ladytelephagy

Purple is the new black. Un blog qui parle de séries, c'est devenu assez habituel. La question, c'est : de quelles séries ? Séries méconnues, séries anciennes, séries japonaises... mais aussi séries récentes ! Venez, la téléphagie, c'est contagieux !

10-11-11

Une claque pour... Manolis

La semaine est décidément placée sous le signe de The Slap. Si j'avais pris un peu de retard sur l'épisode de Connie, c'était principalement à cause du weekend prolongé, décalant ainsi la publication du post ; mais impossible ensuite de patienter pour celui, central, de Rosie. Et inhumain de me demander de laisser passer quelques jours pour celui de Manolis, que j'attendais tant. Voilà comment on se retrouve avec trois reviews de The Slap en une semaine !

Parce que Manolis, je peux bien vous le dire, je l'aime, voilà.

TheSlap-Manolis

Pourtant c'est un peu l'épisode de tous les défis. Par exemple, pour la première fois, un épisode reprend ostensiblement là où avait cessé le précédent, initiant une chronologie plus rigide à laquelle la série ne nous avais pas habitués.

On retrouve donc Manolis assistant en silence au procès Rosie VS le monde que l'on avait vu la semaine dernière (mais dont on a parlé voilà deux jours, c'est donc encore tout frais pour vous, petits veinards), et en dépit de son silence, on sent parfaitement sur ce quoi il approuve et ce qu'il réprouve. En particulier, la première chose qui est immédiatement palpable, c'est son agacement envers son épouse Koula, dont les très brèves apparitions avaient eu le temps de déjà nous irriter, et nous, on n'est pas mariés avec...
La famille retourne ensuite dans la maison de Manolis et Koula pour en quelque sorte débriefer le procès. On entre alors dans l'intimité de ce couple de vieux qui se chamaille en permanence, majoritairement parce que Koula est la personnification de la mégère et que Manolis prend sur lui pour que ça se borne à des chamailleries.
Et là, second coup dur : contrairement aux autres épisodes qui ne s'étaient jamais permis ça, un dialogue complet se déroule sans Manolis. Même si les épisodes n'ont jamais été totalement subjectifs, c'est quand même drôlement nouveau. cela se reproduira une autre fois pendant l'épisode et c'est un procédé qui me laisse quand même perplexe, même si Manolis intervient à chaque fois.
C'est en tous cas une occasion formidable d'entrer dans l'intimité de cette famille qui est si typiquement méditerrannéenne, qui voue un culte démesuré aux liens familiaux au détriment du bonheur de chacun (vidant la famille de tout son sens, si vous me demandez), où la notion d'honneur dépasse toute autre valeur même dans les choses les plus insignifiantes ("tu te rends compte, ils ont dû nous chercher dans l'annuaire ?!", gromellera Koula qui vient d'être conviée aux obsèques de leur vieil ami), et où chaque dispute est toujours tragi-comique, jamais vraiment l'un, jamais vraiment l'autre. Ce qu'illustrera parfaitement l'échange avec Elisavet.
On a d'ailleurs l'occasion de s'apercevoir combien Sandi est bien intégrée dans cette famille, en dépit de sa blondeur et ses origines australiennes (horreur). Aisha, en revanche, n'a jamais réussi à devenir l'une des leurs, et probablement n'a-t-elle jamais essayé.
En tant que descendante d'Italiens, j'ai totalement reconnu chacun des détails de cette vie familiale, du frigo toujours rempli de choses dégueulassement trop bonnes que Koula propose à tout le monde sauf Manolis aux guilt trips qui font appel aux liens familiaux à tout bout de champs, en passant par les draps brodés de fleurs ridicules dans lesquels ont maintient les apparences même quand plus personne ne regarde.

L'intrigue principale du chapitre de Manolis, c'était la mort de son meilleur ami... de quand il était jeune. Fait vraiment étrange, Koula puis Manolis battent le rappel des troupes de façon à ce que les enfants et petits-enfants assistent également aux funérailles ; une façon de souligner les tensions qui ont lieu au sein de la famille, notamment du côté d'Aisha, certes, mais un procédé vraiment étrange qui déforme l'importance de cet acte.
Heureusement, l'essentiel des réflexions superbes de Manolis sur la vieillesse, la vie, la mort, et même l'amour, reste en essence identique, mais on aura beaucoup moins de temps que prévu pour l'accompagner dans l'incontournable réflexion qui suit le décès d'un proche (même si on n'a pas vu ce dernier depuis plusieurs décennies).
On les retrouvera aussi dans les scènes dont l'absence m'aurait vraiment fâchée, lorsque Manolis va retrouver un autre ami de longue date qui n'a pas pu assister aux obsèques parce qu'il est lui-même mourant. De très jolis dialogues, et un Manolis qui s'éville pour la première fois depuis longtemps...

Juste quand on commençait à s'habituer aux rites orthodoxes (que, avouons-le, on voit très rarement à la télévision) et à l'ambiance forcément étrange d'un ensemble de grecs se retrouvant à la fois pour pleurer et rire devant des montagnes d'assiettes remplies de nourriture, que déjà, The Slap décide de tout chambouler, délaissant le matériau d'origine pour donner un prétexte à Manolis pour fuir la fête, qui a tourné au vinaigre pour lui et l'ancien prétendant de Koula, également présent.
Personnellement, cette soirée passée chez la veuve avait compté parmi mes trois souvenirs les plus forts du roman (ironiquement, les deux autres se trouvent dans les chapitres des adolescents, soit Connie et Richie), où l'écriture était incroyablement tendre et honnête, délaissant les références à la popculture ou les effets de style pour prendre vraiment le temps de humer l'air de ces scènes douces-amères. Ca a été un peu difficile de devoir en faire mon deuil tant je les attendais, mais il est vrai qu'elles étaient particulièrement difficiles à adapter à peu près pour les mêmes raisons, ainsi que pour le côté introspectif et contemplatif des pensées de Manolis. Il aurait fallu faire énormément appel au narrateur, et cela aurait eu un effet terrible. Donc bon, je comprends le choix, mais il est dur d'admettre que je ne verrai jamais les images de cette scène que derrière mes yeux...

Au lieu de ça, The Slap prend donc un itinéraire bis et décide de suivre Manolis et Hector ayant une conversation à coeur ouvert, quelque chose de bien rare dans une famille méditerrannéenne, surtout sans crier. Devant la téléspectatrice médusée que j'étais, Hector va confesser à son père, bien qu'à demi-mots, ce qui le ronge : l'affaire avec Connie. Et ça le ronge d'autant plus que la série a décidé d'ajouter une sombre histoire de SMS qui ne nous mènera pas franchement très loin, normalement, sans quoi toute la fin de la série pourrait s'en trouver transformée. Mais The Slap a besoin d'un fil rouge, maintenant que l'affaire de la giffle est derrière nous.

L'est-elle vraiment, d'ailleurs ? Pas vraiment. Le procès est passé, Harry n'a plus à s'inquiéter, mais la torgnole est encore dans tous les esprits, d'Elisavet et Koula qui s'accrochent sur la légitimité qu'on peut avoir à retourner une petite mandale de rien du tout à un mioche qui ne marche pas droit (intéressant d'avoir le point de vue d'Elisavet à la fois en tant que mère et qu'éducatrice, pour la première fois les arguments anti-claque sont réfléchis et basés sur autre chose que l'émotionnel ou le légal, même si Koula les ignore) à Manolis qui voudrait bien qu'Aish mette cette histoire de beigne derrière elle et qu'elle pardonne à Harry. Sauf que ce n'est pas cette "simple" baffe qu'elle ne parvient pas à pardonner.

L'épisode mettra donc en lumière les conflits à travers la cellule familiale étendue que Manolis doit superviser un peu malgré lui. Et dans les situations désespérées, alors qu'il se désespère de devoir toujours supporter l'insupportable Koula, il va se redécouvrir une certaine forme d'affection pour elle, et c'est joli à regarder. En dépit de son agacement, qui prend des allures de crise d'angoisse dans les moments les plus extrêments, il est lié à elle quoi qu'il arrive et partage quelque chose de vrai avec elle, c'est à la fois tristement réaliste et tendrement idéal, cette relation de petits vieux.

Sorte de dramatis personae de The Slap (pardon, c'est du latin), l'épisode de Manolis, c'est tout ça, le parfum entêtant de la nostalgie et les odeurs concrètes de la cuisine de Koula, la famille qui se fragmente et qui ne parvient jamais vraiment à se désunir totalement, un instant qui pourrait aussi bien être une introduction qu'une conclusion à la série, mais qui au lieu de cela nous offre une très belle parenthèse avant d'aborder le chapitre difficile d'Aisha. Personnage difficile à saisir pour la majeure partie de son entourage s'il en est, il est grand temps qu'en effet on donne la parole à cette femme de tête, surtout vu ce qui se passe avec Hector. Je suis comme vous, je me demande comment ça va tourner.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture (pourquoi vous lisez pas les posts, vous voulez me faire honte ?) : la fiche The Slap de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:37 - Review vers le futur - Permalien [#]

09-11-11

Nauseated

Pas de méprise. J'apprécie toujours autant Enlightened. Le trajet d'Amy est long, fastidieux, et je l'apprécie justement pour ça, ainsi que pour la contradiction entre ce qu'Amy voudrait accomplir, le discours qu'elle tient, et les résultats concrets. C'est une quête intérieure qui ne se résoud pas comme par miracle et j'apprécie de voir ça.

Ce qui me dérange juste un peu, au bout de 5 épisodes soit à mi-parcours, c'est l'habitude qu'ont pris les épisodes de montrer au moins une fois Amy se faire humilier, quel qu'en soit son degré de conscience. Ca arrive à chaque épisode. Et ça me plonge à chaque fois dans un énorme inconfort.
Cette sensation de malaise n'est pas sans me rappeler ce que j'ai pu ressentir devant The Comeback, une "comédie" de triste mémoire en ces lieux. Outre le fait que la forme du mockumentary ne me fait quasiment jamais rire, je me rappelle très nettement m'être sentie nauséeuse après que chaque, absolument chaque épisode nous plonge Valerie dans une situation non seulement embarrassante, mais humiliante, le mockumentary accentuant la sensation désagréable de voyeurisme. J'ai pourtant donné sa chance à cette série en regardant sept ou peut-être huit épisodes (ça commence à dater), ce qui pour moi est un absolu record du nombre de "secondes chances" que je puisse donner à une série qui dés le pilote m'avait plongée dans l'embarras. J'ai essayé de m'intéresser à Valerie, j'avais envie de pouvoir penser qu'une série avec Lisa Kudrow me plairait, j'étais contente de retrouver ce bon vieux Damian Young que j'aimerai jusqu'à la fin de ma vie uniquement pour son rôle dans The War Next Door, mais pas une fois je n'ai réussi à trouver The Comeback drôle. Quand j'ai finalement lâché la série, écoeurée au dernier degré, je ressentais physiquement un malaise devant l'obstination maladive du personnage à se lancer tête baissée dans une situation qui allait forcément l'humilier.
C'est, l'air de rien et sans exagérer, l'une de mes pires expériences de téléphagies et l'un de mes plus mauvais souvenirs devant une série (et pourtant j'ai regardé le pilote du Siqueur).

Et plus jamais je n'ai réussi à trouver Kudrow drôle, c'était fini ; j'ai commencé à voir Valerie Cherish systématiquement à sa place.

Si je développe autant sur The Comeback, et mon mini-traumatisme sur cette série, c'est avant tout pour vous expliquer combien l'humiliation d'un personnage, à plus forte raison si elle est répétée d'un épisode à l'autre, m'indispose terriblement. Ca me plonge dans un dégoût à la fois du personnage, de la série, et de moi-même, pour accepter de regarder ne serait-ce qu'une seconde de plus. C'est certainement la raison pour laquelle je n'arrive pas à regarder de la télé réalité en le prenant comme un guilty pleasure scripté, je vois l'humiliation avant tout et ça me dégoûte instantanément.
Et du coup, voir le personnage d'Amy dans Enlightened passer par des situations similaires, c'est une expérience affreuse.

Fort heureusement, si The Comeback reposait essentiellement sur ces situations d'humiliation, Enlightened n'en fait pas une fin en soi. C'est ce qui me permet de continuer d'apprécier la série, même quand je sens arriver la scène où inexorablement mon estomac va se retourner et où je vais avoir furieusement envie de tout arrêter. On sent que ça fait partie du parcours d'Amy, quand ces scènes ETAIENT le parcours de Valerie. Je suis contente de la nuance, elle me convient.

Humiliating
Car bien-sûr, la rédemption que cherche Amy ne peut pas se faire facilement. Elle est obligée d'apprendre "the hard way", et ce ne sont pas des leçons qu'on apprend vite. Cette partie-là est sensée et je m'y accroche.
Mais je pense que les douleurs pourraient s'exprimer autrement. Plutôt que de s'engueuler avec son ex devant un public médusé, Amy pourrait se prendre la même claque en privé, et revenir sur terre quant à sa relation avec Levi tout aussi durement. Mais systématiquement, la scène revient, et vraiment c'est peu dire que de qualifier d'inconfortable l'état dans lequel je me trouve quand je vois qu'encore une fois, le sourire de Laura Dern va se faner en un rictus ignoble sous le coup de la surprise et la mortification.
Je pourrais littéralement supplier Mike White de ne plus me faire des coups comme ça à chaque fois.

On n'apprend pas ses leçons uniquement par l'humiliation, mais aussi par la souffrance, la colère et l'abandon. Des choses qu'on trouve dans Enlightened, en plus, c'est le plus fou. Mais certains spectateurs parmi nous, même si je suis consciente que nous sommes probablement moins nombreux qu'il y a une décennie, ne veut pas voir son personnage se faire humilier chaque semaine.

Maintenant si vous le permettez, il faut vraiment que j'aille m'allonger, parce que ça y est, j'ai l'estomac qui se retourne.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Enlightened de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:49 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

08-11-11

Une claque pour... Rosie

Et la plus violente de toutes. The Slap atteint avec son 5e épisode son point culminant dans son intrigue principale. Et pour ce faire, la série s'est trouvé l'une des actrices australiennes les plus connues des télespectateurs internationaux : Melissa George. Que des raisons de découvrir cet épisode prometteur, donc.

TheSlap-Rosie
L'affaire se referme sur Rosie comme le ferait un piège. Elle ne peut plus faire marche arrière, mais on sent que par moments, elle le voudrait. L'épisode va donc commencer par montrer à la fois la façon qu'elle a d'entretenir sa colère et de repousser ses doutes. Quand elle en parle, obsessivement, à son entourage, qui essaye-t-elle vraiment de convaincre ? Elle a l'air d'être la seule à être dupe, comme en témoigne le silencieux mais si parlant échange de regards qu'elle a avec Gary lorsqu'elle lui annonce, d'un ton faussement détaché, que ça doit tomber un vendredi vers, hm, voyons, 10h ? Et qu'il ne semble avoir qu'une envie, c'est lui dire qu'elle le prend vraiment pour un con. Mais il ne lui dit pas. Parce que même si ces deux-là sont dans une relation houleuse, Gary ne dit pas à Rosie de laisser tomber ; la seule fois où il le fait, il est trop tard, bien trop tard.
Rosie fait donc la tournée de son entourage et tente de galvaniser les troupes, mais à l'exception d'une personne, cela restera sans grand effet. Même Aisha et Anouk ont une raison de faire machine arrière, et on sent que Rosie n'en pense pas moins.

Et puis, vient le procès en lui-même. Et on sait, on le sent parce qu'on a vécu le stress de Rosie, que tout va se jouer là, et plus jamais ensuite. Tout le monde n'est-il pas pressé que ça se finisse ? Même Rosie, soyons sincères. Elle étouffe dans le petit enfer qu'elle s'est bâti.
Le procès repose en essence sur le témoignage de Hector, dont une fois de plus on sent bien l'hésitation, le tiraillement, la crainte de causer du tort, et sur celui de Rosie. Rosie qui, comble de l'horreur, voit non pas la giffle être discutée, mais bien sa façon d'éduquer Hugo, et, pire encore, son mode de vie. Parce qu'on vit le procès à travers ses yeux, et qu'on la voit ne pas trouver de soutien dans les yeux de Gary qui la désavoue pour la première fois ouvertement (hélas pas la dernière), on a l'impression que c'est elle qui devient l'accusée.

Le pire, c'est que ce mode de vie, on a appris pendant la première partie de l'épisode qu'elle n'en voulait plus. Elle ne se l'avouera pas et encore moins à Gary, mais elle n'en veut plus, si elle l'avait jamais voulu. Elle vit dans une espèce de cabane aux murs bariolés, aux meubles dépareillés et vraisemblablement sale et mal entretenu, où elle cultive elle-même des plantes et où tout semble à l'abandon. C'est la vie de bohème, mais ça n'a rien de romantique. Et à côté de ça, il y a la jolie maison qu'elle visite avec un couple d'amis, qui la fait tant rêver. Dans tout ça, son couple avec Gary est terriblement boiteux, tellement dysfonctionnel, tellement douloureux, qu'on ne doute pas un seul instant des raisons qui font que Rosie se consacre autant, aussi démesurément, aussi follement, à son fils et à la cause qu'elle a entretenue pour lui. C'est la seule chose qu'elle ait de valable. Elle sait qu'elle est en train de le pourrir, ce petit, comme l'indique sa confession à Bilal en fin d'épisode, mais que peut-elle y faire ? Rosie est avant tout impuissante.

C'est aussi ce qui invalide un peu le débat sur la claque ; l'une des raisons pour lesquelles je n'en ai jamais vu, à vrai dire.
On nous a présenté dés le début une Rosie un peu dérangée, ne serait-ce qu'à cause de cette histoire de têtée ; excessive, idéaliste, obsessionnelle. Il n'en va pas autrement dans la série que dans le livre. Incidemment, c'est le premier épisode dans lequel on ne trouve pas de scène de sexe. Et devant un tel portrait, on ne peut pas prendre son désir de justice au sérieux. On aura tout le temps d'en discuter, je suppose, avec le chapitre de Manolis, mais l'avis de l'auteur, Christos Tsiolkas est déjà forgé. Il veut tenter de laisser à chacun des personnages la possibilités de s'exprimer sur cette affaire, permettre à chacun de dire "sa vérité", mais il a déjà décidé de la sienne dans sa façon de dépeindre les personnages ; il veut simplement profiter de l'incident pour détailler les destins si différents qui se croisent dans le microcosmos qu'il a ainsi créé, mais il n'a pas l'intention, à aucun moment, de condamner fermement la giffle. Le mieux qu'il arrive à faire, c'est de ne pas totalement en faire l'apologie, avec les excès du personnage de Harry, mais il ne pourra pas réussir à donner une raison sensée à Rosie de mener son combat. Et The Slap est, en cela, très fidèle à l'original.
De sorte que, quand le verdict tombe, en réalité chacun finit par y trouver son compte, comme il l'aurait fait au début, comme il l'aurait fait sans procès. Chacun vivait dans son monde, ses valeurs et sa conception des choses avant, le barbecue et la baffe n'ont rien remis en cause de ce point de vue ; ce sont les dynamiques entre les personnages qui en souffrent, pas la conviction intime de chacun.
Et Rosie, sans ciller, va tirer sa propre conclusion de l'épisode malheureux qui se clot par le procès qu'elle a tant attendu...

Dans cet épisode, nous aurons la chance de voir certains personnages qui, dans le livre, n'étaient que peu voire pas du tout présents dans ce chapitre. Shamira, qui témoigne en sa faveur alors que les deux femmes ne se connaissent presque pas, aura l'opportunité de se dévoiler un peu, ainsi que son mari Bilal, un homme au regard sévère mais toujours prêt à tendre la main ; lequel nous donnera une fin d'épisode très forte, comme on pouvait s'y attendre en lisant The Slap, car cette scène est, dans la moindre de ses subtilités, fidèle au roman. Il y a aussi cette petite scène avec Manolis qui soit m'avait échappée, soit a été inventée, mais qui était très forte en dépit de sa brièveté, et qui d'ailleurs nous rappelle, avec la scène incluant une fois de plus la mère d'Anouk, combien Rosie peut être proche des générations plus jeunes, ou plus âgées, mais pas la sienne. C'est encore plus patent maintenant que Rosie prend de la distance vis-à-vis d'Aish et Anouk (à moins que ce ne soit l'inverse, ou plus vraisemblablement un peu des deux).
Cette apparition de Manolis servira d'ailleurs de jolie transition puisque c'est (enfin) ce bon vieux Manolis que nous suivrons au prochain épisode. Je ne vous cache pas que son chapitre avait été mon préféré, parce que je l'avais trouvé profondément tendre, nostalgique, poétique, et surtout, il avait été une occasion de prendre du recul sur les évènements de la giffle, quelque chose dont on aura bien besoin maintenant que le volet judiciaire est passé...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:22 - Review vers le futur - Permalien [#]

07-11-11

Hm. Eh bien, ça c'est pas du tout embarrassant.

Awkward

Aaaaah ! Ca y est ! Enfin, j'ai fini le post sur Awkward. ! Et il est presqu'intégralement positif ! Ah, la bonne nouvelle !

Il faut dire que mon histoire avec Awkward. avait plutôt mal commencé : le pilote avait été regardé, comme souvent, dans les heures suivant sa sortie, et rapidement mis de côté.

Certes, ce n'était pas un mauvais pilote, son héroïne m'était relativement sympathique et le ton était moins horripilant que ce à quoi je m'attendais venant d'une série de MTV (j'avais en effet un fort a priori envers MTV, autrefois populaire pour son côté musical, et aujourd'hui plus connue pour Jersey Shore que pour sa politique fictions). Mais voilà, je ne me sentais pas concernée. Je ne me sentais pas concernée voilà 15 ans par les teenageries, alors maintenant, vous pensez. Je m'étais donc séparée d'Awkward. sur l'air de "c'est pas toi, c'est moi", avec l'idée que je n'y reviendrais pas. J'avais gravé la cagoule du pilote dans un coin, et n'y avais plus repensé.

Jusqu'à un soir de septembre. Ce devait être un lundi, je suppose, mais je n'en suis pas sûre. Et je ne suis pas sûre non plus de ce qui a déclenché ça, mais toujours est-il que tout d'un coup, je me suis dit "bah si je m'y remettais ?". Il faut se remettre dans le contexte : j'étais en plein déménagement, mes cagoules étaient dans des cartons, mes DVD aussi, et j'avais pas envie de me prendre la tête après avoir fait une journée de peinture dans le salon. C'est le genre de circonstances qui pourraient vous faire regarder n'importe quoi ; dans mon cas ça a été les 7 premiers épisodes de Rodney et la première saison d'Awkward., voilà tout.

Et puis, en fin de compte, elle se laissait regarder, cette petite série adolescente. Parce qu'elle ressemblait aux séries adolescentes que je regarde avec le plus de plaisir, par opposition aux sempiternels mauvais élèves que je pointe du doigt sur ce blog comme la superficielle Gossip Girl (mais rappelez-vous, j'étais adolescente dans les années 90, évidemment ces séries ne s'adressent pas à ma génération d'ados et j'en suis consciente, simplement je les trouve quand même bien souvent un peu insultantes et simplificatrices pour les ados). Rien ne viendra jamais, je pense, changer mon opinion sur Angela, 15 ans, qui est la seule série adolescente que j'aie aimée quand j'avais l'âge de sa cible, et que j'aime toujours tendrement maintenant (même si ça fait un ou deux ans que je n'ai pas revu d'épisodes je pense), et qui pour moi reste la meilleure. Mais quelque part, Awkward. s'adressait à moi sur le même mode sans vouloir exactement copier cette série, et j'ai reconnu une sorte d'authenticité qui m'a quand même plu.

Parce qu'Awkward. est, de toutes les séries pour ados que j'ai pu voir ces dernières années, et plus encore quand elles comportent des éléments comiques, la plus ouvertement tournée vers l'introspection et, surtout, l'évolution. On a là un personnage qui est pleinement conscient d'être dans une phase où il se façonne et ça m'a plu. Jenna sait qu'elle est une chrysalide. Elle ne sait pas encore exactement ce qu'elle veut devenir, elle sait juste qu'elle doit emprunter la voie du changement, et j'aime ça, qu'un personnage ne compte pas sur les scénaristes pour son character development, qu'il se prenne en charge lui-même, je trouve que c'est toujours un parcours plus intéressant que celui des personnages passifs qui attendent que ce soient les circonstances qui les poussent à changer.
Alors, entre quelques répliques exagérément colorées et des histoires de coeur (encore et toujours), il y avait de la place dans Awkward. pour que la vieille radoteuse que je suis trouve son compte.

Cependant, l'histoire de la lettre anonyme, qui était l'élément principal pour me faire revenir à la série, a rapidement basculé au second plan. C'est là que je vous dévoile pourquoi ce post n'est pas intégralement positif sur la série : quand les retournements de situation se font attendre, que le personnages s'englue dans sa relation amoureuse stérile, et que le gimmick qui pouvait donner de l'élan à la série, la lettre divisée en divers alinéas, est vite oubliée. Bien-sûr, c'est un peu ça aussi, l'adolescence, laisser une relation amoureuse vous faire oublier tout le reste, mais enfin, là, c'étaient les scénaristes aussi qui semblaient avoir perdu de vue l'essentiel.
Fort heureusement, la fin de la saison se ressaisit après l'incontournable bal de promo, et le cliffhanger de fin de saison repart sur la bonne voie.
Pour tout dire, je ne l'ai jamais trouvée vraiment si terrible, cette lettre anonyme. Je crois que c'est un wake-up call qui, sous une formulation un peu dure, cache en fait un véritable enrichissement pour Jenna, et elle l'avait d'ailleurs prise de façon très positive dans le pilote, finalement, tournant avec intelligence ses conseils à son avantage. Je m'attendais à ce que les épisodes suivent la lettre bien plus littéralement, pour voir comment Jenna allait comprendre comment inverser le schéma qui l'étouffait. C'était d'ailleurs une très jolie scène du pilote qui la montrait en train d'utiliser sa notoriété nouvelle à son avantage, se foutant des conséquences, apprenant à s'amuser sans craindre le regard des autres. De vous à moi, rétrospectivement, j'avais en fait bien aimé le pilote, au regard des errances amoureuses que Jenna allait nous infliger ensuite. Qu'importe, même dans des histoires plus bateau, Jenna inspirait suffisamment de sympathie pour qu'on ne l'abandonne pas. Pour que je ne l'abandonne plus.

Car le personnage de Jenna, il faut le dire, est formidablement bien incarné. Et la voix off du personnage ne nous casse jamais les pieds, ses sentiments sont à la fois honnêtes, et ne tombent pas dans la démesure. Elle a un regard relativement critique sur sa vie, son entourage, ses parents ou sa meilleure amie exagérément loufoques, et au final elle m'a été sympathique, la petite Jenna, et c'est grace à son ton ni cynique, ni totalement mélodramatique, que je me suis accrochée pendant les intrigues les plus mineures.

Au final, Awkward. proposait un bon concept, dont elle a choisi de s'éloigner en cours de saison, mais elle l'a fait en conservant un ton relativement intelligent, en s'appuyant sur de la comédie ne tournant pas trop à la farce, et même des personnages secondaires parvenant à s'étoffer avec une forme de finesse (à l'instar de l'odieuse Sadie, souvent grotesque mais qui bénéficie d'un épisode plutôt bien foutu sur son rapport à la bouffe). Et rien que pour ça, Awkward. est agréable à suivre, sans révolutionner la face de la Terre. Toutes les séries ne peuvent pas révolutionner la face de la Terre. De toutes les séries adolescentes de ces dernières années, Awkward. me semble être celle qui s'en approche cependant le plus.

Un dernier point. J'ai vu de nombreux téléphages, notamment sur Twitter, dresser des comparaisons avec Suburgatory. Je ne comprends pas trop ce raccourci : Suburgatory est dans la critique (fut-elle trop peu virulente au goût de certains) d'un univers extrême, où l'héroïne se voit comme un modèle de bon goût comparé aux gens de la banlieue ; Awkward. est au contraire tournée vers l'auto-critique et l'héroïne passe son temps à se comparer à ce que font les autres pour essayer de trouver la bonne mesure entre son individualité et le conformisme. Le personnage du guidance counselor, plusieurs fois évoqué, n'a d'équivalent que sa profession ; celui de Suburgatory est loufoque mais bien intégré dans le lycée, celle d'Awkward. est un genre de loser new-age que personne ne prend au sérieux (et selon mois inspirée de Dharma). Le fait que les deux personnages exercent la même profession, qui entre parenthèses se retrouve dans d'autres séries adolescentes et notamment Glee, n'est qu'un hasard statistique : l'adulte de référence au lycée, pour les ados, a tendance à être plutôt le guidance counselor qu'un prof, ça n'a rien d'étonnant. Mais les deux héroïnes et leurs histoires n'ont, à ce jour de la diffusion de Suburgatory, pas grand'chose en commun, et je m'étonne de ce rapprochement simplificateur entre les deux séries. D'ailleurs la meilleure preuve reste que Suburgatory est une comédie, quand Awkward. est une dramédie.

Et une bonne, avec ça. Ce qui a tendance à m'étonner venant de MTV, mais, vous savez quoi ? Vu ce que propose également Death Valley, on dirait que la chaîne connait une très bonne année. En espérant que 2012 soit aussi riche en bonnes surprises...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Awkward. de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 20:04 - Review vers le futur - Permalien [#]

06-11-11

Une claque pour... Connie

Après un weekend de pause, on retourne en Australie en ce dimanche pour retrouver nos protagonistes de The Slap, la mini-série dont, hélas, avec ce quatrième post, je vous annonce que nous avons déjà vu la moitié. Le temps passe vite, n'est-ce pas ?

Cette fois, nous allons adopter un regard totalement différent sur la fameuse affaire de la giffle, puisque nous accompagnons Connie, une jeune fille de 17 ans. Rappelons que dans le premier épisode, elle n'a pas vu la giffle parce qu'elle était trop occupée à flirter avec le maître de maison, Hector, un homme marié... Et puis, ce n'est pas encore tout-à-fait une adulte, et contrairement aux protagonistes précédents qui étaient tous mis, d'une façon ou d'une autre, face à la parentalité, Connie vit tout de même dans un autre monde que les personnages que nous avions suivi jusque là. Alors, où The Slap va-t-il nous mener avec ce personnage ?

TheSlap-Connie
Ah, 17 ans, c'est le bel âge, n'est-ce pas ? Nous regrettons tous de ne plus avoir 17 ans, l'époque où la vie était si simple... En fait non, pas tous, loin de là. Parce que 17 ans c'était aussi l'époque où les choses semblaient si compliquées, si douloureuses parfois, même. On va donc entrer dans l'univers à la fois simple, compliqué et douloureux de notre adolescente, Connie. Charmante petite créature qui jusque là semblait totalement inoffensive, reconnaissons-le.

Et si, dans son genre, Connie a une forme d'innocence certaine, elle est aussi dirigée par ses pulsions et peut causer beaucoup de tort. Aussi la verra-t-on dans cet épisode allumer méchamment Hector (lequel ne fera cependant pas grand'chose pour se défender dans un premier temps) et même manigancer pour se retrouver seule avec lui un soir, en l'absence d'Aish.
Son rapport au couple Hector/Aisha est d'ailleurs bien transcrit : elle les adore l'un comme l'autre. Elle n'éprouve aucune haine pour Aisha bien qu'elle souhaite avoir Hector pour elle seule, elle voudrait vivre dans un monde où elle pourrait avoir ce qu'elle veut (l'amour de Hector, notamment) sans blesser personne et surtout pas Aisha qu'elle admire et avec qui elle se sent en confiance. Cette contradiction se sent bien, même si elle est moins soulignée que dans le livre, mais en tous cas, on peut dire sans se tromper que Connie ne déteste personne.

Personne ? Pas tout-à-fait : elle éprouve un certain mépris pour Harry. Et l'air de rien, c'est la première fois que The Slap nous emmène pour suivre un personnage qui réprouve la giffle. Jusque là, Hector n'a pas vraiment pris position (pris entre son sens de la famille et son devoir envers Aisha), Anouk approuvait le geste (mais à nouveau, par égard pour Aisha et Rosie, a refusé de témoigner), et Harry n'a montré aucun regret (même quand il est allé s'excuser sur recommandation de Hector et Sandi). Du coup pour la première fois, on entend des arguments anti-giffle sans aucune forme de nuance, même s'ils ne sont guère développés ; il faut dire que Connie les exprime face à Rosie et qu'elle ne risque pas de trouver contradiction. Connie a donc pris son parti, et d'ailleurs en babysittant le petit Hugo, elle montre bien de quel côté elle se trouve. L'air de rien, dans l'histoire de la série, c'est une vraie nouveauté.
Mais la giffle tiendra un rôle assez secondaire, comme on pouvait l'anticiper, dans cet épisode.

Au lieu de ça, on est en train d'assister un accident sans rien pouvoir faire pour l'empêcher. Il se trame quelque chose de bien plus grave que la giffle et quand on s'en rend compte, il est trop tard. La déclaration de Connie à Richie a de quoi nous coller au siège, surtout vu le naturel avec lequel la petite débite son mensonge. Et pendant que les adultes s'écharpent à cause d'une baffe, une véritable tornade est en train de naître là où personne ne le soupçonnait, tant Connie est serviable, bosseuse, charmante et toujours de bonne nature.
Et pourtant... on a tout vu, Connie, on a tout vu dans une scène d'ailleurs remarquable où tu ne cessais de sourire et de repenser à ce qui s'était passé ! Comment peux-tu mentir de la sorte vu ce qui est en jeu ? Elle ne se rend pas compte, parce qu'elle a 17 ans. Elle vit dans son monde. Même pas sûr qu'elle veuille vraiment faire du mal à quelqu'un, d'ailleurs, elle a juste voulu éviter de justifier ses larmes, c'est un petit mensonge idiot. Mais qui peut faire beaucoup de mal.

A l'instar du précédent qui déjà se distinguait par son talent pour la contemplation, cet épisode est magnifiquement réalisé, c'est une véritable merveille. Plus encore que dans l'épisode de Harry, on retrouve bien la patte qui faisait la puissance de Cloudstreet, ce qui a du sens puisque c'est le même réalisateur qui en est à l'origine, Matthew Saville. Je vous donne son nom pour que vous puissiez vous le faire tatouer à même la peau et ne plus jamais l'oublier, j'ai moi-même déjà pris rendez-vous. Avec des réalisateurs comme ceux-là, les dialogues deviennent absolument inutiles. Le mérite n'en revient pas exclusivement à Saville, cependant, car la ravissante Sophie Lowe incarne une adolescente magnifique, fragile, complexe, intense, le genre qu'on rêve tous de voir à la télévision, le genre qui devrait peupler les teen shows.

Ce quatrième épisode est aussi le plus fidèle au roman original à ce jour, bien qu'il s'octroie quelques libertés comme avaient pu le faire les précédents. Absolument tous les fondamentaux sont présents, tout ce qui faisait l'essence-même de Connie. Evidemment c'est un peu dommage de n'en savoir pas plus sur son histoire familiale, mais il est évident que la longue explication de son parcours, de qui étaient ses parents, et surtout son père, à travers les lettres, n'avait pas sa place dans un épisode de 56mn déjà extrêmement rempli. Si votre curiosité a été, ne serait-ce qu'un peu, piquée par l'étrange papa de Connie qui lui a appris à mettre de l'eye liner et qui n'avait rien contre les substances illicites (c'est, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, ce que veut dire Tasha lorsqu'elle encourage Connie à manger quelque chose avant de partir faire la fête), n'hésitez pas à lire The Slap, si ce n'est pour le reste, faites-le au moins pour la si jolie histoire du papa de Connie, extrêmement touchante.

Mais pas tout de suite. Pour le moment, nous allons nous intéresser au chapitre que beaucoup d'entre vous, j'en suis sûre, attendaient, pour bien des raisons... celui de Rosie.
C'est le point culminant de notre histoire de claque qui se prépare.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche The Slap de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 18:32 - Review vers le futur - Permalien [#]

05-11-11

[DL] Boss

C'est une véritable performance : j'ai tenu près de 3 semaines avant de vous confier mon amour pour le générique de Boss, bien qu'il ne soit pas très difficile de deviner que je l'apprécie vu que je l'ai brièvement mentionné cette semaine.
Ce qui m'a d'abord séduite, c'est la chanson. Mais en réalité le générique de Boss est vraiment un tout saisissant, partagé entre la douceur de la voix et les images lentes et froides d'une part, et la violence de la révolte sociale qui semble prête à gronder à travers les paroles, de toute évidence, et les poings levés ou les pancartes. On en tire la terrible impression d'une ville au bord du précipice, c'est extrêmement puissant. J'ignore si c'est la symbolique voulue mais c'est en tous cas ce que ça m'évoque.

Boss
Note : lien valable 30 jours minimum. Je reuploaderai si le lien est mort, mais seulement si vous postez un commentaire pour me prévenir !

Dites, vous avez remarqué que le troisième épisode est réalisé par Mario Van Peebles ? Le héros de Sonny Spoon ? Le mec qui a foutu le bazar dans la saison 3 de Rude Awakening ? Rien que pour ça j'ai envie de vous abandonner et filer regarder l'épisode. Non, pas rien que pour ça, de toute évidence, mais quand même... bonne soirée. Surtout que demain, avec une news audiences sur SeriesLive et la suite des reviews The Slap, on ne va pas s'ennuyer...

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Boss de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 22:52 - Médicament générique - Permalien [#]

04-11-11

Time and again

S'il est communément admis, bien qu'avec plus ou moins de mal selon les interlocuteurs parfois bornés, que tout le monde ne perçoit pas une même série de la même façon (ce qui rend instantanément l'usage des commentaires d'un blog plus passionnant), on sous-estime un peu d'autres sensations à géométrie variable en téléphagie.
La perception du temps en est une. Pas simplement parce que nous nous nourrissons uniquement d'images qui sont la photographie d'instants appartenant forcément au passé, mais simplement parce que, de par notre passion, nous modifions juste un peu la façon dont nous pensons notre rapport au temps.

AlaRecherche


Le degré de distortion temporelle que nous expérimentons tous, c'est celui qui apparait quand on découvre un épisode pour la première fois (mais vous pouvez l'avoir ressenti avec un film, un clip ou une publicité, également).
Lorsqu'on découvre les images pour la première fois, on a tendance à avoir l'impression que la video est plus longue, alors que si on la regarde une seconde fois peu de temps après, on trouve qu'elle passe plus vite. Mais il est vrai que je n'ai jamais fait le test avec un épisode de Derrick... Il y a probablement un phénomène cognitif derrière tout cela, d'ailleurs, venant du fait, je présume, que nous analysons avec plus d'intérêt une scène que nous découvrons pour la première fois, alors que si nous la connaissons déjà, notre cerveau s'économise sûrement la peine de l'étudier en détail (c'est probablement la même raison que celle qui fait que lorsque vous relisez une dissertation ou un post pour la 10e fois, vous ne voyez plus les fautes d'oretographe).
Cette perception faussée du temps n'a toutefois pas de conséquence grave, au contraire, c'est un petit arrangement avec le réel pour mieux profiter d'une intrigue donnée.

Cependant, il y a plus vicieux : la façon dont nous concevons le temps à cause des diffusions. Et c'est là que notre cerveau finit par nous jouer des tours.
Déjà, rien que les minutes précédant la diffusion d'un épisodes semblent tordues : elles sont à la fois plus lentes en raison de la publicité qui nous fait attendre, et en même temps, rien n'est jamais prêt : on n'est pas encore en face de l'écran, le téléphone a sonné ou on nous a appelé dans une autre pièce, on a oublié le jus d'orange pulpé à la cuisine, on a froid aux pieds et le plaid est au lavage, le chien réclame ses croquettes, enfin ya toujours quelque chose, quoi, et du coup c'est la précipitation de peur de manquer l'épisode, comme si le temps s'était accéléré juste pour nous narguer.
Outre l'effet de ralentissement du temps évoqué ci-dessus, on rappellera également que pendant l'épisode, le monde est supposé se mettre en pause, et ne reprendre la marche de son (à peu près) bon fonctionnement que 45 minutes plus tard.

Mais le plus fou, c'est que notre perception de la semaine dans sa totalité peut se trouver affectée par les diffusions. Même quand on ne les suit pas à la télé, d'ailleurs, on n'est pas totalement affranchis de l'emprise du temps : le simple fait de suivre la diffusion US nous asservit tout de même au calendrier, puisque vous n'avez pas le choix et êtes obligés d'attendre que l'épisode suivant soit diffusé. Mais ce calendrier est détendu comme un pull trop porté : aux coudes, par exemple, il est plus lâche ; et ainsi on se retrouve dans la situation absurde où la semaine revêt un caractère totalement déformé.
A titre personnel, par exemple, ma semaine commence très fort avec l'attente des séries du dimanche (PanAm, Homeland, The Walking Dead parce que ça va pas bien dans ma tête, The Good Wife que j'ai reprise, peut-être bientôt Hell on Wheels ?), suivie d'un lundi tout aussi fort en émotions (avec Enlightened, Threesome même s'il n'y en a plus pour long, Death Valley, et 2 Broke Girls). Ces deux jours sont des jours où les épisodes semblent se précipiter, où il n'y a jamais assez de temps pour rien. Et puis, vient la suite de la semaine. Un vaste désert d'ennui où les seules oasis sont Suburgatory, Reed between the Lines (avec, Dieu merci, DEUX épisodes), et maintenant Boss. Ces 5 jours-là, les jours ne passent pas, c'est interminable, je me rabats sur des vieux pilotes, des intégrales, du rattrapage, et le temps passe incroyablement plus lentement, c'en est désespérant. Pour le weekend, je me réserve en général également The Slap, histoire de meubler. Et la semaine suivante, ça recommence (enfin presque, tenant compte des fins de saisons et des hiatus, d'ailleurs Threesome va incroyablement me manquer).

Mais là où la distortion est flagrante, et où on sent bien toute la subjectivité de la chose, c'est que ma semaine ne ressemble qu'à ma semaine, selon la sélection de séries que je regarde. Un téléphage ne regardant que des comédies verrait probablement la semaine avec un regard totalement différent. En fait, personne n'a la même sensation de la semaine qui passe, car personne n'a exactement le même programme hebdomadaire que moi. Nous passons le même temps à respirer pendant ces 7 jours, et pourtant, aucun de nous ne vit la durée de cette semaine de la même façon.

Et ainsi, chaque téléphage forge lui-même son temps sur mesure, souvent sans même y penser. Tout cela... simplement parce que nous regardons des séries. N'y a-t-il pas là quelque chose de prodigieux ?

Alors j'avais juste envie, curieuse comme je suis, de vous demander : à quoi ressemble votre semaine téléphagique ?

Posté par ladyteruki à 17:40 - 3615 My (So-Called) Life - Permalien [#]

03-11-11

Désenchantée

Desenchantee

Il y a eu une période pendant laquelle on a connu une crise du générique. Il m'arrive d'en discuter parfois avec d'autres téléphages et de les entendre en parler au passé, comme si c'était résolu. Je n'en suis pas si convaincue. Cette saison nous a apporté très peu de nouveaux génériques, en particulier sur les networks, qui semblent avoir totalement abandonné.
Les rares à être apparus n'ont pourtant rien à envier à leurs aînés. Suburgatory (qui entre parenthèses est la preuve qu'on peut faire quelque chose de sympathique en 9 secondes), Homeland, Boss... autant de séries qui ont su, chacune à sa façon, tirer un avantage de leur générique pour apporter une nouvelle dimension à leurs épisodes, Homeland portant même cela au rang d'art puisque le générique vient même compléter l'exploration de l'un de ses personnages principaux, au lieu de simplement présenter la série ou lui apporter une signature.

Mais je crois que ce qui me fâche plus encore, c'est quand une série reposant en grande partie sur des effets spéciaux ne se donne pas la peine de fournir un générique. C'est la seule chose que je n'ai jamais vraiment pardonnée à Pushing Daisies, bien qu'appréciant les deux petits écrans que la série a proposé pendant sa brève existence. Et c'est ce que je n'arrive pas à tolérer chez Once Upon a Time, Terra Nova... on verra bien ce que décide Grimm.

On en regarde pas Once Upon a Time pour sa mythologie complexe, ses dialogues au cordeau et ses prestations d'acteur impressionnantes. On le regarde, comme un gentil divertissement qu'elle est, comme une série qui a pour avantage premier de faire rêver. Ne serait-ce qu'un peu. Et je vous le demande, où est le rêve dans un malheureux panneau de quelques secondes ? Je serais même prête à mieux accepter un diaporama des différents posters promotionnels plutôt que ce bête écran sans saveur.
Encore moins que les autres, les séries fantastiques ou de science-fiction n'ont pas le droit de se priver de générique. Déjà à titre symbolique, mais aussi parce qu'elles ont un univers à générer et que cela passe par un générique, aussi absurde que ça puisse paraitre au premier abord. On a besoin de se remettre dans le contexte irréel de ce genre de séries. On a besoin de lancer notre imaginaire, qui a vagabondé et s'est même bien souvent mis en veille entre deux épisodes qu'une semaine sépare, parfois plus. C'est encore moins pardonnable à une série de genre.

Alors, cause ou conséquence, je l'ignore, mais mes séries préférées de la rentrée ont quasiment toutes un générique (PanAm et Enlightened faisant exception, mais curieusement, mon attrait pour ces séries est plus fragile en cas d'épisode plus faible, alors que j'ai tendance à pardonner très facilement à Suburgatory, par exemple).
Oh et au fait je confirme : Once Upon a Time ne m'a vraiment pas accrochée au terme de son deuxième épisode. Rapport ou coïncidence, à votre avis ? Ce qui est certain, c'est que ne pas voir de générique m'a mise dans de mauvaises dispositions pour les minutes suivantes. D'ailleurs, cette semaine, Raising Hope m'a semblé plus drôle, et je me demande si le retour du générique (uniquement le temps d'introduire une modification de statut, à tous les couos) n'y est pas pour quelque chose. Voyez ? C'est fou l'influence que peut avoir un générique.

Posté par ladyteruki à 23:09 - Médicament générique - Permalien [#]

02-11-11

L'effet Grimm

On ne dira jamais assez les dommages que peuvent faire les contes de fées sur l'inconscient de nos enfants. Tenez, regardez les histoires de princes charmants : les gamines en bouffent pendant leurs tendres années, se déguisent en princesses, croient à "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", et au final, confrontées à la réalité des relations amoureuses modernes, cherchent un idéal masculin qu'elles ne trouveront jamais. Ou, autre exemple, prenez ces petits garçons à qui on raconte des histoires de grand méchant loup, ils se replient sur eux-mêmes, vivent dans leur monde intérieur, et un beau jour ils grandissent et écrivent le scénario de Grimm.
On ne dira jamais assez les dommages que peuvent faire les contes de fées.

Non que Grimm soit une mauvaise série, non, foncièrement je n'ai rien à lui reprocher, le pilote ne m'a pas déplu. Mais il y a quand même de nombreux "mais".

Grimm

Mais... j'ai eu pendant tout le pilote l'impression d'assister à une version masculine de Lost Girl, sans les petites phrases "badass" à la con. Au juste je n'arrive pas à dire c'est un compliment ou non, mais il y a de fortes chances pour que non, quand même. Sans compter que Grimm donne une fois de plus dans la série policière qui fait semblant de ne pas être une série policière, mais pas trop parce que, hein, on veut que les gens regardent. On était prévenus, je suppose, de cette caractéristique de la série, mais ça ne la rend pas sympathique pour autant, principalement parce que c'est mal fait. En fait l'idée de s'intéresser à des criminels comme s'ils étaient, au propre autant qu'au figuré, des monstres, est intéressante, mais ça reste assez grossier dans la réalisation et ça n'apporte pas vraiment de réflexion nouvelle. Le surnaturel prend pas mal le dessus, fut-il mal réalisé.

Mais... si l'idée de conférer une ambiance particulière, à la fois colorée et macabre, à la série, part d'un bon sentiment, n'oublions pas que l'Enfer en est pavé et que ça peut vite donner une image saturée de couleurs, genre Les Experts dans les mauvais jours, limite Siqueur. Ca devient vite assez grossier, comme peut l'être l'utilisation des effets spéciaux pour dépeindre les monstres qui redeviennent humain, avec une qualité de SFX à laquelle on n'avait plus assisté depuis Charmed.

Mais... rarement un personnage central aura été aussi dénué de charisme. On s'est plaints de l'héroïne de The Playboy Club, mais franchement, il y a pire. La tête d'ahuri permanente du héros, son incapacité à comprendre rapidement ce qui se passe autour de lui alors que le spectateur a vite saisi la situation (mais le spectateur triche, il a déjà vu ladite situation des dizaines de fois), tout ça donne vite une impression pâteuse de héros qui est là parce qu'il fallait un héros, mais qu'on n'a pas su, ou pas voulu écrire. Mais enfin, s'il est le prince qui combat de dragons, que vous faut-il de plus après tout ? De la personnalité ? Pour quoi faire...

Mais... tout le monde a vu arriver à 10km le coup de la tante qui allait être incapable de parler pile quand le héros aurait le plus besoin d'aide. Tout le monde sentait bien que ce ne serait pas aussi simple que passer le flambeau d'une génération à une autre. Pourtant c'est ça qui serait original, que le héros ait le temps d'apprendre avec son aînée, plutôt que d'être plongé dans l'inconnu artificiellement (wow, maladie en phase terminale + coma, mais ils vont nous tuer des petits chatons aussi, ou...?).

Mais, mais, mais... Hm. En fait vous savez quoi ? Ptet que le pilote de Grimm ne m'a pas plu du tout.
Le grand talent de cet épisode, c'est d'avoir réussi à ne pas me déplaire de façon trop évidente.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Grimm de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 19:29 - Review vers le futur - Permalien [#]

01-11-11

Avec assurance(s)

Ca faisait des mois que je voulais tenter Crash & Burn, mais vous savez ce que c'est. Pourtant, quand j'ai regardé Last Money, j'ai décidé que je n'avais que trop attendu, et je me suis lancée.
C'est d'ailleurs une chose curieuse, parce qu'on pourrait penser que les assurances, c'est pas franchement sexy du point de vue des scénaristes, et finalement on se retrouve avec deux séries, chacune d'un côté du Pacifique, qui s'y intéressent à quelques années d'écart (Crash & Burn a démarré en 2008). Mais sous un angle très différent.

CrashandBurn
Jimmy Burn, le héros de Crash & Burn, ne paye pourtant pas de mine. C'est un homme parmi tant d'autres dans un métier petit, dont les pratiques sont petites. Un type ordinaire dans un job médiocre, pourrait-on dire.
Donc bien-sûr il a un secret, mais le pilote ne part pas du principe qu'il va bâtir son suspense là-dessus, ce qui fait un bien fou. Cela se découvre par petites touches très légères qui permettent de ne pas empiéter sur le vrai propos de Crash & Burn : dans les assurances, si on veut réussir, il faut être un peu pourri quelque part. L'épisode va nous servir d'introduction à ce monde peu reluisant avec une affaire qui commence bien mal.

Car à l'instar de beaucoup de séries policières procédurales, Crash & Burn commence par nous présenter le déroulement de l'accident qui va requérir les services de Jimmy : la voiture d'un petit vieux se fait emboutir une autre. Sauf qu'au volant de l'autre voiture, il n'y avait personne : son occupant était trop occupé à s'envoyer en l'air avec sa copine, actionnant ainsi malencontreusement le frein à main. On attend donc de savoir comment Jimmy va mener l'enquête pour conclure que le tort vient de ce conducteur et non du petit vieux (le conducteur prétend que son frein a lâché), puisque sur le moment les deux assureurs, à savoir Jimmy et celui de l'autre conducteur, partent du principe qu'il vont chacun indemniser leur client. Sauf qu'au lieu de se battre pour faire tout payer à l'assureur d'en face, Jimmy ne va pas du tout remonter la piste de ce mensonge. Et là encore, ça fait un bien fou.
Je vous avais prévenus, les assurances, ce n'est pas sexy et ça ne l'a jamais été ! Mais au moins le sujet est original, et change du point de vue légal ou policier qui nous ont nourri ces dernières années dés qu'il se passe quelque chose.

Tout en continuant d'essayer de s'arranger pour que sa compagnie d'assurances paye le moins possible pour l'accident, Jimmy va devoir faire face aux autres réalités de son métier : il n'a pas qu'une seule affaire sur le feu. Et on découvre le lieu de travail peu chalereux qui est le sien, et qui rappelle celui qui est dépeint dans de nombreuses séries pour les vendeurs de voiture : chacun pour soi et Dieu pour tous, pourvu de faire du chiffre, ou, dans le cas des assurances, pour essayer d'éviter d'en faire. L'atmosphère de bureau est d'autant plus tendue que très tôt, le boss annonce la couleur : il va devoir virer du monde. Et Jimmy, qui n'est là que depuis un an dans la boîte et dont les résultats ne sont pas mirobolants, est donc parmi les premiers visés.

Le pilote de Crash & Burn va donc pas mal exploiter cet axe, l'affaire initiale prenant alors une importance secondaire. C'est que, Jimmy a besoin de son job : il veut se marier avec sa copine, ou, comme on le comprend assez vite, se marier avec la famille de sa copine. Le grand secret de Jimmy Burn est quelque part par là, dans son envie d'avoir une famille normale, une vie normale, des revenus normaux ; on sent que ça a quelque chose à voir avec le fait qu'il ait grandi en foyer d'accueil et n'ait pas vraiment de famille. Ce ne sera pas vraiment explicité, mais la piste apparaita de façon plus claire en toute fin d'épisode, et là encore, ça fait un bien fou de voir cet axe, a priori feuilletonnant, ne pas nous être balancé à des fins de dramatisation brute, genre "ohlala en fait Jimmy n'est pas celui qu'on croit". Et c'est ce qui permet de voir que Jimmy n'est ni tout-à-fait fier, ni tout-à-fait honteux du métier qu'il fait, et d'ailleurs, de l'avis de tous y compris du sien, il le fait bien. Il y a une raison à ça et elle n'est pas présentée comme un mystère à décortiquer, mais simplement comme une piste de réflexion. C'était bien amené.

Ainsi donc, Crash & Burn et Last Money parlent de la même chose, mais différemment. Il s'agit toujours de polices d'assurances, de rencontrer les clients assurés par la compagnie pour essayer de verser la "bonne" somme, mais c'est la définition de ce qui est bon qui varie. Dans Last Money, on veut que l'argent aille à la personne à qui il revient légalement et si possible moralement, c'est la question de la qualité. Dans Crash & Burn, on veut que la somme soit la plus petite possible, c'est la question de la quantité. Forcément, le second est plus adapté au cynisme occidental que l'autre.
Pour ceux qui ont vu Call Me Fitz, Crash & Burn rappellera (même si en réalité ce devrait être dans l'autre sens, chronologiquement parlant) un certain nombre de thématiques sur la déchéance morale et la rédemption. Mais Crash & Burn n'est pas drôle du tout, quand Call Me Fitz est une dramédie un peu loufoque.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Crash & Burn de SeriesLive.

Posté par ladyteruki à 23:00 - Telephage-o-thèque - Permalien [#]