création de perles comme Sunset Beach, il peut justifier de 25 ans d'expérience dans diverses équipes de soaps). Plus intéressant encore, on trouve également à la co-production Hisham Abed, qui a travaillé sur de la télé réalité comme The Hills et son spin-off The City.
Ce mélange est une excellente idée, puisque cela permet de ne pas perdre de vue tant le format d'origine que le public de destination, a priori peu habitué aux telenovelas. A ce titre, la quête d'un produit plutôt actuel, sans trop vouloir faire djeunz, mais ne trahissant pas les recettes du succès qui ont présidé au choix du format telenovela, est palpable en permanence pendant l'épisode.

L'histoire est plutôt classique, et en l'occurrence la production a vraiment mis toutes les chances de son côté, sur le fond comme la forme : ici non seulement le format telenovela a été conservé, mais l'aspect musical a aussi été incorporé à l'intrigue qui, comme beaucoup avant elle (et pour cause !), semble plutôt être la réalisation d'un fantasme d'adolescente qu'un scénario à proprement parler. On me dirait que c'est adapté d'une fanfiction écrite par une ado en fleur de 14 ans que ça ne m'arracherait pas le moindre soubresaut de sourcil.
La petite adolescente qui chante timidement dans son coin et est folle amoureuse du chanteur du moment va se retrouver à son concert et le rencontrer pour de vrai, tandis que fort opportunément la petite amie dudit chanteur est écartée lentement... Il y a assez peu de suspense. On n'est pas venus pour ça, en même temps.

Car quand on lance le pilote de Hollywood Heights, on sait pour quoi on signe. Il ne s'agit pas d'innover, c'est d'ailleurs rarement le cas en matière de télévision pour adolescents de toute manière, mais bien de trouver une nouvelle façon de raconter des histoires qui sont, de toute évidence, universelles. La marge de manoeuvre est offerte par le format et non l'histoire.
Ne reste plus qu'à voir si le public ciblé accrochera à l'idée de se rendre tous les jours à 21h devant son soap qui ne dit pas son nom trop fort.

Et puis, de façon plus générale, cela rend d'autant plus amusant à observer la prochaine transformation des séries pour ados, d'ici une demi-douzaine d'années, et par où elle va passer ! On vit une époque formidable, faite de métissage télévisuel constant... on n'est juste pas obligés de tout aimer, mais ça n'en est pas moins fascinant.

Posté par ladyteruki à 06:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

30-10-11

C'est LUI, le patron, voilà qui !

A chaque rentrée, les pilotes nous tombent par centaines dans les bras, ne demandant qu'à être regardés. De la plupart, je ne tire qu'un post, m'attardant sur la banalité de l'intrigue, le peu d'intérêt de ses personnages, l'indigence de ses dialogues ; ou, quand vraiment les choses se passent mal, je vous entretiens de l'abomination de tout ce qui le compose. Après quoi vous n'en entendez plus jamais parler, pas dans le coin en tous cas.
Il y a certaines séries qui s'en tirent mieux que d'autres : le pilote de celles-là m'a plu et je vous en reparle de bonne grâce, une fois, deux fois, parfois plus, à la tête du client, histoire d'enfoncer le clou et vous inciter, si vous ne l'aviez pas encore fait, à tenter la série à votre tour. Si on a de la chance, une saison plus tard, j'en fais un post To be continued... pour vous rappeler de vous y remettre pour une deuxième saison, des fois que vous ayiez oublié dans l'intervalle (bon, pas cette année, je déménageais au mois de septembre et j'ai été obligée de faire l'impasse sur ces posts qui me prennent plus de temps qu'il n'y parait).
Et puis parfois, vraiment rarement, il y a une série dont je n'arrive pas à vous parler facilement.

Ca n'a rien à voir avec Prime Suspect ou Charlie's Angels dont je me suis aperçue que j'avais oublié de vous parler (ça sent l'acte manqué). Je les ai évacuées très vite de mon système et n'y ai plus jamais repensé, sauf en faisant le point sur mon défi de la rentrée avec Scarlatiine (elle regarde tous les pilotes de la saison à condition que j'écrive un post sur chacun ; du coup vous allez pas y couper, ces deux pilotes vont inexorablement faire l'objet d'un post, j'aime remporter mes défis).
Ca a plutôt à voir avec le fait que d'une part, même à raison d'un post par jour, je n'arrive pas à écrire sur autant de choses que j'en regarde, et que d'autre part, j'ai été particulièrement occupée ces derniers jours (vous verrez bientôt par quoi).
Et puis surtout, pour bien parler de quelque chose qui vous a collé à votre siège, il faut du temps.

Je ne pouvais tout simplement pas balancer un post sur le pilote de Boss, comme ça, en rentrant du boulot, un soir, mine de rien, sur l'air de "ah tiens j'ai quoi de prévu aujourd'hui sur le blog ? Rien ? Oh bah je vais griffonner un truc vite fait sur Boss". Non.
Non, non, non et non, pas pour Boss. De la même façon que j'ai eu besoin de prendre le temps de parler de Homeland, j'ai attendu d'avoir un peu de temps pour Boss, avant de sortir son post de l'état de brouillon dans lequel il dormait depuis près de deux semaines. Ce qui implique que j'ai déjà vu le deuxième épisode quand je commence à vous en parler, mais tant pis. Au moins ça ne fait que confirmer mon sentiment initial vis-à-vis de la série.

Vous commencez, j'imagine, à comprendre l'ampleur de Boss pour moi en cette rentrée. Des bonnes séries, il y en a eu cet automne. Mais une baffe comme celle-là ? Même dans The Slap on n'en voit pas.

WhostheBoss
Alors pardonnez le langage, mais il faut que ça sorte, maintenant qu'on y est.
Putain mais quand ils ont vu le pilote, les exécutifs de Starz ont du avoir la trique de leur vie. Les mecs qui bougent pas de leur screening room pendant 20mn en attendant que ça passe, tellement ça a dû leur faire drôle de savoir qu'ils avaient payé pour un pilote de ce calibre et qu'ils allaient enfin entrer dans la cour des grands. Ah bah je vous le confirme les mecs, c'est autre chose que Spartacus !
Les Emmys vont être palpitants en 2012, il va y avori du monde pour s'attaquer au trône de Mad Men, parce que bordel, tu peux pas ignorer une série comme celle-là. Et rien que cette pensée a dû rallonger de 10mn le séjour dans la screening room des mecs de Starz, parce que ça doit faire un effet de malade de se dire que ça y est, on tient quelque chose de puissant.

Pour tout vous dire, si j'avais été un homme, il est probable que le visionnage du pilote de Boss m'aurait fait un effet similaire. J'ai fini le pilote sur les rotules, le souffle coupé, la tête bourdonnante. J'avais des trucs à faire, des mails plein la boîte de réception, des chats criant famine, mais j'étais incapable de me lever à la fin de l'épisode et reprendre ma vie comme si de rien n'était. Il m'a fallu quelques minutes, moi aussi, les doigts encastrés dans les accoudoirs de mon fauteuil, pour accuser le coup. Des pilotes qui font cet effet-là, on n'en voit pas tous les ans. Même pas une fois tous les deux ans.
Je ne reviens pas sur ce que j'ai dit, j'ai eu des coups de coeur en cette rentrée et j'aime toujours autant Homeland, Suburgatory par exemple, et quelques autres, chacun dans sa catégorie. Mais là, quand même, on parle du niveau au-dessus quand même, de l'orgasme téléphagique pur, de ce petit truc qui se libère dans votre cerveau et innonde votre cortex quand vous avez été bluffé et que vous vous avouez vaincu. Sur ce pilote-là, il sera impossible de dire du mal. La perspective-même de se montrer critique est irréaliste.

Mais je le reconnais, il y a un facteur supplémentaire par rapport à Homeland, pour rester sur notre exemple : l'effet de surprise. Homeland ne pouvait pas vraiment être mauvais une fois qu'on avait vu ce que le pilote de Hatufim faisait de son sujet ; il y avait des risques dûs à l'adaptation, des risques dûs aux axes et personnages nouveaux, et bien-sûr la grande inconnue des acteurs qui peuvent parfois tout changer ; c'est sûr, mais globalement on va être clairs, Homeland était obligé d'être au moins convaincant, peut-être même bon, d'office, d'emblée, sans même l'avoir vu c'était évident.
Dans ma liste des séries que je n'attendais pas spécialement, par contre, celle que j'attendais encore moins que les autres, c'était Boss. Kelsey Grammer, que j'ai en h.o.r.r.e.u.r depuis que j'ai posé les yeux sur Frasier ? L'insupportable Connie Nielsen ? Une ancienne de Beverly Hills ? Et deux acteurs ayant été liés de plus ou moins près à The Playboy Club ? Jamais je n'aurais parié un rond sur cette série... même avec ce pitch engageant (et pourtant j'ai une grand affection pour Troy Garrity).
Mais le sucker punch géant, quoi. Pas vu arriver, celui-là, vraiment pas.

Parce qu'au final, ces gens-là en qui je ne croyais pas nous offrent, tous, sans exception, une performance incroyable. Et par-dessus le marché, comme si ça ne suffisait pas, Boss est, certainement, en fait ça ne souffre pas la discussion, le drama le mieux réalisé de la saison, et de loin. C'est un point sur l'horizon pour les autres séries de l'automne.
Je sais pas comment vous dire. C'est juste immense.

C'est brillant, mais pas juste parce qu'il s'agit de politique et qu'une série sur la politique ne peut pas se permettre de ne pas être intelligente (c'est la même règle que celle qui s'applique aux séries légales). C'est brillant parce que rarement une série aura aussi bien dépeint l'humanité de ses personnages, mais une humanité si incroyablement camoufflée qu'elle s'offre à la fois avec une grande indécence et une grande sobriété. Chaque personnage est magnifique, et participe à un puzzle qui va bien au-delà de la simple série politique. Là où il a fallu toute une saison à A la Maison Blanche pour mettre en balance ses objectifs intellectuels et la dramatisation de ses personnages (merci Rosslyn), Boss vous fait ça avec brio en moins d'une heure et sans jamais perdre son équilibre. Et pendant l'heure suivante, on découvre qu'on n'en savait pas autant sur eux qu'on ne le pensait. C'est immense ce qui se passe avec l'écriture des personnages de Boss.

Avant d'être une série sur la politique, Boss est donc avant tout une série sur le rapport que les personnages ont à la politique, comment elle les abime, comment elle les transforme, comment elle les tient. Le couple du maire et son épouse offre un ballet macabre de deux personnes que le pouvoir politique a altérés quasiment jusque dans leur ADN. Leur entourage direct n'est que dissimulation, frustration, docilité feinte. La seule personne qui pourrait être "vraie" dans leur vie en a été éjectée avec la plus grande des violences.
Les intrigues strictement politiques sont d'un cynisme sans commune mesure. Que ce soit le gouverneur ou son opposant, le maire tire les ficelles depuis son bureau avec un plaisir à peine déguisé, mais avec une intelligence aigue et un sens de l'anticipation terrifiant. La partie d'échecs est comme jouée d'avance, et c'est ce qui fait que la maladie du maire arrive si fort à propos.
Cette maladie justement est dépeinte avec le même génie que, dans Homeland, peut l'être l'état psychiatrique de Carrie. Boss est prêt à accompagner le malade à tous les stades et s'attarde sur les manifestations pour le moment éparses de son état, pour l'instant si bégnines, encore si invisibles à l'oeil de ceux qui ne sont pas dans la confidence.
Enfin, pour toutes les séries sur la politique où les journalistes étaient asservis au pouvoir, pour toutes les séries où les journalistes étaient dépeints comme des pantins sans cervelle, Boss réclame vengeance. L'investigation du journaliste n'est pas celle de quelqu'un qui cherche juste le scoop, elle est animée d'idéaux sur la profession qui remettent les choses en place, mais qui restent réalistes.

Il n'y a rien dans Boss qui ne soit autre chose que la perfection incarnée pour un drama. La nuit, dans leurs rêves les plus fous, les showrunners rêvent qu'ils font aussi bien. Pas étonnant que chez Starz ont ait commandé une deuxième saison alors que la première n'avait même pas commencé.
Un tel bijou nous rembourse de chacune des minutes insupportables passées devant Whitney, The Secret Circle, ou Revenge. A la limite ça valait presque le coup de se cogner des épisodes pareils si c'était pour pouvoir mieux apprécier ceux de Boss.

Et vous savez le pire ? Pile quand je pensais avoir repris le contrôle, j'ai vu le deuxième épisode, et je me suis repris une mornifle. C'est qui le patron ? Je vais vous le dire, moi, qui c'est le patron, cette saison.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.
A ne pas confondre, évidemment, avec le dorama du même nom.

Posté par ladyteruki à 20:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-04-11

Touche pas à ma curiosité

"Oh non, elle va ENCORE râler..."
Bah oui mais c'est pas pour rien si une rubrique Point Unpleasant existe. Il y a du matériel pour râler sur le traitement des séries en France. Mais cette fois-ci, ma diatribe ne s'adressera pas aux diffuseurs, aux distributeurs ou... non, mon post bileux portera d'abord et avant tout sur l'information téléphagique.

Il y a quelques jours, je vous entretenais de ma frustration suite à la découverte de l'existence du pilote de Let's stay together, dont personne n'avait eu l'idée de faire une review à ma connaissance, rapport entre autres au fait que peu de monde a pensé à mentionner que la série allait être diffusée. Cette frustration s'étend en fait bien plus loin.

On ne peut pas attendre des sites d'information généralistes qu'ils se diversifient et entrent dans le détail de TOUTES les séries diffusées par quelque moyen que ce soit. Mais il pourrait quand même y avoir un effort, ne serait-ce que par des sites indépendants.

Par exemple, où est le site d'information pour nous parler des webséries ? Je vous jure que je l’ai cherché, mais j’espère que l’un d’entre vous en commentaires viendra m’expliquer que je n’ai pas assez bien cherché (et me filera un lien).
Des webséries, on aura du mal à faire le tour, parce que quand une websérie apparait sur le net, elle peut parfois rester cachée aux yeux du grand public pendant pas mal de temps, voire rester absolument confidentielle. Certes. Cela étant, je veux bien qu’on me donne la raison pour laquelle personne n'a mentionné le projet de websérie de Felicia Day, Dragon Age, ou le fait que Kiefer Sutherland est au générique d'une websérie, The Confession, ou encore que Riese, à l'origine une websérie steampunk au parcours similaire à celui de Sanctuary, va prochainement passer sur de nos écrans d’internet à celui des télévisions françaises via SyFy France. Là, franchement, je vois pas l'excuse (bon moi je vous en aurais bien parlé, pour Riese, mais la grève a fait que, déjà, j'ai surveillé d'un peu moins près l'actu, soyons sincères, et de l'autre, bah j'aurais pas posté même si je l'avais su le jour-même où l'info est sortie ; d'un autre côté pour une fois Allociné a dû en parler, vu qu'ils sont partenaires, mais ça c'est juste la gratitude du ventre, et pas une ligne éditoriale).
Bon, on ne parle pas de trois copains qui filment une websérie dans leur chambre d'étudiants et montent un site vite fait, ni d'une obscure production venue d'un pays dont personne n'a rien à taper, là, tout de même. On parle de projets soutenus par des gens connus et/ou des chaînes connues aux States et/ou au Canada. Qui pour parler de ça ? Je ne dis pas que SeriesLive, pour parler d'un site d'info que je connais bien, devrait s'y mettre. Ça ne nous tuerait pas d'essayer, c’est sûr, mais il faudrait certainement que ça parte d'une volonté et d'un effort de recrutement spécifiques ; la rédaction est déjà bien assez chargée sans cela. Mais pourquoi n'ai-je réussi à trouver aucun site d'information francophone sur le sujet ?

Sans aller aussi loin, pour être informé sur les séries britanniques aussi bien qu'on l'est (et pourtant, on l'a dit, ce n'est pas parfait) sur les séries américaines, il faut chercher.
Personnellement je tente de m'éduquer à la télévision britannique depuis quelques mois, comme vous le savez, mais pour dégoter mes infos en Français, c'est un peu la galère.

Et si je cherche mes infos en Français, alors que je n'ai pas du tout le problème de la barrière de la langue (du moins à l'écrit) c'est tout simplement parce que sur un site francophone, l'info est DIGEREE. En gros, si je me contente des comptes Twitter et des sites que je fréquente en tout bien tout honneur, je tombe sur une information destinée à des gens qui savent déjà de quoi il retourne, alors que sur un site francophone, le rédacteur fait souvent l'effort de la pédagogie. Ca passe par un rappel de la série dont on parle (qui l'a créée, sur quelle chaîne elle est diffusée, son sujet), de son histoire (diffusion, audiences), et des données permettant de prendre la mesure de l'information donnée. Certes, on arguera que Critictoo (encore eux) s'emploie à faire ponctuellement ce travail, bien que leur mission première ne soit pas l'information mais plutôt la critique. Mais ça fait un peu peu, quand même, et surtout la dominante y est encore clairement américaine.

Et encore, tout ce qui est américain n'est pas digne d'être mentionné. On parlait des séries "ciblées" avec Let's stay together, opportunément laissées de côté par la plupart des sites d'infos (et de reviews mais je vous refais pas le post, hein). Quid aussi des soaps ? Personne pour nous parler en France de l'actu des soaps, alors qu'ils sont pourtant diffusés sous nos latitudes. Comble de l'ironie, actuellement sur SeriesLive on parle plus de soaps britanniques, grâce aux bons soins de Clovis qui suit entre autres l'actu de Coronation Street, que d'américaines, alors que Coronation Street en France, je veux bien qu'on me dise sur quelle chaîne ; on fait avec ce que les rédacteurs peuvent faire, après tout. Mais vous comprenez, les soaps c'est dégradant, c'est idiot, c'est débile. Pourtant on s'aperçoit que, non, pas tous les soaps, on veut bien parler de soaps français (encore que sur Plus Belle la Vie, ça s’est quand même bien calmé), dans une certaine mesure mais bon, c'est Français, alors on fait un effort, surtout vu les audiences des primes, ça draine du lecteur, on veut bien faire un effort.
Je n'aime ni ne regarde rien de tout ça, et je ne suis pas chez moi aux bonnes heures de toute façon, donc même si je le voulais, bon, hein... mais force est de constater qu'on n'en parle pas au public téléphagique. Qui pourtant s’intéresse aux séries. Et qui, de vous à moi, quand il regarde déjà Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives, n’est pas totalement hors-cible non plus.
Pour les soaps, toutes considérations qualitatives mises à part, c'est pourtant intéressant de voir le nombre d'acteurs connus des téléphages qui y sont passés... ou retournés. Des acteurs qui sont souvent très aimés, mais dont on a l’impression qu’ils sont subitement tombés de la surface du monde. Vous voulez des nouvelles de Vanessa Marcil (Beverly Hills, Las Vegas) ? Son retour dans General Hospital a été l'un des temps forts de l'année 2010 pour la série. Son imminent départ semble aussi s'annoncer comme un petit évènement, alors que son retour avait été apprécié par de nombreux fans. Qui va vous le dire ? Personne. Parce que les soaps, c'est trop débile, c’est dégradant de parler des soaps ; oh, il y a plein de monde pour les regarder (et pas toujours des ménagères de 50 ans !!!), mais en parler, ah non, là ya plus personne, on ne mange pas de ce pain-là nous, on est une publication respectable !

Cette tendance à parler de façon très sélective de sujets téléphagiques, orientant par la même occasion la perception du public, ça commence à m'user.

Bon, je sais pas pour vous, mais en gros, même si on a parfois l'impression que la passion pour les séries est un microcosme, on reste quand même dans une information très mainstream.

Certes, sitôt que les épuisants délais de codage chez SeriesLive seront résolus (puisque les choses avancent, enfin !), on y retrouvera enfin l'actualité des télévisions du monde, ce qui devrait nous permettre de voir un peu plus loin que le bout de notre nez actuel, mais enfin, personnellement moi, j'étouffe.
Plutôt que 712 faisant de l'information téléphagique eprenant tous les mêmes photos (piteuses) du tournage de Wonder Woman (2011), j'aimerais bien qu'il y en ait pour se découvrir des burnes, une fois de temps en temps, pour faire un effort et choisir un sujet un peu différent, une valeur ajoutée, un plus produit - n'importe lequel : les webséries, les séries britanniques, les soaps, les télénovelas, ou pourquoi pas les productions venues des DOM TOM, d’Afrique sub-saharienne, du Maghreb ? Ca vous regarde, les mecs ; chacun vient avec ce qu'il a, choisissez juste un truc sur lequel vous êtes pas plus con qu’un autre, et parlez-en.

Bon Dieu, c'est pas compliqué : PARLEZ-EN.

Je dis pas que vous aurez des millions de visiteurs qui n'attendaient que ça. Ce sont des niches. Mais on a besoin de ces niches. Ne le faites pas pour ceux qui savent de quoi vous parlez ; ceux-là ont déjà leurs canaux d'information. Faites-le pour ceux qui ne le savent pas encore. Si chacun prend un petit bout, on finira par proposer une vraie vision d'ensemble de la télévision, et traduire la véritable richesse de notre univers.
Ou alors on admet qu’on est des décérébrés qui se contentent de regarder ce qu’on leur donne sans chercher plus loin, et on arrête les frais. Personnellement, c'est pas ma conception du mot "passion".

Mouton

Posté par ladyteruki à 21:47 - Point Unpleasant - Permalien [#]

12-09-09

No-stalgie

Je me souviens assez bien ce que j'ai pensé du pilote de 90210 : j'y cherchais des références. Mais des références faciles à saisir parce que je n'avais pas suivi la série originale. En tous cas je m'attendais à ce qu'on joue uniquement avec ma mémoire. C'est un peu la même chose qui s'est passée devant Melrose Place, suivie des mêmes causes et des mêmes effets d'ailleurs.

Parce que si ces dernières années de télévision nous ont appris quelque chose, c'est que le revival est obligé de tirer sur la corde nostalgique et sentimentale du spectateur, là où le remake n'y est pas forcé (étant doté d'une plus grande liberté), mais quand même bien enclin. Bref en ce moment, la télévision joue sur nos souvenirs de téléphages, et tout le pari, c'est que nos souvenirs soient assez frais, précis et affectueux pour que le revival soit regardé autant que la série d'origine, et qu'un attachement vieux d'une, deux ou trois décennies rende le spectateur suffisamment patient pour excuser les balbutiements du début, et prenne le temps de s'attacher aux nouveaux personnages quand même.

C'est un sacré challenge parce que la majorité des spectateurs ne sont pas des téléphages, leur mémoire est moins remplie de souvenirs télévisuels qu'un amoureux des séries (logique mais bon à rappeler), et qu'en général le spectateur lambda aime aussi vite qu'il oublie. En ce qui me concerne, je n'étais qu'une apprentie téléphage lorsqu'étaient diffusées Beverly Hills et Melrose Place. Je me rappelle qu'au collège tout le monde adorait Brendon et Brenda, et moi je n'en avais rien à cirer, pour moitié parce que je ne pouvais pas regarder, et pour moitié parce que les rares fois où j'avais vu des épisodes, j'avais trouvé ça extrêmement indigent.

Et c'est du coup assez improbable que je m'attache aux revivals, que je leur donne une chance. Parce que moins que les autres encore, je n'ai une base d'affection pour la série dont le revival pourrait tirer partie.
Alors j'ai regardé le pilote, et ça a un peu glissé sur moi, je dois dire.

En dehors du jeu pathétiquement affligeant d'Ashlee Simpson, du couple cul-cul qui veut se marier, et du grain de beauté de l'étudiante en médecine, je n'ai en fait pas remarqué grand'chose qui sorte de l'ordinaire. D'ailleurs les personnages ne faisaient aucun mystère de leur manque de profondeur, comme avec fierté, puisqu'en quelques minutes tout le monde a déjà dévoilé sa part d'ombre et donné une idée de ses petits secrets, il ne reste rien à découvrir ou si peu. Tout réside dans les histoires de cœur, de cul, d'argent et d'alcool qui vont se mêler et s'entremêler jusqu'à ce que mort du cerveau s'en suive.

Mes reproches à Melrose Place, dans le fond, ne lui sont pas propres. C'est au contraire assez habituel que j'aie l'impression qu'on m'évide la matière grise avec une cuiller parisienne. Ce n'est pas propre à la série, ni à son ancêtre, ni au genre du revival CWien. Et en fait, j'ai même moins de reproches à adresser à Melrose Place que je n'en avais envers l'imbu de lui-même pilote de 90210.
Mais je ne suis clairement pas le bon public, il faut juste l'admettre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Melrose Place 2.0 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:28 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-07-09

[GAME] A lot of guessing to do

Le dernier jeu des génériques remonte à... pfffiulala, au moins. C'est d'autant plus dommage pour vous que dans l'intervalle, j'ai mis la main sur ma machine à ripper, que je domine presque totalement à présent (hélas pour Scarlatiine, seulement presque...) et donc que je peux fournir plein de génériques totalement introuvables par ailleurs. Tiens, d'ailleurs, vous savez quoi ? Moi je pars bosser dans quelques heures, et vous qui êtes probablement en vacances, vous allez trouver les 10 séries dont j'ai rippé le générique ces derniers jours. Oui, on va faire ça !
Et ensuite, comme d'hab, je vous uploade tout ce que vous aurez trouvé, qu'est-ce que vous dites de ça ?!

1- Une série méconnue de David E. Kelley > Snoops
2- Une série avec un agent secret et un super génie du mal > The War Next Door
3 - Une série où on voit les jeunes années de Lex Luthor et ses amis à Metropolis > Zoe, Duncan, Jack & Jane
4 - Une série où la famille a un nom très courant, mais pour une fois la fille ne s'appelle pas Rachel > La Famille Green
5 - Une série de Bochco avec une actrice de la série n°4 dedans > Total Security
6 - Une série avec des uniformes comme j'aime > Brooklyn South
7 - Une série qui présente de curieuse similitudes avec Berverly Hills > Grosse Pointe
8 - Une série avec Samantha Newly > Jesse
9 - Une série sur la mort, ou peut-être plutôt la vie > Leaving L.A.
10 - Une série qui aura toujours ma priorité même quand je suis bourrée> Rude Awakening

Vous verrez que dans la plupart de ces génériques se cachent d'ailleurs de nombreux visages que vous connaissez, c'est assez amusant de voir ça ! Mais ça se comprend puisque certaines de ces VHS ont dans les 10 ans... Ce qui est déjà un indice en soi.
Allez, tout ça c'est collector, donc si vous voulez faire le plein d'inédits, vous savez quoi faire : tout deviner dans les 24h qui viennent ! Vous avez déjà prouvé par le passé que vous étiez très capables, je ne m'inquiète pas pour vous.

Ah, je suis contente de pouvoir vous proposer tout ça !!!

Posté par ladyteruki à 23:24 - Games On - Permalien [#]

05-09-08

Go now, go !

Avaler 1L d'eau de javel.
Sauter du haut d'un pont.
Me pendre.
Me jeter devant un train, ou un bus. Mais surtout un train, parce que j'habite près de la gare et j'ai des nouvelles chaussures.
Me tirer une balle dans la tête.
Me fendre le crâne avec une hache.
Me perforer les veines du bras une à une.
Ce ne sont que quelques unes des mille façons de mourir qui m'ont faites fantasmer pendant l'épreuve 90210.

Et j'ai persisté jusqu'au milieu du second épisode, alors imaginez ma détresse.
En même temps, je me désintéressais déjà de Beverly Hills quand j'avais l'âge-cible, alors maintenant...

Je pourrais vous dire pourquoi je fais de l'urticaire chaque fois que je regarde ce genre de trucs (et ce, toujours en espérant, ô surprise, ne pas avoir envie de vomir, cette fois, juste cette fois), mais franchement, mon commentaire serait indubitablement le même que la dernière fois que j'ai parlé d'un teen show... les acteurs suffisamment vieux pour être de MA génération, les histoires de coucheries, de sorties... tous les trucs qui n'ont en fait pas de sens mais qu'on fourgue aux ados, et chaque saison, on fait leur jeu et on leur sort de nouvelles cochonneries dont ils peuvent se gaver comme une oie du Périgord, et ça me fatiiiiiiigue.
Alors disons simplement que je vous ai prévenus, que j'ai craché ma bile, et qu'on est quittes sur ce coup, ok ?
. . .
Vous avez une minute ? Je vais quand même développer, qu'on n'y revienne plus.

Sans déconner... même moi qui n'ai pas été fan de la série "originale", j'ai trouvé qu'on ne ressentait aucune nostalgie. Quoi, vous pensez vraiment que le simple fait de nous faire revenir Kelly a suffit ? Alors ok, c'est peut-être une actrice charmante, cette Jennie, bien plus que ne l'a jamais été Shanen qui OMG n'est pas gâtée par les années, mais franchement, en-dehors de ça et quelques mineurs petits clins d'oeil, ce n'est qu'un teen show comme les autres. Comprenez : aussi inintéressant que peut l'être son public en général.
C'est d'un triste de s'attarder sur la vie amoureuse de ces ados comme si rien d'autre n'existait. Il n'y a jamais d'autre enjeu. C'est juste moi, mon ex et mon futur copain, dans ces séries-là. Le reste n'est jamais que prétexte et ça ne fait frissonner personne.

Pourtant l'adolescence, ce pourrait être tellement plus que ça, à la télévision ! Pour beaucoup d'entre nous ça n'a pas ressemblé à ça, pas vrai ? C'était plus dense, plus compliqué ! Je ne me regardais pas le nombril en attendant qu'un garçon le découvre aussi (en plus j'aurais pas forcément su quoi faire ensuite), je me posais des questions sur mon avenir, la personne que j'allais devenir quand tout ça aurait arrêter de changer perpétuellement, chaque matin, j'essayais de comprendre les adultes autour de moi, je me construisais des passions, découvrais que le monde ne m'était pas offert et faisais des expériences intellectuelles, artistiques, émotionnelles, allant bien au-delà de la simple quête de petit copain ou de popularité. Et j'étais entourée d'ados qui vivaient la même chose et on ne me fera pas croire que c'est ça, être un adolescent !

Depuis Angela, 15 ans, quelqu'un peut-il me citer une série qui ait vraiment su retranscrire tout cela ? Parce que si elle existe, donnez-moi vite le titre, je veux la voir, tout de suite, ici, maintenant !!!

Donnez-moi de véritables crises avec les parents, des moments où l'on est encore le bébé de la famille, des moments où on est adulte dans les yeux des autres mais pas dans les nôtres, des instants de grâce et d'innocence, des moments perfides qui façonnent les prémices de notre carapace, des révélations sur le monde extérieur, des révélations sur notre monde intérieur, faites-moi vibrer de ce qu'a vraiment été l'adolescence !

Et ne nous laissez pas garder comme souvenir uniquement nos petites historiettes de coeur ! Oui, elles comptaient sur le moment, mais non, elles n'ont pas autant fait pour nous que tout le reste de ce que nous affrontions !

Alors voilà, oui, voilà précisément pourquoi je ne peux plus regarder les teen shows sans un goût acre dans la bouche, ce n'est pas vrai, nous n'étions pas ces êtres affadis et dénués d'intérêt qu'on nous montre, ces petits personnages vides entrant dans leur case gentillette de l'ado cherchant son premier amour (ou ce qui se passe dans les voitures devant la grille), nous étions tellement plus !
Et vous, ados d'aujourd'hui, de dix ans mes cadets, VOUS êtes plus. Alors exigez plus de vos séries ! Vous ne pensez pas que vous méritez d'être un peu mieux montrés à la télé ? Chais pas, moi, vous êtes censés être en période de rébellion, ça ne vous révulse pas qu'on vous réduise à ça ?

L'appel est lancé. Maintenant promis, je n'y reviens plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 90210 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:19 - Review vers le futur - Permalien [#]

22-08-08

J'ai déjà fait ce rêve étrange et pénétrant...

Ce matin, je me suis réveillée avec un générique en tête.
Ce qui m'intrigue le plus, ce n'est pas de me lever en ayant une chanson en boucle dans la boîte crânienne de bon matin, non, ça, ça m'arrive souvent. Mais ça m'arrive plus facilement avec des chansons qu'avec un simple générique. Et surtout, le plus épatant, c'est de savoir de quel générique il s'agit.

Il ne m'a pas fallu longtemps pour l'identifier, d'autant que les paroles du générique, c'est tout justement le titre de la série : Teen Angel (ça fait donc : Teen Angel, Teen Angel... woooOOOoooo ! Oui là j'ai un peu mal à la gorge donc ça s'entend pas bien, mais c'est à peu près à ça que ça ressemble).
Et là franchement, le choix de la série par mon subconscient me laisse circonspecte.

Je n'ai pas vu cette série depuis presque deux décennies ! Je me rappelle que ça passait le dimanche ; dans Disney Parade, ça se trouve, même. Je me rappelle de Jason Priestley (quelques années plus tard, ça m'a permis de me vanter déjà le connaître quand mes contemporaines se sont enflammées pour Beverly Hills), d'une cadillac de couleur pastel (ou ptet une mustang, et ptet pas en fait), et du générique. Et vaguement du pitch, bien entendu. En gros, mes souvenirs pour cette série sont à peu près aussi nets que, mettons, ceux sur Bomber X, autre série de mon enfance dont je n'ai conservé qu'un très lointain souvenir.
Et après cela, je n'ai plus jamais vu un épisode, aucun extrait video, je n'ai pas le générique audio à la maison (et pourtant c'est pas ça qui manque !), je n'y ai même pas songé depuis des années ! Rien du tout ! Je n'aimais pas plus que ça la série, je n'y suis pas restée nostalgiquement attachée.
RIEN.

Et pourtant, pas loin de vingt ans après, je me réveille avec le générique en tête.

La téléphagie est résolument une chose merveilleuse.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (vous vous doutez bien que la première chose que j'ai faite, c'est proposer une fiche à Eske mais elle n'a pas encore été publiée) : la fiche Teen Angel de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:31 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-01-07

Grosse Poisse

Peut-on réellement apprécier l'humour de Grosse Pointe sans :
- savoir que le créateur en est Darren Star
- savoir que ce dernier a travaillé sur Beverly Hills et Melrose Place
- avoir vu un seul épisode de l'une ou l'autre de ces deux séries ?
Bon, le verdict tendrait à être, selon mon homme : "plutôt oui mais sans plus". Avec un sourire qui signifie quelque chose comme : "une fois ça va, j'ai même franchement ri à deux reprises, mais passons à autre chose".

Dommage, car le pilote est sans doute un des meilleurs épisodes de tout le show. Mais quand dans la même semaine (et on n'est que mercredi matin) on a déjà tenté un Rude Awakening, les deux premiers épisodes d'Action!, et deux Firefly, n'est-on pas forcé de revoir à la hausse ses standards en termes d'humour ?
Bah quand même un peu, si.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grosse Pointe de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:59 - Contagion - Permalien [#]


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