ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

08-12-12

But is it local ?

En ce moment, vous avez pu le voir, je n'ai pas trop eu le temps pour des world tours (mais ils vont revenir, n'en doutez pas), qui demandent énormément de recherches. Cependant, quand au cours de mes lectures régulières, je tombe sur une info qui m'intéresse, j'essaye de prendre le temps de revenir quand même dessus sur ce blog (c'est comme ça qu'on a parlé de la Turquie la semaine dernière, par exemple).
Aujourd'hui est un jour comme celui-là, et je vous emmène pour une petite réflexion qui nous fait passer par le Danemark.

Au Danemark, le final de Desperate Housewives était diffusé mercredi sur TV2.
Mais ce n'est pas l'info du jour.

DesperateHousewives-FinalTV2

L'info du jour, c'est que la directrice du groupe public TV2, Merete Eldrup, a annoncé ce jeudi qu'après Desperate Housewives, c'était fini : la chaîne TV2 ne diffuserait plus du tout de séries américaines en primetime.
Vous avez bien lu.

Et attendez un peu d'entendre ses raisons : "C'est un projet auquel nous réfléchissons depuis plusieurs années, parce qu'il y a de plus en plus de compétition en primetime, et que tout le monde diffuse de plus en plus de programmes danois. En parallèle, les séries américaines s'adressent de plus en plus à une niche. Un show aussi rassembleur que par exemple Friends est difficile à trouver aujourd'hui. Les séries sont de plus en plus segmentées".

Evidemment, pour nous Français, de telles déclarations sont hallucinantes, tant nos chaînes conçoivent difficilement de mener le combat des grilles sans une série américaine en primetime. Encore ce lundi, c'était The Mentalist, une série américaine donc, qui rafflait tout sur son passage au niveau des audiences (8,8 millions de spectateurs sur TF1, contre pas plus de 3 millions chacune pour France2 et M6, qui occupaient respectivement la 2e et 3e place dans les audiences de la soirée), preuve que la dominance des séries américaines en primetime dans l'Hexagone ne sera certainement pas remise en cause avant un bon bout de temps encore.

Cela fait des années que l'on sait que la plupart des pays européens font leurs meilleures audiences avec des séries locales qu'avec des séries importées (principalement américaines), et que la France fait figure d'exception dans ce panorama. On peut d'ailleurs se demander si considérer qu'une série est intrisèquement moins fédératrice parce qu'elle est américaine, se justifie, d'ailleurs (c'est sans doute à rapporter à la politique d'acquisitions, aussi).
Mais qu'une chaîne, publique de surcroît, décide de totalement abandonner les fictions importées en primetime (DR1 le fait, la BBC le fait, et c'est à peu près tout en Europe, sauf erreur), est quand même assez rare. Qui plus est, l'objectif affiché est d'être plus compétitive ! Imaginez ça ! La motivation de la chaîne n'est pas de se plier à une plus grande mission de service public qui consisterait à favoriser la création locale (tâche dont à l'heure actuelle DR1 s'accomplit mieux que TV2, d'ailleurs), ou, c'est intéressant à souligner, de relever le niveau qualitatif des programmes en supposant, comme on serait parfois tenté de le dire, qu'une production américaine est forcément un peu plus bête qu'un noble programme bien de chez nous, non. Il s'agit de faire des audiences en primetime. Avec des productions locales.

TV2 n'en a pas fini pour autant avec les séries américaines, et en conserve dans ses grilles. Mais ces séries, que la chaîne juge donc segmentantes, seront confinées à des cases horaires elles-mêmes segmentantes, comme l'après-midi, la seconde ou troisième partie de soirée, et ainsi de suite.
A l'heure actuelle, dans le catalogue de TV2, en-dehors de Desperate Housewives désormais achevée, on trouve par exemple Blue Bloods, Sons of Anarchy, Cold Case, et des bonnes rediffs de Friends ou Un gars du Queens.
Il n'est évidemment pas question d'arrêter la diffusion de ces séries, mais de leur trouver un créneau qui fédère uniquement leur cible ; l'ironie suprême pour l'observateur français est de voir que Cold Case était considérée, en France, comme au contraire très fédératrice et pas du tout "de niche". On prend bien la mesure du fossé culturel... Par contre il semble évident que le choix de TV2 d'acheter les droits de Sons of Anarchy est assez cohérent avec l'idée qu'une série américaine est destinée à une niche !
A titre comparatif, TV2 Zulu, plus orientée vers la comédie et/ou le public plus jeune, a des acquisitions du genre de Modern Family, 2 Broke Girls, Flight of the Conchords, Hung, Beauty and the Beast, Skins, South Park, American Dad, et j'en oublie ; TV2 Zulu sert aussi à rediffuser les séries US de TV2 "classique" (c'est ainsi le cas pour Sons of Anarchy, par exemple, dont les épisodes ont droit à deux diffusions par semaine en ce moment grâce à ce système).
D'ailleurs, si Eldrup évoque Friends, c'est que le groupe TV2 fait subir à la comédie un sort similaire à celui qu'on lui connait en France : Friends est en effet diffusée (sous son titre local de Venner) par TV2, TV2 Zulu, et leur petite soeur TV2 Charlie, à peu près toute l'année, par deux chaînes sur trois du groupe au moins, à n'importe quelle semaine donnée ; preuve qu'il y a des mécanismes qui sont universels. Mais la décision de TV2 consiste à ne pas jouer de ce genre de techniques à l'avenir, justement, pour le primetime, et de se pousser à aller plus loin que de "jouer la sécurité".

Cette décision annoncée cette semaine par la présidente du groupe ne veut pas nécessairement dire que des séries danoises inédites seront diffusées chaque jour en primetime par TV2, évidemment : il ne faut rien exagérer.
DR1, considérée comme le parent riche de la télévision publique danoise, ne peut pas se le permettre, alors on imagine mal comme TV2 le pourrait. Au Danemark comme ailleurs, la télé réalité, par exemple, parvient à quelques belles audiences (à l'instar de Strictly come dancing, dont TV2 a les droits danois sous le titre de Vild med Dans) ; sinon il reste toujours les reportages, les compétitions sportives (TV2 diffuse par exemple des matches de handball en ce moment) et les films. On ne parle pas d'une absolue révolution des grilles, soyons clairs, mais simplement de la place de la fiction américaine, au profit de la fiction nationale, dans les grilles d'une chaîne danoise... et c'est déjà pas mal !

Difficile de nier que les indubitables succès publics (et critiques, et financiers...) de DR1 comptent parmi les raisons qui ont incité le groupe TV2 à se lancer dans l'aventure du tout-danois en primetime.
Une autre raison, c'est que, plus tôt cette année, Rita (rappelez-vous) s'est avérée être un incroyablement bon investissement pour TV2. Entre les bonnes audiences, les bonnes critiques, les nominations et récompenses, la vente de droits de diffusion, et même des droits d'adaptation (la chaîne Bravo va en effet avoir sa propre version aux USA), c'est forcément incitatif. Quand une chaîne est payée de retour après avoir fait l'effort d'une série originale en primetime, forcément, ça aide. A titre de comparaison, en 2011, sa série Den Som Draeber n'avait pas remporté un aussi franc succès.
Et puis, rappelons que le "Media Agreement" de 2012-2014, voté il y a quelques semaines, comprenait un volet d'aide au financement (qui a justement déjà présidé à la création des hits de TV2 Rita et Lærkevej) s'élevant à 30 millions de couronnes danoises, ce qui veut dire que TV2 ne se lance pas non plus à l'aveugle dans son objectif de mise en valeur de la fiction originale.
Tout indique que la décision s'appuie sur énormément de facteurs positifs, et que ces facteurs ne sortent évidemment pas de nulle part.

En annonçant très officiellement sa décision (au lieu de simplement faire sa programmation sans séries US en primetime, mais sans le faire remarquer), TV2 montre bien qu'un pas est franchi, et que, en fait, du point de vue de la communication, c'est un plus auprès du public que de faire valoir sa décision, et que cela peut être un plus auprès du public. Là encore, on est à mille lieues de voir une chose de ce genre se passer sous nos latitudes dans un avenir immédiat !

Alors voilà, sur TV2, on se prépare à une nouvelle ère... et ça va être intéressant à observer !
Ah, et je vous prépare un post pour parler encore de fiction Scandinave d'ici quelques jours, alors restez dans le coin...

Posté par ladyteruki à 15:55 - Love Actuality - Permalien [#]

01-12-12

Comme un disque rayé

En ce moment, je me fais une intégrale de Scrubs. Prenez un air étonné comme si je n'en avais pas déjà parlé plusieurs fois cette semaine. En ce moment j'ai aussi une bronchite si insupportable qu'elle semble écrite par un scénariste de 2 Broke Girls. Et accessoirement j'ai de la fièvre depuis une semaine. Voilà, c'est dit. Et ça explique pourquoi chaque fois que j'écris un post depuis une semaine, je post celui sur lequel je bosse depuis trois jours à 23h59 pendant que l'autre continue d'être raturé et charcuté jusqu'à sembler à peu près cohérent, ou au moins faire illusion. C'était la minute making off.

On pourrait croire qu'il n'y a rien de plus simple que de se faire une intégrale d'une série dont on vient d'acheter tous les DVD. C'est pas comme si les épisodes étaient sur un coin de disque dur et que, ça se trouve, ils ne sont pas tous parfaitement nommés, non, absolument pas, c'est un cas de marathon comme celui de Gilmore Girls cet été, j'ai commencé par revoir ce que j'avais en DVD et j'ai complété la collection en achetant les saisons que je n'avais jamais possédées (et souvent jamais vues ; c'est moi ou M6 a diffusé les saisons 1 à 3 en boucle, en fait ?). En plus c'est pas franchement mon premier marathon de série, hein, donc l'erreur est impossible.

You'd think.

Scrubs-Squelettes

Cet après-midi, alors que je finissais la saison 5 dans un état assez proche de flottement spatial (le simple flottement comateux était en saison 4, c'est pour ça), je suis arrivée au cliffhanger de fin et... j'ai réfléchi et la saison 5 m'a semblé drôlement courte.
Et aussi, un peu avant la fin, Turk a dit un truc bizarre à JD en mentionnant son "deck", et je me suis dit, c'est bizarre, depuis quand il l'a, ce deck ?

Alors par sécurité, j'ai décidé de refaire la saison en accéléré pour voir à quel moment j'ai dû perdre connaissance pendant le passage qui explique comment JD est devenu propriétaire d'un terrain sur lequel il a fait construire son deck. D'ailleurs cette histoire de deck, il me semblait bien en avoir entendu parler avant donc peut-être que finalement M6 a quand même diffusé quelques épisodes de la saison 5 et que j'ai dû tomber dessus, mais ça n'a jamais été un créneau très pratique pour moi.

Bon alors, évidemment, comme Scrubs, c'est sympa et que ça tolère facilement un revisionnage, comme je l'ai découvert aujourd'hui, finalement je l'ai pas fait en accéléré. Voici comment j'ai procédé : j'ai regardé le disque 1, et une fois tous les épisodes du disque 1 vus, j'ai compris que, le disque 1, j'avais tout vu. Et ensuite j'ai revu le disque 3, et une fois tous les épisodes du disque 3 vus, j'ai compris que, le disque 3, j'avais tout vu. Et puis j'ai regardé le disque 4, et au moment où j'allais finir le disque 4 j'ai enfin compris que j'avais totalement oublié de mettre le disque 2. Deux fois dans la même journée, donc.
Pour ma défense, dans le boîtier, le disque 2 est vraiment pas à l'emplacement où il devrait être : en haut à droite, mais au-dessus du disque 1 ; du coup quand je remets le disque 1 à sa place, j'ai l'impression d'avoir en fait rangé le disque 2 et je passe au disque 3. Non ? Ca n'a aucun sens. Oui mais j'ai de la fièvre.

Comme quoi décidémment rien ne relève de l'évidence en matière de téléphagie, même au bout de 712 millions d'heures de vol derrière soi.
Si vous avez besoin d'idées pour perdre une journée, demandez-moi, j'en ai plein d'autres des comme ça.

Ca m'apprendra : je devrais savoir que quand je suis malade, je dois arrêter toutes mes intégrales en cours, ne garder à la limite que le pilotes, et surtout me relancer dans 30 Rock. C'est bien simple : 30 Rock, c'est comme la soupe de poulet.
Promis, je retourne voir mon médecin lundi.

Posté par ladyteruki à 23:35 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

06-07-12

Hey girl, whatcha doing ?

Alors, expliquez-moi : ça marche comment, l'exorcisme ? Est-ce que je peux faire quelque chose pour ne plus être possédée par ce satané générique ? Par exemple, si je dédie un post entier à sa première saison, New Girl arrêtera-t-elle de me poursuivre, du lever au coucher ?
En tous cas, ça vaut le coup d'essayer.

Voici donc mon bilan de la première saison de New Girl, profitez-en, je ne suis pas certaine de faire des bilans pour beaucoup de comédies cette saison. Sauf si vous m'en demandez d'autres en commentaires, car je suis très sensible aux requêtes dans ce domaine ; à vous de voir.

WhosThatGirl

On aura rarement vu une héroïne principale aussi insupportable que celle que l'on voit en Zooey Deschanel (et pourtant on a quelques échantillons déjà pas piqués des hannetons dans le panorama télévisuel américain ; mais attendez, Next Caller arrive à la rentrée, là, en matière de comédien pas drôle, on devrait avoir de la compétition, de la vraie !), regroupant à la fois les pires clichés, souvent sexistes qui plus est, et les gesticulations les plus improbables pour faire croire qu'on a affaire à une originale, quand il semble assez évident qu'on est en réalité en présence avec une créature à la limite du handicap mental. On dit qu'il vaut mieux faire envie que pitié, eh bien je préférerais presque envier Jess que de la voir faire systématiquement pitié comme ici.
Dans New Girl, en dépit du titre de la série, de son héroïne omniprésente (y compris auditivement), et des frivolités de son insssuportable générique, les véritables héros sont les garçons, dont je pourrais prétendre avoir retenu les noms, mais je n'en ai en réalité mémorisé que deux et que donc, dans un souci d'équité, à partir de maintenant, je vais appeler Riri, Fifi et Loulou. Débrouillez-vous pour suivre.

Riri, Fifi et Loulou vivent donc dans un immense loft plus improbable qu'un appartement de Friends, avec quelque chose comme 712m² au sol et une salle de bains probablement héritée d'un quelconque club de sport qui devait loger dans le bâtiment précédemment.
En fait, bon, déjà les ennuis commencent puisqu'à ce moment-là, c'est un cousin de Loulou qui habite avec Riri et Fifi dans le pilote, à la suite de quoi il est débarqué sous un prétexte presque plausible, afin que Loulou puisse prendre sa place tandis que le cousin réintègre Happy Endings. Ça y est, c'est déjà compliqué ! C'était pourtant pas le but.
Enfin bon, donc là-dessus débarque Jess, seule fille dans un univers viril où on se gratte les couilles de concert devant des matches, et quelle fille en effet !

Jess est une espèce de femme-enfant (mais avec des besoins d'adulte) totalement inadaptée à la société ; au moment du pilote, je pensais qu'elle était supposée être un peu geek et pas très féminine, le prétexte initialement invoqué étant qu'elle sort d'une longue relation de 6 ans (SIX ANS !) et qu'elle ne sait plus draguer. Mais entendons-nous bien, ce n'est pas du tout ça : elle est féminine ; aussi féminine que peut l'être, mettons, Charlotte aux Fraises. C'est-à-dire qu'elle est girly, mais que personne de sain d'esprit n'aurait envie de l'accueillir dans son lit.
Comme je le disais plus haut, son personnage de manic pixie dream girl croisée hipster (un tourne-disques, vraiment ?!) est totalement inopérant dés qu'il s'agit d'être drôle, ce qui est un comble. Qu'il s'agisse de l'attitude, des obsessions musicales ou autres, ou de ses accessoires de l'impossible (crochet, bâton de parole, etc.), tout tombe à plat ; le pire est probablement cette façon de parler qui s'apparente au niveau de langage d'une enfant de 5 ans et qui ne m'a pas arraché le moindre rictus, pas même mâtiné de haine. Il n'y a pas eu la moindre ligne de dialogue en sa faveur, non plus.

Dans tout ça c'est donc aux garçons de nous sauver la mise. Et en l'occurrence, la mission est remplie avec brio.
Un brin trop stéréotypés au départ, ils vont bien vite s'enrichir tant sur le plan des gags (avec quelques running gags savoureux pour Fifi, notamment) que sur celui de l'émotion. En fait de voir leur vie éclairé par ce petit bout de femme-enfant, Riri, Fifi et Loulou ont hérité d'une colocataire irritante, et se mettent à régulièrement organiser la résistance, lui faisant front autant que possible, sans pour autant la brusquer parce qu'on n'est pas des bêtes.
Le revirement est très agréable. Là où chaque fois, Zooey Deschanel se ramène dans une scène, la frimousse enfarinée, dans l'espoir d'avoir l'air pétillante, elle se fait péter les genoux (ou l'équivalent sitcom, la salve de vannes désabusée). A défaut d'être drôle dans le sens espéré, la scène devient donc jubilatoire. Ça m'a d'ailleurs rappelé la dynamique autour de Whitney, où chaque fois que l'héroïne du même déboule avec ses névroses à deux dollars, elle se fait durement rabrouer par son compagnon, qui l'aime malgré ce qu'elle est. C'est exactement le cas ici, puisque Riri, Fifi et Loulou se sont attachés à Jess, mais la préfèrent muette et immobile. Cela nous fait donc un point commun.

NewGirl-Loft

Même si la raison pour laquelle il se sont liés à leur nouvelle colocataire nous échappe totalement, difficile pourtant de nier que Riri, Fifi et Loulou l'ont totalement intégrée dans leur bande, ainsi que la belle Cece dont je pensais au départ qu'elle aurait un rôle bien plus anecdotique, et qui promet quelques unes des plus belles surprises en matière de character development.
Et c'est ainsi que New Girl accomplit en réalité sa plus grande réussite. Il y a les gags qui marchent (merci Fifi, donc), les gags qui ne marchent pas (tout ce qui touche directement à Jess), mais surtout, il y a l'impression de faire rapidement partie d'un petit clan, d'un véritable groupe, vivant, mouvant, dont les limites se redéfinissent régulièrement mais donc l'attachement reste immuable et tangible quoi qu'il arrive. Dans une comédie avec une bande de "copains", il est rare que cet ingrédient soit si bien retranscrit, et vous êtes probablement en train de penser à 712 exemples, là, tout de suite, de sitcoms qui vous affirmaient avec culot que leurs personnages étaient amis et où c'était tellement tenu pour acquis que ça ne se ressentait en réalité jamais. Eh bien, je vais oser la comparaison suprême : depuis Friends, je n'avais pas ressenti cette impression de voir une véritable petite bande de véritables amis, comme j'ai pu la sentir dans New Girl. Les relations entre les cinq personnages sont parfaitement écrites, leurs liens sont palpables, et cela sans jamais verser dans le sirupeux ou dans le graveleux. Ce sont des copains tout-à-fait authentiques, qui se vannent, qui s'engueulent (j'ai absolument adoré le choc de cultures entre Riri et Fifi, illustré dans une escalade épique), qui s'amusent ensemble, qui ne passent pas forcément leur temps à se raconter leurs vies mais qui font mieux : ils la partagent au quotidien. Le plus appréciable, c'est que les garçons se connaissent sur le bout des doigts, et ça, c'est la force vive de la série.
Alors au final, le registre dans lequel New Girl brille le plus, c'est celui de l'émotion. L'épisode de Noël, ou celui pendant lequel, sur la fin de la saison, Riri se découvre une grosseur suspecte, comptent parmi quelques unes des plus belles séquences de la saison.
Pas de la saison de New Girl. De la saison 2011-2012.
Hasard ou coïncidence, ce sont souvent des scènes qui mettent le moins Zooey Deschanel en avant qui réussissent le mieux à nous toucher ; je dis ça comme ça. Ce qui aurait dû être un bête vehicle devient un ensemble show où, moins on la voit, et moins on l'entend, plus la scène est réussie.

Ce n'était peut-être pas l'intention de départ, mais ce qui compte, c'est le résultat !

NewGirl-IllbehomeforXMas

Ne vous enthousiasmez pas trop vite. Je n'ai hélas pas complètement fini ma liste des défauts de la première saison, même si vous savez à présent que ce bilan aura été plus positif qu'espéré.

Il est entendu que, quasiment dés le départ, le but des scénaristes était de dangereusement shipper le couple Jess/Riri, sachant que Loulou était disqualifié d'avance parce que black, et Fifi était un métrosexuel totalement impensable pour elle, mais qu'évidemment, il fallait à tout prix inclure une histoire de ce type, car aucune série avec une héroïne célibataire dans un milieu masculin ne peut s'en priver.
C'est la loi.

New Girl
avait donc intuitivement semé les ingrédients nécessaires très tôt dans la saison, si ce n'est dés le pilote. Cela étant fait, il s'est agi ensuite de jouer à vont-ils-ne-vont-ils-pas régulièrement, notamment en incorporant des éléments perturbateurs, incarnés dans le cas présent par des histoires amoureuses de passage, vouées dés le départ à échouer. Pour Riri, ce sera notamment une avocate, ainsi que son ex avec laquelle il a une longue tradition de relation on/off, tandis que Jess va aller se perdre dans les bras d'un collègue enseignant, puis d'un riche quinquagénaire.
La principale caractéristique de ces personnages est qu'ils forment systématiquement avec nos protagonistes l'exact opposé de ce que serait un couple Jess/Riri : par exemple, l'avocate est un peu rigide, et quand elle laisse tomber le masque, s'avère être un petit peu violente et obsédée par le boulot ; ou le prof est un pleurnicheur pas sexy du tout qui est un peu trop semblable à Jess pour que ça ne fonctionne.

Il y a des passages pendant lesquels on se dit "tiens, Riri est encore en train de se taper des étudiantes de fac, il ne devrait pas utiliser toute cette belle énergie à se rapprocher de Jess, plutôt ?", à un point tel qu'on se demande presque si on n'est pas devenu plus royaliste que le roi (pourtant, Dieu sait que moi, shipper, c'est vraiment pas dans mon ADN). Quand ça devient du sérieux avec l'avocate, on se cale les fesses au fond de son fauteuil en attendant que ça foire, parce que ça ne peut que foirer, c'est l'évidence-même ; tout va bien, la relation est plutôt saine et bien écrite, mais de quoi se moque-t-on, ça ne durera pas. Et puis la rupture intervient et, ah, je me disais bien aussi : nous y revoilà. On va faire ça plusieurs fois pendant la saison, prétexte pour nos deux tourtereaux qui s'ignorent de voir que non seulement ça ne colle pas pour eux, mais qu'en plus ça aurait tendance à rendre l'autre jaloux.
Les jeux vont donc durer assez longtemps à ce rythme d'un pas en avant, deux voire trois pas en arrière. Mais chaque pas en avant confirme qu'on ne s'était pas fait d'idée, et que les scénaristes ont bel et bien l'intention de mettre ces deux-là à la colle.

NewGirl_JessNick

Alors, forcément, quand arrive le moment du final de la saison, on a un peu l'impression qu'on se moque de nous.
Le final avait absolument mis tout en place pour que les choses avancent, ne serait-ce qu'un peu. Qu'au moins une prise de conscience vague se fasse d'un côté ou de l'autre. Quitte à ne pas concrétiser avant une autre saison, les temps sont durs, il faut se garder une poire pour la soif pour négocier le prochain renouvellement. Juste une petite miette. Histoire de nous accrocher un peu.
Mais rien du tout.
D'ailleurs, pire encore, sans même parler du cache-cache amoureux, tout est fait pour que la saison se finisse de façon à ce qu'il n'y ait absolument aucun progrès entre le début de la saison 1 et le début de la saison 2. En gros, en-dehors du pilote, et encore (histoire de savoir pourquoi Jess emménage avec Riri, Fifi et Loulou, et qui est Cece), les spectateurs de la prochaine saison n'auront besoin d'avoir vu aucun épisode de la première, et surtout pas le final qui s'apparente à une ode au statu quo. Ce qui est de mon point de vue d'autant plus désagréable qu'avec l'ambiance d'amitié sincère si soigneusement mise en place, on aurait pu s'attendre à ce qu'on nous titille un peu la fibre émotionnelle pour nous faire revenir.

Donc, pour moi qui déteste autant les histoires de romances, les vont-ils-ne-vont-ils-pas, et toute cette sorte de choses, c'est très agaçant.
Bien-sûr, bien-sûr, je le comprends bien : faire intervenir un couple au sein du loft fragiliserait l'équilibre au sein de la colocation (Cece, parce qu'elle vit à l'extérieur, a droit à un laisser-passer, mais ça ne fonctionne que par son statut d'électron libre), et ferait courir un risque à la série, celui de faire passer Fifi et Loulou au second plan, alors que Fifi est vital du point de vue de l'humour et Loulou est la nécessaire voix de la raison.
Mais en même temps j'ai envie de dire que quand on lance un axe pour sa série, surtout si tôt, on est supposé être préparé à assumer derrière ; j'espère que les têtes pensantes derrière New Girl ont un plan pour l'après, mais surtout, j'espère que l'après, c'est pas dans trois ou quatre saison saisons.

...Ah oui, parce que je vous ai pas dit.
En fait, du coup, je vais sans doute probablement peut-être si ça tombe regarder la saison 2. Vu que j'ai regardé le début de 2 Broke Girls cette année, et que j'ai en général un sitcom par an que je regarde distraitement, je me dis que finalement, je pourrais faire pire que New Girl dans mon planning comédie...

Posté par ladyteruki à 20:27 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-04-12

2 Middle Class Girls

Bitch

Tout-à-fait entre nous, je n'attendais pas à grand'chose de Don't trust the Bitch in apartment 23. Pour la bonne raison que j'en ignorais à peu près tout au lancement du pilote. Je savais que Lily Champagne... pardon, Krysten Ritter y était présente. J'avais vaguement vu passer des news mentionnant James Van Der Beek mais je n'avais même pas percuté que c'était pour cette série qu'il retournait à la télévision. C'était bien tout. Vraiment, parmi tous les projets de séries que j'essaye de ne pas trop suivre pour avoir le plaisir de la découverte, celui-ci avait dépassé toutes mes espérances.

Et finalement, l'épisode est proprement hilarant. C'est exactement ce que j'attends d'une comédie pas trop idiote : de bons dialogues, de bons personnages, et une façon pétillante de gérer les scènes les moins originales pour arriver aux plus sympathiques l'esprit léger...
Ce qui arrange pas mal les choses, c'est aussi que le pilote est extrêmement dynamique : les scènes sont courtes, se déroulent dans un tas de décors (ou l'illusion d'un tas de décors grâce à des angles très variés). On n'a pas le temps de s'ennuyer.

Mais la plus grande qualité de Don't trust the Bitch in apartment 23, c'est d'être 2 Broke Girls, en mieux. Enfin, en bien, devrais-je dire.
Les vannes mutuelles permanentes, la cohabitation de l'impossible entre la blonde candide et la brune un peu agressive mais pas mauvaise dans le fond... C'est absolument la même chose. En réussi. Au moins, on sait pourquoi on rit : ce n'est pas de l'embarras, ce n'est pas parce que les rires enregistrés ou les répliques over the top finissent par user notre résistance, c'est parce que c'est vraiment drôle ! Bien-sûr, le côté "essayons de gagner de l'argent" a disparu, mais très franchement, vu l'usage que 2 Broke Girls en faisait, on ne perd rien au change.
Une comédie de plus à ajouter au planning ! Ca tombe bien, j'ai arrêté 2 Broke Girls, ça fait de la place. Et je n'aurai plus à détruire mes neurones pendant ces vingt minutes par semaine, en prime. Tout bénef.

Posté par ladyteruki à 23:51 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-03-12

Ascèse

BlackMarch

Le Black March, arrivé à mi-parcours, n'est pas vraiment difficile. Cela me surprend, mais seulement à moitié, à dire vrai ; j'avais déjà la conviction que ce ne serait pas si difficile de me "retenir" d'acquérir de nouveaux produits culturels, vu que je m'étais déjà lancé le défi de ne rien cagouler pendant une semaine.
Ici, certes il s'agit de "tenir" un mois entier, mais c'est par conviction et pas juste par jeu. Et puis, finalement, savoir que cette diète ne durera qu'un mois et qu'il ne s'agit pas vraiment de privation, juste d'attendre un peu, permet de mettre les choses en perspective. Le principe n'est pas tant (comme au moment de mon défi d'une semaine) de me dire que je ne dois pas céder au caprice de l'immédiateté, mais d'envoyer un message pendant ce mois.

Il ya eu des instants de tentation, bien-sûr, pendant cette première quinzaine. J'ai lu deux livres qui étaient plus ou moins en attente (Bossypants de Tina Fey, et le roman éponyme qui va donner lieu à la série australienne Puberty Blues) et quand j'ai réalisé que j'avais déjà brûlé toutes mes cartouches, je confesse avoir cliqué instinctivement sur Amazon pour commander Génériques!, avant de me raviser au dernier moment. Inutile de préciser que j'ai envisagé déjà à trois reprises de faire une entorse à mes principes au nom du coffre de Game of Thrones, c'est l'évidence-même. Il y aussi eu ce moment de faiblesse lorsque toutes les reviews sur GCB ont commencé à affluer, mais là encore ça ne s'est pas concrétisé.
Globalement, l'intégrale Wonderfalls puis le Piemarathon permettent de passer un mois plus qu'agréable téléphagiquement, sans être limité à ces deux seuls titres (ainsi que le démontre ce blog depuis 15 jours).
Je n'ai failli qu'une seule fois à mon voeu de ne rien cagouler : quand j'ai fait main basse, un peu plus tôt cette semaine, sur l'émission du Saturday Night Live avec Lindsay Lohan, n'y tenant plus (et étant proprement incapable de trouver en streaming le sketch "The Real Housewives of Disney"). Je suis faible et je ne le conteste pas. Sur le reste, je me suis parfaitement comportée. Et je n'ai pas pris ce petit manquement à ma ligne de conduite comme une autorisation pour laisser tomber le Black March, soit dit en passant, et j'en tire une fierté qui me permet de résister à l'envie de cagouler tout et n'importe quoi.

Finalement, ce mois de retenue a aussi ses avantages. Prendre le temps de regarder les marathons que j'avais mis en attente (au moins quelques uns, disons, puisque j'ai toujours dans un coin de tête de me refaire Jack & Bobby, par exemple) n'en est qu'un parmis tant d'autres.
Lorsque je m'étais lancé le défi d'une semaine, j'avais réalisé au "retour" que plusieurs séries avaient naturellement été éliminées de ma liste. Ainsi The Defenders avait fait les frais de ce recentrage, et je ne l'ai même pas arrêtée volontairement, mais simplement parce qu'à l'issue de mon régime forcé, elle ne comptait pas suffisamment pour que je songe seulement à m'y remettre.

J'ai ouvert récemment un compte sur Pinterest, dans l'idée de tester ce nouveau "réseau social" ; à l'instar de Google+ que j'ai vite déserté, je me réserve le droit, si je ne suis pas convaincue, de finir par plier bagage, mais pour l'instant, le peu d'exigence de la plateforme fait que je m'en sers à peu près régulièrement. Outre une "board" dédiée à toutes les articles sur les séries que je scanne jour après jour (ce que je nomme sur Twitter ma revue de presse), et qui est très honnêtement ma board préférée pour le moment, j'en ai créé deux autres consacrées à l'affichage de mon planning téléphagique du moment :
- les séries que je regarde en ce moment
- les séries que j'ai arrêtées
Comme je suis d'une légendaire fainéantise, je n'y mets évidemment pas TOUTES les séries que j'ai arrêtées au cours de ma vie de  téléphage, mais celles que j'arrête depuis l'ouverture de mon compte Pinterest (c'est en plus très pratique de faire passer une image d'une board à l'autre). Wonderfalls, une fois achevée, s'y est tout naturellement retrouvée, par exemple.
Aujourd'hui, j'ai décidé d'y faire passer 2 Broke Girls.

2LostGirls
Tout simplement parce que, en 15 jours de Black March, pas une seule fois elle ne m'a manqué.
En temps normal, je la regarde souvent avec une à deux semaines de retard sur sa diffusion, genre un soir où j'ai mal à la tête mais où je ne veux quand même pas me coucher à peine rentrée du boulot, là il faut dire ce qui est, je n'ai vraiment pas la moindre envie de m'y remettre. Comme si un fil s'était détaché, et que c'était le dernier qui me liait à la série.

Alors, ce Black March a aussi des bons côtés insoupçonnés. Il me permet de mettre certaines choses à plat et de faire le tri. Ai-je vraiment besoin de regarder 2 Broke Girls ? Pas vraiment. Ce sont 20mn que je peux employer à autre chose. De la même façon qu'à une époque je regardais The Big Bang Theory puis Mike & Molly histoire de regarder des comédies un peu populaires mais sans grande conviction, j'ai réalisé qu'il ne servait à rien d'insister et de regarder une série "juste comme ça". Pas en me plaignant d'autre part de toujours manquer de temps pour d'autres choses. Comme le marathon Jack & Bobby, tiens.

Eh, vous allez voir qu'avec un peu de chance et en éliminant d'autres séries de mon planning, depuis près de 2 ans que je le reporte, je vais finir par me le faire, ce marathon-là !
D'ailleurs, essayez de remonter le tag Jack & Bobby et de voir ce que je dis de cette série à chaque fois que je la mentionne, c'est absolument hilarant.

Posté par ladyteruki à 16:17 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

13-01-12

Are you there, shitty sitcom? It's me, NBC

Cela vous paraitra probablement étrange de la part de quelqu'un qui aime lire des autobiographies, mais peu de choses m'énervent autant que les séries ostensiblement commandées pour s'intéresser au passé d'une personne célèbre. Je trouve que c'est un manque effroyable d'imagination, une technique de vache à l'ait insupportable. Everybody Hates Chris, par exemple, n'est pas drôle ET épouvantablement égocentrique. Are you there Chelsea? : même chose.

Vodka

On est d'accord qu'il y a des nuances, et/ou des exceptions. Et jamais vous ne me verrez reprocher à Rude Awakening ou Titus leurs vertus biographiques, ce sont même de véritables plus à mes yeux, amplement commentés dans ces colonnes. Mais derrière la démarche de ces derniers, il y a moins la volonté de mettre la personnalité en avant, qu'une réelle expérience (et une vision de l'humour toute personnelle). Are you there Chelsea? est au contraire totalement artificielle, aussi bien dans son sujet que dans sa façon de le traiter. On n'y décèle aucune personnalité, ce qui est un comble !

Ce genre de série m'évoque, au mieux, les 712 pitches de films et de séries qui, chaque année, se déroulent à Hollywood ou New York ; dans ces séries-là, systématiquement, le personnage principal est une scénariste qui ne parvient pas à vendre son projet et fait des petits boulots (The Minor Accomplishments of Jackie Woodman), le personnage central est un humoriste divorcé à la vie personnelle en déroute (Louie), le héros est un acteur sur le retour (The Paul Reiser Show), etc... Les mecs ne se fatiguent même pas à faire semblant de se trouver un contexte un peu original, une profession imaginaire, un itinéraire bis. Ils s'interprètent eux-mêmes, à un tel point qu'on se demande si ce ne serait pas plus simple de se lancer dans une émission de télé réalité... (quoique, Fat Actress et The Comeback dansaient sur la ligne de démarcation entre les deux).

Ces travers autobiographiques, Are you there Chelsea? en fait la démonstration sans que, toutefois, la célébrité qui en est à l'origine ne passe devant la caméra, ce qui permet de faire mine de prendre de la distance. Ce devrait donc être une plutôt bonne nouvelle.
Le problème que j'ai, et qui m'empêche de trouver que c'est une bonne idée, c'est que je trouve que de toutes les actrices de la création, Laura Prepon est probablement la moins drôle. Depuis That 70s Show, j'ai toujours l'impression qu'elle est incapable d'interpréter la moindre scène sans se tordre de rire, et très franchement, une actrice qui rit avant d'avoir prononcé la moindre blague drôle, ça me coupe tout, un vrai tue-l'amour. Mais plus tard, j'ai aussi découvert qu'elle ne m'apparait pas plus crédible dans des rôles plus sérieux, genre October Road. Elle n'est donc pas drôle, pas touchante, et dans une série sur une nana qui veut reprendre sa vie en main, l'un comme l'autre font gravement défaut.

Il est vrai que pour ne rien arranger, Are you there Chelsea? n'a pas vraiment hérité des meilleurs dialogues de la création. On est dans la veine de 2 Broke Girls, la passion pour les vannes débitées d'un air mutin par Kat Dennings en moins (ce qui est quand même le seul véritable à-peu-près-atout de ladite comédie), c'est sans âme.

Eh oui, sans âme. J'aimerais pouvoir retrouver ce sentiment que j'ai quand je revois des épisodes de Rude Awakening, où l'alcoolisme et la vie de débauche sont vus avec un humour véritable, personnel, et en même temps touchant quand l'occasion se présente. J'aimerais pouvoir dire qu'une autre série est capable de faire quelque chose de bien sur un thème similaire. J'aimerais pouvoir vous dire que, wow, c'est vraiment drôle et original ! Mais non, c'est du sitcom bête et méchant, sans aucune plus-value.

Nan mais alors ok, si on veut la jouer comme ça, à faire des autobiographies à la con parce qu'on n'ose pas faire des trucs plus originaux par frilosité, alors d'accord. Je vous annonce donc la sortie de ma biographie, Are you there, strawberry milkshake ? It's me, lady, prochainement dans toutes les bonnes librairies. Les droits d'adaptation sont à céder.

Quand à la prière au Dieu du sitcom pourri, on l'a vu avec How to be a Gentleman, Whitney et Work It, tous les networks le prient, en ce moment. Pour l'heure, je n'ai pas encore regardé Rob!, mais je vous avoue mon très relatif optimisme.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Are you there, Chelsea de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 12:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-01-12

En l'espèce, menacée

Il m'a fallu dix bonnes minutes, à la fin du visionnage, pour arrêter de pleurer et commencer à rédiger mon post sur Work It.

WorkIt

Ainsi donc, c'est à ça qu'on en est rendus ? A une époque où de plus en plus de séries nous disent combien il est difficile de trouver un boulot actuellement (Hung, Jane by Design, ou, à présent, Work It), et d'ailleurs grand bien leur fasse, il faut que l'une d'entre elles se pique de prétendre que c'est plus facile pour des femmes ?
SERIEUX ?

Au début de la saison, la guerre des sexes a été déclarée avec les comédies Last Man Standing, Man Up!, et How to be a Gentleman, qui nous ont affirmé dans un appel à l'aide déchirant que les hommes étaient une espèce menacée. On ne regrette pas celles de ces séries qui ont disparu. Rendez-vous compte, les femmes sont tellement bien dans leur peau de nos jours qu'elles forcent les hommes à... euh... rien. Mais c'est très menaçant cette façon qu'elles ont de le faire !!! De... ne pas le faire. Enfin bon, vous m'avez comprise.

Maintenant, Work It nous sort un pitch dans lequel les seules alternatives au chômage, c'est soit récurrer les toilettes d'un fast food, soit se déguiser en femme pour bosser dans la vente ?! C'est comme si les trois premières séries avaient été la mise en garde : attention, messieurs, vous êtes en train de vous faire émasculer, si vous ne prenez pas garde vous allez devenir des femmes... LITTÉRALEMENT ! Et voilà, Work It tombe quelques mois plus tard comme pour murmurer : "on vous avait prévenus pourtant".

Oh non, je comprends très bien. Le travestissement à des fins comiques n'a rien de machiste, n'est-ce pas, cela fait des décennies qu'on l'emploie sans aucun problème et ça ne veut rien dire... en général dans les plus mauvaises comédies qui soient, mais qu'importe. Et puis c'est vrai d'ailleurs, Work It est, tout simplement, une mauvaise comédie, pas drôle, avec des gags fatigués, des acteurs sans panache, des dialogues creux. C'est ça l'essentiel de son crime, n'est-ce pas ? Et puis c'est pas sexiste, regardez, à la fin le mari réalise qu'il a pas traité sa femme comme il aurait dû, rho, si c'est pas mignon.
Eh bien non, désolée. Je n'arrive pas à regarder Work It comme je peux regarder 2 Broke Girls, en me disant que c'est simplement nul. Je trouve ça insultant, et pas juste pour mon intellect.

D'ailleurs Work It non plus ne cherche pas à faire mine de relativiser. Dans son explication des forces en puissance sur le marché du travail, la série est très claire dés son intro : les raisons pour lesquelles ses deux héros se transforment en femmes pour obtenir un boulot ne sont pas circonstancielles (et donc plus excusables de mon point de vue). C'est parce que l'univers [du travail] est dominé par les femmes, si bien que ce sont elles qui vont bientôt employer les hommes comme gigolos. D'ailleurs, le pouvoir de la sexualité féminine est si fort que c'est la raison pour laquelle la société d'adoption des héros n'embauche que des femmes : seuls leurs charmes sont capables de convaincre les médecins d'acheter les médicaments de l'entreprise ! Work It a explicitement décidé que this is a women's world et que les hommes étaient réellement en danger ; le propos est clair, et il est assumé.
Et il est surtout honteusement mensonger.

Ne me lancez pas sur le côté insultant qu'il y a à imaginer que pas une de ces 4 femmes n'a remarqué qu'il s'agissaient d'hommes, ou que l'épouse de l'un des héros n'a même pas percuté que ses fringues avaient curieusement gagné trois tailles (et que son mari s'était épilé les jambes). Je n'irai même pas sur ce terrain.

Jamais je ne me suis sentie aussi féministe que depuis que ces comédies ont débarqué en masse cette saison. Avant, je n'avais pas l'impression d'être susceptible à ce sujet, je n'avais pas l'impression d'être solidaire de qui que ce soit, je n'avais pas l'impression d'avoir quelque chose à défendre. Mais je découvre ces pilotes un à un, depuis quelques mois, on en est déjà à 4 quand même, et je trouve que c'en devient révoltant. A chaque pilote supplémentaire je me sens dépassée par l'impression que ces comédies ont une espèce de mission perverse ; que, même, leur absence d'humour réel leur sert de protection ("ne monte pas sur tes grands chevaux, ce n'est pas sexiste, c'est juste pas drôle !").
J'aimerais m'en défendre, me raisonner, me dire que ce ne sont que des séries de merde, mais je n'y arrive plus, il y en a trop d'un coup, et elles sont toutes tellement peu subtiles dans leur approche, que ça m'inquiète, que je le veuille ou non.

En regardant le pilote de Work It, j'ai aussi repensé à Three's company. Quand j'avais découvert le pilote de cette série des années 70, je m'étais fait la réflexion que c'était très intéressant : le personnage principal était supposé se faire passer pour gay afin d'avoir le droit d'emménager avec des filles, mais pourtant à aucun moment il n'endossait le stéréotype du gay. Et pourtant, quarante ans plus tard, quand un homme se déguise en femme, il faut absolument qu'il soit une "femme" aux dents phosphorescentes, en jupe et talons hauts, et qui parle de façon maniérée.
Et ça, ça m'aurait fait rire, en fait. Que l'un ou l'autre des mecs conduits à se travestir fasse mine d'être une femme au sens le plus stéréotypé du terme, et qu'il soit regardé comme un extra-terrestre par les autres. Qu'il fasse une blague sur la mécanique et que l'une de ses interlocutrices lui réponde. Qu'il déballe une salade rachitique à midi et que les autres aillent déjeuner à la pizzeria (parce qu'elles vont passer toute la journée à courir de cabinet médical en cabinet médical). Là j'aurais totalement admis le principe du travestissement à des fins comiques.

...Evidemment, je n'ai pas pleuré pour de vrai à la fin de Work It. Nous autres les filles ne nous mettons pas à pleurer à tous bouts de champs. Certaines d'entre nous s'y connaissent même un peu en mécanique. Mais sans perpétuer les clichés sexistes sur le femmes, de quoi pourrait-on bien rire, hein ?
On va finir par ne plus être capables de répondre à cette question.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Work It de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:35 - Review vers le futur - Permalien [#]

15-11-11

The token comedy

Il y a des comédies qui sont drôles, et qu'on regarde avec plaisir. Il y a celles qui ne sont pas drôles, mais alors pas du tout, si bien que passé le pilote on n'y revient jamais. Et il y a les autres comédies.
Celles qu'on ne trouve pas drôles, mais dont on n'irait pas jusqu'à dire qu'elles sont mauvaises. D'après mon expérience, on en regarde une par saison, parfois deux ; plus si vraiment on aime bien se faire lobotomiser en se réfugiant derrière l'excuse qu'on a eu une dure journée. Ah oui, la journée de la gentillesse c'était dimanche, les hostilités ont repris depuis !

L'an dernier, ma comédie "je ris pas mais c'est pas comme si ça me dérangeait", c'était Mike & Molly. Mais après avoir passé la saison à me demander pourquoi je cagoulais l'épisode chaque semaine, trouvant en général une réponse dans deux répliques de Katy Mixon, j'ai pris la résolution de ne plus me trépaner volontairement devant cette série qui même sur le plan de la tendresse, avait de sérieuse lacunes. De grosses lacunes, dirais-je si j'étais mauvaise langue. Bon vous avez raison, c'est pas la peine de cacher ma nature profonde, oui, c'étaient de GROSSES lacunes.
Cette année, cette série, c'est 2 Broke Girls.

Broke
Je regarde chaque nouvel épisode en me demandant ce que je fais là. Les blagues sont outrancièrement pas drôles. Kat Dennings en fait des tonnes (ça fait deux-trois semaines que pendant l'épisode, je me mets à fantasmer sur une façon que pourrait trouver le scenario pour la plonger dans un coma profond et nous faire des vacances). Beth Behrs est effrayante (c'est FORCEMENT une perruque !). Les scénarios donnent bonne réputation aux fanfictions écrites par les gamines de 12 ans. Les seconds rôles donnent réellement envie qu'on leur file un couteau pour se faire harakiri. Et pas de Katy Mixon en vue.
Mais que voulez-vous, en début de semaine il y a tellement de dramas qu'un peu d'humour, ça fait un bien fou après un Homeland.

Ce n'est pas drôle. Mais c'est un peu moins pas drôle que d'autres séries que je supporterais encore moins en début de semaine.
Plus tard, les choses s'arrangeront avec Raising Hope ou Suburgatory. Mais le lundi, c'est le jour où je ne rigole pas. Et il faudra bien s'y faire puisque mes débuts de semaine vont bientôt être dépourvus de Death Valley ou de Threesome pour réellement s'amuser (incidémment, ces deux séries ont connu cette semaines un certain relâchement, certes relatif, mais tant mieux, le season finale de ces deux séries n'en sera que meilleur).
Chaque semaine je me dis que je vais arrêter. Et chaque semaine je cagoule l'épisode en me disant que j'ai trop besoin de me marrer, même devant quelque chose de pas drôle.

Mais bon, ce n'est pas grave d'avoir une série comme ça dans mon menu. Quand il y en a une, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.

Posté par ladyteruki à 23:07 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

22-10-11

Reed it after me

Reeditafterme

Après deux épisodes supplémentaires de Reed between the Lines depuis mon dernier post, je confirme mon verdict : c'est un sitcom au charme vraiment naturel (pourvu que l'on ne parte pas du principe que les deux termes sont incompatibles) qui lui donne une longueur d'avance sur beaucoup de séries en multi-camera de ces dernières années, y compris cette saison.

La série parvient à éviter dans 99% des cas le surjeu, la surenchère de comédie physique, et les blagues téléphonées qui sont l'apanage des pires séries du genre. J'ai presqu'envie d'envoyer un DVD à Chuck Lorre pour qu'il apprenne comment on fait rire les gens sans les prendre pour des crétins.

Si Tracee Ellis Ross lutte visiblement contre son réflexe de faire le singe (et surmonte ce handicap presqu'à chaque fois), les prestations de Malcolm Jamal Warner et Zoë Soul sont sans défaut. Impeccables. Toujours élégantes et sobres, mais drôles.
En particulier, Soul est une véritable révélation (et les scénaristes l'ont bien compris parce que son personnage est bien plus mis en valeur que celui de son jumeau), elle est d'une grande justesse, toujours extrêment fluide, et délivre la moindre ligne comme si elle venait d'elle... et elle n'a qu'une quinzaine d'années ! Quand je pense que ce n'est même pas une qualité qu'on trouve chez les comédiens rôdés aux comédies depuis plusieurs décennies... Ce sera un privilège, Mademoiselle, de suivre ce que vous allez devenir dans les prochaines années (surtout que vous n'étiez personne il y a encore quelques mois).

Les histoires sont également à louer ; la façon dont les quelques séances psy sont conduites (presque dénuées de blagues, en fait, mais vibrantes de rythme), la façon dont les intrigues parviennent à gentillement surprendre par leur déroulement et leur dénouement, la façon dont, tout simplement, cette famille est décrite. Il en ressort une grande envie de normalité tout en étant capable de rendre les choses drôles et c'est une qualité qu'on ne voit pas souvent.
C'est vraiment le mot "naturel" qui décrit le mieux mon ressenti vis-à-vis de cette comédie, et pourtant le terme parait si étranger au genre du multi-camera !

Il n'y a pas de cliché, pas de gentille maman ou de maman gaffeuse, de papa sévère ou de papa parfait, d'enfants terribles ou d'enfants transparents ; personne ne tombe dans la caricature. L'épisode où les parents s'aperçoivent que leur cadette est en réalité un petit monstre parvenait à être drôle, tendre, et terriblement honnête dans sa démarche et son traitement, et si vous n'avez rien contre l'idée de ne pas commencer par un pilote, je vous suggère (à ce jour, puisque seulement quatre épisodes ont été diffusés) de commencer par celui-là. S'il ne vous charme pas c'est que Reed between the Lines n'est pas pour vous. Mais j'en doute. Car c'est vraiment une série à la croisée des genres, plus subtile que la moyenne dans sa catégorie. Si j'étais vraiment quelqu'un de persiffleur, je dirais que si vous tolérez une seule série de Lorre, votre niveau d'exigence est trop bas pour que vous n'appréciez pas Reed between the Lines. Eh, c'est pas une attaque, j'ai regardé la première saison de Mike & Molly vous savez...

Je ne suis pas certaine que quelqu'un d'autre pense à vous le dire, mais rarement un sitcom m'aura fait cet effet-là (une comédie en single camera, plus facilement, à titre de comparaison), et je ne saurais que trop vous encourager à donner sa chance à cette comédie méconnue. Passez 20mn (ou 45, comme le font les spectateurs de BET) avec les Reed, et venez me dire ensuite que ce n'est pas meilleur que Whitney (duh !), ou 2 Broke Girls.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Reed between the Lines de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:33 - Review vers le futur - Permalien [#]

04-10-11

C'est finalement si simple de séparer le bon grain de l'ivraie...

La rentrée américaine est finie.
...Bon d'accord, je suis un peu alarmiste. Mais pas complètement : le plus gros des nouveautés de la saison est derrière nous. Il y aura encore des pilotes dans les semaines à venir (en fait, si on y réfléchit, des pilotes il en vient tous les mois), et je ne me plains pas parce que la rentrée japonaise est là, même si je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus. Je ne vais certainement pas manquer d'occupations.
Mais quand même, une excitante page téléphagique se tourne avec le début du mois d'octobre.

Je reconnais ce moment un peu mélancolique au fait que c'est à cette période que mes disques durs saturent et que je commence à faire de la gravure parmi mes cagoules.

C'est d'ailleurs le moment idéal de faire le point sur les séries qu'on va suivre, et les autres. Car parfois, un pilote, sans être mauvais, n'est pas bon au point qu'on poursuive l'aventure. Forcément, plus on regarde de séries de la planète, plus il faut savoir doser l'énergie et l'enthousiasme qu'on est prêt à mettre dans une nouvelle série, et je l'ai appris à la dure cette année en commençant plusieurs fois des séries que je n'avais en réalité pas vraiment envie de suivre pendant 10, 15, 20 épisodes ; en général je m'en aperçois parce que les épisodes s'entassent dans un dossier et que je n'ai aucune envie d'écouler le stock (ça me l'a par exemple fait pour Winners & Losers qui, pour me plaire, n'aurait pas pas dû excéder la durée de 5 épisodes) (par contre j'aurais signé volontiers pour 20 épisodes de The Yard, à titre de comparaison).

Donc, bilan. Enfin, bilan des premières semaines de la saison, mais allez, bilan quand même.

PanAmForever

En fin de compte, je poursuis pour le moment 2 Broke Girls. Je sais pas trop pourquoi. Je ris pas vraiment, c'est un peu mon Mike & Molly de cette année (ce qui tombe bien puisque j'ai laissé tomber Mike & Molly).
En revanche, après le deuxième épisode d'A Gifted Man, j'hésite : après un pilote touchant, ce second opus nous a fourni tout ce qu'une série médicale peut offrir de plus cliché. Je pense que le troisième épisode sera décisif.
Petite baisse de régime aussi (mais moins grave) pour PanAm qui reste cependant sur mon planning. Je regrette que The Playboy Club ne puisse pas l'accompagner, j'apprécie réellement cette série même si elle ne révolutionne pas la face du monde. Dommage que la série se fasse annuler sans même qu'on puisse voir la suite des épisodes produits (PS : pour un historique d'une décennie de séries annulées plus vite que leur ombre, je vous renvoie au post de l'an dernier faisant suite à l'annulation de Lone Star).
Et bien-sûr, j'ai fermement l'intention de poursuivre Homeland et Suburgatory, mais là, je ne juge que sur un seul épisode.
Je ne me suis pas encore décidée pour Terra Nova et Up All Night, les jours qui passent ne jouant en pas en leur faveur. Toutes les autres séries appartiennent déjà au passé à mes yeux.

Ce n'est pas si difficile de faire du tri, en définitive : je repère les séries qui ne m'ont pas séduite à la rapidité avec laquelle leur pilote arrive sur une rondelle pour mes archives.

Posté par ladyteruki à 23:19 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]