ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

24-10-10

Can you keep a secret ?

Douce ironie du sort : la nouveauté nippone pour laquelle j'avais le plus d'appréhension est également celle que j'ai regardée en premier cette saison. Bon, d'un côté, vous me direz, au moins maintenant c'est fait, je suis tranquille. Mais quand même, c'est un pari un peu risqué...
Me voilà donc devant le pilote de Himitsu et, comme je sais que votre curiosité a été piquée (au moins pour quelques uns d'entre vous) depuis que j'ai commencé à en parler, eh bien je me suis dit que je n'allais pas garder mes impressions pour moi. Comme si c'était mon genre de toute façon...

Himitsu

Himitsu, c'est donc cette série au concept étrange (tirée d'un roman ayant déjà fait l'objet d'une adaptation ciné) qui nous parle d'une mère et sa fille qui, prises dans un accident de bus, sont entre la vie et la mort. Lorsque la mère meurt, son esprit semble s'être incarné dans sa fille... On imagine aisément le potentiel d'une telle intrigue quand on sait que le père reste seul face à cet étrange personnage qu'il aime comme une épouse, mais voit comme une fille.
C'était un principe franchement dérangeant, mais bon, à bien y réfléchir, c'était peut-être aussi une façon de voir le sujet avec les yeux des Japonais, loin de notre culture judéo-chrétienne. Une expérience à tenter, de la même façon que 14 Sai no Haha (également avec Mirai Shida) était rafraîchissant sur l'éternel thème de la grossesse adolescente, ou que Gyne offrait un point de vue différent sur plusieurs sujets d'éthique médicale. Ne jamais sous-estimer le pouvoir d'une série étrangère pour vous faire comprendre que vous aviez plus d'œillères que vous ne le pensiez ! Je me tue à vous le dire...

Sauf que déjà, sur le plan de la réalisation, je suis bien obligée d'avouer que Himitsu est une grosse déception. C'est franchement scolaire, voire carrément mauvais, c'est fait sans grande imagination, et si le scénario ne poussait pas pendant une scène ou deux, c'en serait franchement pénible. On tenait un sujet qui permettait pas mal de choses, mais la caméra se refuse obstinément au moindre effort. Il faut dire que la plupart des scènes ne sont pas servies avec beaucoup plus d'entrain par Sasaki Kuranosuke, certainement l'acteur le plus transparent du moment à la télévision nippone (il suffit de voir sa monolithique prestation dans Hanchou dont on parlait il y a peu), qui prouve en plusieurs points qu'il n'a aucune idée de comment aborder son rôle, et fait donc n'importe quoi (ne retranscrivant pas un instant le doute que toute personne sensée devrait éprouver, au moins pendant un quart de seconde, devant les affirmations de sa fille se proclamant être la réincarnation de son épouse). Le sort qu'il fait à la scène la plus tragique de l'épisode est à ce titre parlant, mais pire encore, il gâche totalement la scène-clé de l'intrigue. Bref, c'est un tout, mais un tout fade. Et si Mirai Shida s'en tire à peu près bien, ce n'est vraiment pas parce qu'on l'y aide, croyez-moi.

Bref, c'est franchement bancal sur bien des points. Dommage, parce que le scénario a bien besoin d'une pichenette dans un sens ou dans l'autre, et que visiblement il ne faut pas compter sur la réalisation pour la lui donner. Soit la série veut verser dans le sirupeux (et elle a quelques éléments qui le permettent, déjà...), soit elle veut être dérangeante (et elle le peut encore... pour le moment), mais à un moment il faudra choisir car s'il y a bien deux tons qui ne peuvent cohabiter dans une même série, c'est bien ceux-là. Le pilote offre quelques bonnes idées (dont une très bonne scène, totalement surprenante pour le spectateur occidental, où les familles des victimes sont réunies pour parler dédommagement... et qui contre toute attente s'avère être la scène la plus touchante de tout l'épisode), mais globalement il y a aussi beaucoup de remplissage, et un grand nombre de scènes dont on a l'impression qu'elles sont là parce qu'il le fallait, parce que c'était dans le cahier des charges, parce que sinon la ménagère moyenne ne comprendrait pas... et c'est terriblement dommage.

A ce stade, deux chemins s'ouvrent donc devant Himitsu. Au stade du pilote, rien n'est joué ; on peut partir sur un triangle amoureux (et même pas celui que vous pensez), ou sur une énigme dérangeante. Les paris sont ouverts... Quant à savoir si oui ou non, papa et maman vont consommer leur amour après la réincarnation, qui est franchement la question qu'on se pose tous, le trailer de fin de pilote nous indique que cette question épineuse sera résolue au prochain épisode. C'est vous dire à quel point les problématiques de la série ne sont que tout juste effleurées dans le premier épisode...
Je donnerai donc un épisode supplémentaire à Himitsu pour se décider. Car si je l'autorise à me choquer, voire même me donner envie de vomir... je lui interdis de m'ennuyer. La voilà prévenue.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Himitsu de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:15 - Dorama Chick - Permalien [#]

05-09-10

[DL] Mioka

Pour bien souligner l'ambiance de demi-pathos de Mioka, où l'on vous demande bien gentillement de pleurer mais pas trop, le générique joue littéralement sur l'idée de pleurer seulement à moitié, avec des personnages qui pleurent en souriant. Ou qui sourient en pleurant, on ne sait pas trop. C'est un peu étrange comme concept, mais on comprend bien l'idée, au moins.

Mioka
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Tout cela entrecoupé de plans de Mioka qui s'ébat joyeusement dans une sorte de paradis blanc et ouaté, avec la voix un peu abimée de Masaharu Fukuyama qui, non content de jouer dans le jidaigeki de NHK pendant toute l'année 2010 (Ryoumaden, pour ceux qui ne suivent pas), a apparemment aussi le temps de sortir un single.
Certaines parties de ce générique me font un peu penser à celui de 14 Sai no Haha, c'est juste moi ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Mioka de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:47 - Médicament générique - Permalien [#]

19-11-09

Amer agrume

Ça fait quelques temps maintenant que je ne lis plus tellement les pitchs des séries que je vais découvrir. Parfois on le sait à l'avance, c'est inévitable, et puis parfois, vraiment, on n'en a pas la moindre idée et on tente le coup, comme ça, au hasard, parce qu'on est tombé dessus dans la filmographie de quelqu'un, parce que le pilote s'est offert à notre cagoule, parce qu'on cherchait autre chose et qu'on est tombé dessus, peu importe. Et je dois dire que sur pas mal de choses, cette technique a du bon.
On n'attend pas quelque chose de précis. On se laisse porter. On ne connaît ni surprise ni déception. On découvre et on a le sentiment de juger la série pour ce qu'elle est, et pas pour les espoirs qu'on avait placés en elle.

Au contraire, quand j'ai lancé Daisuki!!, j'étais très réservée, parce que justement j'en connaissais le résumé et que, bon, ça fait un peu redite de 14 Sai no Haha : une jeune fille psychologiquement fragile (ici, pour raison de retard mental) décide d'avoir un bébé contre vents et marées. Mouais. Bon.
Mais une aficionado de Corky telle que moi ne pouvait qu'y jeter un oeil, histoire de voire quel traitement la fiction nippone accordait aux troubles mentaux, pour commencer.

Peut-être que du coup, j'ai trop cherché la parenté avec l'une ou l'autre de ces fictions, parce que de toute évidence, Daisuki!! n'a pas grand'chose à voir avec elles.

Au lieu, comme 14 Sai no Haha, de suivre pas à pas la grossesse de l'héroïne, Yuzu (ce qui certes, avait ses longueurs, mais permettait de n'éluder aucune question de principe sur la grossesse adolescente), Daisuki!! prend le parti, dés le pilote, de s'autoriser des bonds dans le temps. Explorant ainsi très vite à la fois le problème de la grossesse en elle-même, et les problématiques sur l'éducation de l'enfant. Et franchement, ça ne m'était pas apparu sur le moment, mais effectivement je me rends compte après coup que ce regard au-delà de la naissance a manqué à 14 Sai no Haha.

Reste le tabou quant à la sexualité ; les fictions japonaises ont un vrai problème avec ça. Du plus loin que remonte mes souvenirs, ce qui ressemblait le plus à une scène de sexe, c'était dans Orange Days, c'est dire ! Donc de la même façon que la conception du bébé de 14 Sai no Haha avait été un peu romancée et surtout éludée, ici, Himawari pourrait avoir poussé comme une plante en pot, ce serait pareil. Les parents ne se sont jamais touchés, à en croire le pilote. L'immaculée conception.
Du coup, forcément, la (courte) scène de l'accouchement offre un réalisme autrement plus saugrenu.

Histoire de s'éviter les problèmes que 14 Sai no Haha avait rencontrés avec le papa, dans Daisuki!!, celui-ci est éliminé sans autre forme de procès par un très pratique (et très con) accident de circulation. Je l'ai déjà dit mais je le répète : il y a un vrai problème de sécurité routière au Japon. D'après mes observations personnelles, dans les dorama, une mort sur deux est due une voiture, un camion ou un bus. C'est un véritable problème de société, et j'attends le dorama qui brisera la loi du silence, et osera clairement exposer au grand jour cette problématique qui, j'en suis sûre, nous touche tous dans ce que nous avons, profondément, de plus piéton.
Pour info, l'autre moitié des décès est majoritairement due à des maladies graves et incurables. Le Japon semble être un pays de cocagne au vu de ces statistiques...

En fait, le pilote de Daisuki!! est si complet, de par sa chronologie compressée, que c'est à se demander ce que les épisodes suivants pourront bien trouver à dire ! Yuzu perd son amoureux, la famille découvre qu'elle est enceinte de 5 mois (c'est d'ailleurs une véritable curiosité : quel est la limite légale pour avorter au Japon ? Parce que si j'en crois Daisuki!!, c'est open bar !), chose qu'elle-même vivait pourtant jusque là avec beaucoup de sérénité (je salue le système éducatif nippon sur la qualité de son éducation sexuelle auprès des attardés mentaux), elle a son bébé, on menace de le lui retirer, et hop ! L'épisode arrive à son terme et le bébé a déjà deux ans. Mais que diable trouvera-t-on comme rebondissements ultérieurs ?!

Les retournements de situation, si j'en crois le trailer, viendront d'une jeune fille extérieure à la famille qui va venir semer le trouble dans la vie d'une maisonnée déjà bien retournée. A l'instar des déboires financiers de la belle-doche de 14 Sai no Haha, j'ai le sentiment que cet axe va nous éloigner du cœur du sujet, pour créer des histoires là où personne n'était venu en voir.
Au lieu de cela, je préfèrerais largement qu'on explore la problématique de départ avec méthode et précision, en se demandant, par exemple, si Yuzu a la capacité de travailler ET s'occuper de Himawari, ou si la petite accuse elle aussi un retard mental. On est en droit de se poser la question, et jusque là cette crainte n'a pas du tout été abordée.

Daisuki!!, et c'est la bonne nouvelle, n'est pas une vilaine copieuse comme je le craignais. Ce qui a ses avantages comme ses inconvénients. On y trouve de bonnes idées mais, passé le pitch de choc, on a le sentiment à la vue du pilote que la série va se contenter de rester neutre et d'éviter de valeureusement aller affronter son sujet, pourtant louable. C'est dommage, mais d'un autre côté, c'est TBS et pas HBO.

D'ailleurs, le peu de traitement qui en est fait est très naïf. A ce titre, je vous propose la toute première scène du pilote, où Yuzu et son bien-aimé Sousuke sont dans le bus. Autant la scène est d'une remarquable tendresse et montre une complicité touchante, autant c'est d'un angélisme certain, ou alors il faut vraiment que je déménage au Japon vite fait ! Pas un regard de travers dans le bus (alors que les deux amoureux sont assez bruyants), pas une remarque... j'aimerais croire qu'une telle société existe, vraiment. Mais j'ai une sorte de doute, quand même. Ce genre de détails montre bien comme Daisuki!! est prêt à brader son propos pour obtenir de l'émotion, et c'est dommage.

daisuki

Quant à la récompense décernée à l'actrice Karina pour son interprétation, elle qui passe 90% de son temps dans le pilote à hurler "Himawariiiiii !" (les 10% restants étant effectivement convaincants, soit), le sens m'en échappe un peu. Peut-être qu'après un premier épisode si chargé, il est nécessaire de regarder un peu plus la série pour s'en faire une opinion définitive ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daisuki!! de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 07:14 - Dorama Chick - Permalien [#]

03-11-09

Maman j'ai raté l'amour

Arisa Mizuki dans le rôle principal ? Mouaif. Teppei Koike dans le rôle du love interest ? Catastrophe. Une histoire d'amour ? Fuyons ! Miki Maya au générique ? Bon, ça ne coûte rien de regarder quand même le pilote.

Pourtant Ohitorisama parvient à être convaincant. Ou au moins à commencer de façon intéressante, le jury s'étant retiré pour débattre à ce sujet sur la fin du pilote.
Satomi est une trentenaire (hello Kimi wa Pet) et contente de l'être (hello Kimi wa Pet). Elle se consacre à son travail (hello Kimi wa Pet) où il n'est pas toujours vu du bon oeil qu'elle soit si vieille et toujours pas mariée (hello Kimi wa Pet), sans compter qu'en plus elle bosse beaucoup (hello Kimi wa Pet). Mais de façon complètement imprévue, elle va faire la rencontre d'un jeune professeur intérimaire, bien plus jeune qu'elle (hello Kimi wa Pet), au tempérament chaleureux et un peu maladroit (hello Kimi wa Pet).
Toute ressemblance avec une autre série serait purement fortuite (et indétectable).

Pourtant, si Sumire était glaciale et s'était blindée face aux déception de sa vie amoureuse, Satomi est bien différente. Elle est d'un naturel avenant, sociable, et son célibat, elle l'a choisi. Le portrait de la célibataire en 2009 est donc moins accusateur que celui de 2003. On sent que Ohitorisama se veut plus cool sur ce sujet. Et le terme "se veut" n'est pas choisi par hasard, car on sent au fil de l'épisode comme une sorte d'effort pour ne pas rendre Satomi égoïste (la réplique "je n'ai pas à m'occuper de quelqu'un d'autre" donnant tout de même un indice sur ce qui se trame profondément dans la tête des scénaristes), ni trop froide (même si elle devient un peu moins joviale dans la seconde moitié de l'épisode), etc...

Ohitorisama, malgré la bande de joyeux drilles venus de Oniyome Nikki (devant et derrière la caméra), n'a pourtant rien du manifeste féministe, au contraire. On va encore tomber dans l'intrigue amoureuse, flanqué d'un love interest avec 0 en charisme qui plus est. Au programme des réjouissances pour les semaines à venir, on a cette fois une différence d'âge doublée d'un enjeu amoureux au travail.

Ohitorisama
(Eh, zavez vu ? L'école c'est la même que celle dans 14 Sai no Haha !)

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Ohitorisama de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 06:47 - Dorama Chick - Permalien [#]

30-10-09

Souvent femme varie

En regardant un même pilote, je me dis souvent que mon opinion pourrait prendre deux directions : la positive et la négative. C'est surtout vrai pour les séries qui ne sont ni excellentes, ni pourries, un peu au milieu quoi ; et vous l'aurez remarqué, des séries comme ça, chaque rentrée télévisuelle nous en livre une imposante cargaison, quasi-majoritaire dans les grilles. C'est encore plus vrai pour la saison américaine 2009-2010, j'ai envie de dire. Et comme vous allez le voir, il n'y a pas de raison pour que ça ne s'applique pas à la rentrée nippone de cet automne.

Alors voilà un post sur le pilote de Gyne qui emploie deux points de vue : l'un comme si je m'étais levée fraîche comme la rosée, l'autre comme si je m'étais levée du pied gauche. Vous pouvez donc choisir de lire l'un, l'autre, ou les deux, selon votre propre humeur.

Gyne_banner

Un regard positif
Un regard négatif

Dans mon article de cette semaine sur les genres télévisuels au Japon, il y a certains thèmes que je n'ai pas abordés, et la série médicale en est un. Mais c'est normal, puisque les japonais ont des séries médicales ; seul le traitement change à la rigueur. Et Gyne semble avoir appris toutes les bonnes leçons qui étaient à retirer d'Urgences, pour ne citer que celle-là. Avec émotion, on retrouvera par exemple comme point d'entrée un jeune interne avec lequel on n'aura aucun mal à se lier. Pourtant, des pilotes de séries médicales, j'en ai vu, ces derniers mois, de Mental à Three Rivers, de Nurse Jackie à Mercy. Mais c'est résolument Gyne qui a su lui donner de l'âme et de la personnalité, tout en utilisant consciencieusement les codes du genre.
Certaines scènes atteignent parfaitement les objectifs qu'aurait fixé le cahier des charges d'Urgences : scènes tendres, scènes tristes, scènes choc, scènes d'action. On n'est pas dans le superficiel, tout en gardant à l'esprit qu'on est là pour faire de la fiction grand public. Un équilibre impeccable.
De même, l'épisode aborde des thèmes difficiles, et s'engage à chaque fois (et une fois de plus, comme dans 14 Sai no Haha, il est intéressant de constater combien la morale religieuse est absente du débat, permettant un angle nouveau ; l'idée directrice est d'être toujours en faveur du souhait du patient, de ce qui est pratique pour lui et de son confort, et la seule voix pro-life étant marginalisée de facto par le personnage qui l'incarne).
Le pilote de Gyne est aussi tout ce qu'on attend d'un pilote : introductions consciencieuse des personnages-clé, petites pichenettes pour piquer notre curiosité au sujet de leur background, et on s'arrête là. Le pitch promettait une mise à mort judiciaire de la protagoniste principale, mais ce sera vraisemblablement l'affaire de l'épisode suivant. Gyne prend son temps, s'installe, s'étire, se met à l'aise, et le spectateur appréciera cette absence de précipitation, de plus en plus absente des séries américaines, et qui est encore plus louable puisque pour Gyne, le temps est compté. On ne cherche pas à placer les sacro-saints enjeux, on se contente de distribuer les cartes, de vivre dans l'instant présent.
Peinture honnête, me semble-t-il, de l'univers médical, avec ses réunions de service où tout le monde a mieux à faire ailleurs, et où personne n'a rien à dire, son rythme éreintant, ses jalousies entre internes quant à celui qui a le formateur le plus pédagogue, etc... Gyne m'apparait comme une série bien plus en prise avec le réel que Code Blue qui reposait pourtant sur un principe très similaire.
La preuve qu'on peut faire quelque chose de conventionnel tout en le faisant bien.

S'il y a bien une chose que je déteste, c'est quand on me ment sur la marchandise juste dans le but de me faire regarder un pilote. Or (et vous le verrez en suivant les tags), tout portait à croire que le pitch de Gyne porterait plutôt sur le problème de l'erreur médicale ; normalement, la série devait suivre une obstétricienne qui avait fait un choix contestable et se trouvait trainée en Justice par la famille de sa patiente. Eh bien, ne retenez pas votre souffle, parce que dans le pilote, on n'aborde pas le sujet. Oh, si, bien-sûr, on nous introduit timidement l'avocate de l'hôpital, les réunions de service, la hiérarchie mollassonne, le médecin borderline et critiqué... mais ça s'arrête là.
D'ailleurs, ce médecin, il est épouvantablement cliché. Interprété par Norika Fujiwara (vue en meilleure forme dans Oishii Gohan) et ses joues de hamster inexpressif, ce médecin va rester muet, allez, disons 90% du temps. Et je suis gentille. Mal aimable, entêtée, asociale, elle a évidemment tous les travers, mais comme par hasard elle est très compétente, donc tout de suite ça excuse tout. Même de maltraiter son interne (un vibrante hommage à la relation Benton/Carter, d'ailleurs), ou les patients, au nom de ses idées personnelles sur l'avortement ou la pilule. Mais comme c'est l'héroïne, on lui pardonne de faire passer ses valeurs morales avant l'intérêt de ses patients ; on croit rêver.
Au programme du pilote de Gyne, on trouve aussi une bonne louche de bons sentiments, sur des refrains bien connus type "les bébés c'est beau", "les vieilles femmes qui meurent c'est triste", "il faut faire de ton mieux", etc...
Si la réalisation est propre (et je dis bien propre, pas réussie... ça vaut un Code Blue, au mieux), il manque dramatiquement les idées de génie qui permettraient à la série d'avoir son identité propre. C'est blanc, c'est bleu, sans déconner. Comparativement, Three Rivers, c'était de la folie pour les yeux, c'est dire. Quant au casting, il avait visiblement reçu des consignes pour rester dans l'ombre de l'amorphe Fujiwara, qui n'a même pas la bonne idée de cabotiner pour nous divertir ; le résultat est lassant, même si on appréciera au passage l'absence presque tout le long de toute forme d'hystérie. Mais à la limite ça devrait aller sans dire.
Une fois de plus, Gyne présente un univers médical stéréotypé, une série en hôpital de plus. Franchement, on en voit suffisamment pour ne pas avoir besoin d'une nouvelle série, fût-elle courte, pour jouer dans cette catégorie sans aucune forme d'imagination.

Voilà deux avis, à vous de vous faire le vôtre !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Gyne de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:44 - Dorama Chick - Permalien [#]


21-10-09

Samurai no Waltz

Mais où étiez-vous passés ? Je vous ai dit que je voulais vous raconter mon weekend téléphagique, et vous, vous partez avant la fin ? Ah bah bravo la curiosité, hein !
Surtout qu'en vous parlant de Tenchijin comme je m'apprête à le faire, je vais aborder un nouveau genre télévisuel, aussi bien pour vous que pour moi : le jidaigeki (et plus précisément son cas particulier le taiga).

Tenchijin

Je dois dire que, jusqu'à présent, j'entretenais une relation à la fois de fascination et de méfiance vis-à-vis des séries en costumes made in Japan. Pour ce qui est de la méfiance, elle est à mettre au compte de mon aversion pour les séries historiques en général, quelle que soit leur provenance, The Tudors (et dans une moindre mesure Rome) m'ayant sortie de ma démarche habituelle, qui consistait à voir qu'il y avait une série historique, à constater qu'elle avait l'air très bien foutue, et à faire un détour scrupuleux pour l'éviter soigneusement.
Pour ce qui est de la fascination, elle est le cas particulier de mon admiration envers la capacité qu'on les Japonais à mettre leur passé au présent. Littérature, musique, télévision... ils cultivent leur culture en plus de leur capacité à piocher dans celle des autres pour souvent panacher le tout, et ça ne les choque pas d'utiliser des trucs qui ont des siècles pour divertir le public (tous les publics, d'ailleurs) aujourd'hui. Je prends toujours un exemple musical pour expliquer l'objet de mon enthousiasme à ce sujet. Prenez une chanson récente... mettons, Starlight Waltz. On y trouve 2 DJ electro, une chanteuse de bossa nova, et des arrangements à grand renfort de folklore d'Okinawa. C'est magique ! Si, absolument, c'est magique et je le prouve : c'était quand la dernière fois qu'un artiste français s'est pris à mixer des musiques actuelles avec des airs de bourrée ou avec des gros morceaux de biniou dedans ? CQFD. En France, notre patrimoine historique ne fait ses apparitions dans les sphères télévisuelle ou musicale que lorsqu'on veut brandir l'étendard de la culture. Mais dans la popculture, point, et le divertissement encore moins.

Et Tenchijin ne déroge pas à la règle. Ce n'est pas un casting de vieux croûtons ou d'acteurs sur le retour qu'on y trouve : Satoshi Tsumabuki (Orange Days, Lunch no Joou), Hiroshi Abe (Shiroi Haru), Misako Tanaka (14 Sai no Haha, Aishiteru ~Kaiyou~)... il ya du beau monde, de l'acteur aimé, de l'acteur primé. Bref, quand la NHK a lancé ce projet, elle n'a pas fait ses petites affaires dans son coin pour fournir à trois mémés leur lot de dorama historique habituel, non, la chaîne à pensé à tout le monde, parce que la série historique, ça ne doit jamais être barbant, sinon on a manqué son objectif. Bah désolée, moi, ce genre de démarches, ça me fait palpiter le cœur. Et pendant ce temps, d'aucuns se gargarisent d'exception culturelle...

Alors, bon, après, sortie de ses bonnes intentions, Tenchijin reste (du moins je l'imagine, c'était ma première série du genre) assez conventionnelle. Mais cependant, pas chiante. Bon, juste un peu longue... le pilote d'1h15, personnellement je l'ai senti passer (pis ma cagoule aussi parce que punaise, à 1,35 Go la bestiole...). Je vous trompe pas sur la marchandise, vous voyez.
Mais pas un instant je n'ai eu d'envie suicidaire. Beaucoup des acteurs sont bons (les Japonais ont juste un problème récurrent avec leurs enfants-acteurs, je pense que ce fait est dû à la nature-même de leur industrie télévisuelle, mais en-dehors de ça rien à redire), ce n'était pas filmé à la va-vite, les costumes sont ce qu'on en attend, bref, c'est de la bonne fresque historique.

Et puis, en dépit de son conventionnalisme, Tenchijin reste divertissant, et c'est ce que j'ai envie de considérer comme essentiel. Exacte ou pas sur la réalité historique (et personnellement je considère que ce n'est pas un prérequis), la série présente des personnages solides, je pense par exemple à celui de Hiroshi Abe qui tient très bien la route : c'est un homme de son temps, guerrier et un peu ombrageux, mais en même temps un homme avec des principes et une certaine rigueur morale. La série retraçant son histoire, on s'attend aussi à ce que le personnage du samurai Naoe prenne de la profondeur avec le temps, puisque la série commence alors que le personnage a 5 ans, et que son initiation aux règles de vie des samurai va se faire en parallèle de la construction de son amitié avec son jeune maître.

Tenchijin, avec son cast impressionnant (help ! par où commencer ?), son ambition de retracer plusieurs décennies de la vie de son samurai de héros, et sa distance (car cela reste factuel, on ne cherche pas à démontrer quoi que ce soit ni grandir un personnage), est la définition-même de la fresque historique télévisuelle.
Je soupçonne qu'il y en ait eu d'autres aussi bonnes avant.
Mais j'ai tendance à penser que ça mérite tout de même 1h15 d'attention, quitte, comme j'ai choisi de le faire, à ne pas y consacrer plus de temps ensuite ; il faut dire que 47 épisodes, c'est beaucoup pour l'allergique à la fiction historique que je continue d'être. Mais vous le voyez, je me soigne.

Et pour ceux qui manquent cruellement d'hommes aux cheveux longs : la fiche Tenchijin de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Dorama Chick - Permalien [#]

20-10-09

Il n'y a pas de plan B

Ah, vous revoilà ! Ça tombe bien, je n'avais pas fini de vous raconter mon weekend. Ce soir je vais vous glisser un mot sur Cat Street, une série au nom un peu étrange, d'ailleurs je n'ai pas très bien compris d'où lui venait ce titre. En général, les titres de séries sont (volontairement) transparents, même pour les titres japonais qui, bien que témoignant d'une démarche un peu différente des séries occidentales, restent cohérents avec le contenu de la série elle-même.

Quelque chose qui m'a frappée à propos de Cat Street, c'est d'abord son actrice principale. Si vous avez vu 14 Sai no Haha (il n'est pas trop tard pour bien faire, les amis...), vous connaissez sans doute Mitsuki Tanimura qui y a interprété le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société.
Je vous le donne en mille : dans Cat Street, Mitsuki Tanimura interprète le rôle d'une jeune fille brisée par un évènement passé dont elle n'a pas encore cicatrisé, et qui reste en marge de la société. Typecasting quand tu nous tiens...!

Mais ici, l'héroïne Keito a vraiment, vraiment morflé. Son choc à elle s'est déroulé à l'âge de 10 ans, c'est sans doute une explication. Mortellement blessée par l'univers du show business, sa vie s'est arrêtée comme une montre défectueuse. Pourtant tout lui souriait, à Keito : elle avait du talent, une maman qui l'encourageait, et l'opportunité unique d'entrer dans la troupe d'une grande comédie musicale, dans le rôle principal. Le hic, c'est que personne ne l'avait préparée à la froideur, voire la brutalité, de ce monde. Et les blessures d'amour propre peuvent y être mortelles...

Le talent de Cat Street ce n'est pas de déposer un dossier à charge contre le monde du show business et ses travers. En définitive, il est probable que, d'ailleurs, Keito aurait été blessée par le même comportement dans d'autres circonstances. Non, Cat Street s'avère avoir l'œil quand il s'agit de dépeindre une personnalité brisée.
C'est comme si le cœur de Keito s'était arrêté de battre ce soir-là et n'avait jamais repris le mouvement en 7 ans ; la série retranscrit formidablement ce qu'on peut ressentir à la fois de colère et de vide après un traumatisme (fût-il jugé bénin par l'entourage), c'est même impressionnant de donner autant de corps à ce sujet. Franchement, chapeau.

Mais Cat Street, c'est avant tout une histoire de renaissance, puisque Keito va être "récupérée" par un proviseur qui, par hasard, tombant sur elle, essaye de la rescolariser, puisqu'elle a totalement arrêté d'aller en cours depuis l'incident qui l'a bouleversée. Ce serait d'ailleurs bien que dans les épisodes prochains (même si je sens bien que ce n'est pas le sujet) on approfondisse un peu cette histoire de lycée alternatif, parce qu'il y a un sujet par-là, quelque chose que j'aimerais pourvoir approfondir. Mais soit. Donc ce lycée permet à des élèves sortis du système scolaire de ne pas tout-à-fait sortir de la société, et d'avoir une chance de compléter leurs études, même si c'est à leur rythme et sans la moindre contrainte (franchement on se demande comment ça peut marcher, moi je demande à voir). Et en fait, les élèves ne sont pas vraiment de grands marginaux, si on regarde bien : il y a celle qui est partie parce qu'elle refusait l'uniforme (qu'elle ressentait comme une négation d'elle-même), il y a celui qui bégaye (ouais, et ça suffit pour se faire sortir du terrain de jeu scolaire, apparemment), il y a aussi celui n'est pas à l'aise en société et préfère la compagnie des ordinateurs (la geekette qui rédige sont post à 23h30 compatit). Vous le voyez, ce ne sont pas des délinquants juvéniles, on est loin de l'école de la dernière chance type Cœurs Rebelles, Cat Street détruit juste le mythe de l'école unique. Tous les élèves ne peuvent pas rentrer dans le moule, mais le système s'en fiche et les expulse. Je vous le dis, cette thématique mérite d'être approfondie.

Bon, hormis les bases du pitch, en fait, on sent que Cat Street a tout de même de grandes chances de se présenter comme une énième série sur l'amitié juvénile, Orange Days mais avec des autistes de la vie au lieu d'une sourde si vous voulez, un petit hymne à la liberté d'être soi (mais pas chanté trop fort), et je ne demande qu'à être surprise mais je pense qu'il n'y a pas lieu de placer mes espoirs trop hauts.
Mais bon, franchement, rien que ces quelques axes donnent une saveur certaine à Cat Street, un petit anticonformisme pas trop remuant qui permet de se sentir un peu hors du monde sans vraiment prendre la porte, et ça suffit aussi, dans le fond. A tous ceux qui avaient un rêve, et qui n'ont pas pu le réaliser, et qui n'avaient pas de plan B, Cat Street permettra de donner un peu d'espoir, et une série qui part du négatif pour aller vers le positif avec candeur, finalement, ça ne se refuse pas, par les temps qui courent.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Cat Street de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:50 - Dorama Chick - Permalien [#]

29-08-09

Carte postale

PostSecret

Finalement, j'en viens à la conclusion que la téléphagie, ça ne se commande pas.

Je voulais absolument me trouver une série à dévorer cet été, et je vous proposais de m'aider à choisir. Je m'était fixée sur une série, et ne manquait plus que le passage à l'acte.

Mais alors, je ne sais plus trop comment, je me suis trouvée happée par un tourbillon de séries japonaises, et puis, bon, du coup le reste est un peu passé à l'as. Ce n'est ni une bonne, ni une mauvaise chose, d'ailleurs ; c'est juste que ça s'est passé comme ça.

Depuis, le cœur tordu devant 14 Sai no Haha, Kaze no Garden ou Aishiteru ~Kaiyou~, riant aux éclats devant Seigi no Mikata, et mangeant des M&M's devant BOSS (c'est là mon Top 5, en passant), j'ai mis de côté mes découvertes ou redécouvertes américaines. N'allez pas croire cependant que cette orgie a complètement shunté la fiction américaine.

Car à ma plus grande surprise, ces quinze derniers jours, j'ai aussi trouvé du temps pour m'enfiler tous les épisodes ultimes d'Urgences diffusés pendant cette période (ça doit faire 5 ou 6 épisodes, en tout, non ?), j'ai continué à regarder Drop Dead Diva (même si je n'ai aucune idée de pourquoi), je me suis même laissée aller à 1 Monk ici et 1 Chuck là. Preuve que ma dévotion envers le Japon n'a rien eu pendant cette période d'exclusive.

En toute sincérité, je pense que j'en ai encore pour quelques temps comme ça, deux, trois semaines peut-être, avec une consommation aussi effrénée. Ce n'est pas trop m'avancer que de dire que plus la rentrée américaine approchera, plus elle aura mon attention (surtout qu'elle commence avant le gros de la rentrée japonaise), à plus forte raison parce que j'ai soigneusement évité 99% des trailers pour les nouveautés de la saison.

En fait, c'est même complètement la raison pour laquelle je suis dans cette phase en ce moment, si on réfléchit bien. Car vu le taux d'annulation de la saison dernière, ce qui se joue en septembre aux USA, c'est un peu l'intégralité de ma saison, puisqu'en dehors de Better Off Ted, je ne suis pas spécialement fan des séries qui reviennent cette saison. Ou alors j'ai une grosse amnésie, mais bon.

Et comme justement, ce n'est pas sur la fiction japonaise qu'il faut compter pour du long terme dans la majeure partie des cas, mon attention va être soutenue envers la rentrée US, sans pour autant me lamenter à attendre qu'elle soit enfin lancée. Une attention que je crains justement d'être trop soutenue, car ça risque de m'influencer dans mon opinion que de savoir que je n'ai plus de série fétiche à l'antenne, dans un sens comme dans l'autre puisqu'il sera possible que je me dise aussi bien "pff, ça vaut pas Pushing Daisies" que "woah, une nouvelle série à encenser, je n'attendais que ça". C'est à double tranchant, mais c'est de toute évidence ma dynamique de la rentrée. Ce sera un vrai challenge que cette nouvelle saison où je n'ai à fêter le retour de personne en particulier (le feu pour Brothers & Sisters s'était apaisé... faut dire que j'ai lâché en cours de 3e saison, je sais plus trop pourquoi d'ailleurs ?).

Alors bon, disons que jusqu'à la fin de l'été, ma téléphagie a pris des vacances, qu'elle a fait ses valises pour le Japon, qu'elle revient bientôt mais qu'elle va continuer à donner des nouvelles.
Dans ce contexte, je peux comprendre que ses carnets de voyage n'intéressent pas tout le monde (bien que je le regrette), mais si ça peut vous rassurer, les choses vous se rééquilibrer d'ici quelques semaines, mécaniquement.

Par contre, j'espère bien me désintoxiquer de Drop Dead Diva parce que ça m'inquiète. Je ne sais pas comment j'ai chopé ça, en buvant de l'eau du robinet peut-être, mais j'espère que ça va s'arrêter à un moment...

Posté par ladyteruki à 21:30 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

26-08-09

Mieux vaut un petit chez soi...

Aujourd'hui, ce n'est pas la téléphage qui vous parle. C'est l'amoureuse des appartements. Eh oui dans ma vie j'ai une autre passion, c'est voir les logements des autres. On psychanalysera ça une autre fois.
Et je dois dire que ces deux dernières semaines notamment, j'ai été frappée par le charme fou des logements japonais tels que dépeints dans les séries. Alors hop, petite visite des lieux. Si Melrose Place peut le faire, pourquoi pas moi avec des dorama ?

Évidemment, il y a le truc auxquels on pense tous, gavés de stéréotypes que nous sommes, c'est la table au ras du sol auprès de laquelle on s'assied sur les genoux jusqu'à ce que mort du tibia s'en suive. Je ne conteste pas, ça existe.

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1 Rittoru no Namida (avouez, vous avez tout de suite pensé à ça quand j'ai parlé de logement japonais)

Appart_Tradi2
Seigi no Mikata (et encore, il y a sur la gauche les meubles occidentaux de la grande sœur qui donnent déjà du cachet)

Mais ce n'est finalement pas le plus courant, et c'est, en fait, de là que vient parfois l'ennui. Il faut dire que beaucoup de décors d'intérieur dans les fictions japonaises sont atteints du syndrome du "parquet ciré", genre la jolie maison avec les canapés au carré et le sol impeccablement nu. Bon, c'est un style, hein ? Mais c'est triste comme un jour sans riz.

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Aishiteru ~Kaiyou~ (il est pas ciré mon parquet ? Le Japon envisage de proclamer que son drapeau sera désormais bois-blanc-beige...)

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14 Sai no Haha (le cliché de la chambre d'adolescente rangée méticuleusement est tout un poème à lui seul)

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Katagoshi no Koibito (il ne s'agirait pas que les coussins soient en vrac, Dieu nous en préserve. Attention, du rose anticonformiste s'est glissé dans cette image)

Le genre d'endroit où mon père rêve de vivre, où on repère le moindre cheveu qui traine à 500km à la ronde.

Mais attendez, il y a pire... au syndrome du "parquet ciré" s'ajoute souvent la blanchite aiguë. Tout est blanc ! Plus blanc que blanc, même ! Du blanc où que le regard se porte !

Appart_Blanc2
At Home Dad (parce que le blanc, c'était pas assez, il faut aussi ajouter l'effet inox)

Appart_Blanc1
Seigi no Mikata (avec les incendies et les vampires, c'est le genre de truc qui me donne des sueurs froides la nuit)

Appart_Blanc3
Seigi no Mikata (le salut vient à grand'peine des rideaux ; oui, les Japonais se meublent tous chez Ikéa, pourquoi cette question ?)

Quand on vit dans ce genre d'endroit, on doit avoir l'impression de vivre dans un laboratoire ! Mon cauchemar... Ya quand même des fois où avoir une Valérie Damidot sous la main ne ferait pas de mal à tout ce beau monde. Chais pas, du bleu, du vert, du prune, de l'orange, n'importe quoi mais faut arrêter avec le blanc hôpital !

Mais l'espoir est venu des appartements de célibataires, en fait. Car les logements ci-dessus ont la curieuse caractéristique commune d'être dédiés à une famille ou, au mieux, un couple. Mais prenez une célibataire japonaise, et tout de suite, elle donne de la personnalité à son appartement.

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Kimi wa Pet (je vous l'accorde, c'est plutôt blanc, mais cette mezzanine c'est de l'or en barre !)

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Zettai Kareshi (j'adore l'impression de bordel girly qui en ressort... et l'agencement des pièces est sympa, aussi... 'me ferais bien ça en Sims)

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Katagoshi no Koibito (alors là c'est juste le living de mes rêves, tout va bien ; ya juste la couleur du canapé à changer)

Je suis amoureuse, mais alors amoureuse de chez amoureuse, de la maison meublée quasi-uniquement avec du fer forgé de Katagoshi no Koibito. Allez, on en remet une couche.

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L'entrée toute de vert vêtue, avec une impression de fraîcheur accueillante.

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Une vue de la cuisine dont on jurerait qu'en fait c'est l'atelier d'un jardinier.

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La terrasse rappelle (en plus fournie) celle de Will & Grace (appartement dont j'ai déjà chanté les louanges, suivez l'tag).

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Mais non, c'est pas (que) pour la télé que j'ai pris la capture, zavez repéré la cheminée sur la droite ?

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Vue depuis le lit de la salle de bains, agencée façon véranda. Priceless.

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Allez, pour finir, une vue d'ensemble de la pièce principale ; on appréciera l'impression de luminosité pas agressive qui en ressort. Je n'ai pas la main verte mais je suis sûre que de toutes façons la plupart des plantes sont en plastique, donc ce serait jouable.

Voilà, c'était pas grand'chose, mais je voulais tout de même partager avec vous mes découvertes immobilières, même si certaines (notamment la dernière) sont très irréalistes au regard des surfaces habituellement en vigueur dans les métropoles nippones.
La prochaine fois, si vous voulez, on causera architecture, parce que j'ai aussi eu le temps de repérer deux/trois immeubles qui méritent le coup d'œil...

Posté par ladyteruki à 04:59 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

17-08-09

Best of both worlds

Toute la semaine, j'ai eu l'impression de découvrir la fiction japonaise ; ça fait pourtant quelques années que j'en regarde occasionnellement, mais jamais de façon aussi intensive que ces derniers jours. Tout a commencé avec Futatsu no Spica la semaine précédente, en parallèle de l'annonce sur le lancement à l'automne du dorama Shoukoujo Seira. Et bizarrement ça a suffi à allumer la mèche.

Un bref bilan sur ce qui a suivi :
- 11 épisodes de 14 Sai no Haha
- 4 épisodes d'Aishiteru ~Kayou~
- 3 épisodes de Kaze no Garden
- 1 rediff de 1 Rittoru no Namida
- 1 pilote pour At Home Dad
- 1 pilote pour Oniyome Nikki
- 1 pilote pour Mei-chan no Shitsuji
- 1 pilote pour Seigi no Mikata
- 1 pilote pour Maid Deka
- 1 pilote pour Kimi wa Pet
- 1 pilote pour Ryoukiteki na Kanojo
- 1 pilote pour Tokyo Friends

L'heure est donc à l'accalmie, du moins juste le temps de prendre un peu de recul.

La fiction nippone soutient-elle la comparaison avec sa consœur américaine ?
On est tenté de se poser la question, parce que de toutes façons, la comparaison, on la fait inévitablement. Sur des aspects techniques mais aussi scénaristiques, sans compter le jeu des acteurs.

Concernant la comédie, le Japon déçoit puisque les siennes ne tirent parti que de grosses ficelles, appuyées par une musique caricaturale (on arguera que ça remplace les rires forcés du public et/ou enregistrés). On est dans un comique de situation reposant souvent sur un jeu physique déluré, plutôt que sur des saillies brillantes.
Concernant les séries que j'ai envie de qualifier d'intervention (policier, médical), on reste beaucoup plus dans les sentiers battus, et c'est alors à double tranchant de constater à quel point les deux pays œuvrent sur le même registre, je pense notamment à Code Blue et BOSS. Parfois ces séries se mâtinent-elles d'aspects empruntés, pourrait-on dire, au séries sentai et à l'animation, auquel cas elles deviennent plus typiquement japonaises (à leurs risques et périls car il s'agit de genres eux aussi particuliers).

Concernant les séries dramatiques, c'est plus compliqué. Les dorama dramatiques japonais ne font pas les choses à moitié, quitte, il est vrai, à verser intégralement dans le pathos, sans laisser au spectateur le répit d'une série américaine, qui a tendance à ménager des espaces plus légers, en quête d'un équilibre. Mais globalement, dans son exploration de l'âme humaine, le dorama est tout de même plus impressionnant, et tient la dragée haute à son homologue américain. Il s'en dégage une sensibilité presque pas feinte, souvent perdue chez la concurrence US qui est légèrement plus superficielle dans son approche. Le regard nippon est plus pertinent, plus nuancé sur l'être humain ; il permet de mettre véritablement les personnages au cœur de l'intrigue, et non de décliner l'intrigue autour des personnages, ce qui représente une énorme différence. Une spécificité due à leur structure, également, le leur permet : les rebondissements n'ont pas besoin d'être inventés afin de perdurer le show ; se concentrant sur une histoire relativement courte, en l'épuisant et en la laissant mourir une fois que c'est fait, on n'a pas besoin de surenchère dans les intrigues. Voilà qui permet d'éviter de se perdre, et laisse la priorité à la pertinence sur le divertissement. Sur les thèmes abordés, on a le sentiment que la diversité est tout de même plus facilement portée par la série américaine (reflet d'une société probablement). Si les pitches japonais apportent du changement à ce que l'Occident nous offre en général, entre elles, les séries nippones conservent de nombreux points communs, dont la caractéristique est de rester très proche du vécu de ses spectateurs ; on ne s'y offre que rarement des destins incroyables (polygame), des vocations spectaculaires (intervenant auprès d'alcooliques et drogués), des univers inconnus (prison), on est dans le réel, un réel que tout le monde peut appréhender. Le respect souvent trop strict, ou en tous cas récurrent, d'un certain nombre de codes, ne se retrouve pas autant aux Etats-Unis, où on s'est affranchi d'un certain nombre d'entre eux (y rendant le stéréotype plus condamnable encore, cela dit).

La question sous-jacente, c'est de savoir si un spectateur occidental, a priori habitué aux séries américaines, peut tenter le défi de regarder un dorama nippon et de s'en éprendre. Ce ne sera probablement réservé qu'à des téléphages capables d'entrer dans une culture différente, et une culture télévisuelle différente. Je pense cependant que les vrais téléphages (par opposition au spectateur dont ce n'est pas la passion) ont déjà cette compétence en eux, celle de s'imprégner d'un univers différent et s'y adapter. Il n'y a pas de raison pour qu'un téléphage passionné ne trouve pas au moins un dorama à son goût.

C'est aussi la raison pour laquelle j'ai envoyé tant de fiches de séries nippones à SeriesLive ces derniers temps : il ne faut pas opérer de scission inutile entre les fictions de ces deux pays. La différence se fait par la diffusion, c'est évident, puisqu'il est plus facile de voir une série américaine, soit à la télé soit par voie de cagoulage (que la langue rend également plus accessible), mais pour le reste, j'aimerais vraiment que le web téléphagique comprenne que le dorama n'est pas un parent pauvre à snober. Donc à mon échelle...

J'invite donc tous les amateurs de séries qui ne sont pas habitués aux fictions japonaises à regarder le pilote de 14 Sai no Haha ou Aishiteru, pour ne citer qu'eux, et à venir me dire sincèrement ce qu'ils en ont pensé. Je suis sûre que ces séries-là dépassent largement le clivage habituel entre les amateurs de culture nippone et les autres.
C'est ça aussi, l'intérêt d'avoir deux écrans !

Posté par ladyteruki à 21:31 - Dorama Chick - Permalien [#]


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