ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

15-06-13

[#Ozmarathon] 6x07, the end of the world as we know it

J'ai l'impression que toute cette 6e saison, je n'ai eu de cesse de penser, devant presque chaque intrigue, chaque élément de la série, qu'il fallait faire nos adieux. C'est une quasi-obsession, je le confesse. Tout est vu à la lumière de ce fait : c'est la fin. La dernière fois que. On dirait que je suis Ryan et qu'Oz est mon Cyril.

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Et alors que tout va finir, dans le fond, que penser ? Quand tout est fini, que reste-t-il ?
C'est la grande énigme que va poser cet avant-dernier épisode, grâce à un sublime échange entre Omar White et le bizarre Lemuel Idzik. Qui aurait cru, quelques minutes avant leurs scènes dans cet épisode, que ces personnages avaient le potentiel pour être au centre de quelques uns des plus incroyables dialogues de cette saison, voire, de cette série ?
A travers cette incroyable discussion métaphysique sur le soleil qui s'éteint, et nos actions qui paraissent insignifiantes à côté du destin de notre étoile et donc de notre système, c'est toutes les conséquences de l'ensemble des actions de chacun, au cours de ces 6 saisons, qui nous interrogent. Quelle a été la finalité de tout cela ? Que retirerons-nous de ce que nous avons vu, des horreurs auxquelles nous avons assisté, des injustices qui ont été infligées, des malheurs qui ont persisté ?

Par exemple, à quelques minutes de la fin de la série, Oz ménage toujours des zones d'ambiguité, notamment à cause de son célèbre triangle de l'insanité entre Beecher, Keller et Schillinger.
Sans se mentir, c'est là que portent une grande partie de nos attentes pour la fin de la série, sachant à plus forte raison que le sort de Miguel Alvarez semble fixé, autant que faire se peut en tous cas, et que les choses sont également en bonne voie pour Busmalis, Rebadow et quelques autres. Quant à Leo Glynn ? Justice a été rendue.

L'un de mes rares regrets sera que les scénaristes aient introduit le fascinant personnage d'Alonso Torquemada à ce stade. Pourquoi avoir tant attendu ? Non seulement Bobby Cannavàle est génial (ça m'écorche la bouche de le dire, mais il faut être honnête), mais son personnage promettait aussi de mettre un sacré bazar à EmCity...

Le reste ? Le reste se décide ce soir, dans le dernier épisode que nous lançons à présent...

Posté par ladyteruki à 20:30 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x06, vaincre la misère et l'ombre

L'un des gros chocs de cette 6e saison, qui jusque là n'en a pas manqué, était la sortie de Beecher. En tant qu'Ozmarathoniens, nous avions alors la sensation que cela n'avait pas de sens : nous étions entrés avec lui entre les murs de la prison, nous ne pouvions pas nous passer de lui avant d'en sortir. Mais le voir revenir à la fin de l'épisode suivant ? C'est encore plus déroutant.
La raison est pourtant simple : sur le pas de la porte, Oz s'est rendu compte qu'elle avait encore quelque chose à dire. La moindre des choses serait d'écouter.

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C'est un sujet qu'on a abordé plusieurs fois par le passé, et pourtant, avons-nous vraiment eu cette conversation ?
A la fin de l'épisode précédent, Beecher, rongé par la honte à bien des égards, murmurait : "Just like last time, I got fucked up in the ass". L'un des temps forts de cet épisode va donc consister en un groupe de parole qui va échanger autour d'expérience à propos du viol en prison. Là où jusque là, le viol était un pur instrument de domination, de pouvoir ; il s'inscrivait dans les enjeux narratifs d'une saison, il mettait en scène les rapports d'un personnage avec tel autre de façon à leur donner une motivation. Pas cette fois. Cette fois, ce que ces témoignages disent, c'est tout simplement la souffrance et l'horreur. Parler du viol comme d'un traumatisme en soi, et non pas d'un mythe fondateur d'un personnage, comme ça a été le cas pour Beecher, est une idée poignante mais réussie.
Car en pointant du doigt à quel point la douleur est quotidienne, à quel point elle est banalisée par le système (chose que souligne aussi le fait que le viol d'un personnage ne nous émeuve plus qu'à moitié), Oz nous met quelque part face à la responsabilité de la société tout entière, qui ferme les yeux parce que, oui enfin, bon, ce sont des criminels, alors... c'est moins grave. C'est peut-être même normal, car ce sont des bêtes violentes !
Cet échange simple et pourtant violent sur la réalité du viol carcéral était nécessaire pour une série qui s'est souvent sentie investie de la mission de révéler des vérités désagréables. Celle-ci n'avait que trop attendu d'être dite haut et fort.

Dans sa lancée, Oz va aussi s'arrêter sur la question du commerce. L'intrigue autour du centre de télémarketing et de l'entreprise des musulmans en pose les jalons depuis plusieurs épisodes déjà. D'un côté, le centre de télémarketing, depuis que les homeboys sont partis en signe de révolte envers l'influence de Burr, est quasiment dépourvu de personnel ; à Burr qui s'inquiète justement que les salaires ne soient pas compétitifs pour attirer de nouveaux employés, la gérante, pas inquiète, affirme avec le plus grand des aplombs, et peut-être une pointe de cynisme, qu'elle ne se fait aucun soucis : il y a des centaines de prisonniers qui, même pour une somme dérisoire, finiront par changer d'avis et accepter un poste (elle est prête à travailler pour Veridian Dynamics !). Cette crise n'est que passagère, elle ne craint pas le turn-over. C'est l'avantage, en quelque sorte, quand on n'a rien à cirer des employés qui vont et viennent. A côté de ça, les revenus sont loin d'être ceux qu'espéraient les musulmans en matière d'édition ; les calculs de Kareem Saïd, qui voulait payer les prisonniers au salaire minimum, étaient très optimistes. La réalité des choses, c'est qu'Arif n'a pas l'argent nécessaire pour payer quelque salaire que ce soit. Par un diable de retournement de situation, l'entreprise qui voulait faire des affaires tout en traitant convenablement ses salariés est sur le point de fermer boutique, quand celle qui ne se soucie du confort de personne va finir par retomber sur ses pieds.
Que la conclusion de cette intrigue ne nous abuse pas : si Burr finit par donner un coup de mail aux lois économiques en faisant détruire l'atelier des musulmans, l'épisode nous dit en filigrane quelques vérités peu agréables sur le monde du travail (même pas spécialement en prison).

La troisième des grandes intrigues de cet épisode, et certainement pas la moindre, est évidemment celle de Cyril O'Reily. Je sais que j'ai tendance à mentionner Ryan, d'ordinaire, comme étant le héros des aventures irlandaises d'Oz, mais il faut bien reconnaître que ce sont les problématiques soulevées par Cyril qui sont à l'ordre du jour ici.
Ce n'est pas qu'Oz n'ait pas abordé le sujet auparavant. Bien au contraire : l'état psychiatrique de Cyril a régulièrement été au centre des débats, comme, encore récemment, avec l'affaire des électrochocs. Mais à l'heure où le petit garçon dans le corps d'un criminel boxeur vit ses derniers moments, il est temps d'attirer notre attention sur les conséquences de l'aveuglement répété, voire même obstiné, de tout un système.
Ryan n'est là que pour être le témoin affligé de ce spectacle : choisir comment Cyril va mourir, le lui annoncer et expliquer, l'accompagner alors qu'il doit faire couper ses belles mèches blondes, rester à ses côtés pendant son dernier repas...
En fin de compte, Cyril ne va pas mourir pendant l'épisode. Mais de justesse. L'espoir est relancé, et ça devient insupportable pour ceux (et ils sont nombreux, voire unanimes) qui aiment ce personnage. C'était cependant nécessaire pour parler du vrai problème ; ce que souligne d'ailleurs le speech d'Augustus Hill sur les différentes peines d'un état à l'autre.

Oz signe ici l'un de ses épisodes les plus engagés socialement. Une véritable réussite qui rappelle aussi la raison pour laquelle cette série est bonne. Du coup ça fait encore plus chier de devoir s'en séparer bientôt...

Posté par ladyteruki à 20:00 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x05, interlude

Il est grand temps d'adresser un véritable problème récurrent dans Oz. Bien pire que tout ce dont j'ai pu me plaindre depuis un an et demi que nous suivons notre Ozmarathon. Et pourtant Dieu sait que j'ai eu l'occasion de me plaindre.
Mais je voulais aborder avec vous un problème qui, en fait, est à la source de bien d'autres. Mesdames et Messieurs : Leo Glynn. N'applaudissez pas.

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Une ode à Leo Glynn.

Leo Glynn est le type qui, même quand il se fait remonter les bretelles par le gouverneur à propos des morts brutales, successives, et qui auraient dû être empêchées (comme le meurtre de Kareem Saïd, figure hautement médiatique ET religieuse, par un visiteur armé, hein, quand même), conserve son job.

Leo Glynn est le type qui, alors que les tensions n'ont pas vraiment été résolues dans sa prison, organise une grande soirée où le personnel devra rêvetir costard et robe de bal entre les murs de cette même institution.

Leo Glynn est le type qui, quand un avocat lui dit de virer deux surveillants, s'en laisse convaincre en 30 secondes chrono.

Leo Glynn est le type qui va interroger un surveillant qu'il soupçonne de tremper dans des affaires louches, dont une affaire de meurtre, qui vient faire comprendre au CO qu'il a vu clair dans son jeu, mais qui ne le met pas à pied.

Leo Glynn est le type qui, quand un gardien lui avoue qu'avec deux de ses collègues, il a mutilé un prisonnier (Morales, dont les tendons ont été coupés à la demande de Dave Brass pour se venger de son tendon mutilé), réplique "ouais, je m'étais un peu douté de ça" et finit par féliciter l'officier qui vient de se confesser au lieu de le punir.

Leo Glynn est le type qui, quand un prisonnier qui est également un chef de gang lui dit qu'il a peur d'une infirmière, rit et ne le prend pas au sérieux. Quelques heures plus tard, cette même infirmière va tuer un prisonnier tout en confessant en avoir tué un autre.

Leo Glynn est le type qui conduit une enquête avec la police sur le meurtre du maire Loewen, alors qu'il est surveillant de formation, pas enquêteur. Et qui conduit cette enquête des semaines après la mort du maire.

Et tout ça en un seul épisode ! Comment on a tenu 6 saisons avec ce type ?!

Posté par ladyteruki à 18:34 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x04, pour ne rien dire

Il est quelques épisodes décevants dans chaque saison. Le problème, c'est quand une BONNE saison d'une BONNE série sort l'un de ces épisodes. Le téléphage s'en trouve tout décontenancé. Etant donné qu'aucun épisode d'Oz n'est jamais un stand-alone, le mal est d'autant plus profond que cela affecte les émotions liées à toutes les intrigues en cours...
A l'heure où notre EmCrew se prépare à faire ses adieux à la série, est-ce bien raisonnable de se permettre un coup de mou comme celui-là ?

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Il n'y a pas beaucoup de storylines dans cet épisode qui méritent d'être vues. Pour être franche, aucune n'a semblé ne serait-ce qu'être correcte. A quelques épisodes de la fin, les révélations sur les origines de Jaz Hoyt, par exemple, apparaissent comme profondément risibles, de la même façon que le sort d'Omar White nous est totalement indifférent, quitte à ce qu'il meure en isolement à cause de la peinture toxique. Vraiment, qui ça intéresse ? Hoyt n'a jamais été qu'un personnage secondaire auquel aucune mythologie n'a jamais été nécessaire pour nous offrir de bons moments, et White casse les pieds de tout le monde, y compris de McManus qui a jadis été son protecteur.

Ecoutez, je n'ai aucune sympathie particulière pour Robson. Il s'est comporté comme un tel poison à une époque que, franchement, il est impossible de tout-à-fait lui offrir une rédemption aux yeux des spectateurs. Les Aryens font, d'ailleurs, partie des rares personnages que la série n'a jamais réussi à réhabiliter. Ce ne sont pourtant pas les efforts qui ont manqué dans le cas de Robson, qui joue les victimes depuis ses mésaventures dentaires en saison 5 ; sa mise au ban, ses humiliations répétées, tout a été fait pour en faire une nouvelle tête de turc des scénaristes. Mais rien à faire, impossible de le plaindre tout-à-fait. La seule fois, je dis bien la seule, où il m'a arraché une larme, c'est quand il a expliqué à Sister Peter Marie quel genre d'enfance atroce il avait eue ; là, vraiment, on tenait quelque chose de fort, et d'autant plus surprenant que comme je l'ai dit, personne au monde ne tient Robson dans son coeur. Mais alors que les scénaristes s'ingénient à essayer d'aller plus loin dans le traumatisme (comme si l'histoire de la petite cuiller n'était pas assez), rien à faire, le portrait perd de sa force. Pire, en faisant en sorte que Robson se sorte de sa très mauvaise situation par duperie, mensonge et manipulation de Sister P, l'épisode réussit le tour de force de faire à nouveau basculer le personnage dans un territoire pervers. Ce n'est même pas que l'épisode attire vraiment notre attention sur le fait qu'une victime n'est pas forcément innocente dans tous les domaines de sa vie par le simple fait qu'elle soit agressée ; c'est que le scénario est clairement fragile, portant sur un personnage avec lequel l'empathie ne fonctionne fondamentalement pas.
Comment soutenir un personnage qui, bien qu'il soit clairement une victime, redouble de vice pour se libérer de ses chaînes ? Eh bien, on l'a vu par le passé avec quelques moments forts de Beecher, c'est possible, mais Robson passe à côté de l'objectif affiché pour son intrigue. Rien à faire, cet épisode loupe complètement ce qu'il tentait de faire.

Et puis il y a Miguel Alvarez. On aimerait énormément en dire du bien, surtout moi, vous me connaissez, mais rien à faire. Sa quête pour reconquérir Maritza s'arrête, heureusement, avant qu'on n'ait envie de le renvoyer en isolement ou à l'infirmerie, histoire qu'il se passe un peu quelque chose. Il n'est pas ressorti grand'chose de cette intrigue, au final, si ce n'est qu'on a trouvé un Miguel apaisé. Le seul truc... c'est que ça, on le savait déjà.

Pour finir, l'intrigue sur la peinture au plomb (or whatever that was) traîne en longueur. On aimerait sincèrement qu'elle mène quelque part ; à vrai dire, j'ai vu le series finale d'Oz il y a plusieurs années, je sais très exactement ce qu'il en advient, et je finis QUAND MEME par me poser la question en regardant cet épisode ! C'est dire si on touche le fond. Gloria Nathan a beau nous faire part d'un joli cas de conscience (dont on a un peu l'impression qu'il est la répétition d'anciens dilemmes passés, notamment suite à son viol et la mort de son mari), on reste complètement insensible.

Pour la deuxième fois consécutive, mais pour des raisons bien différentes, voilà un épisode d'Oz qui aurait mieux fait de se taire.

Posté par ladyteruki à 18:33 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x03, dernières mesures

C'était une jolie idée que d'avoir Dobbins comme "narrateur" de cet épisode, d'inviter l'un des personnages les plus muets de la série à commenter pour nous les choses. Malheureusement, cette idée n'est pas exactement aussi bien amenée qu'il le faudrait ; Augustus Hill est toujours là pour apporter son petit monologue, rendant assez inefficaces les interludes musicaux du violoncelliste. Peut-être qu'Oz aurait dû jouer le jeu tout-à-fait, et proposer un épisode silencieux, comme Buffy l'avait tenté (et réussi) quelques années plus tôt. Mais dans les coulisses d'Oz, on aime bien trop l'approche théâtrale pour mener cette expérience jusqu'au bout... résultat ? Eh bien résultat, un épisode qui manque un peu d'énergie.

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C'est un charmant homme que ce maire Loewen. On n'avait pas encore eu vraiment l'occasion de faire sa connaissance, mais le début de cet épisode nous en donne la plus sympathique des occasions, alors que le vieux con rive d'abord son clou à Schillinger, avant de remonter les bretelles sur exactement le même ton au gouverneur Devlin. Il rappelle à celui-ci le sens des priorités : Devlin lui avait promis qu'il ne passerait pas UN jour en prison, et même si les quartiers devaient flamber, la moindre des choses était d'envoyer la garde, jeter des fumigènes, et tenir sa putain de promesse !
Mais, à peine le temps d'apprendre à le connaître, et déjà le voilà hors-jeu : alors qu'il a sa propre chambre dans l'aile médicale, quelqu'un vient lui ajouter un sourire dans le cou. Il va nous manquer, ce con. NOT. En tous cas, sa mort met tout le monde d'accord. Fait suffisamment rare pour être noté.

Ce n'est un secret pour personne que j'adore Patti LuPone ; j'adore aussi son personnage de Stella, ce qui n'arrange rien, et cet épisode n'est pas fait pour m'inciter au contraire. Après avoir badiné de la plus littéraire façon avec Rebadow ("pour moi, les hommes sont comme les livres... je les lis, je les ferme et je passe au suivant"), elle décide de prendre en charge un prisonnier de 18 ans qui a tenté de tuer quelqu'un avec un bouquin emprunté à la bibliothèque. La détermination de cette femme, le fait qu'absolument rien ne semble la désarçonner, ont de quoi forcer l'admiration. Je pourrais regarder un spin-off entièrement centré sur Stella et... sa Bibliothèque de l'Ephémère Rédemption.

Tout aussi éphémère est le sentiment d'espoir qui plannait sur Ryan dans l'épisode précédent, alors que les choses semblent de plus en plus mal engagées pour notre petit Cyril. D'abord, c'est la personnalité perverse de Jericho qui cause du soucis : Cyril refuse de s'en séparer, et lorsque Sister Peter Marie tente de lui retirer la chaussette, il s'énerve et finit par lui faire mal ; cette fois, on a atteint le point de non-retour avec cette nouvelle "aggression". Le problème, encore et toujours, vient du fait que Cyril est légèrement attardé, ce qui complique son exécution ; du point de vue de l'administration, Devlin en tête, la seule solution est de faire en sorte que Cyril aille mieux, soit soigné, ce qui le rendra tout-à-fait apte à être exécuté ; l'ironie du sort étant que, s'il avait été soigné plus tôt, il n'en serait sûrement pas arrivé là. Pire encore, la seule option de soin envisagée est une thérapie par électro-chocs. S'il a légèrement du mal à se laisser convaincre, Glynn finit par donner son autorisation (avec les histoires de quartier d'isolement toxique, il a bien assez de choses à gérer après tout, puisqu'il vient de faire une déclaration à la presse pour admettre les torts d'Oswald en la matière), d'autant que Seamus O'Reily a donné son accord en tant que "père" (j'ai du mal à ne pas mettre de guillements) et que le dossier a, en gros, été bouclé avant même qu'on ne lui en parle. En fait, même Sister Pete semble découragée, et ne lutte pas contre cette décision. Personne ne se dresse entre Cyril et les électrodes, si ce n'est Ryan, vite ramené au bon sens ou, plutôt, à son impuissance. Sister P finira par aller annoncer la nouvelle à Ryan, ainsi qu'une autre : le dossier de Cyril a avancé, il sera exécuté dans un peu plus de trois semaines.
Si Ryan a toujours été un pragmatique, sa réponse surprend devant ces évènements. "I have faith", répondra-t-il à la nonne qui en manque grandement dans cet épisode. Il est convaincu qu'il y a une issue positive possible, il veut en tous cas en être convaincu, craignant d'être anéanti par toute pensée contraire. Et, Ryan, j'ai beau avoir foi en toi d'habitude, penser que tu peux toujours trouver la combine qui te sauvera, que ton intellect dépasse tous les obstacles qui se sont jusque là dressés sur ta route, je crains un peu de te voir t'enfoncer dans un déni éloigné de toute réalité. En voyant Cyril baver et écarquiller les yeux, après sa première séance d'électrochocs, je ne crois plus vraiment en rien pour lui...

Comme pour mieux nous déchirer l'âme, parce que ce n'était pas encore assez, l'épisode se finit de façon traumatique. Alors que Kareem Saïd, enthousiaste et plein de fougue, monte son projet (il a décidé de se lancer dans le business de l'édition afin de faciliter la sortie du livre d'Augustus Hill), alors qu'il vient de galvaniser ses troupes, prêtes à se donner corps et âme dans ce projet, alors qu'il a convaincu Glynn et McManus de monter son entreprise entre les murs d'Oswald... il est assassiné sous nos yeux.

Ces dernières notes jouées par Oz sont terriblement cruelles. Comme pour nous préparer aux adieux, la série fait table rase de tout, de tout ce qui pouvait rester de positif.
"This is not goodbye", assure Beecher sur le pallier de la porte d'Oswald. Mais presque.

Posté par ladyteruki à 18:32 - Plus on est de fous - Permalien [#]

[#Ozmarathon] 6x02, this time it's different

Retour du Ozmarathon pour une salve toute exceptionnelle de reviews ! Aujourd'hui, je vous propose de rattraper le retard pris lors des derniers visionnage de notre EmCrew afin de préparer les adieux qui se tiendront ce soir à 20h sur Twitter. Et pour le premier de ces retours dans l'univers carcéral d'Oswald, c'est la glaçante Shirley Bellinger qui sera notre sherpa, puisqu'elle commente aujourd'hui depuis la crypte d'Emerald City les mutations des vivants...

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Chose assez rare pour Oz, l'épisode s'ouvre sur deux intrigues mêlées ; fait encore plus rare, l'une de ces intrigues est relative à Beecher. Différents problèmes sont ainsi résumés en moins de 5 minutes : Oswald est en lockdown, les tensions sont à leur comble, et en raison de l'alerte de sécurité, Beecher n'est pas autorisé à se rendre aux funérailles de son père, exécuté par on ne sait qui pour le moment ; Beecher ne tardera pas à incriminer Schillinger, évidemment : éternelle danse de la mort oblige.
Pire encore, lorsque Tobias explique à Glynn que de toute façon son audition pour une liberté surveillée a lieu le lendemain, pour laquelle il a toutes ses chances, et que s'absenter pour les obsèques ne devrait pas poser problème, il apprend que l'audition a été reportée ; à croire que les scénaristes cherchent encore et toujours un moyen d'enfoncer plus encore leur victime préférée. "This is Oz, Beecher ; nothing makes sense", dira son compagnon de cellule d'un ton blasé. Pourtant, cette saison semble avoir au contraire beaucoup de sens.

L'énervement au sein de la prison n'est pas prêt de retomber, et rappelle d'autres escalades auxquelles nous avons assisté par le passé. Tout y est : la façon dont le gouverneur Devlin s'affiche à nouveau à la presse, dont il affiche devant Glynn une attitude sournoise, dont il utilise son influence pour ignorer les tensions raciales en dépit du bon sens... La différence, c'est peut-être que cette fois, il n'y a pas d'emballement entre prisonniers. La violence ne semble pas en pleine escalade. Les groupes ne sont pas à couteaux tirés. Pas plus que d'habitude, quoi, en-dehors de la mort de Schibetta Jr, tué et énucléé, de Timmy Kirk, mort de façon lumineuse, ou de Robson qui se fait violer. Tout cela est tristement habituel.
Contre toute attente, Schillinger et Beecher vont jusqu'à signer une trève : Schillinger promet même de ne pas se mettre en travers de la libération sur parole de Beecher ! On se croirait au pays des Bisounours, pour un peu !

...Et c'est là qu'intervient certainement la scène la plus choquante de tout Oz : Tobias Beecher est effectivement libéré. Je vais le redire lentement. TOBIAS. BEECHER. LIBRE.
De toutes les choses incroyables, inconcevables, impossibles que nous avons vues dans la série, celle-ci est sûrement la plus étrange à expérimenter. A plus forte raison parce que nous étions entrés avec lui dans les quartiers de la prison, et que se pose maintenant la question de savoir à quoi va ressembler l'expérience carcérale d'Oswald sans celui qui a été le visage de toute la série, de toutes ses évolutions, de tous ses messages.
C'est au moins aussi dur à avaler pour nous que ça l'est, vous l'aurez deviné, pour Chris Keller, qui apprend la nouvelle depuis le couloir de la mort (avec un petit bonus, l'annonce de la mort du père de Beecher, qui était l'avocat de Keller).

En isolement, les nouvelles sont différentes, mais pas vraiment meilleures : la reconstruction d'Oswald a été permise grâce à l'utilisation de nombreuses substances toxiques, et tous les prisonniers parqués en isolement sont malades. Lorsque le Dr Nathan proteste, Leo Glynn insiste pour garder l'affaire secrète, histoire de ne pas jeter de l'huile sur le feu qui consumme Oswald.
Quelques minutes plus tard, à un autre sujet, les mots "but it's unethical !" sortiront de sa bouche. Difficile de ne pas laisser échapper un sourire narquois.

Si certaines choses ne changent pas, pourtant tout est différent, de toute évidence. Peut-être parce que plusieurs des personnages majeurs de la série semblent faire leur possible pour devenir meilleurs, que ce soit conscient ou non, au lieu de s'enfoncer encore dans la spirale habituelle.
Ainsi, Alvarez, après des années à être la victime de la violence aussi bien du système que des autres prisonniers (violence qu'il a plusieurs fois retournée contre lui-même de surcroît), semble avoir totalement acquis la maîtrise de son être, à défaut d'être maître de son destin. Lorsqu'il a l'opportunité de jouer les espions pour Morales et ainsi réintégrer El Norte, il refuse avec calme, mais fermeté : "I got my parole in three years. Until that point, I'm Mahatma Fucking Gandhi", déclare-t-il sans craindre une seule fois la réaction de son interlocuteur (lequel lui a pourtant fait la misère de nombreuses fois par le passé). Au contraire, l'esprit tranquille, il retrouve sa mère pendant les visites, se réconcilie avec elle, et discute de Maritza ; pour enfin appeler cette dernière et lui laisser une longue déclaration d'amour au téléphone.
De son côté, Ryan n'est que famille, famille et famille. Il veut protéger sa mère, il s'enquiert du dossier de Cyril... l'intrigue autour de Ryan n'est pas forcément très longue dans cet épisode, mais elle rappelle clairement qu'il a perdu toute son ambition. Aujourd'hui, son talent pour la manipulation n'est plus utilisé que pour se débarrasser de quelqu'un qui voudrait nuire à ses proches, comme on le verra lorsqu'il paiera une petite visite à Pancamo. Bien-sûr, Ryan O'Reily a TOUJOURS mis la survie de son sang avant le reste, mais c'est devenu sa seule activité à présent. Il s'oublie et s'efface au profit de deux êtres qui comptent pour lui. La survie ne se double plus d'opportunisme.
Et puis, pour finir, il y a notre imam préféré. Kareem Saïd rêve de justice sociale, mais cette fois, elle n'a rien d'abstrait : il se sent investi d'une mission de quasi-syndicaliste lorsqu'il apprend qu'un programme de télémarketing va être installé au sein d'Oswald, ne payant même pas les prisonniers un revenu minimum, mais plutôt une somme dérisoire. Bien que positivement furieux (comme le soulignera Arif, habitué à le scruter pour prendre la températeur), il ne se révoltera pas : l'époque de la colère impossible à contenir est derrière Saïd. Il ira trouver ses réponses dans le (décidément très populaire) labyrinthe de McManus. Quelque chose dit qu'il les y a trouvées, on en saura plus une prochaine fois.

Presque indifférents à ce qui semble effrayer l'administration d'Oswald, les prisonniers semblent donc aller de l'avant. On ne peut que les y encourager alors que le compte à rebours a commencé.

Posté par ladyteruki à 18:31 - Plus on est de fous - Permalien [#]

18-11-12

[#Ozmarathon] 6x01, take a bow

Quand la Em Crew se réunit pour la dernière phase du #Ozmarathon, c'est à la fois une occasion de se réjouir et de s'attrister. Quel dommage que déjà ce marathon à plusieurs prenne fin... et en même temps, ça va bientôt faire un an qu'on l'a commencé !
Mais ce n'est pas le moment de reculer. Je sais que j'ai souvent des problèmes avec la perspective d'aller au terme d'une série, quand bien même j'ai déjà vu son final (pour Oz, c'est même l'un des quelques épisodes de la séries que j'avais vus avant de commencer ce marathon !), mais ce serait dommage de se priver de la dernière ligne droite... surtout quand elle commence de cette façon !

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Augustus Hill est mort... mais il n'a pas quitté Em City. Au contraire, il a rejoint les autres fantômes qui hantent les couloirs de la prison.
Combien sont-ils, au juste ? Difficile de les compter. Mais ils sont là et ils ont toujours des choses à nous dire sur la prison, mais aussi la société ou la vie en général. Et quel régal que de tenter de reconnaître, parmi les ombres qui apparaissent fugacement au début de cet épisode, des silhouettes connues et/ou aimées. Cette robe blanche, ce ne peut être que... Et là, à côté, ne serait-ce pas...? Quant à cette barbe, se pourrait-il que finalement nous ayons droit à une réapparition ? Ils sont venus, ils sont tous là. L'ambiance est à la réunion de famille.
Cette ultime saison commence avec des retrouvailles bien excitantes ; qui plus est, c'est aussi la promesse d'un renouvellement narratif. Cédant sa place de coryphée, Hill permet à d'autres de prendre la parole, et le premier à le faire est Jefferson Keane, pas vraiment un personnage auquel la série avait permis de s'exprimer longuement. Keane, mort en prison de façon tout-à-fait légale (un fait suffisamment rare pour être noté, après tout), est donc notre premier maître de cérémonie, pour une saison qui semble prête à en avoir plusieurs, et donc à aborder autant de points de vue. Même Hill admet avoir changé sa façon de voir maintenant qu'il est passé de l'autre côté, de toute façon... Même si au cours de la saison 5, nous avons connu quelques excellents monologues, cette pratique ne peut être qu'une bonne nouvelle.

Au rayon des nouveautés, l'épisode a encore quelques idées dans sa manche. Ainsi, McManus, se sentant responsable de la mort de Hill, a décidé de peindre dans la gymnase un immense labyrinthe bleu dans lequel les prisonniers puissent venir se perdre en méditations. L'idée est incroyablement poétique, et sa présentation est en plus diablement futée. Sur fond d'air à l'harmonica, c'est l'officier Murphy qui vient constater la dernière lubie de McManus. Et je crois que cette scène est certainement la raison précise pour laquelle l'officier Murphy est l'une des forces de la série depuis si longtemps : c'est l'un des rares personnages qui soit l'avatar du spectateur dans la série, qui connaisse tout le monde sur le bout des doigts, qui soit capable de plaisanter sur les idées "New Age" de McManus, à ironiser sur la viabilité d'un nouveau projet, qui ait conservé son humour et sa lucidité. Quelle que soit la situation, la réaction de Murphy est toujours parfaite, et sur fond d'harmonica débonaire, on ne peut pas mieux le montrer.
Pour autant, j'adore l'idée de McManus. Elle lui ressemble, au sens où elle ressemble au McManus des débuts, un peu idéaliste certes, mais tellement motivé pour aider les prisonniers à cultiver une vie intérieure qui puisse les sauver. On est à mille lieues de la cage d'isolement au milieu de salle communautaire d'Emerald City. Et quand McManus croit à nouveau en l'être humain, je crois à nouveau en lui. C'est pour ainsi dire mécanique.

La mort d'Augustus Hill a des conséquences aussi du côté des vivants. Burr, ébranlé par son deuil (jusqu'au bout j'attendrai la révélation que Burr est le père biologique de Hill, jusqu'au bout !), a besoin d'un petit pep talk de Kareem Said, mais une fois que c'est fait, il va tenter de se reprendre en main.
Comme l'épisode est composé d'énormément de séquences courtes, on n'en saura guère plus, toutefois, dans l'immédiat. Mais il ne reste plus beaucoup d'épisodes pour nous balader de toute façon !
Alors, ces multiples petites scènes nous permettant de retrouver toute la population de la prison, quelles sont-elles ?

Eh bien, il y a des scènes au sens théâtral du terme. la mère de Ryan a en effet décidé de monter MacBeth, rien de moins, avec le plus grand soutien de McManus qui semble ravi. La pièce est l'occasion de plusieurs prisonniers de travailler ensemble ; ainsi le père Meehan décroche le rôle principal, Ryan se fait embarquer pour les décors, etc...
Ryan est, comme pratiquement toujours, particulièrement affairé pendant cet épisode. Entre deux visites dans le couloir de la mort où il passe voir Cyril, plus la préparation de la pièce de sa mère, il tente aussi de s'arranger "à la Ryan" pour obtenir des témoignages en faveur de Cyril qui permettent à celui-ci d'être sauvé. En chemin, il trouve même le temps de s'engueuler avec Schibetta junior, ce qui conduira à une escalade de violence, au cours de laquelle Meehan trouve la mort... aborption massive de verre pilé. Souvenirs, souvenirs ! C'est à la fois une idée très malicieuse que de souligner qu'au moment où Ryan commençait à se rapprocher de Meehan presque comme d'un père, ce dernier est tué par Peter Schibetta de la même façon que son père a été tué par Ryan ; mais c'est aussi une répétition avant le sentiment de perte auquel Ryan devrait se préparer vu la tournure du procès de Cyril.
Oh, et tant que j'y pense, on est tous d'accord pour dire que Jeremiah devient franchement flippant ?

A ce stade, c'est incontournable, il va nous falloir parler de l'officier Howell. J'essaye en général d'éviter le slut shaming, mais au vu de son tableau de chasse, la question se pose : Claire Howell est-elle capable d'avoir des relations sexuelles avec des hommes sur lesquels elle n'ait pas droit de vie et de mort ? Bon, c'est une connasse, certes, mais ça doit bien exister quand même, des hommes "du dehors" qui veuillent se la faire, non ? Je sais pas, sous le coup de l'alcool ou des drogues dures, quelque chose ? Vous allez me dire : oui, puisqu'elle s'est aussi envoyé McManus. Bon, mais on est d'accord que ça ne compte pas, parce que McManus lui-même a un gros problème pour garder son matos dans son froc, et qu'il s'envoie toutes les femmes qui bossent à Oswald (à l'exception évidemment de Sister Peter Marie ; ah, et la mère de Ryan O'Reily... pour l'instant ?). Non vraiment, c'est très dérangeant la façon dont le sexe et le pouvoir se mélangent pour ce personnage. Rien que pour ça, il est et sera toujours impossible de l'aimer, et de lui permettre de sortir de sa propre caricature. En tous cas, la scène pendant laquelle elle décide que c'est au tour d'Omar de passer à la casserole est écoeurante, et pas uniquement parce qu'apparemment, voir un homme chier ne parvient pas à tuer sa libido. Cette séquence de viol sonne cependant comme une intéressante alternative au thème de la sexualité forcée qu'on connait entre prisonniers, plus insidieuse, plus vicieuse, et paradoxalement, beaucoup plus violente.

Dans un autre genre, Leo Glynn est aussi un enfoiré d'une grande violence. Voilà, je l'ai dit. Ca fait des saisons qu'il s'acharne sur Miguel Alvarez (un personnage impossible à ne pas aimer, qui plus est), sans autre raison que "des latinos ont violé ma fille, ce con de latino a voulu faire le malin une fois en face de moi, il va donc payer jusqu'à la fin de sa vie", et ça me gonfle, parce qu'il refuse obstinément d'admettre que son comportement est à l'origine de bien des choses pour lesquelles ensuite il s'empresse de punir Alvarez. Mais Miguel est dorénavant libéré de l'isolement où je pense que les couchettes avaient pris l'empreinte de ses fesses, et sous l'insistance de McManus décidément plein de bonnes intentions (même si on sait où ça mène généralement), il réintègre Em City.

Oui, Em City, là où les latinos veulent sa peau. Mais cette fois, McManus a un truc : il s'arrange pour que Guerra, pourtant sans conteste le pire ennemi d'Alvarez, devienne son garde du corps. Alors qu'on aurait pu accueillir cette tentative avec un scepticisme murphien, pour la première fois, la série s'autorise à entrer dans l'intimité de l'un des irréductibles "méchants". La conversation de Morales avec Guerra est une intéressante plongée dans la psyché de personnages qui nous ont souvent semblé monochromes ; "You ever feel like you've lost your appetite for all the bullshit ?", demandera un Guerra las et en proie au doute à son compagnon de cellule. La scène est d'autant plus forte que non seulement ces personnages n'ont jamais été très épais, mais leur relation n'a jamais semblé dépasser celle du boss et de son laquais obéissant ; pour la première fois, ils apparaissent comme de véritables compagnons de cellule, capables de discuter d'égal à égal. C'était une belle scène, vraiment.

De son côté, Rebadow tente toujours de faire le deuil de son petit-fils. Comme il n'a plus goût à rien, McManus le change de job, et le place à la bibliothèque de la prison, là où Stella, la nouvelle bibliothécaire vient d'arriver. Une scène courte, comme promis, mais formant une jolie rencontre et un échange touchant. On peut sentir à cette nouvelle aventure que Rebadow va reprendre du poil de la bête.

Et en parlant de Bête, repassons le bonjour à Timmy Kirk, le rouquin qui déclare être Satan, ou au moins être possédé par lui (tant de clichés sur les roux, c'est tragique). Le père Mukada, qui semble au moins aussi fâché vis-à-vis de Dieu que de ce prisonnier répugnant, est d'abord outré par ses déclarations, mais grâce à une petite conversation entre quat'zyeux avec Sister Pete, il met le doigt sur ce qui le tourmente réellement, et qu'on pouvait sentir arriver depuis quelques temps maintenant : il vit une crise de foi. "Sometimes, we come face to face with a larger, more stunning reality : we come face to face with pure evil. And we're powerless". Le problème, c'est que c'est une réaction d'impuissance que Mukada a toujours eu du mal à affronter, et que désormais, son face à face avec Kirk le pousse dans ses retranchements, d'autant que le petit Timmy a écrit au diocèse pour accuser Mukada de viol !

Comme toujours, Oz réserve son tandem maudit Keller/Beecher pour la fin ; mais en fait de tandem, c'est surtout un trio, car Beecher et Schillinger n'en ont jamais fini avec leur éternelle danse de la mort.
Beecher prépare une fois de plus sa demande de libération sur parole, au moment-même où Schillinger est libéré d'isolement. Tu parles d'un hasard ! Ajoutez à cela le fait que le petit prag du nazillon qui a envie d'évoluer dans la hiérarchie de la prison, et cela donne un cocktail terrifiant qui conduit à la more du père de Beecher. Touché une fois de plus dans son sang, Beecher va-t-il craquer ? En tous cas, Keller a une fois de plus perdu un avocat fourni par Beecher, et ses chances d'échapper à la peine de mort semblent de plus en plus fines.

Vous l'aurez compris, cet épisode n'a pas forcément le temps d'entrer en profondeur dans chaque intrigue, mais la plupart sont formidablement bien traitées.
Oz est ici dans sa forme la plus classique, la plus noble ; quelque chose que les saisons intermédiaires n'avaient pas toujours réussi à faire perdurer. Retrouvant toute la force de sa formule chorale, et mettant en pratique des idées de mise en scène et un ton qui ramènent la série à ses origines théâtrales (parfois au sens le plus littéral du terme via MacBeth), ce season premiere est très fort. Qui plus est, les travers consistant à bêtement reprendre de vieilles intrigues pour les faire continuer sans rien y apporter semblent loin : beaucoup des personnages semblent prêts à aller de l'avant, et la saison elle-même se fixe, semble-t-il, un objectif, si l'on en croit la façon dont la prison est mise en lockdown au terme de l'épisode.
Que de bonnes nouvelles, donc, et si mes quelques souvenirs de cette saison finale ne me trahissent pas, on n'a pas fini de se régaler. J'en suis toute émoustillée et triste par avance !

Posté par ladyteruki à 21:11 - Plus on est de fous - Permalien [#]

07-10-12

[#Ozmarathon] 5x08, love will keep us together

Quand je pense à l'amour, la fraternité et l'attachement émotionnel, je pense à Oz.
Attendez, non. Pas du tout.
Pourtant c'est bien sur le terrain de l'affectif que nous emmène la série pour le final de sa 5e saison. Difficile à croire quand on voit comment la plupart des saisons précédentes se sont achevées, et pourtant...

Ozmarathon-5x08

Bien malin celui qui n'aura pas versé une larme pendant cet épisode placé sous le signe de l'émotion. En matière de surprise, en voilà une belle : la série ne nous avait pas habitués à tant de tendresse... Enfin, bon, tendresse, tendresse, il ne faut rien exagérérer, c'est toujours Oz !

Tenez, dans les premières minutes de l'épisode, Robson décide de s'auto-amputer des gencives ! Eh oui, pour les petits coeurs et les zolies fleurs, on repassera, quand même. Après avoir agressé le dentiste qu'il soupçonnait de lui avoir joué un mauvais tour, Robson revient en effet auprès de Schillinger et la bande des odieux nazillons, pour découvrir que ses gencives lui valent d'être devenu un paria. Qu'à cela ne tienne, pour ne pas être mis à l'écart, il va donc se mutiler. Derrière l'anecdote tragique se cache quelque chose que jusque là Oz n'avait que peu dit sur le besoin d'appartenance qui résulte du communautarisme de la prison. Quand vous n'êtes pas dans un groupe, vous êtes un outsider ; quand vous n'êtes plus dans un groupe, vous êtes une cible... mais aussi tout simplement une brebis égarée. Et Robson, qui a si souvent été un personnage unidimensionnel, parvient par cet acte de désespoir à se montrer touchant.
Schillinger quant à lui connaitra un revers de fortune (Beecher balance en effet ce qu'il sait sur le viol de son ex-protégé) qui lui ouvrira la porte d'une cellule en isolement. Là où beaucoup de personnages ont atterri parce qu'ils sortaient déjà du rang, Schillinger, un mec plutôt "intégré" selon les critères de la prison, se retrouve donc mis à l'écart et ce sera intéressant, pendant notre ultime saison, de voir si cela a des effets sur lui.

Beecher, lui, tente comme il peut de trouver la paix avec ses propres actions. Influencé par Kareem Saïd (qui ne s'est jamais caché de son homophobie), il avait juré de ne plus voir Keller, mais évidemment toutes ces bonnes résolutions s'envolent lorsque Beecher réalise que son bel amour est désormais dans le couloir de la mort.
Cela nous donne l'occasion d'une belle discussion entre les deux vieux amis, Beecher arguant que Dieu n'est qu'amour, Saïd insistant sur les limites morales imposées par son Dieu. Rarement un débat théologique aura été plus intéressant qu'ici, même si la position de Beecher est un peu partiale ; quand Tobias a commencé à expliquer que lui et Saïd s'aimaient, j'ai eu envie d'applaudir. Bien qu'outrancier, l'argument est valable, et ça fait des saisons qu'on peut sentir le rare respect que se portent les deux hommes, après tout.
Les retrouvailles de Beecher et Keller, on les attendait (on a un peu été dressés pour les anticiper avec impatience !), mais pour l'instant on voit mal ce qu'elles vont donner. Keller a l'air un peu borderline en ce moment (avec cette histoire de peine de mort et tout), Beecher se met-il émotionnellement en danger ?

Mais comme d'habitude, même en matière de couloir de la mort, c'est le tandem Ryan/Cyril qui est le plus émouvant. Pendant que tout le monde écrase une larme devant Cyril et sa chaussette Jericho, c'est l'exploration de la personnalité de Ryan qui se montre la plus fascinante. Après avoir eu tant de mal avec tout le processus judiciaire dans lequel son frère était plongé, après avoir voulu lutter pour le sauver, puis avoir baissé les bras devant les difficultés rencontrés et la solitude éprouvée, Ryan reprend à nouveau du poil de la bête. Il est décidé à tout faire pour empêcher l'exécution de Cyril, le seul être de toute la planète qu'il aime de toute son âme. S'il y a une personne qui peut donner une telle niaque à Ryan, c'est bien lui ! J'avoue que je comprends mal l'histoire de la petite soeur Carolyn. Enfin je comprends bien la tournure des évènements, et je comprends même le poids que cela joue dans la confrontation que Ryan a avec leur père, mais je ne comprends pas bien pourquoi on avait besoin de cette intrigue tirée de nulle part, quand on a eu tant d'éléments pour alimenter la rage de Ryan contre son paternel, celle qui lui permet de rebondir et de se recentrer sur Cyril.
Ce qui importe, c'est qu'au bout du compte, les deux frères seront une fois de plus inséparables ; ce sont eux les vrais "homards" de la série, eux qu'on aime voir ensemble, dans leur petit monde. Personne n'aime Cyril comme Ryan, et personne n'idolatre Ryan comme Cyril (excepté peut-être moi ?). Nous avons eu maintes fois, tout au long de la série, l'occasion de voir ces deux-là se quereller, s'exaspérer, et se meurtrir aussi, l'un pour l'autre, l'un à cause de l'autre. Rarement le lien entre deux frères aura été aussi bien dépeint dans une série qu'entre les frères O'Reily. Je redoute énormément les quelques souvenirs que j'ai de cette intrigue...

Après avoir traîné en longueur pendant la saison, l'histoire de Rebadow trouve quant à elle une conclusion. Enfin ! Malheureusement, s'il y a des moments extrêmement poignants dans cet épisode, ils seront complètement gâchés par une chute totalement improbable et stérile, digne des plus grands soaps.
Il était cependant particulièrement magnifique de ressentir la façon dont ce vieux bonhomme qu'on aime tous, sent sur lui le poids de son karma. Son monologue alors qu'il s'apprête à sortir visiter son petit-fils à l'hôpital, sa réflexion sur la coupure de courant qui l'a sauvée et celle qui, 35 ans plus tard, a coûté la vie à Alex, semblent répondre à la même logique que celle qui, en première saison, lui permettait d'entendre Dieu. Rebadow traîne toujours avec lui, outre son petit sourire misérable, une part de spiritualité ; ce n'est pas de la foi, mais c'est une croyance en un mécanisme un peu absurde qui donne un sens à toute action, et qui ajoute à sa souffrance l'impression que tout a un prix, tout est une ironie du sort. Et cela semble se vérifier...
mpossible de rester de marbre pendant ces scènes, ainsi que pendant le chapelet de petites séquences qui le montrent vidé de toute sève. Je ne me rappelle plus trop quel est son sort pendant la saison 6 (je n'ai vraiment vu que la toute fin de la série, et c'était en 2005 ou 2006), mais j'ai fini la saison avec l'impression que cette fois, Rebadow avait atteint le bout du bout.

Mais de toutes les causes d'impuissance énoncées dans les monologues d'Augustus Hill, la seule qui n'ait pas été mentionnée est pourtant la plus évidente dans cet épisode : l'amour. Et difficile en effet de ne pas se sentir complètement vidé par la conclusion tragique de la saison, alors que Hill et Burr fêtent des retrouvailles de courte durée.
Le silence qui a sans aucun doute empli les salons des membres de la #EmCrew en a alors dit plus long qu'aucun monologue déchirant sur le sentiment de vide que laisse cette fin de saison...

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Posté par ladyteruki à 23:23 - Plus on est de fous - Permalien [#]

15-09-12

[#Ozmarathon] 5x07, tout feu tout flamme

Cela faisait très longtemps qu'un épisode du Ozmarathon ne m'avait pas enflammée de la sorte ! C'était vraiment trop court et j'ai même eu le sentiment, à plusieurs reprises, de retrouver l'esprit Oz des débuts de la série. Ce genre d'impression a toujours une part d'illusoire (deux saisons ne se ressemblent jamais vraiment, et heureusement !), mais cela souligne bien l'effet positif de cet épisode réussi.

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Pourtant cet épisode n'est pas réussi de bout en bout, vous allez le voir. Alors justement débarrassons-nous de ces objections négatives tout de suite.

L'intrigue de Bob Rebadow par exemple est bourrée de maladresses, de répétitions, et de mauvaises idées. Le pathos commence également à peser très lourd et à faire passer Rebadow pour une pauvre chose pathétique, au lieu de nous le rendre adorable. Ce qui, concernant Rebadow, est quand même une prouesse ! Quand McManus l'a laissé en tête-à-tête avec un autre prisonnier (pour le supplier), il était par exemple évident que Rebadow se mangerait une mandale. Il y a écrit "victime" sur son front et les scénaristes ne tentent même pas d'y changer quoi que ce soit ! Il était bien le loin le temps où ce vieillard se rebiffait, voire tuait des mecs en prison, aujourd'hui, il n'est qu'un gigantesque punching bag. Ca n'a pas grand intérêt parce qu'on a déjà vécu tout ça plusieurs fois.
De la même façon, la mini-enquête de Burr et McManus pour savoir qui a vendu de la drogue à Hill, la belle affaire ! Tout le monde s'en bat royalement l'oeil. Fort heureusement, cet angle sera abordé de façon très courte ; mais il n'a toujours pas trouvé de conclusion. Il faudrait pourtant, parfois, arrêter de jouer à l'Aaron Spelling, et clore certaines intrigues aussi stériles que celle-ci, non ?
Fort heureusement, les mauvaises nouvelles s'arrêtent à peu près là.

L'intrigue canine d'Alvarez, par exemple, trouve la plus élégante des conclusions. D'abord parce que c'est foncièrement touchant que voir qu'il est le seul à avoir été au bout de sa mission d'entraînement sans jamais faillir, mais ensuite, voire surtout, parce que l'histoire fait une jolie référence aux craintes initiales sur le programme canin. Alvarez qui dit qu'il a dressé "spécialement" la chienne July pour Rivera, ça a de quoi glacer le sang de n'importe qui, ou au moins de laisser planer le doute une bonne seconde : il a simplement appris l'Espagnol à la chienne. Rentrez chez vous et dormez tranquilles, bonnes gens, Alvarez est toujours un poussin au fond de son coeur. Et puis, une fois de temps en temps, une fin positive, ça met quand même du baume au coeur, surtout après ce que ce personnage a traversé ("I had a kid once", rappellera-t-il en cours d'épisode). Il reste encore toute une saison pour lui infliger quelque sévice.

En contrepartie, j'ai adoré, mais alors, adoré, la suite des déboires de Robson. Quand un p*tain de nazi s'en prend littéralement plein la gueule comme ici, on est forcément tenté d'applaudir. Il faut dire qu'outre l'humiliation infligée dans l'épisode précédent, outre le fait qu'un pauvre dentiste lui retourne la tronche avec un malheureux combiné téléphonique dans les gencives, Robson va être désavoué par la communauté nazie de la prison, et ça, je crois que c'est le meilleur de tout. Hésitant au début, Vern Schillinger finit par donner les instructions nécessaires à l'éviction de Robson. Tout ça parce qu'il a de la peau de gencives de black...
Il sera intéressant de surveiller la descente aux Enfers de ce petit empaffé dans les épisodes suivants. S'il y survit. Ce qui est sûr c'est qu'il est à présent une cible parfaite, et que plus personne à Oswald ne va se priver de se rappeler à quel point il a causé du tort à tout le monde.

Par association d'idées, c'est enfin l'heure de serrer la vis à Leo Glynn. Après avoir une fois de plus abusé de son autorité, celui-ci se fait vertement remonter les bretelles par Sister Peter Marie (très en forme pendant l'épisode) qui lui rappelle que sa fermeté est de plus en plus arbitraire. Qu'est devenu son sens de la Justice ? Aujourd'hui il n'a même plus l'excuse d'être sous l'influence de Devlin, en plus ! Impossible de ne pas applaudir Sister Pete dans son petit laïus furieux. On vous aime, Sister P, ne changez rien.

Le cas du petit rouquin dont j'ai encore oublié le nom est également scellé, et même si cette intrigue est moins intéressante d'un point de vue émotionnel ou intellectuel, ça fait énormément plaisir d'assister à une intrigue correctement bouclée, sans surenchère ou prolongations inutiles. Leo Glynn récitant la Bible au moment de coffrer ce petit enfoiré était d'ailleurs un passage bien trouvé, et nous rappelait un peu le Glynn des débuts, celui droit dans ses bottes.
On n'est cependant pas totalement débarrassé de ce personnage, puisqu'il est désormais dans le couloir de la mort. Un endroit d'Oswald qui nous a donné de bonnes scènes par le passé, et n'oublions pas que quand Keller aura récupéré, c'est là qu'on devrait le retrouver...

En parlant de Keller... Beecher est à nouveau rongé par la culpabilité. Quelle surprise ! Comme si Beecher pouvait jamais faire quelque chose sans en regretter amèrement les conséquences, et en fait, la culpabilité est au coeur de sa personnalité, à croire qu'il y est accro. Conseiller un brin partial, Kareem Saïd lui recommande, en guise de pénitence pour sa trahison dans l'épisode précédent, de renoncer totalement à Keller. Renoncer à Keller, mais bien-sûr. Saïd, dans son homophobie larvée, n'a toujours rien compris, on dirait. Il dit ça à Beecher. BEECHER ! Le mec qui s'est littéralement fait broyer par amour pour Chris Keller ! Renoncer à ce mec ? Mais entre Beecher et lui, c'est la flamme et le papillon depuis des saisons !
Evidemment, dans un premier temps, rongé par sa culpabilité, Beecher va essayer de ne plus voir Keller, mais même à son corps défendant, il finit par le croiser. Et on n'a aucun doute sur l'issue de cette question quand on sent que son coeur s'arrête à la simple vue de Keller dans une autre pièce...
Cela est cependant l'occasion pour nous d'assister aux suites du viol en réunion qui a eu lieu dans l'épisode précédent (je trouve vraiment qu'on a des sujets de conversation hilarants, dans ces reviews, non ?), puisque la culpabilité de Beecher, la loyauté de Saïd, et évidemment l'instinct de conservation de Schillinger, font que les autorités ne sauront jamais ce qui s'est passé. A plus forte raison parce que Schillinger s'arrange pour se débarrasser de la victime.
J'ai d'ailleurs trouvé que c'était un joli rappel, finalement, que de faire se croiser indirectement cette intrigue avec celle du viol de Peter Schibetta. Je n'ai pas toujours vu l'intérêt de ramener ce dernier dans la série après sa longue absence, mais cela rappelait avec intelligence les deux options qui se présentent quand un viol en réunion a lieu en prison : dénoncer ou ne pas dénoncer, finalement, ne mène pas à grand'chose dans la pratique, mais on peut un peu mieux survivre à l'un qu'à l'autre tout de même.

L'épisode aura, et c'est sa plus grande réussite, été rythmé tout au long de ces intrigues finalement assez peu liées entre elles, par quelques uns des meilleurs monologues de Hill depuis bien longtemps. Certes, c'est déprimant : il y est question de notre société et de la façon dont nos efforts pour nous préserver causent finalement plus de mal que de bien. Cela ne renvoie vraiment aux intrigues qu'avec énormément d'imagination (ou de drogues dures), mais les textes étaient vraiment parfaits, et Augustus lui-même était en grande forme dans sa boîte. Ca fait plaisir de le retrouver.

Cet épisode décousu offre donc de très bons moments. On sent bien que cette fin de saison n'aura rien de grandiose : il n'y a eu absolument aucun fil rouge pendant la saison 5, aucun enjeu capital, et même pas de grand bouleversement à proprement parler, puisque les personnages suivent chacun une trajectoire qui ne révolutionne aucunement leur destin. Mais cet avant-dernier épisode de la saison est tout de même la preuve que ça n'empêche nullement de produire des épisodes de qualité, globalement intéressants. Même si parfois je regrette l'enthousiasme ressenti au début de ce marathon, et que je suis triste de découvrir que les épisodes que j'avais ratés ne sont pas toujours à la hauteur de mes espérances, cela a au moins le mérite de me prouver que... la flamme ne s'est pas éteinte.

Posté par ladyteruki à 00:11 - Plus on est de fous - Permalien [#]

30-08-12

[#Ozmarathon] 5x06, redemption song

Alors, bon. Autant écrire sur l'épisode précédent était une balade dans un parc, autant l'épisode musical d'Oz, c'est une autre paire de manches. Mais ça faisait de nombreuses années que je voulais le voir, cet épisode (je l'avais systématiquement raté jusque là), alors entendu, défi relevé ; je vais faire mon possible pour lui trouver une review adaptée.
Que le spectacle commence !

Ozmarathon-5x06

Mais d'abord, je dois commencer par vous confesser que je m'attendais à un épisode bien différent. Je pensais que les numéros musicaux, sans forcément revêtir une autre forme (même si assister à un grand numéro de claquettes collectif dans la cour centrale d'EmCity aurait eu son charme !), allaient être plus nombreux. Au lieu de ça, l'épisode est relativement classique dans sa construction comme sa mise en scène, si l'on excepte quelques parenthèses narratives musicales.
Les protagonistes de l'épisode passent en effet, un à un, dans la cellule jusque là dévolue aux monologues d'Augustus Hill. Là, de la même façon qu'il pouvait errer philosophiquement ou politiquement, nos nouveaux narrateurs trouvent un espace clos, protégé, sans public, personnalisé, où ils peuvent exprimer leurs sentiments en musique, comme dans des apartés qui n'appartiendraient qu'à eux et nous.

Alors du coup, vous l'aurez peut-être deviné, mais Augustus Hill est justement absent de cet épisode. Suite à ses ennuis de santé, il a donc été envoyé à l'hôpital, et en son absence, non seulement la place de coryphée est occupée, mais au sein même de la prison, la question se pose de savoir comment il a réussi à prendre de la drogue et à se saborder physiquement, alors que pendant si longtemps, il avait été l'homme le plus rigoureux de tout Emerald City.
Non seulement McManus est sur le coup, mais Burr est également sur le coup.
Il y a plein de choses qu'on peut reprocher à Burr, mais certainement pas son attachement indéfectible à Augustus, dont on jurerait qu'il s'est convaincu être le père. Il s'est donc mis en tête de mener sa propre investigation dans la prison afin de savoir qui a vendu de la drogue à Hill, et dépêche Poet sur la question, sans savoir que ce dernier n'est pas clean (à bien des égards). Lancé sur la piste du responsable, Burr semble aveuglé par la vengeance, ce qui d'ailleurs inquiète McManus qui l'a autorisé à chercher le coupable (pratique de déléguer ce genre de tâche ingrate, McManus !) mais qui tient à régler les choses dans les règles, c'est-à-dire dans son bureau. Connaissant Burr, je ne suis pas certaine que ce soit une chose possible. La rage de Burr est visible, et, s'il finit par comprendre à qui on doit l'absence d'Augustus, ça pourrait bien tourner au carnage.

One way or another I'm gonna find ya
I'm gonna getcha getcha getcha getcha
One way or another I'm gonna win ya
I'm gonna getcha getcha getcha getcha
One way or another I'm gonna see ya
I'm gonna meetcha meetcha meetcha meetcha
One day, maybe next week
I'm gonna meetcha, I'm gonna meetcha, I'll meetcha

Libéré de ses doutes (et de l'isolement), Saïd a retrouvé le chemin de la raison. Il est même plus clairvoyant qu'il ne l'a jamais été.
Le voilà qui retourne à EmCity avec la ferme intention de se montrer plus ouvert, plus tolérant, et d'offrir à Omar une aide véritable et profonde, et pas de le traiter comme un homme qui lui doit tout pour se reconstruire. En rendant à Omar sa dignité et son indépendance, il permet ainsi à son protégé de trouver en lui-même la force insoupçonnée de refuser la drogue et de prendre du plaisir à être lui-même, au mieux de ses capacités.
En parallèle de la révélation qu'Omar a trouvé la clé de la geôle où la drogue l'enfermait, Kareem offrira (et c'est vraiment le terme tant la démarche déborde de générosité) à ses disciples un monologue ahurissant, comptant certainement parmi les plus puissantes réflexions sociales de la série, sur la servilité et la liberté. C'est le genre de raison pour laquelle Oz reste l'une des plus grandes séries de l'histoire de la télévision : le propos est intelligent, articulé, et parle de la communauté des afro-américains musulmans au sens bien plus large que la population de la prison. On touche au sublime. Désormais, on le voit aussi à travers cette envolée, Saïd est réellement un esprit libre, il a réellement brisé les chaînes idéologiques dont il n'avait cessé vouloir se délester depuis son arrivée ; et j'ai apprécié que pour une fois, les autres Musulmans accueillent son discours sans scepticisme, bien qu'étant, et ça se comprend, un peu pris de court.
A présent on peut réellement dire que Saïd est prêt à se dépasser lui-même, à transcender sa soif de pouvoir ou de supériorité morale, pour acquérir une véritable liberté intérieure, un parcours au long duquel nous l'avons laborieusement accompagné pendant des années...

All we have to do now
Is take these lies and make them true somehow
All we have to see
Is that I don't belong to you
And you don't belong to me
Freedom
You've gotta give for what you take
Freedom
You've gotta give for what you take

Ce qui couvait depuis plusieurs épisodes se produit enfin : la raison pour laquelle Alvarez s'était engagé auprès des chiens d'aveugle. Il veut en effet dresser Julie puis l'offrir à Rivera, afin d'essayer de se racheter, au moins un peu, du tort causé. On n'est à vrai dire pas surpris de cette démarche : les spectateurs ont pris l'habitude depuis longtemps maintenant de considérer Alvarez comme l'être le plus inoffensif de toute la série.
D'ailleurs, lorsque l'idée est soumise à Rivera et son épouse, leurs doutes nous paraissent presque déplacés : comment, Alvarez aurait d'autres intentions peu claires ? Il serait prêt à dresser le chien pour finir le travail commencé ? On peut évidemment comprendre que le traumatisme soit encore très présent, mais on a envie de leur dire qu'il n'y a pas plus doux qu'Alvarez ! La personne à qui ce prisonnier a causé le plus de tort, c'est quand même essentiellement lui-même, osons-le dire (sans vouloir minimiser le crevage d'yeux de Rivera, évidemment), donc ça reste assez obscur pour le spectateur. A plus forte raison parce que l'épisode n'ira pas tellement plus loin sur cette intrigue, préférant continuer à regarder Alvarez se donner à 200% pour dresser sa chienne et la protéger. D'ailleurs ça ne peut pas bien finir, on en est tous conscients.

Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)
Who let the dogs out (woof, woof, woof, woof)

Quand Beecher subit une fois de plus l'aggressivité du jeune étudiant qu'il avait pris sous son aile au nom d'une amitié passée avec sa famille, notre survivant de l'impossible décide que cette fois, trop c'est trop. La moralité c'est une chose, la fierté en est une autre. Il décide donc d'en finir avec les humiliations de celui qui devrait le remercier pour avoir (littéralement) sauvé ses miches.
Le pacte proposé par Schillinger dans l'épisode précédent ? Beecher va, de façon peut-être un peu précipitée par l'énervement, finalement l'accepter : il préfère effectivement avoir une chance d'approcher Keller que de continuer à protéger un petit con qui l'insulte et l'attaque (et en public, par-dessus le marché). L'énergie déployée par Beecher est terrifiante à observer. Il passe de scène en scène avec rapidité, s'assurant que tout va bien marcher. Tout ne peut que marcher. Il a accepté de faire confiance à Schillinger, accepté de lui livrer en pâture une victime qui va vivre le même Enfer que lui, accepté de s'asseoir sur ses principes, accepté l'inacceptable, pour pouvoir retrouver Keller, alors ça ne doit pas foirer. Le marché avec Schillinger est, avant d'être un accord passé avec son pire ennemi ou un pacte avec le Diable, un compromis vis-à-vis de sa propre moralité, et il en est sans doute un peu conscient : il fait les choses rapidement pour ne pas avoir le temps de changer d'avis, aussi.
Et pourtant, le plan ne va tout de même pas conduire au résultat prévu : Schillinger va bien avoir ce qu'il veut, mais pas Beecher. Et une fois n'est pas coutume, il ne s'agit pas d'une entourloupe mais d'un bête hasard.
La scène finale de l'épisode dans laquelle, retrouvant son ancien protégé qui vient de subir les pires outrages, Beecher est pris de pitié et s'approche de lui pour lui venir en aide, nous montre un Beecher qui a accepté la compromission. Qui ne ressent pas, ou pas pour le moment, de remords, et qui a sans doute accepté tout cela comme étant le compromis que chacun doit faire : troquer un peu de son idéal afin de grapiller quelques miettes de bonheur. Et à chacun de faire son expérience à Oswald pour apprendre sa leçon.

So meet me in the middle
Well come on let's make up a dance
And we'll agree to call it the compromise
It's no sense in complaining
If it doesn't change our minds
Well take me by the hand let's compromise

Mais dans cet épisode totalement improbable et bigarré, les plus tristes secrets sont ceux que l'on murmure en plein jour, au beau milieu d'une salle d'audience, au creux de l'oreille d'une chaussette.

It's oh so quiet
It'a oh so still
You're all alone
And so peaceful until...

Posté par ladyteruki à 01:15 - Plus on est de fous - Permalien [#]