ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

14-11-10

The time it lasts

Aujourd'hui, 3 ans et 11 mois après l'ouverture de ce blog, avec ce 1276e post, je marque un jour pas comme les autres.
Le jour où je ne vous parle pas de séries, où je ne cherche pas à vous faire découvrir quoi que ce soit, où je ne vous invite pas à partager vos expériences, où je n'attends pas de conseil sur ce que je pourrais regarder ou non. Le jour où j'ai juste envie d'utiliser ce blog pour ce qu'il est : un blog.
Pas mon blog personnel (j'aime cloisonner), mais pas loin, à bien y réfléchir.

I'm getting too old for this shit.
C'est une pensée récurrente ces derniers temps pour moi.

J'ai 30 ans, enfin presque, et parfois je me demande combien de temps ça va encore durer. Quand on est ado, puis quand on n'est pas encore vraiment entré dans la vie active, on a tout un tas d'excuses pour se plonger dans une passion, certaines plus sensées que d'autres. Ensuite on rentre dans la vie active et on a de l'argent pour épancher sa passion, alors ça dure encore un peu.
Mais quand je regarde autour de moi les adultes avec qui je travaille, avec qui je vis, avec qui je sympathise... ils n'ont pas de passion chronophage. Parfois je le constate avec tristesse, d'autres fois avec une pointe de pitié, mais de plus en plus souvent, avec envie. Des gens qui n'ont pas à se préoccuper d'un post quotidien sur un blog, de news pour un site, de fiches dans une base de données. Mais aussi des gens qui n'ont pas cette obsédante question en tête de savoir quand est-ce qu'ils vont pouvoir regarder un épisode de série.

C'est souvent que je plaisante et/ou fais des comparaisons entre la téléphagie et une addiction classique. Mais est-ce que je pourrais vraiment me passer de séries ? Pourquoi la seule pensée de le faire semble effrayante ?
Je ne sais plus trop, au juste, pourquoi il m'est si important de pouvoir regarder des séries.
Pourquoi suis-je frustrée parce que je n'ai eu le temps de voir que le pilote de Downton Abbey ? Pourquoi suis-je triste que Rose soit partie ? Pourquoi ai-je commandé une pizza jeudi soir pour enregistrer un bonus du podcast ? Pourquoi ai-je programmé dans mon agenda une alerte pour me souvenir de la date des Gemini Awards ?
En quoi tout cela a-t-il de l'importance, au fond ?

Le simple fait que je me pose la question ne veut-il pas dire que j'atteins le bout ? Qu'après 15 ans de téléphagie, dont 10 vraiment, vraiment acharnées, est-ce que j'ai réussi à faire l'impensable : atteindre la limite ? Passer le point où ça comptera de moins en moins pour finalement ne plus compter du tout ?
J'ai 30 ans (en arrondissant ; ça m'a jamais gênée d'arrondir au plus haut). Est-ce qu'il n'est pas temps pour moi d'arrêter avec tout ça et me consacrer à d'autres choses ? Je ne veux pas d'enfant, je ne veux même pas me marier, c'est pas tant une question d'horloge biologique que de questionnement sur ce qui compte vraiment.

Et d'ailleurs combien de temps aurai-je la moindre légitimité pour faire tout ça ? Imagine-t-on lady à 40 ans en train de présenter un podcast ou un autre, rédiger des news ou des posts, continuer à chercher des pilotes et partager des génériques ? Pour un Winckler, un Carrazé... combien de téléphages qui reviennent à la raison et réalisent qu'ils ne passeront raisonnablement pas leur vie à parler de séries ? Dans quelle équipe je suis ?

C'est beau de vouloir partager, je suppose. Mais pour quoi faire ?
Évidemment, quand on ouvre un blog, quand on écrit pour un site, quand on s'investit de quelque façon que ce soit, on réalise bien vite que cela sert de catalyseur pour soi-même découvrir plus de choses. Et c'est forcément enivrant de penser à toutes les choses que j'ignorais il y a quelques mois, à toutes les séries dont j'ignorais l'existence parfois il y a quelques semaines à peine, et de réaliser que je n'en ai certainement pas vu le quart du tiers de la moitié d'un dixième. Oui, en continuant à m'impliquer, ici, là ou ailleurs, je me promets des lendemains téléphagiques qui chantent, c'est sûr.
Mais à quoi bon ?

Les mots que j'ai entendus cent fois résonnent différemment : ce ne sont que des séries. Ça avait le don de me révulser, ça devient une idée presque séduisante.

Si j'arrêtais tout maintenant, pas juste le site, pas juste le blog, pas juste le podcast, si j'arrêtais tout, vous vous rendez compte du temps gagné pour faire d'autres choses, m'intéresser à d'autres choses, rencontrer d'autres gens ? Je n'ai rien contre vous, vous êtes des lecteurs supers au contraire, mais sérieusement, tout ça rime à quoi ?
D'ailleurs, je disparaitrais de la surface du net, vous ne seriez pas des téléphages différents. Les horizons que j'ai éventuellement pu vous ouvrir vous sont définitivement ouverts, que je sois là ou pas ; les séries dont j'ai parlé existent sans moi. Sans compter de tout ce que j'ai manqué d'accomplir, les posts que vous n'avez pas lus, les cagoules que vous n'avez pas été chercher, les fiches que vous n'avez pas lues, si vous ne l'avez pas fait, il y avait probablement une bonne raison, que j'insiste ou non n'y changera rien.

Si ça n'a d'utilité ni pour moi ni pour vous, qu'est-ce qu'on fait là, tous, et moi en particulier ?

J'ai eu une vie téléphagique incroyable, j'ai fait plein de découvertes, j'ai appris plein de choses. Vraiment, c'était une putain d'expérience, une expérience de 15 ans, ce qui n'est quand même pas rien, une expérience qui m'a donné plein d'opportunités, mais enfin, une expérience quand même.
Car s'il y a une chose que j'ai appris des séries, c'est que même quand elles durent... elles ont une fin.

Ce soir, je vais jouer franc-jeu avec vous : je ne sais pas.
D'ailleurs pendant que j'y pense, s'il vous plait, ne remplissez pas les commentaires avec des réactions (plus ou moins) sincères, souvent exagérées, avec des appels de toutes sortes et notamment à la persistance. Je ne suis pas en train de prêcher le faux pour entendre ce que j'aimerais être le vrai. Limite, c'est peut-être le seul jour depuis que j'ai ouvert ce blog où je n'attends pas vraiment de commentaire. Je ne sais même pas ce que vous pourriez répondre à un post pareil, je n'aimerais pas être à votre place, en train de lire ce déballage de doutes.
Mais enfin, c'est là, sur la table, et il fallait certainement que je pose tout ça à plat, parce que j'ai souvent besoin de mettre les choses par écrit pour me libérer de certaines choses.

Et puis, parce qu'il n'y avait pas encore eu de post aujourd'hui.
Vous voyez, c'est effrayant que l'idée m'ait traversé qu'au moins, en postant ce que j'ai sur le cœur, ça m'aura permis de ne pas laisser le blog vide pour la première fois depuis le 1er janvier.

J'ai très certainement besoin de me désintoxiquer. Et pour avoir vu Rude Awakening plus souvent qu'à mon tour, je sais qu'une addiction, pour s'en débarrasser, il ne faut pas juste un peu freiner, juste un peu se calmer, juste un peu se modérer.
J'ai peur d'arrêter d'être téléphage. Rien qu'à cause de ça, il faut sans doute que j'arrête.

Posté par ladyteruki à 22:44 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

13-11-10

C'est Luiz que j'aime

Ce n'est pas sans émotion que je poste le tout premier post de la rubrique Review vers le futur consacré à une série brésilienne. Suivre une série de ce pays dans les heures suivant sa diffusion, c'est une première pour moi et donc pour ce blog. Et le fait de ne pas parler un traitre mot de portugais joue son rôle, je ne vous le cache pas.
Mais que ne ferait-on pas au nom de Luiz ? Et au nom de Michel...
Bon, attendez, je vous explique.

Il y a quelques mois, vous vous souvenez sans doute que mon cœur battait la chamade pour Capitu, l'une de ces découvertes inespérées que je n'aurais jamais faites sans les articles hebdomadaires sur les séries du monde, qui ont occupé mon été. Rien qu'à cause de ça, ça valait vraiment le coup : tout un tas de séries dont je n'aurais jamais eu vent de la simple existence, et qui soudain ont été là, à portée de cagoule. Une merveille. Et Capitu était, ça ne se discute même pas, l'une des perles parmi les perles.
Comme j'en ai juste un peu parlé à l'époque, la charmante amy a eu vent de ma découverte, qu'elle avait faite bien avoir moi (la cachottière), et il nous est arrivé une fois ou deux de parler de séries brésiliennes, ce qui relève très franchement du miracle : sérieusement, quelles étaient les chances ? Voici quelques jours, amy attire mon attention sur la diffusion d'une nouvelle série brésilienne. J'avoue que des news, j'en trouve pour la majeure partie de l'Amérique du Sud... mais pour le Brésil, que dalle (si vous connaissez de bons sites, je prends, cela dit), et que je n'étais pas du tout au courant que Luiz Fernando Carvalho, le réalisateur de Capitu avait un nouveau projet.
En temps normal, le réalisateur d'un épisode, je m'en fous comme de l'an quarante ou disons, ça reste une donnée assez vague pour moi. Mais dans le cas de Capitu, c'était une nouvelle énorme, car ce qui est bluffant dans Capitu, c'est la claque monumentale qu'on se prend quand on regarde la série, truffée de beautés et de merveilles et de trouvailles. Pour vous donner une idée (au cas où, malgré mon insistance, vous n'ayez toujours pas regardé le moindre épisode de la série depuis que je vous ai tannés avec), imaginez la série la plus bluffante visuellement que vous ayez jamais vue... triplez puis doublez puis mettez au carré. Voilà, eh bien dites-vous que c'est ce à quoi ressemble Capitu dans un mauvais jour.

Le nouveau projet n'avait pas spécialement une histoire tentante, mais, bon, limite on s'en fout, car n'importe quelle histoire peut devenir une merveille entre des mains expertes. Et justement, c'est là que j'en viens à Michel, l'incroyable interprète du personnage principal de Capitu, et co-auteur (ainsi qu'interprète) de cette nouvelle série intitulée Afinal, o Que Querem as Mulheres?, qui semble accepter de se faire traduire par "finalement, que veulent les femmes ?" (j'ai mentionné que le sujet ne m'intéressait pas des masses ?). Second argument de poids, donc. Mais évidemment il ne s'est pas agi pour moi de me contenter de fondre intérieurement en larmes devant la bande-annonce de la série. Le lendemain, ni une ni deux, je fonce chercher une cagoule, je remonte la piste du moindre fil qui traine, je tricote à en perdre haleine, et me voilà, triomphalement, avec une cagoule de Afinal, o Que Querem as Mulheres? entre les mains.

Ça c'était la genèse. Car qu'en est-il au final de ce pilote dont je n'ai pas compris le traitre mot (du moins, pas au sens où l'on entend le mot "comprendre" au premier abord). Eh bien, désolée de couper court à toute forme de suspense, mais...
PUTAIN. C'EST BEAU. Question 7
Il fallait que ce soit dit et vu que le vocabulaire a tendance à manquer dans ce genre de circonstances, j'aime autant vous dire que vous n'aurez guère mieux, mais j'en suis sûre, vous me le pardonnerez en voyant les quelques captures que je vous ai mis de côté, nan vraiment c'est cadeau, ça fait plaisir. Et dites-vous que ce n'est rien comparé au résultat final.

Mulheres_1 Mulheres_2 Mulheres_3 Mulheres_4 Mulheres_5
La 3e me fait penser à Don't Look Back...

On sent, c'est vraiment fou, la patte du réalisateur derrière cette nouvelle série. Je ne le connais que de Capitu mais tout sonne comme une évidence quand on regarde les plans, les couleurs, l'utilisation de la musique, du mouvement, des angles, de l'imaginaire, des techniques, des couleurs je l'ai déjà dit mais c'est suprêmement important, des cadres, du montage, de la musique, pareil je me répète mais il le faut, bref, je le reconnais, c'est Luiz, et Luiz je l'aime, c'est mon héros.

Là où Capitu était un hommage puissant à l'opéra, au théâtre, et à tous les arts vivants en général, Afinal, o Que Querem as Mulheres?, dans sa grande générosité, pioche plutôt dans des arts plus calmes comme la littérature et la peinture (surtout la peinture) pour trouver son univers. Les couleurs sont, du coup, vraiment primordiales, et les tons pastels et/ou fluos sont là pour nous emmener dans un univers pop et pourtant onirique, un monde fait de couleurs acidulées, de vêtements extravagants, et de traits de peinture fulgurants. Vous pensez que Mad Men est un travail stylistique superbe ? Alors venez voir Afinal, o Que Querem as Mulheres?, vous allez aimer. Si vous yeux ne demandent qu'à se régaler, offrez-leur un festin qu'ils n'oublieront pas.

A côté de l'exercice de style absolument fou, il y a évidemment l'histoire. Et elle est beaucoup moins linéaire que le pitch ne le laissait présager, jonglant avec la courbe du temps, et se saisissant de toutes les occasions pour montrer des images à la fois poétiques et sexy. Car Afinal, o Que Querem as Mulheres?, ce n'est pas la série que vous allez regarder avec les enfants, il s'en dégage une sensualité qui ponctuellement se concrétise, là, comme ça, sans prévenir, avec des jeux de regards, des couleurs qui caressent la peau et une caméra qui s'étourdit de l'ivresse des jeux de l'amour. J'ai mentionné que c'était sublime ? Je sais plus.

Bref, à ce stade, je compte sur vous pour lancer votre moteur de recherche favori (sérieusement, ça n'a pas été si difficile et vous devriez le trouver en moins de 10 clics, le défi est lancé) pour aller chercher confirmation que votre univers était gris et triste avant de découvrir le monde de Luiz. Je vais être honnête avec vous : si vous ne le faites pas, je ne vous considèrerai pas comme des téléphages dignes de mon estime. Si moi, qui n'ai jamais parlé le moindre mot de portugais, ou d'espagnol, ou même d'italien ou n'importe quelle langue du sud, j'ai regardé l'épisode, sérieusement, vous pouvez le faire aussi. On capte l'essentiel grâce à une foule de mots transparents et, en toute sincérité, quand on ne saisit pas les détails, on s'en fout, parce que l'expérience est quand même sidérante de beauté.

Allez voir Luiz. Vous verrez, on ne lui résiste pas.
J'attends vos réactions.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Afinal, o Que Querem as Mulheres? de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 04:36 - Review vers le futur - Permalien [#]

12-11-10

[DL] Doctor Who

En ce vendredi studieux, je voulais prendre deux minutes pour revenir sur le générique de Doctor Who, parce que j'ai une histoire particulière avec lui et que, comme c'est mon coup de cœur du moment (ça s'est ptet vu ?), j'ai pas vraiment envie de parler d'autre chose .Ce qui est dommage quand on a regardé autant de pilotes que moi ces derniers jours, m'enfin bon, ainsi va la vie.

DoctorWho
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Nan parce qu'il faut que je vous dise : la première fois que j'ai vu ce générique, ce n'était pas en regardant cette série mais devant le pilote d'une autre : Queer As Folk. J'avais le pilote qu'on m'avait enregistré sur je ne sais plus quelle chaîne du câble français (Série Club ? Jimmy ? Peu importe), et l'un des personnages était fan, et se consolait d'une vie amoureuse terne devant cette série (version classique), avant de lever un mauvais coup à cause de cette même passion téléphagique... Et je me souviens comme si c'était hier de voir ce personnage lancer sa VHS (oui c'était au XXe siècle), de voir et entendre le générique, et de me dire "c'est bizarre, il commence par le générique de fin". Et je suis restée des années sur la conviction que Doctor Who n'avait qu'un générique de fin.

Vous savez, chaque fois que je vois le générique depuis que je m'y suis mise, je pense toujours à ça. A mes yeux, ça reste la série qui commence par un générique de fin. Je sais pas pourquoi, mais ça me reste.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Doctor Who de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:48 - Médicament générique - Permalien [#]

11-11-10

Grandeur nature

TailleReelle

Voilà un peu plus d'un mois, j'ai fait un achat qui n'avait l'air de rien mais qui a révolutionné ma pratique téléphagique. Une fois de plus, ce genre de choses n'arrive pas de façon programmée.

Dans le magasin, ce jour-là, je comparais les prix et le BlackBerry qui ne m'obligeait pas à hypothéquer un rein n'était pas vraiment le plus récent de tous. Le vendeur me dit "non, sur celui-là vous ne recevrez pas la télé". C'est drôle. Je me souviens avoir été déçue. Je n'avais pas idée de ce que mon BlackBerry sans télé allait faire pour ma téléphagie. Ce n'est qu'après un peu d'utilisation que j'ai percuté : nul n'est besoin d'avoir la télé pour téléphager. Et c'est là que j'ai commencé ma nouvelle expérience.
Jusque là, mes trajets étaient divisés en deux activités : soit lire (et j'ai pas donné ma part au chien cet été quand il y avait tant de documentation à compiler), soit écrire (le post du jour s'écrivait en général à l'aller, avec relecture et peaufinage au retour, parfois même préparation du suivant). Mais depuis, j'ai commencé à mettre des épisodes sur mon BlackBerry et j'ai découvert que je pouvais tirer bien plus, bien, bien plus de ces trois heures quotidiennes.

Alors, si vous le voulez bien, je voudrais dresser un petit bilan de ce qui a changé...

1 - Les séries que je regarde

Instinctivement, j'ai très vite compris que je ne regarderais jamais Mad Men dans le train. Le choix des séries qui atterrissent sur le BlackBerry se fait d'après un paramètre : à quel point ai-je besoin de me concentrer sur l'épisode ? En gros, sont éligibles toutes les comédies, et tout ce qui me semble ne pas trop solliciter le cerveau. Parce que comme ça, ce n'est pas grave s'il y a du bruit dans le train, ou s'il y a une sonnerie de fermeture de portes toutes les 10 minutes. Bien-sûr, j'ai fait des exceptions, et ça a causé quelques aventures (j'y reviendrai), mais ces séries-là sont les premières à atterrir sur le BlackBerry. Et finalement, elles sont mécaniquement devenues celles que je regarde avec le plus de régularité.

2 - Ma pratique du sous-titre
Corollaire du précédent. Car l'écran que vous voyez ci-dessus... c'est du grandeur nature. Inutile de vous dire que les sous-titres, j'ai oublié, et désormais les séries non-anglophones ne se visionnent qu'à la maison. Ça provoque un clivage de fait (qui ne me plait pas toujours quand j'aurais bien envie de regarder certaines séries sans remettre à dans un ou deux jours ; et puis, rien que par principe) entre les séries diffusées dans une langue que je parle, et les autres, car les secondes dépendent de ma disponibilité devant mon écran chez moi, tandis que les autres peuvent se regarder n'importe où ailleurs (train bien-sûr, mais aussi salle d'attente, pause déjeuner...).

3 - Le nombre de séries vues par semaine
Faites le calcul vous-mêmes : quand la semaine compte 5 jours travaillés, je culmine à 15h de transports. Autant de temps passé à téléphager tout en ayant un boulot, même pour moi c'est inédit. Mais c'est une aubaine. Je pense qu'au final, je n'ai jamais suivi autant de séries en parallèle que depuis que j'ai le BlackBerry.

Il y a cependant un critère qui n'entre pas en ligne de compte, jamais : mon attachement à une série, à ses personnages, mon état émotionnel, bref, ce que j'ai envie de regrouper sous le terme générique de "mon ressenti potentiel". C'est pourtant pas faute de faire quelques expériences, hm, intéressantes à cause de ça : mentionnons l'épisode-clé de The Big C, grâce auquel je me suis mise à pleurer dans le train (oui-oui), ou l'épisode Tooth & Claw de Doctor Who où j'ai fait un bond de deux mètres sur mon siège deux secondes après la capture ci-dessus. Sans parler des yeux humides devant Raising Hope ici et du fou-rire pendant Outsourced.
J'ai peut-être l'air ridicule. Mais je préfère mille fois ça aux zombies (mot que je n'arrive plus à employer innocemment après deux épisodes de The Walking Dead... oh non, ceux-là, je ne vais pas les regarder dans le train, aucun risque !) qui regardent des trucs à côté de moi et qui restent le visage impassible, exactement comme s'ils observaient la petite aiguille d'une horloge. Je me rappelle de ce type qui regardait des épisodes de la 1e saison de Scrubs à côté de moi, il y a quelques mois. Il s'en est enfilé deux pendant le trajet (preuve qu'il ne détestait pas la séries), mais ne souriait même pas un peu, rien. Inexpressif. Intouché.
Alors quitte à passer pour un drôle d'énergumène, autant que je sois celui qui fronce les sourcils puis hoche la tête puis lance un petit rire discret, autant que je profite un max, autant que je ne brade pas le visionnage simplement parce qu'il y a des gens qui se blindent par peur de ce que penseront des inconnus dans le train.
Si dans un train vous croisez une jeune femme (habillée en violet) qui rigole toute seule devant son BlackBerry, ce sera moi, et je m'en fiche.

Eh oui, je découvre les joies de l'écran portable après tout le monde ou presque ! Mais peu importe. C'est un incroyablement bon investissement. J'ai l'impression que tant que j'habiterai à 1h30 de mon boulot, je n'aurai jamais plus de retard sur mon programme séries.
Ce qui est une impression erronée, on est d'accord.

Posté par ladyteruki à 17:27 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

Le sel de la vie

Quand ma sœur rei et moi habitions encore chez nos parents et que d'aventure nous regardions quelque chose ensemble, rei n'était jamais celle qui pleurait devant une histoire triste. Ma mère et moi partageons ce trait commun de ne jamais reculer : s'il y a une larme à verser, pas de barrière, on y va. Avec ma sœur, rien ne va jamais aussi loin. Même alors qu'elle était toute petite (elle a 5 ans de moins que moi), rei ne pleurait pas devant la télé ; par contre, quand elle nous voyait, ma mère et moi, verser notre obole, elle nous regardait, du haut de ses 8 ou 10 ou 12 ans, comme si nous étions des cas totalement désespérés, en hochant la tête, et parfois, quand la vue de ces joues humides lui était insupportable, elle se moquait de nous.
Résultat, aujourd'hui ma sœur n'est pas téléphage, et je l'ai surprise ya pas 10 jours à tenir une conversation d'un quart d'heure sur une émission de télé réalité de TFHein, avec force de rires gras.
Je suis convaincue qu'il y a une relation de cause à effet. Si rei avait laissé entrer les émotions d'une fiction, elle serait mieux blindée contre les conneries. Ça ne l'empêcherait pas d'en regarder, mais elle ferait de la place aux deux, au lieu de se contenter des belles-mères débiles et des fils à marier désespérément (pour ensuite avoir le culot de me dire "oh toi, avec tes séries hein...", preuve que j'ai vraiment très mal fait mon travail d'éducation téléphagique).

C'est vrai que je pleure devant certaines séries. Je le fais de bonne grâce : si c'est bien fait, je n'ai pas de raison de ne pas m'abandonner. D'une certaine façon, l'épisode a bien mérité que je pleure un peu. C'est ce qu'il a cherché à accomplir, il a réussi, alors pourquoi résister ?

Depuis bientôt 15 ans que je suis une téléphage (dont une décennie avec le plus grand acharnement), je répète à l'envi que je regarde des séries pour deux raisons : d'une part, pour voyager dans d'autres mondes que le mien, et d'autre part, pour ressentir plein de choses. Je ne serai jamais une New-Yorkaise typique, et je n'aurai jamais non plus 7 enfants à la maison. Mais ça ne doit pas m'empêcher d'imaginer et d'essayer d'avoir l'impression de savoir "ce que ça fait". Je n'aurai jamais assez de ma propre existence pour mener des vies aussi différentes, alors les séries, c'est ma seule façon d'essayer d'être ailleurs et quelqu'un d'autre, et avoir le plus de points de vue possibles sur le monde. Un instant je suis une infirmière droguée, une heure plus tard je suis un salaryman nippon, l'instant d'après je voyage dans le temps. Qui peut m'offrir ces petites fenêtres sur l'ailleurs et sur les autres sinon les séries ? Mais pour cela je dois accepter de recueillir tous les sentiments qui accompagnent les histoires. Sinon ça sert à rien.

Il y a quelques semaines, rei est partie pour une quinzaine de jours au Japon. Quand elle est revenue, elle a voulu me raconter plein de choses, des détails qu'elle avait remarqués sur les habitudes nippones... Je souriais et opinais, mais j'étais un peu triste de constater que je savais déjà ces choses pour les avoir vues dans des dorama. Je ne dis pas que je suis incollable sur la planète entière, ses rites, ses particularité culturelles, etc... Mais force est de constater que ça m'ouvre tellement d'horizons qui sans cela resteraient obscurs. Et tout le monde n'a pas les moyens de se payer 15 jours minimum dans chaque pays du monde pour essayer d'effleurer la réalité des gens et des terres d'ailleurs.

Je vis toujours ma téléphagie comme je la vivais quand j'étais enfermée chez mes parents. Je vis toujours ma téléphagie comme une fenêtre sur l'ailleurs. Même maintenant que je suis dehors, je ne peux pas m'empêcher de me dire que je louperais une partie de la réalité du monde sans mes chères fictions. C'est sans doute étrange, je suppose. Mais il n'y a qu'une seule moi au milieu de 6 milliards d'être humains et j'ai l'impression que les séries me donnent une chance de changer de peau, de faire temporairement l'expérience, certes superficielle, mais inaccessible autrement, de comprendre le ressenti d'un autre. Ce personnage est certes fictif, mais il reflète quelque chose qui n'existe pas en moi, et qui pourtant trouve une résonance. Comment pourrais-je être quelqu'un d'autre pendant quelques minutes sinon de cette façon ? Je suis contente d'être moi, mais ce n'est pas assez pour comprendre le monde... Et c'est pour ça que, si je ne pleure pas devant une histoire déchirante, je le sentiment d'avoir loupé quelque chose.

Souvent, j'ai l'impression que ceux qui ne regardent des séries que par pur divertissement, sans se laisser gagner par l'émotion, passent à côté de ce qui fait l'intérêt de la téléphagie. Bien-sûr ce n'est pas strictement émotionnel, il y a une part d'intellectuel (dont l'importance varie d'une série à une autre), une part de "allez, raconte-moi une histoire", une part de participation à des rites sociaux, mais...
Mais si on ne rit pas quand c'est drôle, et qu'on ne pleure pas quand c'est triste, à quoi bon, vraiment ?

Mes larmes de téléphagie, je les chéris. Je n'aime pas les sécher tout de suite. Qu'elles durent encore un peu, le temps que la peine artificielle s'estompe et que je me rappelle que ce n'est pas mon histoire. L'épisode a bien mérité mes larmes, et j'ai voyagé si loin en si peu de temps...

Pompadour

Posté par ladyteruki à 15:53 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

10-11-10

Revolution

Tardis

Que je m'efforce de regarder plus de séries canadiennes et australiennes, ça n'a rien de nouveau, ça faisait partie des mes bonnes résolutions depuis l'été. Que j'en regarde des asiatiques... bon, je vous fais pas un dessin. Qu'une fois de temps en temps, j'en teste une polonaise ou une brésilienne, bon, pourquoi pas.
Mais le truc que je ne pensais pas faire un jour : regarder plein de séries britanniques.

Et plus important encore : de mon plein gré.
Pour ceux qui ne croient pas aux miracles, je ne sais pas ce qu'il vous faut de plus !

La faute de Doctor Who ? Oui et non. J'ai regardé Vexed et Merlin, par exemple, bien avant de tomber amoureuse du Docteur, donc ce n'est pas vraiment ça. C'est plutôt que, en fait, je commence à me familiariser avec ce putain d'accent, à force de m'empiffrer d'épisodes de Doctor Who ; en cela, la série a aidé, c'est sur.

Ce ne sera jamais mon accent préféré, mais ça commence à rentrer quand même. Bon, je ne vous cache pas qu'il y a encore des fois où je me repasse des dialogues parce que j'ai rien bité, et d'autres où je déclare purement et simplement forfait en décrétant que je me contenterai du contexte pour comprendre ce qui se passe, mais enfin, ça m'irrite moins qu'avant quand même.
Moi je dis je progresse.

Or donc, me voilà pas plus tard qu'aujourd'hui à regarder deux pilotes de séries britanniques (et ptet que je vais regarder Getting On, du moins si je passe l'épreuve du générique parce que là tout de suite, j'ai un peu de mal). Deux. C'est une révolution en soi.

Et vous savez quoi ? C'est encore différent. Je regardais Survivors ce soir et il n'y avait aucun doute dans mon esprit que cette série n'était ni canadienne ni australienne. De la même façon que la fiction australienne m'est rugueuse, je ressens comme un trait commun chez les séries britanniques, quelque chose de très "proche". L'impression d'une proximité, non pas géographique mais culturelle, peut-être. C'est assez étrange car je n'ai jamais considéré les Britanniques comme des gens dont je pouvais me trouver proche. Mais je sais pas, ya un truc qui dit...
...un truc qui dit "welcome home".
Ou bien c'était simplement mon Destin de téléphage d'en passer par là un jour. Allez savoir.

Mais si je regarde aussi des séries britanniques, de qui vais-je donc dire du mal à présent ? Les Italiens ? Ah ouais, bien, les Italiens, bonne idée, excellente cible. En plus, j'ai vu aucun pilote italien ces 28 dernières années, je devrais pouvoir tenir encore un peu...

Posté par ladyteruki à 23:58 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

09-11-10

Le Docteur est demandé en salle 9

Jusque récemment, la rubrique La une est à VOUS m'avait essentiellement apporté le sentiment de (re)découvrir, grâce à votre impulsion, des pilotes auxquels je n'aurais pas donné une chance autrement. Pour culture perso, en quelque sorte. Dans l'espoir de ne pas mourir idiote. Histoire d'essayer de m'ouvrir à d'autres possibilités et d'autres horizons, comme j'essaye de le faire pour vous (je ne sais pas si vous avez vu les pilotes de Rake, Daemul et The Circuit, par exemple... mais c'était en tous cas le but recherché). Je m'attendais surtout à regarder des séries que j'avais mises de côté jusqu'alors, soit parce que le peu que j'en avais vu m'avait rebutée, soit même par bête a priori (linguistique dans les cas des séries britanniques, par exemple). En somme, il s'agissait d'espérer que vous me pousseriez un peu au train pour tester des trucs. Pas forcément en vue de les adopter.

J'ai d'ailleurs, jusque là, choisi des séries pour lesquelles justement j'avais besoin qu'on me pousse un peu, parce que spontanément, je ne regarderais pas ces séries-là. Les séries partaient donc toujours avec un dossier à charge, car si je ne les regarde pas, c'est que j'ai une raison (fut-elle de piètre qualité). Le challenge n'était pas des moindres mais vous l'avez relevé, parce que vous êtes des lecteurs en or, et vous avez bataillé, rivalisé d'arguments, pour ou contre, vous n'avez pas cherché à me vendre les séries, juste permis d'avoir d'autres avis que le mien, et c'était exactement ce dont tous les commentaires d'un blog devraient toujours êtres remplis (du coup, quand ya pas de commentaire, je vous le pardonne moins parce que j'ai vu de quoi vous pouvez être capables... mais c'est un autre débat).

Il y a des séries dont j'ai effectivement (re)vu le pilote voire plus grâce à ces posts : The Guild, Merlin, et Community enfin, pour lequel j'ai mis plus de temps que pour les autres mais je m'y suis mise ; le post est en chemin.
Désolée pour le spoiler, mais aucune de ces séries n'a su me ravir ni me convaincre. Mais j'ai essayé et je ne l'aurais pas fait sans vous. C'est déjà une victoire.

Mais, plus important, il y a une série pour laquelle ça avait commencé tièdement. Le pilote était pas mal. Sans plus. L'un des personnages me sortait par les yeux. Je n'appréciais que le ton et pas vraiment le contenu. Yavait des saloperies d'accents. Mais vous avez persisté : insiste ! C'était le mot d'ordre. Insiste ! Et comme je ne suis pas totalement obtuse non plus, j'ai insisté.
Je dis souvent que le pilote est décisif pour moi : si je n'entrevois pas du potentiel, je lâche tout. Personne ne me forcera jamais à m'infliger plusieurs épisodes d'une série que je n'aime pas si moi, je n'ai aucune raison de le faire. Souvent, les réactions sur cette partie de mon comportement téléphagique sont souvent que je suis trop expéditive, et qu'il faut souvent du temps à une série pour mûrir. Et je me tue à vous répéter que je ne le nie pas mais encore faut-il ne pas avoir l'intime conviction, au vu du pilote, que le cas est désespéré. Je ne dis pas que c'est marche ou crève, mais quand c'est mort dés le pilote, je n'insiste pas.

C'est ici un parfait exemple de série dont le pilote ne m'a pas laissé une impression de perfection, mais pour lequel je n'étais pas non plus complètement refroidie. Il y avait des éléments désagréables (beaucoup). Il y en avait aussi des plus agréables (deux ou trois) qui compensaient plus ou moins. Et puis il y avait un trailer de fin d'épisode. C'est ce que j'appelle avoir du potentiel. J'ai suivi vos conseils, qui coïncidaient avec ce que me disait mon instinct, et j'ai insisté.

Le parcours a été difficile. Il m'a fallu du temps pour regarder le deuxième épisode. Du temps encore pour regarder le troisième. A la fin de ces derniers, l'horizon s'est enfin dégagé. Sans enthousiasme débordant, mais en me forçant moins déjà, et un peu plus rapidement, j'ai commencé à enchaîner les épisodes.

Il manquait toujours quelque chose. Le trailer semblait toujours plus palpitant que le résultat final. Certains éléments m'agaçaient toujours, voire plus. Quand un épisode était bon sur la forme, il était pénible sur le fond (épisodes 4 et 5). Ou pire : vice versa (1x06). Certains épisodes sentimentaux étaient d'un sirupeux consommé (7e).
Et puis, sont arrivés les épisodes 8 et 9. A ce stade, j'avais dépassé la moitié de saison mais avais l'impression d'avoir fait le tour du sujet. La série semblait bloquée dans l'équivalent téléphagique de la "friend zone" : oui, bon, c'est pas mal, mais bon, hein, voilà quoi. Mais avec cette histoire sur deux épisodes, soudain mon cœur a fait boom. J'ai commencé à regarder la série autrement. J'ai arrêté de me dire que je pourrais continuer la série "juste comme ça". J'ai arrêté de me dire que ce ne serait jamais un coup de cœur.

Et c'est comme ça que je suis tombée amoureuse de Doctor Who.

Ninth

Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Car j'ai découvert que j'étais éperdument tombée sous le charme du Docteur. Ses sourires terrifiants et ses douleurs touchées par la grâce, sa tendresse pour Rose et sa rage débordante envers les Daleks... comment ne pas avoir le cœur qui fond pour un personnage capable de passer d'un extrême à l'autre ? Ce sont mes préférés. Ce sont toujours mes préférés. Le regard dur mais bleu, le sourire large mais crispé...
Nine était mon Docteur.

Malheureusement, il ne l'a pas été longtemps. La fin de la saison est arrivée, et mon cœur de téléphage s'est, déjà, brisé. Quelques semaines plus tôt, je m'en foutais, et voilà que j'avais l'impression persistante (que connaissent bien les téléphages les plus atteints) d'avoir une méchante peine de cœur. Je faisais un truc et soudain je poussais un soupir. Je commençais à regarder autre chose et je m'impatientais. Il y a même eu une fois pendant laquelle j'ai levé la tête, eu l'impression qu'il manquait quelqu'un dans la pièce, et réalisé que ce n'était pas le cas. Bien obligée de se rendre à l'évidence... j'étais en plein manque de Doctor Who.
Pire. Après le pilote, ont suivi plusieurs heures pendant lesquelles le cagoulage de la saison 2 se refusait à avancer, et où j'avais pourtant terriblement envie d'un épisode. Mais, bien consciente que de nouveaux épisodes ne manqueraient pas d'avoir pour héros le 10e Docteur, ma frustration était double, car je savais que l'attente ne serait qu'à moitié récompensée.

Et puis, ce matin, j'ai regardé l'épisode de Noël dédié à l'arrivée de Ten. Et j'ai alors ressenti ce qui, je crois, est parfaitement naturel dans ce cas : je l'ai détesté. Pourquoi m'avoir ôté mon Docteur pour mettre ce type dentu (et trop jeune) au rictus détestable ? Tout en bouffonade, Ten débarque, sauve le monde, et j'ai perdu le Docteur. Plusieurs années après tout le monde, je passe par ce stade naturel qui est de regretter le Docteur précédent (jusqu'à ce que le suivant arrive, plus jeune encore, qui me fasse certainement réaliser que Ten n'était sans doute pas si mal et apprivoiser le nouveau dans la foulée, acceptant le concept sur le long terme ; du moins j'imagine).
D'après mes observations, tel est le cycle de la vie chez les fans de Doctor Who.
Et désormais j'en suis une.
Si j'ai pleuré devant le final de la première saison, si je regrette déjà Nine, si je l'appelle Nine d'ailleurs... c'est parce que ça y est, j'en suis. En retard, peut-être, mais résolument l'une des vôtres, j'ai rejoint un univers que j'observais de loin depuis des années, où je voyais les réactions à ci ou à ça. Maintenant j'ai envie de lire des tas de choses (je n'ose, de peur de me faire spoiler), d'avancer dans le visionnage aussi bien-sûr, de revoir, peut-être, certains épisodes, déjà (quelque chose me dit que The Empty Child et The Doctor Dances, ainsi que Bad Wolf et The Parting of Ways, vont entrer au Panthéon de mes épisodes favoris), etc...

Maintenant j'ai TRÈS envie de regarder la semaine prochaine le premier épisode d'Accused avec Christopher Eccleston (oui, moi, anticiper une série britannique, vous me l'auriez dit il y a quelques mois...). Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?

Vous voyez ? Continuez à réagir, continuez à contribuer, continuez à me pousser comme vous le faites. C'est grâce à vous que j'avance téléphagiquement. Ce weekend, devant mon écran, je me suis dit soudain que ça faisait 5 ans que vous saviez des choses que moi j'ignorais (dans tous les sens du terme). On se croit curieuse, et en fait il reste tant à faire...
Alors, voilà, en fin de compte, je voulais juste vous dire...


MERCI.

Posté par ladyteruki à 21:09 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-11-10

Nul n'est censé ignorer l'actu

Comme le weekend a été consacré à la découverte de trois pilotes (rien que ça), je me suis dit que j'allais vous laisser souffler un instant avant de vous proposer le désormais traditionnel récapitulatif de l'actu des séries du monde. Voilà, considérez que vous avez soufflé. Et puis sans rire, les posts sont accessibles ad vitam aeternam ou presque, en tous cas ils sont encore dans les épisodes récents de la colonne de droite, alors bon.

Voici donc ce qui s'est dit sur les séries du monde entier cette semaine sur SeriesLive :

Mardi KangWooKim_1 Le casting de Poseidon se précise
Le contre-terrorisme attire les visages connus...
Mercredi World En bref : l'actu des télés du monde
Comme chaque mercredi, SeriesLive prend le pouls de la planète !
Jeudi Rake_MEA Ce soir en Australie : sans foi mais avec un peu de loi
L'avocat le plus décadent de la télévision australienne fait ses débuts ce soir.

25GeminiAwards Geminis Awards 2010 : (déjà) des résultats !
La cérémonie n'est prévue que dans 10 jours, mais si vous croyez que ça va arrêter les Geminis...
Vendredi
Teledoce La maltraitance des femmes, le sujet de l'année 2011 ?
Une série uruguayenne semble faire l'évènement avant même sa diffusion...
  OnceUponaTimeinSaengchori_MEA Ce soir en Corée : les courtiers en Bourse se mettent au vert
Changement radical de ton avec la nouvelle série de la chaîne sud-coréenne TvN.

PackedtotheRafters_MEA Packed to the Rafters vers le record !
La série australienne a accompli cette semaine sa meilleure audience historique.

Daemul_MEA Audiences coréennes : Daemul for President
La série Daemul a passé un cap... pas seulement sur les audiences, mais du point de vue financier.
Samedi GeunchogoWang_MEA Ce soir en Corée : destins de femmes et de guerriers
Saga familiale ou saga épique, ce soir en Corée, il y a le choix...

Rake_MEA Rake déjà renouvelée ?!
La série n'a démarré que jeudi soir !
Dimanche KeikoKitagawa_1 Keiko Kitagawa est une lady
...Ce serait en tous cas le titre de sa prochaine série.

ABC1 ABC1 prépare une série gay et geek
Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un ovni !

J'ai remarqué que ce weekend, beaucoup de news avaient connu un boom de visites et des commentaires, ce qui fait chaud au cœur de la rédactrice qui avait envie de partager ses découvertes et infos (oui, je me réjouis des commentaires parce que d'habitude, les visiteurs consomment sans réagir, alors bon, ça fait un peu kikoolol de skyblog, mais les faits sont là, j'aime lire les réponses, même si parfois elles me surprennent). Après... idéalement, ce serait bien que les news de la semaine aient droit à un peu d'attention de votre part aussi. Moi je dis ça, je dis rien, vous savez bien que c'est pas mon genre d'insister, hein.
(ça me fait penser à une blague dans The Na-... ouais nan mais c'est pas le sujet, on verra ça une autre fois)

Posté par ladyteruki à 08:07 - Love Actuality - Permalien [#]

07-11-10

Follow the sun

La fin du weekend approche et vous vous attendiez probablement à un dernier post dans cette rubrique. Sinon, tant mieux pour vous, ça fait une bonne surprise supplémentaire !

Il y a environ une semaine, je vous parlais de The Circuit, une découverte australienne (et elles ont tendance à se succéder depuis que je me suis promis, cet été, d'accorder plus d'attention à ce pays). Il y a eu quelques appels du pied pour que je vous aide à découvrir cette série à votre tour, et comme elle n'est pas facile d'accès (merci, une fois de plus, à Sowey pour son coup de main), le moyen le plus simple, et aussi, sans aucun doute possible, le plus convivial, de vous permettre de le faire, c'est encore les posts La preuve par trois. En espérant qu'ensuite, vous viendrez partager ici vos impressions, et que, peut-être, vous parlerez de la série autour de vous. C'est comme ça que ça commence, vous savez. Sans vous, je ne serais pas tombée sous le charme de Doctor Who après de nombreux épisodes de persistance. J'espère que je vous rends ainsi la pareille, au moins un peu...

TheCircuit_1
"You are going to get frustrated. And depressed by the relentlessness of this situation". Voilà, comme ça c'est dit. Considère-toi prévenu, petit avocat qui débarque sur le circuit, ça ne va pas être une partie de plaisir. On n'est pas bien sûr de la raison pour laquelle Drew s'est engagé dans cette aventure, mais une chose est sûre, il ne peut pas dire qu'il ne sait pas en quoi elle consiste. Et ça ne motive pas forcément un petit nouveau, mais le petit speech de l'une de ses collègues a au moins le mérite d'appuyer sur le sacerdoce que représente le circuit pour toutes les personnes qui s'y impliquent : avocats, greffiers, juges... ils savent que le principe-même du tribunal itinérant, mais aussi les problèmes rencontrés, ne peuvent les laisser de marbre. Ce sera difficile, douloureux, mais... mais j'aime bien l'honnêteté d'Ellie quand elle cite l'avantage qu'elle tire de ce métier difficile. D'une façon générale, The Circuit table sur la sincérité, et ne s'encombre pas vraiment de personnages paradant avec des artifices. Ils posent tous carte sur table et c'est d'ailleurs tant mieux pour Drew comme pour nous.

TheCircuit_2
Où l'on découvre un système judiciaire bien différent des parquets cirés et des perruques (tels qu'on a pu les découvrir dans Rake, par exemple). La réquisition de salles communes des villes où le tribunal passe, leur aspect (et encore, il y aura pire), leur public tassé sur des chaises et devant les portes, les conditions difficiles dans lesquelles les avocats doivent faire leur job... on peut dire qu'Ellie n'avait pas menti ! Oui, ce boulot sera difficile, et on ressent bien à la fois l'atmosphère pour les prévenus et pour la cour itinérante dans ce premier défilé d'affaires. Les choses vont vite, et on s'aperçoit que Drew n'est pas vraiment équipé pour travailler dans ces conditions. Il apprendra sur le tas, nous offrant une plongée incroyablement palpitante et déchirante à la fois dans la réelle signification de ce circuit judiciaire. Il n'y a le temps pour rien. Rend-on vraiment la Justice dans ces conditions ? Le bal des petits délits donne pourtant l'occasion au juge Lockhart de nous montrer à quel point il est attentif au moindre détail, tout en restant dans son rôle de juge qui n'a pas toute la nuit pour juger une affaire. Il se montre très impressionnant, à la fois patient et ferme dans toutes ses interventions...

TheCircuit_3
Que ce soit bien clair : j'étais déjà sous le charme de The Circuit avant cette scène. Mais lorsqu'elle est venue, je suis passée au stade téléphagique suivant, celui où on est pris de la subite envie de se prosterner devant son écran. Jusque là on n'avait pas vraiment compris le cœur de cette affaire, mais elle se dévoile devant nous en même temps que Drew tente d'en démêler l'absurdité. On comprend à cet instant d'où peut venir la frustration et la dépression évoquées plus haut. C'est un combat qui semble soudain ne jamais se gagner vraiment, parce que ce n'est pas une question de justice, dans le fond. En quelques minutes, on touche des problèmes trop gros pour de simples avocats, pour une simple cour itinérante. On croyait l'avoir compris, mais on ne le réalise que pendant cette scène où Drew semble, lui aussi, toucher quelque chose qu'il n'avait fait qu'effleurer jusque là. Et puis, il y a tout un symbolisme pour lui, vis-à-vis de son père, et je l'ai ressenti comme une charge émotionnelle dépassant le seul cadre de cette affaire, comme si ça le renvoyait ailleurs. A cet instant, tout est inversé : le temps ralentit pour ressentir chaque seconde de ce procès, Drew n'est plus perdu mais très sûr de lui, et soudain, le juge n'est plus tant un allié qu'au premier abord. Pour autant, le monde n'est ni noir ni blanc, et c'est aussi là que The Circuit nous emmène, dans un endroit où personne n'a vraiment tort, en définitive, de faire ce qu'il fait. Chacun fait ce qu'il a à faire, voilà tout. Et ça semble finalement être encore trop peu... D'ailleurs je serais curieuse de savoir ce que le journaliste fera de tout ça, ensuite.

Ne me laissez pas vous tenir la jambe plus longtemps. C'est à vous de regarder le pilote de The Circuit. Vous voulez vous faire une faveur ? Ne m'écoutez pas en chanter les louanges plus longtemps, et faites-vous une opinion par vous-mêmes. Vous ne pouvez pas croire quelqu'un qui s'est mis intérieurement à pleurer rien qu'en lisant le pitch de cette série, après tout...
D'ailleurs, si ce weekend a été dédié à des posts La preuve par trois, c'est bien pour que vous fassiez vos propres expériences. Moi, je me charge de vous apporter les pistes. La suite du chemin, c'est vous qui la faites.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (mais qui se soignent) : la fiche The Circuit de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:39 - La preuve par trois - Permalien [#]

06-11-10

Politics of compromise

Rares, trop rares ont été les posts La preuve par trois dédiés à des séries asiatiques. Pour faire amende honorable, je vous propose de faire un petit détour par la Corée, avec le pilote de Daemul. Une série sur laquelle j'ai été légèrement induite en erreur par les résumés des uns et des autres, car si effectivement, la série s'intéresse au monde de la politique, les autres éléments ne sont pas exactement tels qu'annoncés.

Daemul_1
Quand on aborde Daemul, c'est typiquement ce à quoi on s'attend : de la politique. Puisqu'on vous dit que c'est la première femme Présidente ! C'est donc par un aperçu de la carrière politique de Madame qu'on commence, en la voyant déjà dans ses fonctions. D'ailleurs on a très vite une trame similaire à celle d'un épisode d'A la Maison Blanche, le mètre-étalon incontournable dans ce domaine, avec un sous-marin sud-coréen perdu dans les eaux territoriales de la Chine (pour que ce soit vraiment fun, il aurait fallu oser les eaux territoriales de la Corée du Nord, mais d'accord). Et on va vite comprendre que la Présidente Hye Rim n'a pas la même notion que Bartlet de ce que peut être la raison d'État (et même lui prenait volontiers des libertés avec...), car elle ne cherche pas à entendre raison. C'est une idéaliste pur jus, pleine de bonnes intentions mais qui au final, est totalement irréaliste. La Corée du Sud qui va défier la Chine quitte à entrer en guerre ? Mais bien-sûr.
Le plus gros problème, ce n'est pas vraiment le choix politique que fait Hye Rim dans cette affaire. Ce qui m'ennuie c'est qu'on a encore une fois droit à une séquence d'introduction, se déroulant dans le présent, et que cette première séquence est en fait un aperçu de l'issue des élections. Mais qu'en fait, on va ensuite opérer un retour de plusieurs années dans le passé, et ainsi reprendre l'histoire depuis le début ! Absurde manie très coréenne de donner la fin de l'histoire avant même d'avoir commencé à la raconter. Et encore, là on comprend assez bien la façon dont ça se déroule sur un plan chronologique (Hye Rim faisant vraisemblablement plus adulte dans ses fonctions de Présidente que dans les scènes suivantes), c'est pas encore aussi agaçant que pour Lobbyist ou IRIS où on ne le comprenait qu'après plusieurs minutes de souffrance. Mais quand même, c'est la misère. A croire que c'est trop demander aux scénaristes que de varier de ce schéma narratif. Insupportable.

Daemul_2
Le pire est à venir. Car outre le parcours de Hye Rim pour devenir Présidente, on va aussi (surtout ?) assister au parcours de l'enjeu masculin de la série, Do Ya. Enfin, disons que des enjeux masculins, il y en a deux, mais on sait avec qui Hye Rim va finir parce qu'il y en a un qui a plus de temps de présence à l'écran. A ce stade de ce post, je suis bien consciente que tous vos espoirs se sont envolés, mais persistez quand même au moins jusqu'à la fin, d'accord ? De toute façon, ça vient de moi, parce que j'ai un énorme problème avec les romances dans les séries asiatiques et plus particulièrement coréennes. J'ai sempiternellement l'impression de les avoir vues douze fois (même s'il s'avère ensuite que ce n'est pas le cas). Donc ça vient en partie de moi, je le sais. Mais c'est usant. Et c'est d'autant plus usant que c'est ridicule. Si la carrière de Hye Rim est bien écrite, la transition de Do Ya est d'une niaiserie consommée. Finalement on en sait plus sur lui que sur elle, mais au bout du compte ça dessert le personnage.

Daemul_3
Malgré tout ces bons sentiments, Daemul s'avère aussi être d'une grande dureté, voire d'une certaine violence. L'intrigue amoureuse et les élans d'amélioration personnelle des protagonistes ne doivent pas nous faire oublier (ce semble être leur vocation afin de ne pas effrayer le grand public, d'ailleurs) qu'il n'y a pas de la place que pour un idéalisme forcené. Daemul, c'est aussi une scène de suicide collectif, un homme qui veut trancher le sexe de son fils à la hache, puis le fils qui veut se couper le sexe à la hache lui-même, des hommes corrompus dans la police, les médias et la justice, des journalistes envoyés en Afghanistan, la prostitution... J'en oublie mais même si ce n'est pas le cas, admettez que c'est bien loin de ce qui rendait le paragraphe précédent désespérant. Et c'est justement là que réside le potentiel du pilote de Daemul, dans la conviction que certains sujets peuvent être évoqués dans une série où l'on trouve des passages niais. Aussi incroyable que ça paraisse, les deux peuvent coexister. En gros, voilà comment on avoisine les 30% d'audience : en donnant un peu à tout le monde. Et moi je dis : si vous me donnez ce que je veux, ça ne m'ennuie pas que vous adonniez ce qu'ils veulent à ceux qui attendent de la romance sirupeuse.

Alors au final, Daemul est peut-être moins courageux que d'autres séries politiques sur la forme et même une partie de son histoire, mais il y a finalement de bons ingrédients, qui donnent envie de voir comment tout cela se développe. Les axes de romance pathétique ? Gardons-les, s'il n'y a que ça pour faire plaisir à la majorité du public. Tant que l'équilibre me semblera préservé, je continuerai à regarder. C'est peut-être justement, plus que certaines séries politiques trop intellectuelles, un bon moyen de pousser les spectateurs vers des séries sur ce sujet. Et au pire, il faudra voir ce que donnera President dans quelques semaines !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Daemul de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 22:21 - La preuve par trois - Permalien [#]