ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

02-09-13

Vraie malhonnêteté

Officiellement, depuis samedi à 23h59, le défi que whisperintherain et moi-même nous sommes lancé voilà un an a pris fin... ce qui veut dire que désormais, les pilotes diffusés ne rentrent pas dans le champs de notre challenge, qui consistait à tous les regarder puis tous les reviewer. Pour autant, les règles de notre défi stipulent qu'il n'y a pas de date de péremption pour la publication des reviews pour les pilotes diffusés avant cette date ; attendez-vous donc à lire encore quelques unes de ces reviews... comme par exemple, ce soir, celle de Siberia.

Siberia

Ce weekend, je vous avoue que je me suis remise en question. En fait, j'en suis arrivée à un point où je me suis sermonée. Je me suis dit : écoute, lady, voyons les choses en face, si tu as un problème avec toutes les séries ayant un concept original, c'est sûrement que tu en attends trop. Que tu penses qu'un bon concept équivaut à de la créativité. Que tu crois qu'avoir une bonne idée et bien la développer correspondent au même talent ; et clairement, ce n'est pas vrai, tu te racontes des choses. La cruelle désillusion imposée par des séries du genre de Last Resort montre bien qu'au contraire, plus l'idée est originale et sort de l'ordinaire, plus les scénaristes sont perdus. Oui, je cite souvent Last Resort, mais c'est parce qu'elle m'est restée là.
Pourtant je n'apprends pas de mes erreurs. Je continue d'être alléchée par ce que je pense être de très bons concepts. Ca me perdra.

Au bout d'un moment, je finis par comprendre les gens qui choisissent de regarder des séries creuses et peu originales ; quand on voit ce qu'accomplissent les séries au pitch original, dans le fond ça se comprend. Autant aller à la facilité et ne pas courir le risque d'être déçu.

Me voilà donc devant Siberia ce weekend (rien à voir avec l'excellent jeu video) et rien à faire, je l'ai mauvaise. J'ai l'impression d'avoir perdu 42 minutes de ma vie, voire quelques unes de plus. En fait, j'en veux moins à Siberia pour ces 42 minutes de pilotes, que pour les quelques minutes, avant que je ne lance mon épisode, que j'ai passées à me rejouir à l'idée de regarder Siberia. Je sais pas si ça fait sens pour vous, mais l'amertume se trouve là.

Reprenons : Siberia est donc une série diffusée par NBC cet été, dans laquelle une émission de télé réalité se déroule en Sibérie, alors qu'une poignée de candidats se retrouvent dans un coin de terre isolé de tout, où ils vont devoir passer plusieurs semaines dans des conditions indécentes, afin de pouvoir prétendre à une somme d'argent indécente, mais d'une autre façon. Sauf que les choses ne tournent pas du tout comme prévu, et que le tournage de Siberia, l'émission de télé réalité, tourne assez vite au cauchemar.

Sur le coup, ce qui m'a énormément agacée, c'est que Siberia se présente, sur la forme, exactement comme les émissions de type Survivor qu'elle est supposée singer. C'est évidemment dans sa nature, et on ne peut pas dire que ça m'ait beaucoup surprise, mais c'était énervant, eh bien, simplement parce que je déteste la télé réalité (j'ai officiellement gagné le titre de vieille conne acariatre, je suppose, mais c'est comme ça). Mon problème c'est d'ailleurs que, en n'ayant vu que deux ou peut-être trois épisodes de Koh Lanta de toute ma vie (et encore, aux débuts), j'ai l'impression de revoir exactement les mêmes poncifs être étalés dans Siberia.
Quand on ne supporte pas un courant télévisuel qu'on juge pauvre, et qu'on s'aperçoit qu'en plus de 10 ans, rien parmi les standards du genre ne semblent avoir changé, il n'y a aucune raison d'être de bonne humeur, vous imaginez bien.

Pourtant, le coeur du problème, dans le fond, ce n'est pas que Siberia reprenne absolument tous les codes d'émissions équivalentes. Il fallait au contraire s'y attendre, mais ce n'est pas de là que vient la faute. J'ai passé le plus gros de l'épisode à attendre que quelqu'un brise le quatrième mur ou, au moins à espérer que quelque chose, un élément quelconque, vraiment n'importe lequel, m'invite à prendre du recul avec l'émission. Au lieu de ça, Siberia a joué à fond la carte de l'immersion.
Et finalement je n'ai pas vu de différence entre devoir regarder une émission de ce type, et regarder Siberia.

Tout est fait pour nous faire oublier qu'on regarde un programme fictif, et on se retrouve finalement à regarder une vraie émission de télé "réalité", genre télévisuel dont en plus on sait très bien qu'il n'est pas basé sur le réel mais sur des scripts et toutes sortes d'outils de production d'ailleurs empruntés à la fiction, mais détournés pour faire croire que c'est vrai. Or, je suis de l'école de pensée que si on voulait regarder de la télé réalité, on utiliserait ces 42 minutes pour regarder de la télé réalité ; inversement, je regarde une fiction, j'attends de me sentir comme dans une fiction.
Ce brouillage ne fonctionne pas pour moi, de la même façon que certains ne sont pas à l'aise avec les dramédies et préfèrent regarder soit un drama, soit une comédie, mais pas quelque chose entre les deux.

Et puis, dans le fond, pourquoi regarde-t-on une fiction à propos d'un produit télévisé ? Pour avoir l'impression d'en pénétrer les coulisses ! Pour décortiquer la façon dont elle est faite, prendre du recul sur son mode de fabrication, ou éventuellement inventer, pour les amateurs de théorie du complot, de folles explication sur leur fonctionnement ou leur message (en cela, Cult était plus dans la gamme de ce que j'attends). On attend une mise en abîme. On attend qu'on porte un regard cynique sur les médias. On attend qu'on nous dise quelque chose d'atroce sur nous.
De la même façon qu'on n'attend pas d'une série sur l'industrie de la musique country de nous montrer uniquement des chanteurs préparant leur concert (Nashville), ou d'une série sur la production de films qu'elle nous dévoile un monde où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentila (Action!), ce qui est vraiment intéressant, c'est de déconstruire l'objet culturel visé, même si c'est de façon fantasmée. Pitié, ne me dites pas que je suis obligée de regarder Dead Set pour obtenir cela à propos d'une émission de télé réalité !
Or ce n'est pas du tout le but de Siberia. Siberia veut nous faire croire que c'est une vraie émission de télé réalité qui vire au cauchemar sous nos yeux, qui devient un film d'horreur (plutôt classique au passage) dans un coin isolé où les victimes vont se la jouer Dix petits nègres. Mais comme nous savons que Siberia est encore plus fictive qu'une émission de télé réalité habituelle, ça ne marche pas !

L'immersion rate parce que NBC aurait dû, dés le départ, vendre sa série comme de la vraie télé réalité, Siberia serait éventuellement un projet de série puissant... si ça n'avait pas été une série. Si NBC avait tourné cela à l'expérience télévisuelle provocatrice, nous laissant imaginer que ces évènements se produisent réellement, nous observant, nous télespectateurs voyeuristes, nous affoler à l'idée que mon Dieu, on ne peut rien faire pour ces gens ? Je suis sûre que ç'aurait fait un véritable évènement, avec tous les journalistes se gargarisant de mots sur la dérive de la télé réalité, les spectateurs qui ne veulent pas regarder mais les audiences qui curieusement ne s'effondrent pas, et ainsi de suite.
Et puis finir par dévoiler que non, Siberia, que nous aurions fait mine de trouver abjecte ou terrifiante tout l'été, n'était pas une émission de télé réalité, mais une série dramatique ; et nous laisser avec l'amertume de notre voyeurisme.
Imaginez le buzz que la chaîne aurait récolté ! Et imaginez comment NBC aurait pu repousser, une fois de plus, les limites entre la réalité et la fiction dans un programme ! Là ç'aurait été révolutionnaire.

Mais Siberia n'a pas vraiment d'ambition. Ce n'est qu'une série à la Harper's Island qui veut paresseusement se reposer sur les codes de la télé réalité, et qui finalement n'accomplit rien, si ce n'est évoquer, par moments, Lost, et encore. Elle veut surfer sur les méthodes de les programmes d'un genre pour s'éviter d'en explorer vraiment un autre. Dans le fond, la méthode de Siberia est profondément malhonnête.

Je ne sais pas pourquoi les concepts originaux m'attirent. C'est peut-être parce que, quand je les lis pour la première fois, mon imagination se met en marche. Dans ma tête, Siberia est une série vraiment chouette et ambitieuse, je vous jure !
Peut-être que dans le fond, je ne devrais pas espérer voir un jour la série suédoise 183 Dagar, qui se déroule après la sortie de ses candidats par un équivalent de Loft Story. Peut-être que les concepts originaux et alléchants, dans les séries, doivent rester cela : des concepts, pas des séries. Pour sûr, on serait moins souvent déçus.

Mais c'est précisément ce même espoir qui me poussera, dans un mois, six mois ou un an, à lancer un autre pilote d'une série reposant sur un concept exceptionnel. Tant qu'il y a de la téléphagie, il y a de l'espoir ?

Challenge20122013

Posté par ladyteruki à 23:49 - Review vers le futur - Permalien [#]

30-03-12

Au Nord, il y a du nouveau

BlackMarch

Il y a encore deux ans, j'ignorais tout de la télévision scandinave. Et aujourd'hui, regardez-moi, à piaffer d'impatience depuis une semaine en attendant les nominations aux Gullruten. La vie d'un téléphage n'est-elle pas une chose formidable ?

Alors ça y est, la cérémonie télévisuelle de l'année en Norvège est bel et bien sur les rails, puisque les nominations ont été annoncées. L'occasion en général pour moi, comme c'est le cas avec la plupart des prix internationaux dont j'ai appris l'existence ainsi que des divers programmes de festival, de faire mon marché parmi les séries qui ont échappé à ma vigilance, et de sélectionner les fictions sur lesquelles je vais porter mon attention.

Gullruten

Voici donc la liste des nominations relatives aux séries, sachant que dans ma grande bonté je vous épargne les émissions de télé-réalité, les documentaires et autres joyeusetés.

- Meilleur drama :

BuzzAldrin    Buzz Aldrin – Hvor ble du av i alt mylderet ?
(NRK)
Cette mini-série en 4 épisodes adaptée du roman éponyme a été diffusée à la toute fin de l'année 2011, et met en scène un trentenaire dont le héros est le deuxième homme à avoir marché sur la Lune, Buzz Aldrin ; il estime qu'on n'a pas forcément envie d'être premier en tout. Cela va le mener dans les îles Færoe, dans un décor quasi-lunaire où il va rencontrer d'autres gens comme lui.
DAG    DAG (saison 2)
(TV2)
Les déboires d'un psy qui aide les gens à régler leurs problèmes mais qui pense que la seule façon d'être heureux dans la vie, c'est de vivre seul. A noter que c'est la deuxième année de nomination consécutive.
Lilyhammer    Lilyhammer
(NRK/Netflix)
Est-ce que je vous fais l'affront de vous présenter Lilyhammer ? La série a achevé sa diffusion en Norvège il y a à peine une quinzaine de jours, mais concourt déjà dans la catégorie principale du meilleur drama. Ca n'étonnera pas grand'monde...
Taxi-NO    Taxi
(NRK)
Dans ce thriller diffusé fin 2011, un avocat d'origine pakistanaise mène une vie personnelle compliquée (il cache notamment à sa famille qu'il vit avec une Suédoise) et se retrouve en plus impliqué dans les magouilles d'une compagnie de taxi qui va bientôt se mettre après sa peau...

- Meilleur programme humoristique :

Dans cette catégorie, les Gullruten mélangent aussi bien les émissions de divertissement que les séries. Ainsi, le talk show Brille (NRK), le journal parodique Nytt på Nytt (déjà nommée l'an dernier) l'émission de sketches Nårje (TV2) et la comédie Helt Perfekt (TV Norge), qui fonctionne un peu sur le principe de Curb your Enthusiasm.

Autre fait intéressant, les Gullruten ne font pas de distinction entre le drame et la comédie dans les catégories des acteurs.

- Meilleure actrice :

* Agnes Kittelsen (DAG - saison 2)
* Ine Jansen (Helt Perfekt)
* Kaia Varjord (Taxi)
* Tuva Novotny (DAG - saison 2)

- Meilleur acteur :

* Adil Khan (Taxi)
* Anders Baasmo Christiansen (DAG - saison 2)
* Fridtjov Såheim (Lilyhammer)
* Pål Sverre Valheim Hagen (Buzz Aldrin)

Et je tiens à dire : faut arrêter avec DAG ! Chaque année la moitié du cast est nommée, c'est insupportable.
Alors d'accord, j'adore Anders Baasmo Christiansen parce que, bah, Koselig Med Peis voyez-vous (l'an dernier il était d'ailleurs nommé pour les DEUX rôles), et un jour je finirai bien par voir 183 Dagar et où Tuva Novotny tient le rôle principal (c'est pas pour son petit rôle dans Possession que je peux vraiment juger de son talent...), mais en attendant c'est vraiment la série la moins attirante au monde. J'ai l'impression que c'est la seule comédie norvégienne dont j'arrive à entendre parler, alors qu'elle a l'air antipathique au possible. Ca me tente tellement peu que j'ai même jamais essayé de la regarder en VOSTM ; et de toute façon les DVD n'ont pas l'air d'avoir de sous-titres (mais c'est vraiment pas le genre de série pour laquelle je vais payer d'abord et tester ensuite !). Vraiment c'est assez insupportable l'omniprésence de cette série alors qu'elle n'a pas grand'chose pour elle ; peut-être qu'au contraire je devrais voir ma curiosité amplifiée ("ça alors, ça a l'air pourri et les Norvégiens en raffolent ?"), mais pas du tout.

Ces nominations ne sont toutefois pas complètement mauvaises, puisque je vous avoue que j'avais zappé l'existence de Buzz Aldrin et que maintenant, je sais ce que je vais faire dimanche à 00h01, à l'issue du Black March, voyez-vous. Le concept a beaucoup de potentiel et j'aime l'idée de ce type qui veut être le second plutôt que le premier. En plus la série est courte.

Oh et, j'en profite pour souligner que le DVD de Lilyhammer est sorti en Norvège ce mercredi, et qu'il contient les sous-titres anglais. A la base je pensais vous faire un bilan de saison mais je me suis arrêtée au bout de trois épisodes et n'ai jamais eu envie de reprendre, donc bon, vu que je ne mentionnerai sans doute plus beaucoup Lilyhammer à partir de là (sauf renouvellement ou truc de ce genre), autant vous le mentionner maintenant.
Mais si ça vous a plu, le DVD est commandable sur NordicDVD (le Blu-Ray aussi d'ailleurs) c'est là que j'ai acheté Koselig Med Peis et ça s'est bien passé ; par contre, carte bancaire impérative, pas de possibilité d'utiliser PayPal. C'est un petit site à taille humaine, mais le SAV est très réactif (j'avais des questions sur la commande, les échanges ont été très sympas et n'ont pas trainé). J'avais des doutes au début parce qu'on a tendance à être plus rassurés par des grosses machines, mais vraiment, n'ayez pas peur, ça fonctionne bien, les délais annoncés sont suivis d'effets, le coffret est arrivé bien emballé, vraiment, rien à redire.

Les résultats des Gullruten seront annoncés pendant la cérémonie du 12 mai prochain, donc on reparlera probablement très vite des récompenses ; d'ici-là, j'espère que j'aurai vu Buzz Aldrin... D'ailleurs je vois que NordicDVD l'a dans son catalogue avec des sous-titres anglais. Hm, intéressant...

Posté par ladyteruki à 14:11 - Love Actuality - Permalien [#]
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