ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

25-02-12

Dans les choux

Pramface

Quand de jeunes Britanniques pas vraiment responsables se mettent à faire des bébés, je pense immédiatement à Threesome. Ce qui n'est pas forcément une bonne chose : difficile de se mesurer à l'un de mes coups de coeur de 2011.
Pramface n'emprunte pas vraiment le ton amusé, amusant et tendre de ladite comédie. Il faut dire que ses personnages sont plus jeunes, ses protagonistes viennent de milieu dont la différence est plus exacerbée (et en cela, la série rappelle plutôt 18 to Life), mais ce qu'elle décrit me fait plutôt penser à un épisode de Skins qui aurait "mal" tourné qu'à une série que j'aurais déjà pu apprécier.

On a donc deux adolescents qui, les examens de fin d'année étant enfin passés, qui se rencontrent à une soirée bien arrosée, et qui finissent au lit ensemble. La demoiselle ne manque pas de tomber enceinte, évidemment.

Je dis évidemment parce qu'entre le titre de la série et l'enchaînement prévisible des évènements, sans même parler des promos ou des résumés, on sait bien ce qui va se passer. Sauf que ça prend 25 minutes avant de se concrétiser. Le terme "épisode d'exposition" n'est donc pas vain, surtout qu'on a ici une série au format 30 minutes...

On enchaîne donc les clichés en attendant que ça se passe : relations avec les parents, copains un peu lourds ou un peu snobs, selon les cas, et toute cette sorte de chose. Non seulement l'intrigue est prévisible, mais la plupart des personnages et des situations le sont aussi (je pense notamment à la meilleure amie du héros, qui évidemment en pince pour lui mais n'en dira rien, qui va être aux première loges pendant la séquence-clé de cet épisode), ce qui n'aide pas. Et pour finir, le ton n'est pas très original non plus, la réalisation reste scolaire, les acteurs marchent sagement dans les clous.

Du coup c'est difficile de se captiver pour ce qu'il adviendra de ce couple-malgré-lui quand le reste est déjà vu, à mes yeux en tous cas, cent fois dans des séries adolescentes.
J'ai regardé Pramface avec la tenace impression que je n'étais pas dans la cible. C'est un problème récurrent quand je regarde des séries adolescentes, d'ailleurs parfois je le regrette, mais les faits sont là : ça m'empêche d'apprécier bien des séries. C'était le cas pour Pramface. Mais je n'ai pas l'impression que ce soit le seul facteur qui ait joué en sa défaveur.

Peut-être qu'avec un peu de temps, notamment une fois que la grossesse est en route, les choses peuvent se décanter, mais j'ai assez peu d'espoir...

Posté par ladyteruki à 21:57 - Review vers le futur - Permalien [#]

11-01-10

Life sentence

Les sitcoms tournés avec plusieurs caméras appartiennent au passé.
Le jeunisme, il n'y a que ça de vrai.
Non à l'hégémonie télévisuelle américaine !
Forte de ces trois préceptes, la production de 18 to Life, série canadienne ayant pour enjeu principal que deux adolescents se marient précipitamment et contre l'avis de leurs parents, a tout simplement lancé un remake de Dharma & Greg.

18toLife

Et le pire c'est que ça marche ! 18 to Life est un rafraîchissant divertissant, porté par un couple central à la fois attachant et frais. Le duo fonctionne bien, et se détache des poncifs réutilisés à partir de Dharma & Greg pour trouver une personnalité propre, pleine de tendresse et de piquant. Ce sont deux adolescents normaux, un peu sages mais pas caricaturaux, plongés dans une situation qui les dépasse un peu mais qui s'accorde finalement assez bien avec leur âge : un coup de tête qui change leur vie. Les portraits comme les réactions sont réalistes, et on peut vraiment dire que Jessie et Tom sont bien écrits ET bien incarnés, ce qui a le mérite de surprendre vu le contexte.

Le blâme est en fait à adresser à... tout le reste. Les parents, principalement. Trop stéréotypés, ils représentent tout ce qui peut énerver dans une comédie : radicalement différents, ils ne s'aiment pas beaucoup (bien que voisins depuis des années) et ne partagent absolument pas les mêmes valeurs. Ils vont pourtant tomber d'accord sur une chose : ce mariage est une mauvaise idée. Le pilote les voit donc comploter afin de décourager leurs rejetons de faire le grand saut.
La situation respective des deux familles est dénuée de toute forme d'imagination et, pire encore (si c'était possible), n'a pas le moindre charme. Si les Finkelstein avaient un grain de folie appréciable même quand il ne servait qu'à produire quelques gags supplémentaires dans un épisode de Dharma & Greg, les Hill manquent totalement de relief en dépit des éléments soi-disant originaux qui servent à les décrire (le mari qui mange du bœuf séché en cachette, le réfugié irakien qui vit avec eux, etc...). Cas similaire chez les Bellow qui se sont collectivement assis sur un objet oblong mais ne sont pas spécialement drôles non plus.

L'origine de ce problème est peut-être à rechercher justement dans le traitement : choisissant de filmer cette comédie avec une seule caméra et dans des décors très variés (peut-être trop ?), la réalisation de 18 to Life s'est éloignée volontairement de la comédie pure, pour aller vers quelque chose de plus nuancé. Mais l'écriture des personnages secondaires n'a pas suivi le mouvement. Du coup, le résultat donne un décalage qui empêche de prendre la série au sérieux.
Peut-être qu'il aurait mieux valu le tourner comme un drame avec de l'humour que comme une dramédie, je ne sais pas.

Concrètement, 18 to Life n'a rien de la révélation, mais en tous cas c'est vaguement amusant, et le couple central donne envie de le suivre. Et puis, ça m'a rappelé mes propres 18 ans, quand, à la suite d'un pari, j'ai moi aussi été fiancée. Grâce à 18 to Life, je vais enfin savoir comment ç'aurait pu tourner...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 18 to Life de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 09:49 - Review vers le futur - Permalien [#]
  1