ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-08-13

Sans appel

Chose promise, chose due, aujourd'hui je vous emmène en Australie. Enfin, plutôt à Singapour. Mais en passant par le Cambodge. Oh, et le Vietnam, j'avais oublié le Vietnam.
Cependant, je confesse bien volontiers ma malhonnêteté : aujourd'hui, en fait de voyages, je ne vais pas tellement vous faire rêver, puisque voici venue l'heure de ma critique de la première partie de la mini-série Better Man.

Nan parce que, pour le dépaysement coloré et l'illumination spirituelle, on repassera ! On n'est pas dans 30° i Februari, ici. Ou plutôt, vous vous rappelez de la scène à l'aéroport dans le pilote de 30° i Februari ? Eh bah la même, en pire. Comment ? Vous n'avez pas vu 30° i Februari ? Nan mais là, non, hein, franchement, je sais même pas pourquoi je me donne du mal. Bon, eh bien imaginez être dans un pays du Sud-Est asiatique où vous ne connaissez personne, et où vous êtes arrêté par la douane... Sauf qu'au lieu d'avoir par inadvertance fait quelque pas avec un testeur de produit cosmétique, là, vous avez 400g d'héroïne sur vous. Voooilà, je vois que vous y êtes.

C'est l'histoire de Van Nguyen, 22 ans, un Australien d'origine vietnamienne qui se retrouve empêtré dans une bien mauvaise affaire. Il a des dettes. Il a besoin d'argent. Il a un "ami" qui peut l'aider. Tout ce qu'il a à faire, c'est emmener une somme indécente d'argent à Phnom Penh, puis récupérer de l'héroïne et la ramener en Australie, via un vol avec escale à Singapour.
Le problème c'est qu'il y a deux problèmes : d'une part, Van est terrifié, ce qui est légitime mais pas en sa faveur, et d'autre part, il est hanté par ses origines.

Il est en effet né dans un camp de réfugiés vietnamiens, en Thaïlande. Sa mère, une Vietnamienne, s'installe ensuite en Australie avec lui et son frère Khoa, et même s'il n'y a pas d'argent, elle fait de son mieux. Et lors de son périple à Phnom Penh, il va soudain être pris par le besoin irrépressible d'aller faire un détour par le Vietnam pour retrouver la maison où sa mère a grandi à Ho Chi Min Ville, avant de devoir fuir le pays. Sauf qu'en faisant ce détour, il va se mettre en retard, ce qui dans la panique ne va pas l'aider à conserver ses moyens, et surtout, va le mettre en difficulté avec son "ami" qui ne va du coup plus du tout avoir envie de l'aider à accomplir sa mission. Seul, paniqué, trempé de sueur moitié à cause de la chaleur, moitié à cause de la terreur, Van va donc cumuler les erreurs lors du trajet de retour avec la drogue, et va donc finir par se faire attraper.

Oh, oui, juste une chose. J'oubliais un petit détail : l'histoire de Van Nguyen est vraie.

BetterMan

Better Man est donc un biopic, et si vous voulez vous spoiler méchamment, je vous recommande chaudement la lecture de la page Wikipedia du jeune homme, quelques lignes de lecture à peine devraient vous raconter la fin de l'histoire. L'affaire avait fait grand bruit en Australie, comme souvent lorsqu'un ressortissant d'un pays est emprisonné loin de chez lui ; d'ailleurs, la diffusion de la mini-série n'est pas pour plaire à tout le monde, la famille de Nguyen elle-même ayant une réaction épidermique à la série.

Le soucis de Better Man, c'est que l'ampleur des charges (et la peine encourue) rendaient l'affaire d'autant plus sensible, et ambivalente. On parle de plusieurs centaines de grammes d'héroïne pure ! Or Better Man a choisi d'être le plus partial possible, et part du principe que Van Nguyen n'est qu'une victime. Certes, il y a des circonstances atténuantes, mais dans la façon dont la série met en scène aussi bien les différentes circonstances qui conduisent Van à se faire coffrer par la douane singapourienne, tout est fait pour nous le faire prendre en pitié, et pas nous dire : "ouais, moi aussi j'ai un prêt COFIDIS, pour autant je vais pas trafiquer de l'héroïne dans un pays étranger, hein". D'ailleurs, pour que la famille de Nguyen ait un problème avec cette partialité, il faut vraiment qu'il y ait quelque chose qui cloche !

Le blâme n'en revient absolument pas Remy Hii, qui donne tout ce qu'il a dans le rôle central de Better Man (et je ne parle pas juste d'hectolitres de sueur). L'acteur fait avec le scénario qu'il a, c'est-à-dire quelque chose qui ressemble quand même vaguement à un torchon apologiste prêt à marteler par autant de moyens possibles que s'il a l'air triste, perdu, et qu'il a un sens de la famille surdéveloppé, on devrait pardonner au héros de n'avoir pas respecté la loi. Regardez-le, il a l'air d'un chiot ! Un chiot dégoulinant de transpiration... mais quand même ! On ne peut pas lui en vouloir ! Pourquoi les méchants Singapouriens ne veulent pas le relâcher ? Comme si leur législation était plus importante que le regard meurtri d'un jeune trafiquant de drogue ! Regardez-le comme il est misérable...

BetterMan-Van

Remy Hii se défonce, donc (si vous me passez l'expression), et franchement il a ses bons moments, mais l'écriture est pénible. Car outre le problème du message de fond, on a aussi un scénario qui fait un peu n'importe quoi sur un plan structurel.
Better Man était à l'origine supposé être une mini-série en 4 épisodes de 50 minutes chacun. Sauf que pour une raison qui m'a échappé, SBS a décidé de diffuser la série... en deux soirées. Sur le principe rien de condamnable (ça arrive à plein de séries très bien), sauf que cela rend encore plus évidents les problèmes : là où le premier épisode est plutôt linéaire et bourré de rebondissements, mais complètement désagréable car dépourvu de tout contexte (on va voir Van suivre chaque étaple du plan de son "ami" jusqu'à son arrestation à la douane), le deuxième épisode, à travers l'interrogatoire auquel Van est soumis, va au contraire n'être que contexte, et zéro action. Cet épisode va de surcroît accumuler les flashbacks désordonnés, un coup en avant, un coup en arrière, et c'est brouillon, même avec la date qui apparait au bas de l'écran ("2 mois plus tôt", "4 mois plus tôt", "14 ans plus tôt", "10 jours plus tôt", "2 mois plus tôt"...). Le résultat c'est qu'on est plongé directement dans l'action sans aucune explication pendant près d'une heure sur les motivations du héros, ce qui est problématique. L'autre résultat, c'est qu'on ne comprend pas certaines choses, mais que, là où l'absence de compréhension aurait pu ouvrir l'appétit du spectateur, désireux de connaître le background d'un personnage qui occupe 99,9% du temps d'antenne, on se retrouve au lieu de ça dans la situation où on voit un gamin s'agiter sans raison, suer à grosses gouttes, et enchaîner les mauvaises décisions sans la moindre explication de la part du scénario.
Qu'on soit obligé de croire sur parole une série qui veut nous dépeindre une victime des circonstances sans expliquer ces circonstances pendant la première heure (sur quatre !) relève quand même de l'arnaque.

Si ce n'était pour la performance de Remy Hii (encore qu'à un moment, il faudra quand même tenter de changer de registre), Better Man serait bien pénible à regarder. D'un autre côté, l'intrigue opère aussi progressivement un changement de direction qui laisse à penser que même Hii ne sauvera pas éternellement la série, puisque l'ampleur internationale que prend son affaire va progressivement nous conduire à regarder les choses sous un angle différent, plus légal, plus diplomatique aussi. On peut d'ailleurs le voir au nombre de personnages non-asiatiques qui s'invitent progressivement dans le deuxième épisode (enquêteurs, personnel d'ambassade... et prochainement avocats). Heureusement qu'il y a des Blancs pour venir à sa rescousse, quand même...

Sur le principe, je suis intéressée par tout ce qui peut me renseigner sur des affaires ayant fait l'actualité en Australie. C'est quand même l'un des avantages des voyages téléphagiques : on en apprend plus que pendant n'importe quel cours d'Histoire ou journal télévisé. Mais l'écriture piteuse, qui prend la défense sans prendre dans la foulée le moindre recul, et se contente de vouloir absolument nous attendrir (à retardement, je dirais... il est un peu tard pour alerter le grand public, l'affaire date de 2002), gâche absolument tout.

Sur un sujet similaire, je serais plus encline à tenter la mini-série japonaise Prisoner, diffusée par WOWOW (un argument supplémentaire !), plutôt que de devoir regarder les deux derniers épisodes de Better Man. Qui d'ailleurs ont été diffusés en une seule soirée hier. Par contre, si Remy Hii veut se retrouver dans une autre série intéressante (donc non, je n'inclus pas H2O), qu'il me fasse signe, j'y jetterai un oeil avec plaisir. Mais là... là non.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Review vers le futur - Permalien [#]

10-05-13

Soyons curieux maintenant, avant qu'il ne soit trop tard

Aujourd'hui, j'avais initialement prévu de vous faire un post sur Hatufim. Ou plutôt à sa gloire. Pour féliciter arte, qui outre les excellentes séries scandinaves qu'elle ne cesse de nous proposer, s'attache à nous rendre curieux sur plein de pays, dont Israël, un formidable pays pour les séries comme j'ai eu l'occasion de vous le dire à peu près 712 fois dans ces colonnes. Mais après avoir lu les retours sur la diffusion d'hier, j'ai décidé de mettre mon post de côté, et d'aborder une autre question que souligne la diffusion de la série.
Et puis, après tout, combien de fois avez-vous déjà lu des articles comparant Hatufim à Homeland cette semaine ? Comme si vous aviez besoin du mien en plus. Mais au pire, je l'avais fait là.

Hatufim-Portraits

Quelles que soient les qualités de Hatufim (et elles sont nombreuses), quel est foncièrement l'intérêt de diffuser une série dont le remake fait déjà tant parler ? La réponse est dans l'objectif qualitatif, pour ne pas dire téléphagique, qui est clairement celui d'arte depuis quelques années : proposer de bonnes séries, à la fois en gardant un oeil sur le monde et les tendances, à la fois en faisant son affaire de son côté sans s'embarrasser de suivre le troupeau. C'est un pari, peut-être pas quotidien, mais disons, trimestriel. Parfois ça marche, comme avec Äkta Människor.
Et parfois, ça donne Hatufim, 496 000 spectateurs hier soir.

Ouch. Oui, ça fait mal. Mais ça ne fait pas simplement mal parce que moins d'un demi-million de Français aura vu les premiers épisodes de cette excellente série. Ce ne fait pas simplement mal parce que "l'invasion" de séries israéliennes n'est pas pour demain après des résultats comme celui-là. Ca fait mal parce que, concrètement, le public des séries d'arte réagit au buzz. Or le buzz de Hatufim ne travaillait pas pour lui, d'abord parce qu'il y en avait très peu (le succès d'Äkta Människor, c'est aussi une campagne démentielle), ensuite parce que tous ceux qui en ont parler, tous, absolument tous, je prends l'absolu pari que vous ne trouverez pas d'exception à cette règle, ont comparé Hatufim à Homeland.
C'est-à-dire qu'on est parti du principe à la base qu'on allait regarder une histoire déjà très familière aux spectateurs, et que le jeu consistait à montrer les différences entre les deux versions, donc à partir du principe que la connaissance de Homeland par les spectateurs était telle que les spectateurs pouvaient en tirer des conclusions. ...On a quasiment fait passer Hatufim pour le remake !
Homeland, qui de surcroît, jusque là, n'a été diffusée en France qu'en crypté par Canal+, et dont le premier épisode a rassemblé sur la chaîne cryptée 1,3 million de spectateurs. Donc une portion de ces spectateurs allait forcément partir du principe que, bon, j'ai déjà vu une fois, ça va. Une autre portion n'a peut-être pas eu vent de la diffusion de Hatufim (c'est-à-dire que Hatufim ne fait pas les gros titres depuis plus d'un an et demi dés qu'on parle de séries, et n'a pas reçu d'Emmy Award). Et puis une portion a aussi décrété que les séries israéliennes, on veut bien être curieux, mais faut pas pousser quand même (j'en ai dans mon entourage... ou plutôt avais, les funérailles sont lundi).

La question de savoir si arte aurait finalement dû ne pas diffuser Hatufim ne se pose pas : c'est un choix éditorial en parfait accord avec l'identité que s'est forgée la chaîne, ces dernières années, dans le domaine des fictions acquises à l'étranger, c'est-à-dire le choix de la qualité et de l'intérêt intrinsèque de l'oeuvre, par opposition à ses chances évidentes de succès commercial. Personne n'a le sens de la prise de risque noble comme arte en matière de séries. Mais il lui faut déployer tout un couteau suisse de promotion pour réussir son pari ; or du point de ce point de vue, Hatufim était poignardée d'avance.

Par-delà le problème de Hatufim (la sortie en DVD fin mai devrait finalement atténuer nos peines ; vous avez de la chance, j'ai pas eu autant de bol avec Kommissarie Winter l'an dernier), la question qui se pose aussi est celle de l'avenir d'une série originale quand son remake nous est parvenu.
Des séries comme Ta Gordin, Rake ou Réttur deviendront obsolètes du jour où leur adaptation (quand elle voit le jour) aura achevé sa première minute sur les écrans américains.

Parce que telle est encore la loi, dans un monde où, ironie du sort, les séries américaines s'inspirent de toujours plus de nationalités différentes : les USA ont toujours le dessus. Au moins commercialement, ce qui est amplement suffisant. arte a beau essayer de nous ouvrir l'esprit à d'autres espaces, d'autres possibilités télévisuelles, pour le moment, USA is the new black.

Il n'est pas suffisant qu'une chaîne comme arte (mais qui d'autre ?) s'aventure sur des terrains comme Hatufim. Il faut qu'elle débroussaille le champs des possibles et déniche elle-même, sans doute en augmentant encore la prise de risques, les perles de demain dont les exécutifs américains s'arracheront les droits quelques mois plus tard. Dégainer par exemple Penoza avec Red Widow qui passe sur les écrans américains (sans même parler de sa réussite ou non outre-Atlantique), ce serait déjà avoir perdu le pari.
Il faut, pour éviter le piège tendu par le parallèle Hatufim/Homeland, qu'arte diffuse sans attendre les Oforia, les Pressa, les SON, les Arven Efter Veronika (bon enfin, non, arte peut attendre la diffusion danoise pour cette dernière, on n'est pas des bêtes). Ou bien qu'elle choisisse des séries quasiment impossibles à adapter, comme Blackstone, Intersexions, Cloudstreet ou 30° i Februari. Il faut prendre une longueur d'avance. Il n'y a pas le choix.

Soyons curieux maintenant.

Posté par ladyteruki à 23:47 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

24-04-13

Le voyage intérieur

BlogFestivalSeriesManiaQui n'a pas rêvé d'un jour tout changer ? Quand on habite dans un pays où les températures l'hiver sont glaciales, la tentation est grande de jouer les tournesols, et de suivre le soleil. Alors, direction la Thaïlande, où tout est possible !
Tout, vraiment ? C'est la question que pose 30° i Februari, série suédoise en 10 épisodes, dont les deux premiers ont été proposés hier après-midi aux festivaliers, sous le titre 30° in February. On y suit le parcours de personnages en proie à des remises en questions, et qui espèrent trouver leurs réponses sous le soleil chaleureux d'un pays exotique. Mais évidemment, ce n'est pas si facile.

30degrees

30° i Februari fonctionne comme une série-chorale, où les personnages font leurs expériences sans se croiser, ou presque : chacun a son propre fardeau à porter.
Ainsi Kajsa, une architecte et une mère célibataire qui, sous le poids du stress, fait un AVC. Souffrant de séquelles invalidantes, elle décide d'emmener ses deux filles loin, très loin : tout recommencer ailleurs, si possible en plus simple, et en plus reposant ; sa relation proche avec sa fille aînée, Joy, une adolescente intuitive, et la tendresse qu'elle a pour sa cadette, Wilda, bercent une bonne partie de l'épisode. Outre ce trio, la série met également en scène un couple, Bengt et Majlis, retraités ; handicapé, cloué à son fauteuil roulant, Bengt, d'entrée de jeu, se pose comme le personnage le plus désagréable de la série, et n'a de cesse d'humilier sa vaillante épouse qui pensait bien faire en le surprenant avec un voyage au soleil. Mais sous les palmiers thaïlandais, Majlis va découvrir l'insoupçonné : elle existe ! L'occasion de se découvrir une faim de vivre que les invectives de Bengt ne peuvent plus faire taire. Quant à Glenn, cet homme fort conscient de n'être pas très agréable à l'oeil, il souffre cruellement de la solitude ; il suffit d'une conversation avec une inconnue sur internet pour qu'il se décide à la rejoindre à l'autre bout de la planète. Enfin, Chan, Thaïlandais exilé depuis plusieurs années en Suède, se décide à rentrer au pays et à recoller les morceaux d'une vie privée qu'il a laissée se briser, notamment en renouant avec son fils, Pang.

Cette galerie de portraits (à laquelle s'en ajoutent d'autres sur lesquels il vaut mieux tenir le secret pour le moment) crée une mosaïque de vécus. Toute la mission de 30° i Februari sera de nous immerger dans les sensations et ressentis de chacun. Outre une écriture pleine de tact, c'est sur une réalisation basée sur le sensoriel que la série repose : les couleurs, les sons, les odeurs, le toucher... voilà chaque scène devenue concrète pour le spectateur. Qu'il s'agisse de sentir le sable fin couler entre les doigts ou la douceur de l'eau salée caresser la peau, 30° i Februari se fait forte de nous dire que le rêve thaïlandais est, littéralement, à portée de main.

Mais le rêve thaïlandais ne fait pas tout. Le pays n'a pas pour vocation d'apaiser les blessures ; mais il offre un cadre enchanteur qui permet de tout mettre à plat, d'aller de l'avant. Progressivement, Majlis va s'éveiller à elle-même, et prendre conscience de la façon dont son mari la (mal)traite. Glenn va tester les limites de sa course désespérée vers le mariage et la paternité. Chan va apprendre qu'on ne revient pas chez soi après des années d'absence sans y avoir laissé une plaie béante. Joy va comprendre que, neige ou soleil, sa mère n'a pas changé, quitte à se surmener et se mettre en danger...
30° i Februari est un drama dans ce que le genre offre de plus pur, de plus émouvant, de plus humain. Derrière les décors colorés des plages, hôtels ou bars à hotesses de Thaïlande, il y a la volonté de présenter au spectateur des personnages lancés dans une quête intérieure qui les transcendera. C'est, en définitive, le plus beau des voyages, non ?

Seulement deux épisodes sur dix ont pu être découverts par les curieux hier. Espérons que la projection de Séries Mania créera des vocations chez les diffuseurs : 30° in February en vaut largement la peine.

Posté par ladyteruki à 13:00 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-01-13

Secret Diary of a Cinephile ~2013 edition~

Les habitués parmi vous se souviennent probablement qu'en 2010, je m'étais lancé un défi : découvrir le maximum de films en une année. C'était un peu un défi dans lequel je m'étais lancée sans y réfléchir, parce qu'entre fin 2009 et début 2010, j'avais regardé beaucoup de films, alors que ça ne m'arrive jamais, et que je m'étais dit qu'il valait mieux battre le fer tant qu'il était chaud. Cela a été l'occasion de chroniquer chaque visionnage dans le désormais fameux Secret Diary of a Cinephile.

SecretDiaryofaCinephile

Le bilan, à l'issue d'une année 2010, était très satisfaisant : 95 films découverts en l'espace d'un an ! Pour quelqu'un qui ne regarde pas souvent de longs métrages, c'était en fait un véritable record, même si évidemment, tous les films découverts à cette occasion ne se valaient pas.

En 2011 et 2012, j'ai laissé le Secret Diary of a Cinephile ouvert, ajoutant chaque visionnage que j'effectuais au jour le jour. Mais, il faut bien l'admettre, sans la motivation du défi, j'ai regardé assez peu de films. Bon, ce n'était pas non plus le désert, car je regarde à présent les chiffres et je vois qu'en deux ans, j'en ai vu 70 de plus ; alors certes, ce n'est pas rien, mais avec une moyenne de 45 films par an, ça reste quand même plutôt mou. Sans compter qu'une grande partie de ces films ont été vus parce qu'on m'y a poussée (genre parce que j'avais du monde à la maison et que c'est plus facile de lancer X-Men que de proposer un visionnage sans sous-titres de 30° i Februari...), pas parce que j'en avais envie. Et c'est ça le plus triste, il faut retrouver l'envie !
Sans le défi, je ne trouvais pas plus de raison d'en regarder qu'avant ; parfois je regardais des films juste parce que, quand même, c'est dommage de ne plus en voir, et je trouve ça assez triste. Pourquoi mon enthousiasme temporaire pour le ciné est-il retombé ?

Il reste tant de films que je ne connais pas, ou que de nom ! Tant de "classiques" qui, certes, ne m'attirent pas souvent, mais méritent peut-être quand même un coup d'oeil ! De grands blockbusters dont le succès a, peut-être, une légitimité qu'il me faut découvrir ! Et des films peut-être plus méconnus, aussi, qui gagnent à être découverts... J'en ai vu quelques uns (165 films en trois ans, donc), il en reste forcément plein !!!

Alors cette année, c'est dit, je me lance dans une nouvelle édition du défi Secret Diary of a Cinephile !
Les règles n'ont pas vraiment changé, et sont les suivantes, pour rappel :

1/ Ne sont comptés dans le défi que les films que je n'ai jamais vus
Non, les 712 revisionnages par an de The Fall ou A Chorus Line ne comptent pas. Mais bien tenté.

2/ Ne sont comptés dans le défi que les films que je regarde en intégralité
Les films dont je n'ai vu que les premières minutes, ou que j'ai aperçus un jour en zappant ou en passant au rayon télévision de la FNUC, peuvent être comptabilisés si je les regarde en intégralité au cours de l'année. L'an dernier, j'ai par exemple essayé de regarder Thor ; je me suis arrêtée à l'apparition de Hawkeye, peut-être que cette année, je retenterai le film et arriverai même à le finir, auquel cas il aura la possibilité d'être compté dans le défi. En revanche, si je commence un film, que je m'ennuie et que je l'abandonne avant le générique de fin, il n'est pas imputable au Secret Diary.

3/ Ne sont comptés dans le défi que les films que j'ai voulu regarder
Je n'ai plus la télé, donc il y a peu de chances que je zappe et tombe sur un film au hasard. En revanche, si je n'ai pas eu envie de voir un film donné et que je suis en compagnie de quelqu'un qui insiste pour le regarder, il n'est pas comptabilisable. C'est une règle fixée à la fois pour me protéger des bouses intempestives qui vont probablement me tomber dessus pendant l'année (à plus forte raison si je fréquente le salon de ma frangine, connue pour ses goûts cinématographiques calamiteux ; je veux dire, elle m'avait trainée voir le second OSS 117 quand même !), et pour m'obliger à m'intéresser au défi. Si je compte sur les films que mon entourage me fait voir, c'est trop facile. Là, il faut que j'entretienne l'enthousiasme, que je cherche des films qui me tentent, bref, que je me donne pour ce défi, pas juste que je remplisse un quota chiffré.

Pour cette nouvelle édition, deux nouvelles règles viennent de surcroît s'ajouter à celles existantes et pratiquées en 2010. Ces deux nouvelles règles devraient aussi augmenter le niveau de difficulté, parce qu'on sait tous à présent que, regarder 95 films en un an, je peux le faire. Alors tentons l'étape suivante !

4/ Ne sont comptés dans ce défi que les films dont je n'avais pas vu la bande-annonce
C'est en toute sincérité une règle que j'applique déjà souvent (je regarde également peu de trailers pour les séries ; sauf ce matin, j'en ai vu un pour la prochaine saison de Doctor Who, je ne le regrette pas car il semblait moins spoiler-y que la plupart des trailers en général). Mais l'idée est de systématiquement me faire une idée sur pièce, et de ne pas me laisser influencer par une bande-annonce efficace ou, au contraire, ratée. Le but de cette règle est avant tout de préserver l'impression de découverte et de ne pas courir le risque d'avoir l'impression, de connaître les moments-clés du film (ou les gags pour une comédie, ce qui est pire).

5/ Plusieurs films regardés pendant l'année devront ne pas être d'origine américaine
Parce que jusqu'à présent, il faut le dire, je suis restée très américano-centrée dans mes découvertes cinématographiques, même s'il y a eu quelques exceptions (je pense par exemple à l'excellent film portugais Contraluz). Le soucis c'est que j'ai le sentiment d'être totalement inculte en matière de ciné américain, et plus encore, si c'était possible, en cinéma étranger. Mais bon, il faut toujours un premier pas, après tout, essayons de nous souvenir comment ça s'est passé pour les séries ? Je trouve la perspective de regarder un film américain rassurante, mais elle est également dommage car elle me ferme plein de portes. Je ne veux pas fixer d'objectif chiffré histoire de ne pas tuer tout le fun de la démarche, mais en tous cas, plusieurs veut dire plus que 2, naturellement.
J'ai choisi, après une longue hésitation, de ne pas me mettre de règle relative à l'âge des films ; je sais qu'en général j'en regarde plutôt des récents, mais c'est peut-être mieux comme ça : j'ai parfois du mal avec le noir et blanc, par exemple. Rien ne dit qu'il n'y en aura pas dans mon bilan dans un an, mais je préfère ne pas me bousculer à ce sujet.

A partir de là, les films seront à nouveau ajoutés au Secret Diary of a Cinephile, avec leur mini-critique à chaque fois et, quand j'en ai le temps et/ou l'envie, un post plus long dans la rubrique Comme au cinéma. En sus, je parlerai de ces films et du défi en général sur Twitter, avec le hashtag #SecretDiary, donc si vous êtes là-bas, n'hésitez pas à participer au débat post-visionnage qui aura souvent lieu.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez évidemment relever ce défi à votre tour (mais je sais que nombre d'entre vous sont fort occupés par le Challenges Series 2013 de Hellody).
Vous pouvez décider de le faire "2010-style", avec 3 règles seulement, ou pour les plus ambitieux d'entre vous, "2013-style", avec 5 règles histoire de corser le défi.
L'avantage de celui-ci, c'est qu'il n'y a pas d'objectif chiffré : si pour vous, 10 films par an, c'est un gros chiffre, eh bah va pour 10 films par an. Le but du jeu est de faire des découvertes dans le milieu du long métrage, et de décoller un peu des séries, pas de se mettre une pression monstrueuse et de n'en tirer aucun plaisir. Moi-même, je ne me dis pas que je vais forcément en regarder autant ou plus qu'en 2010, je veux simplement m'y engager avec passion et découvrir le 7e art, souvent négligé par votre serviteur.

Et même si vous ne faites pas ce défi, n'hésitez surtout pas à me proposer des idées de film. Quelqu'un m'a déjà suggéré Third Star, qui est en train de cagouler, et il y a Mean Girls que je pensais voir depuis quelques temps et sur lequel je me suis décidée grâce aux interventions de Tony sur Twitter. Je ne promets pas de regarder tous les films mentionnés, évidemment, mais tant que vous ne les avez pas suggérés, on ne peut pas savoir !
Comme les trailers me sont interdits, je compte sur vous pour ajouter un lien vers la fiche Wikipedia (quand il y en a une) ou faire une bref topo du synopsis, pour que je me fasse une idée.

Bon, un an de films !!! Allez, je peux le faire !

Posté par ladyteruki à 23:59 - Comme au cinéma - Permalien [#]

18-10-12

Sans prendre de gants

Lorsqu'on commence une série, en règle générale, les premières images nous permettent de nous adapter : commencer un pilote, c'est comme se retrouver dans une pièce plongée dans le noir, et progressivement apprendre à deviner les contours des meubles à mesure que les yeux s'habituent. En règle générale, les premières épisodes d'un pilote sont là pour nous expliquer où on est, avec qui ; il peut y avoir de l'action, il peut y avoir de la simple description, il y a très souvent un mélange des deux, mais le point d'orgue, le moment-choc, s'il y en a un, n'intervient pas tout de suite. En règle générale, un pilote attend le générique, ou ce qui lui tient lieu de, pour vous river à votre siège, il estime qu'il a besoin de mettre un contexte avant de faire sa démonstration de force.
En règle générale.

Les premières images de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar ("ne pas essuyer de larmes sans porter de gants") sont l'exception qui confirme la règle. La première image est plutôt atroce. Et par "plutôt", je veux dire "absolument". C'est l'image de la souffrance la plus extrême. Et les suivantes ne sont pas plus réconfortantes, autant être tout de suite clair là-dessus.
Pour prendre la mesure de cette ouverture d'épisode très dure, et comme je me doute que vous n'allez pas regarder Torka Aldrig Tårar Utan Handskar dans l'immédiat (même si apparemment d'aucuns bossent sur des sous-titres...), j'ai donc pris sur moi de vous mettre l'extrait en ligne : cliquez sur l'imagette et le lien cherra. Je précise que c'est une séquence dépourvue de dialogues, donc vous pouvez vous passer des sous-titres pour le moment.

TorkaAldrigTårarUtanHandskarPour ceux qui n'aiment pas Uploaded, miroir sur RapidShare.

On peut dire que cette séquence d'ouverture est une véritable profession de foi quant au ton de la série : non, rien ne nous sera épargné.

Je vous rassure, tout l'épisode ne ressemble pas à ça (ni au final de Corky), toutefois. Car le véritable inconvénient de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, c'est que cette séquence est suivie de flashbacks, car non, non même en Suède, vous n'éviterez pas les flashbacks. Car de cette situation dramatique, nous allons vouloir connaître les origines. Comment en est-on arrivés là ?
Eh bien, laissez-moi vous présenter deux garçons, Benjamin et Rasmus. Ils ont grandi dans les années 70 et les voilà, jeunes adultes, au début des années 80. Tous deux se cherchent, chacun à sa façon : Benjamin vit dans une famille stricte et rigoureuse, Rasmus, un peu moins. Benjamin découvre qu'il est homosexuel parce qu'on le lui révèle à un moment où il faisait tout pour ne pas y penser, Rasmus commence par aller vivre chez sa tante à Stockholm et essayer de fréquenter les lieux "gays" du moment. Benjamin est encore puceau, Rasmus apprend à jouer de son charme pour commencer à trouver des coups d'un soir. Et ils sont tous les deux là, dans la grande ville, et on sait qu'ils vont se rencontrer, et on devine. Mais ça prend du temps parce qu'on veut vous expliquer d'où il viennes et de comment ils en sont arrivés à accepter qui ils sont, dans une Suède qui a 30 ans de moins que celle que nous connaissons (un peu).

La maladie n'entre pas tout de suite dans leur vie. Ou si elle le fait, ils ne la voient pas (on aura à ce sujet une séquence qui tord le coeur, alors que Rasmus se donne à un type dont il ne s'effraye même pas qu'il ait des plaques sur le corps). Et c'est normal, c'est l'époque qui veut ça. J'ai lu que le premier Suédois à avoir succombé au SIDA était mort en 1983, la première personnalité suédoise à avoir admis avoir le SIDA l'avait fait en 1987 (rappelons que Rock Hudson est mort en 1985, et encore, les USA c'est loin), vous voyez le tableau.
Mais justement la série nous replonge dans le climat d'ignorance de l'époque, et le mot AIDS ne sera, sauf erreur de ma part, pas prononcé de tout l'épisode. Pas même dans la scène d'ouverture. C'est, à bien des égards, une période d'insouciance, et Torka Aldrig Tårar Utan Handskar va justement en profiter pour nous montrer qui sont les deux héros, comment ils se découvrent, se vivent, s'acceptent, l'un avec plus de mal que l'autre, avec ce que cela comporte de joies et de nervosité, mais jamais d'inquiétude. Ils sont jeunes et pensent avoir toute la vie devant eux, une vie dans laquelle ils cherchent leur équilibre...
C'est de cela dont il sera essentiellement question dans le premier épisode de la série. Le procédé a ses bons côtés, mais aussi ses lenteurs un peu bavardes, et j'avoue que même une adepte de la VOSTM (et une débutante en Suédois) comme moi a parfois dû faire une pause pour essayer de comprendre ce qui venait de se dire : les sous-titres seront vraiment les bienvenus.

Si la mini-série reprend la structure des romans de Jonas Gardell dont elle est l'adaptation, et apparemment c'est ce qui est prévu, le deuxième épisode devrait être autrement plus explicite sur le sujet de la maladie, et le troisième alors, n'en parlons pas. Pour le moment c'est difficile à définir, d'une part parce que la trilogie de romans n'est pas intégralement sortie (le premier opus est paru cet été, le second est prévu pour début 2013 et le troisième au printemps), et d'autre part, parce qu'elle n'est pas traduite. C'est d'ailleurs assez incroyable que SVT lui ait commandé à l'auteur une adaptation de sa propre trilogie alors que celle-ci n'est pas encore commercialisée en intégralité.

En tous cas il ne fait aucun doute que le sujet, bien que difficile, est bien traité. Même si on peut se dire que certaines choses sont un peu cliché (sauf que justement, si on se remet dans le contexte, elles ne l'étaient pas !), on reste dans une série dramatique puissante, réussie, et extrêmement touchante. Il faut aussi souligner la performance d'Adam Pålsson (Rasmus), qui est absolument fascinant, et mérite tous les Kristallen possibles et imaginables : rendez-vous est pris pour la prochaine cérémonie.

Mais, alors que deux de ses trois épisodes ont été diffusés à l'heure actuelle en Suède, je trouve que ce qui entoure la série est au moins aussi intéressant que la mini-série elle-même.
Songez donc : les scores d'audience des deux premiers épisodes sont presque aussi bons que ceux de l'autre succès suédois de 2012, je veux bien-sûr parler de 30° i Februari, puisque le premier épisode de Torka Aldrig Tårar Utan Handskar, diffusé le 8 octobre au soir, a réuni 1,24 million de spectateurs, et que l'épisode de ce lundi 15 n'a pas perdu grand monde, avec 1,21 million de fidèles. Ce qui signifie que ce premier épisodes n'a pas rebuté beaucoup de monde, a priori. Pour comparaison, le premier épisode de 30° grader i Februari avait démarré avec 1,45 million, finissant la saison pour 1,2 million également... mais avec un sujet bien plus mainstream. Rappelons que la Suède compte environ 9 millions d'habitants seulement !
Le plus surprenant, c'est donc que la série n'est pourtant pas à mettre devant toutes les paires d'yeux : on peut entre autres voir rien que dans ce pilote (certes brièvement, mais clairement) un penis en érection au cours de ce premier épisode, une scène de sexe (bon, planquée sous les couvertures), des séquences de racolage limite prostitution, plus bien-sûr la scène ci-dessus... et c'est du primetime ! Torka Aldrig Tårar Utan Handskar est diffusée le lundi à 21h !
Oui, en Suède, une série sur l'homosexualité peut faire aussi bien qu'un drama familial, sur une chaîne publique, et en primetime. Et toc. Je trouve que c'est une donnée très intéressante, qui présente un saisissant contraste avec les séries aux USA dont le thème est l'homosexualité, et qui, généralement, se contentent de raconter leurs histoires sur le câble, comme ça, discrètement, entre soi ; par exemple, il est difficile d'éviter la comparaison avec Angels in America, mais qui imagine Angels in America sur un network ? Certainement pas moi.
Avec tout ça, je suis d'ailleurs étonnée de n'avoir pas du tout vu la presse gay parler de ce phénomène (le site de Tetu, par exemple, ne sort aucun résultat ni pour le titre de la série, ni même pour l'écrivain et scénariste Jonas Gardell).

Cette mini-série, diffusée qui plus est à l'automne alors que généralement, les mini-séries de SVT sont diffusées au coeur de l'hiver (c'était par exemple le cas d'une autre série historique l'an dernier, Hinsehäxan), était un absolu pari. De A à Z. Et au final, malgré ses légers défauts, elle s'avère être immense.

La fiction scandinave a encore frappé, et c'est un méchant crochet du droit dans la mâchoire, avec ça.

Posté par ladyteruki à 19:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-10-12

Copy/Paste ?

CopyPaste

A l'heure actuelle, l'acquisition des droits de diffusion d'une série est devenue presque aussi important que les droits d'adaptation. Désormais le business du "format" est une composante vitale du marché télévisuel, alors qu'il y a encore une à deux décennies, on se contentait en général de diffuser des séries étrangères (dans beaucoup de cas, cette série étrangère avait tendance à être américaine). Le format qui pose sa valise à l'autre bout du monde était l'exception, non la règle.
Aujourd'hui, les flux des fictions sont plus massifs et complexes, et d'ailleurs le maillage entre pays est également plus dense et varié que jadis.

Les formats d'émissions unscripted (ou prétendues telles) comme les jeux télévisés ou la télé réalité tiennent, en la matière, le haut du pavé, mais plus les années passent, plus les séries s'y mettent.
On le sait bien : non seulement ce procédé est supposé minimiser la prise de risques (...insistance sur "supposé"), mais ça coûte infiniment moins cher quand les scénarios sont déjà écrits, prêts à traduire (si on l'a acheté dans un pays de langue différente, problème que n'ont même pas les pays d'Amérique latine, par exemple), et même souvent livrés avec un responsable quelconque de la série originale qui intervient en soutien sur le développement du remake (souvenez-vous de l'ami Philip Rosenthal).
Alors, dans un contexte financier qui n'a cessé de devenir plus austère (le pivot de la crise ayant été marqué par la grève des scénaristes américains de 2007, à partir de laquelle l'une des plus grosses industries télévisuelles du monde a resserré les cordons de la bourse pour ne plus jamais les relâcher), ce ne sont pas des détails, loin de là. Mais évidemment, il y a aussi le fait qu'à l'heure de la mondialisation, d'internet et de tous les clichés sur le village global que je vous épargne, les marchés soient devenus totalement perméables entre eux. Impossible de ne pas remarquer quand une série trouve un succès retentissant dans son pays natal, puis chez les voisins, et que le phénomène s'étend progressivement ; et dans ce cas-là il faut savoir attraper le train en marche.

Bon, sur la théorie je crois qu'on sera tous globalement d'accord : une série a de plus en plus de chances de connaître différentes formes sur la planète. Mais toutes les séries peuvent-elles être adaptées ? C'est ce qui m'intéresse aujourd'hui.

Que peut-on adapter ? Eh bien, naturellement, il n'y a pas de solution miracle : si l'équation magique existait, ça se saurait ! Certains succès énormes dans leur pays d'origine, ou même à l'étranger lors de la diffusion sur une chaîne locale, se transforment en vautrage de toute beauté dés que l'adaptation pointe son nez (comme Las Chicas de Oro ou Cheers l'ont douloureusement rappelé en Espagne, par exemple). Il n'y a pas de règle pour assurer le succès d'une adaptation dans un autre pays.
Le pire, c'est que même pour les idées à ne pas suivre, il n'y a pas de règle non plus ! On pourrait cependant lancer quelques pistes sur les messages d'alerte signalant une adaptation partant d'un très mauvais pied ; il est recommandé de :
- ne pas ressuciter les séries américaines qui ont déjà plus de 10 ans, probablement parce que les spectateurs ont eu trop de temps pour s'attacher à l'original, qui a fait le tour du monde 10 fois dans l'intervalle. Ce conseil ne vaut pas systématiquement, par contre, si le remake reste sur le sol des USA (des séries comme 90210 ou Dallas s'en sont tirées, par exemple, Wonder Woman et autres Charlie's Angels n'ont pas eu cette chance) ;
- ne pas adapter une série présentant de trop lourdes ressemblances avec des séries locales ayant du succès. Par exemple, on se doute qu'adapter RIS aux USA relèverait du masochisme le plus certain ! Dans une moindre mesure, on peut se demander comment une série qui, sur le papier au moins, ressemble à une version legal drama de Dr House, saura attirer le public a priori ; l'adaptation de Réttur, si elle aboutit, sera intéressante à observer à cet égard ;
- ne pas miser sur un cast "copycat", en particulier pour les comédies et dramédies, qui nécessitent du talent et pas juste de ressembler à l'original (ne riez pas dans le fond, ça s'est vu plus d'une fois !) ;
- prendre en compte les différences culturelles, au lieu de transposer bêtement d'une terre à l'autre en changeant les noms propres.

Le dernier point est le plus difficile à déterminer, forcément. Et c'est évidemment le plus vital, sinon c'est pas drôle.
Les différences culturelles peuvent parfois être difficilement perceptibles. Un remake Asie/Amérique ? Les différences seraient évidentes (mais l'expérience serait intéressante à observer ; pour l'instant, elle s'est limitée à des films de genre cependant). Mais un remake Australie/Amérique ? Oh, allez, les deux parlent anglais (enfin, bon, parfois j'en suis seulement à moitié sûre...), c'est la même culture, allez hop, emballé c'est pesé. Sauf que non, évidemment : c'est plus compliqué que ça.

Mais surtout c'est un point totalement incompris par beaucoup de remakes, notamment dans le domaine de la comédie ou la dramédie : il ne s'agit pas seulement d'être capable de constater les différences culturelles et d'adapter le matériau à la culture d'arrivée. Il faut aussi réfléchir calmement à la question : si on procède à l'ablation de cette particularité culturelle, ou à la greffe de nouveaux éléments... peut-être que la série ne fonctionnera plus. Et ce n'est pas parce qu'une série est capable d'aborder un sujet universel qu'elle peut être adaptée de façon universelle...

Du coup, avoir du succès (public et/ou critique) lors de la diffusion originale n'est pas du tout une garantie d'adaptabilité ; en fait, j'aurais tendance à dire le plus souvent : au contraire.
Prenons un exemple évident, tiens. En dépit des immenses qualités de Srugim, on est tous d'accord pour dire qu'une telle série rencontrerait de trop lourds changements si elle devait débarquer sous une nouvelle forme dans un autre pays. Srugim est le genre de série condamnée soit à l'acquisition en vue d'une diffusion, soit à ne jamais traverser les frontières de son pays d'origine qui pourtant lui a prêté une grande attention pendant 3 saisons. Un grand nombre de séries sont dans son cas, et parfois ce serait bon que les projets soient mis en développement en gardant ce rappel à l'esprit...
De la même façon, j'aimerais pouvoir dire que 30° i Februari est une série tellement formidable et universelle qu'elle est entièrement adaptable par tout le monde... mais non. Oui, ce qu'elle inspire est totalement universel ; non, à part peut-être quelques voisins scandinaves, personne ne peut adapter la série. Et c'est tentant, forcément, parce que c'est un immense succès : c'est la fiction qui a fait les meilleures audiences de 2012 en Suède à ce jour, les critiques ont été dythirambiques (à raison si vous voulez mon avis), les récompenses ont souligné la qualité du travail effectué... et pourtant, ça ne fonctionnerait pas, pas du tout. Imaginez par exemple mal l'Espagne commander une version locale d'une série dans laquelle le froid (entre autres) chasse plusieurs personnages vers un pays ensoleillé comme la Thaïlande ! Clairement, le succès de l'original n'est pas un critère...

Il est évident qu'on ne vit pas dans un monde où les diffuseurs (ou les producteurs, d'ailleurs, ne mettons pas toujours tout sur le dos des exécutifs des chaînes) valorisent uniquement la création originale. Celle-ci a encore sa place, mais composer avec le catalogue existant, en perpétuelle expansion, des autres pays, est au moins aussi important.
Evidemment on peut considérer qu'il s'agit d'un échec créatif, peut-être même que c'est un mauvais signe pour la télévision (ne dit-on pas la même chose des remakes et des franchises au cinéma ?), mais il y a aussi du bon à en tirer. Certaines adaptations trouvent une vie bien à elles, comme c'est le cas de Wilfred qui a su partir du même postulat de base que l'original australien, pour arriver à un résultat "personnel" (souvenez-vous). Si la série est renouvelée pour une troisième saison, elle sera même forcée, ayant dépassé l'espérance de vie de son ancêtre, de se débrouiller totalement toute seule.
Mais même en admettant totalement qu'une adaptation n'est pas un aveu d'échec, et qu'un remake n'est pas mauvais par principe (un préjugé qu'il peut être difficile de surmonter quand on voit certaines horreurs engendrées par la pratique en question, je l'admets), toutes les séries ne peuvent pas voyager. Et beaucoup ne devraient tout simplement jamais devenir des formats.

Alors, tout ça pour dire : bonne chance au projet de remake américaine de Rake. Il en aura bieeen besoin.
Ah et euh, j'oubliais, le MIPCOM c'est dans 4 jours, et j'accepte les dons. Mais c'est bien-sûr sans rapport avec le post qui précède, ahem.

Posté par ladyteruki à 18:10 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

05-09-12

L'âge de cristal

Kristallen

Hier soir se tenaient les Kristallen, les récompenses de la télévision suédoise. Ouais, un mardi, apparemment. 'Me demandez pas.

Comme chaque cérémonie de ce type, et à plus forte raison en pleine vague scandinave, c'est évidemment l'occasion pour nous de relever les noms des séries qui feront bientôt parler d'elles à l'étranger également (si ce n'est pas déjà le cas !). Mais ce peut aussi être l'occasion pour les téléphages les plus curieux de jeter un oeil aux autres séries suédoises, vous savez, celles qui, si elles ne bénéficient pas de la même exposition, n'en sont pas moins remarquables.
A noter qu'apparemment, les Kristallen ne récompensent que des objets télévisuels (séries, émissions, documentaires...) et pas les personnes, à l'exception de deux pris pour les nouveaux présentateurs (hommes et femmes séparément, donc).

Du coup, pour connaître le scénariste le plus aimé de Suède ou l'actrice la plus bluffante, il faudra le vérifier par vous-mêmes, mais vous n'aurez pas de réponse venant de Svenska tevepriset, la fondation qui réunit les différentes chaînes à l'origine de ce prix.

* Programme humoristique de l'année
Cette catégorie regroupe aussi bien les séries comiques que les programmes de divertissement.

Étaient nommés :
- Högklackat (sur SVT), une série à sketches de 8 épisodes d'une heure destinée à renverser les clichés sur les femmes.      
- Karatefylla (sur TV6), une comédie à sketches totalement absurde et loufoque dans le monde du travail.
- Kontoret (sur TV4), qui, comme les lecteurs de ce blog le savent bien, un spin-off de la série Solsidan ET une adaptation de The Office deux en un.
- Partaj (sur Kanal5) une émission humoristique à la Saturday Night Live.    
- Starke man (sur SVT), une comédie dans laquelle le maire de la ville élue "plus ennuyeuse de Suède" décide de reprendre sa bourgade en main.

C'est Partaj qui l'a emporté, alors que Kontoret partait bon favori.

Partaj

* Programme pour la jeunesse de l'année
Là encore, il n'était pas nécessaire d'être une fiction pour figurer au palmarès.

Étaient nommés :
- APTV med Zillah och Totte (sur TV4) un talk show présenté par un ventriloque et sa marionnette chimpanzé.     
- Blomma blad en miljard (sur UR), une comédie éducative où un superhéros utilise les maths. Juré.
- Gabba Gabba (sur SVT), une émission de sketches pour enfants  
- Labyrint (sur SVT), un jeu situé dans un univers fantastique
- Tjuvarnas jul (sur SVT), un Julkalender de Noël dernier

C'est l'immensément populaire série Tjuvarnas jul qui a reçu le prix hier.

TjuvarnasJul

On en vient enfin à la catégorie que vous attendez tous... Et je dois dire que je ne suis pas déçue, vous allez tout de suite comprendre !

* Série dramatique de l'année :
Outre les séries et mini-séries, les docudramas étaient également éligibles.

Étaient nommés :
30° i Februari (sur SVT), une série dramatique sur des Suédois qui s'expatrient en Thaïlande.
Bron/Broen (sur SVT), la fameuse série policière à mi-chemin avec le Danemark.
Extreme places with Björnulf (sur UR), un docudrama sur les voyages de Björnulf, un présentateur/aventurier qui s'interroge sur la géographie et la nature dans des endroits aussi civilisés que les déserts ou les volcans.
Hinsehäxan (sur SVT), un biopic diffusé sur la forme d'une mini-série sur une      
Wallander (sur TV4), les nouvelles aventures de l'un des enquêteurs les plus célèbres de la fiction scandinave.

Gloire, cent hourras, et lâcher de ballons pour la série 30° i Februari, à laquelle le prix a été décerné !

30grader

Je ne vous cache pas que j'ai une énorme envie de me refaire une intégrale de la série 30° i Februari (en plus, vu que je regarde en VOSTM, le second passage devrait me permettre de mieux comprendre certaines scènes), que je n'attendais qu'un prétexte pour me relancer là-dedans, donc attendez-vous d'ici quelques semaines à un bilan en bonne et due forme (j'ai quand même pas mal de pilotes à reviewer avant). Admettez que quand une série est considérée meilleure qu'un succès international comme Bron/Broen, ça rend curieux, non ? Même pas un peu ?
Mais mieux encore, si vous le voulez, je peux reviewer le pilote de Hinsehäxan que j'avais vu rapidement lors de sa diffusion, et on pourra en reparler, même si on l'a déjà brièvement évoqué dans ces colonnes. Un biopic dans les années 60, ça nous changera des thrillers et autres enquêtes ; une bonne façon de mettre à mal une fois de plus les clichés sur les fictions scandinaves ! Il suffit que vous me le demandiez !

Vous remarquerez aussi que parmi les oubliés de ce palmarès, Äkta Människor brille par son absence. C'est décidément difficile pour les séries de science-fiction de se faire remarquer lors de récompenses généralistes, quel que soit le pays...

Posté par ladyteruki à 19:42 - Love Actuality - Permalien [#]

28-08-12

[DL] Kathmandu

Eh non, ce n'est pas aujourd'hui que je vais vous proposer le générique d'une série népalaise, bien que, croyez-moi, je ne rêve que de ça. Bon peut-être pas que de ça mais vous saisissez l'idée.
Non, Kathmandu est une série israélienne, mais elle se déroule effectivement au Népal, où viennent d'arriver ses deux héros, un jeune couple de juifs orthodoxes "chabad" qui accomplissent leur shlichut, une période dédiée à des missions religieuses (souvent à l'étranger) afin de consolider sa foi. Ils sont, par un concours de circonstances, envoyés à Katmandou, où ils sont supposés se tenir à disposition spirituelle des juifs qui passent par là sur leur chemin vers l'Himalaya. Manque de chance, ils atterrissent deux jours avant le Seder de Pessah, ce qui complique encore leur arrivée dans ce nouveau pays.

Shmulik et Mushkie, ce sont leurs noms, sont arrivés à Katmandou à leur corps défendant (Shmulik n'y était pas opposé quand on le leur a annoncé, Mushkie y était plus réticente et a plus de mal à s'adapter en dépit de sa bonne volonté). Ils font leur shlichut sur recommandation de leur rabbi, donc de leur plein gré, mais la destination leur a été imposée au dernier moment alors qu'ils faisaient leurs bagages en pensant partir pour la Belgique.
Pour le jeune couple, il s'agit donc d'un défi dont ils n'avaient pas pris la mesure, mais c'est aussi l'occasion pour eux de découvrir une autre culture... et puis, être à des milliers de kilomètres de tous ceux qu'on connait, pour un jeune couple, c'est forcément une aventure !
Pour Shmulik et Mushkie, ce sera aussi l'occasion de rencontrer différentes personnes de passage : un adepte du new-age, un randonneur complètement stone, un Israëlien qui refuse de parler hébreu ("j'aime la langue, simplement je n'aime pas toujours ceux qui la parlent"), ou encore une femme partie dans les montagnes népalaises à la recherche de sa soeur qui a disparu.

Le tournage de Kathmandu comprenait deux mois au Népal, et la série est tournée à la fois en hébreu et en anglais ; on sent dans ce pilote qu'il y a une véritable envie de dépeindre un pays de façon réaliste, sans en laisser échapper la beauté. En cela, la démarche de Kathmandu m'a un peu rappelée celle de la série suédoise 30° i Februari (même si la série israélienne s'oriente par moments vers la dramédie). La démarche spirituelle, sans être la même dans les deux séries, ramène en tous cas à l'idée d'un voyage qui dépasse le simple kilométrage...

Les retours sont apparemment bons de la part de la communauté chabad, qui trouve que son mode de vie est plutôt bien rendu à l'écran, et la série a su trouver un public plus large, sur Reshet qui la diffuse, démontrant qu'il n'est pas besoin de faire partie de ce courant religieux pour apprécier la série. Et en effet, le pilote de Kathmandu, à mon avis, est assez universel, même si la fin de l'épisode était un peu exagérée (ne parvenant pas à entrer dans le bâtiment où on les a installés, Shmulik et Mushkie escaladent le mur de la propriété et se font emprisonner pour tentative de cambriolage) et conduit à un axe qui a l'air de vouloir se prolonger.
Comme 30° i Februari, l'avantage de Kathmandu est qu'elle est bilingue et comporte de nombreux dialogues en anglais (certes avec un accent népalais à couper au couteau) et se montre assez accessible pourvu de parler l'anglais. Du coup j'hésite presque à regarder la suite, je me tâte encore ; le problème étant plus mon planning de visionnage que la qualité de la série.

Bon, maintenant que les présentations sont faites, permettez que je vous propose le générique de Kathmandu ! Un petit clic et il est à vous...

Kathmandu
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Pour ce qui est du générique à proprement parler, j'ai le sentiment qu'on y retrouve assez bien la sensation de désorientation de ses personnages, la dimension de rituel religieux, mais aussi un petit côté "auberge espagnole" à travers tous ces personnages si différents qui, loooin de tout, vous rencontrer des inconnus et sans doute aussi eux-mêmes...
La musique est rapide, le montage très efficace, et j'aime bien le contraste qui a été trouvé entre les rues un peu sales, en tout cas grises, et la lumière qui émane des plans sur les montagnes. Comportant de nombreux extraits des épisodes, le générique fonctionne également comme une très bonne bande-annonce augurant d'évènements à venir (ce petit pont de cordes au-dessus du vide, par exemple, il promet !).

Si tout cela vous a mis l'eau à la bouche et que vous voulez tenter l'aventure, vous pouvez trouver l'intégrale de Kathmandu en streaming sur le site de la chaîne. En effet, et si je ne me suis pas trompée (je maîtrise encore assez mal l'hébreu, je ne vous le cache pas), le treizième et dernier épisode a été diffusé hier.

Ah et j'en profite pour mentionner que j'ai reçu hier mon intégrale des trois saisons de Srugim, et que je compte m'y attaquer dans le courant de l'automne (je vais simplement laisser passer la grosse vague de pilotes de la rentrée histoire d'aborder la série sereinement). On va donc reparler très bientôt de séries israéliennes dans ces colonnes !

Posté par ladyteruki à 12:24 - Médicament générique - Permalien [#]

11-04-12

lady's world tour - Escale n°8

Bon, bah écoutez je sais pas pour vous, puisque vous n'avez pas trop réagi sur ce point spécifique, mais je préfère quand même les world tour plus longs. Je trouve qu'on a plus de choix. Alors du coup aujourd'hui il y a du lourd, et j'ai même réussi à trouver un petit quelque chose sur l'Italie, l'un des pays européens où je manque dramatiquement de sources. Je n'en suis pas fâchée, je vous le dis tout net !

30graderiFebruari

- SUEDE : SVT, c'est chaud !
Lundi soir, SVT diffusait l'ultime épisode de 30° i Februari et vous vous doutez bien qu'on aura l'occasion d'en reparler. La bonne nouvelle, c'est que l'épisode final a été regardé par 1,2 million de spectateurs ! Rappelons que le premier épisode avait réuni 1,45 million de curieux. Pour un pays qui compte un peu plus de 9 millions d'habitants, je vous laisse apprécier l'ampleur de la chose. Par contre, il y a une mauvaise nouvelle : le DVD est sorti aujourd'hui en Suède, et il ne comporte pas l'ombre d'un sous-titre anglais. Il fallait s'y attendre mais ça n'en est pas moins tragique. A moins qu'elle m'ait échappé, on attend toujours l'officialisation d'une deuxième saison.

- DANEMARK : Facebook, ça ne marche pas avec DR
Il vous souvient probablement de la dramédie Lykke, diffusée l'an dernier par DR. La série, qui faisait partie des fictions vendues à l'occasion du MIP TV, a trouvé un public restreint, mais actif : un groupe Facebook a été créé par les fans afin d'inciter DR à ramener la série à l'antenne. Cela à valu à Stig Thorsboe, le créateur et scénariste de la série, de s'exprimer pour annoncer qu'il n'y aurait définitivement pas de seconde saison pour la série. "Aux Etats-Unis, cette opération aurait du succès, mais ça ne fonctionne pas encore comme ça au Danemark", a-t-il précisé quant à l'initiative. Thorsboe, qui a commencé à écrire pour la télévision au début des années 90 mais a accentué son travail pour le petit écran ces dix dernières années (il a notamment écrit les épisodes de Krøniken), travaillerait actuellement sur un nouveau projet de série. Ah et, vous savez, quand je mentionnais le MIP TV ? Eh bien, la dramédie de TV2, Rita, dont je vous parlais du pilote plus tôt cette année, a été vendue à Fuse Entertainment (déjà responsable du remake de Forbryselsen) afin d'être adaptée pour les Etats-Unis. Voyez, la fiction danoise a encore du répondant, tout n'est pas noir.

- ESPAGNE : anti-coup de bambou
Voilà de nombreux mois qu'on parle de productions espagnoles dans ces colonnes, et je pense qu'on est tous prêts maintenant à retenir des noms propres et des noms de sociétés. Celui que nous allons apprendre aujourd'hui est Bambù Producciones, une société de... production (vous voyez, vous vous en sortez très bien) qui est à l'origine de plusieurs des séries à succès de ces dernières années, dont Hispania, Gran Reserva, ou plus récemment Gran Hotel. Comme vous le voyez, les choses vont plutôt bien pour cette boîte. Elle a annoncé au début de la semaine avoir lancé une nouvelle filiale, nommée Blow, destinée à accueillir les projets les plus ambitieux et les plus sensibles. Le premier projet de Blow sera un mélange de thriller psychologique et de science-fiction, dont l'ambiance est décrite comme digne héritière de films comme Buried ou Red. Outre la signification pour Bambù Producciones à proprement parler, qui montre bien qu'elle est en train de gagner du terrain (notamment face au géant Globomedia qui est son principal concurrent), on devine que de tels projets ne sont pas vraiment développés pour les chaînes historiques mais plutôt pour la TNT ou le câble. Alors, Blow, première étape d'un élan des chaînes numériques espagnoles ? A suivre.

C'est la même photo parce qu'elle lui rend bien justice

- CANADA : on ne s'en lasse pas
La chaîne francophone TVA a confirmé la mise en chantier d'une comédie dramatique intitulée Un sur 2, dans laquelle un homme qui a fait sa crise de la quarantaine et a tout plaqué revient comme une fleur trois mois après avoir claqué la porte, auprès de sa femme et de leur fille. Comme ils possèdent un duplex et une quincaillerie, le temps que la confusion retombe, ils décident d'habiter chacun un étage du duplex et d'essayer de régler leurs problèmes tout en continuant de tenir leur affaire... Vous l'aurez remarqué, pour la seconde fois dans un world tour, la photo de Claude Legault (Minuit, le soir) orne cette news ; effectivement l'acteur interprètera le rôle masculin, Michel, tandis que l'épouse sera incarnée par Céline Bonnier (Les Rescapés). La série, dont le tournage devrait commencer en juin en vue d'une diffusion en septembre, sera réalisée par Claude Desrosiers (Les hauts et les bas de Sophie Paquin), et la production est déjà assez confiante quant à l'obtention d'une deuxième saison.

- BRESIL : une avenue, que dis-je, un boulevard !
Il est rarement question de telenovelas dans le coin pour, entre autres, les raisons énoncées il y a quelques semaines. Pour autant je voulais attirer votre attention sur quelque chose : les telenovelas, ça fonctionne encore TRES bien. Non parce que je me rappelle avoir expliqué que l'Amérique du Sud connaissait une véritable ruée vers l'or en matière de nocturnas au format hebdomadaire, mais soyons bien clairs : les telenovelas ne sont pas nécessairement désertées. En témoigne Avenida Brasil, sur Rede Globo, qui a commencé le 26 mars dernier et qui, d'après les derniers chiffres, attire quotidiennement rien moins que 65% des spectateurs brésiliens. Quand même, hein. Le premier épisode de la série en avait réuni 61%, ce qui signifie qu'en à peine deux semaines de diffusion, les choses ont déjà pas mal progressé. Voilà donc c'était juste l'occasion pour moi d'être claire : oui, les séries hebdomadaires, c'est la nouvelle marotte des chaînes de nombreux pays dont on connait plutôt la production de telenovelas, mais ne vous laissez pas abuser, la telenovela n'est pas encore morte et enterrée.

- BRESIL : en rire ou en pleurer
Cela étant posé, les telenovelas ne sont pas les seules séries à exister, et la preuve en est faite avec deux projets de FX Brasil. Le premier, intitulé, A vida de Rafinha Bastos, est une série satirique dont le pilote vient d'être approuvé par la chaîne ; la série entre donc en production en vue d'un total de 12 épisodes. C'est l'humoriste Rafinha Bastos qui crée cette série dans laquelle il réutilisera une partie de son spectacle de stand-up, racontant des anecdotes de sa vie privée ; l'idée est de brouiller la limite entre la réalité et la fiction. Ainsi, le père du comédien dans la série sera interprété par son père dans la vraie vie, tandis que la mère sera incarnée par une actrice. D'autre part, le cinéaste Fernardo Meirelles (à qui l'ont doit le film La cité de Dieu et la série qui a suivi, La cité des Hommes) prépare la série Contos de Edgar, inspirée des nouvelles fantastiques d'Edgar Allan Poe et en co-production avec la chaîne O2 ; la série devrait arriver sur les écrans brésiliens pendant le second semestre 2012.

Moi ! Moi !!!

- ITALIE : qui veut nager avec les dauphins ?
En mars 2011, Canale 5 avait diffusé une minisérie intitulée Come un delfino, en deux parties. La série s'intéressait au monde de la natation, et notamment d'un ancien champion, Alessandro, qui devient l'entraîneur d'une équipe de jeunes délinquants et les aide à revenir dans le droit chemin en leur apprenant ce sport. Il ne vous étonnera pas trop d'apprendre que la fédération italienne de natation faisait partie des entités participant au budget de la série, laquelle bénéficiait de musiques composées par nul autre qu'Ennio Morricone ! Une seconde saison a depuis été commandée pour la série, et puisque je suis tombée sur une info concernant son histoire, je me suis dit que c'était pas parce qu'on n'avait jamais mentionné la série qu'on allait se priver de se pencher dessus. Cette fois, Alessandro (qui grâce à l'issue de la première saison a touché une grosse somme d'argent) décide de racheter une piscine confisquée à la mafia, et de la retaper pour pouvoir y entraîner plus de jeunes. Mais lorsqu'une bombe fait exploser l'installation, il faut se rendre à l'évidence, ce ne sera pas facile... Le tournage de la 2e saison, qui a commencé en février dernier, s'installe à partir de ce weekend à Malte ; on ignore pour le moment à quelle date les nouveaux épisodes de Come un delfino seront diffusés.

- AUSTRALIE : Blake pour prendre la relève de Fisher ?
Le tournage a commencé pour la prochaine série d'enquêtes d'ABC, The Dr. Blake Mysteries, se déroulant dans une ville rurale en 1959. Souvenez-vous, cela faisait partie des projets que la chaîne publique s'était fixés pour cette nouvelle saison. Le bon docteur Lucien Blake viendra reprendre le cabinet que lui a laissé son père, officiant également comme médecin pour la police, mais très vite il conduira ses propres enquêtes lui-même. Blake ayant été officier médical pendant la Seconde Guerre mondiale, il a un regard bien particulier sur ses pairs, et les gens du coin ne comprennent pas toujours ni sa rigueur morale ni son sens de l'humour pince sans rire. C'est un total de 10 épisodes qui est prévu avec Craig McLachlan (Packed to the Rafters) dans le rôle principal, Nadine Garner (City Homicide) interprétant son épouse. Le tournage est prévu pour durer jusqu'en août, en vue d'une diffusion en 2013.

- AUSTRALIE : de mère en fille
L'une des exportations les moins glorieuses de la télévision australienne a été la comédie Kath & Kim, même si on ne peut nier qu'elle ait connu un grand succès. Actuellement, le film Kath & Kimderella est en préparation en vue d'une sortie sur les grands écrans australiens le 6 septembre, et c'est l'occasion pour quelques rumeurs insistantes, mais pas du tout confirmées (je répète : rumeurs non confirmées) d'évoquer le retour de la mère et la fille à la télévision. Pourquoi donner du poids à ces rumeurs ? Parce que lorsque Seven a reçu ses investisseurs et partenaires à la fin de l'année dernière, le tandem était intervenu dans une petite video dans laquelle les deux anti-héroïnes avaient fait remarquer que la chaîne avait bien besoin de les faire revenir à l'écran. On devrait avoir le coeur net quant à la véracité de cette rumeur à mesure que la sortie du film se rapprochera...

KankurouKudou

- JAPON : l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
La NHK a la particularité d'être la seule chaîne nationale japonaise à diffuser des séries d'une durée d'un an (comme en ce moment Taira no Kiyomori le dimanche soir) ou de 6 mois (ce sont les fameux asadora, diffusés à huit heures du mat') ; ce sont souvent les séries qui font les meilleures audiences de la chaîne, accessoirement. Ces deux traditions télévisuelles requièrent donc, pour plusieurs raisons comme vous le voyez, une vision à long terme, aussi ne serez-vous pas très étonnés d'apprendre que, à peine une semaine après avoir lancé Umechan Sensei dans sa case matinale, la chaîne publique commence déjà à penser à l'avenir. L'urgence n°1 à présent est d'abord de poursuivre le projet qui prendra la relève d'Umechan Sensei en octobre, Jun to Ai. La jeune actrice Natsuna vient d'être castée pour le rôle principal de la série ; c'était sa 3e audition pour un asadora. Elle y incarnera une jeune fille qui débarque de sa région natale d'Okinawa pour travailler dans un grand hôtel d'Oosaka. Le tournage de Jun to Ai démarre le mois prochain en vue d'un lancement sur NHK le lundi 1er octobre. Mais ce n'est pas tout, puisqu'il faut maintenant commencer à écrire l'asadora d'après, celui qui démarrera au printemps 2013 ! Je vous le disais : on parle de plans à long terme. Ce n'est nul autre que Kankurou Kudou (c'est le monsieur ci-dessus, dites bonjour), entre autres scénariste de Kisarazu Cat's Eye et Unubore Deka, qui vient d'être engagé pour en écrire l'histoire. Une conférence de presse devrait avoir lieu en juin pour révéler le sujet et le titre de cette série. C'est la première fois que Kudou écrira un asadora, et il pourrait être intéressant de le voir apporter sa patte à ces séries essentiellement destinées aux ménagères...

- RUSSIE : le festival du détective
Comme je vous le dis. DetectiveFEST est un festival russe intégralement dédié aux enquêtes, qu'elles se déroulent dans des films ou des séries, qui se tiendra du 25 au 29 avril prochain à Moscou. Sa mission, entre autres, est de réhabiliter l'image des policiers, et d'encourager le sens de la Justice chez les citoyens, à travers la fiction (ça ne s'invente pas). Comme tout festival qui se respecte, le DetectiveFEST propose également quelques récompenses. Parmi les séries nommées, pas mal de séries russes comme la saison 5 de Codex Chesti ("code de l'honneur"), et quelques unes qui en revanche nous évoqueront quelque chose : la série de Canal+ España, Crematorio, la canadienne Republic of Doyle, ou encore le succès turc Behzat Ç.. C'est la 14e fois que le festival a lieu, et le thème de cette année est "loi et société".

- ARGENTINE : si c'était à refaire
Un petit mot pour finir sur une série argentine dont le lancement m'avait un peu échappé, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire. Volver a nacer a démarré le 3 avril dernier à 22h30 sur TV Publicà (qui est... euh... une chaîne publique), et est une mini-série en 13 épisodes qui raconte comment des jumelles séparées à la naissance vont tenter 30 ans plus tard de percer le secret de leurs origines. Jusque là ça a l'air un peu bateau, limite téléfilm de Lifetime, mais on est en Argentine et l'histoire se teinte d'Histoire : les héroïnes sont les filles d'une prisonnière politique pendant la dictature militaire... Tournée et diffusée comme une série quotidienne, Volver a nacer n'est pas forcément un petit bijou mais son sujet mérite quand même l'attention. Ca tombe bien, TV Publicà se fait un devoir de mettre les épisodes en ligne sur le Mal chaque jour (par exemple, ici, le pilote). La série Volver a nacer a vu le jour, tout comme Perfidia, grâce au fameux Concurso Series de Ficción Federales. Ca a l'air d'être une vraie mine d'or, ce concours...

Pour finir, j'avais envie de vous glisser un petit mot sur Brendan O'Carroll, créateur et interprète principal de la série irlandaise Mrs Brown's Boys, la comédie qui est devenue un vrai phénomène, vous savez ? Les choses vont apparemment si bien qu'il a refusé une offre de HBO ! Actuellement, le format de Mrs Brown's Boys permet en effet au comédien et scénariste de ne travailler que 6 mois de l'année, et il avait peur qu'en acceptant l'offre de la chaîne câblée américaine, il ne doive travailler plus (mais il aurait définitivement gagné plus). Les Irlandais peuvent donc continuer à profiter des services exclusifs de O'Carroll, voilà un de leurs ressortissants couronnés de succès que les Américains ne vont pas tout de suite leur piquer (au contraire d'Amy Huberman, mais c'est pas moi qui irai me plaindre !).

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ; on a vraiment eu de tout ! A vous de me dire maintenant quelles sont les news qui ont le plus retenu votre attention, et, le cas échéant, s'il y a des séries que vous avez maintenant le désir ardent d'aller cagouler séance tenante...

Posté par ladyteruki à 22:51 - Love Actuality - Permalien [#]

24-03-12

[DL] 30° i Februari

BlackMarch

L'une des séries dont j'aurai eu le plus de mal à me passer pendant le Black March est la toute première que j'avais décidé de regarder intégralement en VOSTM, un procédé jusque là réservé aux pilotes (mais la structure de la série, qui emploie pas moins de 3 langues au long de ses épisodes, permet peut-être cela plus facilement que d'autres). 30° i Februari est un véritable coup de coeur, et même si nous avons été séparées alors que je n'ai eu le temps de cagouler que 3 épisodes, je sais déjà que cette série compte. Et pas uniquement parce que je me suis arrêtée sur un sacré cliffhanger.
Alors, outre les premiers épisodes, que je me suis refaits depuis mon lit de mort (ouais, j'ai toujours une crève d'enfer), je vous avoue que j'ai eu tendance à regarder le générique de la série juste un peu plus souvent que la moyenne, ce mois-ci.

30GraderiFebruari
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dés que j'ai progressé en Suédois, vous pouvez être sûrs que je fais de 30° i Februari mon premier projet de sous-titrage. C'est peut-être dans longtemps, mais c'est une promesse. Parce qu'hélas personne ne semble s'en charger, et qu'il faut apparemment qu'une série suédoise penche du côté de la science-fiction pour que les gens s'y intéressent (bien-sûr que je suis contente d'avoir parlé d'Äkta Människor autour de moi et d'avoir trouvé des gens réceptifs dans mon entourage téléphagique, mais que voulez-vous, ce n'est jamais assez). Je trouve ça très triste ; j'aimerais connaître la formule magique qui permet de faire prendre la mesure aux gens de ce qu'ils ratent, mais comme par définition ils le ratent, eh bien...
En attendant je savoure la douce mélancolie de ma série suédoise préférée du moment (et pourtant, Dieu sait qu'entre Äkta Människor, dont j'ai hâte de découvrir le final, et Kommissarie Winter sur arte, je suis gâtée !). Tant pis, pour le moment je n'ai personne avec qui partager mon enthousiasme.

Posté par ladyteruki à 23:30 - Médicament générique - Permalien [#]