ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

03-06-10

Il te les faut donc toutes ?!

Écoute, saloperie de faucheuse, écoute-moi bien parce que je ne le répèterai pas.
Tu nous a pris Estelle. Tu nous a pris Bea. Maintenant c'est Rue. Alors voilà le deal : si tu viens pour Betty, je te casse la gueule. Et surtout ne t'avise pas de le faire en 2011. Nous en laisser 1 sur 4 pour toujours, ce n'est pas trop demander, il me semble ?! Je t'ai à l'œil.

Saloperie de faucheuse...

AdieuRue

Cet après-midi, j'ai montré à une nouvelle collègue un certain nombre de fonctionnalités de nos postes informatiques. Il s'avère qu'à Matignon, il est possible de regarder la télévision sur les ordinateurs grâce à VLC (les chaînes sont majoritairement là pour le boulot : La Chaîne Parlementaire, les chaînes du Sénat et de l'Assemblée, iTélé, BFM TV... mais aussi les grandes chaînes hertziennes et, une source intarissable de plaisanteries, Gully). En zappant pour lui montrer quelques chaînes, je suis tombée sur M6 puis TF1, et l'une de ces chaînes diffusait un téléfilm avec Rue. Sans doute postérieur aux Craquantes. Voilà, c'est la dernière fois que j'ai vu Rue avant de lire l'annonce de son décès... et je n'ai même pas pu faire attention à ce qu'elle faisait.

Ces dernières semaines, j'ai regardé les 4 premières saisons des Craquantes (trouver les épisodes de Rude Awakening m'a quelque peu ralentie, mais pas arrêtée), et je ne suis pas sûre de ne pas avoir un pincement au coeur supplémentaire dorénavant en regardant la série...

Posté par ladyteruki à 22:26 - Point Unpleasant - Permalien [#]

25-05-10

Who was the boss ?

Pendant que tout le monde est occupé à s'époumoner à propos du renouvellement de Glee pour une troisième saison (annonce qui pourrait faire l'objet d'un post Point Upleasant à elle seule...), je voulais rendre hommage à quelqu'un que nous avons tous connu, surtout les téléphages de ma génération, et qui pourtant est un grand inconnu parce qu'il ne travaillait pas devant les caméras.

MartinCohan

Il s'agit de Martin Cohan, plus connu comme étant la moitié de Hunter-Cohan, un tandem à qui on doit, excusez du peu, Ricky ou la Belle Vie ou Madame est Servie. Et si personne ne semble avoir pensé nécessaire de le mentionner, je trouve quand même dommage que personne n'ait un petit mot pour quelqu'un qui a participé à la télévision des années 80 de cette façon, une télévision dont pourtant beaucoup sont nostalgiques.

HunterCohan

C'était une autre époque, semble-t-il. Une époque où il existait des sitcoms familiaux. Des séries drôles que tout le monde pouvait regarder.
On en fait encore, des sitcoms de ce genre ? Je n'ai pas l'impression. La plupart des sitcoms s'adressent aujourd'hui uniquement à des jeunes adultes ou des parents. Qui prendrait ses gamins de 10 ans sous le bras pour regarder How I met your mother ? Qui déciderait de dîner avec toute la petite famille le soir devant un épisode de 30 Rock ? Je ne regarde pas Two and a Half Men mais je ne parierais pas ma chemise dessus non plus. Quant aux séries à destination de la "jeunesse", genre la tripotée de petites idoles éphémères made in Disney ou Nickelodeon, comme Hannah Montana ou plus récemment Victorious, elles sont au contraire intolérables de niaiserie pour les parents.

Martin Cohan était de ceux qui croient à une télévision intergénérationnelle, sans forcément se résoudre à s'adresser au plus petit dénominateur commun (car ces séries abordaient aussi des thèmes plus matures, et Madame est Servie ne se privait pas de second degré un peu plus coquin). L'esprit bon enfant typique des années 80, mais sans brader la qualité.

Et c'était un nom qui a accompagné des années et des années de téléphagie pour beaucoup d'entre nous, alors, bon, la moindre des choses, c'était de dire au revoir.

Posté par ladyteruki à 12:49 - Point Unpleasant - Permalien [#]

15-05-10

Comme un clang dans la gorge

Un Point Unpleasant un peu différent de celui d'hier. Mais tout autant unpleasant, n'en doutons pas un instant.

Avec l'annonce de l'annulation de Law & Order, je me devais de rendre, à mon humble échelle, un hommage à cette série qui, à mon sens, fait partie de celles qui ne devraient pas, jamais, sous aucun prétexte, être annulées. A partir d'un moment, certaines séries sont devenues de telles institutions que le renouvellement devrait ne même pas poser question, quels que soient les scores d'audience, les coûts de production, ou les retours de spectateurs blasés qui, par définition, se lassent toujours de tout. Et puis sérieusement, après 20 ans, on n'en est plus à 5 saisons près, vous voyez ce que je veux dire ? C'est rat, NBC, c'est juste rat.

La bonne nouvelle, c'est que NBC vient de prouver qu'ABC n'était pas le seul network capable de me décevoir puissamment par une politique d'annulation et de commandes absurde. Une pensée pour les mecs de chez ABC qui doivent se sentir moins seuls ; cool pour vous, les gars !

Alors, l'hommage, donc. Humble ; l'ai-je mentionné ? Eh bien, vu qu'on est samedi, je me suis dit que j'allais impliquer dans cet hommage une autre émission de NBC, qui elle aussi a connu des hauts et des bas, et a frôlé l'annulation par plusieurs fois (mais après la prestation de la semaine dernière, on peut souffler encore un moment...), je veux bien-sûr parler de Saturday Night Live.

Le petit extrait ci-dessous, comme d'habitude sous-titré par votre serviteur, date d'avril 2007, alors que le sort de la série Law & Order semblait également en suspens. La première fois que j'ai vu cette émission (ah, je me souviens, j'étais jeune, c'était il y a six ou peut-être même sept mois), j'ai ri franchement. Là c'est un rire un peu amer. Mais allez, un rire quand même. Parce que finalement, ça vaut peut-être mieux comme ça qu'avec un seul clang.

FarewellLawandOrder

J'avais prévenu, c'est humble.
Bon, allez, consolons-nous, il reste encore SVU... pour le moment.
Oh, non, attendez, j'ai une plus grande consolation encore : si une série qui a seulement 8 ans de moins que moi, qui détient plein de records et qui est à la base d'une immense franchise,  peut se faire annuler... peut-être que quelqu'un va enfin faire un sort à au moins une série de la franchise CSI ?

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (et qui ont pourtant eu 20 ans pour s'y mettre) : la fiche Law & Order de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 02:39 - Point Unpleasant - Permalien [#]

14-05-10

Lettre ouverte... à tout le monde

Comment mentionné récemment, il y a une sorte de snobisme parmi les blogueurs téléphagiques lorsqu'il s'agit de séries étrangères. C'est un snobisme rampant qui consiste à ne parler que de séries américaines (souvent la série canadienne anglophone y est assimilée), voire si on a de la chance, les séries britanniques. Les plus aventureux s'offrent parfois un frisson avec une série australienne de temps à autres. Et globalement ça s'arrête là. Je dis snobisme, je pourrais dire fainéantise, ça dépend de mon humeur.
Je connais bien ce snobisme pour l'avoir pratiqué très longtemps, considérant qu'en-dehors de la fiction américaine, point de salut. Alors on me le fait pas.

On connait cette même tendance dans la presse spécialisée dans les séries télé, qu'elle soit au format papier ou informatique, beaucoup de sites pourtant français persistant pendant longtemps à regarder le monde comme s'ils étaient américains, les américains ayant eux-mêmes une ouverture sur le monde particulièrement limitée (c'est d'ailleurs ce qui les pousse à faire des remakes de séries qui sont déjà dans leur langue...). Donc on se prend pour un spectateur américain lambda, si je puis dire, et on se dit que vraiment, la fiction télé, c'est l'Amérique ou ce n'est point.

Et donc ça parle d'actu (américaine), de pilotes (américains), de jolies actrices (américaines), de projets (américains). On fait des dossier et des trucs et des machins, et c'est toujours du même pays qu'il s'agit, la note d'exotisme provenant d'autres pays anglo-saxons que j'ai cités plus haut. Que ce soit pour les choses les plus complexes ou les plus banales (alors que pardon, mais des photos de jolies comédiennes japonaises, c'est pas ça qui manque, surtout qu'elles passent leur temps à faire des photoshoot pour des magazines).

On va être clairs : je n'ai jamais vu qui que ce soit faire un récapitulatif de la saison allemande ou d'une nouveauté en matière de telenovela brésilienne.
Ce sont des pays où, visiblement, il nous apparait comme évident que le seul but de la fiction locale est soit de faire des remakes de séries américaines, soit de nourrir les décideurs américains pour faire leur propre remake (Ugly Betty parvenant d'ailleurs à répondre aux deux caractéristiques). En-dehors de ça, la fiction ne semble pas exister dans ces pays, ni les autres. Si ça ne parle pas une langue anglophone, c'est qu'on n'y fait pas de la télévision. Ça rejoint un peu ce que nous laissent penser les émissions de fin d'année lorsqu'il y a un zapping "télés du monde" et qu'irrémédiablement la seule émission de télé japonaise qu'on y voit, c'est un jeu débile où quelqu'un se casse la figure ou fait un truc décalé, évidemment, sous-entendu : il n'y a rien d'autre à voir chez ces cons de nippons.

Ah, si : le magazine Générique(s) s'est bien encanaillé une fois à parler de séries étrangères, un numéro où à ma grande surprise, nulle mention n'était faite du Japon et de la Corée du Sud, pourtant deux secteurs télévisuels en ébullition, surtout la Corée qui s'exporte incroyablement bien en ce moment, et de la Chine uniquement pour sa version d'Ugly Betty ; mais bon, pourquoi pas, mais c'est bien tout.

Moi-même, ça m'a pris pas mal de temps de m'affranchir d'un tel mode de pensée. Toute sensibilisée que je sois à la culture japonaise depuis mes 15 ans (à l'époque j'ai commencé plutôt par un trip culture traditionnelle et littérature contemporaine, puis il y a eu les mangas et l'animation pendant un an ou deux avant de revenir aux fondamentaux), j'ai mis à peu près 8 ans à venir à la musique japonaise, 10 ans à venir à la télévision du même pays, 12 pour oser m'intéresser à la Corée... je sais bien ce que c'est. J'arrive à bientôt 30 ans et j'en suis encore à pousser les limites de ma propre curiosité (pas encore vraiment touché à Taïwan, par exemple, en-dehors de deux pilotes ; et concernant le reste du monde, j'ai par exemple encore beaucoup de mal avec la Grande-Bretagne).
La curiosité, ça prend du temps, dans tous les sens du terme.

Mais enfin, même sans parler d'Asie, qui est une culture à part et qui ne parle pas à tout le monde...

Pourquoi n'y a-t-il personne pour parler de séries africaines, ou indiennes, ou sud-américaines, ou que sais-je ? Qu'on n'ait pas la même curiosité que moi, je le conçois... Mais qu'on n'en ait aucune ?

Bien-sûr qu'il y a une difficulté pour voir ces séries.
Bien-sûr qu'il y a la barrière de la langue (encore que, tout dépend de vos propres origines... sur tous les foyers possédant un accès aux chaînes du bassin méditerranéen, on ne va pas venir me raconter qu'aucune série du cru n'est diffusée en France ? Sinon comment j'aurais découvert Kasamh Se, d'ailleurs ?).
Et bien-sûr beaucoup de blogueurs téléphagiques aiment la facilité. Sinon comment expliquer les 712 reviews par semaine de Desperate Housewives ? Ce sont des blogueurs et ils aiment leurs statistiques comme n'importe qui d'autre, après tout. Je vois bien les miennes baisser dés que la rubrique s'appelle Dorama Chick (c'est mécanique, pour ainsi dire) et je le conçois, cette rubrique ne s'adresse pas au grand public.
Mais une fois de temps en temps, quand même ? Regarder un peu ailleurs... non ?

Car bien-sûr qu'il y a des séries étrangères ailleurs. Et d'ailleurs tout le monde tombe des nues quand un Un, Dos, Tres ou un Destin de Lisa déchaîne les passions et attire le spectateur, fût-il lambda. "Oh tiens bah merde alors, des fictions européennes ? Que les gens regardent ? Sérieusement ? On l'avait pas vue venir celle-là. On n'y croyait pas vraiment quand on l'a programmée", semblent dire les décideurs devant ces découvertes ahurissantes.

Mais vous croyez que depuis Un, Dos, Tres, l'Espagne ne produit plus de fiction maison ? Vous croyez même que le Destin de Lisa/Bruno/Hilda, c'est tout ce que les scénaristes allemands peuvent faire ?

Regardez-moi le nombre de pays qui produisent potentiellement des séries (et n'attendons quand même pas de Wikipedia anglophone qu'il les recense toutes, bien que le nombre de séries indiennes listées en ses colonnes soit par exemple impressionnant, même si facilement explicable).
Regardez-moi ça !
Et une fois de temps en temps, ça tuerait les blogueurs de choisir un pays ou deux dans cette liste, et d'en parler ? Ça me révolte autant que ça me décourage.

Après, je ne suis pas non plus en train de vous dire qu'aucun blogueur téléphagique ne parle de séries asiatiques. J'ai essayé de les pister, ces gens-là. Ils ne sont pas légion, mais surtout dans leur immense majorité, ils ne parlent QUE de séries asiatiques. Et là c'est l'excès inverse...
En-dehors de ça, peu, très peu de pluralisme auprès des blogueurs téléphagiques. Pour ne pas dire aucun.
Je suis par exemple navrée pour Speedu d'Analyses en séries qui n'a pas réalisé qu'il pourrait coller parfaitement à sa ligne éditoriale avec des séries asiatiques (entre les jambes illusoirement interminables des actrices coréennes, les pitches des séries de TV Tokyo genre Shimokita GLORY DAYS, et les séries d'action genre IRIS...).

Mais surtout, vous savez ce qui me tue ? C'est que toutes les sources d'information en matière de séries asiatiques soient anglophones. Bon, maintenant il y a un peu SeriesLive (où je fais mon possible, c'est-à-dire souvent pas assez vu l'ampleur de la tâche), mais sinon ? Toutes mes news basées sur des infos occidentales, je vais les chercher sur des sites et des blogs anglophones (quand j'ai vraiment du temps je cherche des news en VO, je m'éclate, mais c'est un autre sujet). Et quand je vois ces ressources, je me dis "mais où est l'équivalent français ? où se cache la curiosité des téléphages français ?".
Elle n'est pas dans cette poche. Pas dans celle-là non plus. Je suis pourtant presque sûre qu'elle est quelque part.

J'aimerais bien vous dire que SeriesLive va faire ce bond vers la curiosité, au moins pour ce qui est de l'Asie dont je suis la rédactrice spécialisée.

Il y a eu, en public et en privé, des appels qui m'ont été lancés dans ce sens, des lecteurs de SeriesLive qui ont remarqué les news, les 280+ fiches série (dont il n'existait pas plus d'une trentaine avant que je n'arrive en août dernier, la plupart déjà envoyées par mes soins à Eske et Maxx ; je confesse n'être pas spécialement mécontente du boulot effectué), les incalculables fiches personnalité, les articles de fond, etc... et qui ont appelé de leurs vœux quelque chose de plus franc dans ce domaine. Certains ont proposé un sous-site à part (je ne suis pas favorable à cette idée, mais pourquoi pas), d'autres juste qu'une section "séries du monde" sur le site serait suffisante (j'avoue que cette possibilité me plairait et ouvrirait des horizons). Mais rien. On me dit qu'on va en parler et étudier ça et il n'en sort jamais rien de concret.
Les news, les fiches série, les fiches personnalité, les articles de fond continuent d'être noyés dans la masse, parce que la direction de SeriesLive me donne régulièrement un petit nonos à mordiller, genre "ah c'est bien ce que tu fais, on va te donner tous les accès, on va te permettre de faire des choses", mais le peu qui a été fait il y a quelques mois a disparu rapidement sans explication, plusieurs des accès promis n'ont jamais été donnés, etc...
Mais bon, il y a à intervalles réguliers quelqu'un de l'équipe dirigeante pour me dire que le boulot accompli est visible et qu'on me remercie pour ça, alors je continue d'attendre qu'on me permette de pousser plus loin.
C'est toujours mieux que ce que Critictoo m'a permis : je pouvais faire des reviews (j'en avais déjà envoyée une ou deux, peut-être même trois, qui n'ont jamais été publiées alors qu'après réécriture, elles avaient été jugées conformes) et j'avais été plutôt bien accueillie... à la condition de donner mon prénom. J'ai refusé car j'ai une politique intraitable sur le sujet : j'écris sur internet sous mon pseudo, et rien d'autre. Après cette réponse, plus jamais personne ne m'a adressé la parole, même pas pour me dire qu'on allait arrêter là, parce que sur Critictoo, si tu n'as pas de prénom, tu n'as pas le droit d'écrire de review sur les séries asiatiques, et tu n'as même pas droit à un mail pour te dire que tu es virée. Bon, ils ont maintenant quelqu'un qui s'en charge, quelqu'un avec un prénom, au moins l'Asie n'a pas complètement disparu de Critictoo, c'est déjà ça.

La curiosité, ça prend du temps, je l'ai dit, mais surtout, la curiosité, ça s'apprend. Et à l'heure où internet nous permet de découvrir avec moins de difficultés des horizons insoupçonnés jusque là (je n'ai pas dit qu'il n'y avait plus de difficulté du tout, mais quand même moins que quand j'ai commencé à être une téléphage acharnée dans les années 90), je trouve absolument révoltant que ceux qui ont le pouvoir de rendre les gens curieux, c'est-à-dire les blogueurs téléphagiques et les sites téléphagiques, renâclent tant à tenter l'expérience, surtout quand il existe un vivier de rédacteurs motivés (plus motivée sur la fiction coréenne et téléphagiquement cultivée en général que Livia, par exemple, je ne connais pas tellement).

On continue de rester chacun chez soi, ceux qui regardent des séries asiatiques et ne parlent que de ça, ceux qui regardent des séries américaines et ne parlent que de ça, et un triste no man's land au milieu.

Et comme dans la rubrique Point Unpleasant, j'ai coutume de parler de ce qui ne me plait pas, je pensais nécessaire de signaler que, vraiment, ce comportement me chiffonne. M'attriste. Me révulse. Me révolte.

Si vous ne le faites pas par curiosité, faites-le par dépit : il parait que Desperate Housewives est de plus en plus décevante, et vous ne savez pas encore ce que vous regarderez une fois Lost fini. Alors...?

Eternally

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture, mais qui veulent y remédier : le groupe "Dorama" de SeriesLive. Qui commence un peu à avoir les coutures qui craquent, mais bon, on fait avec ce qu'on a.

Posté par ladyteruki à 11:29 - Point Unpleasant - Permalien [#]

10-05-10

La route est droite, mais la pente est forte

On a tous entendu ces petites phrases, mais rien à faire, on ne s'y fait simplement pas.
- "Les Américains ça doit leur faire drôle, une série aussi intelligente !"
- "Nan mais attends, une série américaine ; moi je m'attendais à pire !"
- "J'aime bien cette série... même si elle est américaine."

Ces phrases, vous les aurez reconnues, ce sont celles que sortent les apprentis-téléphages en pleine épiphanie, ces débutants qui découvrent que les termes "les séries américaines" recouvre plus que Dallas, la dernière série dont les médias aient suffisamment parlé pour qu'ils y jettent un œil, et dont ils avaient tiré une leçon assez médiocre sur les capacités télévisuelles de l'Amérique, ce pays notoirement crétin vu de notre côté de l'Atlantique où tout est si beau, si intelligent, si culturellement exceptionnel.

Une fois de plus, aujourd'hui, j'ai entendu ces phrases et quelques autres, clichés typiquement français sur "les séries américaines", dans ce que l'expression a de plus péjoratif.
Il parait que Dr House finit ce soir, et l'apprentie-téléphage à qui on doit cette sortie imprégnée de stéréotypes, s'attristait de la disparition de cette série de son écran. Surtout que, je cite, "c'est pas souvent qu'une série américaine se montre aussi intelligente, ils ne doivent rien comprendre, les Américains".

On leur dit ? On leur dit que pendant 7 ans, ces Américains en question ont regardé une série sur un network parlant de leur Maison Blanche, des compromis et de la politique politicienne, quand nous n'en avons pas eu plus d'une saison sur notre Élysée (et sur un tout autre registre) ? On leur dit également que sur le câble, actuellement, il y a des Mad Men, des Big Love, des Breaking Bad, des... Non, on leur dit que la liste est trop longue ? Que les séries intelligentes, venant des Américains, ce n'est pas l'exception surmontant les pires obstacles, mais une frange fournie de leur production télévisuelle ?

Bien-sûr, quand on a l'habitude des Experts Stuttgart, des Experts Leipzig et des Experts Hannover, ou pire, qu'on regarde Bones ou NCIS, ça doit faire un choc. Mais si vous êtes impressionné par Dr House, accrochez-vous, ça va secouer quand vous allez découvrir d'autres séries. "Des séries américaines".

Route

C'est là aussi que je mesure l'ampleur de la tâche qui m'attend quand j'essaye de parler de fiction asiatique. Rien n'est acquis en matière de télévision américaine, finalement, à propos de laquelle les préjugés restent nombreux. Les Américains sont donc des benêts, incapables de faire des séries de qualité (et d'ailleurs j'aimerais qu'on me cite des séries françaises qui soutiennent la comparaison, juste une fois, dans ce type de conversations). Mais alors, les Japonais ? Ces crétins qui ne savent faire que des émissions où on mange des trucs improbables et où on se casse la figure ? Et les Coréens ? Ah bon les Coréens ont la télé ?

De cliché en cliché, la vision qu'ont beaucoup de gens de la télévision n'a pas progressé, finalement. Le "phénomène des séries télé" n'a été un progrès que pour un microcosme qui s'est cru parvenu à un certain seuil de légitimité culturelle. Mais le grand public n'a toujours qu'une vision étriquée de l'objet de notre passion...

Alors même quand certains jours, on a envie de fermer la boutique parce que les commentaires, les retours ou les statistiques ne suivent pas, on se dit qu'il y a encore tant à faire pour essayer de faire entrevoir les horizons que nous avons sous les yeux au quotidien, qu'on reprend le clavier et on s'y remet.

Posté par ladyteruki à 15:27 - Point Unpleasant - Permalien [#]


29-03-10

C'est vraiment trop inzuste

N'allez pas croire que je sois aigrie. Ooooooh que non. Depuis plusieurs mois, ya pas plus positive que moi en matière de téléphagie ! Il y a plein de séries que j'aime, plein de séries que je regarde, plein de séries sur ma liste de découvertes. J'ai même renforcé la surveillance des pilotes pour n'en louper que le strict minimum. Alors, aigrie, moi ? Pfff. Allons donc.

Mais enfin, je constate que :

Save the Piemaker !
90 000 signatures
   Pas renouvelée
Remember Samantha !
35 000 signatures
   Pas renouvelée
Save Better Off Ted
10 000 signatures
   Pas renouvelée
Save Life Unexpected
1 500 signatures
   En attente

Et vous pouvez me croire quand je vous dis que j'ai vérifié : les chiffres n'ont guère évolué depuis l'annulation des séries concernées (je les ai même arrondis au plus bas parce que je ne les vérifie quand même pas tous les quinze jours).

Alors, voilà le deal. Bon, pour Better Off Ted, je ne me fais pas d'illusions, c'est mort même si à ma connaissance rien n'a été officialisé. Mais Life Unexpected ? J'attends de voir.

Si Life Unexpected est renouvelée alors que la ferveur populaire est aussi minime, ça va chier. Ce n'est pas une série qui marque les esprits ; la preuve, son propre public a du mal à se passer le mot pour signer une malheureuse pétition. Je ne dis pas que c'est un facteur déterminant dans le cas d'un sauvetage de série, mais c'est un indicateur clair du phénomène qui se passe autour d'elle.
Alors, si une série qui collecte péniblement quelques centaines de signatures se fait renouveler, moi j'exige d'ABC qu'elle en fasse autant avec une série qui a plusieurs dizaines de milliers de signatures, comme, disons, au hasard, mettons, une série dans laquelle il y aurait des tartes. Par exemple. Sinon c'est moi qui vais en distribuer !

Mais non je suis pas aigrie. J'attends simplement qu'il y ait un semblant de justice en ce bas monde.

Posté par ladyteruki à 20:23 - Point Unpleasant - Permalien [#]

16-03-10

Tout le monde en parle

Un site d'information qui propose des billets d'humeur. Un blog personnel qui propose des news. Les frontières entre l'information téléphagique et la subjectivité sont floues et plus personne ne cherche vraiment à rester sagement de son côté de la barrière. Il n'y a probablement jamais eu de barrière, en fait, juste, peut-être, éventuellement, des lignes un peu mieux dessinées au sol, mais pas respectées pour autant.
Et il n'y a, sur le principe, pas de problème avec ça.

Pourtant, parfois, certaines manifestations de ce fonctionnement me dérangent, juste un chouïa.
Et si j'y ai repensé récemment, c'est à l'occasion d'un post somme toute fort innocent d'une image de promo pour la série 100 Questions.

Voilà une série qui ne sera pas diffusée avant la fin mai, mais qui a commencé très en amont son opération de promotion, bien que sans grand panache. La photo de promo, en particulier, est sortie très tôt, et a été employée par un peu tout le monde (sauf certains qui avaient trouvé le moyen de faire main basse sur une capture du pilote).
Je n'ai d'ailleurs pas failli à la règle puisque, cherchant à compléter, à mes heures perdues (si-si, j'en ai encore quelques unes en dépit des dorama, des films... bref de tous les ajouts à mon calendrier téléphagique qui évolue en permanence depuis quelques mois), les fiches de SeriesLive, j'avais également ajouté cette photo de promo sur la fiche correspondante (parce qu'il faut le dire, sur la fiche de Better Off Ted, par exemple, ça n'aurait pas eu beaucoup de sens).
C'était en novembre, la date d'enregistrement du jpg sur mon ordinateur faisant foi (bon j'avoue tout, ok : sur l'ordinateur du boulot. Vous êtes qui, la police ?!).

Alors, où est le problème ? Bah ya pas vraiment de problème, c'est juste que quand, le 15 Mars, un site (mêlant déjà information objective et reviews subjectives) poste ladite photo de promo, avec pour seule légende "100 Questions - photo de promo", on pourrait être tenté de penser que, oui, la photo de promo vient de sortir. Que c'est de l'information.
Mais ça n'en est pas, précisément parce que la photo circule depuis des mois partout.

Alors qu'est-ce que ça signifie ? Ça signifie qu'on peut légitimement penser que la personne, écrivant pour le site en question, s'est piquée de faire une recherche sur les séries à venir prochainement sur les écrans américains (c'est son droit le plus strict, si ce n'est, même, un devoir en tant que rédacteur pour un site faisant, entre autres, de l'information sur les séries). Ladite personne est tombée sur la photo, elle s'est dit : ah, bien, je vais la poster. On imagine.
Mais ce faisant, elle n'a pas informé (volontairement ou pas, c'est pas le sujet), elle a juste remis dans l'actualité une photo qui circule depuis des mois et des mois (et qu'est même pas spécialement jolie avec tout ça). Finalement, ce qu'elle a fait relève de la promo, en fait.

Il ne s'agit pas de dire que la photo promotionnelle vient de sortir (bon on n'est pas à la minute, si la photo datait d'une semaine ou deux, je n'aurais pas tiqué), juste de la publier sur exactement le même mode qu'une information récente, comme l'ont été avant elle sur exactement le même mode les photos promotionnelles des nouvelles saisons de Nurse Jackie ou United States of Tara. Qui, pour le coup, relevaient de l'information la plus pure et la plus réactive possible.
Comme ce site est coutumier de billets et reviews plus personnelles, je ne devrais pas être surprise outre mesure, mais la publication de cette photo promo de 100 Questions n'était accompagnée d'aucun commentaire ("bouh c'est pas original"/"j'adore cette photo"/etc...) laissant penser que le rédacteur officiait à titre plus personnel.

Mais du coup, voilà : cet acte si anodin a réveillé chez moi quelques interrogations profondément enfouies sur la limite entre le moment où nous faisons de l'information (exemple : quand je présente les nouveautés de la rentrée japonaise...) et quand nous faisons de la promotion (exemple : quand je glisse Better Off Ted dans un post qui n'a rien à voir avec la choucroute).

DefenseDafficher

A quel moment, par le simple fait de tenir un site ou un blog, commençons-nous à faire le jeu d'une certaine promotion (fut-elle minime) autour des séries dont nous parlons ?
Quand nous mentionnons une série sans raison immédiate et/ou apparente ? Quand notre review d'un épisode ou d'une série est positive ? Quand nous nous faisons le relai de la moindre broutille relative à une série qui a toute notre attention ?

C'est une question qui a son importance car ces actions ne sont jamais sans résultat sur le lecteur. Quand la chaîne ou la prod sort une info, puis une seconde, puis une troisième sur Glee, c'est déjà de la promotion. Alors forcément, quand par exemple moi, je parle d'une série donnée dans trois posts consécutifs, vous ne pouvez pas ne pas le remarquer. Et quand un rédacteur d'un site d'information consacre un post à la photo de promo d'une série, eh bien, on ne peut pas ne pas le remarquer non plus, et même si, à l'inverse de moi, vous n'y avez pas repensé ensuite, eh bien vous avez quand même encore entendu parler de 100 Questions et cela participe à la création d'une petite partie de votre cerveau qui se rappelle l'existence de cette série, et de son arrivée prochaine à la télévision américaine ; a contrario d'autres séries dont la photo de promo est sortie aussi, parfois un peu plus qu'une, comme ici dans le cas de Miami Medical, peut-être depuis au moins novembre aussi, et qui n'ont pas les faveurs d'un post ou d'une news, et dont vous n'avez même pas souvenir que la série va débarquer, du coup.

Ce n'est pas grave, en soi, évidemment. C'est juste une fois de plus où la limite se brouille.
Et une fois où on joue, un petit peu, avec notre perception de ce qui se passe dans le monde des séries. Je n'ai rien contre 100 Questions, et je n'ai pas non plus de biais positif envers Miami Medical. Mais d'un autre côté, il m'apparait un peu trop souvent à mon goût que les relais d'information semblent avoir, de leur côté, une mémoire tristement sélective sur les séries pouvant faire l'objet d'une mention, voire d'une news, soyons fous. Et du coup, vous, vous avez entendu parler une fois de plus de 100 Questions... y compris avec ce post.

Damned. On ne s'en sortira jamais.

Posté par ladyteruki à 12:53 - Point Unpleasant - Permalien [#]

15-03-10

Plus que trois...

C'est comme ça qu'on sait qu'on vieillit. Quand on commence à se dire que la liste se rétrécit...

DeathinProgress_1

DeathinProgress_2

Il faut dire que Mission: Impossible, pour moi, ça a d'abord été 20 ans après...

Posté par ladyteruki à 13:04 - Point Unpleasant - Permalien [#]

06-01-10

Profession de mauvaise foi

Je ne sais pas comment les scénaristes choisissent les professions de leurs personnages, mais ça me tape véritablement sur les nerfs.
Nan, c'est même pire que ça : je sais comment ils les choisissent. Ils ne les choisissent pas.

Il ne faut pas avoir remporté 25 Emmy Awards pour décréter qu'un type qui va enquêter sur un phénomène étrange va être agent du FBI. Évidemment, s'ils avaient un peu d'imagination, les scénaristes concernés trouveraient un peu mieux que ça, genre, le gars, en vrai, il est toiletteur pour chiens, mais il décide de connaître la vérité quand même, même si c'est pas facile vu qu'il n'a pas la logistique pour ça, parce que le mec, tout toiletteur pour chiens qu'il soit, il se pose des questions. Mais non, il faut qu'il travaille au FBI, et que par-dessus le marché son boss ait décrété qu'une cellule spéciale allait être créée ici, avec lui dedans, parce que même si c'est arrivé partout sur la planète, le gars, il est le seul qui peut résoudre l'affaire ! Mais c'est d'une facilité !!! Où est-ce que ces mecs ont appris à écrire ?
D'ailleurs, entre nous soit dit, je trouve que c'est une insulte à tous les toiletteurs pour chiens, quelque part. Comme s'il tombait sous le sens que seul un agent du FBI se pose les bonnes questions, et ait l'intelligence nécessaire pour se mettre en quête de réponses. Et en prime, c'est lui qui a les visions assorties parce que, bien-sûr, seul un agent du FBI de par le monde peut mener ces investigations à leur terme !

D'accord, Flash Forward n'est pas forcément le meilleur exemple de choix de profession pour un personnage principal, pour la bonne raison que ce n'est que l'un des très nombreux éléments de l'histoire qui donne l'impression d'avoir été tiré au sort dans un chapeau (oui, je suis moins positive sur Flash Forward après avoir passé plusieurs semaines sans regarder d'épisode, et à plus forte raison pour avoir voulu m'y remettre ensuite. Merde, je lui ai donné sa chance à Joseph à cette série, faut pas pousser).

Mais d'une façon générale, les scénaristes ne se creusent quand même pas beaucoup. Dans toute série dramatique voyant le jour en ce moment, il faut d'ailleurs remplir le quota de flic/enquêteur/agent du FBI, ainsi que l'autre quota de scientifique/médecin/savant quelconque. A noter que dans Flash Forward, pour rester dans mon rageur exemple, on a décroché le jackpot : la combinaison est magique à un tel point que ces deux professions sont celles de personnages mariés l'un avec l'autre. C'est dire.

Après avoir passé une décennie à encenser tout cequi pouvait être scientifique et/ou capable de mener des enquêtes, on serait en droit d'espérer que les scénaristes se seraient lassés. Après tout, je me suis bien lassée, moi ! (et c'était il y a 5 ans, au bas mot)
Alors, même si je comprends bien que c'est autant un problème lié au fonctionnement des chaînes de télévision (a fortiori des networks) qu'à la créativité des auteurs, je me demande quand même si, de par le monde, il existe d'autres professions que flic ou médecin (et toutes les variations de l'un à l'autre) dont on pourrait juger qu'il n'est pas indigne de parler.

Oui, oui bien-sûr, qu'il en existe. Il y a les pompiers, les gérants de pompes funèbres, les publicitaires, les hommes politiques, les profs de chimie, les journalistes... Du côté japonais de la barrière, on trouve foison d'hôtesses de l'air, de cuisiniers et de pâtissiers, d'instituteurs, de serveuses, de fleuristes, et même, ô joie, des freeters. Et évidemment une énorme proportion d'employés de bureau, parce que les scénaristes doivent à la vérité de reconnaître qu'une énorme proportion de la population active citadine mène cette passionnante existence qu'est la vie de bureau, chose qu'en Occident on ne traitera que dans The Office, parce qu'on y est obligé par le titre.

Mais au fond, j'ai toujours un soupir lorsque, comme par hasard, la profession du personnage principal est en lien direct avec les évènements qui lui tombent sur le coin du nez. Franchement, faire tourner une série sur les déboires professionnels de quelqu'un, c'est une chose (et souvent une bonne), mais placer le protagoniste dans une situation où, comme par hasard, sa profession lui donne une longueur d'avance sur le reste de l'univers pour faire face à une péripétie quelconque, ça, c'est vraiment une attitude de feignasse.
Nan sans rire, quelqu'un peut me conseiller une bonne série avec un toiletteur pour chien qui résout des enquêtes ou soigne des gens ?

PanoplieComplete
But I'd still hit it...

Posté par ladyteruki à 13:48 - Point Unpleasant - Permalien [#]

05-01-10

Pour l'amour du chiffre

Aujourd'hui, j'ai fait une news audiences sur SeriesLive. VDM.

Ryoumaden

Que ne ferais-je pas pour parler de séries japonaises au grand public, quand même ?
Je voue en effet une haine féroce aux compte-rendus d'audiences. Pour vous donner une idée, sur une échelle de 1 à 10 (1 étant ce qui m'indiffère, 9 étant le streaming et 10 étant les vampires), les audiences se placent à 7, voire 8 les mauvais jours.

Bon, il faut dire, aussi, que j'ai toujours eu un contentieux avec les chiffres (chose que mes professeurs de maths successifs confirmeront, pour ceux qui ne se sont pas pendus évidemment), et forcément ça n'aide pas. Mais au-delà de ce petit problème, j'ai l'impression permanente que les chiffres, et à plus forte raison les chiffres d'audiences, sont vides de sens. Ce n'est même pas comme un sondage, auquel il est de notoriété publique qu'on peut faire dire ce qu'on veut, non, le chiffre est simplement muet. Et les audiences, c'est typiquement l'information qui permet de parler d'une série sans en dire quoi que ce soit. Ce qui explique, j'imagine, que de nombreux sites s'en fassent l'écho...
Vraiment, j'ai eu des scrupules à écrire cette news, et je pense que mon peu de foi en mon thème se ressent à sa lecture.

Qu'il soit clair que ça n'a rien à voir avec le fait que ça porte sur Ryoumaden. De toutes façons, je n'ai pas encore vu le pilote en question !
Et d'ailleurs c'est un ressenti que j'ai aussi bien en matière d'audiences américaines (que je ne consulte jamais) que japonaises. Mais voilà, j'ai la responsabilité de la partie Asie de SeriesLive, et il s'avère que je prends ma mission à cœur, comme chaque fois que l'enjeu est de faire découvrir des séries à des gens qui ne les connaissent pas. Cela dit il est vrai qu'en soi, les audiences nippones sont encore plus dénuées d'enjeu que leur pendant occidental, puisque l'annulation d'une série avant sa conclusion est ultra-rare (et encore, cette phrase est plus une précaution qu'autre chose, je n'ai même pas connaissance que ça se soit produit). La meilleure preuve, c'est que même une série avec 2 ou 3% de parts de marché peut aller jusqu'à son terme. Le marché nippon a du bon, pas vrai ? Il faut dire qu'en s'engageant rarement au-delà de la douzaine d'épisodes, et dans un système qui n'a pas banalisé le renouvellement, ça permet de limiter facilement la casse.
D'ailleurs, si consulter les audiences d'une série permet juste d'ouvrir les paris sur son avenir, ça me semble être une sacrée perte de temps. Et pis c'est un peu glauque quand même.

Et puis franchement, qu'un épisode ait été suivi par 5, ou 10, ou 20, ou 30 millions de spectateurs, ça fait quelle différence ? Je veux dire, pour vous : ça change quoi pour le téléphage que vous êtes ? Ça ne dit rien de la qualité de l'épisode. Si les audiences sont mauvaises, vous allez arrêter de regarder une série que jusque là vous suiviez ? Non, sans rire ?

Trop de facteurs entrent en ligne de compte pour tirer des conclusions à partir des audiences, de toutes façons. Il y a la configuration de la grille de la chaîne (horaire, lead-in...), les grilles de la concurrence, les éventuels guests de l'épisode, la promotion faite autour de la série, les aléas de l'actualité... Et même avec toutes ces données en main, même en connaissant les tenants et les aboutissants de toutes les composantes du succès ou de l'échec d'un épisode, qu'a-t-on appris ?

L'audience est typiquement l'information sur une série qui s'adresse à ce qu'il y a de moins téléphage en nous. La téléphagie, c'est en premier lieu l'amour du contenu. L'industrie de la télé, toute complexe et passionnante qu'elle soit à comprendre et décrypter, n'appartient pas à la même dynamique. S'intéresser à l'industrie audiovisuelle n'est d'ailleurs pas du tout répréhensible ni contradictoire, mais enfin, c'est foncièrement différent de l'amour de la fiction. C'est un peu comme se passionner pour l'industrie du textile juste parce que la personne que vous aimez porte des vêtements...!

Concrètement, les news audiences, ça a l'air d'avoir du sens pour pas mal de monde, mais je n'arrive pas à en trouver.
En revanche, ça ne m'empêche pas d'utiliser la curiosité (incompréhensible) des autres aux fins de mes opérations de contagion. Et j'ai bien l'intention de m'accrocher à cet objectif, du moins, jusqu'à ce qu'on m'explique, fondamentalement, l'intérêt d'un résultat d'audiences aux yeux d'un public de téléphages.

Posté par ladyteruki à 21:14 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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