ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

12-11-12

43 Glorieuses

Qu'il est rare qu'une série historique me plaise ! Il y a probablement des cas dans lesquels c'est moi qui me braque, un peu par principe : je n'aime pas avoir l'impression qu'on me fasse la leçon ; les cours d'Histoire comptent, ils faut le dire, parmi quelques uns de mes plus désagréables souvenirs du collège et du lycée (les autres étant généralement ceux des cours de maths, mais... il existe très très peu de séries sur les maths). Rien ne m'exaspère autant qu'une série qui veut absolument prouver qu'elle a des super décors et des costumes parfaitement fidèles, et qui au final brade totalement l'émotion dans son soucis de "faire vrai". Trop souvent, les séries historiques semblent vouloir prendre le prétexte de parler de l'Histoire grâce aux petites histoires, mais ce faisant, elles négligent leurs petites histoires parce qu'elles ont trop l'oeil sur la vue d'ensemble. Celles qui ne donnent pas dans ce désagréable travers, ironiquement, échouent tout de même à mes yeux en étant justement trop soapesque. C'est un peu une situation sans issue, et très peu de fictions de ce type finissent par trouver grâce à mes yeux, même s'il y en a.
Le contexte joue aussi, évidemment ; par exemple, je me sais un peu plus ouverte d'esprit sur tout ce qui porte sur l'Histoire de ces 50 dernières années environ (on n'est pas à une décennie près, évidemment), je commence à faire une véritable overdose de tout ce qui est Guerre Mondiale, et ensuite, plus on remonte le temps plus le sujet me pose un problème de principe.

Tout ça fait que les exceptions passant entre les mailles du filet répondent généralement à des critères assez précis (même s'il arrive qu'il y ait des exceptions un peu partout, évidemment), et il faut le dire, Moeder, Ik Wil Bij de Revue, une série apparue cet automne à la télévision néerlandaise, avec plusieurs atouts dans sa poche : elle avait choisi un sujet qui n'était pas tout-à-fait historique, et qui se déroulait dans l'après-Guerre. Et je dis banco.

MoederikwilbijdeRevue

Ce sujet, c'est celui des van Woerkom, une famille qui a survécu tant bien que mal à la guerre, et qui désormais peut se consacrer à la boutique familiale, qui s'est reconvertie en magasin d'électro-ménager. Signe des temps. Les van Woerkom et leur fille font leur chemin dans une économie en pleine renaissance, Trente Glorieuses obligent.
A côté de ça, un autre personnage, Bob, revient de la Guerre ; il était soldat, le voilà désormais voué à reprendre l'exploitation de charbon de son père, mais il n'a envie de rien de moins au monde. Alors qu'il obtient des places pour assister au spectacle de music-hall d'une troupe qui s'installe, Bob va découvrir les joies que procurent le show business aux spectateurs ; ému par le spectacle, et ces chansons dans lesquelles il se retrouve tant, il décide de rester en ville, de laisser tomber le charbon, et de devenir homme de main au sein de la revue : n'importe quoi, pourvu de participer à sa façon au spectacle ! Même si, en toute sincérité, il préfèrerait pouvoir chanter...

Moeder, Ik Wil Bij de Revue est bien décidé à visiter des personnages très différents en l'espace d'un seul épisode : outre la famille van Woerkom et Bob, on suit aussi le chanteur de la revue, John, et sa soeur Riet, des personnages du monde du spectacle qui vivent un peu en marge de la société, avec des goûts de luxe. A travers ces différentes couches de la société, la série peut ainsi se permettre de voir le progrès économique de plusieurs façons ; ici il n'est pas question de montrer des différences entre les classes : désormais tout le monde a accès aux dernières radios ou tourne-disques dernier cri, par exemple. Ces points de vue différents permettent simplement d'aborder différents thèmes.
A la façon d'American Dreams, le pilote de Moeder, Ik Wil Bij de Revue met en parallèle la façon dont le pays recommence à rêver et songer à l'avenir, et la façon dont les personnages le veulent eux aussi. Le magasin était d'ailleurs un outil utilisé dans American Dreams, tout comme l'était le divertissement (grâce à American Bandstand), pour décrire la période de transition vécue par les personnages.

La scène la plus touchante, après quelques longues d'exposition passagères, est certainement celle qui clot le pilote. Bob assiste en effet à la Revue, et il est difficile de ne pas partager son émotion.
Elle m'a rappelé, eh bien, par une intéressante mise en abime, celle que nous ressentons tous, je crois, de temps à autres, en tous cas c'est à espérer, en tant que téléphages : une fenêtre sur un monde à mille lieues de ce que nous connaissons, capable à la fois de nous transporter et de nous ramener à ce qu'il y a de plus intime en nous.
Comment ne pas songer à ces chansons mélancoliques qui parlent (si je comprends bien ma VOSTM) de souffrances passées et de deuil, et ne pas songer aux séries qui nous disent la même chose. Elles nous bouleversent et nous donnent envie, nous aussi, de participer, peu importe comment ; avec une news, un review, ou pourquoi pas en soumettant le pitch à un producteur qui nous consulte. Je veux dire, on est là pour ça, non, pour être à la fois ému sur le moment et transcendés dans la minute qui suit ? Cette séquence finale du pilote de Moeder, Ik Wil Bij de Revue nous renvoie là, à ce quelque chose de très positif, quand tout est à construire.

Moeder, Ik Wil Bij de Revue est l'histoire de personnages qui veulent aller de l'avant, qu'il s'agisse de ceux qui veulent simplement asseoir leur confort matériel, trouver l'amour, ou, comme Bob, s'exprimer grâce à quelque chose qui leur semble fondamentalement beau même si c'est un peu superficiel à la fois. En cela, ces 43 premières minutes sont délicieusement désuettes et en même temps terriblement actuelles. Après tout, nous aussi, nous allons vouloir vivre nos Trente Glorieuses, quand on arrêtera d'annoncer que c'est La Crise tous les matins...
Voilà, ça y est, j'ai trouvé. Les séries historiques qui me plaisent vraiment, ce sont celles qui sont tellement universelles qu'en réalité elles pourraient se passer n'importe quand. Mais qui sont quand même drôlement plus élégantes quand elles utilisent le passé pour nous le dire.

Posté par ladyteruki à 23:55 - Review vers le futur - Permalien [#]

31-05-09

[DL] American Dreams

C'est évidemment tout l'objet de ce générique : jouer sur la corde sensible et utiliser la nostalgie des gens. Mais étant née dans les années 80, et de surcroît de l'autre côté de l'Atlantique, on pourrait se dire que je tomberais assez difficilement dans le panneau. Nenni.

AmericanDreams
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Le générique d'American Dreams a l'immense mérite d'être d'une tendre contagieuse, même quand on n'en possède pas toutes les références ou de très loin (car évidemment, on a tous entendu parler d'American Bandstand, mais combien d'entre nous ont vu l'une de ces émissions ? Merci, c'est ce que je voulais dire). Il faut un talent particulier pour y parvenir, et le résultat est là : c'est un adorable générique.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche American Dreams de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:52 - Médicament générique - Permalien [#]

[DL] Les Années Coup de Coeur

Voilà une série dont j'avais souvent entendu parler avant de réussir à la voir, et je suis sûre que j'aurais aimé la suivre si j'avais pu. J'aimais le recul qu'offrait la voix-off de Kevin adulte, sur les actions de Kevin jeune.
Évidemment, nul n'est besoin de regarder le générique pour connaître la chanson, mais de toute évidence les deux ensemble sont d'une efficacité terrassante. On pourrait croire que l'idée de faire un générique sous forme de video amateur soit très basique, mais puisqu'elle fonctionne, je ne vois pas pourquoi se plaindre...

LesAnneesCoupdeCoeur
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Un peu comme American Dreams, on nous offrait de revivre une époque à travers la vie d'une famille, mais l'esprit était résolument différent ; on n'était pas dans ce travers si désagréable, et que je dénonce souvent, où on essaye de faire une reconstitution épatante des faits passés. Les choses étaient prises avec simplicité. C'était une autre génération de séries...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Les Années Coup de Coeur de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:11 - Médicament générique - Permalien [#]

[GAME] Adieu je m'en vais

Eh oui, c'est terrible à dire, mais je quitte ce blog. Aujourd'hui vous ne me verrez pas de la journée, je m'en vais dans le dehors, là-bas, là où il n'y a pas de télé (ou alors s'il y en a une, on n'a pas le droit de l'utiliser...). Oui, je suis au supplice, chez mes parents, toute la journée. Je me nourris de New York Unité Spéciale au moment où ce post apparait, histoire de faire le plein avant une journée anti-téléphagique (gloire aux posts qu'on peut programmer à l'avance, mais je me répète).

Du coup, vous comprenez bien que j'aurai besoin de réconfort en rentrant ce soir. Pour ça, je compte sur vous. Voici donc un nouveau jeu des génériques pour que vous me montriez que vous tenez à ce blog, même quand je ne suis pas là... et pour que vous vous amusiez, aussi !

Le thème du jour est : "des génériques pleins de tendresse". Quand je les regarde, j'ai toujours un pincement au coeur, pour diverses raisons, en général tout simplement par affection, et parce que musicalement et parfois même visuellement, ils dégagent quelque chose de spécial. Une nostalgie, un attachement... vous voyez ?

1 - Une série rétro avec une ado blondinette qui fait ses expériences (mais qui n'est pas un spin-off) > American Dreams
2 - Une série dont j'ai vu le pilote fin janvier
3 - Une série dont je vais vous rebattre les oreilles cet été > Corky
4 - Une série où tout le monde connaît ton nom > Cheers
5 - Une série chamallow > Veronica Mars
6 - Une série rétro avec un ado brun qui fait ses expériences > Les Années Coup de Coeur
7 - Une série morte et bien morte > Six Feet Under
8 - Une série presque militaire > Major Dad
9 - Une série inconnue dans un bus > Joan of Arcadia
10 - Une série avec de l'aviron et des yeux vairon > Young Americans

Évidemment, c'est assez subjectif, mais vous commencez à bien me connaître maintenant ! Et puis au pire, si vous êtes nouveau dans le coin, n'hésitez pas à lire des posts plus anciens, ça vous aidera sûrement. Pis je pense que plusieurs sont faciles, en plus... Et, ah oui : toutes ces séries sont finies ; mais ça ne veut pas dire qu'elles sont forcément toutes vieilles...
J'ajoute que la 5e, une fois n'est pas coutume, figure déjà dans le flacon (c'est la seule de la liste), mais c'est une autre version que je veux vous proposer.

Allez ! Vous avez 24 heures : ce soir, quand je rentre, vous aurez trouvé tous ces génériques, et je les posterai tous ! Mais si, mais si. M'enfin, bien-sûr que si. D'ordinaire vous le faites en 48h, il n'y a pas de raison ! Et je suis certaine que vous pouvez le faire sans indice de ma part, en plus.

Et avant que j'oublie de vous nourir, voilà un cookie pour le jeu des Illustres Inconnus !
Le palmarès fait un peu girl power... dites les mecs, faut se remuer !
Cookie_JoFreeScarlatiine

Posté par ladyteruki à 00:00 - Games On - Permalien [#]

12-01-09

Histoires de générations

En son temps, j'avais bien aimé American Dreams, et il m'est arrivé de rire devant That 70's Show. Il ya quelques mois je vous parlais aussi de Swingtown qui est appréciable. Mais de la même façon que je suis tombée amoureuse de Three's company, je garde une préférence pour les retours dans le passé involontaires, ces voyages qu'on fait parce qu'on regarde une vieille série, et non parce qu'on nous emmène dans un passé forcément idéalisé.
Family Ties m'a permis ce voyage et je l'ai goûté avec la même joie que je goûte d'autres vieilleries d'un autre temps : avec le plaisir de se dire qu'il y a plusieurs décennies, la série était d'actualité.

Dans les grandes lignes, disons que Family Ties est à la fois un sitcom familial typique (querelles entre enfants et conflit gentillet avec les parents sont à l'origine de la plupart des dialogues), mais que la vraie originalité de ce show, c'est sa coloration politique, ou plutôt son arc-en-ciel politique. Les parents sont des hippies sur le retour, avec de bonnes vlaeurs démocrates, progressistes, et se voulant ouverts à la diversité, alors qu'en parallèle, leurs fils Alex est un républicain engagé et fier de l'être, avide de reconnaissance sociale et désireux d'arborer un certain niveau de vie.
Note : SeriesLive nous dit que c'est également le cas de Mallory, mais cet aspect ne m'est pas apparu comme flagrant dans le pilote. Au contraire, elle semble plutôt neutre voire apolitique, a contrario de son frère Alex, comme on l'a dit, mais aussi de la petite soeur Jennifer qui m'a tout l'air d'être une révolutionnaire en culottes courtes, comme papa et maman mais avec un caractère un peu teigneux en prime.

La bonne idée c'est donc évidemment de confronter cette palette d'opinions les unes aux autres, dans un bel esprit de melting pot comme on n'oserait même pas espérer d'en voir dans une fiction française aujourd'hui (c'était un tâcle gratuit, je le reconnais), chacun devant cohabiter avec les convictions des autres.
C'est d'autant plus intelligent que les parents ne se sont pas vu octroyer le rôle de conservateur aux dents longues : comme ce sont eux les plus cools, leur défi est à la fois de faire preuve de fermeté auprès de leurs enfants (notamment les ados), mais aussi, d'être des personnages très ouverts et tolérants en toute circonstance. Donc plutôt que d'avoir les parents typiques dont l'argumentation se cantonnerait à "tu ne sortiras pas, un point c'est tout, monte dans ta chambre", on a ici des personnages qui souhaitent laisser un espace de parole et d'opinion à leurs enfants, tout en essayant de leur transmettre quelque chose. C'est ce genre de choix (ainsi qu'un très bon casting) qui font de Family Ties une série qui va au-delà des poncifs de sitcoms familiaux.

Du coup, on l'aura compris, c'est la discussion qui règne en maître dans les rapports parents/enfants, loin des âneries autoritaires, voire arbitraires, à la Ma Famille d'Abord, cet archétype du sitcom familial raté et pitoyable.

Contrairement à ce que je craignais, les références vieilles de presque deux décennies n'ont pas été trop nombreuses ni insurmontables. Du coup, Family Ties est une série quasiment intemporelle, et je suis sûre qu'elle toucherait n'importe quelle génération.

Oh Seigneur, je vais devoir regarder la suite maintenant. Pourquoi y a-t-il tant de séries intéressante et seulement 24h dans une journée ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Family Ties de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 16:56 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]


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