ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-02-13

Moi j'aime pas le pessimisme

Le pessimisme, c'est nul.
Pourtant il faut bien reconnaître qu'on tombe tous dedans de temps à autres. Parfois je fais partie de ceux qui ont simplement parfois du mal à l'admettre (on l'a vu avec la mésaventure Suburgatory). Parfois je me dis au contraire que je suis pessimiste à l'extrême, et/ou sans raison. Les choses ne vont pas si mal, tant qu'on a de quoi regarder des pilotes tous les jours et succomber à un coup de coeur plusieurs fois par mois !

La perception qu'on a de "la saison" est souvent trompeuse ; la saison n'est pas nécessairement nulle juste parce que nous n'en profitons pas autant que nous l'aurions imaginé. Par vagues, depuis le début de la saison 2012-2013, j'ai eu de douloureux passages à vide et d'autres de véritable exaltation. C'est pourtant la même saison !
Il est vrai que la mid-season a été très clémente avec moi, entre The Americans, Monday Mornings, le retour de House of Lies et Smash... mais beaucoup des séries qui constituent mon planning hebdomadaire sont les mêmes qu'au début de la saison ; à l'automne déjà, je regardais Raising Hope, The Neighbors, et j'en passe. Il y a des fluctuations, c'est sûr (The Good Wife est une fois de plus mise en pause ; soyons honnêtes, c'est une série que je préfère regarder en m'enfilant les épisodes par poignées), mais dans le fond, peu de choses ont changé dans mon planning.
Et je ne parle que de la saison en cours de diffusion aux USA, parce que Black Mirror est toujours un délice (d'ailleurs, ma proposition tient toujours), et il y a de quoi faire au Japon. Sans compter que des nouveautés australiennes vont tomber à partir de demain, mais enfin, on n'y est pas, on reparle de tout ça à tête reposée, hein.

Simplement, pour une raison que j'ignore, il suffit d'une annulation (Partners), ou au contraire du visionnage d'un pilote insupportable (on a eu un rude mois de janvier, la preuve par l'exemple avec Banshee), et paf, tout d'un coup, on cède à la négativité.

"Elle est nulle, cette saison", s'exclame-t-on en donnant un coup de pied métaphorique dans notre planning téléphagique, le nez plissé et le regard mauvais. Bon, peut-être après tout... mais avons-nous vraiment une vue suffisamment large de la saison pour pouvoir le dire ? Non. whisper et moi avons un défi consistant à regarder tous les pilotes de la saison américaine (plus les britanniques, les canadiens, les australiens, les français... je lui ai épargné l'Asie, j'ai l'impression d'avoir bien fait !), et nous n'avons même pas une vue suffisamment large de la saison avec tout ça parce que, pour autant que je sache, il n'existe personne qui a regardé tous les pilotes de la saison, et moins encore tous les épisodes. Même pas un nolife comme Truc, là.

Alors du coup, on n'a pas le droit d'être négatifs tant qu'on n'a pas tout vu, voilà ce que je dis !!!

TheAmericans-Flag

...Mais pas ce que je fais.
Ce soir, me morfondant à l'idée qu'il n'y a aucun nouvel épisode de mes marottes du moment, j'ai regardé ce que j'avais à me mettre sous la dent, et j'ai murmuré : "pff, ya rien à regarder... elle est nulle cette saison". Tu parles.
Peut-être que nous avons besoin de penser parfois qu'il n'y a rien de bien à regarder. Ca doit être un réflexe psychologique pour éviter de devenir monomaniaques, je suppose (tout le monde n'est pas forcément pourvu de ce mécanisme cependant).

Pourquoi, en dépit de disques durs qui débordent, de DVD qui s'empilent et de plannings de ministre, trouvons-nous encore le moyen d'accabler cette maudite saison qui a pourtant fait de son mieux pour nous offrir des dizaines de pilotes ? En plus d'être téléphages, nous sommes ingrats. Voilà !

En attendant de retrouver l'inspiration, je vais donc ce soir répondre à une autre interrogation existentielle : peut-on qualifier de marathon le fait de se refaire l'intégrale des 3 épisodes de The Americans diffusés à ce jour ? En ce qui me concerne, j'ai décidé que oui. Comme quoi, elle est franchement chouette, cette saison...

Posté par ladyteruki à 20:14 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-01-13

Les années 90 ont appelé, elles veulent qu'on leur rende Banshee

En ce mois de janvier, pour le moment, l'Amérique ne nous a donné qu'assez peu de pilotes enthousiasmants. Attendez, je m'avance peut-être un peu, laissez-moi consulter les derniers posts mis en ligne... Legit, Second Generation Wayans ? Non, c'est bien ce que je disais.
Mais whisperintherain et moi-même n'allons pas nous laisser abattre (...pas vrai, whisper ?), et voici aujourd'hui une nouvelle review de pilote, vaillamment écrite en bravant le froid, la neige, et l'ennui.

Banshee

Comme dans les parages, on essaye de ne pas être sexiste, je ne vous dirai pas que Banshee est une série sévèrement burnée. Mais il ne fait nul doute qu'elle a été pensée comme ça, en tous cas. Le public de Cinemax n'étant apparemment pas d'une grande finesse, il fallait apparemment que quelqu'un, Alan Ball pour ne pas le citer, se dévoue pour leur traduire Justified ou même Longmire pour mal-comprenants.

Pas de méprise : Banshee n'est pas une odieuse merde. Au contraire, il y a deux-trois relatives bonnes idées, tout bien considéré. Mais clairement, l'innovation n'était pas dans son cahier des charges. Par contre, les charges de C4, si.

Tout commence avec la sortie de prison d'un mec qui ressemble à s'y méprendre à l'enfant illégitime de Chris Pine et Scott Speedman. Visiblement avare de ses mots, il fonce ni une ni deux dans le salon d'un... est-il supposé être un ami ? Est-il supposé être travesti ? Est-il supposé avoir du goût ? Ce n'est pas clair. Notre homme n'a en tous cas qu'une idée en tête : trouver une adresse, qu'apparemment l'autre essaye de lui cacher. Et bien que notre ami travesti de bon goût (ou pas, d'ailleurs, vu qu'il s'appelle Joe) tente de l'en décourager, c'est sans effet sur notre héros qui décide donc de prendre la route et rejoindre ladite adresse, qui, apprend-on, est celle d'une femme. Mais à peine se met-il en chemin qu'il est suivi par deux hommes étranges qui tentent de l'en décourager à leur tour, sauf que eux, c'est en lui tirant dessus. S'en suit une course-poursuite au centre-ville avec explosion de bus et tout le tralala. Heureusement, notre héros en réchappe et taille donc la route.
L'air de rien ça doit bien faire 10 minutes qu'on regarde Banshee, et on ne sait rien du personnage principal, surtout qu'il n'a ouvert la bouche que deux fois (le reste du temps, son visage est plus qu'impassible, et il s'exprime en martyrisant du matériel informatique ou en volant une moto). Si quelqu'un a dit son nom à voix haute, je ne l'ai pas entendu. Et surtout, on n'a pas la moindre idée sur la personne qu'il veut trouver, ni pourquoi, ni du coup pourquoi on veut l'en empêcher, ni même pour quoi il vient de faire de la prison.

Inutile de préciser qu'à ce stade, on comprend qu'on est là pour les explosions et les yeux fixes de Chris Speedman, et ça s'arrête là. Autant se faire une raison.

FAUX ! C'est quand Scott Pine arrive dans le bled paumé de Banshee en Pennsylvanie, en plein pays Amish, que les choses commencent à devenir intéressantes. Et pas que parce qu'on est en pays Amish (mais ça joue).
Après avoir tenté de retrouver la femme qu'il cherchait avec tant d'énergie au début du pilote, dont on comprend qu'il l'a aimée et qu'accessoirement il lui a laissé une petite fortune en diamants qu'ils ont volés ensemble (ah, c'est bien, ça répond à une question du pilote, déjà), sauf qu'elle ne les a pas et que, oh oui, il y a un détail aussi, elle s'est mariée pendant qu'il était en prison et a eu deux enfants.
Retour à la case départ, donc, pour notre ténébreux héros apathique, qui va donc noyer sa déception dans un bon whisky, comme un vrai homme. Mince, c'est vrai, on avait dit pas de sexisme. C'est dans le bar pouilleux du coin qu'il va rencontrer un vieux Afro-Américain, dont l'interprète ne doit son emploi qu'au fait que Morgan Freeman n'était pas tellement dans la bonne fourchette de prix de Cinemax.
C'est donc là que les choses se précisent car deux vilains méchants font irruption dans le troquet pour en racketter le patron, au nez et à la barbe de Scott Pineman et d'un autre client présent sur les lieux, le futur shérif de Banshee (mais il commence seulement lundi). S'en suit une nouvelle scène de baston où Chris Speedine se comporte en héros (même s'il le fait sans cligner une seule fois des yeux, parce qu'on lui a dit qu'il les avait beaux comme des pectoraux), et du coup, voilà notre brave type en train d'enterrer secrètement le cadavre du futur shérif... quand le téléphone du défunt sonne : c'est juste pour vérifier si tout va bien et s'il est prêt à prendre son poste ! Toujours sans ciller (c'était visiblement dans son contrat), notre ancien détenu va donc accepter d'endosser le rôle du shérif, prenant l'identité de Lucas Hood. OH MON DIEU CA Y EST IL A UN NOM ! Bon c'est pas le sien, mais ça aide quand même pour les reviews.

Grâce à ce léger mouvement de scénario qui prend un peu par surprise ceux qui piquaient du nez en pensant qu'il n'y aurait que des scènes d'action, Banshee sauve légèrement la face. Lucas Hood va donc devoir se faire passer pour un homme de loi, évidemment il prend ses fonctions dans la ville où vit son ex et les enfants que soi-disant elle a eu bien après qu'il ait été en prison (mais bien-sûr !) et où elle vit avec son mari, tout en mettant à profit ses compétences et connexions avec un monde pas très recommandable (dont Joe le tranvesti, qui a un collier qui envoie du bois, je vous laisse découvrir ça, mais qui surtout est capable de lui faire toutes sortes de faux-papiers pour qu'il devienne officiellement le vrai Lucas Hood). Tout cela en gardant à l'oeil le Tony Soprano local, un homme détestable qui s'appelle Proctor et qui tient en respect toute la ville de Banshee avec quelques hommes de main peu recommandables, tout en étant le plus affable possible avec chacun. La seule personne qui à ce stade connait le secret de Lucas Hood est ce bon vieux succédané de Morgan Freeman, qui ne va pas le trahir parce qu'il a aussi fait de la prison avant et qu'il comprend. Et par-dessus le marché, il est cherché par la mafia bulgare.
Si avec tout ça, Banshee vire au bête procedural, franchement, je plaque tout et je pars faire du fromage de chèvre dans le Larzac...! Forcément le Larzac.

Bon, clairement, Banshee n'a pas inventé l'eau chaude. J'aurais presque envie de dire qu'elle ressemble bigrement à une série des années 90, genre Le Rebelle, ce que tendent à confirmer les scènes de baston, l'épaisseur du personnage principal, et les choix esthétiques de Joe. Mais grâce à l'emprunt d'une fausse identité par son héros, les questions autour de son ex (qui, ah oui je vous ai pas dit, est mariée au procureur du coin ; joie) et potentiellement de sa marmaille, et les rapports avec Proctor, Banshee promet un peu plus qu'un format répétitif qui pue du script.

Pour être sincère, dans ce cocktail, finalement c'est Lucas Hood qui se retrouve être le plus ennuyeux de tout l'épisode ; il est creux, ne semble pas avoir de background si ce n'est qu'il sort de prison, n'exprime aucune forme d'émotion (c'est son ex, pourtant mariée et heureuse en ménage, qui pense encore à leurs étreintes passées ; ah oui parce qu'évidemment il y a quand même une scène vaguement sexy, il faut justifier d'être sur le câble), et si encore il avait de l'humour, ça passerait, mais comme "Lucas Hood" doit avoir prononcé un grand maximum de 200 mots dans tout le pilote, ça semble difficile à apprécier pour le moment. Je comprends bien que pour le viril public de Cinemax, il est supposé représenter le point d'entrée, le héros universel auquel on peut s'identifier (on est humble comme ça quand on regarde Cinemax !), et donc moins il a de caractéristiques trop particulières, mieux c'est. Mais même un personnage universel et passe-partout peut avoir, vous savez, ce petit truc qui s'appelle de la personnalité. Bon déjà il a des yeux clairs et de beaux pectoraux poilus, on peut pas tout avoir dans la vie.

Mais pour ceux de ma génération qui ont grandi devant les séries d'action pas trop compliquées qui envahissaient les écrans à une époque (et le public de Cinemax est pile dans la bonne tranche d'âge), nul doute que Banshee remplit parfaitement sa mission d'être pas trop prise de tête, pas trop intelligente, pas trop raffinée. Qu'importe le grain, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Il s'agit avant tout de passer une heure à gratter les co-... pardon, se gratter les attributs génitaux de votre choix, en regardant un truc qui bouge, qui fait du bruit, et avec un petit téton qui frétille ici et là éventuellement.

Cependant, de vous à moi, et cette dernière phrase est à prendre sur le ton de la confession, avec toute l'indulgence que ça implique... je commence un peu à me demander si Alan Ball n'a pas sous-traité l'écriture de Six Feet Under.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 19:41 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-10-12

Sex & the psy

Si aujourd'hui est devenu (relativement) aisé de parler de séries canadiennes entre téléphages, y compris si elles sont issues du câble, il y a encore quelques années, c'était encore beaucoup plus difficile. En 2004 seulement, apparaissait Show me yours, une petite dramédie qui a duré deux saisons sur Showcase. Et jusque là, vous n'en aviez encore jamais entendu parler.
Moi non plus, à vrai dire ; mais quand j'ai commandé mon DVD de Hounds il y a quelques semaines sur un site néo-zélandais (Mighty Ape, dont je vous ai déjà parlé), j'ai remarqué que le prix de l'intégrale en DVD de Show me yours valait une misère. Alors, frais de port pour frais de port... autant se payer deux saisons d'une série que je n'avais que peu de chances de voir autrement.

Evidemment, c'est le visionnage de Hounds qui a eu ma priorité, mais j'ai fini par glisser un oeil sur mon "investissement" tout de même.

ShowMeYours

D'entrée de jeu, il est clair que Show me yours est une série appartenant à la famille des séries de Cinemax, en particulier celles de Max After Dark (vu qu'il est encore difficile de savoir avec précision ce qu'il faudra attendre de Banshee ou Sandbox, et qu'on sera fixés dans quelques jours pour Hunted). Q quand je dis qu'elle est de la même famille, ce n'est certainement pas une parenté officielle (Cinemax est une chaîne US), mais clairement, tous les ingrédients y sont : un côté un peu sexy, écriture gauche, production value pas franchement impressionnant... Les acteurs sont d'ailleurs à l'avenant.
Bon, clairement, quand je vois des séries comme A Girl's Guide to Depravity, Chemistry ou Zane's Sex Chronicles, ma première pensée n'est pas exactement de me retrouver avec un DVD de l'intégrale pour pouvoir le regarder encore et encore et encore. Ce sont les dangers de l'achat à l'aveugle, ma foi.
Pour autant, dans le genre "petite dramédie sexy", Show me yours n'est pas la pire (la palme revient à Chemistry en ce qui me concerne). Mais vous allez voir que même dans cette catégorie peu exigeante, elle n'est pas la meilleure.

L'histoire est celle de Kate, une séduisante jeune femme (évidemment) qui est aussi thérapeute. Tout va pour le mieux dans sa vie : elle travaille sur un bouquin, a un épatant petit ami, bref, tout roule. Lorsqu'elle rencontre à un mariage un type du nom de Benjamin, un biologiste un rien arrogant, elle pense au départ qu'elle le déteste, mais force est de constater, quand il lui vole un baiser, qu'elle est en réalité attirée par lui. Par-dessus le marché, l'éditrice de Kate trouve absolument génial (et vendeur !) l'idée que tous les deux puissent écrire ensemble un livre de sexologie ; comme ils ont des points de vue radicalement différents sur la question, par déformation professionnelle ET par tempérament personnel, forcément, leurs deux avis sur une même chose peuvent provoquer des débats intéressants...
Voilà pour le pilote.
Enfin pas tout-à-fait, puisque ce premier épisode ne se contente pas de discuter. Rapport au fait que c'est quand même une série de softcore, pas une thèse universitaire !

Pour leur première séance "d'écriture" (qu'ils disent), Kate et Ben vont commencer à évoquer des anecdotes sexuelles... celle de Ben ressemble à un cliché tout droit issu d'un roman Harlequin, avec torse luisant, décor exotique et tout le toutim. Ce qui n'a pour effet que d'encore plus émoustiller notre héroïne...
Or, le problème de Kate, méchamment attirée par Ben et son attitude si insolente, c'est évidemment qu'elle est déjà en couple. Mais au-delà de l'aspect soapesque, ce qui l'ennuie au moins autant, c'est d'admettre qu'elle est attirée par un type qui est tout le contraire de ce qu'elle prône en matière de sexualité ; en cela, le conflit qui est supposé agiter le personnage acquiert une petite dimension secondaire vaguement plus intéressante que la simple envie de batifoler avec un insupportable beau gosse. On n'est clairement pas dans le triangle amoureux. Mais ce dilemme a aussi des conséquences très négatives...

Car le plus gênant dans Show me yours, ce n'est pas vraiment que Kate va passer son temps à parler fantasmes avec Ben en dépit du fait qu'elle ne s'autorise pas à concrétiser.
Ce jeu autour du désir n'est finalement pas si mal, et fonctionne bien mieux, dans le contexte d'une série vaguement érotique, qu'un classique vont-ils-ne-vont-ils-pas, en cela que le spectateur n'est pas le seul à se demander si ça va se faire : les héros aussi (Ben n'est pas là juste pour l'amour de la littérature, hein, il veut aussi se faire Kate). Le suspense n'est pas vraiment à son comble, car la série n'est pas écrite pour qu'on en fasse l'objet de notre attention, mais dans la façon de s'observer, se quereller, et se fantasmer l'un l'autre, leur chassé-croisé à du sens.
Non, le vrai truc qui me chatouille dans ce pilote, c'est que Kate est une gentille femme qui a un gentil métier, un gentil petit ami, un gentil tempérament, de gentilles convictions... et que franchement, le personnage est un cliché ambulant de la faible femme qui pense que le sexe doit être une chose jolie et douce et pure et pleine de sentiments avec un type qui a une "situation" et qu'on peut présenter aux copines.
Oh, eh. Va pas me faire croire qu'avec les litres qu'elle dépense à baver (mais oui baver, vous pensiez que j'allais dire quoi ?) sur la perspective de se taper Ben, Kate est une pauvre innocente ! A d'autres. Pourtant c'est bien le portrait qui en est fait : Kate est une pauvre femme qui met les sentiments, la tendresse et la bien-pensance (osons le dire) avant le désir et la passion. Un cliché ambulant, vous dis-je. Qui ne va pas se dire qu'elle n'a qu'à coucher avec Ben si ça lui chante, qu'elle ne va pas non plus se séparer de son prince charmant parfait (bien qu'un peu transparent) pour lequel elle ne ressent pas vraiment d'excitation, non, elle va juste préférer la frustration au nom d'un principe dont elle est convaincue pour on ne sait quelle raison : c'est pas bien.
Du coup, en faisant une série clairement orientée vers les femmes (ça papote beaucoup moins quand on crée une fiction érotique pour les hommes...), Show me yours trouve le moyen de se montrer assez réductrice en matière de plaisir féminin : le sexe, c'est bien d'y songer, mais pour le passage à l'acte, ouhlala, comme vous y allez, surtout pas avec qui on veut, hein, il faut rester des bonnes filles.

Et c'est finalement pas mieux pour Ben qui devient, un peu comme avec des vases communicants, le mec pas très recommandable voire un peu rustre, le type qui n'a qu'une idée derrière la tête et qui ne poursuit qu'un but.
On parle souvent des fictions sexistes dans lesquelles les femmes sont soit des putains, soit des madones ; eh bien de la même façon, c'est fou le nombre de séries à destination du public féminin qui classent les hommes soient dans la catégorie soit du parfait fiancé, soit du sale type forcément tordu (voir aussi ma review de la première saison de Girls). C'est au moins aussi réducteur, et le cliché est épuisant dans un sens comme dans l'autre.

Alors sur moi, en fin de compte, Show me yours n'a pas trop fonctionné. Entre l'érotisme cliché et les personnages qui le sont à peine moins, on ne peut pas dire qu'il y ait quelque chose à sauver.
A choisir, en matière d'énumération de fantasmes, Zane's Sex Chronicles sera, quelques années plus tard, plus honnête : on y explore ainsi des situations tout autant rocambolesques (dans le pilote, l'une des héroïnes imagine se faire prendre dans une laverie automatique, par exemple), mais sans que les femmes soient ainsi confinées dans un rôle rigide, celle de la nana qui n'a que son fantasme auquel songer, vu qu'elle ne peut concrétiser parce que ça ne se fait pas ; les héroïnes de Zane's Sex Chronicles passent à l'acte (qu'elles soient célibataires ou en couple). Kate est ici vissée dans une position d'impuissance ; les principes qui l'empêchent de concrétiser avec Ben sont de simples conventions : elle ne semble jamais vraiment éprise de son compagnon, elle n'est pas mariée à lui... en bref, elle a des options pour se sortir de cette situation, mais la série préfère jouer sur le principe qu'elle n'a pas le choix (grâce au gadget scénaristique de l'éditrice qui force leur coopération).

En tous cas dans le pilote. Ca se trouve, quelque part pendant les deux saisons, Show me yours permettra à Kate d'entrer plus activement dans le jeu de séduction, au lieu de se liquéfier devant le fruit interdit. On sait pas. Tout peut arriver. Sauf que je n'y crois qu'à moitié. Je soupçonne la série de reposer plutôt sur le concept de l'attraction perpétuellement rendue impossible sous un prétexte fallacieux. Et c'est dommage parce que, même sans pour autant coucher avec Ben, Kate pourrait participer à ce "concours de fantasmes" de façon un peu moins victimisante, et pourrait elle aussi essayer de faire saliver Ben avec des histoires croustillantes. Pour l'instant on en est loin.

Bon, ce n'étaient pas les euros les mieux dépensés de ma carrière de téléphage, c'est net. Vu que les scènes chaudes ne sont pas vraiment excitantes parce qu'elles sont stéréotypées et tout de même assez timorées, on ne peut pas dire que je me sois payée un DVD érotique qui va beaucoup servir pour les soirées d'hiver ! Je vous l'avoue, d'ailleurs : j'ai regardé ce pilote il y a une bonne dizaine de jours et je n'en parle que maitenenant (donc de mémoire), parce que franchement c'est pas l'enthousiasme qui m'étouffait.
Alors ok, je l'admets, sur ce coup j'ai pas eu le nez creux. Quand ça arrive, il faut le dire aussi. Cependant, si vous êtes moins regardant que moi, ça se trouve, ça vous plaira, hein... les dégoûts et les douleurs, ça ne se discute pas.

Posté par ladyteruki à 18:32 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

11-06-12

So long

Chose promise, chose due, j'ai donné une nouvelle chance à Longmire. Je passe rapidement sur la déception qui a suivi la découverte de l'absence d'un générique (sérieusement, quand sortira-t-on de cette mode ridicule ? Comment est-il possible que tant de producteurs n'aient toujours pas recouvré leurs esprits et réalisé ce que peut faire un bon générique pour une série médiocre ?), pour m'étendre sur les pistes que je surveillais en particulier à l'issue du pilote.

Longmire-Second

Déjà, l'entrée en matière digne du plus cliché des épisodes des Experts, c'était mal barré. La découverte d'un corps s'est fait avec encore moins d'élégance que dans le premier épisode. En fait on réalise vite que la quasi-totalité de l'épisode, en-dehors de 2 à 3mn maximum, est consacrée à l'enquête, ce qui a tendance à refroidir.
Ainsi non seulement l'exposition est finie et bien finie, mais les pistes montrées dans l'épisode inaugural sont copieusement ignorées.

La rivalité avec Connally, notamment, est mise à l'arrière-plan. C'est une grosse déception parce que non seulement ça permettait d'avoir une intrigue sortant du format procédural, mais en plus il était intéressant d'assister à cette campagne pseudo-politique dans un petit patelin perdu, loin des habituelles élections qu'on a déjà vues être racontées pendant de longs épisodes, voire de longues saisons. Longmire refuse nettement, dans ce nouvel épisode, d'avancer sur ce terrain, même si le trailer annonçant l'épisode suivant semble y faire légèrement plus référence. Ce qui est certain en tous cas, c'est qu'il est hors de question de traiter cet angle plus dramatique que policier de façon prioritaire. Le procedural l'emporte, et c'est un véritable inconvénient à mes yeux. On a bien trop soupé de séries de ce genre pour que j'accepte de m'en cogner une de plus, surtout si elle fait si peu d'effort.

L'amitié avec Henry est elle aussi largement mise de côté. C'était plus prévisible, par rapport. Cette amitié étant ancienne, et visiblement inébranlable, il n'y avait pas de raison pour qu'elle occupe le devant de la scène chaque semaine. Dans cet épisode, elle est majoritairement employée en tant qu'outil pour les investigations du Shériff Longmire, d'une part dans son enquête professionnelle, et d'autre part pour ses interrogations personnelles vis-à-vis des relations de sa fille. Clairement, Henry est plus un informateur qu'autre chose, un petit gadget scénaristique qui ne donne pas toujours les renseignements cherchés de façon litérale, mais qui permet à l'intrigue de progresser tout de même.
D'ailleurs on notera que les conflits avec la réserve indienne ont totalement été mis de côté cette fois-ci, au profit d'un passage par la communauté Amish (guère plus accueillante, avouons-le). Il faut croire que ce n'était qu'un prétexte et non un véritable axe de la série.

Tout n'est pas à jeter dans Longmire, cependant.
Déjà parce que la blessure de son héros se manifeste de façon plutôt intéressante, même si très rare dans ce second épisode qui n'en fera mention que sur la fin.
Et puis surtout, et d'une façon plus générale, je ne suis pas restée insensible à la façon dont le héros semble porter le deuil de ceux sur lesquels il enquête. La tristesse du personnage m'a semblé plus palpable, plus permanente que dans le pilote. Une attention soutenue est également accordée à la façon dont les différents protagonistes réagissent à l'annonce d'un décès. J'ai mentionné plus haut Les Experts, mais c'est quelque chose que ce procedural n'a à mes yeux jamais réussi à faire : maintenir une forme d'émotion au long des enquêtes. Parce que le personnage est lui-même brisé par son veuvage, il est plus attentif à ses choses-là et j'ai trouvé ces différentes scènes très réussies. La série n'a pas peur de prendre le temps de montrer cette part-là des enquêtes, et je trouve ce choix plutôt courageux. Il ne fait aucun doute que si je devais poursuivre Longmire, cet ingrédient serait l'élement majeur de ma persévérance.

Mais à l'heure actuelle, je ne suis pas trop sûre de continuer. J'ai beau être particulièrement réceptive à la façon dont Longmire s'attache à tirer une émotion véritable de ses affaires, les affaires elles-mêmes ne revêtent pas grand intérêt. Pire encore, Katee Sackhoff nous gratifie dans ce second épisode d'une très gratuite scène dans un club de strip tease (ah, tous mes lecteurs de sexe masculin viennent de lancer le cagoulage de l'épisode ; bon, ça aura au moins servi à ça...) qui n'apporte strictement rien à l'intrigue si ce n'est quelques regards lubriques de vieux spectateurs qui commençaient à roupiller devant l'enquête.

Au bout du compte, le véritable point fort de cet épisode, c'est que je regrette infiniment qu'aucun drama ne nous ait emmené en terre Amish durablement jusqu'à aujourd'hui. Je crois notamment que le rite de rumspringa (déjà mentionné ponctuellement dans plusieurs fictions, mais c'est la première fois que j'en mémorise le nom) ferait un bon sujet de mini-série. Et puis, si c'est possible pour les Mormons, ça devrait l'être aussi pour les Amish, non ? Je doute qu'il y ait grand'chose à attendre de Banshee étant donné son pitch sur le sujet, mais ce deuxième épisode de Longmire m'aura au moins permis d'attendre avec juste un degré d'impatience supplémentaire le lancement de la série d'Alan Ball... Ce qui, en soi, est déjà un exploit. On fait avec ce qu'on a.

Posté par ladyteruki à 22:44 - Review vers le futur - Permalien [#]

08-05-12

Culture lutte

Parmi les chaînes qu'il va falloir commencer à surveiller sérieusement aux Etats-Unis, il y a Cinemax. Jusque là, avec des séries comme Zane's Sex Chronicles (dont j'ai déjà eu l'heur de vous entretenir), on ne peut pas dire que les fictions originales de la chaîne faisaient rêver le téléphage exigeant, et pourtant, avec la saison 2 de Strike Back l'an dernier, la chaîne a commencé à vraiment passer aux choses sérieuses, mettant de nombreux projets en branle, dont la plupart portés sur l'action. Vu qu'Alan Ball va y établir ses quartiers avec la série Banshee, il n'y aura bientôt plus le choix : il va falloir nous habituer à parler de ce qui se passe sur Cinemax.
Ca va nous faire un gros changement parce que jusque là, on ne peut pas dire que les séries de Cinemax avaient été autre chose que du softcore porn. Je me rappelle encore de mon visionnage du pilote de Chemistry, cet été. Jeu des acteurs pitoyable, scénario sans queue ni tête (ou en tout cas trop peu de l'un et certainement pas assez de l'autre), réalisation au rabais... c'était piteux.
A côté de ça, The Girl's Guide to Depravity, dont je vais vous parler aujourd'hui, est plus aboutie.

Depravity

Toutes proportions gardées, évidemment. Mais en tous cas, vous pouvez oser confesser avoir regardé The Girl's Guide to Depravity en société téléphagique sans craindre la mise au pilori.

Le concept en est assez simple : inspiré d'un blog qui a lui-même donné lieu à un livre (je crois que c'est la loi maintenant, tout blog doit donner suite à une sortie papier, non ?), il s'agit d'expliquer aux jeunes femmes seules et fabuleuses (point d'exclamation) comment profiter de leurs années de célibat sans se prendre la tête, ou en tous cas le moins longtemps possible.

Sur le fond, je ne vais pas, hm, m'étendre : c'est un peu toujours la même chanson. Comment survivre à tous ces méchants garçons qui n'attendent que de nous briser le coeur ? En nous comportant comme des pestes avant même qu'ils n'aient eu le temps de nous approcher émotionnellement (vous vous doutez bien, parce que vous avez vu Samantha dans Sex & the City, que ça ne marche pas toujours pour autant).
Ce côté offensif (qui masque un état d'esprit sur la défensive) n'est pas franchement le modèle qu'on aimerait retrouver dans les séries sur les rapports entres les hommes et les femmes, mais bon, on n'est pas franchement là pour une leçon de "vivre ensemble" après tout. Et puis, la romance, Chemistry s'y est essayée, et sincèrement, par rapport, je préfère l'aggressivité passive de The Girl's Guide to Depravity.
On en revient un peu aux propos sous-entendus dans Single Ladies sur la nécessité de jouer de ses atouts pour parvenir à ses fins, y compris de façon purement vénale, même si les deux héroïnes de ne souhaitent pour l'instant rien d'autre que des boissons gratuites quand elles fréquentent un bar ; quand les nanas de Single Ladies visent non seulement le champagne haut de gamme mais aussi directement les breloques, les tenues de styliste, et même le manoir (eh oui, la série revient à la fin du mois, on va recommencer à en parler régulièrement dans ces colonnes).
En gros on n'aura rien appris sur le style de vie des party girls, ce qui est dommage dans l'absolu, mais soyons sincères, on n'attendait pas franchement de The Girl's Guide to Depravity qu'elle révolutionne le propos.

Si l'histoire de ce premier épisode n'a rien d'extraordinairement original, donc, et si l'on retrouve deux scènes de sexe relativement explicites (en tous cas plus que dans Sex & the City ; port de la comparaison obligatoire) qui permettent de ne pas oublier qu'on est sur Cinemax, The Girl's Guide to Depravity a au moins l'avantage d'avoir un sens du rythme plutôt soutenu. D'ailleurs la scène d'ouverture, qui en cumulant avec le générique nous offre presque 5 minutes d'exposition uniquement musicale, est plutôt réussie. Les dialogues se défendent ensuite plutôt bien, tant qu'on n'attend que de la comédie légère et pas de la répartie d'orfèvrerie.

Le problème essentiel de ce pilote réside principalement dans son choix de casting, en fait : les héroïnes débitent leur texte sans trop y croire, les hommes qu'elles rencontrent ne se passionnent guère plus qu'elles pour les échanges, et on a un peu l'impression que ce qui aurait pu donner du pétillant à notre affaire n'est en fait rien d'autre que de l'Alka-Seltzer ; on a évité le pire, mais c'est pas franchement la fête pour autant. Avec des actrices juste un peu plus motivées, The Girl's Guide to Depravity aurait déjà pu devenir sympathique, à défaut de transcendent (faut ptet pas trop en demander non plus). C'est là que le rendez-vous est véritablement manqué.

Avec tous les projets de Cinemax essentiellement tournés vers l'action et l'adrénaline, The Girl's Guide to Depravity pourrait pourtant faire partie des dernières de son genre sur la chaîne, puisqu'à l'heure actuelle, aucun projet pour la fameuse case sexy "Max After Dark" ne semble en développement pour prendre la relève. Ca donnerait presqu'envie d'aller se mettre devant les 13 épisodes de la série (le dernier sera diffusé vendredi 18 mai) pour assister à l'extinction des séries vaguement coquines de la chaîne. Mais si, vous savez... pour votre culture perso.

Posté par ladyteruki à 16:21 - Review vers le futur - Permalien [#]