ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

13-09-12

Sur écoute

Puisque vous savez déjà, pour fréquenter nos deux blogs, que whisperintherain et votre serviteur relevons pendant cette saison un défi, celui de regarder et reviewer tous les pilotes de la saison, je ne vous refais pas l'histoire. Cependant, ne sont pas seulement concernées les séries diffusées à l'étranger mais aussi, lorsque l'occasion s'en présente, les séries diffusées en France.
Et comme hier, Eurochannel diffusait le pilote d'une série scandinave, vous vous doutez bien que je n'ai pas manqué cette occasion...

NDA-Salassapitosopimus

Vous savez de quel pays on ne parle pas souvent ? ...Oui. Oui, aussi... Euh ouais, bon, ne me faites pas la liste, c'est trop déprimant. Entre les pays d'Afrique, du monde arabe, et tout ce qui se passe à l'Est et sur lequel j'ai pas la moindre visibilité (à part quelques échos du succès de séries turques, et notamment Muhtesem Yüzyil, dans des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie), franchement, j'ai parfois honte de prétendre que je m'intéresse aux séries du monde.
Un pays dont par exemple je vois peu de fictions (et sur lequel je lis peu de news, ce qui n'arrange rien à mon ignorance), c'est donc la Finlande. Fort heureusement, Eurochannel s'est lancé à mon secours et a diffusé hier soir le pilote de NDA - Salassapitosopimus (sous le titre francophone de Scandale sur la ligne, ne me lancez pas sur le sujet des traductions de titres de séries...), une mini-série en trois parties datant de 2005.

Ce thriller est l'occasion de se glisser dans les coulisses d'une grande compagnie qui fabrique des téléphones, Mälekä Mobile. Son dernier modèle portable est sur le point de sortir, mais à quelques heures du grand évènement, une information fuite : le portable serait extrêmement dangereux pour la santé. Une information qui tombe entre les mains d'un journaliste du quotidien Sanomat, Harri Immonen, qui a bien l'intention de rendre la chose publique.

Comment l'information a-t-elle fuité ?
L'épisode commence alors qu'un homme, excessivement crevé, s'arrête dans une station service, commande un café avant de péniblement reprendre la voiture... en ayant oublié sa mallette. Lorsqu'il s'en aperçoit, il fait immédiatement demi-tour, et récupère la précieuse mallette. Il ignore que la serveuse a eu le temps de jeter un coup d'oeil à l'intérieur pour en apprécier le contenu.
Ce contenu, ce sont des documents internes extrêmement sensibles qu'elle s'est empressée de vendre à Harri Immonen.
L'homme exténué, nous allons progressivement le comprendre, est responsable du service d'innovation technique de la firme Mälekä. Il s'appelle Timo Kovanen et quand il va réaliser ce qu'il s'est passé, il va être pris de remords, d'angoisse, de panique, même, et finira par se suicider pendant le pilote.

Bien qu'ayant commencé par suivre le personnage de Timo, NDA - Salassapitosopimus ne s'intéresse nullement à lui, car en réalité, l'héroïne de ce thriller sera Satu Rossi, une ancienne journaliste qui est désormais chargée de la communication et des relations avec la presse au sein de Mälekä, et qui, outre le fait qu'elle découvre le corps de Timo, est surtout celle qui est en première ligne dans la gestion de cette crise interne. Alors que la conférence de presse de lancement du nouveau téléphone a été reportée, elle est en effet chargée de faire taire Harri immonen, à plus forte raison parce qu'elle travaillait avec lui lorsqu'elle était encore journaliste, et qu'ils sont toujours amis à ce jour. Prise entre deux feux, Satu va donc essayer de comprendre cette affaire : elle ignore complètement le fond du dossier, comme par exemple le fait que Timo avait fait expertiser par une autorité indépendante la dangerosité du téléphone. De la même façon, elle ne sait pas que tout est fait pour faire pression sur la direction du Sanomat. Elle est maintenue dans une semi-ignorance, alors que sa hiérarchie de lui dit que ce qu'elle a besoin de savoir pour travailler.
Sa hiérarchie, c'est en fait Peter Stockman, un enfoiré de première qui ne ressent aucune forme d'émotion lorsqu'un de ses salariés se suicide, qui par contre aime énormément les "vérités officielles", et qui a chargé l'avocate de la compagnie d'aider à étouffer l'affaire par tous les moyens possibles. A la mort de Timo, il a immédiatement promu un technicien, Mikko Jääskeläinen, au poste de responsable, afin de vérifier les mesures de l'institut indépendant qui a pondu ce rapport déplaisant.
Pendant ce temps, Satu comprend que tout cela n'est pas bien clair. Elle était autrefois une bonne journaliste, peut-elle pourra-t-elle remettre son sens de l'investigation à profit ?

Pour une mini-série comptant à peine 3 épisodes, vous vous demandez peut-être pourquoi je me suis fendue d'un post sur le premier d'entre eux, quand il aurait sans doute été bien plus pratique d'attendre les deux suivants pour faire un bilan. Bon, déjà, il y avait ce défi, certes. Mais surtout : je n'ai aucune intention de regarder la suite.
Il faut dire que NDA - Salassapitosopimus (dont le titre signifie "accord de non-divulgation", autrement dit "clause de confidentialité") est assez décevante. S'il y a pas mal d'ingrédients solides, bien-sûr. La scène de début est par exemple très efficace, montre bien comment c'est un instant d'inattention d'un employé sur les rotules qui conduit à tout ce chaos. D'une façon générale, le cast est plutôt bon, l'histoire est plutôt solide, et la réalisation se défend.
Alors où est le malaise ? Dans le fait que tout cela est extrêmement prévisible. Difficile de se passionner pour cette histoire qui passe par absolument tous les clichés du genre. Peut-être qu'en changeant l'angle (se mettre du point de vue de Stockman, par exemple), on aurait obtenu un résultat différent, mettons. Mais la jeune femme (jolie, forcément jolie) qui ne sait pas ce qui se trame, qui est armées de bonnes intentions et qui se retrouve plongée dans une magouille pas super propre dont elle va tenter de dénouer les fils, c'est vu et revu.

Quant à la réalisation, si elle n'est pas mauvaise du tout, je l'ai dit, en revanche elle est extrêmement desservie par le look atrocement vieillot des décors et même des vêtements. Si toutes les sources n'indiquaient pas que la série a été tournée en 2004 et diffusée en 2005, je jurerais qu'elle est au moins de 10 ans plus vieille. Ce n'est pas que ce soit capital, mais ça n'aide pas tellement à prendre les choses au sérieux quand l'intrigue se passe dans le milieu de la haute technologie ! Le laboratoire où travaillent Timo, puis Mikko et l'équipe techniques de Mälekä, est d'une pauvreté déprimante : quelques tables, des ordinateurs, une cloison en plastoc et une vague barrière Playmobil pour faire genre c'est une zone restreinte... Il y a de quoi avoir les yeux qui roulent sur la table tant ils sont exorbités. Ce n'est qu'un élément aggravant, bien-sûr, car même en étant raffinée sur la forme, NDA - Salassapitosopimus aurait encore ses défauts. Mais ça ne joue pas en sa faveur.

Et puis, peut-être que le plus gênant, dans NDA - Salassapitosopimus, c'est que l'aspect thriller prime tant sur le reste. On pourrait parler, concrètement, de téléphones portables, de nocivité, de liberté de la presse, même, mais pas du tout. On évoquait encore hier (à travers De Vijfhoek) des séries de la chaîne japonaise WOWOW : celle-ci nous a offert ces dernières années des séries qui, sans toutes être parfaites, étaient de véritables études sociales. Pour un exemple de ce dont je parle, n'hésitez par exemple pas à regarder Suitei Yuuzai (ou à en lire la review, selon ce que votre temps libre vous permet), où le thriller est un élément important de la série, mais où il y a un vrai propos. Il manque énormément de fond à notre série finlandaise, ce qui est d'autant plus désagréable que, loin d'être anodin, le sujet des téléphones portables, dans un pays où le marché de la téléphonie tient une place si importante dans l'économie (NOKIA, anyone ?) mais aussi la vie de tous les jours (un petit tour sur Google m'a ainsi appris que les Finlandais n'ont pas de téléphone fixe, ou encore qu'en 1999, ils étaient déjà 60% à avoir un portable), a une vraie importance sociale.
Peut-être que les épisodes suivants s'en inquièteront un peu mais en trois épisodes d'une heure, les chances sont mince. C'est évidemment toujours la question, quand on regarde un pilote, que de déterminer ce qui a dû être mis de côté pour faire place à l'exposition, et ce qui est vraiment une caractéristique de la série, mais je crois que dans le cas d'une mini-série en 3 épisodes, je ne m'avance tout de même pas beaucoup.
Or, c'est très regrettable, car regarder un thriller qui vous dit depuis le départ comment l'info a fuité, quels sont les moyens de pression dont le "méchant" dispose, et dont vous connaissez déjà une grande partie des détails (on a droit à une longue scène dans le labo indépendant pour nous expliquer le risque encouru par les futurs utilisateurs du téléphone), ça ne laisse plus place à beaucoup de surprises, surtout vu le body count du pilote. Si encore les spectateurs partageaient le même degré de connaissance de l'affaire que Satu, ça passerait encore (ce serait très cliché, mais un de plus ou un de moins...), or là, nous en savons plus qu'elle. Où est le mystère ?

Alors au final, sur le plan des séries finlandaises, à ce jour, je préfère encore me consoler en repensant à Alamaailma Trilogia, que de m'accrocher à NDA - Salassapitosopimus, ne serait-ce que pour deux épisodes de plus... Ce qui en dit, finalement, assez long, surtout connaissant ma propension à me lancer si facilement dans de nouvelles séries.

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:06 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

22-05-12

Le Diable en costume

Depuis un bout de temps maintenant, je vous parle de plusieurs pays scandinaves. Reviennent en général la Suède, le Danemark et la Norvège ; en revanche, la Finlande et l'Islande sont un peu les grands oubliés. Il faut dire qu'en-dehors de la série finlandaise Alamaailma Trilogia, découverte à l'occasion de Scénaristes en Séries (qui hélas ne possède pas de sous-titres anglais dans sa version DVD, et qui n'a pas semblé impressionner arte pourtant en pleine fringale scandinave, ce qui fait que je vais devoir me contenter du souvenir du pilote), il y a assez peu de séries qui me passionnent dans ces deux pays.
A côté de ça, j'avoue avoir encore du mal à trouver mes marques pour trouver des infos de façon aussi abondante que dans le triangle Suède/Danemark/Norvège, ce qui n'aide pas. Mais c'est aussi une question d'intérêt personnel, je ne vais pas vous mentir.

En Islande, en particulier, la trilogie dramédique Næturvaktin-Dagvaktin-Fangavaktin a fait plus que ne pas m'attirer : c'est un vrai souvenir traumatique. Le pilote de Næturvaktin était très pénible, j'ai carrément laissé tombé la trilogie après ça. Pourquoi se forcer après tout ? Ensuite, le récent Heimsendir, sur lequel j'ai un oeil depuis que j'en ai parlé sur SeriesLive, respire tellement l'hystérie que franchement, j'ai préféré purement et simplement passer mon tour. On comprendra que c'était toujours un peu la faute des mêmes, vu que la même équipe créative a commis les 4 séries ; mais comme ce sont les séries islandaises les plus "connues", forcément, ça l'aide pas.
A cause de quelques petites expériences malheureuses comme celles-là, je n'avais pas, comme ça pu être le cas pour Livia (avec Pressa, puis plus récemment Tími Nornarinnar) ressenti une forte attraction envers ce petit pays, en dépit des choses qui peuvent titiller ma curiosité chez la fiction islandaise... Du coup c'était une histoire qui était vouée à trouver une issue favorable un jour ou l'autre, ma curiosité n'attendant qu'une occasion de se déclarer, à la faveur d'une série qui attirerait réellement mon attention.

C'est grâce au site Shopicelandic que les choses se sont finalement décantées. La plupart des DVD de séries vendus par le site sont en effet disponibles avec des sous-titres anglais, et je n'ai plus eu qu'à faire mon marché. La bande-annonce de Réttur m'a convaincue il y a plusieurs mois de cela, j'ai passé commande dés que ma banque m'a enfin fait parvenir ma toute première carte bancaire fin avril, et hop, l'aventure islandaise pouvait enfin commencer aujourd'hui !

Lancée en janvier 2009, Réttur, écrit par Sigurjón Kjartansson (Livia vous a déjà parlé d'une autre de ses séries, Pressa), a la particularité d'être le tout premier legal drama d'Islande, avec la promesse d'un univers sombre qui ne pouvait que me régaler. Et c'est donc au terme de bien des tourments que je vais vous parler de la première saison de Réttur, qui est aussi la toute première série islandaise à m'avoir convaincue.
Eh bah voilà, à force de patience, on a fini par s'entendre, chère Islande !

Réttur

Il est évident d'entrée de jeu que le héros de Réttur, c'est Logi Traustason (mais entre nous on pourrait aussi bien l'appeler Gregory House ou Tom Jackman, parce que c'est un peu la même famille de psychopathes, tout ça). Le pilote commence d'ailleurs sur les chapeaux de roue, nous le présentant immédiatement comme une personnalité centrale de la série ; cela s'atténuera ensuite pour éviter de virer au one man show. Il faut dire que la tentation est forte, tant le personnage de Logi est riche, et vous allez le voir, je ne taris pas d'éloges à son propos.

Homme à l'intelligence aiguisée, il n'a aucun problème avec la perspective de se mettre à dos tout le monde et n'importe qui, en vérité le plus fou, c'est qu'il donne l'impression d'être parfaitement ravi d'être considéré comme le Diable en personne. Cela lui donne l'opportunité de pouvoir fermer le clapet de quiconque lui barre ne serait-ce qu'un peu le passage, sans ressentir la moindre culpabilité, et il en joue, l'animal.
Il faut dire que Logi se traine une réputation sordide : condamné pour meurtre il y a 25 années, il a purgé sa peine avant de devenir... avocat. Dans le genre, pour donner mauvaise réputation à une profession qui n'avait pas besoin de ça, on a rarement vu pire. Avec une verve cinglante que n'aurait pas renié le héros Dr House, Logi s'impose donc, où qu'il aille, puisque de toute façon on n'aurait pas manqué de lui adresser des regards en biais voire même des attaques à peine voilées. Il a décidé de tirer partie de sa morbide notoriété, et n'est pas ébranlé, d'ailleurs, quand elle se retourne contre lui. C'est assez finement joué, cette façon que la série a d'établir à la fois de façon progressive (le noeud du problème, à savoir la condamnation pour meurtre, n'est pas évoqué avant un bon tiers du pilote) tout en rendant évidente l'arrogance sans méchanceté de son héros. C'est simplement un ambitieux, en fait... mais les ambitieux avec une mauvaise réputation ne sont jamais vraiment aimés. Ajoutez à cela que notre ami est un alcoolique repenti mais pas trop, et vous obtenez là un personnage divin. Ou diabolique, c'est selon.
Notre homme a en plus la particularité d'être bon dans ce qu'il fait, et c'est donc encore plus dérangeant. Il gagne tous ses procès, les accusés se l'arrachent (il est tout-à-fait conscient que les coupables ont tendance à le croire de leur côté), et en deux ans, il s'est taillé la part du lion dans l'univers de la Justice. Sauf que... il n'est pas partenaire dans son cabinet actuel. Et ça, ça l'emmerde puissamment, le Logi, surtout que quand il le fait remarquer à sa hiérarchie, on l'envoie bouler au prétexte que lorsqu'il était à son compte il y a encore deux ans de ça, Logi a mis son propre cabinet en banqueroute (ah oui, ya ça aussi). Mais pas gêné pour deux sous, notre avocat terrible décide d'aller frapper chez la concurrence pour proposer ses services (surtout qu'il est convaincu d'être sur le point de décrocher la plus grosse affaire de meurtre du moment), et sans même attendre la réponse, prend ses quartiers dans les bureaux. Il est comme ça, Logi. Et donc il est forcément épatant.

Et c'est comme ça qu'on se retrouve dans le cabinet Lög & Réttur ("loi et droit"), qui comporte deux partenaires : Brynhildur, une avocate à l'apparence froide, et Hörður (là j'avoue avoir été bien contente du copier/coller), un petit bonhomme pas forcément très confiant. Vous vous doutez bien que Logi s'imagine n'en faire qu'une bouchée, lui si assuré, et d'ailleurs il passe très vite avec eux un savoureux contrat qui ne manque pas d'exsuder l'arrogance qui est si caractéristique de notre héros.
A partir de cette succulente installation, inutile de préciser qu'à ce stade vous êtes prêts à suivre les aventures du cabinet jusqu'au bout de l'Enfer (après tout c'est probablement l'adresse de Logi).

Juste après Allan Kriegman de The War Next Door, voilà un personnage dont on se ferait volontiers tatouer le nom à même la peau. Pardon d'insister, mais de toute façon, avec pareilles caractéristiques, Logi Traustason ne pouvait qu'attirer les femmes... et mes amis, je ne suis qu'une faible femme.
Ou bien qu'une faible téléphage, car les richesses de ce personnage sont tout simplement inépuisables, et quand je vois un épisode aborder le problème de la relation de Logi à la famille de l'homme qui l'a tué, je ne peux qu'applaudir la façon dont le drame est si bien réintroduit dans un personnage qu'on aurait failli, dans un moment d'égarement, prendre pour un inconséquent.

Alors forcément, comparativement au génie du personnage central, il faut assurer en face avec les autres personnages. Fort heureusement, l'équilibre très vite trouvé du côté de Brynhildur, qui s'avère rapidement être un personnage capable aussi bien de soutenir les coups d'éclat de Logi, que de lui lâcher la bride quand c'est pas la peine de nous le brusquer. Du côté de ce pauvre Hörður (prononcer "heurdur"), c'est plus aléatoire, le personnage ayant quelques bons moments, mais le character development restant désespérément plat.

Et puis surtout, à côté de ça, forcément les intrigues paraissent moins complexes. Mais elles sont simples, pas simplistes, et ça fait toute la différence.
Dans Réttur, l'essentiel n'est pas tant de trouver des enquêtes très difficiles à résoudre, que de suivre lentement le procédé qui permet de mettre en évidence toutes les parties en présence dans le cas rencontré, puis de comprendre comment chaque protagoniste fonctionne. L'intrigue principale du pilote, en particulier, est vite résolue par le spectateur (voire un peu trop), probablement parce que l'exposition prend déjà pas mal de temps dans l'épisode. Ca s'intensifie dans les épisodes suivants, mais sans jamais verser dans une vision policière des procès en cours ; lesquels, d'ailleurs, n'occupent en définitive qu'une petite partie de l'épisode, sur la fin. En fait, les séquences de conciliation tiennent exactement la même place dans les épisodes que les procès eux-mêmes, ce qui est assez parlant.
On n'est donc pas du tout dans la même vision que des séries américaines équivalentes, même si la structure est tout de même assez proche, et le spectateur est plutôt supposé venir trouver du drama que du legal à proprement parler.

Réttur a aussi la particularité d'introduire dés le pilote une intrigue criminelle en fil rouge dont on ne suspecte pas tout de suite l'importance. C'est d'ailleurs très puissant ce qui se passe de ce côté-là, car d'affaire lointaine, et médiatique, on va progressivement basculer dans quelque chose de beaucoup plus sombre.

La récurrence, d'ailleurs, des médias, est traitée avec beaucoup d'intelligence. Ce n'est pas un thème majeur de la série mais il souligne quand il le faut les intrigues, en mettant les avocats et/ou la partie civile face aux cameras, en utilisant des couvertures de magazines, en relatant un fait divers à la façon d'un reportage, ou en filmant une interview. Du coup, de temps à autres, c'est l'opinion publique qui est ramenée implicitement dans les débats, d'une part pour nous rappeler que la vision que le citoyen lambda a de l'affaire est limitée, mais aussi pour nous impliquer, puisque tous les procès auxquels nous assistons sont tranchés par des juges et non des jurés.
Cela permet, l'espace d'un instant, de changer l'angle sous lequel nous considérons les affaires ainsi exposées, et c'est finement joué.

Cela ne veut pas dire que Réttur est une série totalement sombre, dramatique ou déprimante. Certains épisodes sont plus légers et permettent d'aérer cette saison, ce qui est franchement bienvenu, sans pour autant que la série s'offre des épisodes humoristiques (même si un procureur rencontré par Brynhildur au cours d'une affaire est franchement barré, mais bien, quoi, limite du niveau d'un personnage de Kelley !). Mais en tous cas, des pauses sont ménagées dans certains épisodes afin de nous laisser souffler avec des choses moins étouffantes. Il faut dire aussi que l'ambiance du cabinet L&R évolue en cours de saison, et les échanges entre les différents avocats trahissent aussi une évolution plus subtile, qui se traduit par des discussions plus enlevées.
Je soupçonne même que cela fasse partie de la stratégie de la série que de nous faire croire que l'ambiance s'éclaircit à un moment donné, pour mieux nous impacter à certains moments ; c'est notamment le cas avec les évolutions de ce satané Logi qui semble parfois se ramollir, et qui en fait n'a pas du tout surmonté ses démons, mais a simplement décidé de pactiser avec eux pour ne pas les laisser le déstabiliser. C'est d'ailleurs fascinant de voir un tel personnage être à la fois aussi terrifiant, et être en même temps sincèrement sympathique, non parce qu'on le prend en pitié ou qu'il a des failles qui le rendent attendrissant, mais parce qu'il n'est pas foncièrement mauvais, juste monstrueux. Ca n'a pas l'air clair dit comme ça, mais ça a du sens devant Réttur, promis. Et je me rends bien compte que je parle beaucoup de Logi, mais c'est vraiment un personnage saisissant...

Les bureaux de Lög & Réttur De temps à autres, de beaux tableaux pour nous surprendre Lentement, les avocats s'apprivoisent Tout le monde aime Logi Un oeil sur la lucarne

Du côté de la réalisation, pour changer un peu de sujet, il faut dire que si Réttur est une lointaine cousine de la franchise Law & Order (notamment dans sa façon d'annoncer visuellement et musicalement les séquences juridiques clé de l'épisode), elle se trouve très vite une identité propre. D'un point de vue esthétique, c'est relativement classique : les plans sont propres (un peu froids, mais à dessein), et la camera, si elle aime bien adopter un angle original pour une prise de vue ou une autre (ce qui aboutit parfois à de beaux tableaux, j'en conviens), ne s'aventure pas trop à exécuter des prouesses. Ce n'est tout simplement pas son objectif. On se retrouve avec une série qui n'a pas une apparence scolaire du tout, mais qui tient quand même énormément à sa simplicité sobre, et s'y attache autant que faire se peut.

Côté musical c'est un peu la même chose. Le "thème" de la série, très simple, se révèle vite très prenant. En quelques notes, il installe très bien l'ambiance froide, un peu étouffante, nécessaire, et sa récurrence au cours des épisodes, pour ponctuer une scène ou simplement servir de marqueur pour attirer notre attention sur le fait que la procédure suit son cours, se fait en douceur, sans virer à l'obsession. Mais c'est pour ainsi dire le seul moment où on remarque seulement qu'il y avait de la musique dans l'épisode, tant le reste est transparent.

Ce cocktail confère à Réttur une atmsophère feutrée, sobre, mais qui au besoin peut faire son petit effet, sans jamais paraitre pingre. C'est, il faut le dire, très réussi. Comme quoi, le mieux est vraiment l'ennemi du bien...

Comme il est désormais la coutume quand j'achète des séries en import (ailleurs que sur un quelconque Amazon de la planète), je voulais vous toucher deux mots sur Shopicelandic, vu que, s'il est souvent nécessaire de cagouler pour découvrir une série (et je n'hésite pas à vous expliquer comment opérer), on peut aussi acheter, et en l'occurrence c'est dommage de se priver d'un accès légal quand pour une fois il existe. C'est pas comme s'il y avait une chance que Réttur soit un jour achetée par une chaîne française, si ?
Alors voilà le deal : Shopicelandic, je suis plutôt satisfaite. Certes, l'emballage est un peu minimaliste comparé aux cartons épais d'Amazon (ici, une simple enveloppe à petites bulles), mais il n'y a aucune raison de se plaindre. Commandé le 11 mai dernier, mon colis a pris l'avion en prioritaire le lendemain, pour arriver en ce début de semaine (j'ai pas ouvert ma boîte, c'était peut-être hier, peu importe) sans une égratignure. Tout ça pour la modique somme de 33,34€ (le DVD en coûtait 27,73). D'après mes standards, voilà qui reste raisonnable, même si je reconnais qu'en terme de quantité d'épisodes/prix, ça reste un peu juste, puisque rappelez-vous, chaque saison comporte 6 épisodes. Après c'est vous qui voyez, évidemment... Moi, comme d'habitude, je vous contente de vous expliquer ce qui est possible ou pas.

J'ai peine à croire que tout ce que je vous raconte ici se déroule en seulement 6 épisodes ! Et pourtant, c'est bien vrai : tout ça, et bien plus encore, est à découvrir dans Réttur.

En tous cas de mon côté, c'est dit : le temps de laisser cicatriser mon compte bancaire, et je m'attaque à la seconde saison. Surtout après un cliffhanger comme celui-là...

Posté par ladyteruki à 22:11 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

09-02-12

Velkommen !

BorgenEnfin

Cela ne faisait que quelques semaines que je m'intéressais à la télévision scandinave. Après avoir travaillé sur des articles présentant les télévisions suédoise, norvégienne et danoise, j'avais appris énormément de choses et, surtout, j'avais déjà fait quelques découvertes téléphagiques, parmi lesquelles Kodenavn Hunter ou Blomstertid, mais je n'avais pas encore tous mes repères, et certainement pas encore de véritable source d'information (me contentant à l'époque d'écumer les programmes de TV Planeten, par exemple, pour me faire une idée de ce qui était diffusé au Nord). J'ignorais complètement l'existence de Borgen, disons-le, qui n'était alors diffusée que depuis quelques semaines sur DR1. Mais heureusement, Scénaristes en Séries s'apprêtait à y remédier.

De ce déplacement, et notamment grâce à la nuit des pilotes (à moi En God Nummer To Question 10 !, Lulu og Leon, et Alamaailma Trilogia !), je suis revenue avec deux véritables coups de coeur : Kommissarie Winter, qui m'a foudroyée sur place, et Borgen, qui m'a fascinée.
Vous pouvez retrouver mes impressions sur le pilote de Borgen ici, et pour Kommissarie Winter.

Après avoir fait partie des premiers petits veinards en France à avoir découvert la série politique danoise, je n'ai pas pu m'arrêter là, j'étais trop sous le charme pour passer à autre chose. J'en ai parlé, et parlé, et parlé autour de moi (je ne savais pas que la diffusion sur arte tarderait tant à venir...), et surtout j'ai fait des pieds et des mains pour mettre la main sur le coffret DVD de la première saison. J'ai aussi incité mes petits camarades du SeriesLive Show (Livia n'était pas difficile à convaincre, je lui avais déjà inoculé le virus) à donner sa chance au pilote, et cela a donné une émission passionnante à enregistrer.

Le parcours de la série parmi les téléphages n'a pu que me faire plaisir, tandis que la date de lancement sur arte approchait, ENFIN !
Accessoirement, je vous rappelle qu'arte a également acquis les droits de Kommissarie Winter, ce qui en fait ma chaîne française préférée de tout l'univers, hésitant même à réinstaller adsltv.

J'ai vu le buzz autour de Borgen grandir, notamment en Grande-Bretagne puis aux USA. D'ailleurs, glorie à la vague d'intérêt pour la fiction scandinave outre-Manche, qui sert de banc d'essai à la France et permet d'ouvrir toujours plus de portes aux séries nordiques dans l'hexagone ; il y a eu les diffusions hélas confidentielles d'Oskyldigt Dömd, de Blekingegade, de Forbrydelsen, de Lærkevej (toutes bel et bien diffusées en France sans grand bruit), maintenant Borgen a une chance de vraiment changer la donne. Bientôt Bron/Broen, avec de la chance ? Peut-être même peut-on espérer qu'une chaîne va s'intéresser à Äkta Människor ? Quelque chose est en train de se passer et j'assiste à cette transition avec délice.

Ce soir, je ne serai pas à temps chez moi pour regarder Borgen sur arte, mais il y a des chances pour que vous, si.
Je vous envie un peu d'avoir cette découverte à faire, d'être encore vierge de son visionnage, si je puis dire. Vous allez passer une super soirée... Car n'hésitez pas : joignez-vous à l'aventure de cette série incroyable qui a conquis le monde, et découvrez pourquoi ceux qui la regardent ne tarissent pas d'éloges à son sujet. Unanimement, d'ailleurs.

Faites-vous une faveur, regardez Borgen. Ne loupez pas le coche de la fiction scandinave.

MeilleureSerie

Posté par ladyteruki à 15:00 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

17-04-11

Home Bittersweet Home

C'est une vieille fascination née par hasard. Ou peut-être révélée à ma conscience par hasard.
Un documentaire. Des décors merveilleux de rudesse et de beauté simple. De la lumière comme s'il en pleuvait, et une nuit opaque et confortable. Une langue envoûtante aux claquements et roulements intimes.
J'ai une certaine fascination pour la Suède, et par extension pour la Scandinavie. Ca fait bien 10 ans. Et ça fait aussi 10 ans que je me promets qu'un jour, j'apprendrai le Suédois. Que j'irai (alors que je n'ai pas envie d'aller au Japon). Que je m'installerai, même, peut-être (pour mes vieux jours, si je me débrouille bien). Mais je n'en fais rien, et je crois que j'aime l'idée que j'y viendrai plus tard, beaucoup plus tard. Que c'est quelque chose qui m'attend. Un horizon qui correspond au moi que je ne suis pas encore. Alors je ne tente rien de lire ou d'écouter. Je ne regarde pas le prix des billets d'avion et je ne me lance pas dans l'achat de méthodes diverses et variées. La Scandinavie peut attendre.

Ce qui a tout changé, c'est Scénaristes en Séries. J'avais vu quelques pilotes scandinaves à l'occasion des articles pour SeriesLive, mais très peu avec des sous-titres.  Et puis, je n'avais lancé les articles que pour Scénaristes en Séries, de toute façon.
Et me voilà dans le matin d'Aix-les-Bains, sous la bruine, à découvrir des séries sous-titrées dont je n'attendais pas tant. Ah, il faudra que je vous reparle de Borgen, d'ailleurs, faites-moi y penser dans quelques semaines lorsque les choses se seront calmées. Il y a eu, donc, les coups de coeur Borgen, Kommissarie Winter, et dans une moindre mesure, Alamaailma Trilogia. Depuis, il y a eu Forbrydelsen et Lykke, pour ne mentionner que ces séries. Et s'il est vrai que je n'ai pas forcément eu de coup de coeur devant Lulu og Leon, je dois admettre que j'avais bien aimé le pilote (a contrario de En God Nummer To, pas vraiment ma came). Bref depuis le mois d'octobre, je me sens pousser des ailes, comme si on me poussait à être impatience, à ne plus attendre de venir à ma vieille obsession que je pensais laisser couver encore un peu.

C'est qu'il y a de quoi s'enthousiasmer ! Chaque fois que je regarde une série scandinave (là, tout de suite, ne me vient aucune exception à l'esprit), j'y trouve une forme d'exotisme, ce qui est quand même ce que je cherche quand je regarde une série étrangère, même si cet exotisme peut prendre des formes très diverses, et en même temps il y a un côté particulièrement familier. Si je proteste chaque fois qu'on me dit que la fiction scandinave reflète bien le côté froid de ses pays de provenance, c'est tout simplement que pour moi, ce n'est pas froid du tout. Je m'y sens très facilement chez moi, et si ce n'était la barrière de la langue, je trouverais ça aussi confortable que quand je regarde des séries américaines ; qui, elles aussi, à bien y réfléchir, présentent de l'exotisme, et à vrai dire je m'en rends encore plus compte maintenant que je m'aventure toujours plus loin.
Mais si vous le permettez, j'aborderai éventuellement le ressenti que j'ai avec la fiction de chaque pays dans un post futur, car ce n'était pas l'objet de mon post. Je voulais simplement poser le cadre, pour bien vous faire comprendre dans quelles circonstances j'ai abordé Koselig Med Peis. Car maintenant, la fiction scandinave, je m'y sens vraiment bien, et je n'ai plus envie d'attendre pour m'y mettre (et du coup, reviennent au galop les plans linguistiques et les envies de voyage, mais passons).

KoseligMedPeis_Title
J'ai regardé le pilote de Koselig Med Peis (sans sous-titres, mais je songe sérieusement à y remédier) en ayant l'impression de me retrouver dans le même genre d'univers qu'un film indépendant. Genre Juno, mais plus indé. Il y avait un côté "on est un peu hippie sur les bords et on aime bien utiliser des meubles vintage partout" qui était un pur régal, et qui en même temps s'inscrivait totalement dans la démarche de la série. Et il est franchement rare que, d'ailleurs, la forme participe autant au fond.

Car l'histoire est la suivante : après une rupture difficile (et encore, ça ne s'est pas tout-à-fait calmé) avec une jeune chanteuse populaire, Georg retourne rendre visite à ses parents. Enfin, non, pas tout-à-fait, car ils ne vivent plus ensemble : sa mère, Bente, est partie vivre avec une autre femme, laissant son père Frank seul dans la maison familiale où Georg et son frère Terje ont grandi. Lorsque Georg passe une tête dans ladite maison familiale, il découvre une vieille bâtisse qui semble restée bloquée dans les années 80, à la différence près que la poussière, elle, a continué de s'accumuler. Et au milieu de ce lambeau de maison, il y a Frank, son père, qui très franchement ne marche plus bien droit : Georg va apprendre que son père est frappé de schizophrénie, et il faut bien que quelqu'un se charge de lui, tout désagréable et bougon soit-il. Et surtout, en dépit du fait que Georg n'a pas franchement de bons souvenirs avec son père. Le revoilà donc à s'installer dans la vieille maison avec son père qu'il imagine déjà impotent, une perspective qui ne fait pas grand'chose pour lui remonter le moral.

KoseligMedPeis_Maison
Cette maison figée presque 30 ans en arrière, c'est une trouvaille superbe. Un vrai personnage. On a l'impression de faire le plongeon dans l'enfance de Georg contre son gré, tant la maison est habitée, plus ou moins littéralement, par des fantômes de cette époque. Et je suppose que ça a d'autant plus fonctionné sur moi que je suis de la même génération que Georg, en plus.
Et Georg a une relation très intime avec son enfance : il se voit enfant, et Georg-adulte et Georg-enfant passent des moments côte à côte, soit paisiblement, comme à la fin de l'épisode, soit, et c'est peut-être moins subtil mais plus efficace, au début, lorsque Georg explique au petit la séparation, avec une espèce de douceur mêlée d'embarras, jouant à la fois sur le côté ambigu de la scène et sur l'émotion qui transparait à travers ce rapport qu'il a au passé. Symboliquement, il emmène le petit Georg partout, en fait, et c'est très touchant. Mais il ne sait pas trop non plus comment lui parler et ça, c'est touchant aussi, mais d'une autre façon.

KoseligMedPeis_Enfants
Et puis, il y a le reste de la famille, et notamment le rapport à Terje. Là encore, une relation fraternelle très réaliste, entre taquineries et confidences, deux adultes qui ont été enfants ensemble, qui ont pris des chemins différents mais qui sont encore liés, dans le fond. D'autant que Terje est vraiment un drôle d'animal, qui en essence vit devant son ordinateur, pour son grand projet multimédia... qui consiste en fait à se filmer en train de chier sur tous les drapeaux du monde, à commencer par le sien propre. Enfin, propre. Je me comprends.
Du coup inutile de vous dire au passage qu'entre le vieux grincheux schizophrène, le geek scatophile et le fiston qui s'est fait plaquer par une popstar, la mère devenue lesbienne, c'est presque la référence de normalité !

Ce qui m'a fascinée aussi, c'est d'avoir lu pendant que le pilote cagoulait (et ça a pris des semaines et des semaines, c'était interminable) que le créateur de la série avait été inspiré par Six Feet Under. Et vous, quand vous lisez un truc comme ça, instinctivement vous regardez l'épisode ensuite en cherchant les traces de cette paternité. Et là où je suis bluffée, c'est que j'arrive à comprendre d'où est venue l'inspiration (fils qui revient au bercail, famille fragmentée et étrange, mélange entre réalisme et éléments surréalistes), mais qu'à aucun moment je ne me suis dit "mais attends mais c'est trop Six Feet Under, ça !". Devant Borgen, c'est la même : l'équipe de la série n'a aucune honte à avouer de but en blanc que, oui, l'inspiration vient d'A la Maison Blanche, pour autant ce n'est ni une copie, ni une adaptation, et les sujets sont différents et abordés différemment.
En fait, c'est ça une fiction locale qui a réussi : savoir prendre l'inspiration, mais sans copier à l'identique. Je crois que c'est ça qu'on n'arrive pas à faire en France : quand on veut s'inspirer d'un truc, on a tendance à le copier bêtement en espérant qu'une polycopie fera le même effet que ce qui nous a donné l'idée. C'est faux. Et des séries comme Koselig Med Peis le prouvent bien : il y a une véritable personnalité, quelque chose de très intime dans l'histoire et la façon de la raconter, pour autant, le visionnage de Six Feet Under a peut-être déclenché un savoir-faire dans la narration, pour révéler une histoire qui aurait été sensiblement la même, je pense, mais avec peut-être moins d'outils pour la transmettre. Ce qui a été appris, c'est le moyen seulement, la technique.

KoseligMedPeis_Tandem
Je suis bluffée, en fait, d'avoir ressenti tant de choses, d'avoir vu tant de choses, alors qu'encore une fois, je n'avais pas de sous-titres. Il y a quelque chose d'universel dans cette histoire d'enfance à la fois perdue et retrouvée, dans le parcours de Georg qui n'est ni vraiment parti ni tout-à-fait revenu à la maison, et la réalisation intimiste, poussiéreuse, un peu jaunie mais incroyablement efficace, et rythmée comme il faut, permet de partager cette expérience avec lui.
Du coup inutile de vous dire que l'acquisition du DVD de Koselig Med Peis, je fais plus qu'y songer. J'en suis à envisager le moyen de paiement.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais ça va aller en s'améliorant) : la fiche Koselig Med Peis de SeriesLive.
Pareil, elle est toute neuve cette fiche... c'est bizarre quand même !

Posté par ladyteruki à 14:36 - Review vers le futur - Permalien [#]