ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

25-07-10

[DL] Rizzoli & Isles

Pour le pilote, zéro pointé ou presque. Pour le générique, vingt sur vingt. Rizzoli & Isles nous sert un thème irlandais percutant et mémorable, un vrai bonheur. C'est cadencé, efficace, tout pour plaire.

RizzoliIsles
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Alors bien-sûr, autant on comprenait tout de suite ce qu'un thème aussi marqué venait faire dans Preuve à l'appui, en revanche, pour cette série-là, on ne comprend pas très bien d'où ça vient. Moi en tous cas, je ne vois pas trop, mais je refuse pas de me le faire expliquer.

En fait c'est même limite contre-productif, si on y pense, parce que ça atténue beaucoup de le côté Amicalement vôtre de la partie visuelle du générique, à part sur le panneau de fin, quand la musique est finie (un comble). Ce qui prouve bien que même dans ses meilleurs moments, la série a quand même un mal fou à se trouver une personnalité propre, et compose avec des idées qui sont bonnes si elles sont prises séparément, mais qui ensemble forment surtout un truc impersonnel et peu original. C'est le fameux effet "best of" qu'ont beaucoup de séries cet été. Dommage.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rizzoli & Isles de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 04:19 - Médicament générique - Permalien [#]

06-04-10

BFF

En regardant Harold & Maude il y a quelques jours (vous ne trouverez pas ce film dans le pourtant toujours actif Secret Diary of a Cinephile parce que je l'avais déjà vu), je me faisais la réflexion que, dans les fictions, il était quand même assez rare que deux personnages n'ayant pas grand'chose en commun soient amis.
Ou plutôt : c'est devenu assez rare.

J'ai souvenir de quantité de séries reposant sur le concept de "personnages-que-tout-oppose-mais-qui-sont-quand-même-amis", Amicalement Votre étant l'exemple qui tombe sous le sens, et son générique servant même de tutorial aux scénaristes qui ne sauraient s'y prendre. Mais avec le temps, il y en a eu de moins en moins, des séries comme ça, après que tant de séries des décennies 80 et 90 aient tant misé sur ce thème.
Nan mais de toutes façons je ne pensais même pas vraiment au buddies, mais vraiment à des amitiés fortes et profondes, où l'on fait plus que vivre des aventures côte à côte ; des amitiés où l'on se livre, où l'on partage, où l'on parle autant que l'on écoute, où l'on se blesse aussi parfois. La différence entre le bon copain et l'ami, quoi !

Parmi les amitiés sincères qui me viennent à l'esprit, Carrie et Miranda dans Sex & the City, par exemple. Oh, bien-sûr, elles n'ont pas le même tempérament, ça va de soi. Mais ce sont toutes les deux des new-yorkaises du même âge, célibataires, au niveau de vie élevé, et sortant très régulièrement dans des bars et des clubs. Leur style de vie est finalement exactement le même si on omet la période post-naissance de Brady. Avant ça, sur l'essentiel les concernant, c'est-à-dire les choses superficielles puisque ce sont deux femmes superficielles, elles ont tout en commun.

BFF

Ou alors, prenez Jackie et Eleanor dans Nurse Jackie. Là c'est l'inverse : elles ont un style de vie certes différent, mais outre leur tranche d'âge et le fait qu'elles travaillent au même endroit (ce qui n'est quand même pas rien comme point commun), elles partagent de toute évidence exactement la même vision des choses, et notamment les mêmes valeurs morales. On peut dire qu'elles se sont trouvées, ces deux-là ! On n'imaginerait pas Jackie se confiant avec la même aisance à Zoey qu'au Dr O'Hara, ça tombe sous le sens, et la meilleure preuve c'est que ce n'est pas le cas. D'ailleurs son amitié avec Momo et maintenant Thor ne fonctionne pas sur le même mode, Momo ayant appris assez tard la situation amoureuse de Jackie. Sur l'essentiel les concernant, c'est-à-dire plutôt les valeurs morales et le besoin de n'être pas jugées, elles ont tout en commun.

Des gens qui ont donc beaucoup plus en commun qu'ils n'ont de différences.

Pourtant, si vous me permettez un instant de babillage personnel, dans ma vraie vie, celle que j'ai quand je ne relis pas un post après avoir travaillé jusqu'à 21h30, pourtant donc, mes amis véritables sont très, très différents de moi. L'un des amis auxquels je sais pouvoir tout dire est beaucoup plus jeune que moi, ne travaille pas encore, est loin d'avoir la même mentalité et a un style de vie franchement éloigné du mien. Une autre a, pour le coup, quelques décennies de plus que moi et si, professionnellement, nous avons des choses en commun, sur la mentalité, les valeurs morales et le style de vie, c'est le jour et la nuit. Et je crois bien que je les compte parmi mes amis justement grâce à ça.
Je ne voudrais pas d'une autre moi-même pour amie. C'est de la triche ! Je sais déjà ce que je pense, je n'ai pas besoin d'une autre moi-même pour me donner raison en permanence !

Ce que je veux dire, c'est que j'ai l'impression d'un resserrement de la cellule privée chez les personnages de séries. Comme si avant, tout le monde pouvait être ami avec tout le monde et se livrer à des gens n'ayant rien en commun, par exemple parce qu'on prend sa mousse tous les soirs dans le même bar (je pense par exemple à Cheers), et qu'en revanche aujourd'hui, on ne montrait que des personnages qui restent entre soi.

L'autre est progressivement éliminé de l'horizon personnel. Ou alors c'est un ami de façade, comme Christan Troy et Sean McNamara dans Nip/Tuck, qui sont partenaires au travail mais qui, concrètement, dans la vie, n'ont d'amis que le nom. C'est bien simple, ces deux mecs passent le plus clair de leur temps en opposition (souvent violente), que ce soit sur la gestion de leur cabinet médical ou sur le plan de la vie privée (pour les deux saisons que j'ai regardées en tous cas, ptet qu'ensuite ils font enfin la paix). Il y a toujours quelque chose qui les sépare, qui casse leur soi-disant lien d'amitié dont on ne voit jamais la couleur : la femme de l'un, le fils de l'autre, la maîtresse des deux... Ces deux types sont-ils amis ? Uniquement pour les besoins du scénario, pour augmenter l'enjeu de leurs querelles, mais dans les fais, pas vraiment...

Ah et en parlant de mecs, pourquoi les Men of a Certain Age ne peuvent-ils partager leur ressenti qu'entre eux ? Je les adore, mais sérieusement, à quoi ça rime ce petit clan ? Bien-sûr il y a le fait qu'ils se connaissent depuis toujours. Mais cela traduit aussi une démarche bien curieuse de se refermer sur ce qu'on connait déjà... sur ce qu'on a toujours connu. C'est peut-être rassurant mais ce n'est franchement pas un comportement très ouvert à l'autre. Ils ont des problèmes de cinquantenaires ? Et alors, les femmes aussi. Il y a des femmes qui aiment la randonnées, aussi, d'ailleurs. Pourquoi dans Men of a Certain Age, les femmes sont-elles l'autre, pourquoi n'ont-ils pas une vieille amie de lycée qui aurait ses propres problèmes au lieu d'en être la source ?

On se retrouve entre soi, on cherche l'approbation de ses pairs, surtout pas trop de remise en question ! On ne va quand même pas se mettre à tester sa tolérance à la différence, non plus ?

Je comprends bien que chaque personnage d'une série correspond à une partie du public qu'il vise, et qu'on ne cherche pas à faire du TFHein qui plairait à toutes les générations. Mais entre nous soit dit, Sex & the City n'aurait pas connu une telle popularité si seules les new-yorkaises de 35 ans avaient regardé la série...

Des gens très différents existent, et trouvent le moyen d'être amis. Des gens très différents existent, et trouvent le moyen d'aimer la même série.
Et des fois, ils font les deux en même temps, et regardent une même série entre amis. Alors ?

Posté par ladyteruki à 23:03 - Série de valeurs - Permalien [#]
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