ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

04-03-11

Memory of a color

Il y a des rubriques de ce blog qui semblent fourmiller de posts à longueur d'année, et d'autres, on ne sait pourquoi, qui tombent parfois un peu dans l'oubli. Ah, l'oubli... C'est marrant que vous abordiez ce sujet, parce que justement on va parler de mémoire, avec le premier post Comme au cinéma de 2011, et le premier depuis pas loin d'un an. Ce qui est un comble vu que je n'ai jamais vu autant de films que depuis un an, justement. M'enfin, faire un post dans cette rubrique, il s'avère que j'y pense puis j'oublie...
Bon allez, inutile de faire durer le suspense, le film du jour est...

C'est quoi le nom du film ? Memento
C'est plutôt quel genre ? Déstabilisant
Qui on connaît là-dedans ? Bah c'est malheureux à dire, mais j'ai plus facilement reconnu Joe Pantoliano (FBI Opérations Secrètes) et Carrie-Ann Moss (Models, Inc. ou plus près de nous Pretty Handsome) que Guy Pearce, rapport à ma culture plus téléphile que cinéphile (absolument, ce paragraphe n'existe que pour que je puisse placer des tags de l'impossible !)
Ça date de quand ? 2000
En résumé, de quoi ça parle ? D'un type qui veut venger la mort de sa femme.

  Memento___1 Memento___2 Memento___3 Memento___4 Memento___5

En moins résumé, de quoi ça parle ? Un homme qui, depuis une tragédie qui a coûté la vie à son épouse, a perdu toute capacité à avoir une mémoire immédiate, et n'a des souvenirs qu'antérieurs à ce drame, décide de se mettre en quête du violeur et assassin de sa femme. Ce qui n'est pas une chose facile quand on ne sait jamais ce qu'on a fait 5mn auparavant.
Et ça finit comment ? Par le début.

Pourquoi c'est bien ? Parce qu'on ne va pas se mentir : c'est là un excellent film. D'abord parce qu'il propose une narration absolument renversante, qui raconte la même histoire prise par deux bouts : le début, et la fin. Deux types de scènes, l'un en couleurs, l'autre en noir et blanc, qui s'intercalent et parviennent à nous donner deux vues différentes sur l'histoire sans en donner la clé. C'est clairement le point fort du film. Mais Memento est aussi brillant dans sa façon de jouer avec notre perception. C'est la conséquence à la fois de la narration et de l'exploration de la maladie du personnage central, incipable de se souvenir de quoi que ce soit de récent. Le film joue en permanence avec les habitudes qu'il prend pour essayer de tout de même ne pas perdre le fil de sa propre vie, tout en étant victime, en permanence, du black out qui ne manque pas de se produire en permanence dans son cerveau. C'est certainement la partie la plus troublante du film, au final, celle qui laisse une impression des plus durables.
Pourquoi c'est pas bien ? Soyons honnête deux quarts de secondes : sans sa narration alambiquée, le film ne vaudrait pas tripette. Concrètement c'est cet accessoire, j'allais dire ce gadget, qui fait tout son intérêt. L'histoire est banale et le twist ne fonctionne qu'à cause de la narration anti-chronologique. Les personnages n'ont rien de spécialement original, et le héros ne vaut que pour sa maladie, qui ne prend son sens que... grâce à la narration. En gros, sans la narration, c'est bateau. Mais je vous rassure, la narration, on ne peut pas lui échapper pendant ce film, alors ça fonctionne. C'est la raison pour laquelle le film est, au final, particulièrement bon.

Ah, les joies du cinéma ! Wikipedia nous apprend que le tournage a duré 25 jours (pour tourner quelque chose qui semble ne pas s'étendre sur plus de 24 heures, d'ailleurs). Incroyable, j'aurais imaginé beaucoup plus ! Comme quoi ce film aura vraiment joué avec ma conception du temps jusqu'au bout.
La réplique qui tue : "But even if you get revenge you're not gonna remember it" ; ce qui est terrible c'est donc que Lennie se consacre tout entier (corps et âme, on peut le dire !) à une vengeance qui va forcément n'avoir un effet qu'à court terme. Lorsqu'on entend cette réplique, on frissonne devant l'absurdité triste de tout cela, et pourtant...
La scène qui tue :
Je vous ai parlé des différents types de scènes, en couleurs ou en noir et blanc, qui constituent le récit. Les scènes en noir et blanc, c'est-à-dire celles qui se déroulent dans l'ordre chronologique, sont aussi celles qui servent le mieux à expliquer la mythologie du film, à savoir la maladie du héros, la tragédie qu'il a vécue, ou encore le fonctionnement de ses techniques pour pallier à ses oublis. C'est très pédagogique, en un sens, et pourtant les scènes ne se précipitent pas. Voici l'une d'entre elles, qui a également le mérite de retranscrire l'ambiance claustro du film. Et tout ça pour moins d'une minute, que demande le peuple ? Des sous-titres ? Ouais nan mais quand je vous sous-titre un truc vous commentez même pas, alors...

Memento___Extrait

Une note ? CagoulesCagoulesCagoulesCagoules
Que Memento soit un très bon film (entre autres grâces à des trouvailles narratives), ça ne se discute pas, en tous cas pas par moi. Il lui manque trois fois rien pour mériter une 5e cagoule, pourtant.
Bilan : Avec sa narration soigneusement détricotée pour mieux nous perdre, Memento transforme une classique histoire de vengeance, thème usé s'il en est, en un véritable thriller étouffant. Et pourtant, ce n'est pas l'intrigue qui captive le plus, mais son incroyable capacité à jouer avec notre propre perception du temps. Ce qui est fou, c'est que plusieurs heures ont passé après le film pendant lesquelles je continuais d'avoir l'impression de vivre par séquences courtes, à consulter instinctivement des repères (horloge, calendrier...) pour me rappeler où j'en étais dans ma propre chronologie. Je faisais quelque chose et, quelques secondes plus tard, je craignais d'avoir eu un blanc... exactement comme Leonard. C'était assez angoissant comme sensation, mais aussi terriblement excitant parce que ça signifiait que le film avait réussi quelque chose que très peu parviennent à faire : s'insinuer dans le mental du spectateur pour altérer sa perception des choses. Ca n'a pas duré très longtemps, heureusement, mais c'était un phénomène intéressant à observer parce que, de la même façon que Lennie s'oblige à créer des réflexes (prendre des photos, écrire au dos ce dont il doit se souvenir, consulter ses tatouages...), j'avais moi-même été conditionnée pour penser, juste quelques temps, comme ce personnage. Il y a quelque chose de pavlovien là-dedans qui prolonge l'expérience du film.
Et puis, pour finir, Memento brille par son character development. Celui-ci repose à la fois sur la résolution de l'intrigue principale (qui est John G. ?) et sur la véritable nature des personnages qui entourent Leonard, dont il se méfie. Alternant le délire paranoïaque et les preuves qu'il ne peut vraiment faire confiance à personne dans cet étrange journée sans fin, les questions de Lennie ne semblent pas trouver de réponse, et pourtant la réponse, c'est tout simplement les portraits qui se détaillent au fur et à mesure du film. Plus qu'aux faits, c'est aux indices sur la personnalité des protagonistes qu'il faut porter notre attention. Et Memento joue, en plus, de la perception initiale que nous avons de ces personnages, en nous démontrant que nous avions un préjugé sur eux et que nous ne devrions pourtant pas le tenir pour acquis (chose absolument impossible pour Lennie, d'ailleurs, qui les rencontre pour la première fois à chaque rencontre). Sans vouloir dévoiler la fin (si, comme moi, vous manquiez cruellement de culture cinématographique), c'est un stratagème absolument bluffant, parce qu'il joue même avec notre perception des personnages les plus inoffensifs. Et quand Leonard se livre à des actes borderline, voire franchement vicieux, nous avons même tendance à être choqué et/ou tolérant, parce qu'en tant que malade, nous ne le concevons qu'en victime, aidés par les confessions intimistes, désarmantes, qu'il fait lors des scènes en noir et blanc. Et ça, c'est franchement brillant. Tout est à l'image de cette déconstruction progressive des personnages : Lennie est-il manipulé par Teddy ? Par Natalie ? Le film avance, l'histoire remonte dans le temps, et on découvre que rien n'est si simple. Et que personne n'est réellement innocent, non pas par rapport à la quête de vengeance de Leonard, mais simplement parce que chacun a un brin de perversion en lui...

Pour quelqu'un qui blâmait Inception, il y a quelques jours encore, pour son manque de courage dans l'abord du monde du rêve, Memento apparait comme une bien meilleure approche d'un thème assez proche. Ces deux films ont en commun de traiter à la fois de la perception et de l'insaisissable ; de ce qui passe, en substance, dans nos cerveaux, bon gré mal gré. Peut-on contrôler ce que nous percevons ? A quel point sommes-nous maîtres de nous-mêmes... Les réponses des deux films sont bien différentes, et j'ai préféré, et de loin, les pistes de réflexion posées par Memento, que les mystères cosmétiques d'Inception.

Posté par ladyteruki à 23:24 - Comme au cinéma - Permalien [#]

25-02-11

Innocent no more

Difficile de ne pas regarder Harry's Law sans éprouver une certaine tendresse complice, teintée d'admiration. On y retrouve un David E. Kelley à la patte reconnaissable entre mille, et pourtant en pleine mutation. Je n'ai pas lu que des compliments sur cette nouvelle série, et après avoir formulé moi aussi mon lot de critiques et de louanges, j'avais envie de revenir sur les 6 premiers épisodes diffusés par NBC, et "réhabiliter" cette série qui est loin d'avoir fait l'unanimité depuis son lancement.

Plaidoyer_2

Historiquement, Kelley a toujours semblé vivre une relation d'amour/haine avec les sujets de société : ses séries sont construites autour d'un seul postulat, celui qui permettra d'aborder un maximum de thèmes en les intellectualisant, et en les confinant à l'absurde dans le même temps. Pour cela, il choisit un cadre confortable, protégé, au sein duquel il peut s'ébattre et s'adonner à son petit jeu de joutes d'idées et de répliques cinglantes. Mais ses séries souffrent précisément, sur le long terme, de la façon dont elle sont conçues : à trop chercher à disserter impertinemment sur mille choses, l'exercice devient à la fois ridicule et conventionnel. Il devient difficile de se heurter à la réalité du monde que Kelley cherche à commenter, quand il enferme ses personnages dans des tours d'ivoire clownesques ! Plus que la "Kelleyrisation" de leur cast, c'est ce qui perd systématiquement ces séries : une évolution vers une déconnexion du réel, alors que l'idée de départ était de se confronter à des sujets sensibles et/ou polémiques pour en décortiquer les tenants et les aboutissants.

Chaque fois que Kelley se lance dans une série (et qu'elle survit à la dure loi des annulations prématurées), on retrouve ce même vœu pieu. Et on attend de voir combien de temps les bonnes résolutions vont durer.

Plaidoyer_3

Mais cette fois, c'est promis : ce sera différent. Harry's Law est une tentative de sortir du schéma habituel tout en exploitant ce qui a fait le succès de Kelley. Et surtout, Harry's Law transpire l'humilité. Une humilité qui ne passe pas par l'auto-flagellation (qui serait pourtant tentante), mais qui s'exprime simplement par un aveu honnête des limites du système Kelley, et des tentatives pour en sortir.

Kelley/Korn : même combat.
Les deux se retrouvent dans une situation dans laquelle, malgré leur expérience et leur assurance, ils manquent de repères. Kelley tente de se frotter à des réalités que jusque là il avait peu voire pas abordées, et des thèmes qu'il avait laissés sans discuter à la concurrence, comme la question des quartiers et les thématiques attenantes de violence, de pauvreté et de gangs. Le monde parfait de Kelley n'envisageait ces choses que de façon lointaine, quand il fallait défendre un dealer ou se débarrasser d'un personnage. Le reste du temps, tout n'était qu'idées : comment empêcher un jeune venu d'un quartier défavorisé de sortir du système scolaire ? Comment juger quelqu'un qui n'a connu que la rue ? Belles idées bien propres en vérité, avec lesquelles il était facile de jouer pour construire des intrigues, sans pour autant réellement se mettre en danger.

Cette fois, en ancrant l'action de Harry's Law dans un de ces quartiers, en plongeant ses personnages dans des violences quasi-quotidiennes et des problèmes plus difficiles à éviter en détournant les yeux, Kelley s'oblige à aborder des questions jusqu'alors soigneusement désincarnées. Et utilise le personnage d'Harriet avant tout pour dire combien il est désemparé devant des problématiques à distance desquelles il s'était soigneusement tenu jusqu'alors.

Harriet est sans aucun doute une excellente avocate, mais il lui manque vraisemblablement les outils pour comprendre le milieu dans lequel elle s'est plongée. Avec la petite Fée Clochette adorable qui lui sert d'assistante, elle a toujours vécu au Pays Imaginaire, sans rien craindre, drapée dans d'inébranlables certitudes, barricadée derrière de nobles principes, lovée dans de belles idées. Elle incarne au tout début du pilote tout ce dont Kelley parle depuis environ 20 ans : des enclaves préservées d'où on garde une vue imprenable, mais distante, sur les problèmes du monde, et où est convaincu d'être un esprit pragmatique alors qu'on est à l'abri.
Et elle ne comprend RIEN à ce nouvel univers. Son expérience, sa force de caractère, sa ténacité ne valent pas grand'chose.
Harriet Korn découvre ce qui a toujours été mais qu'elle n'a jamais vu, et tombe des nues en se découvrant incapable de changer le monde avec de beaux discours, quelques one-liners fins, et des froncements de sourcils quand le ciel se couvre.

Allez me raconter qu'il n'y a pas de facteur Mary Sue...! Au contraire, on imagine aisément Kelley se prenant la tête lors de l'écriture de ses scénarios pour tenter de ne pas succomber à ses penchants habituels, et garder à l'esprit qu'il a choisi un contexte qui ne les lui permet plus autant. Les maladresses ponctuelles des épisodes prouvent combien il lui est difficile de s'engager sur ce terrain avec les gadgets qui ont fait sa renommée, mais aussi combien il essaye de se discipliner pour ne pas faillir à la mission qu'il s'est fixée cette fois.

Plaidoyer_1

Arrivée à mi-parcours, Harry's Law raconte avant tout le parcours d'une avocate qui n'a plus envie de se consacrer au droit tant elle est dépassée par ce à quoi elle assiste. Et si Kelley laisse si volontiers la plupart des intrigues judiciaires à ses autres personnages (qui de toute façon s'y montrent bien plus brillants), c'est pour que Harriet ait tout le "loisir" de se heurter à la réalité, qu'elle avait jusque là pu traiter comme une abstraction ; sa présence devant une cour n'étant requise que pour mettre en lumière ses doutes sur l'efficacité, voire le bien-fondé, du système judiciaire pour régler des problèmes bien réels.

Pour qui regarde, depuis les années 90, les productions de ce bon vieux David E. Kelley, Harry's Law est l'incarnation de la crise de la cinquantaine, avec ce qu'il faut d'expérience pour livrer un travail efficace et juste (la partie strictement judiciaire, qu'il maîtrise certainement mieux que personne), et suffisamment de remise en question pour battre les cartes et explorer, clopin-clopant, l'inconnu (c'est-à-dire le quotidien d'un quartier plus que sensible).
Il y a donc des maladresses, tout comme il y a des moments de grâce. Sous ses dehors en apparence conventionnels, hérités de plus de deux décennies de savoir-faire, Harry's Law est l'une des séries les plus casse-gueule du moment, et certainement l'une des plus courageuses de la part de Kelley (l'autre étant The Practice). Cela ne va pas sans quelques tâtonnements, et ne va pas sans quelques loupés. Mais cela transpire aussi une sincérité qu'on n'avait plus décelée depuis de nombreuses années dans les productions de l'ancien avocat.

Si l'étincelle de génie que nous connaissons bien n'est pas toujours présente dans les épisodes un peu inégaux de ce début de saison, concédons à Harry's Law qu'elle relève d'une initiative courageuse dans laquelle, pour la première fois depuis bien longtemps, Kelley se met un peu en danger.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Harry's Law de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 00:12 - Review vers le futur - Permalien [#]

19-02-11

Where young people go to retire

Chose promise, chose due, voici un nouveau post consacré à Portlandia, et je vous avoue, de vous à moi, que je n'en suis pas totalement mécontente. Déjà parce que ça fait du bien d'être motivée pour poster (ne serait-ce qu'un peu), ensuite parce que je me suis vraiment donné du mal sur ce coup.

C'est-à-dire que, déjà, je suis partie du constat que le dernier post La preuve par trois datait de novembre 2010 (il s'agissait du pilote de la série australienne The Circuit, et si vous l'avez loupé, il n'est pas encore trop tard pour bien faire et aller cliquer sur le petit icône magique). Et ensuite, j'ai réalisé, en les cherchant pour l'un de mes collègues, qu'il n'existait pas de sous-titres français pour la série Portlandia. Alors j'ai pris un peu de temps et je m'en suis chargée moi-même. Voilà, vous savez tout. Donc ce post La preuve par trois, ce n'est pas juste l'occasion de vous parler du pilote de Portlandia, ce n'est pas juste une façon de vous encourager à le découvrir, c'est carrément une offre clé en main, comme ça, vous n'avez plus d'excuse pour ne pas l'avoir vu.

Portlandia_1
Parce que Portlandia est certainement la série la plus originale du moment, osons le dire. Sa formule fait d'elle un ovni : il ne s'agit ni d'un formula show, ni d'une série feuilletonnante, c'est quelque chose qui n'a rien à voir mais qui emprunte pourtant ponctuellement au feuilleton (on verra comment ensuite). Et ça se sent dés la scène d'ouverture de ce pilote, qui nous plonge directement dans la genèse de la série (pourquoi se déroule-t-elle à Portland, et qu'est-ce que cette ville a de si particulier ?), avec une histoire qui nous permet de mettre le pied à l'étrier, et nous embarque dans un univers complètement barré, avec des personnages absurdes, des situations banales qui virent au n'importe quoi, et de la musique. Ce sont les éléments de base de la série et il se retrouvent tous, parfaitement condensés, dans cette première scène d'exposition.
Et pourtant, la structure-même de la série fait que, aussi parfaitement écrite puisse-t-elle être, avec deux personnages attachants qui débarquent à Portland pour des raisons un peu ridicules... elle s'arrêtera là. Avec son côté anthologique, Portlandia nous présente systématiquement des personnages qu'on n'est jamais sûrs de revoir, et des histoires dont on n'est jamais certains de connaître la suite. C'est l'héritage des comédies à sketch, qui tombe sous le sens vu la présence de Fred Armisen à la barre (co-auteur et un des deux acteurs principaux), qu'on peut voir depuis plusieurs années dans Saturday Night Live. Et pour expliquer l'importance de la musique dans la série, eh bien là encore, quand on sait que Fred est musicien, mais aussi que Carrie, sa partenaire dans cet exercice, est elle-même musicienne, tout s'explique. Rien que pour ça, sans même parler de ses origines sur internet, Portlandia est une série à part, qui arrive avec sa propre personnalité, ses propres références, sans chercher à faire quelque chose qu'on aurait déjà vu ailleurs (ou alors je veux bien qu'on me cite des noms). Attendez-vous à basculer dans l'inconnu et à n'y trouver aucun de vos repères habituels en termes de fiction.

Portlandia_2
Ainsi, le pilote de Portlandia se lance dans une étrange tentative de nous présenter plusieurs personnages (tous interprétés par Fred et Carrie). On trouvera donc Jason et Ronnie, qui habitent Los Angeles et tombent sous le charme de Portland au tout début du pilote, Peter et Nance, qui voulaient simplement manger du poulet bio, Fred et Carrie, en prise avec une boucle technologique, les deux propriétaires (pour l'instant anonymes) d'une librairie féministe, et Stewart et Susan, qui font partie de la ligue de cache-cache pour adultes de Portland. Seul un couple de ces personnages aura droit à plusieurs scènes en fil rouge, et il s'agit de Peter et Nance. Ils personnifient parfaitement tout ce que critique Portlandia : ce sont des bobos qui intellectualisent des choses ridicules à l'excès, comme ici leur volonté de manger bio à tout prix, au risque d'abandonner le restaurant au beau milieu de leur commande pour aller vérifier sur place si la ferme qui a élevé le poulet qu'ils s'apprêtent à commander est bien "éthique". Et ça s'emballe, naturellement.
C'est là que les choses sont feuilletonnantes ou à peu près pour Portlandia, quand on suit une histoire plutôt qu'une autre. Et l'ironie du sort c'est que dans les épisodes suivants, on ne verra plus Pete et Nance, mais qu'un autre couple de personnages, par contre, réapparaitra, et que Stewart sera cité par un personnage que jusque là nous ne connaissons pas, etc... En créant un monde dense de la sorte (alors que pourtant totalement absurde), Portlandia parvient à fabriquer pièce par pièce, à travers une suite de scènes en apparence indépendantes, quelque chose d'incroyablement cohérent, alors qu'il n'y a même pas d'histoire. C'est fascinant de voir tout ce que la série parvient à faire simplement avec des portraits, finalement.

Portlandia_3
Pour finir, et après je vous laisse goûter les plaisirs de Portlandia tous seuls comme des grands, voici une série qui ne se prive pas de se moquer de son propre public. C'est facile d'écrire des répliques mordantes sur un "ennemi" commun, genre un redneck complètement abruti avec le spectateur, hilare, pourra se dire qu'il n'a rien en commun. Des séries comme My name is Earl n'ont pas grand mérite à faire rire, car elles ne font pas rire de soi-même. Mais le public premier de Portlandia, et c'est là que c'est brillant, ce sont ses cibles, en fait. Mieux encore : ses auteurs sont dans sa cible. Critique du hipster qui voudrait se croire meilleur que les autres, plus cultivé, plus éco-responsable, plus capable de penser et s'amuser en électron libre, et qui au final finit par rentrer dans un nouveau moule qui souligne le ridicule de l'opinion qu'il a de lui-même, la série Portlandia est aussi, et c'est important, diffusée sur une chaîne... indépendante (IFC, dont on a déjà pu parler à l'occasion de Bollywood Hero). Donc en fait, si Fred Armisen et Carrie Brownstein y ont leur série, c'est parce qu'ils collent à l'identité de la chaîne, et qu'ils écrivent pour plaire à un public qui s'est installé devant cette chaîne précisément parce qu'il pense être différent, et n'être pas concerné par le "mainstream". La boucle est ainsi bouclée !
Et pourtant, ces personnages se font écorcher vif, à l'image de ce dialogue (prolongé pour notre plus grand plaisir pendant le générique de fin, pour un "encore" délicieux) entre Stewart, chef de l'équipe des Sherlock Holmies qui disputent un match de la Ligue de cache-cache pour adultes de Portland, et une vieille dame, et qui démontre combien cette volonté de penser "hors du moule" s'exprime de façon ridicule. Dans la première scène, on affirmait que Portland était "la ville où les jeunes prennent leur retraite", mais en réalité, c'est plutôt le Pays Imaginaire, peuplé de jeunes qui ne veulent pas grandir mais veulent se sentir importants. Et Portlandia ne leur fera pas de cadeau.

Alors oui, c'est différent de la plupart des choses que vous avez vues jusqu'à présent à la télévision, et non, ça ne plaira pas à tout le monde, mais c'est justement pour ça qu'il faut tenter Portlandia. Parce que vous découvrirez une perle totalement différente de vos comédies habituelles, et franchement, ça fait du bien de découvrir une série qui s'aventure hors des sentiers battus.
Sans compter que si vous aimez, vous aurez l'impression de faire partie d'une élite capable de rire des choses que le commun des mortels ne saurait apprécier... et là vous saurez que vous êtes parfaitement à votre place devant cette série. Ça tombe bien, elle a été renouvelée en début de semaine pour revenir avec 10 épisodes supplémentaires l'an prochain.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Portlandia de SeriesLive.
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Posté par ladyteruki à 18:18 - La preuve par trois - Permalien [#]

18-02-11

[DL] Portlandia

Ça fait 10 jours que je suis en boucle sur les épisodes de Portlandia. Je mange Portlandia (un épisode par repas, oui il y a beaucoup de rediffs), je dors Portlandia (avec le générique comme berceuse), je chante Portlandia (je me suis découpé la première scène du pilote !). Inutile de préciser que l'annonce de son renouvellement ne pouvait que m'enchanter.
Alors évidemment, vous n'alliez pas y couper non plus dans ces conditions, et me voilà débarquant avec le générique de ce qui est probablement la série la plus originale du moment, ce que j'avance, vous le devinez, de façon totalement objective.

Portlandia
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

A la fois quelconque au dernier degré et absolu d'exotisme, le générique de Portlandia offre une carte postale étrange, faite des lieux qu'on a l'impression de connaître par coeur mais qui semblent aussi receler une personnalité cachée, qui s'exprime dans les quelques portraits rapides qui se succèdent. A la fois pavillonnaire et industrielle, la ville de Portland semble déjà pleine de bizarreries sans grande excentricité, un peu comme les bobos finalement assez consensuels que la série s'ingénie à dépeindre. Et cette musique... Allez, je m'en remets un coup.
Et comme je suis pas chienne, demain, un autre post, bien plus fourni, sur Portlandia. Parce que ouais, c'est un post chaque vendredi. MINIMUM.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Portlandia de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 21:44 - Médicament générique - Permalien [#]

11-02-11

Tu peux courir

Démotivée, mais pas inactive. Depuis l’annonce de l’espacement de mes activités, je n’ai pas chômé : entre la première saison de The Practice (initiée, comme vous le savez, plus tôt la semaine dernière), et une intégrale de Modern Family en quatre jours (oui, je sais, ça m’a étonnée au moins autant que vous, si vous me le demandez en commentaire, je vous dirai comment c'est possible), on ne peut pas dire que j’aie manqué d’occupations téléphagiques.
Mais aujourd’hui je ne vais pas vous parler de ces séries récentes, parce qu’aujourd’hui, j’ai eu un coup de cœur pour une série que je n’ai jamais vue. Ce sont des choses qui arrivent.

Tout a commencé alors que j’écumais la base de données de Wikipedia afin de trouver des titres de séries ayant débuté en 1965. Une lubie. L’envie, certainement, d’essayer de me lancer dans le visionnage d’une vieille série, ce qui, avec mes aventures internationales, ne m’est pas arrivé depuis quelques mois. Bref, une idée comme ça, imprévisible, et qui n’a eu comme seule conséquence que de m’interroger sur les pitches qu’on pouvait trouver cette année-là.
J’étais donc en train de trouver qu’il y avait quand même une majorité de séries "bon enfant", "tous publics" ou encore "classiques", en un mot, pas forcément affriolantes sur le seul plan du pitch, quand soudain me voilà à cliquer sur la page de Run for your life. Et moi de tomber en pâmoison devant ce résumé comme conçu pour me faire rêver. Jugez plutôt : quand son médecin lui annonce qu’il ne lui reste plus qu’un an ou deux à vivre, l’avocat Paul Bryan décide de partir à l’aventure et de profiter de ses derniers jours en faisant tout un tas de choses qu’il souhaite accomplir avant de mourir. De toute évidence, il ne s’agit pas d’une comédie (quoique, bon, je ne serais pas fermée à ce genre de sujet en comédie, je suis bien capable de suivre une comédie sur une alcoolique à la dérive… ou une autre sur une cancéreuse), mais bien d’une véritable série dramatique, dans le sens le plus strict du terme. Et pourtant, outre un concept riche permettant énormément de choses, c’est aussi une belle idée, non ?
Ce qui a fini de m’achever, c’est qu’en poussant mes recherches juste un peu, je suis tombée sur des répliques, comme celle ouvrant le générique : "Guess I'll try to squeeze 30 years in a year... or two". Et alors là, comment vous dire ? J'ai fondu.

Runforyourlife

J'ai fondu, mais à l'émotion téléphagique a très vide succédé une autre émotion : une vive colère. Ça doit être mon truc en ce moment, je suppose.
Parce qu'il s'avère que Run for your life, qui apparemment a été diffusée par l'ORTF (...oui, l'ORTF) sous le titre de Match contre la vie en 1969, et même pas en intégralité, n'a depuis jamais été rediffusée en France. Donc non seulement vous et moi n'étions pas nés lorsque la séries a été lancée, mais vous et moi n'avons jamais eu l'occasion, de notre vivant, de voir la série non plus depuis.

Sur ce blog, j'ai déjà maudit, pèle-mêle, les problèmes suivants :
- l'impossibilité de voir une série être diffusée correctement de façon à la suivre de bout en bout (et d'ailleurs The Practice est tristement parlant à ce sujet)
- l'impossibilité de voir une série être diffusée en France dans des délais raisonnables, ce qui fait de The Good Wife un cumulard vu le point soulevé ci-dessus
- l'impossibilité de revoir une série peu connue n'ayant pourtant pas plus de 10 ou 15 ans
- l'impossibilité d'accéder à des séries étrangères parce que les fansubs ne suivent pas
- l'impossibilité d'entendre parler des fictions des nombreux pays étrangers, comme ça c'est réglé, inutile d'être curieux, vous vous faites du mal
- et, pour finir cette liste non-exhaustive, l'impossibilité d'entendre parler correctement des fictions de certains pays étrangers, parce qu'il s'agirait pas non plus de vous donner les outils pour vous ouvrir sur le monde téléphagique
Bon, j'ai donc beaucoup râlé, c'est un fait. Et quelque part dans les posts dont je ne me souviens pas aussi bien, il doit y avoir un plaidoyer pour l'édition DVD décente de séries moins populaires... ah ça y est, je l'ai retrouvé.

Ajoutons-y donc aussi, désormais, un laïus sur le fait qu'il y a certaines séries, jugées trop anciennes, qu'on ne nous permet pas de découvrir parce qu'on n'a pas à être curieux, manquerait plus que ça. Je sais bien qu'on parle d'un marché de niche et pas franchement d'un phénomène qui ne demande qu'à remplir les poches des diffuseurs et/ou distributeurs, mais nom d'un chien, lequel parmi vous va se piquer en premier de proposer un Hulu à la française pour des séries qui ne sont plus rediffusées ou ne l'ont jamais été, ou, sans aller si loin, une simple rediff en nocturne pour des séries des années 60 et 70 ? Chais pas, ça fait bien 10 ans que les rediffs de Série Club semblent sempiternellement être les mêmes ! Bon, je suis de mauvaise foi, je n'ai plus Série Club, mais si j'apprenais que la chaîne se lançait dans un projet de ce genre pour participer à la culture série, j'y penserais quand même à deux fois, plutôt que voir que ce sont encore et toujours les mêmes vieux sitcoms français qui constituent l'essentiel de ses grilles en heure creuse...
Et même, vous savez quoi ? Si les chaînes ont peur de pas rentrer dans leurs frais en se lançant dans une diffusion ou une autre... bah juste lâcher gentillement les droits dans le monde magique de l'internet et laisser les fichiers se faire cagouler par les 10 pèlerins que ça intéresserait, je pense que ça serait un beau geste, quoi.

Tout ce que je voulais, cette semaine, en dépit des 38 épisodes de Modern Family en quatre jours, de la saison (et un peu plus, en fait : j'ai entamé la deuxième) de The Practice, de l'attachement grandissant pour Harry's Law et Fairly Legal, et des pilotes comme Mr Sunshine ou Traffic Light, c'était avoir une chance de voir un épisode de Run for your life.

Voilà, c'était mon coup de gueule du jour. La prochaine fois, on parlera des chaînes françaises qui ne savent pas profiter de la popularité d'un acteur pour ressortir des cartons leurs vieilles séries, comme pour Coeurs Rebelles lors de la sortie de Star Wars ou La Famille Green alors que Anne Hathaway ET Jesse Eisenberg ont tous les deux le vent en poupe.

Posté par ladyteruki à 21:18 - Point Unpleasant - Permalien [#]

04-02-11

Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat (et le vendredi)

Les flics, ça n'a jamais été mon truc. Par contre, des avocats, je ne saurais me lasser. Du coup, c'était une véritable partie de plaisir de faire ce SeriesLive Show sur les legal dramas, d'autant qu'à l'exception de Skins (US) que je n'ai pas encore testé, il n'était question que de séries que je connais bien et que, dans une certaine mesure, j'apprécie... à part Ally McBeal mais vous verrez pourquoi.

Et tant qu'on en est là, je tiens à dire que nous avons enregistré ce 9e volet avant que je ne puisse voir le 3e épisode de Harry's Law, et que du coup, mes propos au sujet de la série sont désormais caducs, je suis sous le charme.

TheSeriesLiveShow_MEA
The SeriesLive Show - 1x09 : Aux frontières du légal

Sur une note moins positive, je me dois de vous prévenir que dans les jours à venir, ladytelephagy reviendra à son rythme officiel de "un post chaque vendredi. Minimum.", pour la première fois depuis fin 2009. C'est-à-dire que votre seule garantie sera d'avoir un post le vendredi, et pour les autres jours, ce sera au feeling.
Déjà parce que, vous l'aurez remarqué, la motivation, suite aux problèmes autour de la rubrique Séries du Monde, a largement baissé si ce n'est disparu. Je continue de vous tenir au courant à ce sujet, on verra bien à quel point les choses vont bouger depuis que le développeur m'a recontactée.
Et puis surtout parce qu'en ce moment, dans ma vie privée, les choses sont compliquées et que, finalement, je crois que j'ai besoin de m'aérer un peu la tête, changer mes habitudes, prendre du recul.

En espérant que ça ne vous décourage pas, VOUS, de venir me rendre visite à l'avenir...

Posté par ladyteruki à 22:18 - Entre potes (cast) - Permalien [#]

03-02-11

Friendly reminder

Ami téléphage, tu n'es pas sans savoir que la motivation m'a quittée aussi sûrement que la matière grise dans le crâne d'un spectateur de TFHein. Soit. Toi, par contre, tu as encore toute la tienne. Aussi vas-tu, avec la plus grande des motivations, l'enthousiasme de mille hommes et la gourmandise d'une armée d'obèses, te ruer sur ta télé (que TOI tu as laissée branchée) et allumer M6 pour regarder M6.
Ce n'était pas ton intention ? Tu avais failli oublier ? J'veux rien savoir.

Alicia

The Good Wife, comme les tags extatiques de ce blog te le prouveront si tu tiens absolument à te faire spoiler, imprudent ami téléphage, est une excellente série, qui mérite ton attention au moins jusqu'au deuxième épisode, après quoi je t'autorise à aviser. J'admets bien volontiers que le pilote n'est pas le meilleur épisode de la série, mais il n'en est pas moins solide et indispensable.
D'ailleurs, si moi-même je ne l'avais pas déjà vue en VO, je rebrancherais ma télé pour la découvrir ce soir, c'est pour te dire.

Pour ses excellents portraits de femmes (je pourrais devenir lesbienne pour Kalinda...), pour ses intrigues toujours intelligentes, pour son fil rouge savamment élaboré, pour ses pointes d'humour parfaitement fines et ciselées comme en orfèvrerie, pour, enfin, son casting impeccable, The Good Wife est un must-see, et si tu as, arrogant ami téléphage, ignoré tous les avertissements à ce sujet sur les divers sites, blogs et réseaux sociaux toute la journée, permets que j'en remette une couche.
D'autant qu'en téléphagie, je le rappelle, l'ignorance n'est JAMAIS un bienfait.

Kalinda

Il est 20h34, il est donc encore temps de bien faire ; file, va, étourdi ami téléphage, et que je ne te reprenne plus à snober d'excellentes productions lorsqu'elles passent à ta portée. Déjà que c'est pas souvent...

Posté par ladyteruki à 20:34 - Zappeur, Zappeur n'aies pas peur ! - Permalien [#]

02-02-11

Le monde ne suffit pas

Le problème de la motivation c'est que, quand on l'a perdue, ce n'est pas facile de la regagner. En l'occurrence, depuis le début de ma grève voilà deux semaines, les choses ont légèrement bougé sur SeriesLive. Soutenue par plusieurs membres de l'équipe, j'ai pu voir le développeur se réveiller et me proposer de finir de coder la rubrique Séries du Monde.
Avec le planning exceptionnel du podcast, les choses sérieuses n'ont pas encore commencé, mais je suis bien obligée de reconnaître que je n'y crois plus. J'ai la sensation d'avoir bataillé au-delà de mes limites et qu'il faudra reconstruire le lien de confiance avant que je n'aie envie de m'investir à nouveau.

Alors du coup, on verra dans quelques jours, quand la charrette du podcast (publié deux vendredis de suite, exceptionnellement) sera passée. Dans l'intervalle, pardon, mais je ne suis pas motivée par SeriesLive, donc... troisième mercredi de grève.

World

Posté par ladyteruki à 23:25 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

01-02-11

[DL] The Practice

Il devait être écrit, quelque part, que j'aurais envie de revoir The Practice en ce moment. Déjà parce que... eh bien, vous verrez. Ensuite, parce que le 3e épisode de Harry's Law (le premier à vraiment m'intéresser ET m'émouvoir) m'a rappelé à quel point je pouvais adorer le colossal Steve Harris. Pun intended.
En revoyant ce générique, tout m'est revenu : la claque que je me suis prise devant M6 il y a des années, en regardant les premiers épisodes avec ma mère et ma sœur. Le méchant crush que j'avais pour Dylan McDermott avant qu'il n'aille se commettre dans Dark Blue. L'immense vertige ressenti devant certains épisodes, depuis restés mes préférés, comme L'Esprit de l'Amérique et Instinct de Survie. Un autre genre de vertige devant le prix de la première saison en DVD...

ThePractice
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Oui, devant ce générique, c'est tout ça qui me revient. Et plus encore. Car pour moi, le générique de The Practice, c'est aussi un résumé de tout ce qu'il faut ne pas faire avec un générique. Les séries de Kelley ont cet incroyable trait commun d'avoir systématiquement un générique raté. C'est une constante, illustrée notamment par un travers (que j'assimile à un héritage de L.A.Law), qui est de montrer les personnages en train de parler en marchant, de marcher en parlant, d'ouvrir des portes, de passer des portes, de se retourner dans un couloir, bref tout ce qui peut avoir l'air absolument nullissime et pas du tout glamour, les personnages des séries de Kelley le font à qui mieux-mieux dans le générique. Généralement sur une bonne musique (il a pas des goûts de chiottes en musique, le Kelley), mais avec une mise en images laissant largement à désirer. Dans le générique de The Practice, les personnages parlent (surtout s'ils sont des hommes...), mais en plus, la musique est truffée, voire saturée, d'effets sonores qui semblent de prime abord parasites. Tout n'est que bruit d'ambiance avec vaguement une petite mélodie derrière. Ici, il faut encore y ajouter une image sale, une accumulation de plans rapides et pas toujours très clairs d'objets parfois éminemment quelconques...
Tout ce qu'il ne faut pas faire avec un générique... et quand même le réussir. Car ce sont justement ces éléments cumulés, dont on aurait pu jurer qu'ils donneraient un résultat médiocre, qui permettent de parvenir à ce résultat, qui est certainement le meilleur générique d'une série de Kelley. Une perfection faite de dureté et de froideur.

Mon Dieu, vous n'avez pas idée des frissons qui sont les miens alors que je fouille avec animation dans ma telephage-o-thèque pour en ressortir mon précieux coffret qui y a pris la poussière depuis un bon bout de temps. Pas glop : je venais de me remettre à Urgences, et me voilà attirée par une autre série de plusieurs saisons que j'ai envie de rattraper. Glop : ça veut dire que la motivation revient, peu à peu.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Practice de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:15 - Médicament générique - Permalien [#]

31-01-11

Working girl

Entre l'enregistrement du podcast et le reste de ma vie trépidante, je ne suis même pas sûre d'avoir du temps pour le pilote de Working Class que j'attendais pourtant un peu, sachant que j'ai gardé une certaine nostalgie pour Reba (je sais, je suis probablement la seule) et qu'en plus j'espère secrètement en une B.O. uniquement constituée de country (...je sais, je suis la seule !).

Bon, on le finit cet enregistrement de podcast, oui ?

WorkingClass

Posté par ladyteruki à 23:16 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]