ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-10-12

Copy/Paste ?

CopyPaste

A l'heure actuelle, l'acquisition des droits de diffusion d'une série est devenue presque aussi important que les droits d'adaptation. Désormais le business du "format" est une composante vitale du marché télévisuel, alors qu'il y a encore une à deux décennies, on se contentait en général de diffuser des séries étrangères (dans beaucoup de cas, cette série étrangère avait tendance à être américaine). Le format qui pose sa valise à l'autre bout du monde était l'exception, non la règle.
Aujourd'hui, les flux des fictions sont plus massifs et complexes, et d'ailleurs le maillage entre pays est également plus dense et varié que jadis.

Les formats d'émissions unscripted (ou prétendues telles) comme les jeux télévisés ou la télé réalité tiennent, en la matière, le haut du pavé, mais plus les années passent, plus les séries s'y mettent.
On le sait bien : non seulement ce procédé est supposé minimiser la prise de risques (...insistance sur "supposé"), mais ça coûte infiniment moins cher quand les scénarios sont déjà écrits, prêts à traduire (si on l'a acheté dans un pays de langue différente, problème que n'ont même pas les pays d'Amérique latine, par exemple), et même souvent livrés avec un responsable quelconque de la série originale qui intervient en soutien sur le développement du remake (souvenez-vous de l'ami Philip Rosenthal).
Alors, dans un contexte financier qui n'a cessé de devenir plus austère (le pivot de la crise ayant été marqué par la grève des scénaristes américains de 2007, à partir de laquelle l'une des plus grosses industries télévisuelles du monde a resserré les cordons de la bourse pour ne plus jamais les relâcher), ce ne sont pas des détails, loin de là. Mais évidemment, il y a aussi le fait qu'à l'heure de la mondialisation, d'internet et de tous les clichés sur le village global que je vous épargne, les marchés soient devenus totalement perméables entre eux. Impossible de ne pas remarquer quand une série trouve un succès retentissant dans son pays natal, puis chez les voisins, et que le phénomène s'étend progressivement ; et dans ce cas-là il faut savoir attraper le train en marche.

Bon, sur la théorie je crois qu'on sera tous globalement d'accord : une série a de plus en plus de chances de connaître différentes formes sur la planète. Mais toutes les séries peuvent-elles être adaptées ? C'est ce qui m'intéresse aujourd'hui.

Que peut-on adapter ? Eh bien, naturellement, il n'y a pas de solution miracle : si l'équation magique existait, ça se saurait ! Certains succès énormes dans leur pays d'origine, ou même à l'étranger lors de la diffusion sur une chaîne locale, se transforment en vautrage de toute beauté dés que l'adaptation pointe son nez (comme Las Chicas de Oro ou Cheers l'ont douloureusement rappelé en Espagne, par exemple). Il n'y a pas de règle pour assurer le succès d'une adaptation dans un autre pays.
Le pire, c'est que même pour les idées à ne pas suivre, il n'y a pas de règle non plus ! On pourrait cependant lancer quelques pistes sur les messages d'alerte signalant une adaptation partant d'un très mauvais pied ; il est recommandé de :
- ne pas ressuciter les séries américaines qui ont déjà plus de 10 ans, probablement parce que les spectateurs ont eu trop de temps pour s'attacher à l'original, qui a fait le tour du monde 10 fois dans l'intervalle. Ce conseil ne vaut pas systématiquement, par contre, si le remake reste sur le sol des USA (des séries comme 90210 ou Dallas s'en sont tirées, par exemple, Wonder Woman et autres Charlie's Angels n'ont pas eu cette chance) ;
- ne pas adapter une série présentant de trop lourdes ressemblances avec des séries locales ayant du succès. Par exemple, on se doute qu'adapter RIS aux USA relèverait du masochisme le plus certain ! Dans une moindre mesure, on peut se demander comment une série qui, sur le papier au moins, ressemble à une version legal drama de Dr House, saura attirer le public a priori ; l'adaptation de Réttur, si elle aboutit, sera intéressante à observer à cet égard ;
- ne pas miser sur un cast "copycat", en particulier pour les comédies et dramédies, qui nécessitent du talent et pas juste de ressembler à l'original (ne riez pas dans le fond, ça s'est vu plus d'une fois !) ;
- prendre en compte les différences culturelles, au lieu de transposer bêtement d'une terre à l'autre en changeant les noms propres.

Le dernier point est le plus difficile à déterminer, forcément. Et c'est évidemment le plus vital, sinon c'est pas drôle.
Les différences culturelles peuvent parfois être difficilement perceptibles. Un remake Asie/Amérique ? Les différences seraient évidentes (mais l'expérience serait intéressante à observer ; pour l'instant, elle s'est limitée à des films de genre cependant). Mais un remake Australie/Amérique ? Oh, allez, les deux parlent anglais (enfin, bon, parfois j'en suis seulement à moitié sûre...), c'est la même culture, allez hop, emballé c'est pesé. Sauf que non, évidemment : c'est plus compliqué que ça.

Mais surtout c'est un point totalement incompris par beaucoup de remakes, notamment dans le domaine de la comédie ou la dramédie : il ne s'agit pas seulement d'être capable de constater les différences culturelles et d'adapter le matériau à la culture d'arrivée. Il faut aussi réfléchir calmement à la question : si on procède à l'ablation de cette particularité culturelle, ou à la greffe de nouveaux éléments... peut-être que la série ne fonctionnera plus. Et ce n'est pas parce qu'une série est capable d'aborder un sujet universel qu'elle peut être adaptée de façon universelle...

Du coup, avoir du succès (public et/ou critique) lors de la diffusion originale n'est pas du tout une garantie d'adaptabilité ; en fait, j'aurais tendance à dire le plus souvent : au contraire.
Prenons un exemple évident, tiens. En dépit des immenses qualités de Srugim, on est tous d'accord pour dire qu'une telle série rencontrerait de trop lourds changements si elle devait débarquer sous une nouvelle forme dans un autre pays. Srugim est le genre de série condamnée soit à l'acquisition en vue d'une diffusion, soit à ne jamais traverser les frontières de son pays d'origine qui pourtant lui a prêté une grande attention pendant 3 saisons. Un grand nombre de séries sont dans son cas, et parfois ce serait bon que les projets soient mis en développement en gardant ce rappel à l'esprit...
De la même façon, j'aimerais pouvoir dire que 30° i Februari est une série tellement formidable et universelle qu'elle est entièrement adaptable par tout le monde... mais non. Oui, ce qu'elle inspire est totalement universel ; non, à part peut-être quelques voisins scandinaves, personne ne peut adapter la série. Et c'est tentant, forcément, parce que c'est un immense succès : c'est la fiction qui a fait les meilleures audiences de 2012 en Suède à ce jour, les critiques ont été dythirambiques (à raison si vous voulez mon avis), les récompenses ont souligné la qualité du travail effectué... et pourtant, ça ne fonctionnerait pas, pas du tout. Imaginez par exemple mal l'Espagne commander une version locale d'une série dans laquelle le froid (entre autres) chasse plusieurs personnages vers un pays ensoleillé comme la Thaïlande ! Clairement, le succès de l'original n'est pas un critère...

Il est évident qu'on ne vit pas dans un monde où les diffuseurs (ou les producteurs, d'ailleurs, ne mettons pas toujours tout sur le dos des exécutifs des chaînes) valorisent uniquement la création originale. Celle-ci a encore sa place, mais composer avec le catalogue existant, en perpétuelle expansion, des autres pays, est au moins aussi important.
Evidemment on peut considérer qu'il s'agit d'un échec créatif, peut-être même que c'est un mauvais signe pour la télévision (ne dit-on pas la même chose des remakes et des franchises au cinéma ?), mais il y a aussi du bon à en tirer. Certaines adaptations trouvent une vie bien à elles, comme c'est le cas de Wilfred qui a su partir du même postulat de base que l'original australien, pour arriver à un résultat "personnel" (souvenez-vous). Si la série est renouvelée pour une troisième saison, elle sera même forcée, ayant dépassé l'espérance de vie de son ancêtre, de se débrouiller totalement toute seule.
Mais même en admettant totalement qu'une adaptation n'est pas un aveu d'échec, et qu'un remake n'est pas mauvais par principe (un préjugé qu'il peut être difficile de surmonter quand on voit certaines horreurs engendrées par la pratique en question, je l'admets), toutes les séries ne peuvent pas voyager. Et beaucoup ne devraient tout simplement jamais devenir des formats.

Alors, tout ça pour dire : bonne chance au projet de remake américaine de Rake. Il en aura bieeen besoin.
Ah et euh, j'oubliais, le MIPCOM c'est dans 4 jours, et j'accepte les dons. Mais c'est bien-sûr sans rapport avec le post qui précède, ahem.

Posté par ladyteruki à 18:10 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

14-09-10

Dressée pour charmer

Bon, non, sérieusement. Parce que quand je fais de l'humour, apparemment le message passe mal.
Il y a une chose qui me chiffonne sincèrement dans Nikita, et c'est en repassant l'épisode en accéléré que j'ai compris pourquoi. Le problème ce n'est pas son sujet, son genre, rien de tout ça : je ne m'attends pas à aimer une série d'action. Elles ne sont pas faites pour moi, et je ne suis pas un public pour elles, c'est une affaire réglée.

Par contre j'ai un problème entre son contenu et sa cible supposée. Pour moi, la CW est la chaîne des adolescentes, voire des préadolescentes quand le monde va mal. C'est indubitable, et toutes les séries de sa programmation auxquelles je pense me semblent le confirmer (vous me dites si j'en oublie une qui fasse exception). Et le truc c'est que Nikita justement n'est pas exactement une série pour la cible traditionnelle des adolescentes.

La scène qui a fait tilt, c'est celle-ci (que j'ai sous-titrée pour que tout le monde puisse suivre, et qui est spoiler-free, d'où la coupure un peu sèche sur la fin) :

BelleNikita

On a ici une adolescente qui a sincèrement eu autre chose à penser ces derniers temps que la perspective de se peinturlurer le visage. Et on décide d'en faire une bimbo qui va utiliser ses charmes pour accomplir ses futures missions. C'est le but avoué : tu vas apprendre que tu es belle, et tu vas t'en servir.

Et en fait ce qui me chiffonne, c'est pas exactement que ce soit le propos de la série, ça fait d'ailleurs partie de la panoplie d'espionnage et ALIAS, par exemple, n'a jamais hésité à jouer sur le physique de Sydney (et ses costumes) pour souligner la chose. Mais ALIAS n'était pas une série diffusée sur une chaîne quasiment réservée aux adolescentes. ALIAS était une série destinée à un public adulte. Essentiellement, en tous cas. Ça n'excluait pas que des ados puissent regarder mais ils n'étaient pas le coeur de cible. Qui plus est, l'agent Bristow était déjà largement rodée aux tours et détours de sa profession.

Ici on a une série sur une chaîne principalement à destination des adolescentes, avec une adolescente tenant l'un des deux rôles principaux, et à qui on va apprendre à utiliser le sexe comme une arme. Vous voyez mon soucis ?
On a une vraie problématique de sexualisation d'une tranche d'âge qui n'a peut-être pas besoin qu'on l'emmène sur un tel terrain, et qui, avec des Gossip Girl et des 90210, a déjà, à mon humble avis, déjà largement de quoi faire en la matière, déjà à l'excès.

Maintenant comprenez-moi bien : je suis une femme. J'aime qu'on me trouve sexy, et j'aime me sentir sexy (quand la situation s'y prête ; exemple : au boulot, je n'y tiens pas).
Mais je n'aurais pas aimé que, voilà 10 ou 15 ans de ça (bon d'accord, plutôt 15 que 10), une série ou qui que ce soit d'autre m'ait pris par la main pour me dire que je pouvais utiliser mon potentiel de séduction à mon avantage. J'aurais trouvé ça déplacé parce que, toute adolescente que j'étais, nécessairement à la fois intéressée et angoissée par la perspective que d'autres me regardent (idéalement la gent masculine, j'étais du genre sélective), je n'en étais pas forcément au même stade de développement en la matière que d'autres adolescentes de mon âge qui taillaient des pipes dans les couloirs sombres, ou que celles qui faisaient leurs devoirs de la semaine suivante pendant la pause, camouflée sous un épais pullover. Nous ne sommes pas du bétail. On s'éveille à ces choses différemment (et une composante de cette différence est d'ailleurs tout simplement biologique), à des rythmes variés, certaines plus vite que d'autres.
Encore aujourd'hui, l'une de mes amies est une adorable petite blondinette aux beaux yeux bleus, qui doit rentrer dans un parfait 36 (allez, 38 si elle a abusé du McDo), et pour autant elle n'utilise pas son sex-appeal, ça ne l'intéresse pas. A contrario je connais des jeunes femmes qui n'ont pas grand'chose pour elles, mais qui le développent à un tel point qu'on ne doute pas un instant qu'elles soient sexy. Pourquoi vouloir nous conditionner pour systématiquement faire le parallèle entre ce à quoi nous ressemblons et ce qu'on peut en tirer ?

Bien-sûr, de la même façon qu'Alex regarde la robe rouge dans cet extrait avec à la fois envie et méfiance, bien-sûr, une adolescente a envie de plaire ! Mais faut-il vraiment lui montrer comment, alors même qu'elle n'est pas forcément mûre pour en comprendre toutes les conséquences, ni nécessairement prête à toutes les assumer ? On peut aimer le regard de l'autre sans réaliser ce qui se passe dans sa tête. Je ne parle pas des prédateurs sexuels, mais des adolescents et des hommes tout simplement (qui, diront les mauvaises langues, sont par nature des prédateurs sexuels, mais pas de ça ici), qui ne vont pas forcément s'arrêter au teasing que les adolescentes affectionnent.

Ne nous le cachons pas : quand je vais à un rendez-vous, je ne mets pas un col roulé ; je mets un beau décolleté qui met en valeur mon 95C, on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre. Mais je ne réfléchis pas en termes de "hm, j'ai un beau décolleté, comment je pourrais m'en servir pour obtenir ce que je veux dans la vie ?", et je trouve choquant qu'on le suggère à des adolescentes. Elles ne vous semblent déjà pas assez aguicheuses comme ça, les adolescentes, de nos jours ? J'en croise assez peu que je laisserais sortir dans la rue si elles étaient les miennes (et je me considère plutôt laxiste en la matière)...

Peut-on juste arrêter de vouloir expliquer aux gamines (désolée si certaines me lisent et se sentent offusquées par ce terme, appelez-moi vieille peau en échange, ce sera de bonne guerre) qu'elles peuvent être encore plus attirantes qu'elles ne le sont naturellement avec leur peau toute élastique ? (presque pas jalouse)
Est-ce qu'une série, fût-elle sur l'espionnage, ne peut pas aussi essayer de transmettre un message différent, genre c'est l'intelligence ou, à défaut, l'astuce, qui peut permettre d'obtenir ce qu'on veut ? Pourquoi toujours le sexe ? Elles sont pas assez sexualisées nos adolescentes ?

Voilà, c'était ça le fond du problème avec Nikita. La cible. L'adolescence, c'est un temps de construction de soi. Pas le moment idéal pour balancer des idées pareilles. En tant qu'adulte, je ne me sens pas mise en danger, mais je pense aux ados devant leur écran (je ne sais pas pourquoi, on analysera ça un autre jour).
Et je me dis que si elles regardent Gossip Girl, 90210, Hellcats et Nikita... ça fait beaucoup de modèles féminins qui utilisent leurs charmes dans la vie, et pas beaucoup qui utilisent leur tête.

Posté par ladyteruki à 23:14 - Série de valeurs - Permalien [#]

05-07-10

Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'adolescent

Ah, ça va nous changer ! Pour toutes les fois où j'ai tempêté contre les séries américaines à destination des adolescents, aujourd'hui, ça va être un peu différent. Presque, j'ai dit presque, une compensation. Parce que dans un monde télévisé où, chaque année, on nous fourgue un nouveau Hidden Palms, 90210, Gossip Girl ou The Beautiful Life, ce sont des séries comme One Tree Hill qui semblent les plus à même de servir de référence réaliste sur le quotidien des ados, c'est dire si on est pas dans la mouise.
Heureusement, on dirait que c'est en train de changer. Ou en tous cas, j'accueille à bras ouverts le retour de la nuance. Avec l'arrivée de Life Unexpected à la mi-saison, et maintenant, cet été, Huge, on est peut-être en train de retrouver une télévision plus en phase avec la réalité de son public adolescent (pourtant goinfre parmi les goinfres de la téléphagie). J'ai envie de dire qu'il serait temps.

HUGE

Dans Huge, l'obésité est au centre de tout et pourtant, elle n'est qu'un prétexte. Car à travers l'inconfort des jeunes personnages, on retrouve le malaise qu'expérimentent les adolescents quand leur corps semble ne plus vraiment leur appartenir. Derrière l'artifice du surpoids (un cas particulier de ce problème), c'est un thème universel que Huge aborde, celui d'une période de la vie où, de toute façon, on a du mal à aimer son corps, mais où le regard des autres nous pousse à dépasser cet inconfort et ces complexes pour s'épanouir en tant que (presque) adulte.
La problématique du surpoids n'est pas anodine, je n'ai pas dit ça. Dans une Amérique qui qualifie l'obésité de ses jeunes d'épidémie, évidemment pas. Mais sans avoir connu ce problème, on n'a pas de mal à compatir avec les personnages. Pour cela, l'écriture fait beaucoup, mais également la réalisation, qui, s'attardant dans les regards, les plans sur les mains, et les attitudes gauches des uns et des autres, laisse la place au non-dit, celui qui n'exprime pas un poids mais une émotion sincère et reconnaissable entre mille.

Difficile de ne pas retrouver un certain nombre de qualités présentes dans Angela, 15 ans, dans cette nouvelle série de Winnie Holzman. Les personnages se cherchent tout en ayant déjà une idée assez précise de leur identité. Ils voudraient juste réussir à trouver l'équilibre entre le regard des autres et celui qu'ils se portent, parfois accusateur, parfois complaisant. Finalement, ce camps de vacances pour les gros leur permet à la fois de s'assumer, au milieu de leurs semblables (ce que la scène d'ouverture exprime nettement) et de changer, ou du moins essayer.

Pourtant, le personnage central n'a rien de commun avec celui d'Angela. Will serait plutôt l'héritière de Rayanne, à mi-chemin entre la rébellion effrontée et le désespoir camouflé sous des tonnes d'arrogance. Fini les voix off, Will dit tout haut ce qu'elle pense, parfois bravache, et ne se prive pas de faire connaître son avis, ou l'avis qu'elle voudrait avoir. On sent immédiatement la contradiction entre les complexes et blessures, et le côté rentre-dedans et fort en gueule du personnage, le rendant immédiatement humain, c'est-à-dire ni adorable, ni insupportable. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu un personnage de ce genre ? Il y a quelque chose de courageux dans la façon dont dés le départ, on nous donne la possibilité de voir au-delà des stéréotypes.

D'ailleurs, pour un épisode d'exposition, le pilote de Huge parvient à éviter un bon nombre d'écueils. En-dehors de la douce Becca, aucun personnage n'est unidimensionnel. Les garces deviennent des victimes, les outsiders des bullies, etc... Côté personnel adulte (et forcément mince), on retrouve la même ambivalence, pas forcément explorée en profondeur mais il faut quand même admettre qu'en 42mn, il s'en dit, des choses, et on a le temps de voir un spectre de nuances particulièrement prometteur.

Non, le pilote n'est pas un chef d'œuvre, évidemment. Ça reste une série adolescente, et une série de ABC Family de surcroît. Mais quand le petit slogan "a new kind of family" est apparu au coin de l'écran, je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'il y avait quelque chose, sinon de nouveau, au moins qui était réapparu après bien des années d'absence. Il ressort des regards en coin et des attitudes de façade quelque chose d'honnête et authentique qui m'avait franchement manqué.

Le pari est sincèrement osé de lancer une telle série à une période où personne ne veut se prendre la tête, et encore moins se voir renvoyé à ses fragilités, avec en plus un casting loin d'être sexy (à l'exception de la petite Hasselhoff qui est juste lumineuse), mais personnellement, quelle que soit la saison et quel que soit l'attrait des acteurs, quand l'histoire est bonne, l'interprétation solide et la réalisation impeccable, on n'a pas besoin de me le dire deux fois. Allez hop, Huge vient de passer dans mon programme de l'été.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Huge de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:28 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-01-10

Trop attendue

Ce post s'adresse à vous tous qui, comme moi, avez été adolescents pendant la seconde moitié des années 90... vous vous souvenez ? Ce qu'on a pu ressentir devant Felicity, Dawson et/ou Young Americans ? Pour ma part, je gardais beaucoup de distance avec ces séries pour adolescents (et TF1 ne m'a pas permis d'approfondir la question Felicity qui aurait pu être la seule exception), mais même moi je l'ai perçu à un moment. Oui, le fait est qu'on l'a tous ressenti, à un moment ou à un autre, devant l'une de ces séries ou leurs équivalents, à des degrés divers.
Cette impression de proximité. Quelque chose nous parlait. Quelque chose s'adressait à nous sans (trop) nous prendre pour des crétins. Ne simplifiait pas le monde exagérément. Ne se contentait pas de nous divertir. Ces séries n'étaient pas juste écrites pour que nous les regardions, elles étaient écrites pour que nous y trouvions un petit quelque chose. Peut-être même un peu de nous.

Je pensais sincèrement cette époque totalement révolue. Elle s'est éteinte avec Joan of Arcadia et Everwood, pensais-je. Et pour être sincère, ça ne me faisait ni chaud ni froid, j'avais déjà amplement passé l'âge de me sentir touchée de plein fouet par ces séries, et même quand j'en avais l'âge, elles étaient loin d'avoir sur moi l'impact qu'elles avaient sur mes ami(e)s.

Sont apparues, graduellement, par ordre croissant d'indigence, The OC, One Tree Hill, Gossip Girl, 90210 et autres Hidden Palms, et je me disais : je suis bien contente de ne pas être une ado. Bien contente de ne pas chercher dans le paysage télévisuel quelque chose qui me parlerait, parce que, punaise, qu'est-ce que je serais déçue ! Les années semblaient ne passer que pour apporter moins de sens aux séries pour ados. Qu'est-ce que je les plains, les ados. C'est déjà pas facile d'être ado, mais quand on voit en plus les séries qu'ils se coltinent... pas gâtés, les pauvres. Au mieux, ils devraient être aussi furieux que je le suis de ce qu'on leur fourgue.
Et d'ailleurs, un peu plus tôt cette saison, je m'en étais émue à nouveau avec l'arrivée de The Beautiful Life, qui ne remontait toujours pas le niveau.

Et puis, tout le monde a commencé à parler de Life Unexpected. Et de vous à moi j'ai évité du mieux que j'ai pu ce qu'on en a dit, ce qu'on en a vu, ce qu'on en a espéré. Car de toute évidence, tout le monde en espérait beaucoup. Quand les trailers sont apparus, wow ! Je lisais les réactions et j'avais l'impression que tout le monde attendait l'arrivée de cette série comme celle du Messie. The WB redescendue sur Terre... On pouvait presque entendre les larmes d'émotion et d'espoir rouler sur les joues des gens.
C'est dangereux de trop en attendre d'une série. C'est déjà pas très sain d'attendre grand'chose de la CW, alors...

MuchExpected

Et pourtant, après avoir, ce soir, regardé le pilote de Life Unexpected, je dois reconnaître que je comprends sur quoi repose cet espoir, et qu'a priori il est relativement fondé. Mais que ce poids qui pèse sur les épaules de la série est peut-être trop lourd à porter quoi qu'il arrive. Life Unexpected parvient à avoir ce petit quelque chose de "vrai" qui semblait s'être évaporé mystérieusement des teenageries modernes. Certainement parce que dans le fond, Life Unexpected n'est pas conçu comme une teenagerie. Son personnage principal est une adolescente, certes, mais son discours est plutôt adulte, et surtout c'est à la génération de ses jeunes parents que la série s'adresse (la présence de Kerr Smith, transfuge de Dawson, et de Shiri Appleby, venue de Roswell, sont deux choix de casting assez révélateurs de la véritable cible de la série). Des adultes pas trop adultes, mais résolument plus des ados. D'ailleurs, on comprend avec ce pilote que ce n'est pas l'adolescence de Lux qu'on va suivre, mais bien la façon dont les deux parents vont grandir, enfin, et totalement. Et pourtant quelque chose dans le ton de cette série fait que, si j'étais adolescente aujourd'hui, je ressentirais ce que j'ai ressenti jadis devant Felicity.

Mais voilà le cœur du problème : je ne suis plus adolescente. Et vous, mes camarades qui avez été adolescents au cours de la seconde moitié des années 90, non plus. Et c'est là que le problème se pose finalement. C'est que nous avons passé l'âge. Ça ne nous appartient plus vraiment, cet univers. Les moins téléphages d'entre nous ont gardé Dawson dans un coin de leur cœur et sont passés à autre chose. Les plus téléphages d'entre nous, bien qu'éventuellement passés par des Skins et consorts, ont depuis grandi aussi, et ont découvert des Experts, des Dexter, des Mad Men même, et j'en passe. Nous vivons dans un autre monde et nous aimerions que Life Unexpected nous ramène à notre prime jeunesse, alors que nous ne guettions pas encore nos premiers cheveux blancs et que nous ne payions pas encore d'impôts. Mais c'est un miracle que Life Unexpected, malgré son pilote plutôt solide, ne peut accomplir. C'est trop lui demander.
D'autant que Life Unexpected n'est pas une série épatante. Elle est juste correcte. Quelque part ce devrait être le minimum syndical, mais nous avons tellement baissé le niveau de nos attentes !

Il faudrait pouvoir prendre cette série pour ce qu'elle est : une série divertissante mais pas abrutissante. C'est déjà bien. Mais je crains qu'après les semaines, voire les mois passés, cela ne lui soit refusé. Tout le monde attendait Life Unexpected comme la série qu'elle ne pouvait être. Celle qui nous rappellerait ce que nous avons ressenti il y a une dizaine d'années de ça. Mais même la meilleure des séries ne le peut pas. Alors, une série correcte...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life Unexpected de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:01 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-09-09

No-stalgie

Je me souviens assez bien ce que j'ai pensé du pilote de 90210 : j'y cherchais des références. Mais des références faciles à saisir parce que je n'avais pas suivi la série originale. En tous cas je m'attendais à ce qu'on joue uniquement avec ma mémoire. C'est un peu la même chose qui s'est passée devant Melrose Place, suivie des mêmes causes et des mêmes effets d'ailleurs.

Parce que si ces dernières années de télévision nous ont appris quelque chose, c'est que le revival est obligé de tirer sur la corde nostalgique et sentimentale du spectateur, là où le remake n'y est pas forcé (étant doté d'une plus grande liberté), mais quand même bien enclin. Bref en ce moment, la télévision joue sur nos souvenirs de téléphages, et tout le pari, c'est que nos souvenirs soient assez frais, précis et affectueux pour que le revival soit regardé autant que la série d'origine, et qu'un attachement vieux d'une, deux ou trois décennies rende le spectateur suffisamment patient pour excuser les balbutiements du début, et prenne le temps de s'attacher aux nouveaux personnages quand même.

C'est un sacré challenge parce que la majorité des spectateurs ne sont pas des téléphages, leur mémoire est moins remplie de souvenirs télévisuels qu'un amoureux des séries (logique mais bon à rappeler), et qu'en général le spectateur lambda aime aussi vite qu'il oublie. En ce qui me concerne, je n'étais qu'une apprentie téléphage lorsqu'étaient diffusées Beverly Hills et Melrose Place. Je me rappelle qu'au collège tout le monde adorait Brendon et Brenda, et moi je n'en avais rien à cirer, pour moitié parce que je ne pouvais pas regarder, et pour moitié parce que les rares fois où j'avais vu des épisodes, j'avais trouvé ça extrêmement indigent.

Et c'est du coup assez improbable que je m'attache aux revivals, que je leur donne une chance. Parce que moins que les autres encore, je n'ai une base d'affection pour la série dont le revival pourrait tirer partie.
Alors j'ai regardé le pilote, et ça a un peu glissé sur moi, je dois dire.

En dehors du jeu pathétiquement affligeant d'Ashlee Simpson, du couple cul-cul qui veut se marier, et du grain de beauté de l'étudiante en médecine, je n'ai en fait pas remarqué grand'chose qui sorte de l'ordinaire. D'ailleurs les personnages ne faisaient aucun mystère de leur manque de profondeur, comme avec fierté, puisqu'en quelques minutes tout le monde a déjà dévoilé sa part d'ombre et donné une idée de ses petits secrets, il ne reste rien à découvrir ou si peu. Tout réside dans les histoires de cœur, de cul, d'argent et d'alcool qui vont se mêler et s'entremêler jusqu'à ce que mort du cerveau s'en suive.

Mes reproches à Melrose Place, dans le fond, ne lui sont pas propres. C'est au contraire assez habituel que j'aie l'impression qu'on m'évide la matière grise avec une cuiller parisienne. Ce n'est pas propre à la série, ni à son ancêtre, ni au genre du revival CWien. Et en fait, j'ai même moins de reproches à adresser à Melrose Place que je n'en avais envers l'imbu de lui-même pilote de 90210.
Mais je ne suis clairement pas le bon public, il faut juste l'admettre.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Melrose Place 2.0 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 15:28 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-05-09

XOXO

La meilleure news de la semaine (ça compense presque l'annulation de Life... juste presque), c'est cet espoir merveilleux : de spin-off de Gossip Girl, il n'y aura peut-être point. Parce qu'il y a quand même un semblant de justice en ce bas-monde, voyez-vous.

Certes, rien n'est officiel à ce stade. Mais quand une rumeur rampe comme ça, en de multiples endroits (ici, ici...), surtout en ces temps troublés où personne n'est à l'abri, et où les investissements se font centime par centime, on n'a pas trop besoin de se poser de questions. Seules les audiences de l'épisode flashback de Gossip Girl devraient servir de confirmation, à ce stade. Si elles n'accomplissent aucun miracle, on sera fixés et je sortirai définitivement mes banderoles "victoire sur la médiocrité" que j'avais soigneusement pliées et rangées dans un tiroir depuis l'annonce de la suppression de Roommates. 'Faut pas jeter, ça peut toujours resservir ; la preuve.

Normalement, je suis du genre à ne pas me réjouir de la mort d'un pilote, surtout avant même qu'il ne voie le jour. M'enfin là, vous admettrez que les circonstances s'y prêtent. Franchement, quand on voit le navet qu'est Gossip Girl, qui figure parmi les plus pathétiques teenageries qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années (ex-aequo avec 90210, cela dit, mais pas exactement pour les mêmes raisons), on ne peut qu'avoir le sourire.

D'ailleurs, à l'instar de l'exécution de Roommates dont je parlais plus haut, ces nouvelles sont particulièrement prometteuses : si, en réalité, peu de projets sont réellement originaux et enthousiasmants à l'heure actuelle, au moins, la survie de concepts affligeants est limitée par écrémage. Certes on a une impression d'hécatombe, mais ce n'est qu'une version un peu plus sophistiquée de l'élimination des déchets par voie naturelle. Ne vous inquiétez pas, bonnes gens !

Car la conclusion que je tire de telles décisions, c'est que, même si la saison prochaine ne parvient pas à être meilleure que celle-ci avec son lot d'annulations et de nouveautés fadasses (et le business télévisuel c'est comme tout, il y a des bas et des hauts, les uns succèdent aux autres), au moins elle ne saurait être pire. Consolons-nous de cela en attendant un retour à la normale : les affaires finiront bien par reprendre à un moment, et ce n'est qu'un mauvais moment à passer ! Et voyez, déjà, il y a un peu de lumière au bout du tunnel.

Alors, vu la tournure que prennent les choses, je suis prête à sacrifier un Better Off Ted (hélas hélas, c'est mal barré), si ça nous garantit de n'avoir jamais à voir le spin-off de Gossip Girl. Quoi ? Ça n'a rien à voir ? L'un ne garantit pas l'autre ? Ah, bon, mais, je pensais que ça marchait comme les rituels païens, moi : un sacrifice en échange d'une faveur divine... Zut.

Enfin bon, surveillons la chose, il se pourrait bien qu'on sabre le champagne bientôt.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche... ha ha ha, il n'y aura jamais de fiche !

Posté par ladyteruki à 00:57 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

24-09-08

Les saisons aussi sont ailleurs

Je n'ai plus parlé stats depuis quelques temps, croyez bien que je m'en veux, mais en ce moment elles ne sont pas drôles. Du cul (de préférence avec Amanda Tapping !), du téléchargement (de préférence 90210... EH BAH NAN !), de sombres histoires de post-it encore et toujours... rien d'intéressant.
Sauf UNE. Celle-là, je ne pouvais pas passer au travers. Et je m'en voudrais de vous en priver.

- "pourquoi il n'existe pas de saison 6 sur x files"
Elle m'a coupé le sifflet, celle-là. Il n'y a pas de saison 6 ?! Vous voulez dire qu'on passe directement du cliffhanger à la fin de la saison 5, au season première de la 7 ? Sans déconner ? Ou alors elle a existé mais elle s'est fait enlever par des extraterrestres, peut-être ? Sérieusement ça pose question.

Merci d'avoir attiré notre attention sur cette anomalie, cher visiteur.

Posté par ladyteruki à 17:34 - Tell Me You Google Me - Permalien [#]

11-09-08

La Meglodie du bonheur

En cette rentrée télévisuelle, tout le monde vous parle de True Blood, Fringe ou 90210. Il parait que ce sont les séries les plus attendues (et comme tout bon commercial le sait : la demande, ça se crée) de la saison, en-dehors de Dollhouse qui arrivera plus tard. Bah, moi, comme série de la rentrée, j'attendais notamment Privileged. C'est comme ça.
Et je ne l'attendais pas simplement parce qu'en ce moment, je m'envoie trois épisodes de Reba par jour et que l'actrice Joanna Garcia avait obtenu le rôle principal de Privileged. C'est sûr que ça ne gâche rien mais ça ne se limitait pas à ça. Non, c'est juste que je me suis dit qu'on aurait peut-être droit à, enfin, un peu de maltraitance sur tous ces gamins riches qui pullulent à la télé en ce moment. Qu'on allait mater tous ces petits péteux et les remettre à leur place d'ados pas finis.

Je ressors de ce pilote avec une vision beaucoup moins tranchée du sujet. Pas vraiment refroidie, mais pas complètement extatique non plus. Et, comme j'ai pitié de vos bourriques virtuelles qui doivent avoir les paniers pleins de True Blood, Fringe ou 90210, justement, bah je vous en parle en rubrique La preuve par trois, comme ça vous n'aurez pas d'excuse pour ne pas avoir jeté un œil à cette série dont assez peu de monde a parlé. Si vous n'avez pas encore compris l'astuce de cette rubrique, j'ai un email, ok ? Allez, on y va.

Privileged_1
Première impression : bonne. L'intro était gentille et picotait un peu, ce n'était pas extraordinaire mais ça faisait une entrée en matière honnête. Seconde impression : excellente !!! Debi Mazar et Joanna Garcia dans la même scène ?! Faites entrer Fran Drescher et je suis une téléphage comblée ! Troisième impression : mais au fait, Debi et Joanna ont-elles vraiment tourné cette scène ensemble ? Regardez la façon dont c'est filmé : à aucun moment il n'y a de vraie scène avec ces deux-là. Comme si Debi avait été obtenue au dernier moment (en fait ce n'est probablement pas le cas, toutes les scènes de ce type sont, dans le pilote, filmées de cette façon scolaire, c'est même un peu irritant à la longue). Et puis quel est ce personnage horriblement larmoyant qu'est devenue Megan subitement, elle qui semblait si intelligente et sympa dans la première scène ? J'attendais un personnage sûr de lui, pas misérable et maladroit !
C'est en voyant cette scène affligeante que j'ai compris que Privileged n'allait pas juste être la bonne partie de rigolade que je m'étais imaginée. Mais notez que ça ne m'a pas découragée pour autant, ce n'est donc pas tragique.

Privileged_2
Et c'est là, un peu avant la 9e minute, qu'est arrivé mon premier fou-rire. Déjà la chambre des filles est au-delà du descriptible, kitschissime comme dans mes cauchemars les plus fous, mais en plus, que Sage tire au taser, avec son bandeau sur les yeux, pour se rendormir pendant que Meg agonise sur le tapis angora, c'était divin. On sent d'ailleurs très bien, dés ce pilote, qu'on tient avec les frangines un duo bien pensé : j'ai trouvé Rose délicieuse, et Sage formidablement vénéneuse, et pour autant, ça ne les empêche pas d'être très dépendantes l'une de l'autre et d'avoir une relation intéressante. A ce titre, deux scènes-clés : quand Megan et Rose discutent de la fac, et quand Sage vient épingler Megan avec son sourire de pire garce de l'année (dans une scène qui a vraisemblablement été refaite si on en croit le trailer). Chacune des deux le fait pour une bonne raison, et la raison, c'est la relation entre les deux sœurs. Ce pourrait être intéressant de voir comment les deux vont évoluer, à la fois ensemble et séparément.

Privileged_3
Le rôle d'Anne Archer semblait de prime abord purement anecdotique, un peu comme celui de Debi Mazar, à ceci près que c'est quand même Anne Archer et qu'on ne va pas la sous-employer, ce ne serait pas rentable vu qu'on a réussi à la booker, probablement à prix d'or, à la dernière minute (cf. trailer). Et puis, comme la majorité des personnages de la série, on s'aperçoit assez rapidement qu'elle est plus intelligente qu'il n'y parait. Et j'ai beaucoup aimé cette scène pendant laquelle Laurel et Megan semblent commencer à tisser un lien grâce à ce qui les unit : leur souhait de faire ce qu'il y a de mieux pour les deux sœurs, autant que possible. D'une façon générale et à l'exception notable de deux des personnages masculins (avec en tête, Marco le quota coloré, cuisinier de son état qui, comble du cliché, est forcément gay, sinon c'est pas drôle), tout le monde s'avère bien moins simpliste qu'on ne l'aurait pensé au départ. A commencer par Megan, qui se montre sous un jour moins optimiste lors d'une discussion sur la plage, puis ferme avec Sage Baker alors qu'on aurait juré qu'elle se laisserait impressionner. Il y a aussi les deux frangines, qui en dépit d'une superficialité affichée, et même revendiquée, sont toutes les deux très futées, Rose étant plus sensible mais aussi d'un tempérament curieux et ouvert, et Sage ayant ce type d'intelligence qui fait qu'on n'a pas envie de se la mettre à dos. Laurel, elle aussi, bien qu'elle clame n'accorder d'importance qu'aux apparences (et Megan en a pris bonne note : serait-elle également un peu vicieuse, notre petite prof ?), parvient à se montrer sous un jour complexe. Bref, c'est pas pour rien que Privileged n'est pas une comédie de 20mn : la série, sous ses dehors badins, a vraiment la possibilité d'offrir de bons personnages et peut-être même de bonnes intrigues.

Disons que je suis contente à 80% de ce que j'ai vu, ce qui n'est déjà pas si mal. Vous me direz où vous vous situez ; mais vu que vous attendiez probablement moins que moi de ce pilote, votre appréciation sera probablement plus clémente, non ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Privileged de SeriesLive.
favicon

Posté par ladyteruki à 00:54 - La preuve par trois - Permalien [#]

05-09-08

[DL] 90210

J'ai déjà dit tout ce que j'avais à en dire : personnages insignifiants, repompage éhonté d'un nom connu sans aucun rapport avec la série d'origine...

M'enfin, le générique, lui, il est à peu près réussi. A peu près. Disons que musicalement, on s'y retrouve, et sur quelques images aussi.

90210
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Alors bon, mon conseil, c'est de ne regarder que le générique si vraiment vous voulez regarder 90210.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (ne prenez pas ça pour un encouragement) : la fiche 90210 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:20 - Médicament générique - Permalien [#]

Go now, go !

Avaler 1L d'eau de javel.
Sauter du haut d'un pont.
Me pendre.
Me jeter devant un train, ou un bus. Mais surtout un train, parce que j'habite près de la gare et j'ai des nouvelles chaussures.
Me tirer une balle dans la tête.
Me fendre le crâne avec une hache.
Me perforer les veines du bras une à une.
Ce ne sont que quelques unes des mille façons de mourir qui m'ont faites fantasmer pendant l'épreuve 90210.

Et j'ai persisté jusqu'au milieu du second épisode, alors imaginez ma détresse.
En même temps, je me désintéressais déjà de Beverly Hills quand j'avais l'âge-cible, alors maintenant...

Je pourrais vous dire pourquoi je fais de l'urticaire chaque fois que je regarde ce genre de trucs (et ce, toujours en espérant, ô surprise, ne pas avoir envie de vomir, cette fois, juste cette fois), mais franchement, mon commentaire serait indubitablement le même que la dernière fois que j'ai parlé d'un teen show... les acteurs suffisamment vieux pour être de MA génération, les histoires de coucheries, de sorties... tous les trucs qui n'ont en fait pas de sens mais qu'on fourgue aux ados, et chaque saison, on fait leur jeu et on leur sort de nouvelles cochonneries dont ils peuvent se gaver comme une oie du Périgord, et ça me fatiiiiiiigue.
Alors disons simplement que je vous ai prévenus, que j'ai craché ma bile, et qu'on est quittes sur ce coup, ok ?
. . .
Vous avez une minute ? Je vais quand même développer, qu'on n'y revienne plus.

Sans déconner... même moi qui n'ai pas été fan de la série "originale", j'ai trouvé qu'on ne ressentait aucune nostalgie. Quoi, vous pensez vraiment que le simple fait de nous faire revenir Kelly a suffit ? Alors ok, c'est peut-être une actrice charmante, cette Jennie, bien plus que ne l'a jamais été Shanen qui OMG n'est pas gâtée par les années, mais franchement, en-dehors de ça et quelques mineurs petits clins d'oeil, ce n'est qu'un teen show comme les autres. Comprenez : aussi inintéressant que peut l'être son public en général.
C'est d'un triste de s'attarder sur la vie amoureuse de ces ados comme si rien d'autre n'existait. Il n'y a jamais d'autre enjeu. C'est juste moi, mon ex et mon futur copain, dans ces séries-là. Le reste n'est jamais que prétexte et ça ne fait frissonner personne.

Pourtant l'adolescence, ce pourrait être tellement plus que ça, à la télévision ! Pour beaucoup d'entre nous ça n'a pas ressemblé à ça, pas vrai ? C'était plus dense, plus compliqué ! Je ne me regardais pas le nombril en attendant qu'un garçon le découvre aussi (en plus j'aurais pas forcément su quoi faire ensuite), je me posais des questions sur mon avenir, la personne que j'allais devenir quand tout ça aurait arrêter de changer perpétuellement, chaque matin, j'essayais de comprendre les adultes autour de moi, je me construisais des passions, découvrais que le monde ne m'était pas offert et faisais des expériences intellectuelles, artistiques, émotionnelles, allant bien au-delà de la simple quête de petit copain ou de popularité. Et j'étais entourée d'ados qui vivaient la même chose et on ne me fera pas croire que c'est ça, être un adolescent !

Depuis Angela, 15 ans, quelqu'un peut-il me citer une série qui ait vraiment su retranscrire tout cela ? Parce que si elle existe, donnez-moi vite le titre, je veux la voir, tout de suite, ici, maintenant !!!

Donnez-moi de véritables crises avec les parents, des moments où l'on est encore le bébé de la famille, des moments où on est adulte dans les yeux des autres mais pas dans les nôtres, des instants de grâce et d'innocence, des moments perfides qui façonnent les prémices de notre carapace, des révélations sur le monde extérieur, des révélations sur notre monde intérieur, faites-moi vibrer de ce qu'a vraiment été l'adolescence !

Et ne nous laissez pas garder comme souvenir uniquement nos petites historiettes de coeur ! Oui, elles comptaient sur le moment, mais non, elles n'ont pas autant fait pour nous que tout le reste de ce que nous affrontions !

Alors voilà, oui, voilà précisément pourquoi je ne peux plus regarder les teen shows sans un goût acre dans la bouche, ce n'est pas vrai, nous n'étions pas ces êtres affadis et dénués d'intérêt qu'on nous montre, ces petits personnages vides entrant dans leur case gentillette de l'ado cherchant son premier amour (ou ce qui se passe dans les voitures devant la grille), nous étions tellement plus !
Et vous, ados d'aujourd'hui, de dix ans mes cadets, VOUS êtes plus. Alors exigez plus de vos séries ! Vous ne pensez pas que vous méritez d'être un peu mieux montrés à la télé ? Chais pas, moi, vous êtes censés être en période de rébellion, ça ne vous révulse pas qu'on vous réduise à ça ?

L'appel est lancé. Maintenant promis, je n'y reviens plus.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 90210 de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:19 - Review vers le futur - Permalien [#]