ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-12-12

Gros blanc

Dans la vie on a les petites fiertés inutiles qu'on peut : ça fait du bien à l'ego et ça ne coûte pas grand'chose.
Parmi les miennes, il y a par exemple la petite fierté de savoir que je suis capable de dire, pour n'importe quelle série qu'on me cite, ce que j'en pense, et de participer à la discussion. Parfois, ce que j'en pense inclut les termes "je n'ai jamais vu mais..." (comme dans : "The Vampire Diaries, je n'ai jamais vu mais ça a l'air de ressembler beaucoup à Twilight", à partir de là, l'interlocuteur contredit ou pas, hein), mais je suis toujours capable d'en dire deux mots.
Dans le cas de Covert Affairs, comme un interlocuteur me l'a fait réaliser aujourd'hui, je suis uniquement capable de dire : "ah oui, c'est la série...". Grosse pause embarrassée. "Oui, la série, bien-sûr... euh... avec une affiche blanche". Ok donc la porte c'est par là, c'est ça ?

C'est comme ça que j'ai réalisé que je n'avais jamais vu Covert Affairs de toute ma vie. Jamais. Pas une fois. Même pas les premières minutes et après je ferme la fenêtre en me disant que ça m'ennuie trop et que j'y reviendrai plus tard (et qu'évidemment, je n'y reviens jamais plus tard ; ça me l'a fait récemment avec Elementary). Et c'est même pas que je ne le voulais pas, ou que ma religion me l'interdit (ce qui est le cas de The Vampire Diaries, par exemple), non, ça ne m'avait simplement jamais traversé l'esprit. A un point tel que j'ai réussi à oublier son existence ! Ah oui parce qu'une autre de mes petites fiertés inutiles, c'est de savoir précisément quels pilotes j'ai déjà vus, et d'avoir une petite liste mentale des pilotes dont je sais très bien que je ne les ai pas regardés, mais qui ne perdent rien pour attendre quand j'aurai un moment et/ou l'envie. A titre d'exemple, le pilote de The Newsroom est sur cette liste ; je ne l'ai pas vu, je sais pertinemment pourquoi, mais un jour j'y viendrai. Sauf que là, je ne me souvenais même pas que je n'avais pas vu Covert Affairs.
Le problème des petites fiertés inutiles, c'est qu'elles froissent l'ego pour pas grand'chose.
Donc le premier truc que j'ai fait ce soir en rentrant, c'est m'assurer que je récupérais le pilote de Covert Affairs (la meilleure preuve qu'effectivement je l'avais zappé, c'est que je ne l'avais jamais cagoulé, ce qui est un signe chez moi !), puis je l'ai lancé et, quand au bout d'une minute environ, il a été absolument clair que je n'avais jamais, jamais, jamais... jamais vu ce pilote, je vous avoue que je me suis sentie verdir de honte. Une série américaine qui va bientôt entamer sa 4e saison, quand même, hein. Voilà voilà. Et pendant ce temps, je me cherche des séries à tester en mandarin, nan mais sans déconner...

Donc ce soir on va parler d'une série qu'à vue de nez une bonne moitié de l'univers a regardée avant moi, et je le vis très bien.

CovertAffairs
N'empêche. Elle est blanche.

Covert Affairs, c'est l'histoire de... oui enfin vous le savez, c'est moi qui ai un train de retard, donc on passe sur le résumé de cette série d'espionnage.
Ma plus grosse peur pendant les premières minutes du pilote, c'était de me retrouver avec un ersatz d'ALIAS.

Techniquement je n'ai rien contre ALIAS. J'ai regardé la première saison en intégralité sur M6, à l'époque, c'était un signe qui ne trompait pas (c'était de ma part un effort parce que, il y a 10 ans de ça, j'étais très rarement capable de suivre une série régulièrement en soirée à la télévision ; c'est d'ailleurs comme ça que j'ai décroché de beaucoup de séries, genre 24. Ensuite j'ai découvert internet et j'ai appris que plus rien ne m'y forçait, et ça a tout changé). Le problème d'ALIAS c'est qu'avec le temps, j'ai fini par trouver que les missions de Sydney Bristow avaient un côté répétitif, mais que je ne me passionnais pas du tout pour ses problèmes avec Michael ou avec son père. Et puis sa mère qui est morte, puis qui est pas morte, puis qui est remorte... bon. Donc j'en ai logiquement été conduite à me demander pourquoi je regardais, la réponse s'appelait Ron Rifkin, ça ne suffisait pas, et j'ai progressivement lâché, pour finir par totalement abandonner l'affaire quelque part après le bond de deux ans en avant.
Ensuite, je l'avais un peu prise en grippe, je le reconnais.
En somme, les romances insupportables sur fond d'espionnage, ça m'ennuyait, mais l'espionnage pour l'espionnage ne me tenait pas vraiment sur le rebord de mon fauteuil non plus (enfin, à l'époque j'habitais un appart si petit qu'il n'y avait pas la place pour un fauteuil, mais vous saisissez l'idée), notamment parce que ça impliquait toujours, à un moment de chaque épisode, des scènes d'action sans aucun enjeu (comme si on croyait vraiment que Sydney va se faire prendre et être tuée...!), et qu'au final ça n'avait plus aucun effet sur moi au bout de quelques épisodes.
Parfois je me dis que je retenterai le coup un jour, et découvrir qu'il y a sans doute des épisodes de qualité que j'ai loupés ; mais, dans le fond, je suis assez consciente d'avoir brûlé toutes mes cartouches de patience avec ALIAS. C'est le genre de séries que je ne voudrais pas vraiment regarder, juste être capable de lire des résumés, avoir l'impression de combler les trous, et décider que je ne suis ni totalement passée à côté ni que j'ai perdu mon temps à regarder l'horloge au-dessus de la télé pendant que je me forçais à me faire une intégrale. Ne serait-ce pas formidable si, pour certaines séries qui ne nous affolent pas mais dont on pense qu'il y a deux-trois épisodes qui doivent sûrement valoir le coup, on pouvait télécharger les épisodes dans notre tête, et pouvoir dire "ouais, je sais de quoi chaque épisode parle, mais j'ai pas non plus gaspillé 4000 heures de ma vie à regarder ce truc" ? Moi parfois ça me fait rêver. Ca laisserait du temps pour une intégrale d'une série qui compte vraiment. Battlestar Galactica, par exemple ; tiens c'est vrai, je me ferais bien une intégrale de Battlestar Galactica... Pardon, j'ai dévié.

Donc l'idée qui m'a motivée dans mon visionnage, c'était qu'on éviterait peut-être le truc à la ALIAS, où le personnel se mêle immanquablement au professionnel. Mais où le professionnel est capable de me surprendre. Et surtout, oh surtout, où tout le monde ne finit pas par travailler dans l'espionnage, comme par hasard, selon le bon adage "l'agent appelle l'agent".
Une bonne partie du pilote de Covert Affairs semblait relativement bien s'en sortir de ce côté-là, mais j'ai rageusement hurlé à la fin de l'épisode. J'aurais dû le sentir dés le début du pilote, mais je refusais d'y croire.

Alors, en-dehors de ça ? Bah Covert Affairs n'est pas mauvaise, pas fondamentalement. C'est sympathique d'assister aux premiers pas d'Annie Walker, de la voir faire des bourdes (même si j'aurais préféré qu'elle ne se tire pas tout de suite elle-même de son bourbier au point d'obtenir une récompense dés le premier épisode), de vivre les expériences un peu désorientantes à ses côtés. Sur ce plan-là, Covert Affairs installe très bien son personnage central, le rend tout de suite sympathique, il n'y a pas à dire. Fait rare pour un pilote presqu'uniquement focalisé sur un seul personnage, Annie est attachante, et pas du tout irritante, son omniprésence permettant au spectateur de vraiment s'identifier facilement à ses réactions, qu'il s'agisse de peur et de panique pendant une fusillade, de sang-froid et d'énervement pendant une course-poursuite, ou tout simplement de solitude lorsqu'elle s'aperçoit qu'elle ne peut pas parler de sa vie professionnelle à sa propre soeur (qui en plus cherche désespérément à la maquer avec des mecs qui ont une tête à tourner dans un porno hongrois des années 80).

Mais sur le reste, je dois dire que je suis moins positive. Le tandem formé avec Christopher "Jinx" Gorham fonctionne relativement, mais n'offre pas vraiment de surprises. La boss froide incarnée par la merveilleuse Kari Matchett (à laquelle j'ai juré une fidélité éternelle depuis qu'elle m'a ravie dans Invasion Planète Terre et qui ne m'a jamais déçue depuis lors, même pas dans Invasion) est peut-être un personnage sympa, mais il ne fait aucune promesse au spectateur. Quant à la frangine transparente qui n'est là que parce qu'on ne peut rien lui dire et qui va peut-être découvrir la vérité à n'importe quel moment, franchement, c'est du déjà vu.

Je sais, je sais bien : les séries d'USA Network n'ont pas la réputation d'être des perles en matière d'innovation télévisuelle (quoique franchement, Suits est vraiment excellente, et largement au-dessus du panier par rapport au reste de la grille de la chaîne), mais j'espérais quand même qu'une recette avait été trouvée pour résoudre cette difficile équation de la prévisibilité des séries d'espionnage.
Peut-être que l'une des solutions serait tout simplement de ne pas prendre une héroïne pour personnage central, ce qui semble être une autorisation implicite donnée aux scénaristes pour forcément la fourrer dans des tenues sexys et de lier son histoire amoureuse à ses enquêtes (et le "it's been ages since you've had a real relationship... it's weird !" a fait hurler la féministe en moi, je ne vous le cache pas ; on ne dirait jamais ça à un personnage masculin !).
Peut-être qu'une des solutions serait de ne pas chercher à nous vendre les espions comme des superhéros modernes, les temps ont changé. J'aimais bien ce que PanAm disait de l'espionnage, par exemple, en filigrane : que c'étaient les petites choses qui pouvaient en changer de grandes, et que parfois, faire voyager un objet en apparence quelconque, pouvait être tout aussi décisif (et compliqué) qu'une action où il faut se faire passer pour une call girl dans un hôtel de luxe. Là, les personnages ont beau répéter à Annie que, ça alors c'est fou ce qui t'arrive quand même, statistiquement il y a des agents qui passent toute leur carrière sans voir de coup de feu, on ne se fait pas d'illusion et on sent bien qu'Annie fera partie de ces agents dont la vie implique des tas de choses totalement irréalistes. Et qu'elle rentrera quand même chez elle le soir pour raconter des bobards à sa frangine.

Naturellement, la toute fin du pilote nous donne une explication pour cela : Annie a été engagée pour une raison bien précise, et son sort ne sera définitivement pas celui du commun des agents de la CIA. Pas seulement parce qu'elle est super douée en langues étrangères et qu'elle a l'esprit d'initiative, mais parce qu'elle est (comme c'est la tradition dans les séries d'espionnage), un pion sur un échiquier qui la dépasse.
Sans doute que Covert Affairs se laisse suivre à ce titre, parce que derrière chaque série d'espionnage se cache désormais une thèse conspirationniste de plus ou moins grande envergure. Et peut-être que je vais profiter que maintenant je lui ai donné sa chance pour voir ce qui arrive à Annie Walker, qui sait ? Mais ce ne sera jamais un coup de coeur, hélas.
Par contre j'ai pas arrêté de me demander si Piper Perabo et Emilia Clarke ont été séparées à la naissance, vous aussi, ça vous le fait ?

Au moins, maintenant, si on me demande, je suis capable de dire deux mots sur Covert Affairs. Allez-y, allez-y : demandez-moi !

Posté par ladyteruki à 23:31 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]

12-09-11

Un plat qui laisse froid

Les histoires de vengeance, à la télévision, ça ne manque pas. Mais le plus souvent, elles sont l'apanage soit des soaps en quête de frisson cheap, soit des séries sud-coréennes qui sont, cycliquement, friandes de ces thèmes qui ont probablement quelque chose de culturel (je ne vois pas d'autre explication à leur abondance, quand les autres pays en usent avec plus de parcimonie). Le problème, c'est que pour toutes les autres séries, le genre est franchement casse-gueule, pour ne pas dire à la limite de l'opération suicide. Certains formats et/ou tons se prêtent à la fiction revancharde, d'autres, plus difficilement, et il faut être bien armé pour relever le défi.
Là, tout de suite, sans chercher à potasser spécialement le sujet, je n'arrive pas à trouver plus d'un exemple de série sur la vengeance qui s'en soit tirée la tête haute et avec les honneurs. Mais ce seul exemple n'est pas des moindres : c'est Profit.
Quand on a vu Profit, il faut admettre que les autres histoires de vengeance semblent bien pâles en comparaison. Ou se voient systématiquement comparées à cette série, même quand elles sont réussies (on l'a vu avec Zeni Geba, si vous vous en souvenez sinon il y a les tags).

Pourtant Revenge se démène avez beaucoup d'énergie pour essayer de tenir la dragée haute à son illustre aînée. Elle reprend certains des thèmes éternels de la série de représailles : le parent absent, l'enfance volée, et une question de classe, car on ne cherche jamais à se venger des pauvres, seulement des puissants (c'est leur faute, z'avaient qu'à pas être riches). Et tout en préservant une certaine forme de suspense, le pilote parvient à expliciter ces thèmes et les fondre en une mythologie solide, ce que toutes les histoires de vengeance ne font pas forcément aussi bien.

RevengeontheBeach
Toute l'essence du problème de Revenge tient en un mot : le contexte choisi. Le froid gratte-ciel d'une immense corporation est propre à accueillir une sordide histoire de vengeance, avec ce que cela suggère de manipulations, de complots ourdis dans l'ombre et de mesquineries voilées. L'ambiance est contenue dans le décor, l'oppression ajoute au suspense et les personnages sont doublement pris au piège, à la fois dans le building glacial et dans la toile que tend le héros. Par contre, l'immense yacht de la reine des Hamptons ? Moins. Beaucoup moins. Franchement, ça ressemble plus à un primetime soap qu'au décor d'une série qui veut nous plonger dans le suspense...
Les immenses demeures plus ou moins bien photoshoppées, les jetées sur l'océan et les robes de cocktail tous azimuts, ça n'impressionne pas, et au contraire, cela renvoie l'image d'une série qui a voulu faire dans le clinquant. Je regarde Single Ladies, donc croyez-moi quand je vous dis que j'en sais long sur le clinquant : ça n'aide pas à crédibiliser une intrigue, et ça aurait même tendance à appuyer là où ça fait mal, car sitôt que l'intrigue pêche, on a l'impression que le clinquant est là exprès pour colmater la brèche.

...Sans même parler d'essayer de partager la colère, la haine ou même l'ombre d'une remontée acide avec l'héroïne qui cherche à s'en venger.
Il faut dire que, toute jolie qu'elle soit, et il n'y a pas à dire, elle l'est, Emily VanCamp ne respire pas le charisme, or, pour porter sur ses épaules l'immense schéma d'une vengeance aussi colossale que celle-là, puisqu'apparemment couvée depuis bien longtemps et portant sur un grand nombre de victimes (mais avec évidemment une cible de choix pour la fin), il faut un minimum de magnétisme. L'émotion a du mal à passer (sauf dans la scène où son père se fait arrêter), et c'est quand même un vrai problème puisqu'on a besoin de ressentir un minimum d'empathie pour le personnage, même si ses manières, nécessairement extrêmes, nous rebutent : c'est le propre d'une fiction de vengeance, on comprend le personnage mais on ne peut pas totalement adhérer à sa quête. Il faut que le héros retranscrive cette ambivalence entre la part émotionnelle et la part morale du thème.
VanCamp est-elle trop ancrée dans les esprits comme une jolie fille de type girl next door ? Ou l'actrice est-elle réellement incapable d'incarner un personnage aussi sombre et complexe que nécessaire, même (et surtout) si le scénario ne pousse pas le personnage très loin ? Je ne suis pas sûre de la réponse, mais se poser la question est définitivement signe que quelque chose cloche. Par contre, ce qui est sûr, c'est que face à la venimosité sublime de Madeleine Stowe, elle a un mal fou à rivaliser. Et je me garderai de toute plaisanterie relative à la chirurgie esthétique, on avait dit pas le physique.

Le visionnage de Revenge est, du coup, agréable et désagréable pour cette même raison. Ça se laisse bien regarder, parce que c'est fait pour être agréable à l'oeil, qu'il y a une véritable envie d'essayer de faire quelque chose de bien, de rythmé, d'élégant, de vivant, même quand les moyens ne suivent pas (et il y a des scènes dans lesquelles ça se voit), avec un cast équilibré entre visages connus et d'autres moins... Mais en même temps, le décor estival et cossu souligne les faiblesses du scénario, ou plutôt des dialogues car pour le moment, le scénario reste trop classique pour qu'on en pense complètement du mal, les acteurs se donnent assez peu de mal (et ont peu de matière pour opérer des miracles, il est vrai). D'une grande vacuité, les échanges semblent n'être là que pour meubler les séquences qui, finalement, se seraient parfaitement suffit à elles-mêmes si elles avaient été silencieuses. Je persiste depuis des années à penser que ce serait une fabuleuse expérience que de tenter une série sans dialogue (ne serait-ce qu'une mini-série), mais c'est pas le sujet ; en tous cas, Revenge serait plutôt bonne cliente pour ce genre de choses, car on n'a pas vraiment besoin des dialogues ni de la voix off (pitiéééééé, les voix off, je vous en supplie, arrêtez avec ça, quand est-ce que les scénaristes vont se remettre à écrire de vrais scénarios ?!) pour comprendre ce qui se passe. Rapport au fait que c'est très classique, et visuellement bien assez explicite, sans qu'en plus on ne nous mette le nez dedans, quoi.

Je n'en ai pas l'air comme ça, mais je vous promets que j'ai pris du plaisir à regarder le pilote. Le plus curieux c'est qu'à un moment, je me suis même dit : "alors là franchement, je vois pas trop comment on peut en dire du mal", et j'étais sûre qu'une fois arrivée au stade de réaction de mon post, je ne trouverais rien de méchant à en dire. Evidemment ce n'était pas la série du siècle, mais elle ne me semblait pas mauvaise. Seulement voilà, Revenge, comme certaines séries fondées sur le suspense (24 ou Lost ayant eu le même effet sur moi), sitôt qu'on n'est plus dedans, on ne sait déjà plus pourquoi on aimait. Le genre de série dont il est préférable de se faire une intégrale plutôt que de la suivre et prendre le risque de s'en désintéresser pendant la semaine.
De toute façon, Revenge n'a pas de raison de vivre très longtemps : si elle tenait plus d'une saison (ce qui n'est pas à exclure, la série n'est pas une catastrophe non plus à ce stade), le côté primetime soap prendrait nécessairement le dessus, parce qu'il y a quand même un nombre limité de personnes qu'Emily/Amanda pourrait atteindre avant d'en arriver à sa vengeance sur Victoria (sauf si quelque part sur le chemin on découvrait qu'elle est sa mère, ce qui accélèrera le côté soapesque) et que si en plus, Victoria se pose des questions sur elles dés le pilote, et que la vraie identité de l'héroïne a été découverte par déjà un personnage (et un chien) dans ce même épisode, la mascarade ne durera pas très longtemps.

Alors, sans rancune, je donne rendez-vous à Revenge pour l'été prochain, pour une petite intégrale, d'ailleurs je vais vous dire, je trouve ça très curieux de lancer en septembre une série qui se déroule l'été. Comme ça, au moins, mon intégrale sera assortie au timing de la série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Revenge de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:58 - Review vers le futur - Permalien [#]

03-12-10

Laisse-moi rester femme

C'est souvent que j'admets n'avoir pas spécialement des goûts de gonzesse. Le simple emploi du terme "gonzesse" indique d'ailleurs bien ma disposition d'esprit vis-à-vis d'une certaine catégorie de séries qui me semblent totalement hors de ma zone d'intérêt, en première ligne desquelles on trouve les romances (ce qui explique que jamais je ne vous parlerai d'autant de séries coréennes que de séries japonaises, par exemple), les teenageries glamour avec plein de vêtements dedans (sans rire, vu de l'extérieur, le phénomène Gossip Girl semble plus une équation racolage + défilé de mode qu'autre chose) et ainsi de suite. Malgré mes cheveux longs, mes ongles laqués et, bien-sûr, ma carte d'identité, rien dans mes goûts téléphagiques n'indique que je sois de sexe féminin.

Alors, m'étais-je dit, c'est sans doute que je suis plus du genre à apprécier les séries masculines.
Lors de l'enregistrement de ce dernier SeriesLive Show en date, j'ai réalisé mon erreur. Avoir regardé Oz avec passion, avoir englouti trois saisons de Rescue Me en quelques semaines (oui, je m'en tiens aux DVD...) et autre goût prononcé pour les amitiés viriles à la Men of a Certain Age (merde on est vendredi, j'avais oublié...), ne fait pas de moi quelqu'un qui a des goûts de mec.

La preuve : j'étais totalement hors du coup ! Sons of Anarchy, 24, The Shield... je n'ai jamais dépassé 5 épisodes sur ces séries. Non parce qu'elles ne me plaisaient pas mais parce qu'elles ne me plaisaient pas assez.

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - 1x05 : Bad blood

Alors, j'ai posé quelques questions, et j'ai écouté. C'est plaisant aussi d'écouter, même quand on est censé animer le débat. Mes camarades du SeriesLive Show étaient tellement enthousiastes sur ces séries qu'ils animaient d'ailleurs très bien la conversation, même quand elle partait dans tous les sens. Dans le fond, je n'aime pas forcément regarder les "séries de mecs", mais j'aime bien en entendre discuter tout ce petit monde. Même quand les débats ne volent pas haut, même quand on a un peu l'impression que ces messieurs vont se mesurer dans les toilettes à la fin du débat, c'est vraiment agréable de sentir une telle énergie.

Des amateurs de séries qui parlent des séries qu'ils aiment... un podcast ne devrait-il pas toujours être comme ça ?

Posté par ladyteruki à 22:54 - Entre potes (cast) - Permalien [#]

20-08-10

Vautours !

Cas d'école.
Je surveille, comme à peu près tous les jours quand le Dieu de la Téléphagie me le permet (mais le Démon du Travail intervient parfois...), mes sources habituelles de news. Aujourd'hui ne m'a pas demandé d'effort particulier, car pour ainsi dire tout le monde en parle. Même JMM, c'est dire.
Me voilà donc à préparer une news sur une série égyptienne qui fait débat, et dont il me semble intéressant de souligner qu'elle présente un certain intérêt dans le contexte politique du pays, outre le fait qu'il est assez rare qu'une série s'intéresse à l'histoire contemporaine. Quel que soit le pays, ça semble plus facile de s'intéresser à quelque chose qui commencerait à dater d'il y a plusieurs décennies, voire si possible plusieurs siècles, plutôt que de heurter quelques susceptibilités. Je trouvais ça intéressant et après avoir pesé le pour et le contre (parce qu'avec les réactions de certains, cette démarche de 10 minutes est devenue obligatoire et conduit dans 70% des cas à une auto-censure un peu agaçante...), je me suis dit que je ne serais pas la seule. L'un des intérêts de la téléphagie, ça reste quand même bien quand elle nous permet de réfléchir à quelque chose de plus large...

AlGamaa

Al Gama'a, c'est son nom, est donc une série qui fait polémique et si vous tentez une petite recherche sous Google avec son titre, vous ne pouvez pas la rater.
C'est là mon problème.

Car quand on recherche Al Gama'a, on ne tombe que sur divers échos (plus ou moins pompés les uns sur les autres) de cette polémique. Écoutez bien : j'ai même été infoutue de trouver exactement sur quelle chaîne la série est diffusée. C'est vrai que je fais mes recherches depuis le boulot, d'un endroit sensible, en plus, où je ne suis pas certaine que trouver "al gama'a al islamiya" dans mon historique soit bien vu, mais le fait est que je n'ai pas trouvé. J'ai mes soupçons, pour m'être intéressée à la télévision égyptienne voilà quelques semaines, mais pas de confirmation. A vrai dire, si ce n'était pour la seule photo légendée que j'ai trouvée, je ne saurais même pas vous dire qui joue dedans. Quant à savoir qui la produit, c'est simplement hors de question.
Et ça me chagrine, que voulez-vous, parce que par nature je suis du genre à aimer fignoler mes fiches, et qu'étrangement je n'ai pas ce problème pour des quantités de séries, diffusées dans des langues que je ne comprends pas plus que l'arabe.

Étrangement, quand une série égyptienne (ou libanaise, ou peu importe) fait débat, là, tout le monde se rue dessus. Mais si elle c'est une comédie, ou une romance, ou le biopic d'une star locale, ou une saga historique gentillette, là tout d'un coup ya plus personne.

Bande de vautours.
Dés qu'il y a quelque chose de négatif à faire ressortir (ici, les récriminations d'une organisation islamiste dont les procédés ne semblent pas vraiment faire l'unanimité, pour dire les choses avec diplomatie), on y va ! Ah ça, si on peut expliquer que le pauvre scénariste est seul contre tous, même si son regard est, bon, peut-être partial dans le fond, là c'est bon, là ça cause.

Et toutes les autres séries, messieurs les journalistes ? Toutes les autres, celles qui permettent de relativiser ? Imagine-t-on ne parler que de 24 pour aborder la fiction des États-Unis ? Ah mais pardon, ce sont les Américains, ils ont des laisser-passer à l'année sur nos chaînes nationales, pour eux on veut bien apporter de la nuance...

Je suis Française, je suis agnostique, et ça me choque. Je n'imagine même pas ce que je ressentirais, en tant que téléphage et en tant que rédactrice sur SeriesLive, si j'étais d'origine arabe ou de confession musulmane. J'aurais probablement tendance à le prendre encore plus mal que là. Je trouve ça d'une hypocrisie inouïe. Ça en dit long sur nos mentalités occidentales. Bon, je ne suis pas en train de dire que je vais apprendre l'arabe juste pour changer ça, parce que j'ai déjà le Japonais sur le feu, et que j'ai toujours ce rêve de consacrer du temps à l'apprentissage du Suédois, mais sachez que l'idée m'a traversée, c'est peut-être extrême mais j'ai eu une telle réaction de dépit, de dégoût et de lassitude que franchement, je me suis dit qu'il fallait y faire quelque chose.

Parce qu'en tant que téléphage à peu près curieuse, ça va, je pense que j'arrive à faire la part des choses. Quand je passe des heures pour trouver des infos sur UNE série égyptienne, syrienne, algérienne... quelque part, je me mets hors de danger. Hors du danger de penser de façon systématique que toutes les séries égyptiennes ont forcément ce goût de polémique, voire de provocation. Mais les autres ? Les téléphages peu curieux ? Les télambdas ? Pire, les gens qui n'en ont rien à faire et qui tombe sur cette info parce qu'elle est relayée par le Figaro ou le Nouvel Obs ? Quelle peut être leur vision de l'Égypte ? Quelle est l'information résiduelle qu'ils en ont ? Forcément déformée, plus encore que pour moi qui tente de m'intéresser à une partie minuscule de ce qui se dit en Égypte, via la télévision.
Ça me révolte, je ne vous le cache pas.

Bon, j'avais déjà effleuré ce sujet, mais je ressentais le besoin de revenir sur ce petit scandale, quand même. Comme je le disais, parler de notre rapport aux séries arabes ne me semble pas tout-à-fait anodin...

Posté par ladyteruki à 13:29 - Point Unpleasant - Permalien [#]

27-10-09

Nécrophage téléphage

Je lance une hadopienne cagoule et réduis la fenêtre ; mon fond d'écran s'affiche alors. J'aime beaucoup mon fond d'écran, la meilleure preuve c'est que je l'ai depuis plusieurs mois alors que d'ordinaire je suis plutôt versatile de ce côté-là. Vous savez ce que c'est avec les fonds d'écran : on le choisit parce qu'on aime sa combinaison de facteurs positifs (ce qu'il représente, sa mise en images, son aspect fonctionnel s'il y a lieu), et passée la lune de miel de quelques jours, on n'y prête plus vraiment attention. Mais je devais être fatiguée parce que mon regard s'est attardé sur mon fond d'écran pendant plusieurs minutes. Et j'ai ressenti cette impression un peu geek qui ressemble à une petite voix murmurant "ouais, il est bien ce fond d'écran". J'aimais vraiment bien cette image sur le coup. Et puis, comme si mon cerveau s'éveillait de sa rêverie, je me suis dit que cette image n'existait plus à l'heure où je la regardais. Le décor a sans douté été démonté depuis belle lurette, par exemple. La personne a probablement enduré des changements de looks depuis, ou tout simplement a deux ans de plus. En fait, cette image n'existait que pour moi, en cet instant, et plus du tout pour le reste du monde. Et surtout pas pour ce qui y figure.
C'est là que ça m'a frappée.

Quand on regarde une série, on regarde toujours des images mortes. Comme l'éclat d'une étoile lointaine. On la voit alors qu'elle n'existe plus. Tout le principe d'une série est de regarder non seulement une fiction, mais en plus des images qui n'ont plus de réalité. Quand je regarde un épisode de Three's Company, je regarde une histoire qui ne s'est pas déroulée, des personnages qui n'existent pas, mais aussi un décor qui est tombé, un acteur qui a disparu, des actrices qui ont vieilli.

Le téléphage a-t-il l'âme d'un nécrophage ? Au, au mieux, d'un nostalgique s'absorbant dans des images qui, quand elle lui parviennent, ont forcément déjà pris de l'âge ?

Ce même téléphage entretient un étrange rapport au temps ; il découpe son monde en saisons (avec la saison normale d'une part, et la saison estivale d'autre part), il compte non en années mais en saisons (ce qui dans des cas comme par exemple 24 fausse le calcul), il est capable de faire un bond dans le temps pour suivre les procédés "d'avance rapide" (comme pour Desperate Housewives ou One Tree Hill), il s'attèle chaque semaine à la découverte d'un nouvel épisode, il attend la résolution d'une enquête en 45 minutes, mais aussi, nos lisons des sites qui tous sans exception datent les séries et les épisodes que nous regardons.
En fait, j'ai l'impression que cette façon de se donner des repères temporels comme ceux-ci est de nature à essayer d'organiser le chaos du temps télévisuel. D'ailleurs le simple fait de dater une série est une tentative désespérée et vaine de vouloir marquer le calendrier d'un jalon imaginaire.

Récemment, en lien avec ma participation au sein de SeriesLive, je me suis posée la question : comment définit-on la date de création d'une série ? Lorsqu'elle est mise en chantier ? Ça semblerait logique. Lorsqu'on annonce sa naissance (ou en tous cas la commande de n épisodes) ? Lorsqu'elle parait pour la première fois sur les écrans ?
Il faut bien avouer que le téléphage même rôdé peut s'y perdre, et n'a pas forcément accès toutes ces informations. La date à laquelle le projet est mis en branle est par exemple totalement secrète : à moins de connaitre le scénariste par tel ou tel biais (il tient un blog, il a un compte twitter...), il est impossible de savoir qu'il a un projet. Et il peut se passer des années avant que le projet trouve enfin une chaîne qui accepte de lui donner de l'attention. Et il peut encore se passer des mois avant que la commande ne soit faite, et avant que le pilote ne se tourne, et avant que la série ne soit officiellement achetée, et avant qu'elle ne fasse ses débuts sur la grille. Mais nous aimons bien penser que nous savons de quand date une série. Ça nous rassure.
Et puis, nous autres, les téléphages internautes (mais en existe-t-il encore qui ne soient pas internautes ?), nous avons en plus le culte de l'immédiateté, propre à internet, qui nous hante : voir un épisode au plus vite, lire la news en temps quasi-réel, en discuter aussi vite que possible avec d'autres de notre espèce...

Notre rapport au temps est donc complètement erratique. C'est pire encore pour ceux d'entre nous qui, curieux, font des bonds télévisuels dans le temps pour aller regarder une série qui aurait été loupée au cours d'une saison passée.

Alors pendant que mon regard caressait cette image, sur mon écran, cette image si terriblement inexistante quelque part, je me suis dit que c'est un inconvénient que n'ont pas d'autres passionnés. On peut assister à un concert en direct, faire un sport en direct, jardiner en direct... ces activités ne se pratiquent même que de cette façon. Mais la téléphagie est résolument vouée à se vivre hors du temps.

C'est vraiment un sentiment étrange que de se dire que, quelle que soit la série qu'on regarde, on ne regarde que le vestige de ce qui a existé et disparu depuis. Ça me rend assez mélancolique, je dois le reconnaître.

Dummy

Posté par ladyteruki à 17:46 - Série de valeurs - Permalien [#]


25-06-09

C'est votre dernier mort ?

En toute honnêteté, même en la fréquentant plus ou moins depuis plusieurs années, j'ai toujours pensé que la fiction japonaise était incapable de s'essayer à la création de séries "à concept". Ce n'était d'ailleurs pas un reproche dans mon esprit, juste la certitude qu'il existe là une particularité culturelle. J'avais tort, mais il aura fallu attendre The Quiz Show pour me le prouver. The Quiz Show m'a semblé être un parent de 24, et pourtant, à première vue, on pourrait avoir l'impression de compter les pommes et les oranges. La série américaine repose sur la peur, l'actualité internationale, et compte sur l'adrénaline, tandis que la série japonaise repose sur le divertissement, la culture télévisuelle, et se montre bavarde. Alors quoi ?
Alors, The Quiz Show a l'excellente idée de se dérouler quasiment en temps réel.

Pourtant, les premières scènes de The Quiz Show ne relèvent guère du génie. On a d'une part un étrange bonhomme en proie à un cauchemar, et d'autre part un chanteur populaire qui enregistre une performance live pour une émission musicale. Non seulement le lien entre les deux protagonistes en question reste indéfini pendant de longues minutes, mais ça n'excite guère le spectateur. L'ennui plane, osons le dire.

Mais c'est là qu'arrive notre élément perturbateur en la personne d'un étrange Monsieur Loyal qui vient inviter le chanteur, qui se nomme Andou, à une émission intitulée The Quiz Show (comme le monde est bien fait). Tandis qu'il l'y invite en lui expliquant le principe de l'émission (je vais y revenir), le spectateur a le regard qui brille, oui, la lumière jaillit : en arrière-plan, souriant, sur une affiche géante, Satoru Kamiyama, le jeune homme aux cauchemars. C'est lui le présentateur de l'émission. Les choses se précisent et notre intérêt est ravivé.

The Quiz Show (l'émission) repose plus ou moins sur le principe de Qui veut gagner des millions, à une nuance près mais elle est de taille : au sommet de la pyramide, au lieu d'un gain en argent, c'est un rêve qu'on peut gagner. La production de l'émission promet en effet la réalisation de votre rêve le plus fou, quel qu'il soit. Andou, qui rêve de se produire au Budoukan (la plus importante salle de concert au Japon) avec comme choristes Madonna et Beyoncé, rien que ça, a appris au début de l'épisode que son agence de management le lui refuse. Il voit donc dans cette émission une merveilleuse opportunité d'enfin atteindre le zénith de sa carrière.
C'est là qu'entre donc en scène Kamiyama, le présentateur de l'émission. Et c'est aussi là que commencent les réjouissances de part et d'autre de l'écran. Nous allons en fait assister en direct à The Quiz Show, comme sont censés le faire les spectateurs de l'émission. Mais cela se fera à une différence près : nous allons également avoir un aperçu des coulisses. Le réalisateur Honma, la productrice Saejima, et quelques autres, veillent au bon déroulement de l'émission.

Laquelle se présente comme une copie conforme des émissions japonaises en général : générique, logo, réactions du public dans les gradins, et surtout, présentateur... tous sont d'une ressemblance frappante. En cela, The Quiz Show fait appel à la culture télévisuelle du spectateur japonais (ou la votre si vous êtes un petit curieux), et ce dernier relâche donc sa vigilance de par tous les signaux familiers qui lui sont envoyés. The Quiz Show se présente comme l'une de ces émissions inoffensives de pur divertissement dont on n'a pas besoin d'attendre qu'elle révolutionnent la face de la télvision. Son présentateur (en contraste avec sa première scène dans la série, mais vous êtes le seul à le savoir) est affable, un peu clown sur les bords mais de bonne compagnie, et d'une grande prévenance envers son célèbre invité. Sauf que progressivement, le présentateur comme les questions posées vont se faire plus ambigus. Andou est mis mal à l'aise à mesure qu'il avance dans le jeu. Kamiyama se fait insistant, puis plaisante, puis lui lance une pique particulièrement agressive, si bien qu'Andou a de plus en plus de mal à saisir ce qu'il se passe.

Ce qu'il se passe, c'est que les questions qui d'abord portaient sur la musique en général, et la carrière d'Andou en particulier, se dirigent progressivement vers la mort de l'ancien partenaire d'Andou, un nommé John, avec qui il formait il y a à peine deux ans un duo en pleine gloire. Petit-à-petit, Kamiyama amène Andou à évoquer les conséquences de la disparition de John... et tout doucement, il envient aux circonstances-mêmes du décès. S'il veut obtenir son rêve, Andou va devoir donner labonne réponse aux questions indiscrètes du présentateur...

The Quiz Show tombe parfois dans l'écueil de quelques maladresses prévisibles mais pas dramatique (à mon avis, il était redondant de laisser les scènes d'introduction, c'est-à-dire le cauchemar et l'enregistrement du live, car elles atténuent l'effet recherché), mais on peut lui reconnaître bien des qualités.
D'une part, le présentateur Kamiyama est impeccablement interprété et écrit, par exemple ; l'acteur (membre du groupe Arashi) s'y montre brillant, comme l'est également l'interprète de Honma (qui lui est membre du groupe Kanjani8) qui parvient à nous surprendre une fois ou deux. D'autre part, suivre l'émission en temps réel est une idée brillante et bien exploitée, qui rend bien les enjeux palpables. Enfin, le tout donne une version autrement plus originale de l'éternelle enquête que nous connaissons habituellement sous le format policier ou judiciaire. Ici, la quête de la vérité se fait en plus sous le couvert d'un jeu, un jeu légèrement malsain mais personne ne s'en aperçoit au départ. Voilà finalement un clin d'oeil à la real tv qui vaut son pesant de cacahuète.

Petit paragraphe pour ceux qui ont envie d'en savoir un peu plus sur le fonctionnement de l'industrie du divertissement au Japon (les autres peuvent aller aux louanges du paragraphe final directement)... Le pilote de The Quiz Show a aussi l'étonnante particularité d'entretenir un double discours sur la façon dont musique et télévision cohabitent au Japon. Ainsi, on trouve au générique de The Quiz Show de nombreux chanteurs (j'en ai cité deux, qui ont les rôles principaux, il y a également Aya Matsuura dans un rôle plus mineur), et plusieurs mentions du "jimusho", à savoir l'agence de management artistique qui, il faut le dire, est toute puissante (ainsi le Johnny Jimusho est une agence absolument omnipotente en ce qui concerne les artistes masculins, il y sera fait mention dans les explications des sous-titres). Sauf qu'ici, le jimusho n'est pas du tout considéré comme l'organisme bienveillant qui mène la carrière des artistes avec de la bonne volonté, mais plutôt comme la société tentaculaire qui a droit de vie et de mort, et à qui la production de l'émission doit rendre des comptes si quelque chose se passe mal avec l'un de ses poulains, ici Andou. Bref, le ton n'est pas du tout complaisant, et ces quelques indices sont très, très intéressants pour qui se captive pour le sujet.

The Quiz Show, tel que je vous le présente ici, n'est pourtant pas une nouveauté. Il s'agit en fait, et c'est exceptionnel, de la seconde saison de l'émission. La première (je n'ai pas eu la possibilité de la voir pour le moment) était apparemment différente, cependant, puisque les personnages principaux étaient différents (et interprétés par d'autres acteurs), et le jeu légèrement aussi. Cette nouvelle saison, qui tient donc du spin-off, n'en est pas moins très intelligente par l'emploi qu'elle fait du média, ou plutôt des médias auxquels elle touche. Comme il serait évidemment très mal perçu d'attaquer de plein fouet certaines organisations du milieu médiatique, la série joue de son concept pour dénoncer quelques petites choses sans oublier de mener l'interrogatoire tambour battant, à la fois pour brosser des portraits effrayants des personnages qui gravitent dans ce monde (le chanteur puissant, le réalisateur qui privilégie l'adrénaline au politiquement correct, le présentateur en proie à des hallucinations, la productrice soumise...) et pour servir des intrigues sur un mode relativement nouveau.
En bref, The Quiz Show, c'est bon, mangez-en. Attention aux noyaux, c'est tout...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Quiz Show de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:11 - Dorama Chick - Permalien [#]

18-06-09

La philosophie est-elle compatible avec la téléphagie ?

Ah, alors. La philosophie par la série. Je perçois le sujet "foutage de gueule" à l'approche.
Comme tout le monde, je pense (puisque ça fait le tour du web téléphagique depuis au moins ce matin), j'ai lu cet article sur Thibaut de Saint Maurice, qui parle de philosophie à travers les séries. Et non pas dans les séries, nuance. L'auteur, un prof de philo, semble découvrir que d'une part les séries télé sont populaires (le choc !) auprès des jeunes (attaque cardiaque !), mais qu'en plus, il s'y dit des trucs. C'est pas juste du temps de cerveau disponible, c'est... c'est presque pas bête, ce qu'il se dit.
Encore un qui a inventé l'eau chaude. Mais bon, à la rigueur, une révélation même tardive reste une révélation.

Je manque par contre de m'étrangler lorsque je lis quelques uns des exemples employés : 24, Desperate Housewives, Prison Break... et pourquoi pas NCIS aussi ? Si c'est pour faire le malin sur ces séries-là, autant ne rien dire du tout. Cela dit je conçois tout-à-fait que quand on parle du plus petit dénominateur commun, on attire l'attention. Et accessoirement c'est plus vendeur, aussi.

Le vrai téléphage, celui qui ne s'arrête pas aux titres les plus populaires, aura bien entendu flairé la supercherie d'instinct, relevant qu'on n'aura pas attendu "les séries télé, nouvelle forme artistique populaire" (dixit l'article de Slate... sic) pour trouver de la philosophie dans les séries, encore fallait-il y regarder d'un peu plus près.
Le premier titre qui me vient à l'esprit est Oz, pour des raisons assez évidentes je pense. Voilà bien une série qui est pour ainsi dire un vivant traité de philosophie, bien plus profond et intéressant à étudier à mon sens. On y trouve pèle-mêle et entre autres : des questionnements sur la vie, le temps, la nature humaine, etc... D'ailleurs dans la foulée, Oz est aussi une thèse sociologique et un manifeste politique (faut pas gâcher). Et cela en parvenant à être une série très accessible sans jamais se compromettre dans la facilité, en plus. Faites regarder du Oz à vos élèves, Monsieur de Saint Maurice, tout le monde y gagnera, la philosophie comme la téléphagie (pourquoi serait-ce unilatéral ?).
Evidemment, le concept derrière ce bouquin, c'est d'essayer de capter l'attention des jeunes en faisant des parallèles avec des concepts philosophiques, et c'est relativement louable dans l'ensemble, sauf que ça ne tire personne vers le haut !

Qui plus est, on peut trouver de la philosophie n'importe où, j'ai envie de dire, et à plus forte raison si l'on est professeur de philosophie. Avec un peu de réflexion, je suis sûre qu'on peut même trouver une pensée profonde derrière, mettons, Son of the Beach. Si, en y passant quelques heures et en n'ayant rien d'autre à faire, ça doit être possible... C'est toujours facile de poser le regard sur quelque chose pour ensuite l'étiqueter selon un courant de pensée défini. Sauf que ces propos sont bien souvent involontaires, ce qui invalide d'autant la démarche philosophique qui consiste à se questionner sur de l'abstrait et non simplement à résoudre des enquêtes selon un cahier des charges dûment respecté (j'ai NCIS en sourdine à côté de moi en attendant Canterbury's Law, et croyez-moi, bien malin celui qui attribuera aux scénaristes un quelconque degré de réflexion).
J'associe un peu cette démarche aux psys qui, mis face à n'importe quel être humain, trouveront toujours des névroses insoupçonnées ou des pathologies retorses à attribuer à leur congénère (ça doit être une chose intéressante à analyser, d'ailleurs). En gros, quand on cherche un sens à quelque chose, je suppose qu'on en trouve.

Mais à première vue, l'auteur de Philosophie en séries (sic !) s'est surtout contenté de surfer sur la vague de la facilité, ce qui me semble être un comble pour un philosophe. Je ne peux pas vraiment l'en blâmer tout-à-fait : il a simplement fait preuve de pragmatisme vis-à-vis de ses élèves peu inspirés par sa matière, et en plus, sortir un livre lui permet de traire la vache à lait. Une vache à lait rhétorique, ça va de soi.

Cela étant, si ce cher monsieur veut m'expliquer un peu mieux sa démarche, je lui ouvrirai volontiers mes colonnes pour un droit de réponse. Le dialogue contradictoire était au centre de la démarche de Socrate, d'ailleurs.

Posté par ladyteruki à 22:36 - Point Unpleasant - Permalien [#]

11-04-09

Life support

Il y a des choses qui ont changé dans ma vie, récemment. C'est pas que le rythme de cette nouvelle existence me tue, mais il faut le temps de s'habituer, quoi. Du coup, ces derniers temps j'ai pris une mauvaise habitude c'est que quand je suis rentrée à la maison, j'ouvre la porte et je tombe directement sur mon lit (avec un rebond contre le mur parce que le lit n'est pas pile face à la porte d'entrée, mais vous saisissez l'idée, quoi) après quoi je m'endors comme une masse. Dans le meilleur des cas je tiens le coup un ou deux soirs de semaine, mais ce ne sont jamais les jours que je voudrais.
J'ai donc pitoyablement raté Life le 25 mars, et puis du coup bah j'ai pas regardé le 1er avril parce que je ne voulais pas sauter des épisodes, et là j'ai compris que j'étais à nouveau entrée dans la spirale infernale.

Mais si, vous savez : la spirale infernale. La spirale infernale qui commence par "j'ai raté un épisode cette semaine" et finit par "du coup j'ai arrêté de regarder et ah bah, tiens, la deuxième saison commence ce soir". Cette spirale infernale.

Ca m'a fait le coup pour plusieurs séries déjà, comme par exemple Veronica Mars ou surtout LOST : j'ai arrêté pour des raisons techniques, et je n'ai jamais réussi à retrouver l'envie de m'y remettre ensuite. C'est un peu comme 24 : dés qu'on sort de l'univers, on ne parvient plus à s'y replonger, parce qu'on a eu l'occasion de prendre du recul et de se dire que, finalement, c'est pas si intéressant.
Il est hors de question que je laisse ça se produire avec Life. HOOOOORS DE QUESTION. Nan mais vous ne vous rendez pas compte, on parle de Life, là ! La série qui insuffle de l'air dans mes poumons depuis que je suis privée de tartes. Donc c'est même pas la peine d'y penser.
Mais j'ai la solution.

Encore une fois, je vais faire mon Cylon, mais j'ai un plan ; et il est le suivant :
- j'ai acheté un petit cochon
- chaque fois que je passe devant une FNUC et que j'ai envie d'y entrer, je m'auto-punis
- l'amende versée à moi-même est de 1€ à chaque fois
- je mets donc 1€ dans le petit cochon
- et en juin, sans effort (vu le nombre de fois où la tentation me prend), je m'offre une première vie

De toutes façons, avec les DVD que j'ai été acheter l'autre jour en occas' (Felicity, Dharma & Greg...), j'ai largement de quoi faire dans l'intervalle, sans compter que j'ai du Big Love à faire avancer, et un coup de pied dans l'arrière-train à me filer pour Deadwood et Rome. Donc je peux tenir sans piller une FNUC d'ici-là, c'est faisable.

Je ne tiens pas vraiment à cette série. Je ne tiens pas vraiment à cette série.
Bon d'accord, peut-être que j'aime bien cette série.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 14:53 - Opération COLLECTION - Permalien [#]

16-11-07

Ballot-otage

Avec ce qui se passe en ce moment (ou plutôt : avec ce qui ne passe pas dans les gares en ce moment !), j'ai bien failli ne pas pouvoir vous livrer mon désormais traditionnel post du vendredi. Avouez : ça vous aurait fait de la peine... euh, bon, mentez s'il le faut.

Pourtant cette semaine, yavait du pilote en quasi prime. Du pain béni. Enfin, je l'espérais en tous cas.
Déjà, il fallait bien surveiller parce que, sur M6, la pause pub tout d'un coup, ils ne connaissaient plus. Et qu'en plus, si on voulait faire son boulot correctement, il fallait boulotter trois épisodes à la suite, ce qui m'a semblé un peu abusif quand même.
Mais ça, c'est un détail, car en fait il faudrait surtout parler de la série. Bon ! Puisqu'il le faut ! J'ai promis après tout, non ?

Kidnapped multiplie les maladresses. C'est ce que nous apprend le pilote, qui utilise les techniques habituelles pour nous présenter un personnage, Virgil, qui nous permet de faire nos premiers pas dans le pilote... mais celui-ci finit en fait par tenir un rôle complètement anecdotique pendant les trois premiers épisodes. Première bourde. Première d'une longue série.

Avec un sujet aussi classique, on aurait pu s'attendre à ce que la série essaye soit de miser sur l'adrénaline, soit sur l'originalité de son intrigue. Je n'ai encore vu la couleur ni de l'un, ni de l'autre. Les choses mettent un temps fou à se produire, même en tenant compte du traditionnel délai de temps d'exposition. En fait chaque fois que quelque chose peut surprendre, on en passe à quelques centimètres mais rien à faire, on n'arrive pas à être pris au dépourvu. L'opposition entre l'enquêteur privé et le FBI est également balayée d'un revers de la main, les personnages manquent d'épaisseur en dépit d'efforts désespérés pour les rendre un peu plus multicouches... bref ça patauge. Ce n'est pas faute d'intention, c'est faute d'efforts. Comme si le scénario allait au maximum à la facilité.

C'est assez désolant de voir également quelqu'un comme Jeremy Sisto se débattre péniblement dans un rôle étriqué. Knapp aurait pu être un personnage intéressant si on avait poussé le concept jusqu'au bout, c'est exactement comme le reste... La violence et l'absence de méthode du personnage auraient pu s'inspirer de personnages réellement trash, mais personne ne s'y est autorisé et on a l'impression de voir Sisto faire des aller-retours entre un registre et un autre, semblant aussi de temps à autres carrément abandonner la partie et fournir le strict minimum en désespoir de cause. La scène où il intimide l'ami d'Aubrey aurait pu être très impressionnante, de par la violence réprimée qu'elle exprime dans le personnage de Knapp, mais rien à faire, au milieu de scènes trop neutres, elle ne convainc qu'à moitié.

Comme je l'ai dit, une telle série repose soit sur l'adrénaline, auquel cas on a de l'action pure à la 24 et on sait à quoi on a affaire, soit d'autre part on essaye d'avoir une vraie intrigue. Sauf que la mythologie met un temps fou à s'installer, on ne comprend pas bien certaines interconnexions... mais pas dans le sens où c'est trop mystérieux, simplement dans le sens où c'est bordélique. L'action reste aussi assez limitée, entre un vol plané dans des poubelles et Terry Kinney se balançant, hilare, au sommet d'un building, on a l'impression de se faire un peu fourrer.

Kidnapped se consomme donc comme une série sans prise de tête à regarder alors qu'on en a bavé dans les transports, par contre, de là à se morfondre d'avoir raté des épisodes, ça m'étonnerait beaucoup. Pour ma part je n'ai pas l'intention de rater un seul épisode puisque je ne projette pas d'en voir plus...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Kidnapped de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:12 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

09-11-07

Amen !

C'est vrai ça, de nos jours, ya un Dieu pour tout le monde, non ? Fran Fine pense bien qu'il y a un Dieu des chaussures ! Pourquoi pas un Dieu des téléphages ?

Et s'Il devait avoir 10 Commandements, je pense qu'ils seraient de cet ordre :

1 - Je suis la Télévision, ton seul et unique Dieu (oh, tu peux essayer d'y échapper, mais Je continuerai d'avoir à chaque saison de nouvelles raisons de croire en Moi)
2 - Tu ne connaîtras pas d'autres obsessions que Moi (mais Télé éteinte, tu as droit à un peu de musique, de ciné, et éventuellement internet)
3 - Tu ne prononceras pas Mon nom à l'appui du mensonge (donc ne parlons pas de Télévision quand il ne s'agit que de real tv, sinon gare !)
4 - Observe le jour du samedi (ya souvent des trucs bien le soir dans la Trilogie ; bon d'accord, pas toujours, mais observe quand même, on sait jamais, regarde, le dimanche ça a bien évolué par exemple...)
5 - Honore ta télécommande et ton lecteur DVD (ou magnétoscope si t'es plutôt pour l'Ancien Testament ; une bonne façon de les honorer c'est regarder régulièrement des séries, et en enregistrer en nombre... d'ailleurs à propos des cassettes et DVD, J'ai dit : "croissez et multipliez". Alors tu vois.)
6 - Tu n'effaceras point de VHS (pense aux foudres divines avant d'agir bêtement. Ou à l'absence de rediffusions)
7 - Tu ne commenceras pas à regarder des émissions de variété française (impie ! Déjà que les fictions françaises, c'est limite, faut peut-être pas Me pousser à bout !)
8 - Tu ne voleras point (oui, alors, hm, bon, on est clairs sur celui-là, hein, mais, hm, si tu as une bonne excuse, naturellement on ne peut pas t'en vouloir, Je veux dire, bon, ça dépend des diffusions dans ton pays, des sorties DVD... ahem, après tout Je suis une obsession miséricordieuse, J'ai le pardon en Moi, tu comprends ?)
9 - Tu ne prétendras pas aimer une série que tu as détestée (même si ça fait super bien de dire à la machine à café que 24 c'est trop de la balle et à tes copains que Prison Break c'est trop ouf. On a sa dignité de téléphage, quand même !)
10 - Ta collection de séries exponentiellement grandira (si possible légalement, mais consulter le 8e Commandement en cas de doute)

Moi je suis pieuse, vous savez, et très obéissante. Alors d'accord. Et vous, quels seraient vos Commandements de téléphage ?

Posté par ladyteruki à 22:52 - Opération COLLECTION - Permalien [#]


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