ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

19-10-12

Erreur d'aiguillage

On parlait hier des effets que peuvent avoir les premières images d'une série sur le spectateur... Il y a des séries, au premier coup d'oeil, on sait que ça n'ira pas. La musique, la façon d'exposer les personnages centraux... parfois il n'y a simplement pas débat. On peut dire ce qu'on veut sur le fait de laisser le temps à un pilote, et a fortiori à une série, de s'installer, certaines choses ne trompent pas, voilà tout.
Eh bien nous avons aujourd'hui un parfait exemple de ce problème. D'entrée de jeu, TOKYO Airport fait toute la démonstration de son inintérêt. La séquence d'ouverture de son pilote baigne dans une musique suave et totalement transparente, sa gentille héroïne au grand coeur (incarnée par Kyouko Fukada, dont la carlingue n'est clairement pas d'origine si on a vu au moins Kamisama, Mou Sukoshi Dake) qui prend sur elle d'aider un adorrrable petit garçon est fade au possible, et il est inimaginable de trouver un quelconque intérêt à continuer de la suivre.
Mais je me suis forcée. Et j'ai survécu pour en parler, alors laissez-moi vous avertir de ce qui vous attend si vous tentez TOKYO Airport...

TokyoAIRPORT-580

Il existe au Japon une sorte de sous-genre en matière de séries dramatiques, dans lesquelles une jeune recrue fait ses premiers pas dans une profession donnée. En Occident, on réserve généralement ça aux flics (avec toutes les variations que peuvent proposer des séries comme Rookie Blue ou plus récemment NYC 22) ; toutefois, il s'agit pour la plupart des séries qui font appel à l'arrivée d'un petit nouveau dans un service sous haute tension, et les exemples vont de Saint Elsewhere à Chicago Fire, d'utiliser ce personnage naïf comme porte d'entrée pour les spectateurs dans un monde qui peut leur paraitre difficile à appréhender sans cela ; le personnage de la jeune recrue est une façon de permettre une identification temporaire avant que l'ensemble show ne prenne toute sa force.
Mais au Japon, le mode "petit nouveau" ne se limite absolument pas à introduire un univers professionnel aux spectateurs, et surtout, il couvre absolument toutes les professions : professeur, hôtesse de l'air, avocat, futur chef, à peu près tout le bottin y est passé.
L'idée est de plutôt faire en sorte que le spectateur se prenne d'affection pour le personnage central, ou éventuellement le considère comme un avatar dans une simulation d'un monde professionnel donné, et qu'ensuite, il s'agisse de soutenir ce personnage : fais de ton mieux ! Tu peux le faire ! Tu vas arriver à t'imposer dans ce nouveau métier ! On envoie plein d'ondes positives au personnage en espérant que, croisons les doigts, d'ici le 12 ou 13e épisode de la série, il reçoive uniquement des compliments et/ou sauve son milieu professionnel de la catastrophe assurée. En chemin, il faudra s'attendre à ce que le personnage, anxieux, ne soit pas sûr de réussir à trouver sa place, qu'il se frotte à des collègues plus expérimentés qui ne le comprendront pas ou, pire, qui lui chercheront des noises, et à quelques altercations avec les supérieurs hiérarchiques, souvent conscients que le nouvel élément de leur équipe est capable, mais désireux d'être exigeants pour polir ce diamant brut et en faire un vaillant élément de la structure professionnelle qui l'accueille.

On pense ce qu'on veut de cette recette toute faite qui a pris tellement de place dans les séries nippones que c'est presque devenu un genre à part entière. Que c'est "trop" positif, par exemple, ou que cela manque d'originalité. Admettons. Mais ça fait chaud au coeur, et cela a bâti quelques carrières pour des gens comme Aya Ueto qui se sont fait une spécialité d'incarner ce genre de personnages avec charme, humour et coeur (d'ailleurs il m'est difficile, dans un post qui parle d'un aéroport, de ne pas penser à Attention Please). Ca se laisse regarder du moment qu'on sait où on met les pieds.

Le problème, c'est qu'on a affaire avec cette espèce de genre télévisuel à une série qui fait appel à l'affectif. Les coups d'angoisse sont à vivre aux côtés du héros, pas du reste de la planète : on est de son côté avant tout.
Et l'erreur de TOKYO Airport découle de là. Une série qui se situe dans une tour de contrôle, ça demande un peu plus d'adrénaline et de suspense qu'une série sur une nana qui n'est pas certaine de pouvoir devenir une hôtesse de l'air bien sous tous rapports. Clairement, si des avions sont supposés nous faire craindre une collision ou un crash, on sort du registre de l'affectif et on part dans quelque chose de différent. Mais en s'obstinant à rester presque constamment dans la tour de contrôle auprès de son héroïne qui se mord la lèvre inférieure ou écarquille les yeux pour suivre un avion du regard, clairement, on ne ressent aucun enjeu.
Si TOKYO Airport avait vraiment joué la carte de l'ensemble show, on pourrait, à la façon de ce que faisait LAX à certains moments, suivre un peu mieux la façon dont les différentes équipes de l'aéroport travaillent ensemble pour juguler une crise ou éviter une catastrophe. Ici, on reste bêtement plantés à côté de Kaori en espérant que ses patrons l'approuvent, alors que trois avions dansent un ballet de la mort sur la piste 34L. Ca ne fonctionne pas du tout !

TOKYO Airport tente ici d'utiliser des recettes en les appliquant à un milieu professionnel a priori inédit... sans se dire qu'il y avait peut-être une bonne raison à cela. Passer son temps entre les murs (et les vitres) de la tour de contrôle n'a aucune sorte d'intérêt. Et comme en plus on sait très bien que Kaori est capable de faire son nouveau métier (parce qu'évidemment, avant, elle était agent au sol, donc elle connait quand même bien le monde des aéroports), on s'ennuie ferme devant les échanges infiniment longs de commandes en engrish. C'est insupportable ! On est vraiment supposés regarder toute une saison comme ça, avec des agents qui disent dans leur micro à des capitaines généralement invisibles (ou vus de dos dans leur cockpit) sur quelle voie atterrir malgré la pluie ? Qui a eu cette idée pourrie ?!

J'ai vraiment de la peine à croire que j'ai tenu tout l'épisode. Vraiment, j'ai envoyer valdinguer des pilotes pour moins que ça. Faut croire que je me ramollis, je sais pas. En tous cas, si mon expérience peut servir de cautionary tale, profitez-en, et évitez avec la plus grande précaution TOKYO Airport. En plus, les sous-titres du premier épisode de Yuusha Yoshihiko to Akuryou no Kagi sont sortis, alors franchement, vous avez mieux à regarder dans la nouvelle saison nippone...

Posté par ladyteruki à 23:47 - Dorama Chick - Permalien [#]

26-09-11

PanAm sera toujours PanAm

PanAm

Il y a quelques jours, je vous disais que The Playboy Club n'était pas si mal et que, pourvu de mettre ses exigences d'excellence de côté, on pouvait passer un bon moment à apprécier son folklore et son ambiance rétro.
Je m'apprête aujourd'hui à vous dire que pour les exigences d'excellence, sans brader le folklore et l'ambiance rétro, PanAm a parfaitement réussi. Si je devais absolument choisir entre les deux (ce qui, Dieu merci, ne se produira pas), c'est PanAm qui l'emporterait haut la main.
Pourtant le pilote n'est pas exempt de défauts.

Musicalement, par exemple, c'était assez dérangeant d'avoir cette musique dramatisante dés qu'il se passe un truc pour souligner exagérément que ohlala elle va être en retard, ohlala c'est le premier vol, etc... Les chansons d'époque, même en surnombre, ça ne me dérange pas, mais la musique tirée d'un mélodrame, ça, ça m'obstrue vite les conduits auditifs. Ce serait pas mal que la prod se calme un peu de ce côté-là.
Plus vicieux : les flashbacks. Je suis obligée d'admettre qu'un épisode se déroulant intégralement dans le huis clos d'un appareil serait forcément un peu étouffant (ce procédé pourra être utilisé à l'occasion, par exemple quand, et non si, un épisode implique des turbulances inquiétantes ou un grave incident à bord ; je compte sur la prod de PanAm pour jouer avec cet outil au besoin), en revanche le principe du flashback est tellement usé ces dernières années qu'au deuxième, je poussais déjà des soupirs frustrés. Non qu'ils soient inutiles, au contraire, et pas que narrativement : ils permettent de très bien présenter les personnages, de souligner leur background mais aussi quelques unes des réalités du métier des personnages, et le passage à Rome comme celui à Cuba avaient tous les deux, par exemple, une bonne dynamique, bien que pour des raisons diamétralement opposées. Le problème c'est peut-être juste de trouver un équilibre pour ne pas nous noyer sous les flashbacks, mais cet équilibre ne devrait pas être trop difficile à trouver. De ce côté-là j'ai confiance.
Pour finir, ma relation d'amour-haine avec Christina Ricci connait un nouveau rebondissement : d'un côté j'étais contente de la retrouver au début de l'épisode, elle semblait être un personnage un peu électron libre, mais au fil de l'épisode, son jeu m'a semblé d'autant plus caricatural que son personnage s'affadissait. Ma chérie, je te rappelle que le nom en premier sur le générique qui n'existe pas encore, c'est le tien, essaye de mériter le statut de "nana la plus célèbre du cast" s'il-te-plait.

Maintenant qu'on a passé la partie la moins agréable, laissez-moi vous dire pourquoi j'ai un petit faible pour les chapeaux bleus plutôt que les oreilles de lapin (bien que je sois décidée à regarder les deux pour le moment).
PanAm réussit là où The Playboy Club n'a pas vraiment su installer ses intrigues complémentaires. Parce qu'à la base, on a le même principe : prendre un outil à former les femmes dans les années 60, à la fois pour les conformer à un fantasme de la société de consommation et pour leur permettre de prendre leur indépendance. Sauf qu'aucune des deux séries ne se contente de cela : la vie au sein de cette institution.
Il faut donc des intrigues à suspense pour faire revenir les spectateurs : The Playboy Club a choisi un meurtre, la mafia, des jalousies. Un choix correct, je le répète. Mais PanAm a fait mieux et a décidé de se tourner vers l'espionnage. Beaucoup moins cliché, surtout dans le contexte des "petites mains" : d'ordinaire, les espions à la télévision sont ceux qui font les opérations. Ici, on a droit à quelqu'un qui participe (ou pense participer ?) à des missions d'espionnage, mais qui ne fait pas de grande mission, de chose incroyable. C'est sans doute ce qu'il y a de plus fascinant dans l'espionnage et, qui plus est, ça s'inscrit incroyablement bien dans l'époque, avec la Guerre Froide, tandis que le thème de la mafia est commun à de nombreuses époques, et donc plus passe-partout.

Les intrigues personnelles des hôtesses (et de l'un des pilotes) sont assez peu originales pour le moment : celle qui a eu une aventure avec un homme marié, celle qui a pris son indépendance contre la volonté de sa famille (les hôtesses de l'air ne sont pas mieux considérées par leurs proches que si elles étaient des Bunnies), celle qui a une histoire avec un autre employé de PanAm... De ce côté-là, le match est nul même si PanAm parvient à fournir un peu plus de fond avec des intrigues tout aussi peu développées que The Playboy Club.
Le discours sur l'indépendance des femmes est plus significatif, plus explicite ici, grâce à l'intrigue de l'une des hôtesses, et parce que, tout simplement, un personnage leur rend hommage à la fin de l'épisode :

"They don't know that they're a new breed of women".

Je trouve très belle cette réplique qui nous invite à regarder des femmes être dans le rôle prévu pour elle par la société (elles peuvent être hôtesses de PanAm jusqu'à leur mariage OU leurs 32 ans, ce qui vient en premier), mais qui vont tout de même évoluer sous nos yeux en des femmes indépendantes et faire la révolution à leur façon. Peut-être un peu plus discrètement que des Bunnies, mais qui vont faire la révolution tout de même. Et qui ont déjà commencé. Mais qui ne le savent pas.
Alors bon, bien-sûr c'est plus facile d'admirer des femmes qui se libèrent sans porter une queue en peluche et des décolletés plongeants. Mais quand même, il est plaisant de voir combien ce thème est bien abordé dés le pilote.

Et puis, il y a le folklore. Le fantasme de l'hôtesse de l'air, d'une part, vivant chez bien des hommes mais aussi des femmes (pour les raisons énoncées plus haut). Et le fantasme PanAm. C'est l'incarnation de toute une partie de cette époque, une formidable façon de cultiver l'esprit d'entreprise des années 60, quand PanAm en était déjà à rêver d'emmener ses voyageurs sur la lune, de proposer le service le plus luxueux des airs, et d'entrainer des cohortes de jeunes gens à devenir l'élite de l'aéronautique. Cet aspect-là (qui rappellera aux spectateurs nipponophiles ce qu'on a pu observer dans Attention Please, suivez les tags pour en savoir plus) n'est pour le moment qu'à moitié développé mais la série a tout son temps pour revenir dessus, surtout si elle s'accroche à ses flashbacks ; je suis spécialement intéressée par la formation tant des hôtesses que des pilotes, et j'espère qu'on en saura plus via au moins un personnage. Personnellement je connais moins le mythe de PanAm que je ne connais celui de Playboy, mais le peu que j'en sais rend les choses excitantes de ce point de vue quand même, tant il est évident que ces jeunes gens sortent d'un moule à façonner l'excellence dont il me tarde de connaître les moindres détails, fussent-ils mieux connus du spectateur américain, forcément plus au fait de la légende.

Donc oui, le pilote de PanAm est une réussite, sans conteste. L'épisode ne perd pas son temps, sans pour autant partir dans tous les sens, il y a une véritable mythologie de la marque qui se dessine, des personnages potentiellement bons à développer. Les quelques égarements (musique, flashbacks) peuvent être atténués sinon corrigés facilement. Le cast est plutôt solide, la porte est ouverte à de nombreux guests, et ce sera facile de jouer avec la formule pour des stand-alones intéressants, originaux et/ou exotiques.
Il y a beaucoup de potentiel dans ce pilote. Tellement, que pour un peu, je regretterais presque que ce blog ne soit pas bleu. En tous cas et à défaut, mes cagoules seront définitivement, cette saison, aux couleurs de PanAm.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche PanAm de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 11:14 - Review vers le futur - Permalien [#]

26-03-11

Passe le message à ton voisin

En des temps immémoriaux, vous n'êtiez pas encore internautes, peut-être même n'aviez-vous encore jamais cliqué sur une souris, il existait un truc qui s'appelait "tagger" (orthographe incertaine). Cela consistait à répondre à un questionnaire donné puis proposer aux petits copains d'en faire autant. La réaction en chaîne qui en découlait permettait à plusieurs blogueurs, bien que ne s'exprimant pas sur le même support, de tous répondre aux mêmes questions. Accessoirement, ce mème avant la lettre avait tendance à meubler le contenu des blogs d'une même sphère.
C'est ce petit goût d'antan, cette madeleine de Proust numérique, que je retrouve alors que l'ami Eclair m'a taggée, après l'avoir lui-même été. C'est donc de bonne grâce et même avec une dose de nostalgie que je me plie à l'exercice...

1 / Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

C'était début 2006 ; à l'époque je tenais un site sur la Jmusic du nom de Teruki Paradise (Paix à son âme), sur lequel une petite communauté francophone se réunissait via les forums United Paradise. Ah, les souvenirs ! Bref comme on s'en doute, plusieurs de mes compagnons étaient coutumiers des séries japonaises (et/ou coréennes), et il n'a pas fallu bien longtemps avant qu'on m'encourage à m'y essayer. Mais c'était voué à se produire, si ça ne s'était pas fait comme ça, il y aurait eu un autre vecteur : passionnée de popculture japonaise, passionnée de séries... ces deux passions se serait forcément retrouvées tôt ou tard. Malheureusement, mon souvenir est plus flou lorsqu'il s'agit de se rappeler du titre de la toute première série que j'ai vue. C'était, au choix, 1 Rittoru no Namida, Orange Days ou... Attention Please (ah ouais tout de suite c'est moins glorieux...). Ca se trouve je m'en souvenais quand j'en ai parlé les premières fois sur ce blog, il y aura donc certainement plus de détails via les tags...

OrangeDays
2 / Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Ha ha ha, ne regarder qu'un dorama, genre c'est possible ! Ca ne correspondrait probablement pas à ma consommation téléphagique : le format court et fermé de la plupart des séries asiatiques (saisons courtes, pas de renouvellement...) fait que je ne pourrais pas en garder qu'un. Ce serait de la torture. Il m'en faut au contraire plus, toujours plus.
Mais, disons... bon... allez, pour la forme, s'il devait n'y en avoir qu'un... Argh, non, c'est juste pas possible de choisir ! Il y a les raisons sentimentales (Orange Days, Lunch no Joou, Ruri no Shima), les raisons téléphagiques (MotherMousou Shimai, Atami no Sousakan), et les raisons brumeuses mais non moins valables (Kamisama, Mou Sukoshi Dake). Pour toutes ces séries et tant d'autres, l'exclusion de ma liste est impossible. Désolée, je suis incapable de ne choisir qu'un dorama. Peut-être justement parce que je regarde des dorama précisement pour la diversité...

MousouShimai
3 / Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

Là encore la liste est longue, mais déjà j'arrive un peu plus à faire du tri. Disons que les premiers titres qui me viennent feront office de pires élèves de la classe, et tant pis pour tous les autres dorama contre lesquels il faudrait prendre le temps de vous mettre en garde. Mentionnons donc, entre autres : Majisuka Gakuen, Kaibutsu-kun, Shinira Bulriwoon Sanai... Mais je pense vous avertir assez régulièrement du danger qui vous guette avec certains navets, alors restez dans le coin pour ne pas vous faire avoir.

KaibutsuKun
4 / Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

C'est un problème qui étrangement me touche assez peu, je crois réussir à regarder à peu près tout ce que je veux... Enfin, dans une certaine mesure. Disons que, à part s'ils ne sont pas sous-titrés naturellement, j'arrive à trouver le temps de regarder tous les pilotes des dorama qui m'intéressent. Le soucis, c'est de ne pas trouver ce temps pour suivre la série même quand le pilote m'a plu. Exemple concret : j'ai adoré le pilote de CHANGE, mais impossible de me caler les fesses une heure pour voir le deuxième épisode. Et pourtant j'en crève d'envie, mais voilà : il y a toujours plein d'autres pilotes qui passent. Au final, et c'est pire encore pour les dorama que pour les séries américaines d'ailleurs, j'ai tendance à reporter le visionnage de la suite en me disant que de toute façon il y a peu d'épisodes, donc ça ira vite. Et là, CHANGE, pour reprendre l'exemple, ça fait depuis décembre/janvier que je reporte. C'est le drame de ma vie de téléphage, mais c'est comme ça.

CHANGE
5 / Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

Un jour, un jour promis je me bloquerai du temps pour tenter le pilote d'un truc comme Nobuta wo Produce, mais rien à faire, pour le moment, ça passe pas. Il faudra certainement la jouer style Orange Mécanique ce jour-là. Je ne suis pas dans la cible et c'est, vue de loin, typiquement la série qui n'a rien pour me plaire. Après effectivement, c'est vu de loin, justement, donc je m'en fais peut-être une fausse idée. Mais je ne me sens pas concernée par une série qui se passe dans un lycée. Ni au Japon ni ailleurs, en fait. C'est un contentieux de genre qui dépasse largement le problème Nobuta wo Produce, mais enfin, un jour, faudra bien combler cette lacune, quand même.

NobutawoProduce
6 / Tes acteurs et actrices préférées ?

Je fais relativement peu attention au cast d'une série. En fait, c'est plus une exception qu'une règle, quand je me réjouis de la présence de quelqu'un au générique. Pour Miki Maya, Yuuki Amami (qui n'a pas le droit de pleurer), Asami Mizukawa et la sublime Michiko Kichise, par exemple, ça a un semblant d'intérêt, et encore. Disons que je me réjouis de les voir mais... bon bah, elles sont là c'est bien, elles sont pas là c'est pas grave. Je ne regarde pas une série parce que ces actrices sont au générique, d'ailleurs (toujours pas tenté Hagane no Onna, par exemple, et pourtant la saison 2 arrive au printemps), mais j'avoue qu'une série qui les engage a tout de suite gagné quelques points de karma supplémentaire avec moi. En gros, si un jour Yuuki Amami et Miki Maya tournent dans la même série (attendez je fais une pause, j'essaye de me rappeler si ça s'est déjà produit...?!), ça ne signifiera pas que je la regarderai forcément (tout dépendra du pitch), mais si je la regarde, je trouverai plein de raisons plus ou moins valables pour ne pas la déprécier.
Etrangement, du côté des hommes, je me tamponne sévèrement le coquillard de qui qui y est et qui qui y est pas. Ca doit encore avoir un rapport avec l'identification, tout ça.

YuukiAmami
7 / Ton meilleur souvenir drama ?

Je sais pas si c'est le meilleur, mais c'est l'un des plus émus. Par contre attention, spoiler inside.
Je venais de commencer les dorama, ça faisait moins de trois mois et j'avais déjà vu deux ou trois titres, et me voilà à démarer Ruri no Shima et Lunch no Joou. C'est à cette période que ma grand'mère a été admise à l'hôpital, et comme c'était compliqué et que je ne pouvais pas aller la voir, j'essayais de tromper mon inquiétude en me goinfrant d'épisodes de ces deux séries. Et puis, le 8 mars, elle est décédée. J'étais effondrée. Quelques jours plus tard, j'ai repris les visionnages. Et, pour ces deux séries, l'épisode suivant... comportait le décès d'un personnage. Jamais je n'ai eu le coeur brisé comme ça par un épisode, de toute ma vie. Mais c'est aussi, je pense, comme ça que j'ai entamé le travail de deuil, finalement, en affrontant le sujet au lieu de l'éviter.
Ce n'est pas forcément un "bon" souvenir, mais c'est un souvenir téléphagique intime, de ceux qui, je pense, comptent le plus en termes de séries, et je pense qu'aucune série américaine que je regardais à ce moment-là n'aurait pu me toucher de cette façon. La meilleure preuve c'est que 5 ans plus tard, je me souviens de ces deux séries et de l'impact qu'ont eu ces intrigues sur moi, mais que je suis infichue de vous dire quelle série américaine je regardais à la même époque.

RurinoShima
8 / Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Que c'est DIFFERENT. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient. J'entends très souvent des téléphages, dire qu'on tourne en rond, que les chaînes US passent leur temps à recycler de vieilles idées ou des recettes qui marchent. Je conteste ce diagnostic (en général il résulte surtout d'un manque de connaissance de ce qui passe aux USA pour se focaliser uniquement sur les séries les plus populaires du moment et/ou les annonces de projets, souvent peu alléchants sur le papier), mais il est ce qu'il est. A cela je réponds : vous voulez changer d'air ? Il y a des choses différentes en Asie (et ailleurs, mais ce n'est pas l'objet de ce post...!). C'est une formidable façon de continuer de regarder des séries sans tomber sur tout ce qu'on connait déjà via les séries américaines, britanniques, françaises...
Dans les dorama, ce qui prime, c'est le personnage et son ressenti. C'est différent des séries occidentales parce qu'on y prévilégie l'intrigue, les rebondissements, ou les effets de style... Bien-sûr, dans un sens comme dans l'autre, les généralités sont pièges, mais grosso-modo, l'Asie, c'est une télévision à ressentir. Et, alors que depuis 10 ans on nous sert des séries majoritairement tournées vers le cérébral, l'intellectuel (résolution d'enquêtes, interrogatoires, etc...) via les séries policières notamment, bref, depuis 10 ans qu'il y a une approche essentiellement "cerveau gauche" de la fiction, je trouve que ça fait du bien de se laisser aller à quelque chose qui se rapproche de l'émotion pure.
Les dorama, ce n'est pas pour tout le monde, et il y en a qui n'accrocheront pas. Il y en a beaucoup, à dire vrai. Mais c'est une façon de diversifier son menu téléphagique qui permet de se rafraîchir les idées et d'aborder les choses avec un regard, sinon neuf, au moins ressourcé.
Regarder des séries asiatiques, ça demande du temps parce qu'il faut prendre de nouveaux repères, et apprendre ce qui convient et ce qui ne convient pas à chacun. Moi j'ai mis beaucoup de temps à y venir parce que je voulais éviter les amourettes et/ou les trucs lycéens, je croyais que toutes les séries asiatiques c'était ça. Il y en a, c'est sûr (et j'ai envie de dire qu'il y a plus d'amourettes en Corée du Sud, d'ailleurs, ce qui explique ma préférence pour le Japon où les thèmes me semblent plus divers), mais il n'y a pas que ça, simplement il faut dépasser le cliché, chercher, se laisser recommander des trucs et se laisser le temps de se documenter. C'est comme pour plein de choses : si vous voulez être exigeants, il faut vous en donner le temps.

AtaminoSousakanForever
Voilà, j'ai assez papoté ! Je passe le relai à Nakayomi, qui va certainement nous parler lui aussi de Sailor Moon, et à Nephthys, parce que c'est cool d'avoir l'avis d'une petite nouvelle dans le domaine.

Posté par ladyteruki à 17:53 - Dorama Chick - Permalien [#]

30-08-09

[DL] Attention Please

A l'heure où les plus fleur bleue d'entre vous viennent de regarder Pretty Woman pour la 712e fois (ce n'était que la 2e pour moi), je me suis dit que vous sauriez apprécier le générique d'Attention Please à sa juste valeur.

J'ai déjà mentionné cette série sur les hôtesses de l'air de la Japan Airlines plusieurs fois sans me donner la peine de vous en faire tout un post, on va dire que c'est aujourd'hui fait. Il faut dire que cette comédie est loin d'être incontournable ; ça divertit le temps que ça dure mais bon, de là à la recommander...

AttentionPlease
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Bon la qualité est ignoble parce que ça vient du Mal, mais la version que j'avais est couverte de karaoke et consorts, et ça m'énerve de vous donner un truc barré d'écriture dans tous les sens.

Reste que cette reprise (où Kaela Kimura démontre qu'elle a un accent japonais à couper au katana) est assez amusante, et que je trouve adorable l'idée de reconstituer l'histoire de la JAL à travers ses uniformes. Et puis au moins, le sponsor en a eu largement pour son argent ! De toutes façons, l'idée est bonne, la petite Aya Ueto a un grand sourire (c'est à ça qu'on la paie... on est toujours la pretty woman de quelqu'un dans ce business), les uniformes sont marrants, bref c'est sympa comme tout. Idéal pour un post du dimanche soir, finalement...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Attention Please de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:53 - Médicament générique - Permalien [#]

09-05-08

Aya McBeal

Qui, au moment de faire ses premiers pas dans la vie active, n'a pas connu de grandes désillusions ? N'avons-nous pas tous ressenti l'excitation de nous rendre utile au monde, et en même temps découvert que nous n'étions que d'une toute relative utilité justement ? Lequel d'entre nous n'a pas fait des gaffes au début de sa carrière, avant de prendre ses marques et servir réellement à quelque chose ?

C'est la dure expérience qui attend Akari Domoto, laquelle vient tout juste d'être diplômée en droit et s'apprête donc à devenir avocate. Et c'est la tête remplie d'idéaux sur la profession qu'elle s'apprête à exercer qu'elle commence son premier jour dans une grande firme d'avocats, au service "pro bono", c'est-à-dire celui qui de toutes façons ne rapporte rien mais qui représente pour elle l'essence-même de son métier.

Vous la voyez venir, vous aussi ? Bien-sûr, ce ne sont que désillusions qui attendent Akari Domoto (interprétée par la comédienne japonaise à avoir certainement pratiqué le plus de professions différentes à la télévision, à savoir Aya Ueto), surtout qu'en premier lieu, le service pro bono n'est pas exactement aussi exalté qu'elle peut l'être : le chef de service est blasé (et son activité principale est de refuser des affaires pour pouvoir jouer à la console et/ou fumer) et l'assistante n'a aucune forme de compassion (elle parie de l'argent sur ce qui se passe dans le service). Quand Akari décrète qu'elle va s'occuper d'une affaire, dépassant sans aucun doute le quota d'activité annuel du secteur pro bono, elle s'imagine qu'elle peut faire mieux mais évidemment elle s'apprête à prendre une sacrée leçon. Le spectateur le sait avant même qu'elle ne commence !
Pourquoi ? Parce que, petite figure de style pleine de maladresse, le pilote a commencé sur un flashback...! Comme si sans ça on n'aurait pas deviné qu'elle allait apprendre la leçon the hard way !

Hokaben, car c'est de cette série qu'il s'agit, possède un bon pitch de départ, une bonne réalisation (dans la moyenne supérieure disons), des acteurs pas trop nuls (en-dehors du final de ce pilote, Aya Ueto ne succombe pas trop à ses tics habituels)... bref plein de bonnes choses. La première affaire d'Akari est, en prime, intéressante, et aborde un sujet difficile sans trop tomber dans la facilité (juste un peu mais ça reste raisonnable), puisque la première affaire d'Akari est un divorce incluant des violences domestiques et un rapt d'enfant (pourquoi faire simple etc...). Et si j'en crois le trailer, ça ne risque pas d'être facile non plus sur l'épisode suivant, où le thème ne fera qu'être plus sinistre encore.
Hm ? Comment avez-vous deviné que je vais regarder ce second épisode ?

Evidemment il y a un certain nombre d'éléments qu'on voit venir de loin : un love interest potentiel (ah c'est très finement amené...), une petite histoire entre le patron d'Akari et l'avocate vedette du cabinet, etc... La structure de l'épisode est d'une propreté redoutable, et témoigne d'une grande pratique de l'exercice, sans chercher l'originalité.

C'est un reproche que malheureusement j'ai souvent à formuler aux dorama, ou alors je ne tombe vraiment pas sur les bons (dans ce cas, mettez les commentaires à profit pour m'éduquer !). Il y a toujours les mêmes messages : donner le meilleur de soi-même en dépit du fait que ce ne soit pas toujours facile, persister malgré les épreuves, etc... Et là-dessus c'est un peu lassant et redondant (en plus, dans Attention, Please, Aya Ueto portait un joli uniforme avec jupe, alors qu'ici, c'est tailleurs-pantalon noir, donc la chair est triste). Mais globalement voilà un bon dorama, plutôt bien écrit et bien réalisé aussi, avec un contexte un peu différent qui nous change de notre pain quotidien.

Ah, non, ya un truc sur lequel il faut que j'insiste, quand même. Dieu sait que je n'accorde souvent qu'une attention très modérée à la bande-son d'une série. En général, je ne la remarque que dans deux cas : soit c'était ignoble, soit c'était extraordinairement bon. Ici c'est nettement le premier cas qui s'est présenté. C'est bien simple, je pense que la B.O. de cette série est entièrement repompée sur celle d'un jeu video créé pour une console 16 bits. Cette fausse cornemuse, là, c'est infâme. Quel qu'en soit le coupable, il faut impérativement l'identifier, le localiser, et l'empêcher de nuire à nouveau. Intenable.

A contrario, soulignons quand même que les décors sont assez sympathiques, j'aime en particulier les différents endroits du building où travaille Akari (la salle de réunion où les nouveaux avocats sont accueillis, ce que l'on peut voir des couloirs et grands bureaux en open space, j'aimerais pas y travailler mais ça fait de jolies vues, et puis l'ascenseur aérien, etc...) qui ont quand même de la gueule. Ca compense, on va dire.

Cela étant dit, Hokaben a-t-elle la possibilité d'être à mes yeux une excellente série ? Bon, peut-être sur le long terme.
Et peut-être avec une autre comédienne dans le rôle principal.
Et surtout... SANS LE SON.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Hokaben de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:44 - Dorama Chick - Permalien [#]


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