ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

31-05-10

100 things I hate about you

Un nouveau pilote devrait toujours être l'occasion de se réjouir. Comme pour les mariages ou les baptêmes, ce devrait être une sorte de célébration inconditionnelle d'un commencement prometteur. Un pilote qui apparait, c'est une série qui commence, plein de perspectives d'avenir téléphagique, en somme, l'espoir. Rien n'est plus beau qu'un pilote.
Alors quand un pilote est épouvantablement ennuyeux, et qu'il ne laisse que très peu d'espoir sur ce qu'on peut espérer, ça vous plombe le moral comme rien.

100 Questions est de ceux-là, et dans ce genre de circonstances, on ne se pose pas la question de savoir si on devrait donner sa chance à la série plus longtemps, parce que tout est dit.

Sur le principe pourtant, il y avait moyen de faire quelque chose de vaguement original. 100 Questions explore la vie amoureuse de son personnage principal, Charlotte Payne, à travers... eh bien, 100 questions, c'est comme le Port-Salut. Et le pilote commence effectivement comme ça : Charlotte vient de s'inscrire dans une agence de rencontres et doit donc répondre à 100 questions qui lui permettront d'établir un profil et ainsi trouver l'âme sœur parfaite. On avait un peu l'impression que ce pitch présentait quelques ressemblances avec celui de The Ex-List, mais ça pouvait éventuellement marcher quand même. Mais voilà : chaque question correspond en fait, on va vite s'en apercevoir, à un seul passage de sa vie. Du coup, l'épisode est un immense flashback de 20 minutes, l'entretien avec l'employé de l'agence de rencontres servant essentiellement à faire semblant d'articuler le récit, mais n'apparaissant qu'au début et à la fin de l'épisode. Bref, c'est un ingrédient remisé au rang de pur gadget, alors que c'était au contraire intéressant d'essayer de l'exploiter.

Le problème principal de 100 Questions, c'est sa forme extrêmement conventionnelle. On a l'impression de pouvoir lire dans les pensées des scénaristes : ils écrivaient des sitcoms dans les années 90, et maintenant ils savent qu'ils ne peuvent plus employer les mêmes recettes, alors ils essayent de trouver un ressort du même genre que celui de How I met your mother pour essayer d'avoir l'air original sans trop se creuser.

Je ne sais pas, on aurait pu imaginer quelque chose de moins linéaire. Plutôt que de prendre UN exemple pour répondre à la première question, Charlotte pourrait brasser les souvenirs de plusieurs expériences amoureuses passées. J'ai en tête la façon qu'avait Titus de sortir des flashbacks venant d'époques différentes dans la vie des personnages, et c'était admirablement dynamique et original. Quand le gag était moyen (car il n'y avait pas de mauvais gag dans Titus), le rythme compensait en attendant que la réplique suivante déchire. Le rythme, les enfants, le rythme c'est la clé de tout en humour ! Je vous le disais encore à l'occasion de 30 Rock : quand on a le rythme, on peut même se permettre de se passer d'hilarité pendant quelques minutes ! Ainsi, l'entretien avec le service de rencontres aurait été mieux mis en valeur parce qu'il aurait fait l'objet d'un véritable dialogue.

Et d'ailleurs, ce dialogue aurait permis autre chose : que Charlotte prenne du recul sur sa vie amoureuse. Là, l'effet flashback ne donne qu'une lecture basique des évènements calamiteux dont elle parle, alors qu'en intercalant plus régulièrement des réactions de Charlotte dans le présent, on aurait pu jouer sur un humour un peu auto-dépréciatif permettant de nuancer la mine effondrée de Charlotte pendant l'incident dont elle parle. Plutôt que d'avoir l'air d'être catastrophée et désolée, Charlotte aurait été drôle par elle-même, pas juste par ce qu'elle subit. Mais le fait de l'empêcher de parler de son histoire amoureuse, et de laisser la caméra le faire avec un point de vue neutre, empêche Charlotte de se livrer à une véritable mise à nu devant son interlocuteur, et donc devant nous.
Mais ce que les scénaristes n'ont pas compris, c'est que pour plaindre une belle et riche anglaise vivant à New York, il faut au minimum qu'on compatisse avec elle...

Trop conventionnel, l'épisode manque plusieurs fois sa cible. On finit par ne plus du tout s'intéresser à ce qui se dit, parce que c'est mal dit et qu'on ne cherche pas à nous y intéresser sincèrement de toute façon. Comme beaucoup de sitcoms (et c'est la raison pour laquelle j'ai de plus en plus de mal avec les sitcoms, et préfère les dramédies en single camera), on suit le cahier des charges mais on reste dans le superficiel. L'humour exige à mon sens un peu plus.

Du coup, quand ni le fond ni la forme ne sont convaincants, en désespoir de cause, on se tourne vers l'interprétation. Acteurs, aidez-moi ! J'aimerais avoir quelque chose de gentil ou, disons, au moins, de pas trop mal-aimable sur votre série, mais je vais avoir besoin d'un coup de main ! Hélas, les acteurs ne brillent pas non plus par leur talent. Ils y croient autant que nous, je pense. Ils ne se font pas d'illusions, probablement. C'est en tous cas le sentiment qu'on a en les voyant vaguement faire les pitres. Ou bien, ils sont vraiment mauvais, c'est possible aussi.

Mais si les acteurs sont éventuellement mauvais individuellement, le cast fonctionne aussi très mal en groupe. En plus !

100ThingsIHateaboutyou

On a un peu l'impression que dés cet épisode, on cherche à nous construire un univers à la Friends. Sauf qu'on veut nous servir un Friends de 2004, pas un Friends de 1994. En 2004 on connaissait tous les personnages, on s'était installés dans leurs vies, leurs obsessions, leurs travers et tout ça. Mais 100 Questions a oublié que pour en arriver là, il fallait installer les personnages. Or ici, on ne présente que Charlotte Payne, et le reste du cast joue les amuseurs mais n'a pas d'existence propre. Tout-au-plus lancera-t-on en fin d'épisode un vague love interest à l'intérieur du groupe d'amis, ce qui ne se fait surtout jamais à la fin d'un pilote ! Dans l'appartement de Charlotte, les uns et les autres entrent, sortent, se réunissent, passent des soirées à rire et boire, mais qui sont-ils ? On n'en sait rien, pour ainsi dire. Ils restent de fantomatiques faire-valoir pour Charlotte qui, elle-même, ne déborde pas de charisme.

Je dois à la vérité d'ajouter que la première anecdote de Charlotte est extrêmement mal choisie. La question, "qu'est-ce qui vous a amenée ici ?", est naturelle et tombe sous le sens, mais la réponse manque franchement d'intérêt. Si Charlotte s'est inscrite à ce service de rencontres, c'est après une ultime mauvaise expérience. Autant dire que cette mauvaise expérience aurait pu être n'importe quoi, c'était ouvert ! Mais là, la situation dans laquelle Charlotte se met la présente sous un angle piteux, voire fade. Elle fait une bourde et va passer une bonne partie de l'épisode à s'en plaindre et/ou s'en excuser. Le gag le plus drôle (et c'est dire) se déroule même pendant son sommeil ! La pauvre Charlotte semble destinée à n'avoir aucun intérêt. Ce qui est très emmerdant, parce qu'aucun de ses amis ne peut prendre sa place devant l'écran (ce qu'on appelle le syndrome Jack-&-Karen) en cas de coup de mou.

Le plus incroyable c'est que 100 Questions, comme son nom persiste à l'indiquer, espère poser à Charlotte pas moins de 100 questions, à raison d'une question par épisode, soit un total de 5 saisons. Eh bah yen a qui doutent de rien.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche 100 Questions de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 13:24 - Review vers le futur - Permalien [#]

16-03-10

Tout le monde en parle

Un site d'information qui propose des billets d'humeur. Un blog personnel qui propose des news. Les frontières entre l'information téléphagique et la subjectivité sont floues et plus personne ne cherche vraiment à rester sagement de son côté de la barrière. Il n'y a probablement jamais eu de barrière, en fait, juste, peut-être, éventuellement, des lignes un peu mieux dessinées au sol, mais pas respectées pour autant.
Et il n'y a, sur le principe, pas de problème avec ça.

Pourtant, parfois, certaines manifestations de ce fonctionnement me dérangent, juste un chouïa.
Et si j'y ai repensé récemment, c'est à l'occasion d'un post somme toute fort innocent d'une image de promo pour la série 100 Questions.

Voilà une série qui ne sera pas diffusée avant la fin mai, mais qui a commencé très en amont son opération de promotion, bien que sans grand panache. La photo de promo, en particulier, est sortie très tôt, et a été employée par un peu tout le monde (sauf certains qui avaient trouvé le moyen de faire main basse sur une capture du pilote).
Je n'ai d'ailleurs pas failli à la règle puisque, cherchant à compléter, à mes heures perdues (si-si, j'en ai encore quelques unes en dépit des dorama, des films... bref de tous les ajouts à mon calendrier téléphagique qui évolue en permanence depuis quelques mois), les fiches de SeriesLive, j'avais également ajouté cette photo de promo sur la fiche correspondante (parce qu'il faut le dire, sur la fiche de Better Off Ted, par exemple, ça n'aurait pas eu beaucoup de sens).
C'était en novembre, la date d'enregistrement du jpg sur mon ordinateur faisant foi (bon j'avoue tout, ok : sur l'ordinateur du boulot. Vous êtes qui, la police ?!).

Alors, où est le problème ? Bah ya pas vraiment de problème, c'est juste que quand, le 15 Mars, un site (mêlant déjà information objective et reviews subjectives) poste ladite photo de promo, avec pour seule légende "100 Questions - photo de promo", on pourrait être tenté de penser que, oui, la photo de promo vient de sortir. Que c'est de l'information.
Mais ça n'en est pas, précisément parce que la photo circule depuis des mois partout.

Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on peut légitimement penser que la personne, écrivant pour le site en question, s'est piquée de faire une recherche sur les séries à venir prochainement sur les écrans américains (c'est son droit le plus strict, si ce n'est, même, un devoir en tant que rédacteur pour un site faisant, entre autres, de l'information sur les séries). Ladite personne est tombée sur la photo, elle s'est dit : ah, bien, je vais la poster. On imagine.
Mais ce faisant, elle n'a pas informé (volontairement ou pas, c'est pas le sujet), elle a juste remis dans l'actualité une photo qui circule depuis des mois et des mois (et qu'est même pas spécialement jolie avec tout ça). Finalement, ce qu'elle a fait relève de la promo, en fait.

Il ne s'agit pas de dire que la photo promotionnelle vient de sortir (bon on n'est pas à la minute, si la photo datait d'une semaine ou deux, je n'aurais pas tiqué), juste de la publier sur exactement le même mode qu'une information récente, comme l'ont été avant elle sur exactement le même mode les photos promotionnelles des nouvelles saisons de Nurse Jackie ou United States of Tara. Qui, pour le coup, relevaient de l'information la plus pure et la plus réactive possible.
Comme ce site est coutumier de billets et reviews plus personnelles, je ne devrais pas être surprise outre mesure, mais la publication de cette photo promo de 100 Questions n'était accompagnée d'aucun commentaire ("bouh c'est pas original"/"j'adore cette photo"/etc...) laissant penser que le rédacteur officiait à titre plus personnel.

Mais du coup, voilà : cet acte si anodin a réveillé chez moi quelques interrogations profondément enfouies sur la limite entre le moment où nous faisons de l'information (exemple : quand je présente les nouveautés de la rentrée japonaise...) et quand nous faisons de la promotion (exemple : quand je glisse Better Off Ted dans un post qui n'a rien à voir avec la choucroute).

DefenseDafficher

A quel moment, par le simple fait de tenir un site ou un blog, commençons-nous à faire le jeu d'une certaine promotion (fut-elle minime) autour des séries dont nous parlons ?
Quand nous mentionnons une série sans raison immédiate et/ou apparente ? Quand notre review d'un épisode ou d'une série est positive ? Quand nous nous faisons le relai de la moindre broutille relative à une série qui a toute notre attention ?

C'est une question qui a son importance car ces actions ne sont jamais sans résultat sur le lecteur. Quand la chaîne ou la prod sort une info, puis une seconde, puis une troisième sur Glee, c'est déjà de la promotion. Alors forcément, quand par exemple moi, je parle d'une série donnée dans trois posts consécutifs, vous ne pouvez pas ne pas le remarquer. Et quand un rédacteur d'un site d'information consacre un post à la photo de promo d'une série, eh bien, on ne peut pas ne pas le remarquer non plus, et même si, à l'inverse de moi, vous n'y avez pas repensé ensuite, eh bien vous avez quand même encore entendu parler de 100 Questions et cela participe à la création d'une petite partie de votre cerveau qui se rappelle l'existence de cette série, et de son arrivée prochaine à la télévision américaine ; a contrario d'autres séries dont la photo de promo est sortie aussi, parfois un peu plus qu'une, comme ici dans le cas de Miami Medical, peut-être depuis au moins novembre aussi, et qui n'ont pas les faveurs d'un post ou d'une news, et dont vous n'avez même pas souvenir que la série va débarquer, du coup.

Ce n'est pas grave, en soi, évidemment. C'est juste une fois de plus où la limite se brouille.
Et une fois où on joue, un petit peu, avec notre perception de ce qui se passe dans le monde des séries. Je n'ai rien contre 100 Questions, et je n'ai pas non plus de biais positif envers Miami Medical. Mais d'un autre côté, il m'apparait un peu trop souvent à mon goût que les relais d'information semblent avoir, de leur côté, une mémoire tristement sélective sur les séries pouvant faire l'objet d'une mention, voire d'une news, soyons fous. Et du coup, vous, vous avez entendu parler une fois de plus de 100 Questions... y compris avec ce post.

Damned. On ne s'en sortira jamais.

Posté par ladyteruki à 12:53 - Point Unpleasant - Permalien [#]
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