ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

05-06-12

Le bénéfice du doute

SuiteiYuuzai

Chaque année, WOWOW nous gratifie d'excellentes séries, et pourtant à chaque fois, peut-être de par leur brièveté, je fais l'impasse sur des posts de bilan sur ces dorama d'exception. Eh bien pas cette fois !
Certes, Suitei Yuuzai me tentait moins, cette saison, que Tsumi to Batsu (pour laquelle apparemment les sous-titres ne sont pas à espérer dans un avenir immédiat). Mais après tout, certaines des séries que j'attendais se sont révélées décevantes, à l'instar de Kaeru no Oujosama puis, au bout de quelques épisodes, Cleopatra na Onnatachi (on y reviendra, soyez-en sûrs), alors pourquoi s'arrêter à des idées préconçues ?

D'autant qu'en plus de sa diffusion sur WOWOW (un gage de qualité s'il en est), Suitei Yuuzai est un drame dense, doté de nombreuses qualités, et exploitant son sujet sous tous les angles possibles, égratignant au passage les mondes médiatique, politique, et judiciaire. Tout le monde en prend pour son grade dans cette affaire, et la série s'attache à ne rien oublier.

Tout commence voilà 12 ans, lorsqu'une petite fille est assassinée. Le principal suspect de l'époque, Yoshio Shinozuka, est rapidement arrêté, puis poursuivi et enfin condamné à une sentence à vie. Mais voilà qu'après 12 années d'emprisonnement, il est libéré après que des tests ADN l'innocentent. Shinozuka, qui a maintes fois répété son innocence avant de finir par avouer ce crime pendant son long interrogatoire, est ainsi réhabilité aux yeux du monde.
Une nouvelle qui choque le journaliste Seiji Kayama, aujourd'hui reporter de guerre mais qui à l'époque avait couvert l'affaire en détails ; en particulier, lorsqu'il avait appris que la police suspectait Shinozuka, il avait enquêté sur lui et publié un article l'incriminant, qui détaillait son profil et ses motifs ; peu de temps après la publication de cet article, la police avait procédé à l'arrestation de Shinozuka, et Kayama a longtemps pensé qu'il avait joué un rôle dans le bon déroulement de la Justice. Avec la libération de Shinozuka, notre journaliste estime donc qu'il a une part de responsabilité dans son incarcération injustifiée.

Toutefois Suitei Yuuzai fait bien plus qu'aborder uniquement ces deux points de vue, puisque comme je le disais, plusieurs sphères vont être impliquées dans cette affaire.
Ainsi, la libération de Shinozuka prouvant qu'il y a eu erreur de la part des services de police, les responsables de la police métropolitaine sont  contraints d'aller faire des excuses publiques à l'ex-prisonnier, devant un parterre de journalistes. Ecarté de ces excuses par son supérieur, l'inspecteur Asada, qui avait mené l'enquête 12 ans plus tôt, est un peu mis sur la touche, mais reste déterminé à reprendre l'enquête pour trouver le véritable coupable. Il va vite découvrir que sa hiérarchie, plus que le couvrir lui, couvre plutôt toute une partie de la vérité, et l'empêche autant que faire se peut de pousser ses investigations.
Par-dessus le marché, la libération de Shinozuka se produit alors que les élections pour la chambre des représentants n'est plus très loin, et la récupération politique ne se fait pas attendre. Un politicien du parti démocrate, en particulier, nommé Kuribashi, se dépêche non seulement de s'afficher publiquement avec le héros du moment, mais s'immisce aussi dans son retour à la vie civile. Notamment, Kuribashi tente de s'afficher également avec la fille de Shinozuka, encore jeune au moment des faits mais qui a refait sa vie, et même changé de nom, et voulait pourtant mettre tout ça derrière elle.
Cette implication du monde politique et médiatique, une femme l'a voulue : il s'agit de Youko Ishihara, l'avocate qui a mené et gagné l'appel de Shinozuka. Car ce n'est pas tant l'innocence de son client qui l'a convaincue de mener cette affaire, que la perspective de devenir l'avocate la plus en vue du pays. Manipulant les médias (elle les convoque à de multiples conférences de presse mais les musèle avec des menaces de poursuites si le moindre mot lui déplait) avec brio, elle tente de tirer partie de la situation au mieux pour elle-même, avant de prendre en compte le bien-être de son client qui ne représente à ses yeux qu'un moyen.

Dans tout cela, il serait un peu facile d'oublier la famille de la petite victime. Douze années n'ont pas suffi pour que les parents et la grande soeur de la petite Tomoko guérissent des souffrances d'alors. Ils ont dû faire leur deuil en dépit de la police, des médias, et désormais, alors que Shinozuka est érigé en victime par les médias, leur souffrance est totalement mise de côté. C'est pourquoi la soeur aînée, Hiroko, prend contact avec le journaliste Kayama, bien décidée à l'accompagner alors qu'il tente d'écrire un nouvel article.

Car Seiji Kayama, comme beaucoup dans cette affaire, est rongé par la culpabilité. Suitei Yuuzai permet de prendre du recul sur ce qui s'est passé voilà 12 ans, et s'attache longuement à explorer le sentiment de culpabilité de plusieurs des acteurs de ce "drame après le drame" ; dans un monde où tout le monde a oublié la présomption d'innocence (c'est d'ailleurs la traduction du titre : "présumé coupable"), le sentiment culpabilité règne. Ô ironie.

Et pourtant, cette culpabilité n'est pas forcément équitablement répartie.
Ainsi, simple journaliste, Kayama n'a fait que son travail, explorant le profil et les motifs d'un homme qui était déjà suspecté avant son article ; d'ailleurs rien n'indique que la police n'aurait pas arrêté Shinozuka de toute façon. A l'inverse, le juge qui a traité l'affaire ne ressent aucune forme de culpabilité : pour lui, il a fait son travail sur les bases des preuves à l'époque (les tests ADN n'étaient-ils pas moins fiables voilà 12 ans ? Comment savoir que celui qui avait été présenté devant sa cour était un faux-positif ?) et n'a rien à se reprocher... même s'il a pris 12 années de sa vie à un homme.

Si l'incarcération de Shinozuka était à l'époque l'objet d'un cirque médiatique, malheureusement, les médias ne semblent pas retenir la leçon. Suitei Yuuzai ne cache pas sa désapprobation de l'omniprésence des journalistes, des caméras et des micros ; ils sont partout, à la sortie des maisons, des lieux de travail, bousculant tout le monde, harcelant les gens de question. Les tabloids se remplissent d'images dés que l'occasion s'en présente, même si cela n'apporte rien à l'affaire, simplement parce que c'est le sujet du moment.
Pourtant on ne peut pas dire qu'ils manquent d'information : Ishihara les nourrit de conférences de presse dés la libération de son client, y compris en direct, mais ce n'est pas assez. Ce n'est jamais assez. Il faut entretenir l'histoire.
Même Kayama, tout honteux qu'il soit, plutôt que de faire profil bas décide d'écrire un autre article, espérant à la fois prouver l'innocence de Shinozaki comme il en avait prouvé la culpabilité (démarche dont le degré d'objectivité est ouvert au débat...), mais aussi découvrir la vérité dans son ensemble. Il faudra l'insistance de Hiroko, la soeur de la victime, pour qu'il prenne en compte les ressentis de personnes bien plus diverses.

Si vous attendez de Suitei Yuuzai qu'elle soit un palpitant thriller dans lequel l'enquête pour trouver le véritable meurtrier de Tomoko vous tient en haleine pendant 5 épisodes, vous vous êtes trompés de série. L'enquête n'est pas du tout au coeur de l'intrigue, et c'est bien la raison pour laquelle elle piétine autant, nous poussant à d'ailleurs fabriquer, dans un premier temps, nous-mêmes les fausses pistes auxquelles pourtant elle ne fait pas du tout allusion. Et si Shinozuka était réellement le criminel ? Qui est le mystérieux Katsuragi, un témoin ou un acteur de la tragédie ?
Mais ce n'est pas le but de la série. Les portraits se succèdent, bien au-delà de ces personnages déjà nombreux que je vous ai présentés. Car si la libération de Shinozuka est l'épicentre d'un nouveau séisme, de nombreux personnages en sont encore au point de ressentir les répliques du bouleversement qui a eu lieu 12 ans plus tôt. Le concept de Suitei Yuuzai est vraiment d'essayer d'explorer le plus de points de vue possible.

SuiteiYuuzai-Portraits

Et du coup Suitei Yuuzai a le défaut de ses qualités.
En voulant couvrir tant d'angles sur un même sujet, la série finit par se montrer trop froide. Etrangement, l'objectivité qui fait défaut au personnage du journaliste Kayama, le spectateur finit par la faire sienne de par la multiplicité des points de vue. Pour cette raison, les scènes supposées être émouvantes ne le sont plus, parce qu'on a pris l'habitude de se mettre dans la peau d'un peu tous les personnages. La série adopte de nombreux thèmes traités dans Aishiteru ~Kaiyou~, notamment, sur le deuil d'un enfant, et la question de la responsabilité, mais échoue à lui arriver à la cheville dans le registre affectif.
Pire encore, quand la série tente de corriger ce défaut, notamment dans l'ultime épisode, cela se fait de façon presque grotesque (le presque ayant son importance, mais de peu), confirmant que la vocation de la série était ailleurs, et qu'elle aurait été bien avisée de s'en tenir là.

La conséquence de cet inconvénient, c'est que la résolution de l'enquête, puisqu'il fallait bien lui en donner une (même alors qu'elle n'était pas au coeur de la plupart des épisodes), si elle fait sens, manque de panache. La série démontrait assez bien la façon dont fonctionnent et se croisent les sphères médiatique, politique, et judiciaire, mais finit par ramener les choses à une explication triviale. Evidemment je ne veux pas trop vous en dire, mais on peut trouver que cela manque de courage ; c'est également vrai pour l'avocate qui se débine un peu, narrativement et littéralement.

Un mot sur le cast, aussi. Je ne sais pas si c'est ma mémoire qui me fait défaut, mais Touru Nakamura, vu déjà dans Soratobu Tire sur la même chaîne, est très décevant dans le rôle du journaliste gonflé de culpabilité, ayant tendance à surjouer la "bravitude" (on ne saurait l'appeler autrement). Occasionnellement, Jinnai Takanori, pourtant bon acteur en général comme en particulier, cède à un défaut similaire dans ses habits d'inspecteur Asada. Jun Kunimura est quant à lui impeccable de bout en bout, ce qui est d'autant plus honorable que le rôle de Shinozuka est parfois légèrement ingrat. Les vraies bonnes surprises sont à chercher parmi les rôles féminins : un peu Hitomi Kuroki, mais surtout les jeunes actrices Mimura et Yuika Motokariya, qui apportent un véritable plus aux scènes qu'elles honorent de leur présence. Un peu comme la série elle-même, le cast est donc assez irrégulier, mais capable aussi du meilleur.

Alors, au final, Suitei Yuuzai est un dorama qui atteint son but avec brio dés qu'il exploite son thème initial de la culpabilité, et quand il se préoccupe de faire en sorte que des mondes différents réfléchissent leur image les uns sur les autres à la façon de miroires. Mais quand il s'agit de s'écarter de ces thèmes pour donner dans le pathos, ou simplement résoudre l'énigme qu'elle a posée, la série ne se montre pas plus convaincante que le premier dorama de network nippon venu. Ce qui n'est pas si mal, mais en-dessous de ce qu'on pouvait attendre d'une série avec un si bon pedigree, et surtout de bons ingrédients.

Sans être totalement décevante, Suitei Yuuzai n'atteint pas totalement le potentiel qui était le sien. Mais pour un "investissement" de 5 épisodes, ce n'est pas si grave, et mérite quand même le détour, car après tout, même si la série ne remplit pas toute sa part du contrat, elle pose suffisamment de questions sur le traitement des affaires hautement médiatiques pour piquer la curiosité du spectateur et lui donner des pistes de réflexion intéressantes.
Et si ça, c'est le pire qu'on puisse tirer d'une série, on s'en sort déjà franchement bien, non ?

Posté par ladyteruki à 22:50 - Dorama Chick - Permalien [#]

10-08-10

Double standard

Depuis que j'ai commencé à m'intéresser à la culture nippone, pleinement consciente que j'étais déjà largement imprégnée de culture américaine, j'ai toujours pensé que ces deux passions, l'une en Amérique et l'autre en Asie, reflétaient deux parties de ma personnalité qui avaient besoin à part égale de s'exprimer et se divertir. Il y a eu de nombreuses phases de ma vie en déséquilibre entre les deux, mais je pense que quoi qu'il arrive, même quand j'opère une bascule, je reviens toujours à ce besoin d'avoir un peu de chaque monde.

Mais non seulement ces deux parties de ma personnalité ont des envies différentes, notamment en termes de fiction puisque je vais me borner à ce sujet dans ces colonnes, mais elles ont aussi des échelles de valeur différentes.

Du coup, même si c'est bien involontaire, je me retrouve à ne pas traiter de la même façon une série japonaise d'une série américaine, pour reprendre les deux nationalités que je côtoie le plus souvent. Alors, pour illustrer cette schizophrénie téléphagique, voici donc un petit comparatif des réactions variables que je peux avoir devant des évènements pourtant similaires sur le papier. Un post dans lequel, à n'en pas douter, vous serez au moins, ohlà, trois, ou peut-être quatre à vous reconnaître... cette dichotomie n'existant certainement pas dans les mêmes proportions quand on se contente de séries américaines et britanniques, par exemple.

Duelles_Casting

Au Japon, c'est en ce moment la période des projets (période redoutable s'il en est, où je crains toujours de faire des news sur SL de peur qu'elles soient fusillées sur place), et en Corée, la période des projets, c'est pour ainsi dire toute l'année. Alors des annonces de castings, c'est tous les quatre matins, en gros. Je disais récemment que les actrices japonaises m'indiffèrent souvent, et ce n'est pas différent pour leurs homologues masculins, ou pour le même population de l'autre côté de la Mer du Japon. En gros, en-dehors de Yuuki Amami (GOLD), Miki Maya (actuellement dans Mioka), Michiko Kichise (Mousou Shimai, que peut-être certains d'entre vous ont vu... l'appel est lancé) et, oh, yen a peut-être une quatrième mais là j'ai pas de nom en tête, je me bats l'œil de façon mortelle de savoir qui a décroché un rôle ici ou là. On peut bien caster qui on veut, ça ne fait pas grande différence pour moi en amont. Attention, je ne dis pas que les acteurs japonais se valent, ni qu'ils sont interchangeables, ou quoi que ce soit. Simplement en général, je juge plutôt sur pièce. Je ne me réjouis pas à l'avance. Savoir qu'untel a décroché un rôle, bon, ça ne provoque pas chez moi un torrent de pensée, même pas un "nan, mais elle est nulle, pourquoi elle ?". En Corée, je suis bien obligée d'avouer que c'est pire, parce que non seulement je ne retiens pas leurs noms mais je dépense beaucoup d'énergie à oublier les visages aussi (le passage quasi-systématique au scalpel aidant). Je fais un bloquage total sur les noms coréens de toute façon, et j'ai décidé de ne pas livrer cette bataille, je triche : je vais voir les fiches à chaque fois pour savoir qui a joué dans quoi. Vraiment, les castings des séries asiatiques peuvent difficilement m'être plus indifférents. A contrario, j'ai presque toujours une opinion sur tel ou tel acteur qui est annoncé dans une série (bien que les news casting pour une simple apparition en guest aient tendance à m'agacer), parce que je me souviens de leur parcours probablement. Mais bon, ça s'explique peut-être aussi par une question d'ancienneté, 15 ans dans la fiction américaine contre un peu moins de 5 dans la fiction asiatique, on en reparle dans quelques années, ça aura peut-être évolué.

Duelles_Renouvellement

C'est pas la taille qui compte, c'est le temps pendant lequel on peut s'en servir. Mais il s'avère que le nombre d'une saison, pour une série américaine, me semble souvent devoir tendre vers le maximum. En fait, je considère qu'au-delà d'une dizaine de saisons, une chaîne doit à une série de continuer à la renouveler quoi qu'il arrive (sauf dans le cas des Experts Buenos Aires, mais on reparle de ça dans un post ultérieur). A partir d'une certaine durée, le renouvellement d'une institution sonne comme une évidence, ça ne devrait même pas se discuter. A l'inverse, une série asiatique qui joue les prolongations, c'est toujours un peu suspect, même si ce n'est que pour quelques épisodes. Concrètement, demain on m'annonce une saison 2 pour Aishiteru ~Kaiyou~, je pense que je fais salement la tronche. Fort heureusement, les séries asiatiques que je préfère se prêtent peu aux renouvellements. Exception faite du cas IRIS et Athena, je jugerai devant l'écran, on verra bien...

Duelles_Poulet

Si d'une façon générale, et comme je le disais hier, les séries policières m'insupportent au plus haut point, de sorte que je vomis tout ce qui porte un badge de près ou de loin (et avec le temps, cette overdose s'applique également aux marshalls et autres agents du FBI), en revanche, en Asie, je parviens quand même à regarder quelques séries sans trop sourciller. Comparativement, ça me demande 3 fois moins de volonté de me mettre devant le pilote d'Unubore Deka que devant celui de The Good Guys. Je passe peut-être à côté de quelque chose mais ça me semble tellement plus vite gavant en Occident. C'est peut-être parce que, si la proportion de flicaille est élevée dans les deux camps, elle reste cependant stable en Asie où on n'en fait pas des orgies, alors qu'en Occident, si CBS s'écoutait, je suis sûre qu'il y en aurait encore plus chaque saison alors qu'on ne parvient même pas à se débarrasser de celles qui sont à l'antenne ; il y a un vrai problème de contrôle de la population de volaille sur les écrans américains. Mais pour être honnête, je n'ai même pas encore vu de série policière coréenne. C'est pour tout ça que j'accueille les séries policières asiatiques avec plus de clémence. Même si ça ne veut pas dire que je me les tape toutes, évidemment (toujours pas vu Hanchou par exemple).

Duelles_Generique

Une série japonaise fait un générique ? Je suis contente. Je le découpe. Parfois j'en tombe amoureuse (récemment, celui de Joker, suivez l'tag, m'a beaucoup plu, par exemple). Mais s'il n'y en a pas, je ne vais pas me rendre malade pour si peu. En revanche, qu'une série américaine daigne proposer un truc de 10 secondes, et la foudre va s'abattre sur elle. Mes voisins m'entendent régulièrement m'écrier avec colère "et le générique ? non, il est en option le générique ?" et autres récriminations rageuses. Une série asiatique avec un générique, c'est bien, une série américaine avec un générique, c'est indispensable.
Deux poids, deux mesures.

Il y en a probablement d'autres, que j'oublie ou que je n'ai pas expérimentés. Et vous, amis amateurs de séries asiatiques, expérimentez-vous ce genre de réaction à double vitesse, et dans quels cas ?

Posté par ladyteruki à 06:47 - Dorama Chick - Permalien [#]

02-08-10

[Day 2] Allez quoi, en plus c'est pas long !

MemeDay_2

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Aishiteru ~Kaiyou~ de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:00 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

21-10-09

Samurai no Waltz

Mais où étiez-vous passés ? Je vous ai dit que je voulais vous raconter mon weekend téléphagique, et vous, vous partez avant la fin ? Ah bah bravo la curiosité, hein !
Surtout qu'en vous parlant de Tenchijin comme je m'apprête à le faire, je vais aborder un nouveau genre télévisuel, aussi bien pour vous que pour moi : le jidaigeki (et plus précisément son cas particulier le taiga).

Tenchijin

Je dois dire que, jusqu'à présent, j'entretenais une relation à la fois de fascination et de méfiance vis-à-vis des séries en costumes made in Japan. Pour ce qui est de la méfiance, elle est à mettre au compte de mon aversion pour les séries historiques en général, quelle que soit leur provenance, The Tudors (et dans une moindre mesure Rome) m'ayant sortie de ma démarche habituelle, qui consistait à voir qu'il y avait une série historique, à constater qu'elle avait l'air très bien foutue, et à faire un détour scrupuleux pour l'éviter soigneusement.
Pour ce qui est de la fascination, elle est le cas particulier de mon admiration envers la capacité qu'on les Japonais à mettre leur passé au présent. Littérature, musique, télévision... ils cultivent leur culture en plus de leur capacité à piocher dans celle des autres pour souvent panacher le tout, et ça ne les choque pas d'utiliser des trucs qui ont des siècles pour divertir le public (tous les publics, d'ailleurs) aujourd'hui. Je prends toujours un exemple musical pour expliquer l'objet de mon enthousiasme à ce sujet. Prenez une chanson récente... mettons, Starlight Waltz. On y trouve 2 DJ electro, une chanteuse de bossa nova, et des arrangements à grand renfort de folklore d'Okinawa. C'est magique ! Si, absolument, c'est magique et je le prouve : c'était quand la dernière fois qu'un artiste français s'est pris à mixer des musiques actuelles avec des airs de bourrée ou avec des gros morceaux de biniou dedans ? CQFD. En France, notre patrimoine historique ne fait ses apparitions dans les sphères télévisuelle ou musicale que lorsqu'on veut brandir l'étendard de la culture. Mais dans la popculture, point, et le divertissement encore moins.

Et Tenchijin ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas un casting de vieux croûtons ou d'acteurs sur le retour qu'on y trouve : Satoshi Tsumabuki (Orange Days, Lunch no Joou), Hiroshi Abe (Shiroi Haru), Misako Tanaka (14 Sai no Haha, Aishiteru ~Kaiyou~)... il ya du beau monde, de l'acteur aimé, de l'acteur primé. Bref, quand la NHK a lancé ce projet, elle n'a pas fait ses petites affaires dans son coin pour fournir à trois mémés leur lot de dorama historique habituel, non, la chaîne à pensé à tout le monde, parce que la série historique, ça ne doit jamais être barbant, sinon on a manqué son objectif. Bah désolée, moi, ce genre de démarches, ça me fait palpiter le cœur. Et pendant ce temps, d'aucuns se gargarisent d'exception culturelle...

Alors, bon, après, sortie de ses bonnes intentions, Tenchijin reste (du moins je l'imagine, c'était ma première série du genre) assez conventionnelle. Mais cependant, pas chiante. Bon, juste un peu longue... le pilote d'1h15, personnellement je l'ai senti passer (pis ma cagoule aussi parce que punaise, à 1,35 Go la bestiole...). Je vous trompe pas sur la marchandise, vous voyez.
Mais pas un instant je n'ai eu d'envie suicidaire. Beaucoup des acteurs sont bons (les Japonais ont juste un problème récurrent avec leurs enfants-acteurs, je pense que ce fait est dû à la nature-même de leur industrie télévisuelle, mais en-dehors de ça rien à redire), ce n'était pas filmé à la va-vite, les costumes sont ce qu'on en attend, bref, c'est de la bonne fresque historique.

Et puis, en dépit de son conventionnalisme, Tenchijin reste divertissant, et c'est ce que j'ai envie de considérer comme essentiel. Exacte ou pas sur la réalité historique (et personnellement je considère que ce n'est pas un prérequis), la série présente des personnages solides, je pense par exemple à celui de Hiroshi Abe qui tient très bien la route : c'est un homme de son temps, guerrier et un peu ombrageux, mais en même temps un homme avec des principes et une certaine rigueur morale. La série retraçant son histoire, on s'attend aussi à ce que le personnage du samurai Naoe prenne de la profondeur avec le temps, puisque la série commence alors que le personnage a 5 ans, et que son initiation aux règles de vie des samurai va se faire en parallèle de la construction de son amitié avec son jeune maître.

Tenchijin, avec son cast impressionnant (help ! par où commencer ?), son ambition de retracer plusieurs décennies de la vie de son samurai de héros, et sa distance (car cela reste factuel, on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ni grandir un personnage), est la définition-même de la fresque historique télévisuelle.
Je soupçonne qu'il y en ait eu d'autres aussi bonnes avant.
Mais j'ai tendance à penser que ça mérite tout de même 1h15 d'attention, quitte, comme j'ai choisi de le faire, à ne pas y consacrer plus de temps ensuite ; il faut dire que 47 épisodes, c'est beaucoup pour l'allergique à la fiction historique que je continue d'être. Mais vous le voyez, je me soigne.

Et pour ceux qui manquent cruellement d'hommes aux cheveux longs : la fiche Tenchijin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Dorama Chick - Permalien [#]

29-08-09

Carte postale

PostSecret

Finalement, j'en viens à la conclusion que la téléphagie, ça ne se commande pas.

Je voulais absolument me trouver une série à dévorer cet été, et je vous proposais de m'aider à choisir. Je m'était fixée sur une série, et ne manquait plus que le passage à l'acte.

Mais alors, je ne sais plus trop comment, je me suis trouvée happée par un tourbillon de séries japonaises, et puis, bon, du coup le reste est un peu passé à l'as. Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, d'ailleurs ; c'est juste que ça s'est passé comme ça.

Depuis, le cœur tordu devant 14 Sai no Haha, Kaze no Garden ou Aishiteru ~Kaiyou~, riant aux éclats devant Seigi no Mikata, et mangeant des M&M's devant BOSS (c'est là mon Top 5, en passant), j'ai mis de côté mes découvertes ou redécouvertes américaines. N'allez pas croire cependant que cette orgie a complètement shunté la fiction américaine.

Car à ma plus grande surprise, ces quinze derniers jours, j'ai aussi trouvé du temps pour m'enfiler tous les épisodes ultimes d'Urgences diffusés pendant cette période (ça doit faire 5 ou 6 épisodes, en tout, non ?), j'ai continué à regarder Drop Dead Diva (même si je n'ai aucune idée de pourquoi), je me suis même laissée aller à 1 Monk ici et 1 Chuck là. Preuve que ma dévotion envers le Japon n'a rien eu pendant cette période d'exclusive.

En toute sincérité, je pense que j'en ai encore pour quelques temps comme ça, deux, trois semaines peut-être, avec une consommation aussi effrénée. Ce n'est pas trop m'avancer que de dire que plus la rentrée américaine approchera, plus elle aura mon attention (surtout qu'elle commence avant le gros de la rentrée japonaise), à plus forte raison parce que j'ai soigneusement évité 99% des trailers pour les nouveautés de la saison.

En fait, c'est même complètement la raison pour laquelle je suis dans cette phase en ce moment, si on réfléchit bien. Car vu le taux d'annulation de la saison dernière, ce qui se joue en septembre aux USA, c'est un peu l'intégralité de ma saison, puisqu'en dehors de Better Off Ted, je ne suis pas spécialement fan des séries qui reviennent cette saison. Ou alors j'ai une grosse amnésie, mais bon.

Et comme justement, ce n'est pas sur la fiction japonaise qu'il faut compter pour du long terme dans la majeure partie des cas, mon attention va être soutenue envers la rentrée US, sans pour autant me lamenter à attendre qu'elle soit enfin lancée. Une attention que je crains justement d'être trop soutenue, car ça risque de m'influencer dans mon opinion que de savoir que je n'ai plus de série fétiche à l'antenne, dans un sens comme dans l'autre puisqu'il sera possible que je me dise aussi bien "pff, ça vaut pas Pushing Daisies" que "woah, une nouvelle série à encenser, je n'attendais que ça". C'est à double tranchant, mais c'est de toute évidence ma dynamique de la rentrée. Ce sera un vrai challenge que cette nouvelle saison où je n'ai à fêter le retour de personne en particulier (le feu pour Brothers & Sisters s'était apaisé... faut dire que j'ai lâché en cours de 3e saison, je sais plus trop pourquoi d'ailleurs ?).

Alors bon, disons que jusqu'à la fin de l'été, ma téléphagie a pris des vacances, qu'elle a fait ses valises pour le Japon, qu'elle revient bientôt mais qu'elle va continuer à donner des nouvelles.
Dans ce contexte, je peux comprendre que ses carnets de voyage n'intéressent pas tout le monde (bien que je le regrette), mais si ça peut vous rassurer, les choses vous se rééquilibrer d'ici quelques semaines, mécaniquement.

Par contre, j'espère bien me désintoxiquer de Drop Dead Diva parce que ça m'inquiète. Je ne sais pas comment j'ai chopé ça, en buvant de l'eau du robinet peut-être, mais j'espère que ça va s'arrêter à un moment...

Posté par ladyteruki à 21:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]


26-08-09

Mieux vaut un petit chez soi...

Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?

Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

Appart_Tradi1
1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

Appart_Tradi2
Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)

Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

Appart_Cosy2
Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

Appart_Cosy3
14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

Appart_Cosy1
Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)

Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.

Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

Appart_Blanc2
At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)

Appart_Blanc1
Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

Appart_Blanc3
Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)

Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !

Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

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Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

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Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

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Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)

Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

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L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

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Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

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La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

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Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

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Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

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Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.

Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...

Posté par ladyteruki à 04:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

22-08-09

Dorama craze

Rappelons qu'à partir de lundi commence l'étape japonaise du Tour du Monde des Séries, sur SeriesLive, et que dans cette optique, j'ai envoyé de nombreuses fiches nippones à Eske (même si toutes n'ont pas eu le temps d'être publiées), qui auront la "préférence nationale", c'est-à-dire que les points attribués par les votants compteront double.

ERRATUM : l'étape japonaise, c'est dimanche ! Votez nombreux !

Du coup je ne résiste pas à l'envie de vous remettre l'intégralité des séries dont j'ai parlé dans ces colonnes, avec tags, liens, et tout le bazar, pour que vous n'hésitiez pas à donner quelques points bien mérités à ces séries. Le Tour du Monde des Séries, ça sert aussi à ça !

Aishiteru ~Kaiyou~  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Bokura no Yuuki (tags ladytelephagy / fiche SL)

Futatsu no Spica (tags ladytelephagy / fiche SL)

Hokaben  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Innocent Love  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Joou no Kyoushitsu  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Kamisama, Mou Sukoshi Dake  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Last Friends  (tags ladytelephagy / fiche SL)

LIAR GAME  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Lunch no Joou  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Maid Deka (tags ladytelephagy / fiche SL)

Orange Days  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Ruri no Shima  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Seigi no Mikata  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Shigeshoushi (tags ladytelephagy / fiche SL)

The Quiz Show  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Yakou no Kaidan  (tags ladytelephagy / fiche SL)

Pour le moment, il n'y a pas d'autre dorama qui soit fiché ET dont j'aie parlé ici, mais sachez bien que j'y travaille, Eske en a quelques uns en réserve tandis que je continue de préparer des fiches à mesure que j'en découvre, de sorte que l'an prochain, il y ait plus de choix si cet évènement se renouvelle !
Et d'une façon générale, c'est quand même bien sympa de faire découvrir des choses... personnellement je ne m'en lasse pas.

Donc voilà, maintenant vous n'avez plus d'excuse : vous avez le weekend pour faire vos recherches, le règlement est là, après, il suffit de jouer là ! Et si vous jouez au Quizz de SeriesLive, vous gagnez des points supplémentaires pour voter, donc voilà, vous savez ce qu'il vous reste à faire de votre journée de samedi.

Posté par ladyteruki à 11:22 - Dorama Chick - Permalien [#]

17-08-09

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]

16-08-09

[DL] 14 Sai no Haha

Mon marathon 14 Sai no Haha s'est terminé hier soir, entre deux réinstallations des Sims (ou disons plutôt 4 en fait, mais passons). Un marathon qui en fait n'en était pas un puisqu'il n'avait rien de prémédité, et que je ne pensais sincèrement pas finir la série aussi vite. En fait, à ma grande surprise, ce dorama a complètement pris le pas sur le suivi d'autres séries que je me décidais à regarder en intégralité au début de la semaine (Aishiteru ~Kaiyou~ où l'on retrouve l'une des actrices, et Kaze no Garden), avant que dans un sprint final, 14 Sai no Haha ne coiffe tout le monde au poteau...

Alors je me suis dit que je n'allais pas couper les ponts et comme ça... c'est d'ailleurs le plus difficile avec les dorama, les adieux... et que j'allais finir la semaine  avec un petit générique, parce que personnellement je trouve qu'il est réussi, et pourtant. Non, c'est vraiment ça le qualificatif : "réussi, et pourtant".

14SainoHaha
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Parce que de vous à moi, côté réalisation, on ne s'est pas beaucoup foulé. Mais ça marche à fond. Je me rappelle avoir entr'aperçu un extrait de ce générique il y a des lustres lorsque Shirushi (la chanson-titre) est sortie en single, dans une émission japonaise, je vous passe les détails vous n'êtes pas venus pour ça (sinon je vous lirais aussi commenter sur TP). Déjà à l'époque je m'étais dit "oh dites donc, ça vous attrape le cœur comme un rien, cette video", mais la déception était venue du pénible clip censé promouvoir la sortie du CD. La chanson n'étant même pas marquante (a contrario de celle de Last Friends, avec qui je trouve, ce générique partage son univers à mon sens), j'ai mis un mouchoir dessus et puis c'est tout ; le même groupe avait d'ailleurs produit un titre bien plus attrayant (quoiqu'à peine plus joyeux, et avec une video pas tellement plus ébouriffante) pour Orange Days, du nom de Sign (si le cœur vous en dit).

Mais voir aujourd'hui la version longue de ce générique, franchement, me rappelle à quel point mon cœur est captif de ces images. Je suis abasourdie par l'élégance qui s'en dégage, la façon dont tous les personnages sont représentés et mis sur un pied d'égalité (et tous terriblement beaux). Nan franchement, heureusement qu'ils raccourcissent le générique à mesure que la série progresse, sinon j'en serais encore au pilote.

Rappelons que le générique de début d'une série japonaise est coupé par l'annonce des sponsors, et que ça casse toujours un peu le générique, hélas. Mais cette annonce du sponsor a aussi lieu en cours d'épisode, et c'est ainsi que vers la fin de la série, on trouve ce très rapide encart... bah voilà c'est cadeau.

14SainoHaha_interlude
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 14 Sai no Haha de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:32 - Médicament générique - Permalien [#]

10-08-09

Des mots sur l'indicible

Avec un peu d'obstination, quelques outils techniques et beaucoup de patience, j'ai fini par voir Aishiteru ~Kaiyou~, une série dont le pitch m'obsédait depuis des semaines, et plus important encore, voir le pilote avec une traduction. En général, quand un pitch est aussi appétissant, la série aussi difficile à trouver, et l'effort long et douloureux, on finit par s'apercevoir que ça n'en valait pas du tout la peine. Aishiteru ~Kaiyou~ est l'exception qui confirme la règle.

Je rappelle pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les tags (mais à leur place je ne m'en vanterais pas) que ce dorama, sorti ce printemps au Japon, suit la vie de deux familles qui doivent surmonter une terrible épreuve : le petit garçon de l'une a tué le petit garçon de l'autre. Inutile de vous dire qu'une histoire comme cella-là ne laisse aucune place à l'échec. Et il n'y en aura justement pas, autant tout de suite annoncer la couleur.

Si l'introduction du pilote, une fois de plus, sacrifie à un certain conventionnalisme dans la présentation des faits (c'est dommage, mais éphémère), le reste se montre d'une incroyable justesse. En toute honnêteté, je recommande tout simplement de zapper cette intro, elle n'apporte rien à personne. Je sais que normalement ça ne se fait pas, et d'ailleurs je ne dis pas ça souvent, mais ce serait certainement salvateur (un peu comme pour celle de The Quiz Show - il y aurait de toutes façons long à dire du pénible effet de flashback qu'utilisent de nombreuses séries de part et d'autre du Pacifique), vu que l'effet des passages suivants s'en trouve un peu amoindrit. Mais enfin bref, que vous commenciez par le prologue ou non, ce à quoi vous allez être confronté, c'est à deux vies épouvantablement normales.

On se lève, on fait partir les enfants à l'école, les parents partagent la lourde tâche d'éduquer et subvenir aux besoins du foyer, ont leurs amis, leur famille... tout est normal. Tout se passe comme n'importe où ailleurs. Les enfants sont adorables mais causent du soucis, les mamans sont gentilles et un peu possessives, les papas sont stoïques et un peu en retrait... Ce n'est pas parfait, c'est juste normal.

Et puis l'horrible se produit. L'un des petits garçons disparait. Et le pire c'est qu'il disparait de façon atrocement anodine. La maman s'inquiète. Les parents s'inquiètent. La famille s'inquiète. Et puis à un moment la police s'inquiète. Jusqu'à ce qu'on retrouve le petit corps plein de sang. C'est atroce, mais ça arrive. Le drame est entré dans l'une des familles et n'en ressortira plus. La soeur fait une crise de nerfs. La mère se sent coupable. Le père tente de tenir bon. La police est désemparée devant la douleur de la famille. Que voulez-vous dire ? Que voulez-vous faire ? De toutes façons, sans un mot, la mère a tout compris.

Les adultes s'inquiètent. On cherche le meurtrier d'un petit garçon. On emmène soi-même les enfants à l'école, on les incite à plus de prudence, on a le coeur serré lorsqu'ils sortent de la maison. Vous avez entendu parler du meurtre ? Il y a un monstre dehors, vous vous rendez compte ? Il faut trouver l'auteur d'un crime aussi odieux, pensez donc, un petit gosse de 7 ans... Heureusement qu'on a encore nos enfants, nous.
Et puis il s'avère, mais personne n'ose y croire, que le dernier à avoir vu la victime, c'est un autre petit garçon, qui n'a aucun mal à avouer ni à donner, résigné mais étonnamment lucide, l'emplacement des preuves qui peuvent l'incriminer. Il ne fait aucun doute que ce petit garçon est le tueur. Mais personne n'arrive à l'accepter.

La police semble hésiter à vraiment enclencher la procédure (l'interrogatoire est reporté sans problème). Les parents du petit tueur de 10 ans sont démunis. Ce ne peut pas être lui, dit la mère, c'est un bon garçon, ce n'est pas possible. C'est de ta faute, tu ne l'as pas assez surveillé, dit le père, on aurait mieux fait de ne pas l'avoir. C'est juste inconcevable pour les adultes. Un petit garçon vient de saboter toutes leurs certitudes.
Pourquoi a-t-il tué ce petit garçon ? La question n'est même pas là. Tous ces adultes habitués à voir les enfants comme l'innocence-même, à envisager que tout l'univers peut se ranger dans des petites boîtes bien propres, ne parviennent même pas à réfléchir aussi loin.

Chacune de ces scènes pleines de silences, de sous-entendus, de larmes, est d'une perfection assez incroyable. Tout le monde est désorienté à propos de ce meurtre, pour ce qu'il représente de totalement inconcevable. Le principe de réalité a pourtant bel et bien rattrapé la proprette petite société japonaise qui se plaît à vivre dans des maisons aux parquets cirés en pensant que ça les protège de l'indicible.
Sauf que ne pas mettre de mots sur le mal ne l'empêche pas de se produire.

Vous l'avez compris, je suis tombée sous le charme terrible de Aishiteru ~Kaiyou~, et j'ai hâte de voir la suite de cette autre exploration de l'inconnu. A côté, les astronautes de la semaine dernière, c'étaient des rigolos.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Aishiteru ~Kaiyou~ de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:47 - Dorama Chick - Permalien [#]


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