18 novembre 2012
[#Ozmarathon] 6x01, take a bow
Quand la Em Crew se réunit pour la dernière phase du #Ozmarathon, c'est à la fois une occasion de se réjouir et de s'attrister. Quel dommage que déjà ce marathon à plusieurs prenne fin... et en même temps, ça va bientôt faire un an qu'on l'a commencé !
Mais ce n'est pas le moment de reculer. Je sais que j'ai souvent des problèmes avec la perspective d'aller au terme d'une série, quand bien même j'ai déjà vu son final (pour Oz, c'est même l'un des quelques épisodes de la séries que j'avais vus avant de commencer ce marathon !), mais ce serait dommage de se priver de la dernière ligne droite... surtout quand elle commence de cette façon !

Augustus Hill est mort... mais il n'a pas quitté Em City. Au contraire, il a rejoint les autres fantômes qui hantent les couloirs de la prison.
Combien sont-ils, au juste ? Difficile de les compter. Mais ils sont là et ils ont toujours des choses à nous dire sur la prison, mais aussi la société ou la vie en général. Et quel régal que de tenter de reconnaître, parmi les ombres qui apparaissent fugacement au début de cet épisode, des silhouettes connues et/ou aimées. Cette robe blanche, ce ne peut être que... Et là, à côté, ne serait-ce pas...? Quant à cette barbe, se pourrait-il que finalement nous ayons droit à une réapparition ? Ils sont venus, ils sont tous là. L'ambiance est à la réunion de famille.
Cette ultime saison commence avec des retrouvailles bien excitantes ; qui plus est, c'est aussi la promesse d'un renouvellement narratif. Cédant sa place de coryphée, Hill permet à d'autres de prendre la parole, et le premier à le faire est Jefferson Keane, pas vraiment un personnage auquel la série avait permis de s'exprimer longuement. Keane, mort en prison de façon tout-à-fait légale (un fait suffisamment rare pour être noté, après tout), est donc notre premier maître de cérémonie, pour une saison qui semble prête à en avoir plusieurs, et donc à aborder autant de points de vue. Même Hill admet avoir changé sa façon de voir maintenant qu'il est passé de l'autre côté, de toute façon... Même si au cours de la saison 5, nous avons connu quelques excellents monologues, cette pratique ne peut être qu'une bonne nouvelle.
Au rayon des nouveautés, l'épisode a encore quelques idées dans sa manche. Ainsi, McManus, se sentant responsable de la mort de Hill, a décidé de peindre dans la gymnase un immense labyrinthe bleu dans lequel les prisonniers puissent venir se perdre en méditations. L'idée est incroyablement poétique, et sa présentation est en plus diablement futée. Sur fond d'air à l'harmonica, c'est l'officier Murphy qui vient constater la dernière lubie de McManus. Et je crois que cette scène est certainement la raison précise pour laquelle l'officier Murphy est l'une des forces de la série depuis si longtemps : c'est l'un des rares personnages qui soit l'avatar du spectateur dans la série, qui connaisse tout le monde sur le bout des doigts, qui soit capable de plaisanter sur les idées "New Age" de McManus, à ironiser sur la viabilité d'un nouveau projet, qui ait conservé son humour et sa lucidité. Quelle que soit la situation, la réaction de Murphy est toujours parfaite, et sur fond d'harmonica débonaire, on ne peut pas mieux le montrer.
Pour autant, j'adore l'idée de McManus. Elle lui ressemble, au sens où elle ressemble au McManus des débuts, un peu idéaliste certes, mais tellement motivé pour aider les prisonniers à cultiver une vie intérieure qui puisse les sauver. On est à mille lieues de la cage d'isolement au milieu de salle communautaire d'Emerald City. Et quand McManus croit à nouveau en l'être humain, je crois à nouveau en lui. C'est pour ainsi dire mécanique.
La mort d'Augustus Hill a des conséquences aussi du côté des vivants. Burr, ébranlé par son deuil (jusqu'au bout j'attendrai la révélation que Burr est le père biologique de Hill, jusqu'au bout !), a besoin d'un petit pep talk de Kareem Said, mais une fois que c'est fait, il va tenter de se reprendre en main.
Comme l'épisode est composé d'énormément de séquences courtes, on n'en saura guère plus, toutefois, dans l'immédiat. Mais il ne reste plus beaucoup d'épisodes pour nous balader de toute façon !
Alors, ces multiples petites scènes nous permettant de retrouver toute la population de la prison, quelles sont-elles ?
Eh bien, il y a des scènes au sens théâtral du terme. la mère de Ryan a en effet décidé de monter MacBeth, rien de moins, avec le plus grand soutien de McManus qui semble ravi. La pièce est l'occasion de plusieurs prisonniers de travailler ensemble ; ainsi le père Meehan décroche le rôle principal, Ryan se fait embarquer pour les décors, etc...
Ryan est, comme pratiquement toujours, particulièrement affairé pendant cet épisode. Entre deux visites dans le couloir de la mort où il passe voir Cyril, plus la préparation de la pièce de sa mère, il tente aussi de s'arranger "à la Ryan" pour obtenir des témoignages en faveur de Cyril qui permettent à celui-ci d'être sauvé. En chemin, il trouve même le temps de s'engueuler avec Schibetta junior, ce qui conduira à une escalade de violence, au cours de laquelle Meehan trouve la mort... aborption massive de verre pilé. Souvenirs, souvenirs ! C'est à la fois une idée très malicieuse que de souligner qu'au moment où Ryan commençait à se rapprocher de Meehan presque comme d'un père, ce dernier est tué par Peter Schibetta de la même façon que son père a été tué par Ryan ; mais c'est aussi une répétition avant le sentiment de perte auquel Ryan devrait se préparer vu la tournure du procès de Cyril.
Oh, et tant que j'y pense, on est tous d'accord pour dire que Jeremiah devient franchement flippant ?
A ce stade, c'est incontournable, il va nous falloir parler de l'officier Howell. J'essaye en général d'éviter le slut shaming, mais au vu de son tableau de chasse, la question se pose : Claire Howell est-elle capable d'avoir des relations sexuelles avec des hommes sur lesquels elle n'ait pas droit de vie et de mort ? Bon, c'est une connasse, certes, mais ça doit bien exister quand même, des hommes "du dehors" qui veuillent se la faire, non ? Je sais pas, sous le coup de l'alcool ou des drogues dures, quelque chose ? Vous allez me dire : oui, puisqu'elle s'est aussi envoyé McManus. Bon, mais on est d'accord que ça ne compte pas, parce que McManus lui-même a un gros problème pour garder son matos dans son froc, et qu'il s'envoie toutes les femmes qui bossent à Oswald (à l'exception évidemment de Sister Peter Marie ; ah, et la mère de Ryan O'Reily... pour l'instant ?). Non vraiment, c'est très dérangeant la façon dont le sexe et le pouvoir se mélangent pour ce personnage. Rien que pour ça, il est et sera toujours impossible de l'aimer, et de lui permettre de sortir de sa propre caricature. En tous cas, la scène pendant laquelle elle décide que c'est au tour d'Omar de passer à la casserole est écoeurante, et pas uniquement parce qu'apparemment, voir un homme chier ne parvient pas à tuer sa libido. Cette séquence de viol sonne cependant comme une intéressante alternative au thème de la sexualité forcée qu'on connait entre prisonniers, plus insidieuse, plus vicieuse, et paradoxalement, beaucoup plus violente.
Dans un autre genre, Leo Glynn est aussi un enfoiré d'une grande violence. Voilà, je l'ai dit. Ca fait des saisons qu'il s'acharne sur Miguel Alvarez (un personnage impossible à ne pas aimer, qui plus est), sans autre raison que "des latinos ont violé ma fille, ce con de latino a voulu faire le malin une fois en face de moi, il va donc payer jusqu'à la fin de sa vie", et ça me gonfle, parce qu'il refuse obstinément d'admettre que son comportement est à l'origine de bien des choses pour lesquelles ensuite il s'empresse de punir Alvarez. Mais Miguel est dorénavant libéré de l'isolement où je pense que les couchettes avaient pris l'empreinte de ses fesses, et sous l'insistance de McManus décidément plein de bonnes intentions (même si on sait où ça mène généralement), il réintègre Em City.
Oui, Em City, là où les latinos veulent sa peau. Mais cette fois, McManus a un truc : il s'arrange pour que Guerra, pourtant sans conteste le pire ennemi d'Alvarez, devienne son garde du corps. Alors qu'on aurait pu accueillir cette tentative avec un scepticisme murphien, pour la première fois, la série s'autorise à entrer dans l'intimité de l'un des irréductibles "méchants". La conversation de Morales avec Guerra est une intéressante plongée dans la psyché de personnages qui nous ont souvent semblé monochromes ; "You ever feel like you've lost your appetite for all the bullshit ?", demandera un Guerra las et en proie au doute à son compagnon de cellule. La scène est d'autant plus forte que non seulement ces personnages n'ont jamais été très épais, mais leur relation n'a jamais semblé dépasser celle du boss et de son laquais obéissant ; pour la première fois, ils apparaissent comme de véritables compagnons de cellule, capables de discuter d'égal à égal. C'était une belle scène, vraiment.
De son côté, Rebadow tente toujours de faire le deuil de son petit-fils. Comme il n'a plus goût à rien, McManus le change de job, et le place à la bibliothèque de la prison, là où Stella, la nouvelle bibliothécaire vient d'arriver. Une scène courte, comme promis, mais formant une jolie rencontre et un échange touchant. On peut sentir à cette nouvelle aventure que Rebadow va reprendre du poil de la bête.
Et en parlant de Bête, repassons le bonjour à Timmy Kirk, le rouquin qui déclare être Satan, ou au moins être possédé par lui (tant de clichés sur les roux, c'est tragique). Le père Mukada, qui semble au moins aussi fâché vis-à-vis de Dieu que de ce prisonnier répugnant, est d'abord outré par ses déclarations, mais grâce à une petite conversation entre quat'zyeux avec Sister Pete, il met le doigt sur ce qui le tourmente réellement, et qu'on pouvait sentir arriver depuis quelques temps maintenant : il vit une crise de foi. "Sometimes, we come face to face with a larger, more stunning reality : we come face to face with pure evil. And we're powerless". Le problème, c'est que c'est une réaction d'impuissance que Mukada a toujours eu du mal à affronter, et que désormais, son face à face avec Kirk le pousse dans ses retranchements, d'autant que le petit Timmy a écrit au diocèse pour accuser Mukada de viol !
Comme toujours, Oz réserve son tandem maudit Keller/Beecher pour la fin ; mais en fait de tandem, c'est surtout un trio, car Beecher et Schillinger n'en ont jamais fini avec leur éternelle danse de la mort.
Beecher prépare une fois de plus sa demande de libération sur parole, au moment-même où Schillinger est libéré d'isolement. Tu parles d'un hasard ! Ajoutez à cela le fait que le petit prag du nazillon qui a envie d'évoluer dans la hiérarchie de la prison, et cela donne un cocktail terrifiant qui conduit à la more du père de Beecher. Touché une fois de plus dans son sang, Beecher va-t-il craquer ? En tous cas, Keller a une fois de plus perdu un avocat fourni par Beecher, et ses chances d'échapper à la peine de mort semblent de plus en plus fines.
Vous l'aurez compris, cet épisode n'a pas forcément le temps d'entrer en profondeur dans chaque intrigue, mais la plupart sont formidablement bien traitées.
Oz est ici dans sa forme la plus classique, la plus noble ; quelque chose que les saisons intermédiaires n'avaient pas toujours réussi à faire perdurer. Retrouvant toute la force de sa formule chorale, et mettant en pratique des idées de mise en scène et un ton qui ramènent la série à ses origines théâtrales (parfois au sens le plus littéral du terme via MacBeth), ce season premiere est très fort. Qui plus est, les travers consistant à bêtement reprendre de vieilles intrigues pour les faire continuer sans rien y apporter semblent loin : beaucoup des personnages semblent prêts à aller de l'avant, et la saison elle-même se fixe, semble-t-il, un objectif, si l'on en croit la façon dont la prison est mise en lockdown au terme de l'épisode.
Que de bonnes nouvelles, donc, et si mes quelques souvenirs de cette saison finale ne me trahissent pas, on n'a pas fini de se régaler. J'en suis toute émoustillée et triste par avance !
07 octobre 2012
[#Ozmarathon] 5x08, love will keep us together
Quand je pense à l'amour, la fraternité et l'attachement émotionnel, je pense à Oz.
Attendez, non. Pas du tout.
Pourtant c'est bien sur le terrain de l'affectif que nous emmène la série pour le final de sa 5e saison. Difficile à croire quand on voit comment la plupart des saisons précédentes se sont achevées, et pourtant...

Bien malin celui qui n'aura pas versé une larme pendant cet épisode placé sous le signe de l'émotion. En matière de surprise, en voilà une belle : la série ne nous avait pas habitués à tant de tendresse... Enfin, bon, tendresse, tendresse, il ne faut rien exagérérer, c'est toujours Oz !
Tenez, dans les premières minutes de l'épisode, Robson décide de s'auto-amputer des gencives ! Eh oui, pour les petits coeurs et les zolies fleurs, on repassera, quand même. Après avoir agressé le dentiste qu'il soupçonnait de lui avoir joué un mauvais tour, Robson revient en effet auprès de Schillinger et la bande des odieux nazillons, pour découvrir que ses gencives lui valent d'être devenu un paria. Qu'à cela ne tienne, pour ne pas être mis à l'écart, il va donc se mutiler. Derrière l'anecdote tragique se cache quelque chose que jusque là Oz n'avait que peu dit sur le besoin d'appartenance qui résulte du communautarisme de la prison. Quand vous n'êtes pas dans un groupe, vous êtes un outsider ; quand vous n'êtes plus dans un groupe, vous êtes une cible... mais aussi tout simplement une brebis égarée. Et Robson, qui a si souvent été un personnage unidimensionnel, parvient par cet acte de désespoir à se montrer touchant.
Schillinger quant à lui connaitra un revers de fortune (Beecher balance en effet ce qu'il sait sur le viol de son ex-protégé) qui lui ouvrira la porte d'une cellule en isolement. Là où beaucoup de personnages ont atterri parce qu'ils sortaient déjà du rang, Schillinger, un mec plutôt "intégré" selon les critères de la prison, se retrouve donc mis à l'écart et ce sera intéressant, pendant notre ultime saison, de voir si cela a des effets sur lui.
Beecher, lui, tente comme il peut de trouver la paix avec ses propres actions. Influencé par Kareem Saïd (qui ne s'est jamais caché de son homophobie), il avait juré de ne plus voir Keller, mais évidemment toutes ces bonnes résolutions s'envolent lorsque Beecher réalise que son bel amour est désormais dans le couloir de la mort.
Cela nous donne l'occasion d'une belle discussion entre les deux vieux amis, Beecher arguant que Dieu n'est qu'amour, Saïd insistant sur les limites morales imposées par son Dieu. Rarement un débat théologique aura été plus intéressant qu'ici, même si la position de Beecher est un peu partiale ; quand Tobias a commencé à expliquer que lui et Saïd s'aimaient, j'ai eu envie d'applaudir. Bien qu'outrancier, l'argument est valable, et ça fait des saisons qu'on peut sentir le rare respect que se portent les deux hommes, après tout.
Les retrouvailles de Beecher et Keller, on les attendait (on a un peu été dressés pour les anticiper avec impatience !), mais pour l'instant on voit mal ce qu'elles vont donner. Keller a l'air un peu borderline en ce moment (avec cette histoire de peine de mort et tout), Beecher se met-il émotionnellement en danger ?
Mais comme d'habitude, même en matière de couloir de la mort, c'est le tandem Ryan/Cyril qui est le plus émouvant. Pendant que tout le monde écrase une larme devant Cyril et sa chaussette Jericho, c'est l'exploration de la personnalité de Ryan qui se montre la plus fascinante. Après avoir eu tant de mal avec tout le processus judiciaire dans lequel son frère était plongé, après avoir voulu lutter pour le sauver, puis avoir baissé les bras devant les difficultés rencontrés et la solitude éprouvée, Ryan reprend à nouveau du poil de la bête. Il est décidé à tout faire pour empêcher l'exécution de Cyril, le seul être de toute la planète qu'il aime de toute son âme. S'il y a une personne qui peut donner une telle niaque à Ryan, c'est bien lui ! J'avoue que je comprends mal l'histoire de la petite soeur Carolyn. Enfin je comprends bien la tournure des évènements, et je comprends même le poids que cela joue dans la confrontation que Ryan a avec leur père, mais je ne comprends pas bien pourquoi on avait besoin de cette intrigue tirée de nulle part, quand on a eu tant d'éléments pour alimenter la rage de Ryan contre son paternel, celle qui lui permet de rebondir et de se recentrer sur Cyril.
Ce qui importe, c'est qu'au bout du compte, les deux frères seront une fois de plus inséparables ; ce sont eux les vrais "homards" de la série, eux qu'on aime voir ensemble, dans leur petit monde. Personne n'aime Cyril comme Ryan, et personne n'idolatre Ryan comme Cyril (excepté peut-être moi ?). Nous avons eu maintes fois, tout au long de la série, l'occasion de voir ces deux-là se quereller, s'exaspérer, et se meurtrir aussi, l'un pour l'autre, l'un à cause de l'autre. Rarement le lien entre deux frères aura été aussi bien dépeint dans une série qu'entre les frères O'Reily. Je redoute énormément les quelques souvenirs que j'ai de cette intrigue...
Après avoir traîné en longueur pendant la saison, l'histoire de Rebadow trouve quant à elle une conclusion. Enfin ! Malheureusement, s'il y a des moments extrêmement poignants dans cet épisode, ils seront complètement gâchés par une chute totalement improbable et stérile, digne des plus grands soaps.
Il était cependant particulièrement magnifique de ressentir la façon dont ce vieux bonhomme qu'on aime tous, sent sur lui le poids de son karma. Son monologue alors qu'il s'apprête à sortir visiter son petit-fils à l'hôpital, sa réflexion sur la coupure de courant qui l'a sauvée et celle qui, 35 ans plus tard, a coûté la vie à Alex, semblent répondre à la même logique que celle qui, en première saison, lui permettait d'entendre Dieu. Rebadow traîne toujours avec lui, outre son petit sourire misérable, une part de spiritualité ; ce n'est pas de la foi, mais c'est une croyance en un mécanisme un peu absurde qui donne un sens à toute action, et qui ajoute à sa souffrance l'impression que tout a un prix, tout est une ironie du sort. Et cela semble se vérifier...
mpossible de rester de marbre pendant ces scènes, ainsi que pendant le chapelet de petites séquences qui le montrent vidé de toute sève. Je ne me rappelle plus trop quel est son sort pendant la saison 6 (je n'ai vraiment vu que la toute fin de la série, et c'était en 2005 ou 2006), mais j'ai fini la saison avec l'impression que cette fois, Rebadow avait atteint le bout du bout.
Mais de toutes les causes d'impuissance énoncées dans les monologues d'Augustus Hill, la seule qui n'ait pas été mentionnée est pourtant la plus évidente dans cet épisode : l'amour. Et difficile en effet de ne pas se sentir complètement vidé par la conclusion tragique de la saison, alors que Hill et Burr fêtent des retrouvailles de courte durée.
Le silence qui a sans aucun doute empli les salons des membres de la #EmCrew en a alors dit plus long qu'aucun monologue déchirant sur le sentiment de vide que laisse cette fin de saison...

15 septembre 2012
[#Ozmarathon] 5x07, tout feu tout flamme
Cela faisait très longtemps qu'un épisode du Ozmarathon ne m'avait pas enflammée de la sorte ! C'était vraiment trop court et j'ai même eu le sentiment, à plusieurs reprises, de retrouver l'esprit Oz des débuts de la série. Ce genre d'impression a toujours une part d'illusoire (deux saisons ne se ressemblent jamais vraiment, et heureusement !), mais cela souligne bien l'effet positif de cet épisode réussi.

Pourtant cet épisode n'est pas réussi de bout en bout, vous allez le voir. Alors justement débarrassons-nous de ces objections négatives tout de suite.
L'intrigue de Bob Rebadow par exemple est bourrée de maladresses, de répétitions, et de mauvaises idées. Le pathos commence également à peser très lourd et à faire passer Rebadow pour une pauvre chose pathétique, au lieu de nous le rendre adorable. Ce qui, concernant Rebadow, est quand même une prouesse ! Quand McManus l'a laissé en tête-à-tête avec un autre prisonnier (pour le supplier), il était par exemple évident que Rebadow se mangerait une mandale. Il y a écrit "victime" sur son front et les scénaristes ne tentent même pas d'y changer quoi que ce soit ! Il était bien le loin le temps où ce vieillard se rebiffait, voire tuait des mecs en prison, aujourd'hui, il n'est qu'un gigantesque punching bag. Ca n'a pas grand intérêt parce qu'on a déjà vécu tout ça plusieurs fois.
De la même façon, la mini-enquête de Burr et McManus pour savoir qui a vendu de la drogue à Hill, la belle affaire ! Tout le monde s'en bat royalement l'oeil. Fort heureusement, cet angle sera abordé de façon très courte ; mais il n'a toujours pas trouvé de conclusion. Il faudrait pourtant, parfois, arrêter de jouer à l'Aaron Spelling, et clore certaines intrigues aussi stériles que celle-ci, non ?
Fort heureusement, les mauvaises nouvelles s'arrêtent à peu près là.
L'intrigue canine d'Alvarez, par exemple, trouve la plus élégante des conclusions. D'abord parce que c'est foncièrement touchant que voir qu'il est le seul à avoir été au bout de sa mission d'entraînement sans jamais faillir, mais ensuite, voire surtout, parce que l'histoire fait une jolie référence aux craintes initiales sur le programme canin. Alvarez qui dit qu'il a dressé "spécialement" la chienne July pour Rivera, ça a de quoi glacer le sang de n'importe qui, ou au moins de laisser planer le doute une bonne seconde : il a simplement appris l'Espagnol à la chienne. Rentrez chez vous et dormez tranquilles, bonnes gens, Alvarez est toujours un poussin au fond de son coeur. Et puis, une fois de temps en temps, une fin positive, ça met quand même du baume au coeur, surtout après ce que ce personnage a traversé ("I had a kid once", rappellera-t-il en cours d'épisode). Il reste encore toute une saison pour lui infliger quelque sévice.
En contrepartie, j'ai adoré, mais alors, adoré, la suite des déboires de Robson. Quand un p*tain de nazi s'en prend littéralement plein la gueule comme ici, on est forcément tenté d'applaudir. Il faut dire qu'outre l'humiliation infligée dans l'épisode précédent, outre le fait qu'un pauvre dentiste lui retourne la tronche avec un malheureux combiné téléphonique dans les gencives, Robson va être désavoué par la communauté nazie de la prison, et ça, je crois que c'est le meilleur de tout. Hésitant au début, Vern Schillinger finit par donner les instructions nécessaires à l'éviction de Robson. Tout ça parce qu'il a de la peau de gencives de black...
Il sera intéressant de surveiller la descente aux Enfers de ce petit empaffé dans les épisodes suivants. S'il y survit. Ce qui est sûr c'est qu'il est à présent une cible parfaite, et que plus personne à Oswald ne va se priver de se rappeler à quel point il a causé du tort à tout le monde.
Par association d'idées, c'est enfin l'heure de serrer la vis à Leo Glynn. Après avoir une fois de plus abusé de son autorité, celui-ci se fait vertement remonter les bretelles par Sister Peter Marie (très en forme pendant l'épisode) qui lui rappelle que sa fermeté est de plus en plus arbitraire. Qu'est devenu son sens de la Justice ? Aujourd'hui il n'a même plus l'excuse d'être sous l'influence de Devlin, en plus ! Impossible de ne pas applaudir Sister Pete dans son petit laïus furieux. On vous aime, Sister P, ne changez rien.
Le cas du petit rouquin dont j'ai encore oublié le nom est également scellé, et même si cette intrigue est moins intéressante d'un point de vue émotionnel ou intellectuel, ça fait énormément plaisir d'assister à une intrigue correctement bouclée, sans surenchère ou prolongations inutiles. Leo Glynn récitant la Bible au moment de coffrer ce petit enfoiré était d'ailleurs un passage bien trouvé, et nous rappelait un peu le Glynn des débuts, celui droit dans ses bottes.
On n'est cependant pas totalement débarrassé de ce personnage, puisqu'il est désormais dans le couloir de la mort. Un endroit d'Oswald qui nous a donné de bonnes scènes par le passé, et n'oublions pas que quand Keller aura récupéré, c'est là qu'on devrait le retrouver...
En parlant de Keller... Beecher est à nouveau rongé par la culpabilité. Quelle surprise ! Comme si Beecher pouvait jamais faire quelque chose sans en regretter amèrement les conséquences, et en fait, la culpabilité est au coeur de sa personnalité, à croire qu'il y est accro. Conseiller un brin partial, Kareem Saïd lui recommande, en guise de pénitence pour sa trahison dans l'épisode précédent, de renoncer totalement à Keller. Renoncer à Keller, mais bien-sûr. Saïd, dans son homophobie larvée, n'a toujours rien compris, on dirait. Il dit ça à Beecher. BEECHER ! Le mec qui s'est littéralement fait broyer par amour pour Chris Keller ! Renoncer à ce mec ? Mais entre Beecher et lui, c'est la flamme et le papillon depuis des saisons !
Evidemment, dans un premier temps, rongé par sa culpabilité, Beecher va essayer de ne plus voir Keller, mais même à son corps défendant, il finit par le croiser. Et on n'a aucun doute sur l'issue de cette question quand on sent que son coeur s'arrête à la simple vue de Keller dans une autre pièce...
Cela est cependant l'occasion pour nous d'assister aux suites du viol en réunion qui a eu lieu dans l'épisode précédent (je trouve vraiment qu'on a des sujets de conversation hilarants, dans ces reviews, non ?), puisque la culpabilité de Beecher, la loyauté de Saïd, et évidemment l'instinct de conservation de Schillinger, font que les autorités ne sauront jamais ce qui s'est passé. A plus forte raison parce que Schillinger s'arrange pour se débarrasser de la victime.
J'ai d'ailleurs trouvé que c'était un joli rappel, finalement, que de faire se croiser indirectement cette intrigue avec celle du viol de Peter Schibetta. Je n'ai pas toujours vu l'intérêt de ramener ce dernier dans la série après sa longue absence, mais cela rappelait avec intelligence les deux options qui se présentent quand un viol en réunion a lieu en prison : dénoncer ou ne pas dénoncer, finalement, ne mène pas à grand'chose dans la pratique, mais on peut un peu mieux survivre à l'un qu'à l'autre tout de même.
L'épisode aura, et c'est sa plus grande réussite, été rythmé tout au long de ces intrigues finalement assez peu liées entre elles, par quelques uns des meilleurs monologues de Hill depuis bien longtemps. Certes, c'est déprimant : il y est question de notre société et de la façon dont nos efforts pour nous préserver causent finalement plus de mal que de bien. Cela ne renvoie vraiment aux intrigues qu'avec énormément d'imagination (ou de drogues dures), mais les textes étaient vraiment parfaits, et Augustus lui-même était en grande forme dans sa boîte. Ca fait plaisir de le retrouver.
Cet épisode décousu offre donc de très bons moments. On sent bien que cette fin de saison n'aura rien de grandiose : il n'y a eu absolument aucun fil rouge pendant la saison 5, aucun enjeu capital, et même pas de grand bouleversement à proprement parler, puisque les personnages suivent chacun une trajectoire qui ne révolutionne aucunement leur destin. Mais cet avant-dernier épisode de la saison est tout de même la preuve que ça n'empêche nullement de produire des épisodes de qualité, globalement intéressants. Même si parfois je regrette l'enthousiasme ressenti au début de ce marathon, et que je suis triste de découvrir que les épisodes que j'avais ratés ne sont pas toujours à la hauteur de mes espérances, cela a au moins le mérite de me prouver que... la flamme ne s'est pas éteinte.
30 août 2012
[#Ozmarathon] 5x06, redemption song
Alors, bon. Autant écrire sur l'épisode précédent était une balade dans un parc, autant l'épisode musical d'Oz, c'est une autre paire de manches. Mais ça faisait de nombreuses années que je voulais le voir, cet épisode (je l'avais systématiquement raté jusque là), alors entendu, défi relevé ; je vais faire mon possible pour lui trouver une review adaptée.
Que le spectacle commence !

Mais d'abord, je dois commencer par vous confesser que je m'attendais à un épisode bien différent. Je pensais que les numéros musicaux, sans forcément revêtir une autre forme (même si assister à un grand numéro de claquettes collectif dans la cour centrale d'EmCity aurait eu son charme !), allaient être plus nombreux. Au lieu de ça, l'épisode est relativement classique dans sa construction comme sa mise en scène, si l'on excepte quelques parenthèses narratives musicales.
Les protagonistes de l'épisode passent en effet, un à un, dans la cellule jusque là dévolue aux monologues d'Augustus Hill. Là, de la même façon qu'il pouvait errer philosophiquement ou politiquement, nos nouveaux narrateurs trouvent un espace clos, protégé, sans public, personnalisé, où ils peuvent exprimer leurs sentiments en musique, comme dans des apartés qui n'appartiendraient qu'à eux et nous.
Alors du coup, vous l'aurez peut-être deviné, mais Augustus Hill est justement absent de cet épisode. Suite à ses ennuis de santé, il a donc été envoyé à l'hôpital, et en son absence, non seulement la place de coryphée est occupée, mais au sein même de la prison, la question se pose de savoir comment il a réussi à prendre de la drogue et à se saborder physiquement, alors que pendant si longtemps, il avait été l'homme le plus rigoureux de tout Emerald City.
Non seulement McManus est sur le coup, mais Burr est également sur le coup.
Il y a plein de choses qu'on peut reprocher à Burr, mais certainement pas son attachement indéfectible à Augustus, dont on jurerait qu'il s'est convaincu être le père. Il s'est donc mis en tête de mener sa propre investigation dans la prison afin de savoir qui a vendu de la drogue à Hill, et dépêche Poet sur la question, sans savoir que ce dernier n'est pas clean (à bien des égards). Lancé sur la piste du responsable, Burr semble aveuglé par la vengeance, ce qui d'ailleurs inquiète McManus qui l'a autorisé à chercher le coupable (pratique de déléguer ce genre de tâche ingrate, McManus !) mais qui tient à régler les choses dans les règles, c'est-à-dire dans son bureau. Connaissant Burr, je ne suis pas certaine que ce soit une chose possible. La rage de Burr est visible, et, s'il finit par comprendre à qui on doit l'absence d'Augustus, ça pourrait bien tourner au carnage.
One way or another I'm gonna find ya
I'm gonna getcha getcha getcha getcha
One way or another I'm gonna win ya
I'm gonna getcha getcha getcha getcha
One way or another I'm gonna see ya
I'm gonna meetcha meetcha meetcha meetcha
One day, maybe next week
I'm gonna meetcha, I'm gonna meetcha, I'll meetcha
Libéré de ses doutes (et de l'isolement), Saïd a retrouvé le chemin de la raison. Il est même plus clairvoyant qu'il ne l'a jamais été.
Le voilà qui retourne à EmCity avec la ferme intention de se montrer plus ouvert, plus tolérant, et d'offrir à Omar une aide véritable et profonde, et pas de le traiter comme un homme qui lui doit tout pour se reconstruire. En rendant à Omar sa dignité et son indépendance, il permet ainsi à son protégé de trouver en lui-même la force insoupçonnée de refuser la drogue et de prendre du plaisir à être lui-même, au mieux de ses capacités.
En parallèle de la révélation qu'Omar a trouvé la clé de la geôle où la drogue l'enfermait, Kareem offrira (et c'est vraiment le terme tant la démarche déborde de générosité) à ses disciples un monologue ahurissant, comptant certainement parmi les plus puissantes réflexions sociales de la série, sur la servilité et la liberté. C'est le genre de raison pour laquelle Oz reste l'une des plus grandes séries de l'histoire de la télévision : le propos est intelligent, articulé, et parle de la communauté des afro-américains musulmans au sens bien plus large que la population de la prison. On touche au sublime. Désormais, on le voit aussi à travers cette envolée, Saïd est réellement un esprit libre, il a réellement brisé les chaînes idéologiques dont il n'avait cessé vouloir se délester depuis son arrivée ; et j'ai apprécié que pour une fois, les autres Musulmans accueillent son discours sans scepticisme, bien qu'étant, et ça se comprend, un peu pris de court.
A présent on peut réellement dire que Saïd est prêt à se dépasser lui-même, à transcender sa soif de pouvoir ou de supériorité morale, pour acquérir une véritable liberté intérieure, un parcours au long duquel nous l'avons laborieusement accompagné pendant des années...
All we have to do now
Is take these lies and make them true somehow
All we have to see
Is that I don't belong to you
And you don't belong to me
Freedom
You've gotta give for what you take
Freedom
You've gotta give for what you take
Ce qui couvait depuis plusieurs épisodes se produit enfin : la raison pour laquelle Alvarez s'était engagé auprès des chiens d'aveugle. Il veut en effet dresser Julie puis l'offrir à Rivera, afin d'essayer de se racheter, au moins un peu, du tort causé. On n'est à vrai dire pas surpris de cette démarche : les spectateurs ont pris l'habitude depuis longtemps maintenant de considérer Alvarez comme l'être le plus inoffensif de toute la série.
D'ailleurs, lorsque l'idée est soumise à Rivera et son épouse, leurs doutes nous paraissent presque déplacés : comment, Alvarez aurait d'autres intentions peu claires ? Il serait prêt à dresser le chien pour finir le travail commencé ? On peut évidemment comprendre que le traumatisme soit encore très présent, mais on a envie de leur dire qu'il n'y a pas plus doux qu'Alvarez ! La personne à qui ce prisonnier a causé le plus de tort, c'est quand même essentiellement lui-même, osons-le dire (sans vouloir minimiser le crevage d'yeux de Rivera, évidemment), donc ça reste assez obscur pour le spectateur. A plus forte raison parce que l'épisode n'ira pas tellement plus loin sur cette intrigue, préférant continuer à regarder Alvarez se donner à 200% pour dresser sa chienne et la protéger. D'ailleurs ça ne peut pas bien finir, on en est tous conscients.
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Quand Beecher subit une fois de plus l'aggressivité du jeune étudiant qu'il avait pris sous son aile au nom d'une amitié passée avec sa famille, notre survivant de l'impossible décide que cette fois, trop c'est trop. La moralité c'est une chose, la fierté en est une autre. Il décide donc d'en finir avec les humiliations de celui qui devrait le remercier pour avoir (littéralement) sauvé ses miches.
Le pacte proposé par Schillinger dans l'épisode précédent ? Beecher va, de façon peut-être un peu précipitée par l'énervement, finalement l'accepter : il préfère effectivement avoir une chance d'approcher Keller que de continuer à protéger un petit con qui l'insulte et l'attaque (et en public, par-dessus le marché). L'énergie déployée par Beecher est terrifiante à observer. Il passe de scène en scène avec rapidité, s'assurant que tout va bien marcher. Tout ne peut que marcher. Il a accepté de faire confiance à Schillinger, accepté de lui livrer en pâture une victime qui va vivre le même Enfer que lui, accepté de s'asseoir sur ses principes, accepté l'inacceptable, pour pouvoir retrouver Keller, alors ça ne doit pas foirer. Le marché avec Schillinger est, avant d'être un accord passé avec son pire ennemi ou un pacte avec le Diable, un compromis vis-à-vis de sa propre moralité, et il en est sans doute un peu conscient : il fait les choses rapidement pour ne pas avoir le temps de changer d'avis, aussi.
Et pourtant, le plan ne va tout de même pas conduire au résultat prévu : Schillinger va bien avoir ce qu'il veut, mais pas Beecher. Et une fois n'est pas coutume, il ne s'agit pas d'une entourloupe mais d'un bête hasard.
La scène finale de l'épisode dans laquelle, retrouvant son ancien protégé qui vient de subir les pires outrages, Beecher est pris de pitié et s'approche de lui pour lui venir en aide, nous montre un Beecher qui a accepté la compromission. Qui ne ressent pas, ou pas pour le moment, de remords, et qui a sans doute accepté tout cela comme étant le compromis que chacun doit faire : troquer un peu de son idéal afin de grapiller quelques miettes de bonheur. Et à chacun de faire son expérience à Oswald pour apprendre sa leçon.
So meet me in the middle
Well come on let's make up a dance
And we'll agree to call it the compromise
It's no sense in complaining
If it doesn't change our minds
Well take me by the hand let's compromise
Mais dans cet épisode totalement improbable et bigarré, les plus tristes secrets sont ceux que l'on murmure en plein jour, au beau milieu d'une salle d'audience, au creux de l'oreille d'une chaussette.
It's oh so quiet
It'a oh so still
You're all alone
And so peaceful until...
29 août 2012
[#Ozmarathon] 5x05, boys don't cry
Après une longue pause (près de 3 mois), notre "EmCrew" est de retour afin de poursuivre son #Ozmarathon. Alors je ne sais pas si c'est le petit hiatus estival ou l'épisode lui-même, mais je me suis retrouvée plongée dans une série que j'ai trouvée plus sombre que je ne l'avais quittée...

Je vais passer sur les intrigues les plus secondaires, car ce n'est pas ce qui m'a marqué dans cet épisode. Le billet de loto de Rebadow, par exemple, en est une ; c'était touchant mais tellement prévisible que ça n'atteint son plein potentiel (même si le speech de l'officier Murphy sur la responsabilité personnelle était absolument parfait), ou bien le bref passage par la vie sans nuages d'Alvarez (c'est d'ailleurs pas très normal !). Quant à l'intrigue liée au bus, franchement, j'écoutais seulement à moitié, c'était très cliché.
Comme toujours, l'épisode commence par l'intrigue la moins intéressante. Il s'agit une fois de plus de suivre Omar, et autant l'avouer, on n'en a plus rien à faire de ce personnage, qui se traine depuis ce qui semble être plusieurs dizaines de saisons sans jamais réussir à justifier son existence scénaristique. On ignore toujours ce que les scénaristes peuvent lui trouver car il ne nous émeut jamais. Ca doit venir des supplications constantes. C'est insupportable. Et même quand on pense qu'Omar va se ressaisir et redevenir maître de sa Destinée, s'il l'a jamais été, on obtient finalement une intrigue où c'est Kareem Saïd qui nous intéresse, et pas du tout Omar. Dont franchement j'ai jamais retenu le nom de famille.
Saïd est, d'ailleurs, particulièrement touchant dans cet épisode. Ca confine même à la tragédie. On l'a vu dans le meilleur et dans le pire, Saïd, et très honnêtement, le pire se déroule souvent quand il croit être le meilleur, alors on ne s'attend plus vraiment à de grosses surprises venant de l'imam Saïd. Vous savez, quand on a tué le plus gros vicelard de tout Oz, les surprises, on en revient un peu. Encore une fois, Kareem s'était trouvé un protégé, et encore une fois, sa mission allait rater, c'était évident. On ne pensait simplement pas que cela le déchirerait autant. Il savait mieux retomber sur ses pattes, avant.
Mais là, Saïd, qui ne se remet pas vraiment de ses blessures, faut croire, il est à genoux. Il espérait avoir retrouvé un peu de sa dignité, de sa hauteur, et il s'aperçoit que ce en quoi il croit le plus, la conviction qu'il a de sa capacité à s'élever spirituellement au-dessus de la masse, lui a encore fait défaut. Et il est ramené, comme il le dit, à son humanité, celle qu'il passe à fuir en se cachant derrière de divin, et il a encore une fois perdu son combat.
La scène pendant laquelle Saïd se met à pleurer dans le giron de McManus, Seigneur ! Je n'étais pas loin d'aller chercher un ours en peluche et de sangloter en suçant mon pouce. Quelle scène traumatisante, venant d'un homme qui a absolument tout vu, et survécu à tout, et qui semblait avoir retrouvé un semblant de confiance en lui. Je crois que, plus encore que les tortures physiques imposées aux prisonniers, ce sont ces conséquences-là de la vie à la prison qui me semblent les plus dramatiques. Et de mon point de vue, c'est au moins aussi spectaculaire qu'un mec qui se fait saigner vivant.
Du côté de Beecher aussi, l'écrasement est terrible. On parle d'un mec à qui on a tout fait subir. Tout. Supplices physiques, et notamment sexuels, tortures mentales (dont amoureuses). Ce mec, le monde lui est tombé sur la gueule depuis 6 ans maintenant. Et au moment où il pense avoir repris le contrôle, il s'aperçoit qu'on lui nie ce passé. D'abord parce que son protégé le renie. Une amitié entre les deux familles (celle de Beecher et celle de l'étudiant) qu'il tenait en haute estime, et qui faisait partie des rares bagages de sa vie avant la prison qu'il avait conservés. Mais au nom de son homosexualité, le voilà renvoyé à une pauvre pute de la geôle, la lie de la société carcérale, la "bitch" des autres prisonniers. Tout ce qui fait qu'aujourd'hui Beecher est capable de tenir debout lui est soudain renvoyé comme de la merde au visage.
Pire encore, en faisant mine de mettre en pause leur espèce de concurrence par proxy, Schillinger parvient même à essayer de lui faire nier l'importance des abus sexuels subis. Cette enflure de Schillinger réussit en effet en un même mouvement à admettre un tort et à ouvertement annoncer qu'il veut le reproduire ! Et Beecher, parce qu'il espère être un homme digne et compréhensif, ne voit rien passer, jusqu'à être à deux doigts du point de non retour. Sa mine déconfite lorsque Schillinger lui apprend que s'il cède son protégé au nazillon, Beecher aura accès à ce qu'il veut et notamment Keller, c'est atroce. Soudain Beecher comprend qu'il a le choix entre renier un abus passé et ne pas céder un pouce de terrain sur ce qu'il a endurer, mais ne pas retrouver l'homme qu'il aime. De justesse, Beecher fera le choix de la droiture, mais on ne peut que souffrir pour lui à l'idée que pendant un instant, on a failli lui soustraire la reconnaissance des horreurs infligées.
Le cas O'Riley est à mes yeux le pire des trois, mais il relève de la même logique. Ryan tente désespérément de réunir l'argent pour engager un grand avocat qui pourrait sauver Cyril du couloir de la mort. Mais sa famille n'a pas l'air prête à mettre la main au portefeuille...
"There's more. There has to be more to a family than just blood, Ryan. More than Christmas dinners and the birthday cakes, and more than old hurts and unsettled scores. We're not a family. We never have been". Je dois dire que cette réplique m'a totalement flinguée. Peut-être que c'est parce que je m'y suis beaucoup retrouvée, mais j'ai trouvé ça encore plus dur que tout le reste. Ryan, il est comme il est, on va pas redire ce qui a été dit dans les reviews précédentes, pour lui la fin justifie les moyens, c'est le mec qui a un objectif, qui essaye de penser froidement pour l'atteindre, et qui parfois perd son contrôle quand on touche à son sang (et par extension, donc, celui de Cyril). Ce mec-là, il s'est battu seul pendant des années, ensuite il a englobé Cyril, et il a finit par se trouver une maman, un truc totalement inespéré. Ryan, il n'a même pas les liens éthniques pour le tenir, parce que quand il utilise l'argument irlandais, c'est soit pour se définir identitairement lui-même, soit pour utiliser des faveurs. En-dehors des liens du sang, il n'a rien ce mec-là, c'est tout sa vie. Alors, c'est certainement le seul type de la prison à qui on a pas le droit de dire qu'il n'a pas de famille et que les liens du sang ne priment pas sur le reste. C'est le seul gars à qui tu enlèves tout quand tu enlèves ça. Et il essaye désespérément de se battre contre cet argument que lui oppose sa tante Brenda, mais il peut pas, parce que les liens du sang, ça n'a pas de sens quand on est seul à leur prêter de l'importance. Ca ne marche pas.
On ne peut pas forcer les liens du sang sur quelqu'un. Je crois que, plus que la sentence de sa tante qui avance gentillement que, ça se trouve, laisser Cyril être exécuté, c'est ptet pas plus mal, plus que ça encore, entendre que les liens du sang ne valent rien, c'est ce qui brise sa volonté de remonter ses manches et résoudre un problème de plus.
Et franchement, voir O'Riley abandonner, c'est du plus haut déchirant. Il a baissé les bras. Il va voir Cyril et il a laissé tomber.
Et je crois que c'est la raison de plus pour laquelle cet épisode d'Oz compte parmi les plus douloureux à regarder.
Parce qu'au bout du compte, si on met de côté la violence, le sexe, la saleté et les bassesses ; le plus dur, à Emerald City, c'est de devoir accepter de lâcher ce bout de soi-même où on pensait résider, le petit bout d'humanité qu'on essayait de garder précieusement pour pas lâcher la rampe, et de faire cette ultime concession. C'est ce dont l'épisode m'a semblé parler, et vraiment, ça a de quoi me tirer les pires larmes. Heureusement, hors d'Oswald, il est permis de pleurer ; croyez-bien que je ne m'en suis pas privée.
04 juin 2012
[#Ozmarathon] 5x04, pause tendresse
On ne mollit pas, second épisode de la soirée pour le Ozmarathon : battons le fer tant qu'il est chaud !

L'épise s'ouvre sur ce qui est probablement l'un des plus précieux moments de ce début de saison, alors qu'Alvarez rend visite au ptit père Mukada. Séquence nostalgie ! Cela faisait longtemps que ces deux-là n'avaient plus interagi, et ça. fonctionne. toujours. aussi. bien ! Eux-mêmes sont d'ailleurs conscients de ce passé commun qui les rapproche et leur permet d'être sincères l'un avec l'autre. Il est vrai que c'est un sincère regret pour moi que leur relation n'ait jamais eu l'occasion d'être exploitée pleinement ; Mukada aurait pu, à plusieurs reprises, être vital dans les orientations de la vie de Miguel, et en échange il me semblait que Miguel apportait aussi de l'humilité à ce religieux un peu trop sûr de sa fabuleuse supériorité morale. Qui plus est, c'est l'occasion de se rappeler (chose que personne n'avait pensé à mentionner jusque là) que Mukada est le seul survivant de l'accident de bus et qu'à ce titre, il porte une nouvelle blessure.
Cette petite scène sincère et touchante, qui une fois de plus nous permet d'accéder à l'âme torturée d'Alvarez (et c'est bien pour ça qu'on l'aime), est surtout une façon d'introduire un nouveau programme au sein d'Oswald, cette fois portant sur le dressage de chiens, et auquel Miguel s'est porté volontaire.
Soyons clairs : les programmes de cette prison ont une longue histoire d'échecs cuisants. On attend encore les brillants résultats de la boxe, du basket, et cela sans parler du programme scolaire. Oh, et ne me lancez pas sur l'obligation de regarder des videos éducatives, et surtout sur la question de la cage à EmCity ! Cette fois, il s'agit donc de dresser des chiens pour aveugles (un très beau rappel du sentiment de culpabilité d'Alvarez suite au crevage d'yeux de Rivera), chiens qui vivront à Em City avec leur maître d'ailleurs. Là encore, ça sent l'idée brillante. Première crainte de Tim McManus (partagée par son ex-femme dont je n'ai toujours pas réussi à mémoriser le nom ; ptet que si elle restait à l'antenne plus de 5mn ça aiderait cela dit, d'autant que j'adore leurs confrontations stériles) : on n'a pas peur qu'ils fassent du mal à leur chien ? Oh non, ils s'y attachent au contraire, et finissent par les protéger.
Attends, non, pause là. Réfléchissons : que savons-nous du fonctionnement des choses à Oz ? Que chaque fois que quelque chose est important pour un prisonnier, les autres vont chercher à le lui voler, casser, ou les deux. Ma plus grande crainte ne vient pas des prisonniers soigneusement sélectionnés pour ce programme : elle vient de tous les autres ! Et d'ailleurs c'est Alvarez qui va faire remarquer, avec une acuité à la fois aiguë et blasée, que c'est des autres que vient le danger. Ça ne tarde pas à se manifester d'ailleurs. Et on ne doute pas plus de 3 secondes que ça finisse mal, surtout vu les récentes altercations entre Alvarez et Guerra. Mais Tim McManus, est-ce que tu réfléchis parfois ? On court au désastre. Et encore, c'est seulement si on a la chance qu'aucun prisonnier ne se serve de son chien comme d'une arme. Parce que c'est pas des caniches en plus, qu'ils ont à leurs côtés. Des crocs comme ça, à EmCity, ça vaut toutes les brosses à dents bien taillées du monde. Seigneur, ya des fois hein...
Bon, pendant que la débâcle suit lentement son cours, n'en doutons pas, l'épisode va en tous cas passer rapidement à autre chose. Ce que je regrette, soyons clairs, car ce programme ne mérite pas de rester indéfiniment dans la saison, et qu'en plus ça nous donne une triple dose d'Alvarez, comme sans doute jamais jusqu'à présent. Mais admettons.
D'ailleurs il y a plein d'intrigues comme ça qui sont lancées, depuis quelques épisodes, et qui retombent aussi sec. En témoigne l'histoire de Rebadow et de son ticket de loterie ; on s'était émus du sort de son petit-fils, maintenant la storyline traîne sa misère et ne veut plus se développer, et du coup l'émotion s'échappe. C'est d'un triste.
L'épisode nous offre, c'est nouveau, un peu de sang neuf, comme en témoignent les deux flashbacks criminels : l'un avec deux étudiants, Adam Guenzel et Franklin Winthrop, et l'autre, Francis Urbano, un criminel italien sans scrupules.
Pas de grosse exploration psychologique du côté d'Urbano : il est surtout là pour jouer les gros bras pour les Ritals, surtout maintenant que Pancamo est reclus à l'infirmerie, sans en avoir l'autorité. Ce qui est intéressant est plutôt ce qui se joue du côté des étudiants : Guenzel échoue à Em City, où Beecher est son parrain (il connaît son père), et l'autre débarque en unité B où c'est Schillinger qui le prend sous son aile (et cet homo refoulé de Robson qui fait main basse sur son cul). La mise en parallèle marche très bien : Guenzel, un peu protégé mais pas du tout conscient que c'est le cas, commence par avoir quelques frayeurs avant de vite prendre goût à l'ambiance violente du coin, sous le regard désapprobateur de Beecher ; de son côté, Winthrop devient la nouvelle prag des nazis, et revit tout le parcours qui avait été celui de Beecher, dans une souffrance muette à vous tordre le coeur. Guenzel ne se rend donc pas compte à quel point il est protégé par Beecher du sort que lui-même a connu, et qui afflige son ex-camarade. Par effet de contraste, cela souligne aussi le chemin parcouru par Beecher.
Ce dernier est d'ailleurs pris entre deux feux pour d'autres raisons : il est amoureux de son avocate ET de Chris Keller. Or Keller a besoin d'un avocat pour lui éviter la peine de mort, et devinez qui prend l'affaire ? Eh oui, ça pue. D'ailleurs, Keller n'est pas dupe du peu d'intérêt qu'a l'avocate pour sa survie, ce qui devrait nous donner d'autres échanges aussi intéressants que celui qui noue la rencontre entre les deux amours de Beecher. De quel côté des barreaux est le vice ? On est en droit de se le demander.
En attendant, toujours pas de retrouvailles pour nos tourtereaux. La frustration monte.
Deux amoureux renouent, par contre, et on ne l'avait pas vu venir : Gloria et Ryan partagent quelques instants tendres et surtout complices, alors que Ryan se livre quant à ses interrogations vis-à-vis de sa mère. Une fois de plus, Ryan se montre très touchant, et c'est l'occasion pour Gloria de faire une quasi-déclaration, à mots à peine couverts. Mais notre médecin a déjà fort à faire dans son travail d'acceptation de son viol, et l'instant de grâce sera bref.
D'autant plus bref que le tempérament volcanique de Ryan ne s'arrange pas. Quand il s'agit de sa famille, c'est viscéral, il ne réfléchit plus, et quand il comprend (ou croit comprendre) que les Chinois en veulent à sa mère, il fonce bêtement dans le tas, au lieu de bien préparer son coup avec l'intelligence qu'on lui connait. Le résultat est pire encore qu'on ne le pensait : Cyril se porte à sa rescousse (cette impulsivité là, on la connaît bien, elle a déjà coûté par le passé), et désormais il risque la chaise électrique. Depuis sa cage au milieu de la cour d'Em City, et alors que Kingmin lui veut pire que pendre, Ryan réalise, trop tard, qu'il est sur le point de tout perdre...
Pour respirer un peu, notre ami Omar est à nouveau sur le devant de la scène. Son intrigue prend un tour plus léger : alors qu'il s'est pris de passion pour les cours de chant dispensés par la mère de Ryan, il commence à casser les oreilles d'absolument tout le monde en voulant répéter ; LA bonne action du jour viendra de McManus qui lui trouve une pièce dans laquelle répéter ; il ignore que ce faisant, il lui donne aussi un avantage certain dont les passeurs de drogue vont vouloir profiter. Omar est donc à nouveau pris dans de sombres affaires de trafic, et le répit en ce qui le concerne sera probablement de courte durée. Mais pour l'instant, écoutons-le chanter avec l'entrain d'un gamin de 6 ans...
L'épisode, pour offrir du contraste avec la plupart de ces jolies petites scènes "mignonnes", se conclura néanmoins sur une scène atroce, dans la plus grande tradition de la série, histoire d'entretenir la haine entre les nazis et les musulmans.
Niveau histoire, ça n'apporte rien, mais quel claque !
Et pendant ce temps, personne ne semble beaucoup se formaliser de la totale disparition de Cloutier, désormais introuvable dans une prison dont on aimerait imaginer qu'elle est surveillée un minimum, et qui plus est, alors que ce grand brûlé n'est pas même pas supposé être capable de parler, et de galoper comme un petit fou moins encore.
C'est dommage puisque, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire pour l'épisode précédent, c'est sur cette intrigue que reposait le plus gros de mes espoirs...
Pour conclure, je voudrais souligner que pour des raisons d'agenda, notre Ozmarathon perd l'un de ses membres en la personne d'Elvire, qui, avec l'été, ne pourra plus se caler sur notre "planning" commun. Un petit mot donc pour souligner combien ce fut un plaisir de faire ce marathon avec elle, et de lire ses commentaires pleins d'humour sur Twitter pendant nos visionnages. J'espère qu'on pourra partager nos impressions, même à retardement, sur les épisodes ou les saisons dans leur globalité, même si tu n'es plus des nôtres pendant ces visionnages en commun...
[#Ozmarathon] 5x03, I want to believe
Ce soir, c'étaient deux épisodes de notre Ozmarathon qui étaient au programme. Il faut dire qu'avec l'été, notre planning va s'en trouver assez bouleversé, alors qu'il l'avait déjà pas mal été au printemps.
Alors, comme pour profiter de ces derniers instants communautaires, la saison 5 prend son envol, et nous offre quelques bons moments. Ca fait du bien.

Vous l'attendiez, Oz l'a fait : Chris Keller est de retour ! Malheureusement, l'épisode va assez peu s'apesantir sur la question, et surtout, les retrouvailles avec Beecher, que tout le monde attend (y compris les deux amants), n'ont pas lieu : comme pour punir Keller (de nouveaux éléments ont été apportés aux dossiers de ses meurtres homophobes), Beecher n'a pas de droit de visite, et, apprendra-t-on plus tard, pas le droit non plus d'échanger des lettres. Comme le souligne Keller, c'était finalement bien la peine de revenir à Oswald si c'était pour se sentir encore plus séparé de son cher et tendre...
Un autre retour, moins enthousiasmant cette fois (mais il faut dire que la série a du mal à nous introduire à de nouveaux personnages attachants depuis quelques temps), est celui du Chinois Jia Kingmin, dont très franchement on ne se souvient plus trop comment la haine pour Ryan O'Riley est apparue. Mais en tous cas elle est tenace, et le voilà qui commence à caresser l'idée d'utiliser sa mère pour lui rendre la monnaie de sa pièce.
C'est d'ailleurs très touchant ce qui se passe avec la mère biologique de Ryan. Cela nous ramène le personnage là où il s'est finalement toujours trouvé le plus touchant, c'est-à-dire sous l'angle de la famille ; d'ailleurs les intrigues amoureuses avec Gloria, sans être balayées et oubliées, ont mis la sourdine, comme pour mieux me donner raison. Clairement, Ryan est un "family guy", aussi dysfonctionnel soit-il, et sa façon de vouloir protéger sa mère lui ressemble bien. Même quand elle se manifeste de façon maladroite et irréfléchie. Encore plus touchante était la petite interaction avec Cyril, ce gros ours en peluche au coeur toujours triste qui voudrait bien lui aussi avoir une maman, et qui propose à Ryan d'échanger sa possession la plus chère (sa paire de gants de boxe ; pour une fois, très, très belle façon d'utiliser le passé de la série) contre l'affection d'une mère. Réponse de Ryan sans une hésitation : "oh non, pas la peine de procéder à un échange, on n'a qu'à partager ma maman". Sérieusement, comment ne pas avoir une énorme envie d'adorer Ryan O'Riley dans ce genre de situations ? C'est tellement lui, et tellement une belle facette de lui... On sait bien que c'est un enfoiré et un manipulateur, mais comment lui en vouloir quand on sait qu'il ne cherche jamais qu'à protéger ce genre de choses ?
Le retour sans conteste le plus inutile de l'épisode (mais pas de la saison, car il y a vraiment du level) est résolument celui de Brass, le CO sans tendon d'Achile. Déjà dans l'épisode précédent on ne voyait pas trop ce que ça pouvait donner, mais là... en fait, là, on voit ce que ça donne, et ça n'est pas convaincant du tout. Évidemment, tout ce qu'il souhaite, c'est de se venger, mais sa façon d'opérer est grossière et ne lui apporte rien de bon. Au final on n'est pas avancés du tout, on ne s'est pas émus une seule fois (en grande partie parce qu'on connaissait mal Brass avant l'incident, et qu'en plus il n'est pas très aimable), et cette intrigue prend de la place dans des épisodes déjà bourrés à craquer de mini-storylines un peu faibles.
C'est d'ailleurs le cas de ce pauvre Peter Schibetta qui lui non plus ne va pas gagner grand'chose à revenir dans la course. Ces histoires de viols deviennent d'ailleurs un running gag de bien mauvais goût.
Initiée précédemment par McManus (qui dans cet épisode est trop occupé à se fritter avec son ex-femme sur des questions à propos desquelles ils sont d'accord), la relation tuteur/poulain entre Kareem et Omar commence à s'épanouir. Elle prend même quelques formes surprenantes alors que Saïd, comprenant qu'il s'y prend peut-être un peu mal avec son protégé, tente d'engager une discussion "neutre" avec le ton le plus menaçant du monde. Sur le coup j'ai ri ; mais il faut avouer que le développement, assez rapide, nous rappelle que la série sait aussi ne pas entretenir 712 ans certaines situations, pour les dénouer avec brio. Malheureusement, je n'arrive toujours pas à ressentir quoi que ce soit pour Omar et seul le point de vue de Saïd m'intéresse vraiment dans cette histoire.
Je m'arrête un instant sur Leo Glynn. Je crois qu'on sera tous d'accord pour dire que ça n'a jamais été le personnage préféré des scénaristes : ses intrigues ne nous ont jamais menés nulle part, et son character development a toujours été au-dessous de zéro. Mais là on atteint des sommets. Désormais, chaque fois que le directeur s'exprime, c'est pour se rendre aussi haïssable que possible. Il tente de faire avouer à Alvarez qui l'a poignardé dans l'épisode précédent, et finit par le menacer plus ou moins explicitement de le mettre en isolement (dude, Alvarez est la VICTIME... bon, consentante, certes, mais ça tu l'ignores). Ou quand un prisonnier qui lui a sauvé la vie pendant la triste affaire Clayton Hugues lui demande une petite faveur pour pouvoir se comporter aussi bien que possible maintenant qu'il a quitté l'isolement, Glynn balaie sa demande de la main au prétexte que ça va trop lui rappeler ce triste épisode avec Clayton. OK, alors soyons clairs : si ça te fait chier de diriger la prison, personne ne te retient (d'ailleurs cette histoire de démission, on en est où ?). Ça devient insupportable. J'avais des envies de meurtre.
Quand je pense qu'à une époque, Glynn était le patriarche ferme mais juste qui servait de rempart à l'ignominie de Devlin... et maintenant c'est Devlin qui tente de communiquer et Glynn qui joue au salaud ! C'est vraiment le monde à l'envers.
Plus globalement, ce qui manque vraisemblablement à cette saison, et qui manquait d'ailleurs à la précédente, c'est un enjeu interne servant de fil rouge. Des esquisses sont apportées, mais on sent qu'elles sont lancées sans grande conviction, par des scénaristes déjà bien conscients d'avoir plein d'autres lignes qui mordent en ce moment. Ainsi, quelques alliances entre clans voient le jour ; en parallèle, on peut voir qu'Alvarez est en train de devenir une force d'opposition à son propre clan, ce qui est en plus du jamais vu. Ces angles, plus proches des grands tours de force de la série dans ses plus belles heures, pourraient donner quelque chose d'intéressant, mais on sent bien que ces histoires sont plus là pour meubler que pour bâtir un véritable arc général, tendant vers un but pour la fin de saison, par exemple.
Peut-être qu'en réalité, l'intrigue majeure de la saison est ailleurs. Du côté de Cloutier, par exemple. Elle est assez difficile à cerner : voilà un personnage étrange, dont on n'est pas sûrs de savoir pourquoi il ressuscite, et dont les manifestations sont perturbantes. Mais clairement cela donne à la série l'occasion d'aborder des thèmes ésotériques (ici, les monologues de Hill portent sur les rêves et leur sens, ce qui est forcément savoureux vu le mode d'apparition de Cloutier) et surtout, religieux. La religion avait à un moment une grande place à Oz, et comme en témoigne la timidité du père Mukada cette saison à l'image, elle a un peu perdu en importance ; c'est ici une bonne occasion de la réintroduire. La scène finale de l'épisode propose d'ailleurs une séquence de meurtre (ou tentative de) très symbolique, à la fois forte visuellement (cf. capture) et spirituellement. Certes il est étonnant de voir les pouvoirs paranormaux de Cloutier prendre une telle ampleur (mais après tout, à l'époque, la télévision était en pleine vague fantastique, alors...), mais le sens religieux donne une dimension intéressante à la série. En regardant ces scènes, je ne peux m'empêcher de tiquer, mais j'aimerais être capable de dépasser ces réactions réfractaires afin d'y voir là un espoir pour la saison... tout simplement parce que j'ai envie d'y croire.
03 juin 2012
[#Ozmarathon] 5x02, réapparitions
Wow. Un post Ozmarathon. Je suis même pas sûre de savoir encore comment on fait ! Eh oui, après des semaines d'absence, la petite bande du marathon a trouvé le moyen de se réunir, et nous voilà donc en train de replonger dans les ténèbres d'Em City.
Ce retour est donc une raison de se réjouir, et en même temps, a un côté doux-amer, car les défauts des épisodes vus "récemment" n'ont hélas pas disparu pour autant.

Tout commence avec une intrigue tirée par les cheveux (ce ne sera hélas pas la première) au cours de laquelle Alvarez, après avoir énervé Guerra qui réitère ses menaces de mort, décide de pactiser avec lui : il lui offre la possibilité de le poignarder à l'épaule pour se faire les nerfs. Sa seule condition : le faire devant témoins, ce qui devrait servir d'assurance-vie à Alvarez.
Soyons sincères : ce deal est pourri. Vous iriez proposer à votre ennemi de toujours, un type à l'honnêteté contrariée, dirons-nous, de vous faire un petit bobo sans contrepartie ? Moi non plus. Et d'ailleurs Guerra compte bien en profiter pour en finir avec notre Latino préféré. Il faudra l'intervention surréaliste de Morales pour qu'Alvarez survive. Il n'y a pas de grande logique dans tout ça, si ce n'est qu'on illustre une fois de plus combien Alvarez est perdu ; une énième exploration de sa personnalité dont se chargeait très bien son entretien avec Rebadow, bien plus effectif. Mais enfin.
Allez, avec un peu de chance, cette fois Guerra est satisfait et Alvarez n'a plus à se soucier de rien. Ouais, moi aussi j'ai du mal à le croire.
Une intrigue autrement plus touchante est justement celle de Rebadow qui, découvrant que le pronostic vital de son petit-fils est engagé, fait son possible pour trouver un remède contre le cancer. Personne ne lui fait remarquer que si c'était si facile (il se contente de lire des publications scientifiques et d'aller sur internet), le cancer serait déjà de l'histoire ancienne, mais difficile de ne pas voir arriver de loin la grosse déception qui l'attend. On en est tous tristes par avance... mais ce ne sera en tous cas pas pour cet épisode qui se contente de poser la question de l'argent nécessaire.
Outre ces intrigues qui hélas n'apportent pas grand'chose de neuf (après tout, si Rebadow a besoin d'argent, pourquoi ne pas organiser une quête comme la dernière fois ?), deux autres vont être remises sur le tapis : d'une part, celle de Brass, le CO dont la carrière dans le basket avait été écourtée par un "accident", et d'autre part, le petit Peter Schibetta, fils de l'ex-parrain d'Em City, et victime du défunt Adebisi.
Dans le cas de Brass, il s'agit plutôt d'un prétexte. Certes cela nous donne l'occasion de voir McManus pris par les regrets et la culpabilité (mais n'est-ce pas son état normal ?), mais surtout cela nous permet de faire plus ample connaissance avec un personnage qui, lui, est totalement nouveau : son ex-femme, qui vient d'être nommée comme agent de liaison entre la prison et le cabinet du gouverneur. Preuve que la série a non seulement de la mémoire, mais aussi du recul, c'est l'occasion d'une boutade bien sentie de la part de Murphy qui est convaincu que McManus va se la faire (il ignore qu'ils ont déjà été mariés). Mais surtout c'est une excellente façon de les pousser à interagir, car en dépit de leur divorce, il s'avère qu'ils sont toujours sur la même longueur d'ondes professionnellement. La façon dont McManus manipule Brass pour qu'il aille la voir et que finalement il obtienne (un peu malgré lui) une solution parfaite est assez amusante et donne les bases d'une dynamique intéressante... à condition que McManus ne se pique pas de la sauter quand même. Hélas, qui croit vraiment que juste une fois il ne va pas penser avec son pénis ? C'est ce qu'il me semblait aussi.
Dans le cas de Schibetta, on est par contre dans l'inutilité la plus totale. Ce que ce pauvre hère peut bien avoir à apporter me dépasse, étant donné qu'Adebisi est mort de longue date et qu'après son internement, il n'impressionne plus personne. D'ailleurs le pauvre diable n'essaye même plus, ce qui confirme l'étrangeté de ce retour.
Le fantôme d'Adebisi, en revanche, continue de hanter Saïd qui heureusement trouve en McManus une aide précieuse. Voilà un bout de temps maintenant que McManus a le prisonnier Omar sur le dos, un stalker perdu mais dangereux dont on n'a jamais trop su quoi faire. Eh bien Timmy a enfin trouvé la solution parfaite : demander à Adebisi de devenir son sponsor. Je dois avouer que même si l'idée parait séduisante, et même assez poétique en un sens, il est évident qu'elle va tourner à l'échec. Omar est foutu, d'ailleurs lui-même le sait. Mais avec un peu de bol, cela permettra à Kareem Saïd de trouver la rédemption. On n'en demande pas plus, même si le Saïd ombrageux que nous avons découvert depuis la mort d'Adebisi st un des plus intéressants character developments de la série.
Avant de finir, un mot sur les monologues d'Augustus Hill : ils sont dans cet épisode très bons. L'énumération des lois débiles de certains Etats fonctionne, déjà parce que ces lois absurdes nous font rire depuis des années (surtout depuis qu'internet propose des listes pour notre divertissement), et surtout parce que leur conclusion était très intelligente et fine, opérant un excellent parallèle avec l'intrigue du Révérend Cloutier.
Ce dernier, un grand brûlé, semble avoir développé la capacité d'apparaître à ses victimes. Un angle paranormal qu'on n'imagine pas du tout dans une série telle qu'Oz, et qui à mon sens ne fonctionnerait que si un seul prisonnier était touché (de la même façon que Rebadow prétendant que Dieu lui parlait avait de l'effet dans les premières saisons), mais qui là semble totalement déconnecté de l'identité de la série. Cependant, avec l'éclairage du monologue de Hill, il faut admettre que cela fonctionne. Espérons seulement que ces projections astrales ne soient pas qu'un artifice et aboutissent à une intrigue solide, sans quoi ça pourrait aussi bien être un saut de requin céleste...
Je passe sur la question du meurtre de Hank Schillinger, qui conduit une fois de plus à réveiller le démon qui se loge dans l'âme noircie du nazillon de service, poignardant Pancamo pour obtenir vengeance, parce que très franchement ça n'a été qu'un prétexte pour pouvoir ramener le seul personnage qui nécessite d'être ramené dans la série.
Heureusement, dans les petits moments de flottement de la série, l'aspect communautaire de ce visionnage permet de conserver sa bonne humeur, et de garder de l'entrain pour le prochain épisode... qui, il faut le dire, devrait cependant comporter une excellente nouvelle, puisque plus rien n'empêche Keller de rentrer au bercail !
08 avril 2012
[#Ozmarathon] 5x01, thanks for the ride
La fin du Black March signifie aussi le retour du Ozmarathon, puisque tous les participants n'avaient pas forcément la chance de suivre la série en DVD. Enfin ! La saison 5 commence, et c'est avec entrain, espoir et appétit que nous nous lançons...

L'épisode va pourtant commencver sur une grosse maladresse, probablement rendue plus insupportable avec le recul maintenant que 90% des séries nées depuis lors ont utilisé le stratagème : l'intro qui donne la conclusion de l'épisode, suivie immédiatement d'un retour dans le passé. Ce n'est pas exactement un flashback, c'est juste une façon très gauche de plaquer un enjeu sur cet épisode : attention, à la fin, voilà ce qui attend tout le monde, et ils n'en savent rien. Le problème c'est qu'on est loin d'avoir de quoi se rassasier dans l'intervalle.
Pour être plus précise, l'idée de faire se crasher le bus, je dis oui. L'idée de voir comment les prisonniers ont hâte de retrouver des visiteurs à l'issue des mois de travaux qui les ont coupés de l'extérieur, ok. Mais les discussions dans le bus ! Seigneur, c'était interminable. Evidemment ça accentue la dramatisation, humanise les personnages qui sont condamnés à mort, et propose, chose quand même vachement inédite l'air de rien dans la série, de longues scènes hors de la prison, et avec, donc, un regard extérieur sur les maux qui rongent les prisonniers. Mais c'est vraiment longuet quand même.
Pendant ce temps, loin de se douter de ce que les scénaristes vont bientôt leur infliger, lesdits prisonniers continuent leur petite vie, ou plutôt la retrouvent, dans une prison d'Oswald qui semble avoir été retapée de la cave au grenier (mais très franchement, ça ne saute pas à l'oeil nu) et où ils peuvent enfin réintégrer leurs quartiers ou la cantine. Par-dessus le marché, les prisonniers en isolement vont aussi pouvoir se remélanger à nos amis d'Em City sous un prétexte fallacieux.
Et c'est donc le moment où les groupies d'Alvarez sautillent sur place comme des adolescentes des années 90 devant un poster de Rock Voisine. On n'y croyait plus ! Dans la saison précédente, camoufler l'absence de Kirk Acevedo avait été fait avec autant de subtilité que le maquillage de la grossesse de Lauren Lane dans Une Nounou d'Enfer, la volonté d'en faire des tonnes pour pouvoir en rire en moins. C'était affligeant mais, l'air de rien, on avait fini par s'habituer à cette masquarade. Alors ça fait tout bizarre de le retrouver, étrangement imposant physiquement, et surtout, complètement loco. Ah, c'est fini, les yeux de chiot : maintenant Alvarez mord. Peut-être en se vantant juste un tantinet trop d'en être capable, de sorte qu'il va prendre une petite leçon d'humilité (de la part de Giles, en plus !), mais enfin, il est en forme, il pète le feu, on dirait qu'Acevedo lui-même est soulagé d'être revenu.
Retour aux affaires également pour Kareem Saïd. Peut-être pas comme on l'aurait imaginé, mais retour quand même. Après avoir libéré l'Adebisi qui sommeillait en lui, Kareem semble ne pas avoir tout-à-fait choisi comment il allait vivre à partir de maintenant. Le démon n'est pas tout-à-fait lâché, comme j'aurais pensé ; mais pour autant il n'est pas totalement sous contrôle, et d'ailleurs, le self-control de l'imam a disparu, comme le montrera sa rapidité à montrer aux Aryens tout le bien qu'il pense d'eux, à peine relâché. Il participe toutefois de bonne volonté à la petite discussion mise en place par Sister Peter Marie, avec Beecher et Schillinger. Le beau trio que voilà.
Et alors, Sister P, il faut qu'on cause. Ca ne va tout simplement pas être possible. On se demande comment l'administration peut continuer de vous payer à organiser des sessions entre des gens qui se haïssent, de les voir échouer et recommencer avec un défi encore plus ridicule la fois suivante. C'est perdu d'avance. Déjà parce qu'entre Beecher et Schillinger, la dernière fois, ça a échoué. Et maintenant en venant y ajouter Saïd ? Faut vraiment rien avoir à faire de sa journée. Tout ce temps que vous pourriez passer en expertises psychiatriques sur, chais pas moi, Alvarez par exemple ? Alors je dis pas, ça va nous faire du sport, c'est bien, et d'ailleurs ça commence plutôt bien, parce que Beecher est un personnage en or (pas pour rien qu'il a attendu près de la moitié de l'épisode avant de pointer son nez) et que toute scène avec lui vaut forcément cent sous de plus, mais on sait tous comment ça va finir. Mal.
Entre Ryan O'Riley et Gloria Nathan, ça ne va pas très bien non plus. Pas vraiment de querelle d'amoureux mais, comme on avait pu le voir en fin de saison précédente, Nathan prend ses distances et ça fait tout drôle à l'Irlandais d'être repoussé sans vraiment savoir trop pourquoi (il faut dire qu'il n'a jamais été très malin quand il s'agissait de Gloria).
C'est aussi l'occasion de remettre le meurtre de Keenan sur le tapis, j'avoue que j'ai pas trop compris pourquoi sinon qu'Arif est long à la détente et est allé caffeter.
Il me souvient de l'époque où les intrigues d'Oz avançaient. C'était une ère faste et bénie qu'on appelle la première saison, et ça s'est étendu dans la seconde, aussi. En fouillant votre mémoire, vous devriez pouvoir vous rappeler qu'on ne convoquais pas d'intrigues anciennes en permanence. Eh bien cette époque est vraiment finie.
En réouvrant le dossier du meurtre de Keenan, on fait appel à une vieille, vieille affaire, qui n'avait même pas forcément été la plus palpitante de la série (vous me remettriez un trio Beecher/Schillinger/Keller, là je dis pas... on a vécu de grands moments avec ces enfoirés-là !), et de la faire revenir pour ce qui semble être la énième fois au nom d'une résolution. Mais que peut-elle nous apporter ? Voyons les choses autrement que sous l'aspect strict de l'enquête que mène Glynn : sur un plan dramatique. Cela oblige Gloria à choisir son camps : dire la vérité, ou protéger Ryan. C'est franchement un dilemme qu'elle a suffisamment exploré la saison précédente, et maintenant qu'elle prend ses distances avec lui, visiblement en toute connaissance de cause, voilà qu'elle cache ce qu'elle sait à Glynn ? Ca donne vraiment l'impression de faire un pas en avant, un pas en arrière. Pourquoi ne collabore-t-elle pas totalement avec O'Riley dans ces conditions ? J'aimerais énormément voir Gloria la psychorigide en bad girl, ce serait bien plus riche en possibilités.
Heureusement cette petite enquête pas très originale est aussi l'opportunité pour Ryan, pendant ses quelques minutes de présence à l'antenne, de faire... son Ryan, et d'intriguer de son mieux pour couvrir le meurtre. Il faut admettre qu'il s'en sort pas mal, mais on n'en attendait pas moins de lui. J'ai par contre été intriguée et surprise par sa façon de parler à Cyril... se pourrait-il que le divorce soit consommé entre ces deux garçons dont Ryan a découvert récemment qu'ils n'étaient pas issus de la même mère ? Ce serait intéressant aussi, mais peut-être plus dur à avaler après tout ce que la série nous a montré sur le lien qui les unit. Je suis prête à me laisser séduire par une telle intrigue quand même, si tel est vraiment le cas.
Et puis, quand franchement on ne s'y attendait plus, LA scène arrive. Et elle s'avère bien plus émouvante que je ne m'y attendais.
Le bus effectue sa chute, le père Mukada se tire miraculeusement du véhicule, Glynn annonce aux prisonniers ce qui s'est passé... C'était très bon, très puissant, et pas uniquement à cause de la musique un peu over the top mais bien parce qu'on redécouvrait l'aspect le plus fort, le plus sacré, le plus indispensable de la série : son humanité. Malgré toutes les horreurs que ces hommes commettent (assez peu représentées pendant cet épisode, en-dehors de l'état de Cloutier qui a de quoi retourner les estomacs les plus accrochés), ils restent des hommes pour qui les proches, la famille, tout ça, c'est vital. Cela faisait longtemps que la série n'avait plus abordé ces choses-là de cette façon-là. N'ayant pas vu la saison 5 (je n'avais pu reprendre la série que lorsque la 6e était passée sur Série Club), j'ignore si cela avoir un impact durable sur la saison, mais je le souhaite.
C'est sadique... mais c'est très Oz, non ?
14 mars 2012
[#Ozmarathon] 4x16, pour de la fausse
Entre Pushing Daisies et Oz, il faut avouer qu'il y a un monde, voire plus ! Mais l'équipe du Ozmarathon tenait à finir la saison 4 en dépit du léger contretemps que peut représenter le Black March pour certains d'entre nous, et nous voilà donc devant un season finale... bon, si je dis explosif, ça fait un peu blague facile, non ?
Sauf qu'une bonne partie de l'épisode va reposer sur le principe de pétard mouillé...

Il faut dire que cette seconde moitié de saison 4 avait pu se montrer parfois décevante, ou simplement peu cohérente avec la première partie, et qu'il y avait des intrigues qui ne pouvaient pas offrir un final époustoufflant de toute façon.
A l'instar de la lutte sourde entre Burr et Supreme Allah : ils n'ont pas arrêté de se crêper le chignon, et ça ne nous a pas captivés un seul instant, même quand Hill s'est trouvé mêlé à la bagarre et qu'il a pris tout le monde de haut en prétendant ne pas se livrer à cette guéguerre. La bonne nouvelle, c'est qu'il est un peu redescendu de son piédestale dans cet épisode, et qu'il a fini par prendre partie et même, par mettre la main à la pâte et influer sur le résultat de ce duel. J'ai aimé qu'il ne le fasse pas par erreur, contre son gré ou sous lap ression, mais en toute connaissance de cause, même si c'est ensuite pour en vouloir à lui-même et à Burr. La mort de Supreme Allah n'est pas très digne ; au regard du palmarès de la série en la matière, elle est même limite honteuse. Mais peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Place est faite pour une intrigue neuve en saison 5, et c'est l'essentiel.
Comme c'est la fin de la saison et que plein de contrats ne seront pas renouvelés pour l'année suivante, Oz en profite pour faire un grand nettoyage de printemps parmi ses personnages.
La mort la mieux accueillie est celle de Clayton Hughes. Nom d'un chien, depuis le temps ! Comme Supreme Allah, on ne peut pas dire que la mort ait beaucoup d'intérêt par elle-même, le personnage étant pourri depuis un bon moment. Voilà donc Clayton qui parvient à organiser une mutinerie en isolement, à se proclamer roi et à décréter que le couloir est une micro-nation, et très franchement à ce stade, on a envie de faire un raid dans les bureaux des scénaristes et organiser un shakedown, parce qu'il y a probablement pas mal de produits à saisir... Mais c'est pas grave, la fin justifie les moyens. Aussi, quand Clayton finit par casser sa pipe, un soupir de soulagement s'est échappé de moi à mon insu, si bien que j'ai presque manqué de saisir l'ironie cruelle que cela signifiait pour Leo Glynn d'avoir assisté, dans des circonstances similaires, à la mort de deux générations de Hugues comme ça. Mais vous voulez que je vous dise ? J'aime pas assez Glynn pour que ça me fasse de la peine, de toute façon. Et même si on peut être à peu près sûrs qu'il ne va pas bouger de son bureau, sa démission ne me fait ni chaud ni froid.
Le Colonel va également y passer ; ce n'était qu'une question de temps, le personnage n'ayant été ajouté que parce que, euh... eh bien... il faut dire que... ouais, bref, on le savait. Son sort avait été scellé dés ses interactions avec Beecher, peu après son arrivée à Em City, et nous sommes TOUJOURS du côté de Beecher.
C'est d'ailleurs pour ça que la conclusion de l'intrigue relative à la libération sur parole est tellement embarrassante. On a une intrigue qui est là parce qu'il le fallait bien (on a mentionné que Beecher y aurait droit lorsqu'il est arrivé dans la série il y a 4 saisons de ça, avant qu'on ne sache qu'il deviendrait un personnage si riche), dont les scénaristes ne veulent pas vraiment, à laquelle même Beecher ne croit pas, et qui franchement hante les cauchemars de n'importe quel amateur de la série. Libérer Beecher sur parole ? Bien-sûr qu'il le mérite, le pauvre, il en bavé, mais on n'imagine pas la série sans lui. Aussi, à chaque étape de cette histoire dans l'épisode, on est obligés de se demander un peu comment ça va foirer. Parce que ça va foirer. Schillinger qui tout d'un coup est de nouveau belliqueux ? Ce bon vieux Robson qui n'a jamais, hm, avalé ce qui lui est arrivé ? Cette mauvaise idée d'avoir une avocate complètement éprise de lui ? Allez quoi, il est obligé de tout foirer !
Je ne crois pas beaucoup m'avancer en disant que tout le monde a les yeux ronds quand s'ouvrent les portes devant Beecher, après qu'il ait réchappé à une tentative de meurtre de la dernière chance (on sent que les scénaristes font vraiment ce qu'ils peuvent). Non mais merde, quoi ! Vous n'allez pas le laisser sort-... ah, bah non tiens.
Et oui, c'est l'un des gros twists de l'épisode : Beecher a droit à une émouvante séquence de libération avec joli ciel bleu, criquets dans les hauteurs d'Oswald, et pique-nique avec son avocate et sa fille... Et c'était un rêve ! Des séries ont sauté le requin pour moins que ça.
Enfin de compte Beecher rempile, non sans mentionner que dans 1 an il a le droit de se représenter devant la commission de libération. Ca m'a fait penser, vous savez, je crois que c'était dans Friends, où Chandler (je crois) ne peut pas s'empêcher de dire aux gens qu'il n'a pas envie de voir "ouais, on se rappelle et on se fait une bouffe ?", et même une fois que ses potes lui ont donné un super truc pour se débarrasser de quelqu'un à qui il avait dit ça, il parvient à finir la conversation sur "on se rappelle et on se fait une bouffe ?". Bah là, même chose. On l'a échappée belle, Beecher a trouvé le moyen de ne pas quitter la série... oh mais, attendez, l'an prochain, on remet ça. Les cons. Bon non c'était ptet pas Friends, je sais plus.
Le plus gros fake était pour la fin. Cette histoire d'Irlandais de l'IRA prêt à tout faire pêter, on savait bien que ça tournerait mal. C'était la seule intrigue valable, par moments, grâce à Ryan O'Riley qui portait quand même la série certains jours. Alors, au moment d'aborder le vrai final, c'était plutôt émouvant de le voir soudainement avoir une, euh, comment ça s'appelle ce truc ? Une ? Vous dites ? "Conscience" ? Ah peut-être, je saurais pas vous dire. En tous cas, il réalise qu'il a un frère et une dulcinée qui comptent sur lui (le frérot peut-être mais je suis moins convaincue pour Gloria), et se ravise au dernier moment. Cela n'empêche nullement l'ami Padraig de tenter de mener son plan à bien et de tenter de faire exploser une bombe au milieu d'Em City.
La séquence est suffisamment chargée en émotions pour fonctionner brièvement. Mais quand la bombe décide de ne pas exploser, on sent que ça va être n'importe quoi. Notamment parce que, en tant que spectateurs attentifs (Oz fait partie des séries qui, dans leurs meilleurs jours, ont encouragé cette qualité chez nous, après tout) on a aussi senti le gaz.
Pas d'explosion de bombe, donc, mais une explosion quand même, histoire de nous surprendre une dernière fois et de nous laisser sur un cliffhanger haletant. On n'a sans doute pas ressenti la même angoisse qu'à la fin de la saison 1 (ce season finale est indétrônable !) mais ça fonctionne quand même relativement bien, au sens où bien malin celui qui pourra prédire les conséquences de cet évènement à l'heure actuelle.
En tous cas, on sait que Beecher survivrait même à une bombe atomique, les scénaristes ont trop besoin de lui. Quant à Kareem Saïd, il est absolument impossible de nous quitter maintenant qu'il a éveillé son Adebisi profond, il est devenu trop captivant ! Mais pour les autres, on se retrouve en saison 5 pour le savoir...
















