ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

17-12-12

Effet papillon

Tandis que les abonnés de Canal+ se régaleront ce soir du final d'une série française qui n'a cessé de soutirer des jurons admiratifs à bien des critiques qu'on a connues plus mesurées. Il me fallait donc voir par moi-même cette série qui semblait faire l'unanimité !
whisperintherain, je n'en doute pas un instant, se chargera également de vous donner ses impressions sur le pilote, et à ce moment-là, la bannière au cas de ce post vous y conduira ; en attendant, souffrez que je vous dévoile ma review du premier épisodes des Revenants.

LesRevenants-Poster

On l'attend comme le Messie. Encore et encore et encore. Chaque fois qu'une série décente apparait à la télévision française, on parle de faire un pas en avant. Quand c'est une série qu'on peut qualifier de bonne, je peux ressentir l'euphorie générale jusque dans ma tanière solidement taillée dans une montagne d'a priori en anti-fiction française brute. Il y a quelques mois, j'avais réussi, pour la première fois, à me mettre au diapason de cette violente envie d'espoir, avec Ainsi Soient-Ils.
Mais ce n'est jamais assez. Ce n'est jamais la série que l'on attend. Ce n'est jamais le coup de poing que l'on voulait se prendre dans les gencives. Il y a toujours les petites choses qui ne vont pas, les acteurs plus laborieux que les autres, les lignes de dialogues un peu plus raides qu'il ne faudrait, le twist un peu plus simpliste qu'on ne le voudrait. Alors, une série française passe et on se tourne vers la suivante. Et pour moi qui ne me suis sérieusement mise à tester des séries françaises qu'en 2012 (c'était mon défi de l'année, pourrait-on dire), il y avait cette impression de se joindre au mouvement de téléphages-tournesols qui suivent la courbe du soleil mais finissent toujours par rebaisser la tête quand la nuit tombe ; il n'y a jamais assez de lumière, pour les téléphages exigeants, qui vienne des séries françaises. Le terme "fiction française" est autant porteur d'espoir, que de lourds sous-entendus sur l'incapacité de notre télévision à le concrétiser.

Cet automne, je trouvais qu'arte se débrouillait plutôt bien avec Ainsi Soient-Ils. Et puis j'ai vu le final de la saison 1 et j'avoue avoir eu un soupir désabusé : non, Ainsi Soient-Ils n'était pas la série française que j'attendais de voir un jour.
Allez, chère télévision française, jouons encore ! ...Peut-être que ce sera cette fois le cas des Revenants ?

En tous cas, au regard du pilote, il y a de fortes présomptions pour qu'enfin, on puisse dire qu'une série française est vraiment très, très, très solide, sans réprimer l'envie de faire venir un "mais" juste derrière. Les Revenants, c'est une série de genre qui fait tout ce que font les meilleures séries de genre : être un bon drama. Et ça, forcément, ça ne pouvait que me charmer.

Tout commence avec une scène glaciale, en ouverture du pilote, avec un car rempli d'adolescents, qui quitte la route. Plus tard, une jeune fille qui était à bord du bus réapparait ; elle remonte en toute hâte, à pieds, le chemin qui la conduit chez elle, ignorant qu'elle y est pleurée depuis 4 années.
C'est dés sa première séquence qu'il est clair que Les Revenants ne nous laissera aucune forme de répit. Les personnages auront beau respirer l'air pur des montagnes, l'épisode va intégralement exhaler une oppressante odeur d'ozone ; sous les néons qui palpitent, la tension est présente à chaque instant, une impression renforcée d'ailleurs par l'excellence du thème musical secondaire (qui relève à vrai dire assez souvent du bruitage, comme les respirations sifflantes et étouffées d'Oz savaient le faire). Alors que quelque chose semble aspirer l'énergie vitale de cette petite ville ordinaire, le spectateur retient instinctivement son souffle...

Comme l'annonce très clairement le panneau qui ouvre l'épisode avec le prénom de Camille (c'est notre fameuse "rescapée"), la série fait aussi le pari de ne pas tout-à-fait se la jouer ensemble show, et son pilote affiche des ambitions de semi-anthologie. Les Revenants sera l'histoire de plusieurs revenants, à n'en pas douter, c'est quand même dans le titre, et nous en effleurerons les vies (ou plutôt, les re-vies) au cours de cet épisode, mais de façon très fugace. Seule Camille fait vraiment l'objet des attentions scénaristiques.
Son cas est à la fois emblématique (une mort tragique, des parents endeuillés qui ne sont que joie à son retour, du moins passée la surprise) et, on le sent, exceptionnelle (le retour des autres personnages n'a rien du happy end). La storyline fonctionne donc parfaitement pour un épisode d'introduction, qui cherche à nous dresser les grandes lignes des interrogations suscitées par ces retours à la vie. Les aspects mythologiques, car il y en a (cette seule nouvelle devrait faire frémir de joie jusqu'au moins captivé d'entre vous par le pitch de la série), sont également caressés l'espace de quelques scènes-clés, mais volontairement limités.
Car ce que veut faire Les Revenants, ce n'est pas simplement vous pousser à vous demander comment ces anonymes reviennent à la vie, ni même pourquoi (ce qui suppose une réponse encore plus terrifiante, d'ailleurs). Evidemment, ces questions sont incontournables, ainsi que quelques autres, notamment en rapport avec Victor (si je fais des cauchemars à base de petit garçon de 8 ans, je saurai qui blâmer). Mais ce n'est pas vraiment ce sur quoi s'appuie majoritairement l'épisode.

A la façon de ce que faisait Babylon Fields (à propos de laquelle vous pouvez d'ailleurs vous rafraîchir la mémoire à l'aide des tags), le retour de ces personnes pose la question du temps qui passe, leurs proches ayant poursuivi leur vie, et pansé leurs blessures.

A cet égard, le cas de Camille, une fois de plus, est le plus parlant, puisque la jeune fille a une soeur jumelle qui n'était pas dans le bus ce jour-là, Lena, et qui a continué de grandir. La scène pendant laquelle les deux soeurs se croisent est terrible, et bien plus violente, en fait, que la plupart des images volontairement plus choquantes de cet épisode, et il y en a quelques unes. On ressent dés ce premier épisode, par procuration via les personnages qui ont survécu à leurs proches décédés, une sorte de culpabilité d'être en vie, une cassure non seulement venue du fait que l'autre est mort, mais aussi du fait que quand il revient, on ne l'a pas attendu ; on l'a trahi.
C'est évidemment une sensation très puissante, et elle imprègne les différentes storylines de ce pilote à différents degrés, tous rendant extrêmement palpable cette question du deuil qu'on voudrait continuer de porter, mais qu'on ne peut pas ; des douleurs qu'on voudrait nourrir, mais qui s'apaisent juste assez pour qu'on s'en veuille. Il y a les revenants, et il y a ceux vers lesquels ils sont revenus. Ce sont eux, les héros de ce pilote, à mes yeux (et puis en toute franchise, la plupart des revenants ne semblent pas avoir conscience de ce qui leur arrive).

La différence majeure avec Babylon Fields (outre l'ambiance beaucoup plus étouffante et, paradoxalement, réaliste), c'est que les circonstances de la mort de la plupart des chers disparus n'ont qu'assez peu d'importance (même si la fin de l'épisode a semé le doute dans mon esprit).
On sait comment Camille a trouvé la mort, puisque deux scènes, au début et à la fin du pilote, le montrent explicitement, en revanche on ne le sait pas pour la plupart des autres, et on ne se pose même pas la question. J'aime que cet aspect soit si peu intéressant pour les scénaristes à ce stade, même s'il ne fait pas grand doute dans mon esprit que, selon les cas, la question vaudra peut-être la peine d'être évoquée, comme dans l'histoire de Monsieur Costa.

Les prochains épisodes, à n'en pas douter, nous permettront d'avancer plus avant dans le mystère de ces retours, ainsi que sur l'identité et/ou la nature de Victor, qui se pose immédiatement comme un revenant à part. La plongée dans les eaux troubles du barrage voisin réserve également, c'est certain, bien des surprises. A ce stade, je n'ai l'impression qu'aucune réponse ne se pose comme une évidence, et cela me plaît, car c'est un sentiment rare.
Les épisodes nous permettront aussi, c'est une promesse et au vu du pilote, c'est celle qui a le plus de chances d'être la mieux tenue, de pénétrer l'intimité de chacun de ces revenants, y compris dans l'intrigue qui se crée vers la fin de l'épisode, et qui très franchement est, avec l'histoire de Camille, celle qui m'attire le plus d'un point de vue dramatique (là encore, une image choc bien saisie, d'ailleurs). Mais d'une façon générale, il est clair que ce sont ces éléments qui ont la préférence des scénaristes, ce qui me les rends immédiatement sympathiques, car il s'avère que c'est une préférence que je partage.

Mais je triche. J'essaye de vous dire que j'ai apprécié le pilote des Revenants, et qu'une fois arrivée à son terme, je me suis enfoncée dans mon fauteuil, je me suis gratté le menton, et je me suis dit : "alors, je l'ai aimé, ce pilote ? Il était bon ? Pour la suite, ça semble prometteur ?". Et ce n'est pas vrai. Ce n'est pas du tout comme ça que ça s'est passé.
J'ai su que j'allais aimer Les Revenants... quand j'ai vu les papillons. Quelqu'un qui a cette idée magnifique ne peut pas faire une mauvaise série, j'en suis convaincue. Le pilote l'a confirmé ensuite.

Maintenant excusez-moi, il faut que j'aille dans ma FNUC réserver le coffret DVD de ma nouvelle série française préférée, qui sort mercredi. Pardon, je me corrige : le coffret DVD de ma première série française préférée.

Alors c'est donc vrai. L'espoir fait vivre.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 20:12 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

30-12-11

Dodging the bullet

L'autre jour, je ne sais plus où je flânais précisément, mais il s'agissait en gros de la page IMDb d'une série qui n'avait finalement jamais été retenue. Dans les commentaires, quelqu'un posait LA question qui me hante depuis bien longtemps maintenant, à savoir : qu'advient-il du pilote de cette série une fois que le couperet est tombé, et un autre contributeur répondait... attention, les âmes sensibles vont avoir un choc : rien. L'épisode est détruit.
Faisons une pause pour que tout le monde reprenne possession de lui-même.
Moi-même ça m'a demandé quelques minutes, je ne vous le cache pas. J'ai été prise d'un vertige renversant en pensant à tous ces pilotes détruits, introuvables, à jamais disparus, inaccessibles. Du travail pour rien. Jamais de postérité. C'est d'une brutalité qui me donnerait quasiment envie de pleurer, et par quasiment je veux dire que c'est sûr et certain et que je ne refuse pas qu'on me passe un mouchoir, merci.

Dans ces colonnes, les pilotes de type "unsold" ont souvent eu droit à une jolie place, parce que, eh bien, j'aime les pilotes, j'aime les découvertes, et que je ressens un sentiment de perte même quand une série que je ne regardais qu'en dilettante est annulée au bout de 15 ans alors, bon, coeur brisé pour coeur brisé, autant tenter des séries qui n'auront jamais dépassé le stade du pilote. Ainsi, des séries ont été évoquées ici, et je vais les mentionner à nouveau pour que vous puissiez tirer partie des tags : Pretty Handsome, Faceless, Nikki & Nora, Babylon Fields, Prodigy... J'en oublie sans doute. Et j'aimerais pouvoir mettre The Miraculous Year dans cette liste (ah c'était ptet sur cette fiche IMDb que j'étais, tiens, puisqu'on en parle).
La plupart du temps, je regarde ces pilotes invendus parce que, bon, déjà c'est pas poli de refuser un pilote, vous connaissez ma ligne de conduite à ce sujet, ensuite parce que toute découverte est toujours bonne à prendre, qu'il y a toujours quelque chose d'intéressant à trouver dans un pilote et ce même (surtout ?) s'il n'y a pas eu suite, mais aussi parce qu'il faut quand même bien admettre que ça fait toujours plaisir de faire une belle prise, et les pilotes que nous ne sommes pas supposés voir, c'est un de ces trésors cachés qui font aussi du bien à l'ego du téléphage. Soyons honnêtes, hein, il y a une part de "moi je fais partie de la minorité qui a vu" qui fait plaisir ; je ne sais d'ailleurs pas pourquoi je me gâche ce plaisir en venant ensuite vous en faire des posts et vous inciter à regarder aussi, héhé...! Je ne suis sans doute pas assez élitiste à mon goût.

Enfin voilà, tout ça pour dire que le pilote de série non-commandée, c'est un plaisir sur lequel je ne crache pas, jamais. Aussi quelle n'était pas ma surprise de voir la "publicité" autour de 17th Precinct, y compris sur The Hollywood Reporter. La façon dont ce pilote a mystérieusement échappé à la destruction puis, encore plus mystérieusement, trouvé le chemin du streaming puis, mystérieusement toujours, été évoqué par des sites qui d'ordinaires sont suffisamment "sérieux" pour ne pas parler d'épisodes leakés à tous bouts de champs, ça m'a surprise. Je trouve ça intrigant. Comprenez que j'ai de sérieux soupçons quant à la finalité de cette étrange apparition sur internet, dans la joie et l'allégresse de tous, y compris ceux qui d'ordinaire font mine de ne pas avoir remarqué que des videos de ce genre se promènent sur internet. En un mot comme en cent, il me semble que, quelque part, quelqu'un vient de nous donner une opportunité. Petite, fragile, intangible, sans doute. Mais une opportunité. A nous d'être nombreux à nous en servir.

...Si toutefois cela en vaut la peine. On en vient donc à l'objet de mon post : que vaut le pilote de 17th Precinct ?

17thPrecinct
Si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous n'ignorez pas que j'ai pris les séries poulardières en grippe il y a plusieurs saisons maintenant. Depuis Les Experts, on a eu le temps de faire trois fois le tour de la question à cloche-pied. Chaque année on a droit à une, deux, trois séries policières procédurales où le héros est un enquêteur-pas-comme-les-autres-qui-a-une-faculté-particulière-pour-résoudre-les-enquêtes, ce qui fait que finalement, ils deviennent tous des enquêteurs comme les autres. On a parfois des pitches plus originaux, ponctuellement, et même de temps à autres des séries policières non-procédurales genre Southland, mais l'impression d'overdose est bel et bien présente et je ne pardonne plus rien depuis environ 5 ans dans le domaine.
Qui plus est, même si j'ai énormément apprécié Battlestar Galactica (je devrais me faire un marathon, tiens, ça me permettrait d'enfin voir la fin), je n'ai pas de tendresse particulière envers ses acteurs. Je suis contente quand je les vois, mais je ne les suis pas absolument. Idem pour Ron D. Moore que je n'en suis pas à considérer comme un Dieu vivant. David E. Kelley, là, d'accord, mais Moore...

Ce qu'il y a de bien quand on ne part pas avec un a priori positif, c'est que ça laisse plein de place aux bonnes surprises.

Le pilote de 17th Precinct commence pourtant assez mollement. Un crime, du sang, l'impression d'avoir mis les pieds dans un procedural comme tant d'autres. Arrivent alors nos deux enquêteurs (James Callis et Jamie Bamber), et la série s'amuse alors avec ses effets spéciaux. Un sourcil levé, l'autre froncé, on attend sans trop savoir sur quel pied danser comment cette histoire de magie ne va pas complètement tout gâcher. Il faut quand même voir que les mecs peuvent reconstituer le déroulement du crime dés les premières minutes du pilote, donc ça laisse circonspect dans un premier temps. La chose n'est pas facile à gérer, mais elle est brillante en réalité. Car quand arrive l'équivalent du coroner dans le monde de 17th Precinct, et que Tricia Helfer se la joue mi-Charmed, mi-Pushing Daisies (croisement contre nature s'il en est, pourtant), on découvre que la richesse de l'univers de cette série va justement lui permettre de respirer vis-à-vis des codes du procedural, tout en profitant de la popularité du genre.
Par-dessus le marché, outre les trois transfuges de Battlestar Galactica, on va retrouver Eamonn Walker (Oz !) dans la peau d'un commissaire de police doté d'un don de vision, Stockard Channing (évidemment restée dans les mémoires téléphagiques pour A la Maison Blanche) dans le rôle d'une vétérante qui va devoir prendre en charge une jeune recrue particulièrement prometteuse incarnée par Matt Long (The Deep End)... Le casting est précieux, les idées excellentes se succèdent. Elles parviennent à mêler à la fois des éléments conventionnels de la série policière telle qu'on en a bouffé ces dernières années, tout en apportant définitivement d'excellents twists. Mais attendez, n'allons pas trop vite. Il va se passer plusieurs minutes pendant lesquelles le pilote va lentement établir chaque personnage, sans trop en dire toutefois. C'est un passage un peu lassant car on va vite comprendre que l'intérêt de la série ne réside que très partiellement dans ses personnages.

C'est une fois tous ces personnages introduits que la bascule s'opère véritablement. On entre alors dans ce monde étrange grâce à l'instauration simple, rapide, mais nette, d'une véritable mythologie, tout en donnant l'opportunité à "l'enquête du jour", ainsi qu'à "l'enquête secondaire" (toutes deux des classiques de la structure d'une série procédurale), de dévoiler les étrangetés de l'univers de 17th Precinct. Les deux affaires utilisent, sans être trop tape-à-l'oeil, les propriétés de ce monde où toute chose est régie par la magie.
On comprend que le fonctionnement de la vie de chacun, au quotidien, est différente, à Excelsior (c'est le nom de la ville, ç'aurait donné un bien meilleur titre de série d'ailleurs). Il y a quelque chose d'assez mystique, d'ailleurs, dans la façon dont la magie est perçue à la fois comme utile et sacrée ; c'est presque animiste et cela se ressent sans être trop explicité, avec énormément de subtilité. Petit-à-petit, on commence à prendre la mesure des rouages de cet univers où la magie est à la fois quelque chose en quoi l'on croit, et que l'on utilise. Et on comprend que les valeurs de cette société s'en trouvent modifiées (comme l'indique les verdicts des procès montrés ou mentionnés dans l'épisode). Ce n'est pas juste une façon de dire, "ah ouais, pour changer on va faire de la magie", il y a réellement une sorte d'éco-système qui se construit pendant ce pilote.

Quand on pensait avoir plutôt bien pris ses repères dans l'univers de 17th Precinct, c'est là qu'on est frappé par un ultime retournement de situation, fou, incroyable, puissant, et terriblement cohérent avec ce que nous dit le pilote depuis ses premières images, pourtant. La mythologie, lentement mise en place par le truchement du personnage d'Eamonn Walker, commence à prendre un sens différent, déjà. On regarde Matt Long avec des étoiles dans les yeux (et pas uniquement en raison de la couleur de ses pupilles) et on attend de grandes choses de Stockard Channing.

Soudain, là, à cet instant, le souffle coupé, on se rappelle que 17th Precinct est un pilote "unsold".
Je ne nierai pas qu'il y a une part de frustration à l'issue du visionnage de ce pilote. Mais il y a une part de satisfaction intense à l'idée d'avoir vu un pilote plus que solide. Pas génial, mais carrément bon, quand même.

On ne m'ôtera pas de l'idée, pas avant un bon moment en tous cas (le temps me donnera tort, ou raison, ou tort), que la sortie de ce pilote, à un moment où plein de monde peut le voir, sur des sites de streaming où il pourrait être retiré et où il ne l'est pas, repris par des sites d'information sur le milieu de l'audiovisuel sans la moindre protestation des ayant-droit, a une raison d'être.
Peut-être que 17th Precinct a encore une chance d'éviter la mise à mort. Peut-être que nous pouvons nous aussi exercer un petit tour de magie. Peut-être que cette fois, nous avons ce pouvoir. Juste peut-être.
Pour certains pilotes "unsold", l'effort n'en vaut pas la peine. L'espoir n'a pas lieu d'être entretenu. Mais j'ai aimé le pilote de 17th Precinct et je ne pense pas être la seule. Et si vous le regardez, il ya de grandes chances pour que vous l'aimiez. Pour que vous en parliez. Pour que vous twittiez quelque chose à l'intention de @nbc. Pour que... Qui peut dire ? Un monde où la magie existe... ça en fait, des possibilités.

Et pour ceux qui... Eh bah non. Du coup.

Posté par ladyteruki à 19:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-04-09

By the rivers of Babylon

Vous pensiez que j'avais abandonné mon espoir de faire un post A vendre, joli, pas cher sur Amber Tamblyn ? Non, point du tout. C'est juste qu'il y a des gens qui sont tellement occupés qu'on a du mal à se taper toute leur filmographie tout en ayant une vie (et des DVD de Pushing Daisies) à côté.
Cela dit, en prévision de ce post qui arrivera tout de même (dussiez-vous attendre encore un peu pour cela), voici un petit pilote qui n'est pas sans rapport avec mes recherches sur l'actrice, puisque nous allons parler de Babylon Fields.

"Mais c'est pas une série, ça, Babylon Fields ! Je n'ai jamais rien vu de tel sur les grilles !" me rétorquerez-vous vertement. Soit, je ne nie pas qu'il n'y a jamais eu de diffusion de Babylon Fields à la télé américaine (ni, à ma connaissance, ailleurs). Mais à l'instar des jours où je vous parle de Nikki & Nora, Pretty Handsome et autres Faceless, aujourd'hui, comme tout pilotovore se doit de le faire lorsqu'il en a l'occasion, je vais parler d'une série qui n'existe que par son pilote.
Les faits datent pourtant d'il n'y a pas si longtemps, mais déjà qu'on a du mal à regarder absolument tout ce qui passe bel et bien à la télévision, alors si en plus il faut guetter les pilotes de séries qui ne verront jamais la lumière du jour (enfin, dans ce contexte, qui peut dire que la résurrection ne se produira pas, hein ?), on n'en a pas fini. Eh bien l'erreur est réparée, pour vous comme pour moi, puisqu'il s'agit d'un post La preuve par trois. 'Tain vous êtes gâtés en ce moment, c'est à peine croyable.

BabylonFields___1
Babylon Fields, c'est un pitch assez simple à comprendre, et qui de prime abord pourrait sembler assez bateau, limite série Z : des morts reviennent à la vie et réinvestissent les riantes ruelles d'un bled nommé Babylon (avec un nom pareil, tout déménagement est comme une perche tendue aux coups du sort ; pourquoi pas être un loup-garou et habiter une ville qui s'appellerait Wolf Lake tant qu'on y est ?). Là où on aurait pu tomber dans la fosse septique scénaristique (bref, là où on l'a pas joué comme Cavemen), heureusement, c'est qu'on a choisi d'en faire une série un peu plus dramatique qu'il n'y parait. Au lieu d'être des aspirateurs à matière grise aux membres pendouillants, les morts se contentent d'être normaux et de n'avoir aucune velléité particulière envers les habitants de la ville... si ce n'est reprendre leur vie où ils les avaient laissées. C'est déjà pas si mal.

BabylonFields___2
Il y a un, oh, tout petit, minuscule, mais néanmoins intéressant détail, c'est que de tous ces morts... l'un d'entre eux n'est pas revenu à la vie au cimetière. Nope. Lui, il n'a pas été enterré comme les autres. Mais il est de retour. Et c'est une intrigue dont on pressent qu'elle pourrait être intéressante (même si on comprend assez vite ce dont il retourne) qui permet à Amber Tamblyn et Kathy Baker de faire équipe dans de plutôt bonnes scènes : la mère et la fille se sont débarrassées du despote violent qui les tyrannisait à la maison, sans que personne ne le sache. Sauf que là, la vérité... refait surface. Heureusement pour elles, l'ex-défunt ne sait pas comment il est mort, mais la plaie béante à l'arrière de son crâne, et l'un de ses anciens amis (également de retour en ville) qui lui confie que tout le monde croyait qu'il avait foutu le camps, sont là pour lui donner ce qu'il faut de doutes pour qu'on comprenne que la mère et la fille n'ont pas tellement envie, a contrario de certains autres personnages, de fêter avec émotion leurs retrouvailles avec leur cher disparu.

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A ce titre, l'histoire de Martha est sans doute la plus touchante, et est celle qui permet de s'éloigner le plus possible des poncifs qu'ont d'ordinaire à nous offrir les histoires de zombies. Passée la première phase, assez compréhensible, faite de surprise et de frayeur, elle accueille chez elle son mari revenu d'entre les morts, parce que, dit-elle, c'est ce pour quoi elle a prié avec tant d'ardeur toutes ces années. C'est le genre de touches (avec quelques autres) qui permettent de comprendre que Babylon Fields n'aurait pas été juste une série où on tire au bazooka sur des zombies comme une brute (merci de se référer à la saga Resident Evil pour ça), et où ces personnages ne sont pas juste un facteur de peur, mais peuvent aussi permettre des choses assez élégantes autour du travail de deuil, de l'amour, et quelques autres thèmes plus sensibles qu'il n'y paraissait de prime abord en lisant le pitch. Parce qu'on sait tous qu'un zombie, c'est pas ce qu'il y a de plus sexy, donc on a un peu fait le tour de cet aspect-là du sujet alors ça fait plaisir de voir une fiction changer un peu de disque, pour une fois, et nous parler d'autre chose que simplement des mecs qu'on a du mal à dézinguer parce qu'ils sont déjà morts. A ce titre, le pilote est prometteur, même s'il n'évite pas un ou deux clichés au passage (mais c'était perfectible à n'en pas douter). Pis ptet qu'à un moment on va se demander aussi comment et/ou pourquoi ils sont revenus à la vie tous en même temps, ça peut être intéressant aussi.

Bref, Babylon Fields aurait pu être une bonne série, d'autant que le cast était équilibré entre valeurs sûres et nouvelles têtes, donc vous aussi, signez la pétition Babylon Fields... euh, ou pas. Mouais, ya que dans une série qu'on peut faire revenir les morts aussi facilement parmi nous.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche-projet Babylon Fields de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 12:33 - La preuve par trois - Permalien [#]


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