ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-03-12

Hold your horses

BlackMarch

Un petit mot sur l'annulation de Luck parce que je suis encore debout et que je vois les annonces tomber.
Et que demain j'aurai oublié, rapport au fait que je n'ai jamais spécialement accroché sur la série.

C'est quand même incroyable cette histoire. C'est le genre d'annulation qu'on se racontera dans 10 ans en ricanant dans un podcast (ou ce qui aura remplacé les podcasts), parmi une liste d'annulations improbables évoquant vaguement l'esprit des Darwin Awards : "oh, dites, hey, et la série qui s'est annulée toute seule parce qu'il y avait des canassons qui mourraient, vous vous en rappelez ?". On rira un brin et on passera à l'annulation bizarroïde suivante.

UnLucky
Je comprends tout-à-fait que la mort de chevaux soit un soucis pour Luck. D'abord parce qu'il y a une question d'image, comme en a témoigné la réaction de PETA (sans vouloir discuter de la palette de réactions plus ou moins bien fondées de PETA ici). Ensuite parce que ça coûte cher, de racheter des chevaux toutes les semaines, je suppose, d'autant qu'on ne peut probablement pas prendre le premier équidé venu pour faire la course plusieurs fois devant une caméra pour faire toutes les prises dont on a besoin. C'est de la logistique, de prendre des bêtes un peu entraînées, j'imagine. Et enfin parce que j'ai envie de me dire que si on a envie de faire un drama sur les courses hippiques, c'est qu'on aime un peu ça, et qu'on n'a pas vraiment du baume au coeur quand un cheval doit être achevé juste parce qu'on a voulu faire une bonne série sur les courses hippiques ; ça doit sembler un peu dérisoire dans le fond.

Ce que je ne comprends pas, c'est : comment en arrive-t-on à purement et simplement annuler la série ?
Dans les secondes qui ont suivi l'annonce officielle de HBO, les sarcasmes ont fusé, mettant la tournure des évènements plutôt en corrélation avec les audiences qu'autre chose, et c'est sûr, ça a probablement joué. Mais enfin, je suis un peu ébahie.

Comment est-il possible qu'une série sur les courses hippiques n'ait pas songé sur la façon dont elle pourrait survivre sans tourner ses propres courses de chevaux ? Pourquoi n'y avait-il pas de plan B en matière d'effets spéciaux ? Pourquoi personne ne s'est dit : "ok bah si ça marche pas, on filmera de vraies courses et on jouera avec le montage et la post-prod pour que ça colle à nos besoins" ? Pourquoi ne pas pouvoir éliminer les scènes mettant les chevaux en danger pour ne les garder que dans des scènes où les chevaux sont paisiblement dans leur stalles et bricoler le reste autour ? Je n'ai vu que le pilote, je sais bien, mais ça ne semblait pas complètement impossible.
C'était un sacrifice, certes, pour une production qui était vraisemblablement puriste, et qui faisait de ce purisme à la fois sa force (c'était un témoignage de son exigence de qualité) et sa faiblesse (le néophyte s'en sentait exclu).
Mais plein de séries font des sacrifices. Parfois ça fait même de jolies histoires de télévision, comme I Love Lucy qui a inventé le sitcom tel que nous le connaissons aujourd'hui parce que c'était plus pratique, pas parce que c'était innovant. Il fallait jouer autour des impératifs de l'équipe, jongler avec les contigences, et ça a donné une vraie belle histoire de télévision, par accident et par contrainte. La contrainte préside aux choix de nombreuses productions qui ne ferment pas boutique pour autant...

Pourquoi la production de Luck n'a pas pu réfléchir à tout cela dés la mort du premier cheval sur le tournage ?

On parle d'une série qui avait quand même un cast de folie (et après pareille expérience, je ne suis pas sûre qu'un gars comme Dustin Hoffman revienne à la télé de si tôt), une bonne équipe à la réputation solide tant à l'écriture qu'à la réalisation... Et justement, comment se fait-il que personne ne se soit posé les bonnes questions plus tôt ? Des mecs si professionnels... ils se sont incroyablement documentés sur les courses de chevaux, sans savoir que des chevaux meurent tous les jours dans ces mêmes courses et que la question allait peut-être se poser ?
Comment en arrive-t-on à un tel gâchis ?

Le plus impressionnant, c'est probablement que les annulations de ce genre, brutales, radicales, on est plutôt habitués à les voir sur des networks que sur des chaînes du câble. Il est évident que la série avait été renouvelée trop tôt par HBO, un peu trop sûre d'elle sur ce coup, mais c'est devenu une pratique courante chez les chaînes du câble (peut-être parce qu'elles pensent que ça va entraîner un cercle vertueux, je ne sais pas). Boss n'a-t-elle pas été renouvelée avant même le début de sa diffusion ? Clairement on est dans une logique de tout l'un ou tout l'autre.
Cela fait quelques années maintenant, et c'est un euphémisme, que je m'intéresse à l'industrie de la télévision, et j'avoue qu'il y a encore des éléments qui m'échappent totalement dans la façon dont certaines décisions sont prises.
Je n'aimais pas vraiment Luck, mais j'ai l'impression qu'on vient quand même d'assister à un truc vraiment absurde.

Posté par ladyteruki à 00:04 - Point Unpleasant - Permalien [#]

06-03-12

Las tijeras del amor

BlackMarch

Avec toute la bonne volonté du monde, je suis incapable de trouver une telenovela qui ait des sous-titres.
Non, pardon, il me faut préciser : une telenovela qui m'attire et qui ait des sous-titres anglais. C'est plus honnête comme ça, reconnaissons-le.

Parce que des telenovelas avec des sous-titres, on en trouve par exemple sur Amazon (où une personne bien intentionnée a fait une liste probablement non-exaustive, par exemple) (n'oubliez pas, c'est Black March), mais le soucis c'est que ce ne sont pas là des séries qui m'attirent, et pour s'en assurer il suffit de lire les titres, ça marche dans 90% des cas pour connaitre le sujet de la série : s'ils contiennent les mots "amor", "pasion", "corazon" ou encore "destino", c'est que ça parle d'amour, de passion, de coeur, de destin, autrement dit c'est le cliché-même de la telenovela. Et dans ces cas-là, je n'y peux rien, j'ai un frisson désagréable qui me prend depuis les reins jusque dans la nuque, je me sens pas bien, j'ai le teint qui vire au vert, et je finis malade. On pourrait penser que j'exagère, sauf que j'ai déjà de gros problèmes avec les romances anglophones (ou sud-coréenne, c'est même ma grosse pomme de discorde avec ce pays), alors vous pensez bien que dans une telenovela...
Donc les amours impossibles, les triangles amoureux, les machins, tout ça en Espagnol que je ne parle pas, ça ne donne pas envie.

UnaMaidenManhattan
Actuellement, Una Maid en Manhattan, par exemple, diffusée par Telemundo, est l'exemple typique de série pour laquelle il faudrait me supplier pour que je regarde. On peut être curieux sans fouler aux pieds ses préférences personnelles, non ?!

Corazón Valiente, qui débute ce soir sur Telemundo également, ne trompe personne, en tous cas. J'avoue que j'ai jeté un oeil au pilote, disponible sur le site de la chaîne, et que j'ai eu l'impression que même la telenovela en espagnol était doublée en espagnol. Ca n'encourage pas à faire des découvertes ! L'histoire n'est pas très attrayante non plus, puisque les deux héroïnes, amies depuis l'enfance, deviennent gardes du corps, l'une tombant amoureuse de l'homme qui est sous sa protection (évidemment, il est marié à une pétasse insupportable, mais il a une fille avec elle et le sens du devoir donc ça va durer plusieurs dizaines d'épisodes), et l'autre qui se débrouille même pour tomber sous le charme du fils du trafiquant qui l'avait fait kidnapper quand elle était enfant. Il y a, certes, un peu d'action en perspective, mais qui semble plutôt vouée à servir ici de prétexte.

Je parle beaucoup de Telemundo parce que ça fait plus de 10 ans maintenant que la chaîne nord-américaine propose des telenovelas maison (au lieu de simplement rediffuser des séries achetées en Amérique latine), qu'elle les diffuse avec des sous-titres anglais, et pourtant c'est toujours la galère pour y avoir accès : pas de DVD, du streaming sans sous-titres, bref c'est infernal. Même par des moyens illégaux ! A désespérer des pirates.
Après on est d'accord que la qualité n'est pas absolument au rendez-vous ; entre le jeu des acteurs et la réalisation, on ne peut pas dire qu'on soit dans le haut du panier téléphagique, mais encore faudrait-il avoir accès à une variété décente de séries pour s'en assurer, et dans de bonnes conditions de découverte évidemment.

LaReinadelSur
C'est pour ça que j'étais quand même plutôt contente d'apprendre que France Ô avait fait l'acquisition de La Reina del Sur (ci-dessus), même si j'avais trouvé le pilote assez peu emballant quand je l'avais vu, à l'époque sans sous-titres ; à ce propos, je me suis aperçue en rédigeant ce post que les deux premiers épisodes étaient encore visibles en streaming, en VF et sans débourser un rond pendant 7 jours, à mon avis ça ne fonctionne donc plus que pour quelques heures, donc urgez-vous (moi-même je vais voir comment se passe le deuxième épisode par rapport au premier dés que j'aurai posté cet article). Hélas cent fois hélas, depuis que je n'ai plus de télévision, j'ai toutes les peines du monde à me discipliner pour allumer adsltv à une heure précise et à être au rendez-vous pour une diffusion. C'est un vrai problème et je me demande combien de téléphages pratiquant une consommation essentiellement basée sur le cagoulage partagent cette préoccupation, d'ailleurs : plus je cagoule, moins j'arrive à regarder mes séries à une heure imposée.
Sans compter qu'il y a le douloureux problème du doublage, déjà assez difficile à supporter en temps normal, mais qui confine à l'insulte dans le cas des telenovelas (et c'est pourtant quelque chose qu'on sait depuis la diffusion de Rubi par M6 ; las, le public des telenovelas n'est pas vraiment celui qui affectionne les sous-titres).
Dans ces conditions, j'ai fait une croix sur la diffusion de La Reina del Sur dés le matin du 1er mars, quand j'ai réalisé que, damned, j'avais ENCORE oublié de me mettre devant mon écran à l'heure dite, et que de toute façon, la version française n'est pas un moyen idéal pour découvrir une fiction sur laquelle on a quelques préjugés.

A tout prendre, le genre de série qui m'attire serait plutôt les "narconovelas" et assimilées : ce courant récent de telenovelas (une dizaine d'années environ) qui, même si inévitablement parlent de romance, laissent aussi la part belle à l'action, et même, à la violence.
Les histoires sont souvent dérangeantes, voire même trash (rappelez-vous de Sin Tetas No Hay Paraíso, qu'on a déjà évoquée) et là on commence à discuter. Instinctivement je serais tentée par ces séries, comme beaucoup de téléphages classiques, il me semble, pourraient l'être plus facilement que par une romance niaise. Si seulement on en avait la possibilité de façon décente.

Rosario Tijeras est l'incarnation de tout ce qu'un pitch de telenovela peut me donner envie de regarder, et c'est une série sur laquelle j'ai l'oeil qui traine depuis de nombreux mois, convoitant en secret ses épisodes, puis me ravisant chaque fois que je mets la main dessus. Car, sans sous-titres ? La VOSTM, ça va pour un pilote, mais sur 70 épisodes, euh...
Mais malgré ce, oh, tout petit inconvénient, rien ne m'attirera, je pense, autant que Rosario Tijeras, et il y a de fortes chances qu'un jour je succombe à la tentation. Aussi je vous en délivre le résumé.
Il s'agit de l'histoire d'une jeune fille qui a grandi dans un bidonville, qui est violée à 14 ans, et qui se sort de cette horrible expérience en, hm, Messieurs ne lisez pas la fin de cette phrase : en castrant l'un de ses agresseurs avec une paire de ciseaux. Je vous avais prévenus. Elle grandit avec, on s'en doute, un tout petit peu de haine, et se met à vouloir se venger des hommes... sauf que bien-sûr elle va en rencontrer deux, diamétralement opposés, et son coeur va balancer tout en les entrainant dans son sillon de destruction. Voyez comme tout de suite, avec une histoire pareille, l'intrigue amoureuse, on s'en tape un peu. Même si on n'y échappera pas, et ça fait partie des bases du genre après tout, on sent bien qu'il se trame quelque chose dans Rosario Tijeras qui n'est pas exactement le cliché de la telenovela romantique.
Et puis, María Fernanda Yépez sait se montrer convaincante, aussi :

RosarioTijeras Rosario Tijeras, qui fait très envie. Téléphagiquement, je veux dire.

Bien bien bien. Donc en fait, je voulais juste dire que, les telenovelas, cycliquement j'essaye de m'y intéresser, mais je trouve que pour le moment, on n'est pas aidés. Que les chaînes mexicaines, colombiennes, argentines et autres ne tentent pas de rendre leurs produits attirants pour le public téléphage, bon. Après tout ces séries se vendent très très bien à destination des ménagères, qui est son public-cible et qui permet à ces séries de s'exporter sans grande peine depuis des années (même si dans de plus en plus de pays, on constate un recul de la telenovela au profit... des romances sud-coréennes). Pourquoi les chaînes sud-américaines changeraient-elles une politique qui marche ? Pour intéresser les téléphages, au pire, elles ont de toute façon les nocturnas (genre Lynch qui commence bientôt et qu'on a pu évoquer ; gageons que celles-ci seront plus facilement prises en main par des fansubbers hispanophiles), et les vaches sont bien gardées.
Mais si les chaînes au moins nord-américaines ou françaises s'en donnaient la peine, et proposaient des telenovelas plus faciles d'accès pour un public plus exigeant, on pourrait peut-être enfin leur donner une chance ! Sans vouloir vous commander.

Je sais bien que mes protestations de téléphage resteront lettre morte. Dans certains domaines, je suppose que si on veut vraiment être curieux, on n'a qu'à pas être regardant, et pis c'est tout. Mais j'avais envie de râler, voilà.
Et, oui, je me sens mieux de vous avoir dit ce que j'avais sur le coeur, merci d'avoir demandé.

Posté par ladyteruki à 01:18 - Point Unpleasant - Permalien [#]

08-01-12

En attendant l'attente

Aidez-moi, je ne me rends pas compte... depuis combien de temps on nous fait le coup ? J'ai l'impression que ça ne fait que quelques années (genre avec Caprica et Glee) qu'on nous file un pilote et qu'ensuite on nous laisse pourrir en attendant la suite.

Dans le cas de Luck, diffusé en avant-première par HBO en fin d'année dernière, je vous avoue que ça ne m'embête pas : je n'ai pas l'intention de poursuivre au-delà du pilote, de toute façon. HBO peut bien teaser à volonté, ça ne me touche pas. Le pilote vu, je me suis fait un avis.

Mais ça fait plusieurs semaines maintenant qu'on a vu le pilote de House of Lies, cette fois sous la forme d'un leak histoire de varier les plaisirs, et l'attente est devenue irritante au plus haut point. Parce que le pilote était vraiment sympa, en dépit d'un démarrage un peu lent, et que j'ai envie de voir ce que ça va donner sur le long terme, la façon dont les choses vont se développer : plus de cynisme sur le monde du business, ou plus d'intrigues personnelles pour le héros ?
Bref, je fais partie de ceux (apparemment pas si nombreux que ça ?) qui attendent avec impatience la suite. Et pas parce que Kristen Bell gnagnagna.

Alors je ne suis pas en train de dire que c'est une tendance à proprement parler, mais le fait est que, il y a quelques années encore, je n'avais pas l'impression que ce genre de pratiques était monnaie courante. On diffusait le pilote, la semaine d'après on diffusait la suite, point barre. Il y a forcément des contre-exemples, il y a TOUJOURS des contre-exemples, mais il ne semblait pas que c'était fait volontairement, mais plutôt parce que le backdoor pilot avait fait ses preuves et qu'il fallait tourner la suite, ce genre de choses. Les leaks organisés par les chaînes étaient plus rares, les diffusions n'étaient pas faites uniquement pour teaser, il y avait une sorte de cohérence.
Depuis quelques années, on tease à mort, on relâche la pression pendant des semaines voire des mois, et pouf, après on revient la bouche en coeur pour une "vraie" diffusion.

Et ma question est : ce genre de techniques, ça apporte réellement un plus, ou pas ? C'est une vraie question.

En tous cas j'ai comme l'impression qu'il y a un connard de consultant payé à brasser de l'air qui s'est pointé chez quelques chaînes câblées cet automne, pour leur pitcher une présentation du genre de celle-là :

HouseofLies-1

HouseofLies-2

HouseofLies-3

Le plus "drôle" ? Quand la diffusion va vraiment commencer ce soir sur Showtime... il faudra attendre une semaine de plus pour un inédit.
Enfoirés.

Posté par ladyteruki à 23:37 - Point Unpleasant - Permalien [#]

21-10-11

Le but et le moyen

"Bon bah c'est une série de Showtime, quoi".
C'est le genre de chose que j'ai la sensation d'entendre de plus en plus souvent. Avant, on faisait déjà des généralités sur une chaîne : CBS et ses séries policières sorties d'une chaîne de montage, la CW et ses merdes dédiées aux ados volontaires pour se faire trépaner, ABC et son goût pour les annulations absurdes...
Et ça donnait déjà des réflexions du genre "je ne voyais pas du tout cette série sur cette chaîne", alors que, bah écoutez les petits, justement, elle y est, c'est donc bien que si.

Mais j'ai l'impression que de plus en plus, on inverse cette façon de penser en décrétant qu'une chaîne ne peut jamais faire que la même chose.
Ainsi, pendant The SeriesLive Show, au cours de la saison passée, ai-je pu entendre régulièrement une petite phrase qui n'avait l'air de rien, mais qui sur le long terme m'a paru agaçante ; par exemple à l'occasion de laquelle l'un de mes camarades avançait que The Walking Dead n'avait rien d'une série de AMC. Ecoutez, si une série sur la survie (hautement improbable) en milieu zombie n'est pas à sa place sur AMC, je ne refuse pas qu'on me dise sur quelle chaîne et nulle part ailleurs elle s'imposait comme une évidence. Évidemment, HBO, FX et Spike (en supprimant le budget sport) auraient pu le faire en toute légitimité, mais je ne vois pas en quoi AMC est moins autorisée à passer ce genre de commande. Après tout la politique de fictions de la chaîne a l'âge de Mad Men (occultons Remember WENN et The Lot que, osons le dire, personne n'a vues), et on ne peut même pas dire que Le Prisonnier (New Gen) soit du même tonneau que Breaking Bad, ni Breaking Bad de Rubicon. Ajoutez à ça The Killing qui est, en plus, un remake de séries étrangère, et non une création originale (voyait-on AMC donner dans le remake ?), et vous avez tout compris. Rien ne fait spécialement sens. Il n'y a pas un ton unique. Il n'y a pas une volonté unique. L'idée est d'aller chercher la qualité sous toutes ses formes, qu'elle emprunte un ton grand public (The Walking Dead) ou s'adresse à une audience plus restreinte (Mad Men).
Et entre parenthèses, parfois ça marche, et ça donne une vraie série de qualité qui enthousiasme la critique, et parfois ça ne marche pas, dans le sens où la série laisse les observateurs circonspects et/ou reste trop confidentielle.

On pourrait le faire de beaucoup de chaînes, d'ailleurs. Car si sur HBO, le mot d'ordre est également censé être la qualité, rappelons qu'elle revêt des formes très variées (euphémisme), de Boardwalk Empire à True Blood en passant par Entourage, Bored to Death et East Bound and Down (notez bien que je n'entre même pas sur le terrain de mon avis personnel sur ces séries ; mais si vous y tenez, il y a les tags).

Bien-sûr, il y a des points communs, et je ne nierai pas que pour Showtime, il est facile de généraliser à partir du fait que les séries sont souvent centrées sur un personnage féminin (d'ailleurs SNL ne s'est pas gêné l'an dernier pour le signaler, oubliant de façon fort pratique ce bon Dexter dans sa démonstration), mais ça ne fait pas tout. Et le ton ? Et le sujet ? Bien que j'aime ces deux séries, jamais il ne me viendrait à l'idée de comparer Nurse Jackie à The Big C, par exemple. A contrario, il vient à l'idée de tout le monde comparer Enlightened à The Big C. Oups, pas la même chaîne.

Alors on étiquette. Showtime ne peut faire que des séries de gonzesses (oups Dexter), HBO ne peut faire que des séries de qualité (oups True Blood), CBS ne peut faire que des séries policières (oups The Good Wife)... "Ouais nan mais là lady, c'est facile, moi aussi je peux le faire et trouver une exception, n'empêche, c'est quand même vrai en général".

Eh bien non, pas en général, si on y réfléchit. Peut-être que dans le fond ça souligne surtout une chose : la perception que nous, nous avons de l'identité d'une chaîne.
Par exemple, j'en parlais dans les commentaires cet aprem avec Tony sur un autre post, mais pour moi, ABC est le network des annulations scarifiantes. Pourtant j'ai été peinée, il y a quelques mois encore, par des extinctions sur d'autres chaînes, à l'instar d'Outsourced sur NBC, mais il reste assez criant pour moi qu'ABC a annulé des séries comme Pushing Daisies (obviously), Samantha Who, Better Off Ted... Pour d'autres que moi, ces annulations seront passées plus en douceur, là où d'autres auront marqué, faisant d'une autre chaîne l'ennemi à abattre.
Alors du coup cette perception varie d'un spectateur à une autre.

HomelandisDashow
Et c'est pour ça que toujours un peu irritant quand j'entends l'un de mes comparses du SeriesLive Show attaquer Showtime au pied de biche de façon systématique, parce que j'ai l'impression que cette généralisation empêche d'aborder toute nouveauté avec un oeil neuf. Il n'y a pas que du bon sur Showtime, et je ne regarde certainement pas toutes les séries de Showtime, mais je trouve étrange qu'on veuille juger une série à l'aune de la chaîne sur laquelle elle est diffusée. Je n'ai même pas envie de défendre Showtime, ou ABC, ou NBC, ou CBS, ou AMC, ou que sais-je. Je ne vois pas plus l'intérêt de les "sauver" en bloc que des les dénigrer systématiquement.
Je trouverais simplement plus juste qu'on juge une série sur ce qui est diffusé, et non sur qui la diffuse.

Voilà, c'était le coup de gueule du jour, mais avouez : ça faisait longtemps.

Posté par ladyteruki à 23:02 - Point Unpleasant - Permalien [#]

03-08-11

United States of Canada

Par un curieux concours de circonstances, je parlais de séries canadiennes aujourd'hui au boulot, alors que les nominations pour les Gemini Awards étaient publiées (...plus tôt que l'an dernier, alors je jure que c'était pas prémédité !).

A mon interlocuteur, un telambda qui a lâché l'air de rien dans la conversation ya pas deux jours qu'il a l'intégrale de la série Oz à la maison (c'est pas banal, pour un type qui regarde des séries en dilettante !), je soutenais qu'il y avait de très bonnes séries canadiennes. Il se peut que le nom de The Yard ait été prononcé à un moment ou un autre dans la conversation... d'ailleurs pendant que j'y pense, votez ! Et mon interlocuteur d'esquisser un petit mouvement d'épaule, un peu le même que je me souviens l'avoir vu faire quand je me suis réjouie de l'arrivée de mon DVD de Capitu, genre "mais elle en a de drôles d'idées quand même !", pour me signaler que s'il y avait de bonnes séries canadiennes, ça se saurait. Et pis de toute façon ça passe pas à la télé américaine, alors...
Et pour contrer ça, je commence à avoir la technique.

Flashpoint
C'est le moment où je ressors mes chiffres et j'explique que, l'été, Flashpoint ou Rookie Blue font plus qu'une rediff d'une série américaine.
C'est le moment où j'explique que plein de séries sont des co-productions avec le Canada.
Et puis c'est le moment où je sors une liste de séries canadiennes, pour tout ou partie. Et pour ça vous allez pas me croire, mais ya un truc super pratique qui s'appelle la page Canada de Séries du Monde.

En général (et c'est là que je trouve qe les chaînes françaises font très mal leur travail), les séries québécoises, à l'exception du Coeur a ses Raisons, c'est le néant. Ca me fait enrager mais c'est comme ça, et je vais pas changer le monde pendant que je change la bonbonne d'eau devant le bureau.

Par contre, si toutes n'éveillent pas nécessairement d'ardents souvenirs téléphagiques (mais qui peut se vanter de connaître TOUTES les séries américaines, hein ?) du côté de l'anglophone on a droit en général à une suite d'exclamations surprises et vaguement embarrassées. Sur l'air de : "ah ouais ? celle-là ? ah bon ? j'aurais pas cru tiens... oh et ça je connais ! bah ça alors...", comme si la nationalité canadienne était la garantie de plonger dans l'underground. Soyez pas surpris comme ça, les gens, je suis pas en train de vous parler de séries australiennes quand même. Là je veux bien admettre qu'on est souvent dans le flou et qu'on n'en a qu'une sélection très partielle (en cas de doute, n'hésitez pas à relire l'article de présentation du pays).

Mais apparemment, il y a à une barrière mentale difficile à franchir. Parce que Canadien équivaut nécessairement à miteux. Alors on est d'accord, ya pas forcément les mêmes budgets derrière, mais il y a de bonnes choses, au Canada. Comme The Ya-... comme plein de séries. La plupart du temps, des séries que vous teniez pour américaines ne le sont pas.

Ca devrait apprendre quelque chose aux spectateurs sur les préjugés qu'ils ont sur certaines séries du monde... mais parfois le bloquage est tenace. Ce n'est pas du racisme, on est d'accord, mais ça traduit une drôle d'idée qu'on peut se faire de la planète, vous ne trouvez pas ? Quand je pense que j'avais ce genre de mentalité il n'y a pas si longtemps, et que je l'ai encore pour certains pays (majoritairement européens, genre Allemagne, Italie...), ça me remet les idées en place. Je fais ce que je peux pour faire évoluer les mentalités autour de moi... mais la mienne n'est pas encore au top.

Cela dit je cherche toujours de solides séries allemandes, et très franchement, sortie du policier et de l'action (genre Alerte Cobra), je ne trouve pas grand'chose (et quand je le trouve en tant qu'info, j'ai du mal à le trouver en tant que pilote).
Est-ce que ça signifie qu'il n'y a pas de fumée sans feu, ou que je n'ai pas encore assez gratté ? Je crois qu'après avoir découvert tant de contrées enrichissantes, je vais sérieusement approfondir mes recherches sur nos voisins... mais soyons sincères, quand il y a déjà tant de bonnes choses au Canada, en Australie, au Japon et ailleurs, c'est difficile de soutenir la comparaison.
C'est peut-être ça, le coeur du problème ?

Posté par ladyteruki à 23:00 - Point Unpleasant - Permalien [#]


29-07-11

Si c'est comme ça eh ben...

Ce soir, ils reviennent ! Les trublions du SeriesLive Show comme vous ne les avez jamais entendus...

Ces mots étaient supposés introduire un post extatique sur le retour du SeriesLive Show en ce mois de juillet. Mais un bug m'en a vicieusement empêchée. J'avais une ou deux heures pour trouver une nouvelle idée de post et agir en conséquence, rédiger un post l'air de rien, et pas faire ma chieuse.

Parler de mon tout nouveau DVD de Downton Abbey. Parce que je trouve que je me vante pas assez souvent.
Faire un post sur mon visionnage des 10 premiers épisodes de Friday Night Lights (oui j'ai commencé dimanche soir, pourquoi ?)
Finir d'ajouter des arguments à mon post sur le sexe dans les séries, dû à l'abus de Noah's Arc et Exes & Ohs.
Evoquer mes projets pour le blog parce qu'il s'avère qu'il y en a. Et qu'ils prennent presque forme, dites donc.

Les idées ne manquaient pas.

Mais non. Je suis infiniment trop fâchée. Ouais, je suis un bébé qui boude, on peut le dire.
Nan mais des fois, on voudrait juste que les gens soient un peu rigoureux, quoi. Alors juste une fois, c'est moi qui ne vais pas l'être. Je sais pas encore si vous serez plus indulgents que moi mais pour ma défense, on ne peut pas dire que vous manquiez de lecture ce mois-ci avec mes posts quasi-quotidiens...

Posté par ladyteruki à 23:01 - Point Unpleasant - Permalien [#]

14-05-11

Used to be everything you want

Chaque année c'est le même cirque. Le même sentiment d'invincibilité. Chaque année on se dit qu'on s'en fiche. Ou au moins, qu'on s'y intéresse un peu moins. Chaque année il y a eu tellement de découvertes qu'on se dit que ce n'est plus pareil, ce n'est plus comme à l'époque où on regardait trois ou quatre séries, toutes à la télévision, et que les annulations faisaient tout. Non, aujourd'hui on a plus de choix, on a découvert des sources intarissables de nouveautés, et on espère que la loi du nombre va relativiser tout ça.
Chaque année, les premières annulations tombent et on hausse les épaules.

Et chaque année on tombe des nues quand tout d'un coup, on découvre qu'on n'était pas immunisé contre la déception.

Ilsontose
Cette saison, contre toute attente, a vraiment été celle des comédies pour moi. L'automne a été marqué par trois comédies que j'ai suivies amoureusement chaque semaine, du moins quand elles nous faisaient l'honneur d'être diffusées régulièrement. Pour moi qui ai toujours préféré les drames et les dramédies, c'était nouveau. Mais j'avais trouvé trois séries, à la rentrée, qui m'avaient vraiment plu, pour différentes raisons pourtant.

Il y avait Raising Hope. C'était décalé, et en même temps ça me plaisait de voir une famille aussi chouette à la télévision. Raising Hope a été renouvelée il y a un bail déjà ; pour cette raison, ce post ne lui sera pas consacré, bien que ça n'enlève rien à son mérite.

Il y avait Better With You. Avec un cast épatant à l'alchimie palpable, le sitcom était peut-être traditionnel à bien des égards mais il fonctionnait parfaitement. Et en tant que nostalgique de Committed, c'était vraiment un plaisir de chaque instant de voir la radieuse Jennifer Finnigan retrouver son comparse Josh Cooke et reformer l'un des duos les plus doux-dingues de la décennie, avec la joie supplémentaire de voir JoAnna Garcia se joindre à la fête, et Debra Jo Rupp, l'une des valeurs sûres de la comédie américaine, venir rajouter son énergie à tout cela. Qu'importaient les gags parfois convenus, les éternelles comparaisons entre les trois couples, et l'absence presque totale de character development. Better With You faisait tout simplement chaud au coeur parce qu'on s'y sentait sincèrement en famille, vraiment.

Et puis il y avait Outsourced. L'une des comédies les plus barrées de ces dernières années, et pourtant dotée d'une humilité rare, et capable de capturer ce que peu de séries savent effleurer : une joie sincère de divertir. J'ai rarement vu un cast se donner autant de plaisir à nous faire plaisir, à faire les dingues sans se prendre la tête, pour le plaisir d'être là. Je me repasse souvent la scène du cirage du couloir, parce que pour moi elle cristallise vraiment la bonne humeur pure et joviale qui ressort de cette série. Outsourced n'était pas de celles qui gagnent des Emmies à la pelle, mais elle avait un don exceptionnel, celui d'être honnête sur ses objectifs comme elle pouvait l'être sur son sujet, la différence culturelle. J'ai ressenti devant Outsourced une joie des plus sincères, que la plupart des comédies, conditionnées par des décennies d'expérience dans le rire préfabriqué, ne peuvent fournir (et Better With You que j'ai pourtant aimée en faisait partie, qui comme tant de séries humoristiques de ces dernières années n'a jamais su dépasser son cahier des charges). Dans Outsourced, je (re)trouvais le plaisir de rire des choses simples, l'envie de simplement profiter de la vie comme de grands enfants, la volonté de rire autour de sujets qui dans d'autres contexte crispent. J'ai eu l'impression d'assister pour la première fois à une comédie américaine capable de recréer l'innocence qu'on trouve dans tant de séries orientales, comme si elle avait pu s'affranchir totalement des codes blasés de la comédie qu'on a si souvent vus, et qu'on verra encore. Je ne m'intéressais pas aux axes romantiques, mais je dois aussi reconnaître qu'en plus, la série avait un don assez exceptionnel pour nous rappeler certaines comédies romantiques asiatiques. C'était simple, et pourtant la série offrait beaucoup, dans des performances individuelles et de groupe souvent ébouriffantes de rythme et d'énergie, où le seul acteur un peu moins drôle que les autres finissait toujours par être emporté par le tourbillon pour donner de bonnes scènes.

Je me suis fait deux mini-intégrales d'Outsourced en cours de saison, une pendant la trève hivernale et l'autre fin mars, et j'en aurais dévoré encore pendant de nombreuses autres saisons avec le plus grand plaisir.

UsedtobeBetter
Mais ce ne sera pas possible. Et je suis fâchée, peut-être même vraiment en colère, et j'ai envie de tout plaquer et je me demande ce que je vais bien pouvoir regarder à la télévision l'an prochain, et soyons honnêtes, c'est comme ça depuis quelques années, la plupart des séries que j'aime ne durent qu'une ou deux saisons, et chaque année il y a cette sensation de tout recommencer, en sachant qu'on en est encore à faire le deuil de séries qu'on a sincèrement aimées, mais qu'il faut essayer de donner une chance équitable aux nouveautés.

On croit qu'on va être stoïque. Et puis on se met à verser une petite larme et on admet qu'une fois de plus, on n'est rien d'autre qu'une petite fille à qui on vient de crever le ballon de baudruche.

Mais vous savez quoi ? Dans quelques mois, il en viendra d'autres, et quoi que j'en dise ce soir sous le coup de la déception, je finirai par trouver une autre série qui me tienne pendant toute une saison, et je serai encore triste quand elle sera annulée. C'est idiot, hein. Mais on continue. Parce que si on ne voulait pas aussi prendre ce risque de s'attacher en dépit des annulations... on serait des cinéphiles, je suppose ? Et puis, peut-être aussi qu'on le cherche un peu, ce sentiment désolant de vide quand viennent les annulations ; ça nous permet de vérifier qu'on s'était attachés.

Alors, je vais finir ce post comme certains épisodes se finissent.

Annulees

Posté par ladyteruki à 00:15 - Point Unpleasant - Permalien [#]

08-04-11

Touche pas à ma curiosité

"Oh non, elle va ENCORE râler..."
Bah oui mais c'est pas pour rien si une rubrique Point Unpleasant existe. Il y a du matériel pour râler sur le traitement des séries en France. Mais cette fois-ci, ma diatribe ne s'adressera pas aux diffuseurs, aux distributeurs ou... non, mon post bileux portera d'abord et avant tout sur l'information téléphagique.

Il y a quelques jours, je vous entretenais de ma frustration suite à la découverte de l'existence du pilote de Let's stay together, dont personne n'avait eu l'idée de faire une review à ma connaissance, rapport entre autres au fait que peu de monde a pensé à mentionner que la série allait être diffusée. Cette frustration s'étend en fait bien plus loin.

On ne peut pas attendre des sites d'information généralistes qu'ils se diversifient et entrent dans le détail de TOUTES les séries diffusées par quelque moyen que ce soit. Mais il pourrait quand même y avoir un effort, ne serait-ce que par des sites indépendants.

Par exemple, où est le site d'information pour nous parler des webséries ? Je vous jure que je l’ai cherché, mais j’espère que l’un d’entre vous en commentaires viendra m’expliquer que je n’ai pas assez bien cherché (et me filera un lien).
Des webséries, on aura du mal à faire le tour, parce que quand une websérie apparait sur le net, elle peut parfois rester cachée aux yeux du grand public pendant pas mal de temps, voire rester absolument confidentielle. Certes. Cela étant, je veux bien qu’on me donne la raison pour laquelle personne n'a mentionné le projet de websérie de Felicia Day, Dragon Age, ou le fait que Kiefer Sutherland est au générique d'une websérie, The Confession, ou encore que Riese, à l'origine une websérie steampunk au parcours similaire à celui de Sanctuary, va prochainement passer sur de nos écrans d’internet à celui des télévisions françaises via SyFy France. Là, franchement, je vois pas l'excuse (bon moi je vous en aurais bien parlé, pour Riese, mais la grève a fait que, déjà, j'ai surveillé d'un peu moins près l'actu, soyons sincères, et de l'autre, bah j'aurais pas posté même si je l'avais su le jour-même où l'info est sortie ; d'un autre côté pour une fois Allociné a dû en parler, vu qu'ils sont partenaires, mais ça c'est juste la gratitude du ventre, et pas une ligne éditoriale).
Bon, on ne parle pas de trois copains qui filment une websérie dans leur chambre d'étudiants et montent un site vite fait, ni d'une obscure production venue d'un pays dont personne n'a rien à taper, là, tout de même. On parle de projets soutenus par des gens connus et/ou des chaînes connues aux States et/ou au Canada. Qui pour parler de ça ? Je ne dis pas que SeriesLive, pour parler d'un site d'info que je connais bien, devrait s'y mettre. Ça ne nous tuerait pas d'essayer, c’est sûr, mais il faudrait certainement que ça parte d'une volonté et d'un effort de recrutement spécifiques ; la rédaction est déjà bien assez chargée sans cela. Mais pourquoi n'ai-je réussi à trouver aucun site d'information francophone sur le sujet ?

Sans aller aussi loin, pour être informé sur les séries britanniques aussi bien qu'on l'est (et pourtant, on l'a dit, ce n'est pas parfait) sur les séries américaines, il faut chercher.
Personnellement je tente de m'éduquer à la télévision britannique depuis quelques mois, comme vous le savez, mais pour dégoter mes infos en Français, c'est un peu la galère.

Et si je cherche mes infos en Français, alors que je n'ai pas du tout le problème de la barrière de la langue (du moins à l'écrit) c'est tout simplement parce que sur un site francophone, l'info est DIGEREE. En gros, si je me contente des comptes Twitter et des sites que je fréquente en tout bien tout honneur, je tombe sur une information destinée à des gens qui savent déjà de quoi il retourne, alors que sur un site francophone, le rédacteur fait souvent l'effort de la pédagogie. Ca passe par un rappel de la série dont on parle (qui l'a créée, sur quelle chaîne elle est diffusée, son sujet), de son histoire (diffusion, audiences), et des données permettant de prendre la mesure de l'information donnée. Certes, on arguera que Critictoo (encore eux) s'emploie à faire ponctuellement ce travail, bien que leur mission première ne soit pas l'information mais plutôt la critique. Mais ça fait un peu peu, quand même, et surtout la dominante y est encore clairement américaine.

Et encore, tout ce qui est américain n'est pas digne d'être mentionné. On parlait des séries "ciblées" avec Let's stay together, opportunément laissées de côté par la plupart des sites d'infos (et de reviews mais je vous refais pas le post, hein). Quid aussi des soaps ? Personne pour nous parler en France de l'actu des soaps, alors qu'ils sont pourtant diffusés sous nos latitudes. Comble de l'ironie, actuellement sur SeriesLive on parle plus de soaps britanniques, grâce aux bons soins de Clovis qui suit entre autres l'actu de Coronation Street, que d'américaines, alors que Coronation Street en France, je veux bien qu'on me dise sur quelle chaîne ; on fait avec ce que les rédacteurs peuvent faire, après tout. Mais vous comprenez, les soaps c'est dégradant, c'est idiot, c'est débile. Pourtant on s'aperçoit que, non, pas tous les soaps, on veut bien parler de soaps français (encore que sur Plus Belle la Vie, ça s’est quand même bien calmé), dans une certaine mesure mais bon, c'est Français, alors on fait un effort, surtout vu les audiences des primes, ça draine du lecteur, on veut bien faire un effort.
Je n'aime ni ne regarde rien de tout ça, et je ne suis pas chez moi aux bonnes heures de toute façon, donc même si je le voulais, bon, hein... mais force est de constater qu'on n'en parle pas au public téléphagique. Qui pourtant s’intéresse aux séries. Et qui, de vous à moi, quand il regarde déjà Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives, n’est pas totalement hors-cible non plus.
Pour les soaps, toutes considérations qualitatives mises à part, c'est pourtant intéressant de voir le nombre d'acteurs connus des téléphages qui y sont passés... ou retournés. Des acteurs qui sont souvent très aimés, mais dont on a l’impression qu’ils sont subitement tombés de la surface du monde. Vous voulez des nouvelles de Vanessa Marcil (Beverly Hills, Las Vegas) ? Son retour dans General Hospital a été l'un des temps forts de l'année 2010 pour la série. Son imminent départ semble aussi s'annoncer comme un petit évènement, alors que son retour avait été apprécié par de nombreux fans. Qui va vous le dire ? Personne. Parce que les soaps, c'est trop débile, c’est dégradant de parler des soaps ; oh, il y a plein de monde pour les regarder (et pas toujours des ménagères de 50 ans !!!), mais en parler, ah non, là ya plus personne, on ne mange pas de ce pain-là nous, on est une publication respectable !

Cette tendance à parler de façon très sélective de sujets téléphagiques, orientant par la même occasion la perception du public, ça commence à m'user.

Bon, je sais pas pour vous, mais en gros, même si on a parfois l'impression que la passion pour les séries est un microcosme, on reste quand même dans une information très mainstream.

Certes, sitôt que les épuisants délais de codage chez SeriesLive seront résolus (puisque les choses avancent, enfin !), on y retrouvera enfin l'actualité des télévisions du monde, ce qui devrait nous permettre de voir un peu plus loin que le bout de notre nez actuel, mais enfin, personnellement moi, j'étouffe.
Plutôt que 712 faisant de l'information téléphagique eprenant tous les mêmes photos (piteuses) du tournage de Wonder Woman (2011), j'aimerais bien qu'il y en ait pour se découvrir des burnes, une fois de temps en temps, pour faire un effort et choisir un sujet un peu différent, une valeur ajoutée, un plus produit - n'importe lequel : les webséries, les séries britanniques, les soaps, les télénovelas, ou pourquoi pas les productions venues des DOM TOM, d’Afrique sub-saharienne, du Maghreb ? Ca vous regarde, les mecs ; chacun vient avec ce qu'il a, choisissez juste un truc sur lequel vous êtes pas plus con qu’un autre, et parlez-en.

Bon Dieu, c'est pas compliqué : PARLEZ-EN.

Je dis pas que vous aurez des millions de visiteurs qui n'attendaient que ça. Ce sont des niches. Mais on a besoin de ces niches. Ne le faites pas pour ceux qui savent de quoi vous parlez ; ceux-là ont déjà leurs canaux d'information. Faites-le pour ceux qui ne le savent pas encore. Si chacun prend un petit bout, on finira par proposer une vraie vision d'ensemble de la télévision, et traduire la véritable richesse de notre univers.
Ou alors on admet qu’on est des décérébrés qui se contentent de regarder ce qu’on leur donne sans chercher plus loin, et on arrête les frais. Personnellement, c'est pas ma conception du mot "passion".

Mouton

Posté par ladyteruki à 21:47 - Point Unpleasant - Permalien [#]

11-02-11

Tu peux courir

Démotivée, mais pas inactive. Depuis l’annonce de l’espacement de mes activités, je n’ai pas chômé : entre la première saison de The Practice (initiée, comme vous le savez, plus tôt la semaine dernière), et une intégrale de Modern Family en quatre jours (oui, je sais, ça m’a étonnée au moins autant que vous, si vous me le demandez en commentaire, je vous dirai comment c'est possible), on ne peut pas dire que j’aie manqué d’occupations téléphagiques.
Mais aujourd’hui je ne vais pas vous parler de ces séries récentes, parce qu’aujourd’hui, j’ai eu un coup de cœur pour une série que je n’ai jamais vue. Ce sont des choses qui arrivent.

Tout a commencé alors que j’écumais la base de données de Wikipedia afin de trouver des titres de séries ayant débuté en 1965. Une lubie. L’envie, certainement, d’essayer de me lancer dans le visionnage d’une vieille série, ce qui, avec mes aventures internationales, ne m’est pas arrivé depuis quelques mois. Bref, une idée comme ça, imprévisible, et qui n’a eu comme seule conséquence que de m’interroger sur les pitches qu’on pouvait trouver cette année-là.
J’étais donc en train de trouver qu’il y avait quand même une majorité de séries "bon enfant", "tous publics" ou encore "classiques", en un mot, pas forcément affriolantes sur le seul plan du pitch, quand soudain me voilà à cliquer sur la page de Run for your life. Et moi de tomber en pâmoison devant ce résumé comme conçu pour me faire rêver. Jugez plutôt : quand son médecin lui annonce qu’il ne lui reste plus qu’un an ou deux à vivre, l’avocat Paul Bryan décide de partir à l’aventure et de profiter de ses derniers jours en faisant tout un tas de choses qu’il souhaite accomplir avant de mourir. De toute évidence, il ne s’agit pas d’une comédie (quoique, bon, je ne serais pas fermée à ce genre de sujet en comédie, je suis bien capable de suivre une comédie sur une alcoolique à la dérive… ou une autre sur une cancéreuse), mais bien d’une véritable série dramatique, dans le sens le plus strict du terme. Et pourtant, outre un concept riche permettant énormément de choses, c’est aussi une belle idée, non ?
Ce qui a fini de m’achever, c’est qu’en poussant mes recherches juste un peu, je suis tombée sur des répliques, comme celle ouvrant le générique : "Guess I'll try to squeeze 30 years in a year... or two". Et alors là, comment vous dire ? J'ai fondu.

Runforyourlife

J'ai fondu, mais à l'émotion téléphagique a très vide succédé une autre émotion : une vive colère. Ça doit être mon truc en ce moment, je suppose.
Parce qu'il s'avère que Run for your life, qui apparemment a été diffusée par l'ORTF (...oui, l'ORTF) sous le titre de Match contre la vie en 1969, et même pas en intégralité, n'a depuis jamais été rediffusée en France. Donc non seulement vous et moi n'étions pas nés lorsque la séries a été lancée, mais vous et moi n'avons jamais eu l'occasion, de notre vivant, de voir la série non plus depuis.

Sur ce blog, j'ai déjà maudit, pèle-mêle, les problèmes suivants :
- l'impossibilité de voir une série être diffusée correctement de façon à la suivre de bout en bout (et d'ailleurs The Practice est tristement parlant à ce sujet)
- l'impossibilité de voir une série être diffusée en France dans des délais raisonnables, ce qui fait de The Good Wife un cumulard vu le point soulevé ci-dessus
- l'impossibilité de revoir une série peu connue n'ayant pourtant pas plus de 10 ou 15 ans
- l'impossibilité d'accéder à des séries étrangères parce que les fansubs ne suivent pas
- l'impossibilité d'entendre parler des fictions des nombreux pays étrangers, comme ça c'est réglé, inutile d'être curieux, vous vous faites du mal
- et, pour finir cette liste non-exhaustive, l'impossibilité d'entendre parler correctement des fictions de certains pays étrangers, parce qu'il s'agirait pas non plus de vous donner les outils pour vous ouvrir sur le monde téléphagique
Bon, j'ai donc beaucoup râlé, c'est un fait. Et quelque part dans les posts dont je ne me souviens pas aussi bien, il doit y avoir un plaidoyer pour l'édition DVD décente de séries moins populaires... ah ça y est, je l'ai retrouvé.

Ajoutons-y donc aussi, désormais, un laïus sur le fait qu'il y a certaines séries, jugées trop anciennes, qu'on ne nous permet pas de découvrir parce qu'on n'a pas à être curieux, manquerait plus que ça. Je sais bien qu'on parle d'un marché de niche et pas franchement d'un phénomène qui ne demande qu'à remplir les poches des diffuseurs et/ou distributeurs, mais nom d'un chien, lequel parmi vous va se piquer en premier de proposer un Hulu à la française pour des séries qui ne sont plus rediffusées ou ne l'ont jamais été, ou, sans aller si loin, une simple rediff en nocturne pour des séries des années 60 et 70 ? Chais pas, ça fait bien 10 ans que les rediffs de Série Club semblent sempiternellement être les mêmes ! Bon, je suis de mauvaise foi, je n'ai plus Série Club, mais si j'apprenais que la chaîne se lançait dans un projet de ce genre pour participer à la culture série, j'y penserais quand même à deux fois, plutôt que voir que ce sont encore et toujours les mêmes vieux sitcoms français qui constituent l'essentiel de ses grilles en heure creuse...
Et même, vous savez quoi ? Si les chaînes ont peur de pas rentrer dans leurs frais en se lançant dans une diffusion ou une autre... bah juste lâcher gentillement les droits dans le monde magique de l'internet et laisser les fichiers se faire cagouler par les 10 pèlerins que ça intéresserait, je pense que ça serait un beau geste, quoi.

Tout ce que je voulais, cette semaine, en dépit des 38 épisodes de Modern Family en quatre jours, de la saison (et un peu plus, en fait : j'ai entamé la deuxième) de The Practice, de l'attachement grandissant pour Harry's Law et Fairly Legal, et des pilotes comme Mr Sunshine ou Traffic Light, c'était avoir une chance de voir un épisode de Run for your life.

Voilà, c'était mon coup de gueule du jour. La prochaine fois, on parlera des chaînes françaises qui ne savent pas profiter de la popularité d'un acteur pour ressortir des cartons leurs vieilles séries, comme pour Coeurs Rebelles lors de la sortie de Star Wars ou La Famille Green alors que Anne Hathaway ET Jesse Eisenberg ont tous les deux le vent en poupe.

Posté par ladyteruki à 21:18 - Point Unpleasant - Permalien [#]

19-01-11

En grève

Aujourd'hui on est mercredi, et comme tous les mercredis, je suis supposée faire ma news "En bref : l'actu des télés du monde" du mercredi pour SeriesLive, celle où je parle de ci, de ça, de ce que vous n'avez pas entendu ailleurs, des pays pour lesquels je me ferais lyncher si j'en faisais une news à part, des infos qui ne tiendraient pas plus d'un paragraphe, etc...
C'est un travail qui me prend une ou deux heures chaque semaine, et je n'inclus pas le travail de sélection qui a lieu les six autres jours afin de choisir attentivement l'actu qui pourrait s'y trouver.

Mais seulement, voilà, aujourd'hui, il n'y aura pas de brève hebdomadaire sur SeriesLive, pour la première fois depuis septembre.

World

D'ordinaire je ne lave pas mon linge sale avec SeriesLive en public, mais voilà, j'ai l'impression que si je n'explique pas ce qui se passe, on se dira simplement que j'ai eu la flemme, ou que j'ai eu les yeux plus gros que le ventre avec ce projet, ou je ne sais pas quoi d'autre. Alors, pour ceux qui vont peut-être ce soir faire un tour sur SeriesLive et, peut-être, je n'en sais rien, remarquer que la news n'a pas été faite, voilà exactement ce qui se passe, la raison pour laquelle j'ai atteint la limite.
La raison pour laquelle je suis en grève.

Il y a maintenant presque un an et demi, j'ai réintégré l'équipe de SeriesLive. C'était pendant la coupe du monde des séries, je crois, qu'on m'avait encouragée à me manifester pour m'occuper des séries asiatiques, et à redéposer ma candidature. Je l'ai fait et on m'a accueillie les bras ouverts. J'ai fiché à fond, je me suis mise à écrire des articles, et quelques news aussi, et on m'a encouragée à en faire plus, et je l'ai fait de bonne grâce parce que, vous savez quoi ? C'est agréable de voir que ce qu'on fait plait. Pendant des mois, j'ai donc intensifié le rythme, progressivement.

Jusqu'à ce que fin juin, un membre de l'équipe dirigeante vienne me voir pour me proposer une rubrique dédiée à ce que je faisais. Le développeur, sans doute de crainte que la rubrique ne serve pas, m'avait alors demandé si j'étais capable de poster des news régulièrement voire quotidiennement, et j'ai encore intensifié parce que j'en étais capable, mais que je ne savais jamais clairement si c'était bienvenu. Malheur à moi, l'intensification des news avant que la rubrique ne voit le jour a heurté la sensibilité des lecteurs de SeriesLive qui se sentaient obligés de cliquer sur des titres de news mentionnant des séries au nom exotique et qui découvraient qu'ils ne les connaissaient pas et ne s'y intéressaient pas.
Prise de doute, nous étions au mois de juillet, j'ai alors demandé au membre de l'équipe dirigeante qui était venu me voir s'il fallait que je continue. La réponse a été franchement positive, avec la promesse que la rubrique dédiée permettrait une meilleure lisibilité et, donc, empêcherait ce genre de désagrément à l'avenir pour les lecteurs, qui ne pourraient alors plus dire qu'ils n'étaient pas prévenus. Ayant fait un article sur la télévision coréenne, ce même membre de l'équipe dirigeante m'a également encouragée à faire des articles sur d'autres pays, et je me suis dit, mais oui, je peux faire l'Inde, et tiens, si je continuais avec d'autres pays ! C'est comme ça que ça a commencé, ce défi d'un article par semaine. C'était franchement sympa, ne nous le cachons pas.

En parallèle de ces articles, de l'intensification des news (désormais accompagnée d'un suivi des audiences coréennes), l'été 2010 a donc été consacré à plancher sur cette rubrique avec le développeur, et à l'étoffer au niveau du contenu, notamment en élargissant à des pays jusque là (injustement) maltraités par SeriesLive, comme le Canada et surtout l'Australie, quasiment dépourvue d'info et pas à jour sur la plupart des nouveautés.
Mais pour la rubrique elle-même, les choses n'avançaient pas très vite. C'est le vacances, me disais-je... alors je prenais mon mal en patience. Mais très bientôt, la date évoquée d'une ouverture de la rubrique pour la rentrée a été reportée. Allez, 1er Octobre, promis. Mais voilà, le mois de septembre ne fut pas beaucoup plus productif. Et tandis que, toujours encouragée à en faire plus, je me lançais dans une news hebdomadaire pour récapituler l'actu de plusieurs pays, tout en ajoutant le suivi des audiences japonaises, j'ai réalisé qu'il y avait un vrai soucis avec le développement de la rubrique. J'étais encouragée à en faire plus par le membre de l'équipe dirigeante, mais le développeur n'était pas beaucoup poussé, par contre. D'ailleurs j'étais tellement encouragée qu'on m'a envoyée à la mi-octobre à Scénaristes en Séries : le planning des articles du monde a été étudié dans ce sens avec le membre de l'équipe dirigeante, et la rubrique devait ouvrir à cette occasion, afin de pouvoir parler des séries scandinaves.

C'est là, je pense, que j'ai commencé à donner les premiers signes de fatigue ; déjà pour des raisons financières, parce que j'ai dû intégralement avancer l'argent de mon voyage (et le réserver à H-48, le responsable n'ayant pas fait sa part à temps), et que j'ai trouvé ça franchement fort de café vu la somme engagée.
Et surtout, parce que si j'ai assuré au niveau des news hebdomadaires, et tenu mes engagements sur l'évènement en courant d'une interview à l'autre, au final, j'ai trouvé qu'il y avait abus quand on m'a indiqué que l'ouverture de la rubrique serait encore reporté... on dit 1er novembre ? Alors, finalement, je n'ai publié qu'une interview sur huit réalisées (celle d'Astier), laissé de côté les exclus (sur les acquisitions par arte de The No. 1 Ladies' Detective Agency et Borgen, évoquées uniquement via mon compte Twitter), et j'ai laissé tomber les reviews de pilotes qui étaient prévues pour le site. Et j'ai commencé à sérieusement m'agiter.

C'est comme ça que je suis devenue une emmerdeuse. Arrivée au 1er novembre, toujours pas de rubrique mise en ligne, je suis probablement devenue le pire cauchemar d'un développeur en me manifestant de façon insistante, répétée, et plus du tout subtile. Il faut dire que j'en avais marre de me faire poser des lapins sur Skype, qu'on ne réponde jamais à mes questions, de voir qu'on me posait plusieurs fois les mêmes questions sans que mes indications trouvent effet, et que concrètement, on me dise oui d'un côté mais que rien ne se passe. Mais le membre de l'équipe dirigeante continuait de me promettre monts et merveilles, de compatir devant l'absence de réaction du développeur, et de me jurer ses grands dieux qu'on ferait au plus vite. Et je pensais que ça allait bien finir par arriver. C'était un membre de l'équipe dirigeante, après tout, et l'un des rares encore actifs sur le site. Il avait forcément du poids, n'est-ce pas ?

Au bout du compte, et après avoir truffé le topic de travail de posts restés sans réponse, et/ou d'échanges véhéments, courant novembre, la rubrique s'est trouvée mise en ligne de façon bâtarde, comme pour se débarrasser : les news sont devenues accessibles en page d'accueil, ce qui permettait d'avoir accès à certaines pages, mais tout n'était pas fini d'être codé, et qui plus est, contrairement à toutes les autres rubriques du site, la rubrique n'avait pas d'onglet pour y accéder directement.
Et quelque part entre les news nombreuses en accueil et le débat de savoir si tel pays devrait ou ne devrait pas apparaitre sur la rubrique (alors que la rubrique était à l'étude depuis juin, quand même !), soudain, tout s'est emballé : accusée de prendre en otage la page d'accueil avec mes petits points turquoises, j'ai dû négocier le nombre de news à afficher en page d'accueil du site. Sans qu'il ne soit pour autant rendu possible d'accéder à la rubrique Séries du Monde...
Ce nombre, fixé à trois news en accueil (mais autant que je voulais dans la rubrique à laquelle on ne pouvait pas accéder !), s'est accompagné d'une proposition du développeur qui m'a invitée à l'aider à penser divers aspects du site avec lui. Et moi, naïve, je me suis dit : s'il me propose ça, c'est qu'on va bientôt sortir la rubrique, enfin ! Et on passera à autre chose, enfin ! Je vais prendre le rythme des news, et ne plus m'occuper de développer cette rubrique que je traine comme un boulet depuis le début de l'été, enfin !

Pensez donc. Après cet accord, a suivi un silence radio de plusieurs semaines de la part du développeur. Pas tellement plus bavard, le membre de l'équipe dirigeante, d'ailleurs. En gros, j'ai eu l'impression que le développeur avait eu ce qu'il voulait (limiter ma présence sur la page d'accueil), et que maintenant il n'en avait plus rien à foutre de finir la rubrique.
Et pourtant, j'ai continué. Parce que je m'étais engagée à le faire, et parce que ça me plaisait de parler de l'actu des télés du monde... n'était-ce pas d'ailleurs cette dernière qui était la meilleure des raisons ?

Mais en décembre, les messages sans réponse, les vents sur Skype et les choses qui n'avançaient plus ont eu raison de moi. J'ai arrêté les news portant sur le suivi des audiences asiatiques. Puis, j'ai décidé d'attendre avant de poster le bilan de la saison (qui actuellement avance à la vitesse d'un escargot de Bourgogne). Et pour finir, j'ai juste décidé de ne plus fournir que le minimum, soit quelques news et surtout la news du mercredi, devenue un vaste fourre-tout rédigé sans grand entrain.

C'était un projet qu'on m'avait proposé, pas l'inverse. Dans lequel on m'avait encouragée à m'engager toujours plus loin et, contrairement à ce que beaucoup de bénévoles feraient, je me suis engagée sans jamais demander d'autre contrepartie qu'une rubrique fonctionnelle et au même niveau que les autres.
Je ne l'ai jamais eue.

Ce soir, je suis donc en grève. J'ai tenté de me motiver à faire quelques news depuis le début du mois, mais je ne vois plus l'intérêt. De toute façon, la rubrique  n'est même plus accessible par la navigation puisque, avant, quand on cliquait sur une news "Séries du Monde", on pouvait voir la navigation de la rubrique (inachevée, mais tout de même), alors que maintenant on peut juste passer d'un type de news à un autre (pour chacune des rubriques qui, elles, ont bel et bien un onglet permettant un accès direct).

Les questions que je me pose, c'est pourquoi m'avoir proposé de faire cette rubrique si c'était pour ne jamais la faire sortir de terre ? Pourquoi m'avoir encouragée à en faire plus si c'était pour me limiter le nombre de news visibles ? Pourquoi avoir piétiné mon enthousiasme au lieu de simplement me laisser continuer les choses humblement ?

Ce soir je suis à deux doigts de la démission. J'aime beaucoup SeriesLive, j'y ai passé beaucoup de temps, m'y suis fait un certain nombre de contacts très appréciables (dont ledit membre de l'équipe dirigeante, d'ailleurs, qui outre mesure a toujours été charmant avec moi). J'ai toujours été fidèle à ce site. Même quand je n'y officiais pas (ayant privilégié le défunt Teruki Paradise), je n'ai jamais manqué d'y faire référence (ce blog m'en est témoin), d'en parler, je n'ai jamais fait partie de ceux si prompts à prédire son déclin, je n'ai jamais trouvé révoltant de ne pas être payée pour contribuer (même si je ne crache évidemment pas sur l'unique petit chèque cadeau annuel), et surtout, je n'en ai jamais, jamais, jamais, dit du mal que je n'aie dit bien en face aux dirigeants. La langue de pute en douce, ça n'a jamais été mon genre.
Mais voilà, j'ai été menée en bateau, et je ne comprends pas à quoi ça rime. Qu'y avait-il à gagner ? Pourquoi m'avoir fait miroiter tout ça si l'intention n'a jamais été de mettre en valeur le travail accompli ?

Séries du Monde, ou l'histoire d'un bénévolat qui a tout de même fini par être trop cher payé.

Je ne sais pas. Je ne sais sincèrement pas. Devrais-je juste partir et recommencer ailleurs (peut-être seule ?) ce que j'avais entamé sur Séries du Monde ? Devrais-je au contraire insister parce que ce serait du gâchis de tout laisser en plan, et entreprendre une action quelconque ? Vraiment, je ne sais pas.
Devrais-je vous encourager à aller manifester votre soutien ? Je ne sais pas si ça aiderait. Je ne sais pas si ça vaut le coup. Je ne sais pas si vous le feriez.

J'ai cru de tout mon cœur que je n'aurais pas besoin de baisser les bras. Six mois après qu'on soit venu me chercher pour lancer ce projet, je ne crois plus en rien.

Posté par ladyteruki à 22:55 - Point Unpleasant - Permalien [#]


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